‹ Dictionnaire philosophique (volume 3)Chapitre 27 sur 85 · ORGUEIL · texte numérisé non relu

ORGUEIL

Cicéron, dans une de ses lettres, dit familièrement à son ami : Mandez-moi à qui vous voulez que je fasse donner les Gaules. Dans une autre il se plaint d'être fatigué des lettres de je ne sais quels princes qui le remercient d'avoir fait ériger leurs provinces

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en royaumes, et il ajoute qu'il ne sait seulement pas où ces royaumes sont situés.

Il se peut que Cicéron, qui d'ailleurs avait souvent vu le peuple romain , le peuple -roi lui applaudir et lui obéir, et qui était remercié par des rois qu'il ne connaissait pas, ait eu quelques mouvemens d'orgueil et de vanité.

Quoique ce sentiment ne soit point du tout convenable à un aussi chétif animal que l'homme, cependant on pourrait le pardonner à un Cicéron, à un César, à un Scipion : mais (Jue dans le fond' d'une de nos provinces à demi barbares, un homme qui aura acheté une petite charge , et fait imprimer des vers médiocres, s'avise d'être orgueilleux, il y a là do quoi rire long-temps (*).

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