‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 333 sur 551 · INFLUENCE · texte numérisé non relu

INFLUENCE

Toct ce qui vou * entoure indue sur vous » eu physique, en morale. Vous le savez assez.

l'cut-on influer sur un être, sans toucher, sans rc» muer cet être.

On a démontré enfin cette* étonnante propriété de la ma'ière; «le graviter sans contact, d'agir a des distances immenses.

Une idée influe sur une idée; chose non moins compréhensible.

Je n'ai poiut au .no.-.t Kmpac le livic de Ylùiipirc du soleil rt de la Urne, compose par le célèbre medociu M cad, qu'on prononce Mid. Mais je sais bicu que ces deux astres sont la cause des marées : et ce n'est point en touchant les Pc*:s de l'Océau qu'ils opèrent ce flux et ce reflux ; il vs '. dûnentré que c'est par les lois de la gravitation.

Mais, quand vous avez la fièvre, le soleil et la lune influent-ils sur vos jours critiques? votre femme n'at-cl!c ses règles qu'au premier quartier de la lune? les arbre* que vous coupez dans la pleine lune pourisscut-ils plus lot que s'ils avaient été coupes dans le décours? non pas que je saede; mais les bois coupés quand la sève circulait encore, ont éprouvé la putréfaction plus idt que les autres; et, si par hasard c'était en pleine lune qu'on les coupa, on aurait dit, C'est celte pleine lune qui a fait tout le mal.

Votre femme aura eu ses menstrues dans le croissant ; mais votre voisine a les siennes dans le deruief

Les jours critiques de la fièvre que < avoir trop mangé, arrivent vers le premier quartier : votre voisin a !cs siens vers le décours.

Il faut bicu que tout ce qui agit sur les animaux et sur les végétaux agisse pendant r-uc la lune marche.

Si une femme de Lyon a remarqué qu'elle a eu trois ou quatre fois ses regte» les jours que la diligence arrivait de Paris , *on apothicaire , homme i système, scra-l il en droit de conclure que la diligence de Paris a une influence admirable sur les canaux excrétoires de cette dame?

Il a été un temps où tous les habitans des prrti de mer de l'Océan étaient persuadés qu'on ne mourait jamais quand la marée montait , et que la mort attendait toujours le reflux.

Plusieurs médecins ne manquaient pas de fortes raisons pour expliquer ce phénomène constant. La mer en montant communique aux corps la force qui l'éleve. Elle apporte des particules vivifiantes qui raniment tous les malades. Elle est salée, et le sel vc de la pouriturc attachée à la mort. Mais, la mer s'affaisse et s'en retourne , tout s'affaisse comme elle; la nature languit, le malade n'est plus vivifié, il part avec la marée. Tout cela est bien expliqué , comme on voit, et n'en est pas plus Trai.

Leséléuiens, la nourriture, la veille, le sommeil, les passions , ont sur vous de continuelles influences. Tandis que ces influences exercent leur empire sur votre corps, les planètes marchent et les étoiles brillent. Dircz-vou* que leur marche et leur lumière sont la cause de votre rhume, de votre indigestion, de

votre insomnie, de la colère ridicule où vous venez de vous mettre contre un mauvais raisonneur, de la passion que vous sente/, pour celte femme ?

Mais la gravitation du soleil et de la lune a rendu la terre un peu plate au pôle, cl élève deux fois l'Océan entre les tropiques en vingt-quatre heures; donc elle peut régler votre accès de fièvre , cl gouverner toute votre machine. Attendez au moins que cela soit prouvé pour le dire ( i ).

Le soleil agit beaucoup sur nous par ses rayons qui nous touchent et qui entrent daus nos pores: c'est là une très-sûre et très-bénigne influence II me semble que nous ne devons admettre en physique aucune action sans contact, jusqu'à ce que nous ayons trouvé quelque puissance bien reconnue qui agisso en distance, comme celle de la gravitation, et comme celle de vos pensées sur les miennes quand vous me fournissez des idées. Hors de lr je ne vois jusqu'à présent que des iufluenecs de la matière qui touche a la matière.

Le poisson de mon étang et moi nous existons chacun dans notre séjour. L'eau qui le touche de la tête à la queue agit continuellement sur îni. L'atmosphère qui m'environne et qui me presse agit sur moi. Je ne dois attribuer à la lune, qui est à quatre-vingtdix mille lieues de moi, rien de ce que je dois naturellement attribuer i ce qui touche sans cesse ma peau. Cest pis que si je voulais rendre la cour de la Chine responsable d'un procès que j'aurais en France. N'allons jamais au loin quand ce que nous cherchons est tout auprès.

Je vois que le .avant M. Menuret est d'un avia contraire dans l'Encyclopédie à l'article Influence.. Cest ce qui m'oblige à me défier de tout ce que je viens de proposer. L'abbé de Saint-Pierre disait qu'il ■e faut jamais prétendre avoir raison, mais dire : Je suis de cette opinion quant à pèsent.

Influence de» passion» de» mire» sur leur foetus.

Je crois, quant à présent, que les affection» violentes des femmes enceintes font quelquefois uu prodigieux effet sur l'embryon qu'elles portent dans leur matrice, et je crois que je le croirai toujours ; ma raison est que je l'ai vu. Si je n'avais pour garant de mon opinion que le témoignage des historiens qui rapportent l'exemple de Mario Stuart et de sou fil* Jacques I, je suspendrais mou jugouicnt, parce qu'il y a deux cents ans entre cette aventure cl moi, c« qui affaiblit ma croyance ; parce que je puis attribuer l'impression faite sur le cerveau de Jacques à d'autre? causes qu'à l'imagination de Marie. Des assassin? royaux, à la tête desquels est son mari, entrent l'épéi à la maiu daus le cabinet où elle soupe avec son amant, el le tuent à ses yeux : la révolution subits qui s'opère dans ses entrailles passe jusqu'à son

(i) Cette icale ligne contient tout ce qu'on peut dire de r»>- •onnable sur ces infiaenc» , « en gtWral «ur tous If* £»Ui qo> parai«rnt •'éloigner de l'ordre commun dit phénomène». Si

couttaoec ('gale ait pu s'oLterver daut ce» iuOucncesprémadimî rJor» noiu j croirooi de me me . et avec «utinl de nitoa.

fruit} et Jacques I, uvec boaucoup de «orage, sentit toute M via un frémissement involontaire quand on tirait uk épée du fourreau. U se pourrait après tout que ce petit moureaicnt dans ses organes eut une autre cause.

Mais on amène en raa prëwnoe, dans la cour dune fcrr.mc grosse, un bateleur qui fait danser un petit chien coiffé d'une espèce de toque rouge : ta ïeminc s'écrie qu'on lasse retirer cette figure; elle nous dit que son entant en sera marqué ; elfe pleure , rien ne la rassure. Cest la seconde fois, dit-elle, que ce malheur m arrive. Mon premier entant porte l'empreinte d une terreur pareille que j'ai éprouvée; je suis faible, je sens qu'il m'armera un malheur. Elle n'eut que trop raison. Elle accoucha d'un enfant qui ressemblait à cette figuro dont elle avait été épouvantée. La toque surtout était très-aisée à reconnaîire; ce petit animal vécut deux jours.

Su temps de Malcbranchc, personne ne doutait de t'aventure qu'il rapporte de cette femme qui, ara nt vu rouer un malfaiteur, mit au jour un fils dont les membres étaient brisés aux mêmes endroits où le patient avait été frappé. Tous les physiciens «ouvenaicut alors que l'imagination de cette mère avait eu sur sou fœtus une influence funeste.

On a cru depuis être plus raffiné, on a nié cette inDuencc. On a dit : Comment voulez-vous que les affections d'une mère aillent déranger les membres du lusius? Je n'en sais rien ; mais je l'ai vu. Philoaopues nouveaux, vous cherche/, en vain comment «yi enfant se forme, et vous voulez que je sache corn* cmciU il se dé forme (a).

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