‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 461 sur 551 · L£ PAGE · texte numérisé non relu

L£ PAGE

Je le veux croire; mais il a pris un mauvais chemin pour y aimer.

Vous parlez en jeune huguenot. Apprenez que ce que je tous dis est de foi. Il a en l'attrition ; et cette

immanquablement salvation, qui mène droit eu-pa* radis, où il piie maintenant Dieu pour vous.

LE FACE

Je ne veux point du tout qu'il parle à Dieu de moi. Qu'il aille au diable avec ses prières et son auritioo.

MAITRE FLLXAAC.

Dans le fond c'était une bonne «me. Son zèle l a emporté, il a mal fait; mais ce n 'était pas en mauvaise intention. Car dans tous ses interrogatoires il a répondu qu'il n'avait assassiné le roi que parce qu'il allait faire la guerre an pape, et que c'était la faire à Dieu. Ses sentimens étaient fort chrétiens. 11 est 1, vous dia-je; il était lié, et je l'ai délié.

LE FACE

i< plu» je voua écoute, plus vous me paraissez un homme à lier vous-même. Vous me faites horreur.

C'est que vous n'été* pas encore dans la bonne voie ; vous y serez un jour. Je voua ai toujours dit que vous n'étiez pus loin du royaume des cicux, mais le

LE FACE

nt ue viendra jamais de me faire croire

Dès que vous serez converti , comme je l'espère , vous le croirez comme moi; mais, eu attendant, sache/, que voua et le duo de Sulli, votre maitr», vous serez damnes à toute éternité avec Judas Iscariote et le mauvais riche, tandis que Ravaillac est dans la

coquin!

MAITHE FILXSiAC.

, petit filaf U est défendu d'appeler son frère Race. On est alors coupable de la géhenne ou gebenne du fou.

sans vous fâcher.

LE FACE

Va, tu me parais si raca, que je ue me fficherai plus.

MAÎTXE FILESAC.

Je vous disais donc qu'il est de foi que vous serez damné; et malheureusement notre cher Henri IV l'est déjà, comme la Sorbonne l'avait toujours prévu.

LE FACE

Mon cher maître damné ! attends, attends, scélérat, un bAton, un bâton.

MAÎTRE FILESAC

Calmez-vous, petit fils, vous m'avez promis de m'écouter patiemment. N'esl-il pas vrai que le grand Henri est mort sans confession ? N'cst-a pas vrai qu'il était en péché mortel , étant encore amoureux de i dame la princesse de Condé, et qu'il n'a pas eu le I de demander le sacrement de péuitcncc, Dieu ayant permis qu'il ait été frappé à l'oreillette gauche du cœur, et que le sang l'ait étouffe en un instant? Vous ne trouverez absolument aucun bon catholique qui ne vous dise les mêmes vérités que moi.

LE FACE

Tais-toi, maitre fou; si je croyais que tes docteurs enseignassent une doctrine si abominable, j'irais surle-champ les brûler dans leurs loges.

MAÎTRE FILESAC

Encore une fois, ne vous emportez pas, vous l'avez promis. Monseigneur le marquis de Conchini , qui est un bon catholique, saurait bien vous < assez sacrilège pour maltraiter m<

LE FACE

Mais en conscience, maître Filesac, est -il bien vrai que l'on pense ainsi dans ton parti ?

MAITRE FILESAC

Soyez-en très-sûr; c'est notre catéchisme.

LE FACE

Ecoute, il faut que je t'avoue qu'un de tes sorboniqueurs m'avait presque séduit l an passé. Il m'avait fait espérer une pensiou sur un bénéfice. Puisque le roi, me disait-il, a entendu la messe en latin, voua qui n'êtes qu'un petit gentilhomme, vous pourriez bien l'entendre aussi sans déroger. Dieu a soin de ses élus, il leur donne des mitres, des crosse*, et prodigieusement d'argent. Vos réformés vont à pied et ne savent qu'écrire. Enfin j'étais ébranlé; mais, après co que tu viens de me dire , j'aimerais cent fois mieux me faire mahométan que d'être de ta secte.

Ce page avait tort. On ne doit point se faire mahométan parce qu'on est affligé ; mais il faut pardonner à un jeune homme sensible , et qui aimait tant Henri IV. Maître Filesac parlait suivant sa théologie, et le petit page selon son cœur.

RBLIGIOP.

SECTION PFÈHtF-RE

Les épicuriens, qoi n'avaient nulle religion, recommandaient l'éloignement des affaires publiques, l'étude et la concorde. Cette secte était une société d'amis, car leur principal dogme était l'amitié. Aliicus, Lucrèce, Memmius, et quelques hommes de cette trempe, pouvaient vivre très-honnêtement *n-

SECTION II

Je méditais cette nuit ; j'étais absorbe dans la contemplation de la nature ; j'admirais l'immensité- , la cours, les rapports de ces globes infinis que le vulgaire ne sai; pas admirer.

J'admirais eucore plus l'intelligence qui préside à

m DICTIONNAIRE

semble, et cela se voit dans tous les pays; philosophez tant qu'il vous plaira entre vous. Je crois cnteudre des amateurs qui se donnent un concert d'une musique savante et raffinée; mais gardez-vous d'exécuter ce coucert devant le vulgaire ignorant et brutal ; il pourrait vous casser vos instrumens sur vos têtes. Si vous avez une bourgade à gouverner , il faut qu'elle ait une religion.

Je ne parle point ici de la nôtre; elle est la seule bonne, la seule nécessaire, la seule prouvée, et la seconde révélée.

Aurait-il été possible à l'esprit humain , je ne dis pas d'admettre une religion qui approchât de la nôtre, mais qui fut moins mauvaise que toutes les autres religions de l'univers ensemble? et quelle serait cette religion?

Ne serait-ce point celle qui nous proposerait l'adoration de l'Être suprême, unique, infini , éternel , formateur du monde , qui le meut et le vivifie , > ui nrc simik nrc terumium : celle qui nous réunirait à cet Être des êtres pour prix de nos vertus, et qui nous en séparerait pour le châtiment de nos crimes?

Celle qui admettrait très- peu de dogmes inventés par la démence orgueilleuse, éternels sujets de disputes; celle qui enseignerait une morale pure snr laquelle on ne disputa jamais?

Cdlc qui ne ferait point consister l'essencedu culte dans de vaines cérémonies, comme de vous cracher dans la bouche , ou de vous ôter un bout de votre prépuce, ou de vous couper uu testicule, attendu qu'on peut remplir tous les devoirs de la société avec deux testicules et un prépuce entier, et sans qu'on vous crache dans la bouche ?

Celle de servir son prochain pour l'amour de Dieu, •u lieu de le persécuter, de l'égorger au nom de Dieu; celle qui tolérerait toutes les autres, et qui, méritant ainsi la bienveillance de toutes, serait seule capable de faire du genre humain uu peuple de frères?

Celle qui a»rait des cérémonies augustes dont le vulgaire serait frappé, sans avoir des mystères qui pourraient révolter les sages et irriter les incrédules?

Celle qui olli irait aux hommes plus d'encouragement aux vertus sociales, que d'expiations pour les perversités?

Celle qui assurerait à ses ministres un revenu assez honorable pour les faire subsister avec décence , et ne leur laisserait jamais usurper des dignités et un pouvoir qui pourraient en f,iire des tyrans? Celle qui établirait des retraites commodes pour la vieillesse «t pour la maladie, nais jamais pour la fainéantise?

Une grande partie de cette religion est déjà dans le cœur de plusieurs princes, et clic sera dominante dès que les articles de paix perpétuelle que I'abbe de Saint-Pierre a proposés seront signes de tous les potentats.

ces vastes ressort». Je me disais : Il faut être aveugle pour n'< ire pas ébloui de ce spectacle ; il faut être stupide pour n'en pas reconnaître l'auteur ; il faut être fou pour ne pas l'adorer. Quel tribut d'adoration dois -je lui rendre ? ce tribut ne doit -il pas être la mémo dans toute l'étendue de l'espace, puisque c'est le même pouvoir suprême qui régne également dans cette étendue. Uu rire pensant, qui habite dans une étoile de la voie lactée , ne lui doit-il pas le même hommage que l'être pensant sur ce petit globe ou nous sommes ? La lumière est uniforme pour l'astre de Sirius et pour nous; la morale doit être uniforme. Si un animal sentant et pensant dans Sirius est né d'un père et d'une mère tendres qui aient été occupés de sou bonheur, il leur doit autant d'amour et de soins que nous en devons ici à nos parens. Si quelqu'un dans la voie lactée voit un indigent estropié, s'il peut le soulager et s'il ne le fait pas, il est coupable envers tous les globes. Le cœur a partout le> mêmes devoirs : sur les marches du trône de Dieu, s'il a un trône; et au fond de l'abîme, s'il est uu abimr.

J'étais plongé dans ces idées, quand un de ces génies qui remplissent les iutermondes desceudit ven moi. Je reconnus celte même créature aérienne qui m'avait apparu autrefois pour m 'apprendre combien les jugemeus de Dieu diffèrent des nôtres , et combien une bonne action est préférable à la controverse (*).

Il me transporta dans un désert tout couvert d'ossemens culasses ; ut entre ces monceaux de morts il y avait des allées d'arbres toujours verts, et au bout de chaque allée un grand homme d'un aspect auguste, qui regardait avec compassion ces tristes restes. Hélas! mon archange, lui dis- je, où m'avez-vous

mené? A la désolation, me répondit-il Et qui

sont ces beaux patriarches que je vois immobiles et attendris au bout de ces allées vertes, et qui semblent pleurer sur cette foule innombrable de tnoils? Tu la sauras , pauvre créature humaine , me répliqua le géuie des intermoudes; mais auparavant il faut que tu plaures.

Il commença par le premier amas. Ceux-ci , dit-:!, sont les vingt-trois mille Juifs qui dansèrent devant uu veau , avec les vingt-quatre mille qui furent tués sur des filles madiaiiitcs. Le nombre des massacrés pour des délits ou des méprises pareilles se monte i prés de trois cent mille.

Aux allées suivantes sont les charniers des chrétiens égorgés les uns par les autres pour des disputes métaphysiques. Us sont divisés en plusieurs monceaux de quatre siècles chacun. Un seul aurait monté jusqu'au cic) ; il a fallu les partager.

Quoi! m'écriai-je, des frères ont traité ainsi leurs frères, et j'ai lo malheur d'être dans cette confrérie?

Voici , dit l'esprit, les douze millions d'Américains tués dans leur patrie , parce qu'Us n'avaient pas été baptisés. Hé mon Dieu! que ne laissiez-vous ces ossemens affreux se dessécher dans l'hémisphère où leurs corps naquirent, et où ils furent livrés «tant de trépas ? Pourquoi réunir ici tous ces

(•) Voyti l'ifticU Docmju

abominables de la barbarie et du fanatisme T — Pour l'instruire.

Puisque tu veux m'instruire , dis-je au génie , apprends-moi s'il y a eu d'autres peuples que les chrétiens et les Juifs à qui le zèle et la religion , malheureusement tournée en fanatisme , aient inspiré tant de cruautés horribles. Oui , me dit-il ; les rnatiotnétans se sont souillés des :nêmes inhumanités, mais rarement; et lorsqu'on leur a demandé amman, miséricorde, et qu'on leur a offert le tribut, ils ont pardonné.

Pour les autres nations, il n'y en a aucune depuis l'existence du monde qui ait jamais fait une guerre purement de religion. Suis- moi maintenant. Je le suivis.

Un peu au delà de ces piles de morts, nous trouvâmes d'autres piles; c'était des sacs d'or et d'argent, cl chacune avait son cliquette , Substance dis herctiqua massacres au dir-hititïcmc siècle, au rfiV ^ept, au seizième. ]EX ainsi en remontant : Or et anjent des Américains étjanjés, etc. , etc. El toutes ccf piles étaient surmontées de croix, de mitres, de crosses, de tiares enrichies de pierreries.

Quoi! mon génie, ce fui donc pour avoir ces richesses qu'on accumula ces morts? — Oui, mon fils.

Je versai des larmes; et, quand j'eus mérité par ma douleur qu'il me mcn.it au bout des allées vertes, il m'y conduisit.

Contemple, me dit-il , les héros de l'humanité qui ont été les bienfaiteurs de la terre , et qui se sont tous réunis à bannir du monde, autant qu'ils l'ont pu, la violence et la rapine. Interroge-les.

Je courus au premier de la bande ; il avait une couronne sur la tête, et un petit encensoir à la main; je lui demandai humblement son nom. Je suis Nuraa Pompilius, me dit -il; je succédai à uu brigand, et j'avais des brigands à gouverner : je leur enseignai la vertu et le culte do Dieu , ils oublièrent après moi plus d une fois l'un et l'autre; je défendis qu'il y eût daus les temples aucun simulacre, parce que la Divinité qui anime la nature ne peut être représentée. Les Romains n'eurent sous mon règne ni guerres ni séditions, et ma religion ne fit qu»du bien. Tous les peuples voisins vinrent honorer mes funérailles; ce qui n'est arrivé qu'à moi.

Je lui baisai la main, et j'allai au second; c'était nu beau vieillard d'environ cent ans, vêtu d'une robe blanche; il mettait le doigl médium sur sa bouche, et de l'autre main il jetait des fèves derrière lui. Je reconnus Pylbagore. Il m'assura qu'il n'avait jamais eu de cuisse d'or, et qu'il n'avait point été coq; mais qu'il avaii gouverné les Crotoniatcs avec autant de justice (|uc Nu ma gouvernait les Romains, à peu près de son temps; et que celte justice était la chose du monde la plus nécessaire e* la plus rare. J'appris que les pythagoriciens fesaieiil leur examen de conscience deux fois par jour. Les honnêtes gens! et que nous sommes loin d'eux ! Mais nous qui n'avons été pendant treize cents ans que des assassins, nous disons que ces sages étaient des orgueilleux.

Je ne dis mot à Pythagorc pour lui plaire , et je passai a Zoroastrc , qui s'occupait à concentrer le

feu céleste dans le foyer d'un miroir concave, au milieu d'un vestibule à cent portes qui toutes conduisent à la sagesse. Sur la principale de ces portes (.»), je lus ces paroles qui sont le précis de toute la morale, et qui abrègent toutes les disputes des casui;>.es :

« Dans le doute si une action est bonne ou mauvaise, abstiens-toi. »

Certainement, dis-je à mon génie, les barbares qui ont immolé toutes les victimes dont j'ai vu les osscroens, n'avaient pas lu ces belles paroles.

Nous vîmes ensuite les Zalcocus, les Thaïes, le«* Anaximandre , et tous les sages qui avaient cherché la vérité et pratiqué la vertu.

Quand nous fûmes à Socrate, je le reconnus bien vile à son nei épaté {£»). Hé bien, lui dis-je, vous voilà donc au nombre des confidens du Très-Haut! tous les habitans de l'Europe, excepté les Turcs et les Tartares de Crimée , qui ne savent rien , prononcent votre nom avec respect. On le révère, on l'aime ce grand nom, au point qu'on a voulu savoir ceux de vos persécuteurs. On connaît Mélitus et Anilus à cause de vous, comme on connail Ravaillac à cause de Henri IV ; mais je ne connais que ce nom d'Anitus. Je uc sais pas précisément quel était ce scélérat pat qui vous fûtes calomnié , et qui vint à bout de vous faire condamner à la ciguë.

Je n'ai jamais pensé à cet homme depuis moû aventure, me répondit Socrate; mais, puisque vous m'en faites souvenir, je le plains beaucoup. C'était un méchant prêtre qui fesait secrètement un commerce de cuirs , négoce réputé honteux parmi nous. U envoya ses deux eufans dans mon école. Les autres disciples leur reprochèrent leur père le corroycur; ils furent obligés de sortir. Le père irrité n'eut point de cesse qu'il n'eût ameuté contre moi tous les prêtre» et tous les sophistes. On persuada au conseil des cinq cents que j'étais un impie qui ne croyait pas que la Lune, Mercure et Mars fussent des dieux. En effet , je pensais comme à présent qu'il n'y a qu'un Dieu , maître de toute la nature. Les juges me livrèrent à l'empoisonneur de la république ; il accourcit ma vie de quelques jours : je mourus tranquillement à l'Age de soixautc et dix ans; et depuis ce temps-là je passe une vie heureuse avec tous ces grands hommes que vous voyct, et dont je suis le moindre.

Après avoir joui quelque temps de l'entretien de Socrate, je m'avançai avec mon guide dans un bosquet situé au-dessus des bocages ou lous ces sages do l'antiquité semblaient goûter un doux repos.

Je vis un homme d'une figure douce et simple, qui me parut âgé d'environ trente-cinq ans. Il jetait de loin des regards de compassion sur ces amas d'osscmens blanchis, à travers desquels on m'avait fait passer pour arriver à la demeure des sages. Je fus étonné de lui trouver les pieds enflés et sanglans, les mains de même , le flanc percé, et les côtes écorchées de coups de fouet. Hé bon Dieu, lui dis-je, est-il possible qu'un juste, un sage soit dans cet état? je viens

(a) Lr» priceptes de oomtwc de ermt

(h) Voytt l'article Ni.- tmu.»

d'en voir un qui m été traité d'une manière Lion odieuse , mais il n'y a pas de comp supplies et le vôtre. De i vais juges l'ont empoisonné; est-ce aussi par des prêtres et par des juges que tous avez été assassiné a. cruellement?

Il me répondit oui avec beaucoup d'aJJUnJité.

Et (TU) étaient donc ces monstres ?

u C'étaient de» hypocrites. »

qu'ils durent vous condamner au dernier supplice. Vous leur aviez donc prouve*, comme Soc rate, que la Lune n'était pas une déesse, et que Mercure n'était pas un dieu ?

« Non, il n'était pas q deslion de ces planètes. Mes compatriotes ne savaient point do tout ce que C'est qu'une planète; ils étaient tous de fesses i rans. Leurs superstition celles des Grées. »

Vous voulûtes donc leur religion?

n Point du tout; je leur disais simplement : Aimez Dieu do tout votre contr et votre prochain comme vous-même, car c'est là tont l'homme. Juges si ce précepte n'est pas aussi ancien que l'nnivers ; juges ai je leur apportais un culte nouveau. Js ne cessai de leur dire que j'étais venu uon pour abolir la loi, mais pour l'accomplir; j'avais observé tous leurs rites; circoncis comme ils l'étaient tons, baptisé comme Pétaient les plus zélés d'entre eux, je payais comme eux lecorbaa; je taisais comme eus la pâque, an mangeant debout un agneau cuit dans des laitues. Moi et mos amis nous allions prier dans le temple; mes amis même fréquentèrent ce temple après ma mort; en un mot, j'accomplis toutes leurs lois sans on excepter une. w

Quoi ! ces misérables n'avaient pas même à vous reprocher de vous « tre écarté de leurs lois?

« Non, saus doute. »

Pourquoi doue vous ont-ils mis dans l'état oà je vous vois ?

«Que voulez-vous que je vous dise 1 ils étaient fort orgueilleux et intéressés. Ils virent que je les connaissais; ils surent que je les lésai» connaître aux citoyens; ils étaient tes plus forts; Us m'ôtèreiit la vie : et leurs semblables en feront toujours autant, sfUs le peuvent, à quiconque leur aura trop rendu justice. »

Mais , ne dites-vous , ne fltes-vous rien qui pûi leur servir de prétexta ?

« Tout sert de prétexte aux méehans. »

Ne leur dites-vous pas uno fois que vous étiez venu apporter le glaive et non la paix ?

n C'est une erreur de copiste; je leur disque j'apportais la paix et non le glaive. Je n'ai jamais rien écrit; on a pu changer ce que j'avais dit, sans mau-

Vous n'avez donc contribué en rien par vos discours, ou mal rendus, ou mal interprétés, à ces monceaux affreux d'ossemens que j'ai vus sur ma route en venant vous consulter?

m Je n'ai vu qu'avec horreur ceux qui i dus coupables de tous ces meurtres. »

Et ces monumens de puissance et de richesse, d'orgueil et d'avarice, ces trésors, ces ornemens, ces signes de grandeur, que j'ai vus accumulés sur la roule en cherchant la sagesse, viennent-ils de vous ?

■ Cela, est impossible ; j'ai vécu moi et les miens dans la pauvreté et dans la bassesse i ma graudW n'était que dans la vertu. »

J'étais près de le supplier de vouloir bien me dira an juste qui il était. Mon guide m'avertit de n'en rien faire. Il me dit que je u 'étais pas fait pour comprendre ces mystères sublimes» Je le conjurai seulement de m'appreodre en quoi consistait la vraie religion.

« Ne vous Pai.je pas déjà dit? Aimes Dieu et votre prochaio comme vous-même. •

Quoi! en aimant Dieu on pourrait manger gras le vendredi ?

a J'ai toujours mange ce qu'on m'a donné; car j'étais trop pauvre pour donner a dîner a personne. •

En aimant Dieu, en étant juste, ne pourrait-on pas être assez prudeut pour ne point confier toutes les aventures de sa vie à un inconnu ?

* C'est ainsi que j'en ai toujours usé. »

Ne pourrais-je , en fesant du bien , me dispenser d'alleren pèlerinages SaiutJarques de Compos telle?

a Je n'ai jamais été dans ce pays-là. »

Faudrait-il me confiner dans une retraite avec des sois?

« Pour moi, j*ai toujours fait de petits voyages de ville en ville. »

Me faudrait-il prendre parti pourt'église grecque Ou pour la latiue?

■ Je ne fis aucune différence entre le Juif et le Ssmaritain quand je fus an monde. »

Hé bien , s'd est ainsi , je Vous prends pour mon seul maître. Alors il me fit nn signe de tête qui me ••emplit de consolation. La vision disparut, et la

sscTioa m.

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