ASSASSINAT
jours été d'accord avec la raison des autres hommes. Il feint, dans un roman intitulé Emile , d'élever un jeune gentilhomme , auquel il se donne bien de garde de donner une éducation telle qu'on la reçoit dans l'école militaire, comme d'apprendre les langues, la géométrie, la tactique, les fortifications, l'histoire de son pays ; il est bien éloigné de lui inspirer l'amour de son roi et de sa patrie, il se borne à en faire un garçon menuisier. Il veut que ce gentilhomme menuisier, quand il a reçu un démenti ou un soufflet* au lieu de les rendre et de se battre, assassiné prudent ment son homme. Il est vrai que Molière, en plaisantant dans l'Amour peintre, dit (^assassiner est le plus sur; mais l'auteur du roman prétend que c'est le plus raisonnable et le plus honnête. Il le dit très-sérieusement; et, dans l'immensité de ses paradoxes, c'est une des trois ou quatre choses quïl ait dites le premier. Le même esprit de sagesse et de décence qui lui fait prononcer qu'un précepteur doit souvent accompagner son disciple dans un lieu de protistution (<:*), le fait décider que ce disciple doit être un assassin. Ainsi l'éducation que donne Jean- Jacques à un gentilhomme?, consiste à manier le rabot, et à mériter le grand remède et la corde. *r
Nous doutons que les pères de famille s'empressent à donner de tels précepteurs à leurs enfans. Il nous semble que le roman d'Emile s'écarte un peu trop des maximes de Mentor dans Télémaque : mais
(a) Eœile, tome III, page 261. ( Livre IV.)
Dict. Pi). '2. i5