ABBAYE
section eaKMtkac.
Cest un un abbé ou une abbeese.
Ce nom d'abbé, mhbas en latin et en grec, «htaen syrien et en cbaldéen , vient de l'hébreu a», qea veut dire père. Les docteurs juias prenaient ce titre par orgneii; c'ertponi^aoiJé»» disait à ses dis«iple« (/i) : N'appelée personne sur lalorre votre porc , car rouï n'avez, qu'un pere qni est dans les cieua.
Quoique saint Jérôme se soit fort emporté enntre les moines do aoo temps (•) , qui, melgré m désenso du Seienear , donnaient ou rooe^nient le titre d'abl»
(h) Stromstet ou Tapitwerie*, liv. I.
le sixième concile de Paris (<•) décède qo», «i Ws ab' béa sont des pesos spiritoeii , ot ^Hs mgondr >nt an Soigneur due fit* spivhuois, xAut arec >n>u qu'on les appelle abhét.
D'aprt's ce décret, si quel q u un a luéetM le 1*m
(c) Orhtine centra Cebe, n*. aoa.
fa) MMtbien, ebap. XXH1, v. g. — (h) là». II ma Tl ptin
(;il»ir», — (c) Li». I p!np. XXXVIL
îd by Çoogle
g urcra
d'abbé, c'est assurément saint Benoît, «pi, l'an 5a9, fonda sur le Mont-Cassin, dans le royaume de Naplcs, sa règle si éminente en sagesse et en discrétion, et si grave, si claire, à l'égard du discours et du style. Ce sont les propres termes du pape Grégoire (d), qui ne manque pas de faire mention du privilège singulier dont Dieu daigna gratifier ce saint fondateur; c'est que tous les bénédictins qni meurent au Mont-Cassin sont sauvés. L'on ne doit donc pas être surpris que ces moines comptent seize mille saints canonises de leur ordre. Les bénédictines prétendent même qu'elles sont averties de l'approche de leur mort par quelque bruit nocturne qu'elles appellent les coups de saint Benoit.
On peut bien croire que ce saint abbé ne s'était pas oublié lui-même en demandant à Dieu le salut de ses disciples. En conséquence, le samedi ai mars 543 , veille du dimanche de la passion , qui fut le jour de sa mort, deui moines, dont l'un était dans le monastère, l'autre en était éloigné, eurent la même vision. Il s virent un chemin couvert de tapis, et éclairé d'une infinité de flambeaux, qui s'étendait vers l'orient depuis le monastère jusqu'au ciel. Un personnage vénérable / paraissait, qui leur demanda pour qui était ce chemin? ils dirent qu'ils n'eu savaient rien. C'est, a jouta- 1- il, par où Benoît, le bi-m-aimé de Dieu, est monté au ciel.
TJn ordre dans lequel le salut était si assuré s'étendit bientôt dans d'autres états , dont les souverains se laissaient persuader (e) qu'il ne s'agissait, pour être sûr d'une place en paradis, que de s'y foire un bon ami ; et qu'on pouvait racheter les injustices les plus criantes, les crimes les plus énormes , par des donations en foveur des églises. Pour ne parler ici que de la France, on lit dans les Gestes du roi Dagobert, fondateur de F abbaye de Saint-Denis près Paris (f ) , que ce prince étant mort fut condamné au jugement de Dieu , et qu'un saint ermite nommé Jean , qui de- I meurait sur les côtes de la mer d'Italie , vit son Ame enchaînée dans une barque, et des diables qui la rouaient de coups en la conduisant vers la Sicile, où ils devaient la précipiter dans les gouffres du mont Etna; que saint Denis avait tout à coup paru dans un globe lumineux , précédé des éclairs et de la foudre, et qu'ayant mis en fuite ces malins esprits, et arraché cette pauvre Ame des griffes du plus acharné, il l'a- ' vait portée au ciel en tifemphe.
Charles -Martel au contraire fut damné en corps et en âme, pour avoir donné des abbayes en récompense à ses capitaines, qui, quoique laïques, portèrent le titre d'abbés, comme des femmes mariées eurent depuis celui d'abbesses, et possédèrent des abbayes de filles. Un saint évéque de Lyon, nommé Eucber , étant en oraison , fut ravi en esprit , et mené par un ange en enfer où iWit Charles Martel, et apprit de l'ange que les saints dont ce prince avait dépouillé les églises , lavaient condamné à brûler éternellement en corps et en Ame. Saint Eucher écri-
(J) Dialof. , liv. II, cliap. VIII.
(«J Mcteral, tome I, pose aa5. — ff) Cbip. XXXVH.
vit cette révélation à Bonifoce, évéque de Matence, et à Fulrad, archichapelain de Pepin-le-Bref , en les priant d'ouvrir le tombeau de Charles-Martel , et de voir si son corps y était. Le tombeau fut ouvert; le fond en était tout brûlé, et on n'y trouva qu'un gros serpent qui en sortit avec une fumée puante.
Bonifoce (g) eut l'attention d'écrire à Pepin-le- Bref et à Cari oman toutes ces circonstances de la damnation de leur père; et Louis de Germanie s'étant emparé, en 858, de quelques biens ecclésiastiques, les évêques de l'assemblée de Créci lui rappelèrent dans une lettre toutes les particularités de cette terrible histoire, en ajoutant qu'ils les tenaient d« vieillards dignes de foi, et qui en avaient été témoins oculaires.
Saint Bernard, premier abbé de Qairvaux en 1 1 1 5 , avait pareillement eu révélation que tous ccu\ qui recevraient l'habit de sa main seraient sauvés. Cependant le pape Urbain II, dans une bulle de l'an 109a, ayant donné à l'abbaye du Mont-Cassin le titre de chef de tous les monastères, parce que de ce lieu même la vénérable religion de l'ordre monastique s'est répandue du sein de Benoît comme d'une source de paradis, l'empereur Lothaire lui confirma cetteprorogative par une chartre de l'an 1 137 qui donne au monastère du Mont-Cassin la prééminence de pouvoir et de gloire sur tous les monastères qui sont ou qui seront fondés dans tout l'univers, et veut que les abbés et les moines de toute la chrétienté lui portent honneur et révérence.
Pascal II dans une bulle de l'an 1 1 1 3 , adressée à l'abbé du Mont-Cassin, s'exprime en ces termes: Nous décernons que vous, ainsi que tous vos successeurs, comme supérieur à tous les abbés, vous ayea séance dans toute assemblée d'évf-ques ou de princes, et que dans les jugemens vous donniez votre avis avant tous ceux de votre ordre. Aussi l'abbé de Cl uni ayant osé se qualifer abbé det abbés , dans un concile tenu à Rome l'an 1 1 16, le chancelier du pape décida que cette distinction appartenait à l'abbé du Mont-Cassin; celui de Cluni se contenta du titre d'abbé cardinal , qu'il obtint depuis de Calixte II, et que l'abbé de la Trinité de Vendôme et quelques autres se sont ensuite arrogé.
Le pape Jean XX, en i3a6, accorda même à l'abbé du Mont-Cassin le titre d'évéque , dont il fit les fonctions jusqu'en 1 367 ; mais Urbain Y ayant alors jugé à propos de lui retrancher cette dignité, il s'intitule simplement dans les actes : Patriarche de la sainte religion , abbé du saint monastère de Cassin , chancelier et grand chapelain de l'empire romain , abbe des abbés, chef de la hiérarchie bénédictine, chancelier collatéral du royaume de Sicile, comte et gouverneur, de la Campanie, de la terre de Labour et de la province maritime, prince de la paix.
Il habite avec une partie de ses officiers h San- Gcrmano , petite ville au pied du Mont-Cassin , dans une maison spacieuse où tous les passans, depuis le pape jusqu'au dernier mendiant, sont reçus, logés,
(3) Méicrù, tome l, page 33;.
Marris et traités suivant leur état. L'abbé rend chaque jour visite à tous ses hâtes, qui sont quelquefois ta nombre de trois cents. Saint Ignace, en 1 538 1 y reçut l'hospitalité"; mais il rut logé sur le Mont<*Gtsaîn , dans une maison nommée t'Albanette, à six cents pas de l'abbaye vers l'occident. Ce fut la qu'il composa son célèbre institut ; ce qui fait dire à un dominicain, dans un ouvrage latin Intitulé la tourterelle Je l'àmr, qu'Ignace habita quelques mois cette montagne de contemplation, et que, comme un autre Moisc et un autre législateur, il y fabriqua les secondes tables des lois religieuses qui ne le cèdent en rien .
A la vérité ce fondateur des jésui'es ne trouva pas dans les bénédictins la même complaisance que saint Benoit , à son arrivée au Mont-Cassin , avait éprouvée de la part de saint Martin ermite , qui lui céda la place dont il était ex possession , et se retira «u Mont- Marsicjue, proche de la Carniole; au contraire, le bénédictin Ambroise Cajetan, dans un gros ouvrage fait exprès, a prétendu revendiquer les jésuites à Tordre de Saint-Benoît.
Le relâchement qui a toujours régné dans le monde , m(mc parmi le clergé, avait déjà fait imaginer à saint Basile, dès le quatrième siècle, de rassembler sous une règle les solitaires qui s'étaient dispersés dans les déserts pour y suivre la loi; mais, .f-ymme nous le verrons à l'article Quête , les réguliers ne l'ont pas toujours été : quant au cierge séculier, voici comment en parlait saint Cyprieu dès le troisième siècle (A). Plusieurs évéques, au lieu d'exhorter tes antres et de leur montrer l'exemple, négligeant les affaires de Dieu , se chargeaient d'affaires temporelles, quittaient leur chaire, abandonnaient leur peuple, et se promenai© ut dans d'antres provinces pour fréquenter les foires , et s'enrichir par le trafic. Ils ne secouraient point le» frères qui mouraient de faim; ils voulaient avoir de l'argent en abondance, usurper des terres par de mauvais artifices, tirer de grands profits par des usures.
Charlemagne , dans un écrit où il rédige ce qu'il voulait proposer au parlement do 8tl , s'exprime ainsi (i): « Nous voulons connaître les devoirs des ecclésiastiques afin de ne leur demander qce ce qui leur est permis, et qu'ils ne nous demandent que ce que nous devons accorder. Nous les prions de nous expliquer nettement ce qu'ils appellent quitter le monde , en quoi Ton peut distinguer ceux qui le quittent de ceux qui y demeurent ; si c'est seulement en ce qu'ils ne portent point les armes et ne sont pas mariés publiquement; si celai - là a quitte le monde , qui ne cesse tous les jours d augmenter ses biens par toutes sortes de moyens, on promettant le paradis et menaçant de l'enfer, et employant le nom de Dieu ou de quelque saint pour persuader aux simples de se dépouiller de leurs biens et en priver leurs héritiers légitimes, qui par là, réduits à la pauvreté,
(A) D* loptù. — (i) Capit. intenoy. p»g. 4 78, ton». VU ; Cwic.pae, .184.
cia et le pillage } si o'est avoir quitté le monde que de suivre la passion d'acquérir jusqu'à corrompre par argent de faux témoins pour avoir le bien d'autrui , et de chercher des avoués et des prévôts cruels, intéressés et sans crainte de Dieu. »
Enfin l'on peut juger des mœurs des réguliers par une harangue de l'an 1493, où l'abbé Tritéme dit à ses confrères : « Vous , messieurs les abbés , qui êtes des ignorans et ennemis de la science du salut; qui passez des journées entières dans les plaisirs impudiques, dans l'ivrognerie et dans le jeu ; qui vous attachez aux biens, de la terre, que répondrezvous à Dieu et à votre fondateur saiut Benoît?»
Le même abbé ne laisse pas de prétendre que de droit (A) la troisième partie de tous les biens des chrétiens appartient à l'ordre de Saint-Benoît, et que s'il ne l'a pas c'cstqu'onlalui avolée. Il est si pauvre , ajoute -t- il, pour le présent, qu'il n'a plus que cent millions d'or de revenu. Tritéme ne dit poiut à qui appartiennent les deux autres parts; mais comme il ne comptait de son temps que quinze mille abbayes de bénédictins, outre les petits couvens du même ordre , et que dans le dix - septième siècle il y en avait déjà trente -sept mille, il est clair par la règle de proportion que ce saint ordre devrait posséder aujourd'hui les deux tiers et demi du bien de la chrétienté, uns les funestes progrès de l'hérésie des derniers siècles.
Pour surcroit de douleurs , depuis le concordat fait l'an i5i5 entre Léon X et François I»', le roi de France nommant à presque toutes les abbayes de son royaume, le plus grand nombre est donné cm comme ode â des séculiers tonsurés. Cet usage peut connu en Angleterre, fit dire plaisarameut, en i6g4, au docteur Grégori, qui prenait l'abbé Gallcîs pour un bénédictin (/) : Le bon père s'imagine que nous sommes revenus à ces temps fabuleux où il était permis à un moine de dire ce qu'il voulait.
SECTIOX 11
Ceux qui fuient le monde sont sages : ccu\ qui se consacrent à Dieu sont respectables. Peut-être le temps a-Uil corrompu une si sainte institution.
Aux thérapeutes juifs succédèrent les moines c» Egypte, idiotoiy monoi. l<tmt ne signifiait alors que solitaire : ils firent bicntot!?r?&ps.>w qui est le con~ traire de solitaire , et qui n'est pas idiot dans l'acccp- . lion ordinaire de ce terme. Chaque société de moines élut son supérieur : car tout se fesait à la pluralité des voix dans les premiers temps de l'église. On cherchait à rentrer dans la liberté primitive de la nature humaine, en échappant par piété au tumulte et à l'esclavage inséparables des grands empires. Chaque société de moines choisit son père, son ."bbc. quoiqu'il soit dit dans l'évangile : A 'appelez prr^nn-: votre pire.
Ni les abbés, ni les moines, ne furent prêtres dans les premiers siècles. Ils allaieut par troupes entendre la messe au prochain village. Ces troupes devinrent
(k) Fr*l>«olo , Tn.h.? dr, benrfiert . p.iy 3 r . (I) Tirwnctim» jv.ilowiiibiijup».
DICT. niiL.
«iwidérnblcs; il y eut plus de cinquante mille moi-
Saint Basile, d'abord w«îne , puis évoque d* Céssrèc en Cappadocc, fit un «ode pour twurler moines au quatrième siècle Cette règle de saint Basile fut reçut en oriont et en occident. «3a ne éonMt plus que les moines de saint Basile; ils fureat p«r*on« riches ; ils se mêlèrent 6V toutes les affaires ; il» eoutrihuèrent aux révolutions de l'empire.
On ne connaissait guère que cet ordre., rnrsqvau sixième siècle, saint Benoît établit une puissance nouvelle au Mont -Cassin.i Sahrt Grégoire- L-Orand assure dans ses dialogues (m) que Dico lui iceorda •un privilège spécial , par lequel «oas hv bénédictins qui mourraient au M ont Cas» m seraient wnWs. En conséquence le pape Urbain If, par une balle de 109a , déclara l'abbé du Mont Cassm chef de tous les monastères du monde. Pascal TT lui donna te titre d'abbé des abbés, H s'il»' Unie patriarche Ae la sainte religion , chancelier calfatera! du royaume de Sicite , comte et gouverneur de In Campanic, prince de la paix y etc., etc. , etc.
Tous ces titres seraient peu de chose , s1b n'étaient soutenus par des richesses immenses.
Je reçus, il n'y a pas long-temps, une lettre d'un de mes correspond ans d'Allemagne ; la lettre commeuce par ces mots : « Les abbés princes de Kempteu, Elvangen, Eudertl, Murbach, Bcrglesgaden , Visscmbourg, Prum , Stablo , Corvey, et les autres abbés qui ne sont pas princes , jouissent ensemble d'environ neuf cent mille florins de revenu , qui font deu* millions cinquante mille Hvres de votre France au cours de ce jour. De la je conclus que Jésus Christ n'était pas si à son aise qu'eux. »
Je lui répondis : « Monsieur, vous m'avouerez que les Français sont puis pieux que les Allemands dans la proportion de quatre et seize quarante-uuièmes à l'unité; car nos seuls bénéfices consistoriaux de moines, c'est à-dire ceux qui payent des anuates au pape, s? montent à neuf millions de rente, à quarante-neuf livres dix sous le marc avec le remède; et neuf millions sont à deux millions cinquante mille livres, comme un est à quatre et seize quarante-unièmes. De là je conclus qu'ils ne sont pas assez riches, et qu'il faudrait qu ils en eussent dix fris davantage. J'ai l'honneur d'être , etc. »
Il me répliqua par cette courte lettre : « Mon cher monsieur, je ne vous entends point ; vous trouvez sans doute avec moi que neuf millions de votre monnaie sont un peu trop pour ceux qui font vœu de pauvreté; et vous souhaitez qu'ils eu aient quatre-vingt-dix k je vous supplie de vouloir bien m'expliquer cette énigme. »
J'eus l'honneur de Ici répondre sur -le- champ : « Mon cher monsieur, il y avait autre/bis un jeune homme a qui on proposait d'époiucr une femme de soixante ans, qui lui donnerait tout son bien par testament : il répondit qu'elle n'était pas assez vieille, u L'Allemand entendit mo
{m} Lir. H, cW- VHL
H faut savoir qisfen iSjB {n) on proposa dauaJe
commandes séculière* ton Les les abbayes de moines, et de donner les cooaiueades aux officiers de sa cour ■ • "»»* comme il lut depuis ex cote n'eut pas lieu.
Le comte d'Argcusou., miniatre de la guerre , voulut en i ;5o établir des pensions sur les bénéfices eu
rien n'était plu* simple,, plu* juste , plus utile : ilWen put venir à bout. Cependant <ou* Louis XI V, la princesse de Coati avait possédé l'abbaye de Saint-Denis. Avant son règne, les séculiers possédai*** des hénéûces, L*-duc de Sulh hnguenor avait uae abbaye.
Le pèse de Hugues Capot n'était riche que par ses abbayes, et ou l'appelait Hugues l'abbé. On donnait dos abbayes aux raines pour hors menus plaisirs. Ogine, lucre de Louis d*Outreis<rr , quitta sou fils parue qu'il lui avait oui habbaye de Sainte-Mariei de Laon , pour la donner à sa femme Gerbergn. U y a des u&empkis de tout. Chacun tâche de faire servir les usages, les innovations, les 'ois anciennes abrégées, renouvelées, mitigées, les Chartres ou vraies ou supposées , lo passé , le présent, l'avenir, à s'«arpax«r dus biens de ce monde ; mais c'est toujours à U plus grande gloire de Dieu. Consultez l'Apocalypse de Mclitun par L'évâque Ûu Ballai-
Ob alia-vomi, mosnrar l'abbe? etc. Saves-rous
rendez service è Tétat; vous faites la meilleure oeuvre qne puisse faire an Somme ; il naîtra de être pensant. 11 y a dans cette aotiou quel-
Mais si vous n¥tva monsieur f abbé que pour avoir été tonsure*, pour porter tm petil<c<ulet, un manteau court, et pour attendre un bénéfice jûupie , vous me
méritez pas le nom d'abbé.
Les suoiess moines donnèrent ce uom au< supérieur qu'ils élisaient. L'abbé était leurpera spirituel. Que le* mimes nome signifient av*e> le temps ie* ohoaes différentes ! L'abbé spirituel était un pauvre à ht téte de plusieurs autres pauvres : utsis bas panvres pères spirituels ont eu depuis deux cent, quatre cent mule livras de tenta ; et U y a aujonrdhui des pauvres pères spirituels en Allemagne qui oui un régissent des gardes.
Un pauvre «ui a fait serinent d'être peavre, et qui en conséquence est souverain ! on l'a déjà dit ; il faut le reclure mille fois, cela est intnlérabJo. Les lois, n oonurs cet abus, la religion s'en iudigne, et
Pabbë.
Maie j'entends mesaieure les abhée d'Jtalia, d'Al
biens et des
(n) Chopin . de f «cri Poliluf , bb. VI.
honneurs? pourquoi ne serons-nous pes princes? Ips lues le sont Lies. II* étaient originairement pau-
i4s SU SOBt
élevés; l'un d'eux est dever.u supérieur aux rots; lis set- non S les imrter «uu.u que nous pourrons. Vous avec raison , messieurs , envahisse* la terre ;
vous avec profité <le>s temps d'ignorance, de super slitteu , île démence ponr ..mis dépouiller de uos héritages, et peur mms foider à vos pieds, pour vous engraisser de la juhutaacc daa i
ABElJLXfcS.
Lks abêties peuvent paraître f-périeirres a la raoe humaine , en ce qn'efles produisent do leur substance une substance utile, et que de toutes nos sécrétions il n'y en a pas nue seule qui soit bonne à rien, pas
gréable.
Ce qui m'a charmé daa* loa essaims qui sortent de la ruche, c'est qu'ils sont beaucoup plus doux que nos eufans qui sortent du collège. Les jeunes abeilles alors ne piquent personne, du moins rarement et
dre, on les porte la main n ne paisiblement daits In ruche qui leur est destinée ; mais dèc qu elles ont appris dans leur nouvelle maison à connaîtra Jaurs intérêts, elles deviennent semblables à nous, elles font la guerre. J'ai va des abeilles Urèa-tranquiltes aller pendant six mois travailler dans on pré voisin
cher le pré, elles les £tucbenrs qui
3» ne s» s pas qui •( avaient un roi. Ce n'est pas probablement un répul à qui cette idée wnt «tes» U u te. Je ne sais «aile amereinaan lia. d'uoroi,
ni «psi ■supposa le premier Mue cette reine était uaa Mesialine , qui avait un se mil prodigienx , qui passait <* vie à faire Uameur et à faire se* «euthrs , qui pou-
Un a été plus loin; on a prétendu qu'elle pondait trois espèeos différent « , des renées, des esclaves nommés èenvvéant, et des i vriercs; ce qui urdneaaxes de. la aature.
On a cru qu'un physicien (*), d'ailleurs f
l'ours à poulets, inventes depuis environ q va Use mille ans- par las Égyptiens, ne eeusidéeam pas l'uxlrémc ihaevceice de notre causât et de celui d'Egypte ; on a
royaume des abeilles sou» une reine, mère de
déjà répété ces in-
desix coûts ruches, a cru ai i aux examiner sou bien que ceux qui, n'ayant pas d'abeilles, ont copié des
lûmes «ur cette république industrieuse qu'où ne gnère mieux que celle des fourmis. Cet est M. Simon, qui ne se pique de rien, qui écrit très- simplement , mais qui recueille, comme moi , du miel et de la cire. Il a de meilleurs yeux que moi, il en sait plus que monsieur la prieur de Jonval et que monsieur le comte du àpeaUcle de U nature; il a examiné ses abeilles pondant vingt années; il aum* assure qu'on, s cet moqué de nous, et qu'il n'y a pas un mot de vrai dans tout ce qu'où a répété dans tant de liants.
U prétend qu'en effet il y a dans chaque ruche espèce de roi et de reine qui perpétuant cette royale , et qui président aux ouvrages ; il les a vus, il les a dessinés , et il renvoie aux Iitille et une nuits et a 1 Histoire de la reine d'Achcsn la prétendue reine abeille avec son sérail.
U y a ensuite la race des bourdons , qui n's aucune relation avec la première, et enfin la grande famille des abeilles ouvrières qui sont mâles et femelle*, et qui forment le corps de la république (t).Les abeilles femelles déposent leurs œufs dans les cellules ou elle, ont formées.
Coûtaient , en effet, la reine seule pourrait -elle
l'uu après l'autre? Le système le plus simple est presque toujours le véritable. Cependant j'ai souveat cherché ce roi et celui reine, et je u ai jamais eu le
assuré qu'ils ont vu la reine entourée de sa cour; l'uu d eux l'a portée, elle al sea suivantes, sur sou bras
dans ma main les abeilles a un eMMtu oui sorUit.de USJMVO ruche,» «AU» qu elle.5 uu. pi.ja^ent. 11 y a de»
gens qui « ont pas de (oi à i» réputation qu'ont les alwilias U iUc mwhautoa, et qui eu portent des ns- Mtims. ««tiers mu leur poitrine et sur leur visage.
Virgile, n'a chanté sur les abeilles que les erreurs de son temps. 11 se pourrait bhn que ce roi et ectt • reine ne fussent autre chose qu'u9c on deux abeilles qui volent par hasard à la tète des autres. Il faut bien que, lorsqu'elles vont butiner tes fleurs., il y en ail quelques-unes de plus diligentes; mais qu'il y ait une vraie royauté, une cour, une police, e est ce qui me paraît plus que douteux.
Plusieurs espèces d'animaux s'attroupent et vivent ensemble. On a comparé le* béliers, les taureaux à des rois, parce qu'il y a souvont un de ces animaux qui marche le premier : cette prééminonee a frappé les yeux. On a oublié que très-souvent aussi le bélier el les taureaux marchent les derniers.
S'il est quelque apparence d'une royauté et d'une cour, c'est dans un coq; il appelle ses poules, il laisse tomber pour elles la graiu qo il ;i diiJ^ -on bec .
{ t } I es ouvthtï's ne sont point m.vtr» et femelle*. J.et abeille» appelées reine* nom »euU-s qui pondent. l>e* ti tural'ile» ont dît avoir observé que 1rs huut don* ne fiwr.daient !•» oeufs que l'»m nfirva l'autre lorsqu'ils *out daim k-» alvéole* , ec qui expliquerait pourquoi le* ourriéses Muâicpt dan* la rudiece grand oimb'tc de bourdon*. Voy.le* !
Vfl. 3a de» :.r..uM l - eomplctcj.
DICTION N'ÀtRE
il les défend, il les conduit; Il M souffre pas qu'un autre roi partage son petit état; il ne s'éloigne jamais de son serait. Voilà une image de la vraie royauté; elle est plus évidente dans une basse-cour que dans une ruche.
On trouve dans les Proverbes attribués à Salomon, -« qu'il y a quatre choses qui sont les plus petites de la terre et qui sont plus sages que les sages ; les fourmis , petit peuple qui se prépare une nourriture pendant la moisson; le lièvre, peuple faible qui couche sur des pierres; la sauterelle qui, n'ayant pas de rois, voyage par troupes; le lézard qui travaille de ses mains , et demeure dans les palais des rois. » J'ignore pourquoi Salomon a oublié les abeilles, qui paraissent avoir un instinct bien supérieur A celui des lièvres, qui ne couchent point sur la pierre, à moins que ce ne soit au pays pierreux de la Palestine ; et des lézards, dont j'ignore le génie. Au surplus, je préférerai toujours une abeille à une sauterelle.
On nous mande qu'une société Je physiciens pratiques, dans la Lusacc, vient de faire éclorc un couvain d'abeilles dans une ruch<> , où il est transporté lorsqu'il est en forme de vermisseau. Il croît, il se développo dans ce nouveau berceau qui devient sa patrie ; il n'en sort que pour aller sucer des fleurs : on ne craint point de le perdre, comme on perd souvent des essaims lorsqu'ils sont chassés de la mère ruche. Si cette méthode peut devenir d'une exécution aisée, elle sera très-utile; mais dans le gouvernement des animaux domestiques, comme dans la culture des fruits, il y a mille inventions plus ingénieuses que profitables. Toute méthode doit être facile pour être d'un usage commun.
De tout temps les abeilles ont fourni des descriptions, des comparaisons, des allégories , des fables, à la poésie. La fameuse fable des abeilles de Mandeville fit un grand bruit eu Angleterre; en voici un petit précis :
La abeille» autrefois Parurent bien gouvernée* -, Et leur» travaux et leur* toi* Le* rendirent fortunés*.
Quelques avide* bourdon*
Ce* bourdon* ne travaillèrent ( Mais il* firent des i erra on*.
Ils dirent dan* leur langage :
I»ou»voo.promeuon»lecict; Aocordei-nou» en partage Votre cire et votre miel.
Le* abeilles, qui les crurent, Sentirent bientôt la fium ; Les plus sotte* en moururent.
Le roi d'un nouvel essaim l/s secourut à la fia.
Tout les esprits s' éclairèrent ; lis sont tous désabusé» ;
Mande ville va bien plus loin; il prétend que les abeilles ne peuvent vivre à l'aise dans une grande «t puissante ruche, sans beaucoup de vices. Nul royaume, nul état, dit-il, ne peuvent fleurir sans vices. Ole* la vanité aux grandes dames, plus de
belles manufactures de soie, plus d'ouvriers ni d'ouvrières en mille genres; une grande partie de la nation est réduite à la mendicité. Otez aux négociant l'avarice, les flottes anglaises sont anéanties. Dépouillez les artistes de l'envie, l'émulation cesse; on retombe dans l'ignorance et dans la grossièreté.
Il s'emporte jusqu'à dire que les crimes même conl utiles, en ce qu'ils servent à établir une bonne législation. Un voleur de grand chemin fait gagner beaucoup d'argent à celui qui le dénonce, à ceux quil'arrêtent, au geôlier qui le garde, au juge qui I» condamne et au bourreau qui l'exécute. Enfin, s'il n'y avait pasde voleurs, les serruriers mourraient de faim.
Il est très-vrai que la société bien gouvernée tire parti de tous les vices; mais il n'est pas vrai que ces vices soient nécessaires au bonheur du monde. On fait de très -bons remèdes avec des poisons, mais ce ne sont pas les poisons qui nous fout vivre. En réduisant ainsi la fable des abeilles à sa juste valeur,, elle pourrait devenir un ouvrage de morale utile.