‹ Dictionnaire philosophique (volume 5)Chapitre 59 sur 90 · AUTRE ADDITION · texte numérisé non relu

AUTRE ADDITION

Quelle étrange idée tirée de la lessive, qu'un pot d'eau nettoie tous les crimes ! Aujourd'hui qu'on baptise tous les enfans , parce qu'une idée non moins absurde les supposa tous criminels, les voilà tous sauvés jusqu'à ce qu'ils aient l'âge de raison , et qu'ils puissent devenir coupables. Egorgez -les donc au plus vite pour leur assurer le paradis. Cette conséquence est si juste qu'il y a eu une secte dévote qui s'en ajlait empoisonnant ou tuant tous les petits enfans nouvellement baptisés. Ces dévots* raisonnaient

BARAG £t DÉBORA'. 3^5

parfaitement. Ils disaient : Nous fesons à ces petits innocens le plus grand bien possible ; nous les empêchons d'être méchans et malheureux dans cette vie., et nous leur donnons la vie éternelle.

( De M. l'abbé Nicaise. )

BARAC ET DÉBORA, Et par occasion, des chars de guerre.

Nous ne prétendons point discuter ici en quel temps Barac fut chef du peuple juif; pourquoi, étant chef , il laissa commander son armée par une femme : si cette femme nommée Débora avait épousé Lapidoth; si elle était la parente ou l'amie de Barac, ou même sa fille ou sa mère ; ni quel jour se donna la bataille du Thabor en Galilée , entre cette Débora et le capitaine Sizara , général des armées du roi Jabin , lequel Sizara commandait vers la Galilée une armée de trois cent mille fantassins, dix mille cavaliers et trois mille chars armés en guerre, si l'on en croit l'historien Josèphe (a).

Nous laisserons même ce Jabin, roi d'un village nommé Azor, qui avait plus de troupes que le grandturc. Nous plaignons beaucoup la destinée de son grand-visir Sizara, qui, ayant perdu la bataille en Galilée, sauta de son chariot à quatre chevaux, et s'enfuit à pied pour courir plus vite. Il alla demander l'hospitalité à une sainte femme juive qui lui donna du lait, et qui lui enfonça un grand clou de charrette

(a) Antiq. jud., liv. V.

Dict. ph. -2. 28

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dans la tête quand il fut endormi. Nous en sommes très-fachés ; mais ce n'est pas cela dont il s'agit : nous voulons parler des chariots de guerre.

C'est au pied du mont Thabor, auprès du torrent de Cison, que se donna la bataille. Le mont Thabor est une montagne escarpée dont les branches un peu moins hautes s'étendent dans une grande partie de la Galilée. Entre cette montagne et les rochers voisins est une petite plaine semée de gros cailloux , et impraticable aux évolutions de la cavalerie. Cette plain? est de quatre à cinq cents pas. Il est à croire que le capitaine Sizara n'y rangea pas ses trois cent mille hommes en bataille ; ses trois mille chariots auraient difficilement manœuvré dans cet endroit.

Il est à croire que les Hébreux n'avaient point de chariots de guerre dans un pays uniquement renommé pour les ânes : mais les Asiatiques s'en servaient dans les grandes plaines.

Confucius , ou plutôt Confutzé , dit positivement (b) que de temps immémorial , les vice-rois des provinces de la Chine étaient tenus de fournir à l'empereur chacun mille chariots de guerre attelés de quatrq chevaux .

Les chars devaient être en usage long-temps avant la guerre de Troie , puisque Homère ne dit point que ce fût une invention nouvelle; mais ces chars n'étaient point armés comme ceux de Babylone; les roues ni l'essieu ne portaient point de fers tranchans.

Cette invention dut être d'abord très-formidable dans les grandes plaines, surtout quand les chars

(b) Livre 111.

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