‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 43 sur 551 · I.ES Perses avaient trente et un anges. Le premier · texte numérisé non relu

I.ES Perses avaient trente et un anges. Le premier

de tous, et qui est servi par quatre autres anges, s'appelle Bahaman ; il a l'inspection de tous les animaux , excepté de l'homme, sur qui Dieu s'est réservé une juridiction immédiate.

Dieu préside au jour oh le soleil entre dans lo bélier, et oc jour est un jour de sabbat; ce qui prouve que la file du sabhaL était observée chat ks Perses dans les temps les plus anciens.

Le second ange préside au huitième jour, et s'ap-

Lv troisième est K.ur, dont on a f.tit > Mcmeui Cyrus; et c'est l'ange du soleil. Le quatrième s'appelle Ma, il préside a l Ainsi chsque ange a son district. Cest oh es les l 'erses que la doctrine de l'ange gardien et du mauvais ange fat d'abord reconnue. On croit que Raphaël était l'ange gardien do l'empire |

Les Hébreux, ne counurent jamais la chute des anges jusqu'au* premiers' temps de l'ère i

bracmanes fût parvenue jusqu'à eux : car ce fut dans

ce temps qu'on fabriqua le livre attribué à touchant les anges pécheurs chassés du ciel.

Enoch devait être un auteur fort ancien, puisqu'il vivait , selon les Juifs , dans la septième génération avant le déluge : mais puisque Selh, plus ancien encore que lui, avait laissé des livres a» \ Hébreux., ils pouvaient se vanter d'eu avoir aussi d'Euoch. Voici donc ce qu'Enoch écrivit sclou eux.

a Le nombre des hommes s'etant prodigieusement accru, i'^ curent de tWs-bcIlcs filles; les anges, les brillans t^fri </nri. eu devinrent amoureux, et furent entraînés dans beaucoup d'erreurs. Ils s'animèrent ent e eux , ils se dirent : Cboisissoits-nous des femmes parmi les filles des hommes de la rerve. Scmiaxas leur prince dit : Je cr.iins que vous n*3sicz pas accomplir un tel dessein, et que je ne demeure seul chargé du crime. Tous répondireiit : Pesons serment d'exécuter notre dessein , et dévouons-nous à Pana thème si nous y manquons. Ils s'unirent donc par serment et firent Je, imprécations. Ils étaient ait nombre de deux cents. Ils partiront ensemble , du temps de Jared , et allèrent sur la muntague appelée Hcruionim à cause de leur serment. Voici les noms de* principaux ; Scmiaxas, Atarcuph, Araeiel , Cbobabicl , Hosampsich, Zacicl, Panuar, 1 hausacl, Sawicl, Tiricl, Sumicl.

a Eux et les autres purent des femmes l'an onze cent soixante-dix de la création du monde. De ce commerce naquirent trois genres d'hommes , les géans, Ncphilim, etc. »

l 'auteur do ce fragment écrit de ee style qui semble

i ; c'est la

veté. Il ne manque pas de nommer les personnages; il n'oublie pas les dates ; point de réflexions , point de maximes : c'est l'ancienne manière orientale.

On voit quo cette histoire est fondée sur le sixième chapitre de la Genèse : « Or, en ce temps il y avait des géans sur le terre; car les en fans 'de Dieu ayant eu commerce avec les filles dos hommes, elles enfantèrent les puissance-» du siècle. »

Le livre d'Enoch et la Genèse sont entièrement d'accord sur l'accouplement des anges avec les filles des hommes, et sur la race des géans qui en naquit : mais ni cet Enoch, ni aucun livre de l'ancieu Testament ne parle de U guerre des anges contre Dieu , ai de leur débite, ni do leur ohotc dans l'enfer, tri de leur baine contre le genre humain.

Prc*;|uc tous les commentateurs de l'ancien Tes-

qufavont la captivité de le nom d>

Dabylonc, les Juifs ne Celui fftsi apparut à 1 lut point dire le sien.

Lorsquo les trois anges apparurent à Abraham , et quSI fil eaire un veau entier pour les régaler, ils ne lui apprirent point leurs noms. L'un d'eux loi dit : « Je viendrai vous voir, si Dieu me donne vie, l'année prochaine, et Sara votre femme aura un fils. »

Don Calmet trouve un très-grand rapport entre cetto histoire et la fable qu'Ovide raconte dans ses Fastes , de Jupiter, de Neptune et de Mercure, qui, ayant soupe chez le vieillard trié, cl le voyant affligé de ne pouvoir faire des enfans, pissèrent sur le <

du rean qu'I né leur a» ail servi , et o rd onnèrent à Irié d'enfouir sous terre et d'y laisser pendant neuf mois ce cuir arrosé do l'urine ceteste. Au bout de neuf mois, Irié découvrit son euir; il y trouva un enfant qu'on appela Orion, et qui est actuellement dans le

rent les anges avec Abraham peuvent se traduire aussi î « Il nahra m fils de votre venu. »

Quoi qu'il en soit, tes anges ne dirent point leur nom a Abrrbam, ils ne le dirent même pas à Moïse ; et nous ne voyons le nom de Raphaël que dans Tobic du temps de la captivité. Tous les autres noms (fanges sont pris évidemment des Cbuldéens et des Perses. Raphaël, Gabriel, Uriel, etc. , son* persans A babyloniens. Il n'y a pas jusqu'au nom tFTsroèt qui ne soit ehaidc en. Le savant juif Pbileu le dit ex près s»'- ment dan le récit de sa dépotât on ver» Coltguia (avantpropos). Non s ne répéteront point ici ce qu'on a dit ailleurs des anges.

Savoir si les Grecs et Us Romains admirent les anges?

lava avaient assee de dieux et de dfrrrf-dîeitx pour se passer d autres ('très subalternes. Mercure fesait les commîssrons de Jupiter, Iris celles de Jtmon j eependant ils axlmireut encore des génies , des démons, lia doctrine des anges gardiens fnt mise en vers par Hésiode , contemporain d'Homère. Voici comme il s'exprime dans le poème des Travaux et des Jours,

Dam IN lemp» bienheureux de Saturne et de Ruée, Le mal bat inconnu , la fatigue ignorer ;

Pie te (iuuutanl mu, fus»»» de nvrr en pais, {Taraient point awToaipn Inyrt nxauo knluÉrïmic». Ln mort, 1 *3>eu** mort, si terrible aux coupables, H'««ui« <[«i'un dmix pnsMge. en ce sejoar mortel, De» pW>™ <<e h trm mis déliera du ciel. tjMhan>nt<«<d«cci terDptvwnt m» »ew>-«n **••<•, aoswdcwis femiwfc , ha «*i>iàicM.(!i>no« vie»: Ils veillent prit do ooas, MV«au-Jr».-rni île no» contre Écarter, s'il êe peut, le crime et le» dawleun, etc.

Plus on fouille dans l'antiquité , plus on voit romions modernes ont puisé tour à tour dans is aujourd'hui presque abandonnées. Les lirecs, qui onl si longtemps passé pour inventeurs , avuittul imité r^g»pte* Qjtti avait copié les Qialdéen», qui devaient. ptasque tout aux. Insuono. La doctrine des anges gardiens, qu'Hésiode avait si bien chantée, (ut enaui.c sophistiquée dan s lus éeoJe*; c'est tout cs> qu'elles purent faire. Gbaqnc homme eut non bon et

(Uobat. .Uk Il,ep,Iit,^»*7> Socrote, comme on sait , avait un bon ange r mais a mut que ce soit le mauvais qui l'ait conduit. Cène peut être qu'un trrs-manvats ange qui engage nn philosophe à courir de maison en maison pour dire au» gms, par demande et par réponse, quel* père et la mère, le précepteur et te petit garçon sont de» igaomm et dos imbéciles. L'ange gardien a bien de la ( à garantir alors son protégé de la ciguë. On ne.

SKCTIOK tt.

La doctrine des anges est a rte des pins anciennes du monde, elle a précédé celle de immortalité de l'Ame : cela n'est pas étrange. II faut de la philosophie poir croire immortelle Dirne de l'homme mortel : il ne faut que de ( imagination et de la faiblesse pour inventer des êtres supérieurs à nous, qui nous protègent ou qui nous persécutent. Cependant il ne parait pas que les anciens Kajpliens eussent aucune notion de ces être» célestes, revêtus d'un corps éthéré, et nvHÙstrm des ordres d'un Dieu. Les anciens Rabytoroens furent les premiers qni admirent cette thérdo gtc. Le» livres béln rirx emploient les anges dé» le premier livre de la Genèse ; mais la Genèse ne fut érrite qne lorsque les Chardéene étaient une nation déjà puissante : et ce ne fut même quedane la captivité à Mal>yloiic, plnsdo milleans après Moïse, que les Juif* apprirent les nomsde Gabriel , de Raphaël, Wiebaél , Uriel, ete., qu'on donnait au* anges. Ces* une chose très- singulière que, les religions judaïque et ehrétii-imc étant fondée sur la ebnlc d'Adam , cette ehutr étant fondée sur la tentation du maoeaft ange, da dtable , cependant il ne soft pas dit un seul mot dans le Pcntatcuque de l'cxiv once des mauvais ange», encore moins de leur punàion et de leur demeure dans l'on fer.

les mauvais anges ne leur furent eonnua que dan» la captivité à Bah v ton e ; c'est alors qu'il commence à être question tPAamedéc , que Raphaël alla enchaîner dans la haute Kgv pte; c'est alors que les Juin en» fondent parler de ttilnn. Ge mot S>ti<in était cbaldccn, et le livre de Job, habitant de r.bvrdée, est le premier qui en fasse mention.

Les anciens Perses disaient que Satan était un génie qui avait fait la guerre aux Dives et aux Péris , c'est-à-dire aux fées.

Ainsi selon les règles ordiiimres.de la probabilité, il serait permis à ceux qui ne se serviraient que de leur raison, de penserque c'est dans cette théologie qu'on a enfin pris ridée chez les Juifs et les chrétiens, que les mauvais anges avaient été chasses du ciel , et que leur prince avait toute Ève sous la figure d'un serpent.

On a prétendu quTsaie (dans son chapitre X'V. r. 1 2 ) avait cette allégorie envoie quand.il dit : (Jnonvxlo eccidi^ti Ac ftr/o, f.uriirr , oui manc oritharh ? u Comment cs-lu tombé du ciel , astre de lumière, qui te levai» au matin?»

Ccst même ce verset latin, traduit d'Isaie , qui a procuré au dtable le nom de Lucifer. On n'a pas songé que Lucifer signifie celui qui répand Ta lumière. Oh a encore moins réfléchi aux paroles d'Isaie. fi parle du roi de Bahylonc détrôné , et par une figure commune, il lui dit : Commentes-tu tombé des cieux , astre éclatant T

II n'y a pas d'apparence qulsaje ait voulu établir , par ce trait de rhétorique, fa doctrine des anges précipités dans l'enfer : aussi ce no fut guère que dans lé temps de ht primitive église chrétienne, qne les père» et le» rabbins s elrorcèrctrt i

D1CTI0>NAIRE

doctrine , pour sauver ce qu'il y avait d'incroyable dans 1 histoire d'un serpent qui séduisit la mère des hommes, et qui, condamne pour cette mauvaise action à marcher sur le ventre , a depuis été l'ennemi de l'homme, qui tâche toujours de l'écraser, tandis que celui-ci tâche toujours de le mordre. Des substances célestes, précipitées, dans l'abîmo qui en sortent pour persécuter le genre humain, ont paru quelque chose de plus sublime.

On ne peut prouver par aucun raisonnement que ces puissances célestes et infernales existent ; mais aussi on ne saurait prouver qu'elles n'existent pas. H n'y a certainement aucune contradiction à reconnaître des substances bienfaisantes et malignes, qui ne soient ni de la nature de Dieu ni de la nature des hommes; mais il ne suffit pas qu'une chose soit possible pour la croire.

Les anges qui présidaient aux nations chez les Babyloniens et "h»v. les Juifs , sont précisément ce qu'étaient les dieux dllomcrc, des êtres célestes subordonnés à un être suprême. L'imagination qui a produit les uns a probablement produit les autres. Le nombre des dieux inférieurs s'accrut avec la religion d'Homère. Le nombre des anges s'augmenta chex les chrétiens avec le temps.

Les auteurs connus sous les noms de Denis l'Aréopagitc, et de Grégoire I", fixèrent le nombre des anges à neuf chœurs dans trois hiérarchies ; la première , des séraphins, des chérubins et des trônes; la seconde , des domiuations , des vertus et des puissances ; la troisième , des principautés , des archanges et enfin des anges , qui donnent la dénomination à tout le reste. Il n'est guère permis qu'à un pape de régler ainsi les rangs dans le ciel.

section tu.

Ange, en grec envoyé: on n'en sera guère plus instruit quand on saura que les Perses avaient des Péris, les Hébreux des Malakim , les Grecs leurs Daimouoi.

Mais ce qui nous instruira peut-être davantage, ce sera qu'une des premières idées des hommes a toujours été de placer des êtres intermédiaires cr.irc la Divinité et nous; ce sont ces démons, ces génies que l'antiquité inventa, l'homme fit toujours les dieux à son image. On voyait les princes signifier leurs ordres par des messagers, donc la Divinité envoie aussi ses courriers; Mercure, Iris, étaient des courriers, des messagers.

Les Hébreux , ce seul peuple conduit par la Divinité même, ne donnèrent point d'abord de noms but anges que Dieu daignait enfin leur envoyer; ils empruntèrent les noms que leur donnaient les Chaldéens, quand la nation juive fut captive dans la Babylonic; Michel et Gabriel sont nommés pour la première fois par Daniel, esclave chez ces peuples. Le Juif Tobic , qui vivait à Ninivc , connut l'ange Raphaël qui vovagea avec son fils pour l'aider à retirer de l'argent que lui devait le Juif Gabaël.

Dans les lois des Juifs, c'est-à-dire, dans le Lévi' tique et le Dcutéronomc, il u'est pas fait la moindre mention de l'existence des anges, à plus forte raison

de leur culte ; aussi les saducéens ne croyaient-ils point aux anges.

Mais dans les histoires des Juifs il en est beaucoup parlé. Ces anges étaient corporels; ils avaient des ailes au dos , comme les gentils feignirent que Mercure en avait aux talons ; quelquefois ils cachaient leurs ailes sous leurs vêtemens. Gomment n'auraient-ils pas eu de corps, puisqu'ils buvaient et mangeaient , et que les habitans de Sodome voulurent commettre le péché de la pédérastie avec les anges qui allèrent cher Loth.

L'ancienne tradition juive, selon Ben Maimon , admet dix degrés, dix ordres d'anges, i. Les chaios acodesh, purs, saiuts. a. Lesofamin, rapides. 3. Les oralim , les forts. 4- Le* cbasmalim , les flammes. 5. Les séraphlm, étiuccllcs. 6. Les malakim, anges, messagers, députés. 7. Les cloim , les dieux ou juges. 8. Les ben eloim , enfans des dieux. 9. Cbérubim, images. 10. Ychim , les animés.

L'histoire de la chute des anges ne se trouve point dans les livres de Moisc ; le premier témoignage qu'on en rapporte est celui du prophète Isaie , qui , apostrophant le roi de Babylonc, s'écrie : Qu'est devenu l'cxactcur des tributs? les sapins et les cèdre* se réjouissent de sa chute ; comment es-tu tombé du ciel, 0 Hcllcl, étoile du matin? On a traduit cet Hcllcl par le mot latin Lucifer; et ensuite par un sens allégorique on a donné le nom de Liici(er au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel; et enfin ce nom qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable.

La religion chrétienne est fondée sur la chute des anges. Ceux qui se révoltèrent furent précipités des sphères qu'ils habitaient dans l'enfer, au centre de la terre, et devinrent diables. Un diable tenu Êve sous la figure d'un serpent , et damna le genre humain. Jésus vint racheter le genre humain , et triompher du diable qui nous tente encore. Cependant cette tradition fondamentale ne se trouve que dans le livre apocryphe d'Enoch, et encore y est-elle d'une manière toute différente de la tradition reçue.

Saint Augustin, dans sa cent-neuvième lettre, ne fait nulle difficulté d'attribuer des corps déliés et agiles aux bons et aux mauvais anges. Le pape Grégoire I" a réduit à neuf chœurs , à neuf hiérarchies ou ordres , les dix chœurs des anges recounus par les Juifs.

Les Juifs avaient dans leur temple deux chérubins ayant chacun deux têles , l'une de bœuf et l'autre d'aigle, avec six ailes. Nous les peignons aujourd'hui sous limage d'une tête volante, ayant deux petites ailes au-dessous des oreilles. Nous peignons les anges et les archanges sous la figure de jeunes gens, ayant deux ailes au dos. A l'égard des trônes et des dominations, on ne s'est pas encore avisé de les> peindre.

Saint Thomas, à la questiou CYTII, article a, dit que les trônes sont aussi près de Dieu que les chérubins et les séraphins , parce que c'est sur eux que Dieu est assis. Scot a compté mille millions d'anges. L'ancienne mythologie des bons et des mauvais génies ayant passé de l'Orient eu Grcce cl à Rome ,

nous consacrâmes cette opinion , en admettant pour chaque homme on bon et un mauvais ange , dont l'un ! et l'autre lui nuil depuis sa naissaueç jusqu'à t ; mais on no sait pav encore si ces bons et mauvais anges passent continuellement de lc:ir poste à un autre, ou s'ils sont relevés par d'autres. Consultez sur cet article la Somme de saint Thomas.

On ne sait pas précisément où les anges se tiennent, si c'est dans l'air, dans le vide, dans les planètes; Dieu n'a pas voulu que nous en fussions

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