‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 364 sur 551 · LIVRES · texte numérisé non relu

LIVRES

SECTION PREMIERE

Vous les méprisez les livre» , vous dont toute la

vie est plougée dans les vanités de l'ambition et dans la recherche des plaisirs ou dans l'oisiveté; mais songez que tout l'univers connu n'est gouverné que par de; livres, excepté les nations sauvages. Toute l'Afrique jusqu'à l'Ethiopie et la Nigritie obéit au livre/: de l'Alcoran , après avoir fléchi sous le livre de 1 Evangile. La Chine est régie par le livre moral de Confucius; une grande partie de l'Iude par le livre du Veidam. La Perse fut gouvernée pendant des siècles par les livres d'un des Zoroaftrcs.

Si vous avez un procès, votre bien, votre bon» neur, votre vie même dépend de l'interprétation d'unlivre que vous ne lisez jamais.

Robert le diable, les Quatre fils Ai mon, les Imaginations de M. Oufle, sont des livres aussi; mais «I en est des livres comme des hommes, le ires-petit nombre joue un grand rôle, le reste est confondu dans la foule.

Qui mène le gcure humain dan; les pays policé» / ceux qui savent lire et écrire. Vous ne connaissez ni Hippocratc, ni Botrhaavc, ni Sydcnham ; mais vous mettez votre corps entre les mains de ceux qui les out lus. Vous abandonnez votre âme à ceux qui sont payés pour lire la Bible, quoiqu'il n'y ait pas cinquante d'entre eux qui l'aient lue tout entière av ec attention.

Les livres gouvernent tellement le monde, que ceux qui commandent aujourd'hui dans la ville des Scipions cl des Calons ont voulu que (es livres de leur loi ne fussent que pour eux ; c'est Ici»? scçjhic ; ils ont fait un crime de lcsc-majc|jté à leurs sujets d'y toucher sans une permission expresse. Dans d'autres pays on a défendu de penser par écrit s<*tas lettrespatentes.

Il est des nations chez qui l'on regarde les pensées purement comme un objet de commerce. Les opérations de l'entendement humain n'y sont considérées qu'à deux sous la feuille. Si par hasard le libraire veut un privilège pour sa marchandise, soit qu'il vende Rabelais, soit qu il veude les pères de ligliae,

le magistrat donne le privilège sans répondre de ce que le lfrre contient.

Dans un autre pays, la liberté de s'expliquer par des livres est uuc des prérogatives les plus inviolables. Imprimez tout ce qu'il vous plaira sons peine d'ennuyer, ou dï-tre puni si vous avez trop abusé de votre droit naturel.

Avant l'admirable invention de l'imprimerie , les livres étaient plus rares et plus cners que les pierres précieuses. Presque point de livret chez nos nations bai-haros jusqu'à Cbarlcmagnc , et depuis lui jusqu'au roi de France Charles V, dit U Snije: et depuis ce Charles jusqu'à François I , c'est une disette extrême.

Les Arabes seuls eu curent depuis le huitième siècle de notre ère jusqu'au treizième.

La Chine en était pleine quand nous ne savions ni lire, ni écrire.

Les copistes furent très-employés dans l'empire romain depuis le temps des Scipions jusqu'à l'inondation des barbares.

Les Grecs s'occupèrent beaucoup à transcrire vers le temps d'Amintas, de Philippe et d'Alexandre ; ils continuèrent surtout ce métier dans Alexandrie.

Ce métier est assez ingrat. Les marchands payèrent toujours fort mal les auteurs et les copistes. Il fallait deux ans d'un travail assidu à un copiste pour bien transcrire la Riblc sur du vélin. Que de temps et •le peine pour copier correctement en grec et en latin les ouvrages d'Origènc, de Clément d'Alexandrie, et de tous ces autres écrivains nommés pi res !

Saint Hieronyinos , ou Hicronymus , que nous nommons Jérôme, dit, dans une de ses lettres satiriques contre Rufin (.</), qu'il s'est ruiné en achetant les oeuvres d'Origcne, contre lequel il écrivit avec tant d'amertume et d'emportement. « Oui, dit-il, j'ai lavOrigéne ; si c'est uu crime, j'avoue que je suis coupable, et que j'ai épuisé toute ma bourse à acheter ses ouvrages dans Alexandrie. >»

Les sociétés chrétiennes curent dans les trois premiers siècles cinquante -quai n; évangiles, dout à peine deux ou trois copies transpirèrent cher, les Romains de l'ancienne religion jusqu'au temps de Dioctétien .

C'était un crime irrémissible chez les chrétiens de montrer les évangiles aux gentils; lis ne les prêtaient pas même aux catéchumènes.

Quand Lucien raconte dans son Philopatris ( en insultant notre religion qu il connaissait très-peu), n qu'une troupe de gueux le mena dans un quatrième étage où l'on invoquait le père par le fils, et où l'on prédisait dus malheurs A l'empereur et à l'empire, » il ne dit point qu'on lui ait inoutré un seul livre. Aucun historien, aucun auteur romain ne parle des évangiles.

Lorsqu'un chrétien , malheureusement téméraire cl iudigue de sa sainte religion, eut mis en pièces publiquement et fnulé aux pieds un édit de l'empereur Dioclétien, et qu'il eut attiré sur le christianisme ta persécution qui succéda à la plus grande tolérance, les chrétiens fureut alors obligés de livrer

(.) I «tre de Jértme à Pmnxrac.

leurs évangiles et leurs antres écrits aux magistrats-, ce qui ne t'était jamais fait jusqu'à ce temps. Ceux qui dounèrent leurs livres dans la crainte de la prison ou même de la mort furent regardés par les autres chrétiens comme des apostats sacrilèges; on leur donna le surnom de trailitorr, , d'ôû vient le mot traîtres , et plusieurs évèques prétendirent qu'il fallait les rebaptiser, ce qui causa un schisme épouvantable.

Les poèmes d Homère furent long-temps si peu connus, que Pisistratc fut le premier qui les mit en ordre, et qui le fit transcrire dans Athènes environ cinq cents ans avant l'ère dout nous nous servons.

Il n'y a peut-être pas aujourd'hui une douzaine de copies du Veidam et du Zenda-Vesta dans tout l'orient.

Vons n'auriez pas trouvé uu seul livre dans toute la Russio en 1700, excepté des Missels et quelques Ribles chez des pâpas ivres d'eau-de-vie.

Aujourd'hui on se plaint du trop ; mai* ce n'est pas aux lecteurs i se plaindre; le remède est aisé, rien ne les force à lire. Ce n'est pas non plus aux auteurs. Ceux qui font la foule ne doivent pat crier qu'on les presse. Malgré la quantité énorme de livres, combien peu de gens lisent! et, si on lisait avec fruit, verrait-on les déplorables sottises auxquelles le vulgaire se livre eucorc tous les jours en proie?

Ce qui multiplie les livres, malgré la loi de ne point multiplier les êtres sans nécessité, c'est qu'avec des livres on en fait d'autres; c'est avec plusieurs volumes déjà imprimés qu'on fabrique une nouvelle Histoire de France ou d'Espagne, sans rien ajouter de nouveau. Tous les dictionnaires sont faits avec des* dictionnaires; presque tous les livres nouveaux de géographie sont des répétitions de livres de géographie. La Somme de saint Thomas a produit deux mille gros volumes de théologie; et les mêmes rares de petits vers qui ont rongé la mère rongent aussi les en fans.

Écrive qui voudra, chacun à ce ir'-icr

Peut perdre impunément de Trocre cl <!u papier.

(Boilsau, tat. ix , t. io5-to(î. )

SECTIOU 11

Il est quelquefois bien dangereux de faire un livre. Silhouètc, avant qu'il pût se douter qu'il serait un jour contrôleur général des finances, avait imprimé un livre sur l'accord de la religion avec la politique, et son beau-père le médecin Aslruc ava«t donné au public les Mémoires dans lesquels l'auteur du Pentateuque avait pu prendre toutes les choses étonnante» qui s'étaient passées si long-temps avant lui.

Le même jour que Silhouètc fut en place , quelque bon ami chercha un exemplaire des livres du beaupère et du gendre pour les déférer au parlement , et les faire condamner au feu scion l'usage. Ils rache tèrciji tous deux tons les exemplaire.* qr.i étaient dans le royaume ; de là vient qu'ils sont très-rares aujourd'hui.

Il n'est guère de livre philosophique ou tbcologique dans lequel on ne puisse trouver des hérésie» et des impiétés, pour peu qu'où aide à la lettre.

Théodore de Mopsuètc osait appeler le Cantique

PH1L0S0PHIQUF.

des cantiques ttn recueil d'impureté* ; Gratins les dé* taille, il en lait horreur. Chatùion le traite A'»wragt scandaleux.

Croirait-on qu'un jour le docteur Tamponet dit à plusieurs docteurs : Je me ferais fort de trouver une fouie d'hérésies dans le fater no ter, si on ne savait pas de quelle bouebc divine sortit cette prière, et si c'était un jésuite qui l'imprimât pour la première fois?

Voici comment je m'y prendrais :

Notre pire qui étei aux deux.

Proposition sentant rhérc&ic, puisque Dieu est partout. On peut mémo trouver dans cet énoncé un levain de socianisme, puisqu'il n'y est rien dit de la Trinité.

Que votre rèjwe arrive, iftia votre volonté toi! faite dan* U mme au eieL

Proposition sentant encore l'hérésie, puisqu'il est dit cent fois dans l'Ecriture que Dieu règue éternellement. De plus, il est téméraire de demander que sa volonté s'accomplisse, puisque rien ne s<* fait , ni ne peut se faire que par la volonté de Dieu.

Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien ( notre pain substantiel, notre bon pain, notre pain nourrissant).

Proposition directement coutrairc à ce qui est émané ailleurs de la bouche de Jésus Christ (h) : « Ne dites point, que mangerons-nous, que boirons nous

comme font les Gentils, etc. Ne demande/, que le royaume des cicux , et tout le reste vous sera donné. » Remettez-nous nos dettes comme notu le* remettons à mi

Proposition téméraire qui compare l'homme à Dieu, qui détruit la prédestination gratuite, et qui enseigne que Dieu est tenu d'en agir avec nous comme nous eu agissons avec les autres. De plus, qui a dit a l'auteur que nous lésons grâce à nos débiteurs? nous ne leur avons jamais fait grâce d'un écu. Il ny a point de couvent en Europe qui ait jamais remis un mu .i ses fermiers. Oser dire le contraire est une hérésie formelle.

fie nous induisez point en Icntolion.

Proposition scandaleuse , manifestement hérétique, attendu qu'il n'y a que le diable qui soit teulateui , et qu'il cal dit expressément dans l'Epitre de saint Jacques ( ) :

i cil intetrtateer An mM«M; il ne tenu personne.

est • ipse

Vous voyez, dit le docteur Tamponet, qu'il n'est rien de si respectable auquel on ne puisse donner uu mauvais sens. Quel sera donc le livre à l'abri de la censure humaine si on peut attaquer jusqu'au tttter noster, en interprétant diaboliquement tous les mots divins qui le composent ? Pour moi , je tremble de faire on livre. Je n'ai jamais, Dieu merci, rien im-

(b) Matthieu , du». VI , v. 5 i 1 3. (e)Chap.I. v. i3.

primé; je u'ai même jamais fait jouer aucune de mes pièces de théâtre, comme ont fait les frères La Rue, Ducerccau et Folard ; cela est trop dangereux. Un clerc , pour quinte «on*, sans craindre le bel* .

El m le roi de* Hua* ne lui charme l'oreille , Traiter de vhigoilis tous l 1 ver» de Corneille.

(Boileau, ut. IX, v. 177-180.)

î>i nous imprimez, uu habitué de paroisse vou* accuse d hérésie, un cuistre de collège vousdénonce. un homme qui ne sait pas lire vous condamne; U public se moque de vous; votre libraire vous abandonne; votre marchand de vin ne veut plus vous faire crédit. J'ajoute toujours à mon f'uter noUer :

Mon Dieu, délivrez-mot de la rage de faire des livra.'

O vous qui mettez comme moi du noir sur du blanc, et qui barbouillez du papier, souvenez- vous de ces vers que j'ai lus autrefois, et qui auraient du nous corriger.

Vitul ce falra* fui du diant re en sou icmpt, Linge il deriot par l'nrt de» tisstT»n<1» ; Pui» en lambeaux des pilotis te preaiarcnt, il fut papier. Ont cerveaux à l'envers I>e viaioni a l'rnvi le chargèrent • Puis on le brûle : il vole dans le» ai». Il est fumée aiuai-hien que la gloire.

De no» travaux voilà quelle eut l'hulotte. Tout en fumee , ot tout nous bût 1

SECTION tll.

Las livres sont aujourd'hui multipliés a un tel point que non-seulement il est impossible de les lire tous , mais d'en savoir même le nombre et d'en connaître les titres. Heureusement on n'est pas obligé de lire tout ce qui s'imprime; et le plan de Caramucl, qui se proposait d'écrire cent volumes i«-/cWf'«, et d'employer Je pouvoir spirituel et temporel des princes pour contraindra leurs sujets à les lire , est demeuré sans exécution. Ringclberg avait aussi formé le dessein de composer environ mille volumes différons; mais quand il aurait assez vécu pour les publier, il n'eût pas encore approché d'Hermès Trismégiste, lequel, selon Jamblique, écrivit trente -six mille cinq cent vingt-cinq livres. Supposé la vérité du fait, les anciens n'avaient pas moins de raison que les moderne» de se plaindre de la multitude des livres.

Aussi convicut-on assez généralement qu'un petit nombre de livres choisis suffisent. Quelques-uns proposent de se borner à la Bible ou a l'Ecriture sainte comme les Turcs se réduisent à l'Alcoran; il y a cependant une grande différence entre les sentimens de respect que les mahométans ont pour ieur Alcoran et ceux des chrétiens pour l'Ecriture. On ne saurait porter plus loin la vénération que les premiers témoignent en parlant de l'Alcoran. C'est, disent-ils, le plus grand des miracles, et tous les hommes ensemble ne sont point capables de rien faire qui en approche; ce qui est d autant plus admirable que l'auteur n'avait fait aucune étude ui lu aucun livre. L'Alcoran vaut lui seul soixante mille miracles ( c'est à peu près le nombre des versets qu'il contient ) : la résurrection d'un mort ne prouverait pas plus la

vérité d'un* religion que la composition de l'AJcoran. Il est si parfait qu'on doit le regarder comme un ouvrage incréé.

Les chrétien» disent à la vérité1 que leur Ecriture a été inspirée pur le Saint-Esprit; nuis, ontroque les cardinaux, Cajctan Bellannln (r) avonent qu'il s'y est glissé quelques fautes par la uégligenec ou l'iguorancc des libraires cl des rabbins qui 7 ont ajouté les points, elle est regardée comme un livre dangereux pour le plus grand nombre des fidèles. C'est ce qui est exprimé par la cinquième règle de l'index , ou de la congrégation de l'indice , qui est chargée à Rome d'examiner les livres qui doivent /'tr« défendus. La voici, (j)

« Etant évident par r'expéricnc<; que, si la Bible traduite en langue vulgaire était permise iudiffercmà tout le monde, la témérité des hommes serait ! qu'il en arriverait plus de mal que de bien, nous voulons que l'on s'en rapporte au jugement de l'évéque ou de l'inquisiteur, qui, sur l'avis du curé ou du confesseur, pourront accorder la permission de lire la Bible traduite par des auteurs catholiques en langue vulgaire, a ceux à qui ils jugeront que cette lecture n'apportera aucun dommage. 11 faudra qu'ils aient cette permission par écrit; ou ne les absoudra point qu'auparavant ils n'aient remis leur Bible entre les inaius de l'ordinaire : et, quant aux libraires qui vendront des Bibles en langue vulgaire h ceux qui n'ont pas cette permission par écrit , ou en quelque autre manière la leur auront mise entre les mains, ils perdront le prix de leurs livres, que l'évêquc émploîraadcs choses pion ses, et seront punis d'autres peines arbitraires : les réguliers ne pourront aussi lire m acheter ces livres sans avoir eu la permission de leurs supérieurs. >.

Le cardinal du Perron prétendait aassi que (g) l'Ecriture était un couteau à deux tranchans dans la main des simples, qui pourrait les percet ; que, pour éviter cela, il valait mieux que lu simple peuple i'onit de la bouche de l'église avec les solutions et les interprétations des passages qui semblent aux sens être pleins d'absurdités et de contradictions, que de les lire par soi sans l'aide d'aucune solution ni interprétation. Il fr sait ensuite une longue énuméraiion de ces absurdités, enfermes si peu ménagés, que le ministre Jurien ne craignit point de dire qu'il ne se souvenait pas d'avoir jamais rien lu de si ellrcyahlo ni de si scandaleux dans un auteur chrétien.

Jurieu, qui invectivait si vivement contre le cardinal du Perron, essuya lui-même de semblables reproches de la part des catholiques. « Je vis ce ministre, dit Papin en parlant de lui (A), qui enseignait au public que tous les caractères de l'Ecriture sainte, sor lesquels ces prétendus réformateurs avaient fon-

(<t) Corcmriitairr »ur l'anrkn (e) L. II, chip. Il , de la Paroi* de Dieu. (/*) Puni, qnulfi'-fnc parti», page 5.

(3) KSprft de M. Arnaud, un. paeej to-

it loi*.

dé leur persuasion de sa divinité, ne lui "paraissaient point sutlisans. Jà n'advienne, disait Jorieu , que

je veuille diminuer la force et la lumière des caractères de l'Eoriture; mais j'oae affirmer qu'il n'y en a pas un qui ne puisse être éludé par les profanes. 1] n'y en a pas un qui fasse une preuve et à quoi ou ue puisse répondre quelque chose, et, considérés tous ensemble, quoiqu'ils aient plus de force que séparément pour faire une démonstration morale , c est à-dire, une preuve capable de fonder une certitude qui exclue tout doute , j'avoue que rien ne paraît plus opposé à la raison que ûc dire que ces caractères par eux-mêmes sont capables de produire une telle certitude. »

Il n'est donc pas étonnant que les Juifs et les premiers chrétiens, qui, comme on le voit par les Actes des apôtres (i), se bornaient dans leurs assemblées à la lecture de la Bible, aient été divisés en différentes sectes, comme nous l'avons dit à l'article llrn sie. On substitua dans la suite à cette lecture celle de plusieurs ouvrages apocryphes, ou du moins celle des extraits que l'on fit de ces derniers écrits. L'auteur de la Synopse de l'Ecriture, qui est parmi les œuvres de saiut Atbanase (A), reconnaît expressément qu'il y a dans les livres apocryphes des choses très-véritables et inspirées de Dieu, lesquelles en ont été choisies et extraites pour les faire lire aux fidèles.

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