‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 192 sur 551 · DIVORCE · texte numérisé non relu

DIVORCE

SECTIOX PU EN I £ A E.

Il est dit dans l'Encyclopédie, à l'article Vivorre, que, « l'usage du divorce ayant été por'é dans le» Gaules par les Romains, ce fut ainsi que Lissinc or Baainc quilla le roi dclhuringe son mari, pour suivre Cbildéric qui l'épousa.» C'est comme si on disa.t qrc, lus Troycns ayant établi le divorce à Sparte, Hélène répudia iMénélas, suivant la loi, pour s'en aller aves Paris en Pbrygic.

La f tblc agréable de Paris, et la table ridicule de Chiidéiic qui n'a jamais été roi de Franc, et quoa prétend avoir enlevé Bazinc femme de Caxiu, n'oot rien de commun avec la loi du divorce.

On cite encore Chérébcrt , régule de la potite Tille de Lulécc près d'Issi, f.utetia l'tui.torum, qui répudia sa femme. L'abbé Velly, daui son llùUoirc de France, dit que Chérébcrt, ou Caiihcrt, répudia sa femme Ingoberge pour épouser Mi relieur, fille d'un artisan, et ensuite Tbcudegilde, fille d'un bjrgcr, qui « fut élevée sur le premier Iroue de 1 empire français. »

Il n'y avait alors ni premier ni secr nd trône cbea ces barbares que l'empire romain ne roro:;nut jamais pour rois. 11 n'y avait point d'empire français.

L'empire des Francs commenta que jisr Cbar- Icrnagnc. Il est fort douteux que le mot Min^lj^r fût en usage dans la langue vrelchc ou gauloise, qui ctait un patois du jargon celle. Ce patois n'avait pas de» expressions si douces. v

Il est dit encore que le réga ou régule Cliilpéric, seigneur de la province du Soissot'iuiis, et qu'où appelle roi, te Piano , fit un divorce .m ec la reine Anduve ou Andovère; et voici la r.ii-on de ce divorce.

Celte Andovère, après avoir donne au seigneur de Soi, sous trois enfuis ni Aies, accouc'<a dune fille. Les Francs étaient en quelque façon chrétiens depuis Clovis. Andovère, étant relevée de courbe, pré sema sa fille au baptême. Chilpcric de Soiisous, qui apparemment était fort las d'elle, lui déclarr que c était un crime irrémissible d'être man-aino de son enfant, qu'elle ne pouvait plus être sa femme par les lois de l'église, cl il épousa Frédcgondc; après quoi il chassa Krédegonde, épousa «ne Visigothc, et puis repris. Je.

biCtIONNAlkË

Tout CcSà n'a rien do bien légal , et no doit pas plus être cité que ce qui se passait en Irlande et dans les îles Orcades.

Le code Justinicn , que nous avons adopte* en ptnsicurs poiuls. , autorise le divorce : mais le droit canouique, que les catholiques ont encore plus adopte, ne le permet pas.

L'autour de l'article dit « (jue le divorce se pratique dans les états d'Allemagne de la confession d'Augsbourg. »>

On peut ajouter que cet usage est «tabli dans tous les pays du nord , chez, tous les reformés de tontes les confessions possibles, et dans toute l'église grecque.

Le divorce est probablement de la même date à peu près que le mariage. Je crois pourtant que le mariage est de quelques semaines plus ancien, c'està-dire, qu'on se querella avec sa femme au bout de quinze jours, qu'on la battit au bout d un mois, et qu'on se sépara après six semailles de cohabitation.

Justiuien, qui rassembla toutes les lois Faites avant lui, auxquelles il ajouta hs siennes, non - seulement confirme celle du divorce, mais il lui donne encore plus dVtciiJue; au point que toute femme dont le mari était non pas esclave, mais simplement prisonnier de guerre pendant cinq ans, pouvait, après les cinq ans révolus, contracter un autre mariage.

Justinicn élai". chrétien, et même théologien; comment donc arriva-t-il que l'église dérogeât à ses lois? Ce fut quand l'église devint souveraine et législatrice. Les papes n'eurent pas de peine à substituer leurs décrétales an code dans l'occident , plongé dans l'ignorance et dans la barbarie. Ils profitèrent tellement de la stupidité des hommes , qu'Honorius III , Grégoire IX , Innocent III , défendirent par leurs bulles qu'on cuseigu.il le droit civil. On peut dire de cette hardiesse : Cela n'est pas croyable, mais cela est vrai.

Comme l'église jugea seule du mariage, elle jugea seule du divorce. Point de prince qui ail fait un divorce, et qui ait épousé une seconde femme sans l'ordre du pape, avant Henri Vlil, roi d'Angleterre, qui ne se passa du pape qu'après avoir long-temps sollicité son procès en cour de Home.

Cette coutume , établie dans les temps d'ignorance, se perpétua dans les temps éclaires, par la seule raison qu'elle existait. Tout abus s'éternise de lui-même; c'est l'écurie d'Augias; il faut un Hercule pour la nettoyer.

Henri IV ne put être père d'un roi de France que par une sentence du pape : .'ncorc fallut- i!. comme on l'a déjà remarqué, non pas prononcer un divorce, mais mentir en prononçant qu'il u'y avait point eu de mariage.

SECTION II (*)

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