‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 102 sur 344 · SOUPERS · texte numérisé non relu

SOUPERS

Biscuit

grammes.

ou pain frais

Tous les jours.

Vin de campagne. . .

centilitres.

Favots

grammes.

3 fois par semaine.

Pois

I 2 jours.

Fèves décortiquées. . .

grammes .

ou pomme de terre des-

1 jour.

séchées

Riz

Choucroute

grammes.

Pour chaque repas

Oseille confite

du soir.

Les mécaniciens chauffeurs et soutiers ont un supplément de biscuit ou de pain et de vin quand la machine travaille plus de douze heures consécutives.

Enfin quand le marin se trouve dans les colonies françaises d’Amérique ou sous les tropiques il reçoit en outre un peu plus de sucre et d’eau-devie ou de tafia, et du vinaigre ou des citrons pour aciduler la boisson.

Nous venons de reproduire la ration des marins à bord des navires de l’État, mais dans le reste de notre article nous avons eu en vue l’homme de mer d’une manière générale. Quant au marin de la flotte il est soumis à une règle sévère dont il ne peut se départir, tandis qu’à bord des navires de commerce le matelot a plus de liberté dans ses allures. Aussi est-ce bien à lui que nous adresserons ce conseil d’éviter de se vêtir de vêtements humides, d’avoir soin de se changer s’il a reçu pendant le temps de son service une pluie abondante ou des paquets de mer qui auraient traversé ses vêtements ; pour ceux qui sont attachés au service des machines, d’éviter les courants d’air des claires-voies et des manches à vent, d’avoir soin de se couvrir chaque fois qu’ils monteront prendre l’air du pont. Tous devront avoir un soin particulier de leur bouche, la rincer souvent et nettoyer au moins une fois par jour les dents avec la brosse qui est devenue réglementaire dans la marine de l’État. La barbe, les cheveux devront être coupés assez près de la peau pour ne pas constituer des nids à poussière, en un mot une extrême propreté est de rigueur dans ce métier.

Je ne veux pas terminer sans exprimer le vœu que tous les marins de l’État soient, dès leur embarquement, astreints à des exercices de natation ; ceci devrait être en quelque sorte la première édu-

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cation que l’homme de mer reçut à bord. On est effrayé en pensant que, de ces hommes exposés pour ainsi dire à chaque heure du jour à tomber à la mer, un tiers au moins ne sait pas nager. Aussi ne faut-il pas s’étonner si tous les ans un bon nombre de nos marins trouve la mort dans les ports même, ou à une faible distance du rivage, pendant les préparatifs de l’appareillage ou du mouillage. Savoir nager devrait être une condition indispensable à l’homme de mer. Dr a. phillis.

MARINIER (TAFFETAS vulnéraire). Le taffetas vulnéraire Marinier est fait avec de la baudruche très mince, recouverte d’une matière balsamique et adhésive. 11 est imperméable, très adhèrent et en même temps très souple et très élastique, suivant le jeu des articulations, en dessinant les moindres rides de la peau. Il constitue, pour ainsi dire, un véritable épiderme factice, que des milliers de personnes emploient journellement pour mettre à l'abri du contact de l’air et des chocs extérieurs, les écorchures, coupures, brûlures, clous, furoncles, engelures, crevasses, excoriations, eschares, toutes sortes de plaies en général, et pour hâter leur guérison.

Il y a loin de ce merveilleux taffetas à ces sparadraps recouverts d’emplâtre de diachylon, épais, adhérant très mal, perméables aux liquides secrétés par les plaies, rancissant facilement, dégageant de plus une odeur désagréable, et à ce taffetas d'Angleterre , vilaine toile rose ou noire, épaisse et raide, recouverte d’une couche de gélatine, adhérant aussi très mal, que le moindre mouvement soulève et détache, qui se laisse enfin également traverser par les sécrétions morbides des plaies.

Le taffetas Marinier est d'un emploi très simple et tués facile. Lorsqu’on veut l’appliquer sur une plaie humide, il suffit de l’y poser par sa surface luisante et de presser un peu dessus avec la main, jusqu’à ce qu’il adhère entièrement; au préalable on aura soin, pour éviter le décollement que pourrait occasionner le pus , de faire avec des ciseaux au milieu du morceau de taffetas une ou plusieurs petites fentes, suivant l’étendue de la plaie, destinées à laisser écouler le pus, au furet à mesure de sa formation. Lorsqu’on veut l’appliquer sur une partie de la peau sèche, il faut mouiller celle-ci avec un peu d’eau ou de salive, puis y poser le morceau de taffetas et presser dessus avec la main, comme dans le cas précédent. Lorsqu’on veut le détacher, il suffit de tremper la partie dans un peu d'eau.

L'habile pharmacien Le Perdriel, qui fabrique le taffetas Marinier, en prépare trois variétés différentes : une au baume du commandeur , qui est couleur jaune pâle; une à la teinture d’arnica , qui est couleur chair; et la troisième au coltodion, qui est blanche. Les taffetas à l’arnica et au collodion sont employés de préférence lorsqu’il faut recouvrir une partie de la figure ou des mains.

Dr P.-L. Tarride.

MARJOLAINE. — (V. Origan .)

MARLIOZ (EAUX minérales DE). — Marlioz est un petit hameau situé à quelques minutes d’Aix-les-

Bains, en Savoie, qui possède des eaux minérales sulfurées sodiques, employées exclusivement en inhalations et en pulvérisations par les baigneurs d’Aix, contre les affections chroniques de l’appareil respiratoire. p. l

MARMELADE. — En pharmacie, on donne le nom de marmelade à des préparations magistrales qui offrent une très grande similitude avec les èlectuaires (V. ce mot).

En hygiène alimentaire, les marmelades sont des pulpes de fruits, pommes, abricots, prunes, cerises, coings, etc., auxquelles on a ajouté du sucre et que l’on a fait suffisamment cuire, afin d’assurer leur conservation. p. l.

MARRON. — Nom donné souvent à la châtaigne ou fruit du châtaignier et au fruit du marronnier d’Inde (V. Châtaigne). p. l.

MARRONNIER D’INDE. — Le marronnier d’Inde est un bel arbre de la famille des Ilippocastanées, originaire de l’Orient, qui s’est fort bien acclimaté dans notre pays où il fait l’ornement des promenades et des jardins. Son écorce, douée d’une sa- . veur amère très désagréable, due surtout à un principe appelé esculine, a été préconisé comme fébrifuge et comme succédané du quinquina, mais sans grand succès.

L’esculine est aussi contenue dans le fruit; elle a été isolée et, administrée seule, elle a donné un certain nombre de résultats heureux, non seulement comme fébrifuge, mais aussi contre les névralgies, à la dose de O.oO centigrammes à 2 grammes dans les 24 heures.

On trouve encore dans le marron, en très petite quantité (fO grammes par 10 kilogrammes de marrons), une huile qui a été essayée contre la goutte et le rhumatisme, en onctions pratiquées à l’aide d’un pinceau. Nous devons à la vérité de déclarer, avec Réveil, que cette huile n’a jamais été bonne qu’à exploiter la crédulité publique.

Ajoutons que l’on trouve dans le marron d’Inde une fécule qui pourrait servir à l’alimentation de l’homme et qui du reste, mélangée avec du son, est donnée aux chevaux, en Turquie, pour les guérir de la pousse et pour la prévenir. Cette fécule, ainsi que l’a démontré de Callias, peut également servir à tous les usages de l’amidon et de la fécule de pomme de terre, et pourrait par conséquent les remplacer, ce qui augmenterait d’autant la quantité de pommes de terres utilisables pour la nourriture de l'homme. Rappelons en terminant que les propriétés toxiques attribuées aux marrons d’Inde n’ont rien de fondé. Dr Paul Labarthe.

MARS. — Nom donné au fer par les alchimistes (V. fer). P. L.

MARTEAU. — Nom donné par les anatomistes, à cause de sa forme, au plus externe des osselets de l’oreille moyenne ou caisse du tympan (V. Oreille, Tympan). P. L.

MARTIALES (préparations). — On donne souvent le

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nom de préparations martiales à celles qui ont pour base le fer ou quelqu’un de ses composés. Martial est donc synonyme de ferrugineux. p. l.

MATIGNY-LES-BAINS (eaux minérales de). — Martignv-les-Bains est un village du département des Vosges, situé dans le canton de Lamarche, qui possède des eaux minérales sulfatées calciques et lithinées, employées avec succès contre la gravelle, la goutte, et la plupart des affections chroniques des voies urinaires. p. l.

MASQUE. — On désigne sous ce nom un dépôt pigmentaire qui se produit sur le visage de quelques femmes enceintes. Nous avons déjà eu l'occasion de signaler ce phénomène dans l’article Grossesse.

Le masque s’observe principalement sur les parties découvertes du visage. Il est surtout prononcé sur le front, et quand la femme relève la partie de ses cheveux qui recouvre le haut du front, il devient très facile de reconnaître la différence de coloration produite par le masque. Ce dépôt pigmentaire ne se fait pas d’une manière uniforme, c’est principalement par plaques plus ou moins étendues qu'il se produit. Ces plaques sont assez rapprochées les unes des autres pour que tout un côté du front, par exemple, paraisse envahi ; mais en observant de près, on voit que la peau a conservé par intervalles sa coloration normale. Si bien que le masque, au premier abord, se présente comme une tache sale formée par un amas de poussière ou de fumier de charbon.

Tous les procédés mis en avant par la parfumerie pour faire disparaître le masque restent sans résultat, tant que la grossesse suit son cours. Après l’accouchement, au contraire, le masque, qui s’atténue graduellement jusqu’à sa disparition complète, peut être enlevé plus rapidement grâce aux préparations antéphéliques que nous avons indiquées (V. Eplièlides). d* a. de soyre.

MASSAGE. — On entend par massage une opération qui consiste à presser, pétrir, malaxer fortement les parties molles avec les mains, les doigts, une brosse ou une palette, afin de résoudre les engorgements, rétablir la lubréfaction des surfaces articulaires, guérir les entorses, ramener les fonctions de la peau à leur état normal. 11 comprend un assez grand nombre d’exercices passifs (ceux de la gymnastique étant désignés sous le nom d’exercices actifs) dont les principaux sont: 1° la hachure, sorte de percussion linéaire vibrante, exécutée avec les doigts s’entre-choquant brusquement en frappant la partie malade alternativement des deux mains ou d’une seule avec le bord interne du petit doigt et de la main ; 2° les passes, glissement des mains par un mouvement de va-et-vient le long des membres ou des parties malades; 3° la friction douce ou forte qui se fait avec la main à sec ou graissée par un corps huileux; 4° le foulage simple qui s’exécute avec les deux mains agissant en même temps autour d'un membre ou d’une articulation, de haut en bas ou en travers, suivant les indications ; a0 le foulage abdominal, qui se pratique avec Dictionnaire populaire de Médecine üsuellk.

le bord interne d une main destinée à séparer horizontalement ou verticalement les organes qui y sont contenus; 6° le pétrissage du ventre ou l’introduction successive des doigts écartés ou rapprochés entre les intestins, à travers les téguments abdominaux, en faisant ramper la main comme une chenille, à peu près dans la direction du mouvement péristaltique; 7° le sciage, qui consiste à exécuter le mouvement de la scie avec le bord interne des mains sur les muscles relâchés, la peau étant recouverte de linge ou de légers vêtements; 8° le claquement qui est pratiqué d’une manière légère et rapide avec la main à plat; 9° le frappement qui s’exécute avec le poing du côté des phalanges fermées: 10° le pointillage qui se fait avec les pointes des doigts réunies en cercle petit ou grand ; i 1° la percussion ou vibration profonde qui est pratiquée avec les deux mains enfoncées à plat dans la profondeur des muscles ou des viscères, les parois abdominales étant relâchées, et est tantôt droite, tantôt circulaire, on l’appelle alors parfois aération à cause de son effet dans l’asthme, l’asphyxie, la syncope ; 12° la pression qui s’exécute avec les doigts sur les nerfs; 13° la vibration s’exécute encore associée à la pression sur des troncs nerveux, des masses musculaires. Tels sont les principaux exercices passifs patronnés pour les masseurs que les médecins doivent connaître pour les mettre en pratique le cas échéant.

Les applications du massage à la thérapeutique sont fort nombreuses. Pour ne citer que les plus importantes, nous mentionnerons : son emploi dans la chlorose, l’hystérie, l’éclampsie, la catalepsie, la chorée, les contractures, les contusions, les rétractions musculaires (torticolis), les anciennes fractures et les anciennes luxations, les entorses, les hernies étranglées, les étranglements internes, la constipation opiniâtre, les névralgies, les paralysies, les réactions spasmodiques , la crampe des écrivains, l’œdème, l’anasarque, les roideurs articulaires, les tumeurs kystiques et sanguines, etc. Quelques-unes de ces maladies sont si heureusement influencées par l’action du massage que le lecteur me saura gré, je pense, d’en décrire le modus faciendi d’une manière toute spéciale.

Et d’abord une des premières conditions à remplir lorsqu’il existe un dépôt, du gonflement, de l’œdème, c’est de pousser le liquide dans le sens de la circulation veineuse, c’est-à-dire de bas en haut, soit le long des gaines tendineuses, soit dans le sens des interstices musculaires, mais en débutant toujours par les parties inférieures et en terminant par les supérieures. Par ce moyen, on vide plus ou moins complètement les veines et les lymphatiques, et par là on les rend plus aptes à absorber les liquides extravasés dans les gaines des tendons.

Prenons par exemple l’entorse de l’articulation tibio-tarsienne et supposons qu’il y a eu, ce qui arrive la plupart du temps, distension des ligaments externes, déplacement de quelque tendon, épanchement sanguin péri-articulaire, œdème remontant vers le tiers inférieur de la jambe. On fait asseoir le blessé, il allonge la jambe et pose le pied sur les genoux de l’opérateur. Celui-ci saisit de la main droite la plante du pied au niveau du calcanéum et

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donne à l’articulation des mouvements de flexion, d’extension et de latéralité pendant que de la main gauche il tient la partie inférieure de la jambe aussi fixe que possible, de cette façon les tendons, les ligaments, les surfaces articulaires reprennent immédiatement leur situation normale.

Puis, saisissant le pied par-dessous avec les doigts préalablement graissés de telle sorte que les deux pouces soient réunis au-devant du cou-depied, sur le siège du gonflement, on exerce des frictions modérées et douces de bas en haut, en faisant agir un pouce après l’autre. Ces frictions un peu douloureuses d’abord, le sont, ensuite de moins en moins, elles doivent être continuées pendant un quart d’heure ou une demi-heure le matin, un quart d’heure ou une demi-heure le soir. La séance terminée, on applique chaque fois un appareil contentif qui doit être composé simplement d’un bandage roulé sans aucun topique (Béranger- Féraud).

Pratiquées avec habileté, les frictions peuvent guérir très promptement et permettre au blessé de marcher du premier au cinquième jour, tandis qu’il faut de quinze jours à trois semaines pour guérir une entorse soignée par les moyens ordinaires. Du reste, si l’on veut obtenir une guérison rapide il faut que le sujet fasse de l’exercice dans l’intervalle de deux massages ; en d’autres termes, le sujet doit marcher dans la limite du possible, sans trop forcer pourtant son articulation malade pour ne point réveiller sur le point lésé une douleur trop vive.

Dans les luxations anciennes ou récentes, dans les subluxations, les fractures, le médecin ne doit pas se contenter de tirer directement sur les deux extrémités osseuses pour les mettre en contact ; il est utile surtout d’agir avec les doigts, de ne pas craindre de pétrir, de malaxer les tissus, pour bien reconnaître et bien placer les surfaces osseuses, de retirer les brides fibreuses, tendineuses ou autres qui pourraient s’opposer à la réunion exacte des deux fragments.

Qui a-t-il de plus commun par exemple que les subluxations du coude chez les enfants en bas âge ! mais, en revanche, rien n’est plus facile à réduire que ces sortes de luxations. On vous apporte les enfants qui pleurent, ne pouvant pas bouger de place, vous examinez la région du coude et vous la trouvez ballonnée, moins aplatie, les saillies osseuses n’ont pas changé de position d’une manière bien appréciable; malgré les cris de l’enfant vous faites exécuter à l’articulation des mouvements de va-et-vient, vous reconnaissez avec les doigts toutes les surfaces osseuses, et bientôt tout rentre dans l’ordre, l’enfant se sert, séance tenante, de son avant-bras et de sa main comme auparavant.

Chez les adultes les luxations de cette région sont beaucoup plus difficiles à réduire, il existe souvent en même temps qu’une luxation du coude en arrière une

luxation du radius sur le cubitus. Le médecin non expérimenté se contente souvent de réduire la première, croyant avoir tout fait le mieux du monde, mais quel n’est pas son étonnement, plus tard, lorsque le malade se présente à lui le coude gonflé, l'articulation à demi flexible, les mouvements de pronation et de supination abolis; il veut essayer de nouveau de remettre les choses dans leur état normal, mais il n’est plus temps, s’il avait examiné attentivement avec les doigts les surfaces osseuses, s'il avait pour ainsi dire massé, pétri les tissus, malgré le gonflement, il aurait reconnu les deux déplacements et aurait agi en conséquence pour n’avoir pas plus tard à essuyer des mécomptes fâcheux.

Qu’un membre soit le siège d’une infiltration locale, le massage la fera disparaître. Que le sang soit épanché dans le tissu cellulaire sous-cutané, l'écrasement (comme l’appelait Velpeau pour ne pas employer le langage des rebouteurs) fera résorber la tumeur sanguine, la dissémination des molécules fibrineuses favorisera leur absorption.

Qu’un kyste sinovial articulaire ait pris un certain développement, la compression très forte en dispersera le contenu et la guérison en sera radicale. Qu’une articulation présente des roideurs anormales, des mouvements passifs de flexion et d’extension, accompagnés de frictions huileuses, redonneront du jeu et de la souplesse au membre engourdi. Qu’un tendon ait changé de place et par le massage vous le ramènerez d’où il était sorti. En définitive le massage, rendra des services dans une foule de circonstances où d’autres moyens se seront montrés impuissants. Dr Marc. Camboulives.

MASSÉTER. — Nom donné par les anatomistes à un muscle pair, situé sur les parties latérales de la face, court, charnu, quadrilatère, qui s’insère par

Fig. 811. — Région sus-hyoïdienne.

(La glande sous-maxillaire a été enlevée.;

2. Muscle masséter. — 8. Artère linguale. — 1,1. Artère faciale accompagnée par la veine faciale. — 3. Expension aponévrotique étendue du bord antérieur du muscle sterno-mastoïdien à l’angle de la mâchoire, et séparant la glande parotide de la glande sous-maxillaire. — 4. Glande parotide. — 5,5’. Muscle digastrique. — 6. Artère carotide externe. — 7. Artère carotide primitive. — 9. Veine jugulaire interne. — 10. Os hyoïde. — 11. Nerf grand hypoglosse. — 12. Muscle mylo-hyoïdien. — 13. Muscle stylo-hyoïdien. — 14. Muscle sternomastoïdieu. — 13. Muscles sterno-hyoïdien et thyro-hyoïdien.

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son bord supérieur, au bord inférieur et à la face interne de l’arcade zygomatique, et par son bord inférieur, à l’angle de la mâchoire inférieure et à la face externe de sa branche verticale. Son bord antérieur est épais et forme, chez les individus maigres, un relief saillant au-devant duquel les joues plus ou moins déprimées forment un creux plus ou moins prononcé.

Le muscle masséter, lorsqu’il se contracte, élève la mâchoire inférieure et la presse fortement contre la mâchoire supérieure : c’est un véritable muscle masticateur. C’est lui qui se contracte lorsqu’on accomplit un effort énergique, lorsqu’on est en colère et lorsqu’on grince des dents : il est très saillant. Dans les luxations de la mâchoire inférieure, il subit une forte distension qui occasionne des douleurs très vives. p. l.

MASSICOT. — Non donné quelquefois par les chimistes à l’oxyde de plomb (V. Plomb). p. l.

MASTIC. — Le mastic est un suc gomma-résineux qui s’écoule, en petites larmes ovoïdes, jaunâtres, demi-transparentes, des incisions partiquées aux troncs et aux branches du pistacia lenticus, arbre de la famille des Térébinthacées, qui croît dans les contrées chaudes de l’Europe, dans les îles de l’Archipel grec , principalement dans l’ile de Chio.

DouAd’une odeur agréable et d’une saveur aromatique résineuse, le mastic est employé dans le Levant comme masticatoire, à la façon du bétel, de la coca et du tabac. « Sous cette forme, dit Delioux, de Savignac, son usage est général et on ne peut plus en faveur, non seulement chez les individus originaires des contrées levantines, turcs, grecs, arméniens, juifs, mais encore chez les francs. Les femmes surtout s’en servent avec passion, et la plupart, hors le temps des repas, en ont constamment dans la bouche. Ce masticatoire n’a pas, du moins, les inconvénients de beaucoup d’autres, tel que le bétel et le tabac ; il n’est ni malpropre ni irritant, ne provoque qu'une sécrétion modérée de la salive, laquelle ne se crache jamais et même, avec l’habitude, il ne semble pas exciter outre mesure cette sécrétion. Il parfume l’haleine, tonifie les gencives et blanchit les dents par le frottement continu que le mastic, réduit ainsi en pâte dure, exerce sur ces organes. Je crois que les personnes disposées à la carie dentaire se trouveraient très bien de son usage. » Nous sommes aussi de cet avis, du reste beaucoup de dentistes en font grand usage, à l’état de dissolution dans l'éther, dans les proportions de 4 parties de mastic pour une partie d’éther, pour oblitérer les dents atteintes de carie. On utilisait autrefois le mastic en médecine, pour faire des fumigations excitantes, et Debout l'avait conseillé, sous forme de pilules, contre l'incontinence d’urine, mais cette résine est aujourd’hui à peu près inusitée, excepté dans la thérapeutique dentaire. Dr Padl Labarthe.

MASTICATION. — La mastication ou broiement des aliments, est le second temps de l’acte complexe de la digestion (V. Digestion). p. i„

MASTOIDE. — Nom donné par les anatomistes à l’apophyse ou éminence située à la partie inférieure de l’os temporal (V. Temporal). p. L.

MASTURBATION. — (V. Onanisme.)

MATÉ. — Nom donné au thé du Paraguay ou des jésuites (V. Thé). p. l.

MATELAS. — Le matelas est une des pièces dont l’ensemble constitue le lit (V. Lit).

On donne le nom de matelas hydrostatique à un matelas imaginé par le chirurgien Demarquay pour les blessés, que l’on peut remplir d’eau chaude ou d’eau froide, constitué par deux lames de caoutchouc vulcanisé soudées l’un à l'autre par leurs bords et maintenues par des capitons. L’eau y est

Fig. 815.

Matelas hydrostatique en caoutchouc du Dr Demarquay.

introduite par une large ouverture B (fig. 843) se fermant instantanément à l’aide d’un mécanisme fort simple. Le tube A (fig. 845) sert à le vider. Cet appareil, en vertu de l’incompressibilité des liquides, soutient également les parties du corps qu’il reçoit. 11 empêche aussi les douleurs vives, que les malades atteints de fractures multiples, éprouvent lorsqu’ils sont couchés sur un lit ordinaire. Il rend également de grands services dans les cas d’érysipèle ou de phlegmon diffus des membres, en agissant comme réfrigérant si on les remplit d’eau froide. Enfin il prévient la formation des eschares (Y. ce mot).

Le matelas hydrostatique peut être modifié dans sa forme, lorsqu’il est destiné aux grands malades

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ou aux vieillards. On peut y disposer dans le milieu une ouverture assez grande terminée par un tube, afin de permettre au malade de faire ses besoins naturels sans se déplacer. p. l.

MATELASSIERS. — Hygiène professionnelle. —

(V. Filateurs.)

MATÉRIALISME. — «En philosophie, opinion de ceux qui ne connaissent que la substance matérielle, et qui rejettent l’existence de substances spirituelles. Cette opinion se partage en deux très distinctes : l’une, la plus ancienne, essaye, par ce qu’elle sait des lois de la matière, de donner une explication delà formation du monde (par exemple l’épicurisme et les atomes); par conséquent, au fond, et malgré les apparences, elle ne sort pas de l’ordre métaphysique ; l’autre, plus récente et due uniquement à la philosophie positive, reconnaît que pour l’homme il n’y a que la matière et des forces qui lui sont immanentes; mais elle renonce àtoute spéculation sur l’origine de cette matière et de ses forces. La philosophie positive à profité de cette distinction essentielle pour donner au matérialisme un sens spécial : elle le définit une erreur de logique qui consiste à expliquer certains phénomènes s’accomplissant d’après des lois spéciales et propres, à l’aide de celles qui nous servent à relier entre eux les phénomènes d’un ordre plus simple, par une sorte d’importation, dans une science plus complexe, des idées générales d’une science moins compliquée. Par exemple, vouloir exprimer les lois de la combinaison des corps en proportions déterminées, celles de la double décomposition des sels, du dédoublement catalytique de divers composés, par les lois de l’électricité, par celles de la chaleur, de l’attraction universelle ou pesanteur, c’est faire du matérialisme en chimie. Nier, dans les éléments anatomiques et les tissus végétaux et animaux, l’existence de propriétés différentes de celles des corps bruts, expliquer les fonctions normales et les troubles morbides de l’économie vivante par les lois de la mécanique, de la physique et de la chimie seulement, c’est être matérialiste en physiologie et de médecine.

« C’est à tort que l’expression de médecins matérialistes a été appliquée à ceux qui ont constitué la biologie et la pathologie, comme science, sur la seule considération delà structure et des propriétés inhérentes à la matière organisée, sans s’occuper des causes premières (Dieu, âme, nature, etc.) ; sans faire intervenir des causes hypothétiques, des entités ontologiques (principe ou esprit vital, archées, etc.), comme ont été obligés de le faire les médecins qui ne connaissent pas la constitution intime de l’organisme et ses propriétés élémentaires. La connaissance de celle-ci est seule capable de nous rendre compte des phénomènes plus complexes qui se passent dans l’économie, puisque ces derniers ne sont que des manifestations de ces propriétés dans des conditions particulières, et que ces propriétés n’existent point indépendamment de la matière organisée. Par conséquent, employée sous une forme critique, l’expression de matérialiste n’a pas de sens, puisque jamais nul des actes

de la pensée n’a existé sans matière organisée cérébrale, soumise elle-même à certaines conditions de circulation et de nutrition, pas plus qu’on n’a vu la contractilité sans fibres musculaire, et ainsi des autres. » (Littré et Robin, l)ict. de* médecine, 12e édit., 1860). Nous n’avons rien à ajoutera cet exposé succint, mais magistral, de nos illustres maîtres. p. p.

MATERNITÉ. — On donne ce nom à l'hôpital spécialement destiné aux femmes en couches. A Paris il y a deux de ces hôpitaux. L’un qui porte le nom de maison École d’Accouchements et qu’on a longtemps désigné sous celui de « Maternité, » et l’autre qui s’appelle Clinique d’Accouchements. Mais en dehors de ces deux grands hôpitaux spéciaux, il y a dans les hôpitaux généraux de la ville de Paris, une salle, un pavillon ou une maison séparé, attribué aux femmes en couches. Ce sont de petites maternités incluses dans les grands services hospitaliers.

L’ancienne Maternité de Paris est un hôpital fermé au public étudiant, et organisée pour l’éducation des élèves sages-femmes (V. ce mot), dont les unes payent de leurs deniers une pension à l’Assistance publique, tandis que les autres sont envoyées comme boursières aux frais de leurs départements. Ces élèves sont toutes internes.

La Clinique d’Accouchements est au contraire l’hôpital que la Faculté de Médecine a fait organiser pour l’éducation obstétricale des étudiants en médecine. On y donne également l’instruction technique à des élèves sages-femmes, mais, dans cette maison il n’y a pas de pension à payer et tous les élèves qui la fréquentent, hommes ou femmes, sont tous externes.

L’hygiène des maternités a de nos jours fourni le sujet de bien des discussions académiques et de travaux peut-être encore plus nombreux. Autrefois en effet, on cherchait à secourir dans ces hôpitaux le plus grand nombre de femmes possible, sans s’inquiéter de savoir si la place assignée ainsi à chacune dans la salle commune était suffisante à ses besoins. De fréquentes épidémies de fièvre puerpérale survenant dans de pareilles conditions faisaient un nombre considérable de victimes, mais on pensait alors que cette maladie était épidémique, et non contagieuse, et l’on se contentait pour mettre un terme à la mortalité, de fermer l’hôpital pendant quelque temps, c’est-à-dire de ne plus recevoir de nouvelles malades, faisant ainsi, en quelque sorte la part du feu. C’est alors que les statistiques ont donné une proportion de mortalité de 5 p. 100 à la Maternité de Paris, tandis que en ville cette même mortalité ne s’élèvait qu’à 0,55 p. 100 (soit 1 pour 180).

Frappé de pareils résultats, on en accusa d’abord l’encombrement des Maternités et l’on diminua considérablement le nombre des femmes admises dans les hôpitaux spéciaux, en même temps qu’on agrandissait les services déjà destinés aux accouchements dans les hôpitaux généraux et que l’on envoyait accoucher chez certaines sages-femmes de la ville désignées par l’administration, les femmes enceintes qui se présentaient au dernier

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moment à la porte d’une maternité interdite ou suffisamment remplie, et qui n’auraient pu faire un trop long chemin.

Déjà ce procédé de désencombrement amena des résultats très appréciables; la mortalité dans les services de femmes en couches s’abaissa de 5 à 2 p. 100, mais la fièvre perpuérale sévissait encore de temps à autre et l’on chercha, toujours dans le même ordre d’idées, à faire mieux encore. C’est alors que Tarnier proposa un type de Maternité dans laquelle chaque femme occupait une chambre spéciale, ne communiquant qu’avec un corridor extérieur à la maison, une sorte de balcon comme dans les chalets suisses, de façon à ce que l’on ne puisse passer d’une pièce dans l’autre sans gagner l’extérieur. Un pavillon fut construit sur ces données dans les jardins de la Maternité de Paris, et on obtient paraît-il d’excellents résultats.

Mais les travaux de Pasteur sur la contagion et les microbes, permet de prendre à l’égard des femmes en couches des précautions bien autrement importantes et qui doivent d’ici peu réduire à un chiffre extrêmement restreint le nombre de femmes atteintes de fièvre puerpérale.

A la propreté de tous les objets qui touchent de près les femmes en couches, à l’aération rationnelle des chambres qu’elles occupent, à l’isolement aussi complet que possible, il faut ajouter tous les procédés des méthodes antiseptiques préconisés par Pasteur et Lister, non seulement pendant les suites de couches, mais pendant l’accouchement même.

Je vais résumer en quelque sorte, d'après Lucas Championnière et Tarnier, les précautions à prendre pour empêcher le développement des accidents puerpéraux.

D’abord, s’il est possible, dès l’entrée de la femme à l’hôpital, lui faire prendre un grand bain. Au début du travail laver le bas-ventre et le haut des cuisses avec une solution phéniquée faible (2 p. 100). Pratiquer aussitôt une injection vaginale avec la même solution, et répéter ces injections toutes les six heures pendant le travail. Le médecin et toutes les personnes qui devront approcher, assister et toucher la malade devront s’être préalablement lavé soigneusement les mains avec du savon dans la même solution phéniquée. Tous les instruments dont on pourra avoir besoin devront avoir séjourné un certain temps dans une solution plus forte (a p. 100).

Après l’accouchement, on fait une toilette avec cette dernière solution et toutes les autres se feront avec l’eau phéniquée faihle ; ces lavages devront être répétés quatre fois par vingt-quatre heures. Après chaque lavage, la vulve est recouverte d’une compresse imbibée d’eau phéniquée.

Tels sont les soins principaux qu’il faut donner aux femmes en couches dans les Maternités et même en ville, et grâce à ces précautions, unies à la propreté, à l’aération des salles, à l’isolement des malades, on voit tous les jours s’amoindrir ces épidémies de fièvre puerpérale si effrayantes autrefois. Dr A. DE SOYRE.

MATICO. — Le matico, ou poivrier matico, est

un arbrisseau de la famille des Pipéracées, originaire de la Bolivie et du haut Pérou. Ses feuilles qui ont une forme rappelant de loin celle de la digitale, une odeur qui tient à la fois de celle de la menthe et du cubèbe, et une saveur âcre et amère qui semble due à un principe particulier appelé malicine, ont été préconisées comme hémostatiques, comme emménagogues, enfin comme antiblennorrhagiques, en infusion ou sous forme d’opiat. L’expérience n’a pas justifié ces diverses propriétés ; en ce qui concerne son action contre la blennorrhagie en particulier, les résultats des expériences faites à l’hôpital du Midi, sur une vaste échelle, ont démontré qu’elle était presque nulle. Aussi le matico est aujourd’hui presque oublié. p. l

Feuille de matico

MATIÈRE.— Avec nos deux illus- réduite, très maîtres, Littré et Robin, nous définirons la matière :« tout ce qui produitou peut produire sur nos organes un certain nombre de sensations déterminées. La quantité de matière contenue dans un corps est en raison directe de sa densité et de son volume, c’est-à-dire égale au produit de sa densité par son volume. L’idée de matière, comme l’idée de force, est une pure abstraction. 11 n’y a de réels que les corps escortés de leurs propriétés. Les uns ont voulu concevoir des corps absolus, autrement dit indépendants de leurs propriétés ; par là, ils ont été conduits à la motion métaphysique de matière dont ils ont fait une entité, en ce sens qu’ils ont attribué une existence réelle à une abstraction. D’autres ont voulu concevoir les propriétés d’une manière absolue, autrement dit, indépendamment des corps qui les manifestent ; par là, ils ont été conduits à la notion métaphysique de force ; ils ont également créé une entité, puisqu’ils ont donné une existence réelle à une abstraction. Les uns et les autres ont voulu séparer ce qui est absolument inséparable. 11 n’y a pas plus de matière sans propriétés, que de propriétés, de forces sans matière. Quand on considère l’ensemble des corps réels, en ayant seulement égard aux propriétés qui leur sont communes, à leurs propriétés générales, et en ne tenant aucun compte de leurs propriétés particulières, on constitue une abstraction scientifique: cette abstraction, c’est la matière » ( Dict . de médecine , 12e édit., 1866). P. L.

MATIÈRE MÉDICALE. — On désigne sous le nom de matière médicale, l’ensemble des corps bruts et organisés dont on se sert pour faire les médicaments. On désigne aussi sous ce nom, cette partie de la thérapeutique qui étudie les médicaments au point de vue de leurs caractères physiques et chimiques, de leurs propriétés, de leur action et de leurs différents modes d’administration. P. L.

MATITÉ. — (V. Percussion .)

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MATRICE. — Synonyme de utérus (V. ce mot).

MATDRATIF. — Qualificatif donné à certains topiques, cataplasmes, pommades, emplâtres, onguents, etc., que l’on emploie pour hâter la formation du pus dans les abcès, les panaris, les phlegmons, etc. Parmi les plus usités, nous citerons les cataplasmes de fécule, de bulbes de lys, les emplâtres de diachylon et de Vigo, les onguents populeum, basilicum., de styrax, etc. (V. ces mots). Les maturatifs ne sont pas dangereux en eux-mêmes, mais, ainsi que le fait très judicieusement remarquer Fonssagrives , ils font perdre du temps là où l’intervention du bistouri doit être hâtive, et c’est un danger.

C’est surtout dans le traitement du panaris que les malades abusent des maturatifs, alors que le bistouri devrait intervenir et, de là, des souffrances sans fin et parfois aussi des désordres très graves (V. Panaris). p. l.

MAUVE. — La mauve est un genre de plante de la famille des Malvacées, très commune dans nos campagnes, dont deux variétés, la grande et la petite, sont employées journellement en médecine. Avec les fleurs, on fait des tisanes pectorales utiles dans les affections chroniques de l’appareil respiratoire. Les feuilles cuites, grâce à la grande quantité de mucilage qu’elles contiennent, constituent d’excellents cataplasmes émollients et adoucissants. Jadis la mauve entrait dans l’alimentation, et il est vraiment regrettable qu’on la néglige autant de nos jours au point de vue culinaire, car, les tiges et les feuilles mélangées aux épinards, à la laitue, constituent un excellent plat de légumes; crues et mélangées à la laitue, au céleri et surtout à la betterave, elles font une très bonne salade; enfin, les jeunes racines, bien cuites, un peu râpées et sautées au beurre, remplacent fort bien les salsifis. p. l.

MAXILLAIRE. — Nom donné par les anatomistes à des artères et à des nerfs de la région faciale, ainsi qu’aux deux os qui constituent les mâchoires.

Artères maxillaires. — ■ Il y a deux artères maxillaires : l’artère maxillaire externe et l’artère maxillaire interne.

L'artère maxillaire externe, appelée aussi artère faciale, naît de la partie antérieure de la carotide externe, et s’étend jusqu’au grand angle de l’œil. Elle se dirige d’abord obliquement en avant et en dedans, appliquée sur la glande maxillaire où elle se creuse un sillon ; elle gagne ainsi la face externe du maxillaire inférieur et s’applique sur lui en longeant le bord antérieur du muscle masséter. Elle continue son trajet vers l’angle des lèvres , recouverte par les muscles peaucier et triangulaire des lèvres et reposant sur le muscle buccinateur. A partir de la commissure, elle s’élève obliquement le long du nez pour gagner l’angle interne de l’œil où elle s’anastomose avec l’artère nasale, branche de l’artère opthalmique.

Chemin faisant, elle fournit comme branches collatérales, les artères palatine inférieure, sous-mentale, coronaires labiales supérieure et inférieure, et l’artère de l 'aile du nez.

L’artère maxillaire interne, branche terminale de la carotide externe, s’étend du condyle de la mâchoire jusqu’au trou sphéno-palatin. Elle se di-

rige d’abord en dedans pour passer derrière le col du condyle, elle se porte ensuite horizontalement en avant vers la tubérosité du maxillaire supérieur en passant entre les deux muscles ptérygoïdiens. A ce niveau, elle s’engage entre les deux faisceaux du ptérygoïdien externe et gagne le trou sphénopalatin par où elle pénètre dans les fosses nasales, en prenant le nom de sphéno-palaline. Sur son parcours, elle fournit 14 branches collatérales: 5 branches ascendantes, la tympanique , la petite

Artères de la face (maxillaire externe ou faciale et maxillaire interne).

A. Tronc de la carotide externe. — 1. Artère maxillaire interne ou faciale. — 6. Artère maxillaire interne. — 2. Artère coronaire labiale inférieure. — 3. Artère coronaire labiale supérieure. — 4. Artère de l'aile du nez. — 5. Artère temporale. — 7,7,7. Artère méningée moyenne. — 8,8. Artère dentaire inférieure. — 9. Artère temporale profonde postérieure. — 10. Artère ptérygoïdienne. — 11. Artère buccale. — 12. Artère temporale profonde antérieure. — 13. Origine de l’artère palatine supérieure. — 14. Artère alvéolaire. — 13,15. Artère sous-orbitaire. — 16. Origine de l’artère sphéno-palatine. — 17 et 18. Branches terminales de l’artère ophthalmique. — 17. Rameau frontal. — 18. Rameau nasal, artère angulaire.

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méningée, la méningée moyenne, et les deux temporales profondes antérieure et postérieure ; 2 branches antérieures, X alvéolaire et la sous-orbitaire ; 2 branches postérieures, la indienne et la ptèry gopalatine ; 5 branches descendantes, la dentaire inférieure, la massêtérine, la buccale, les piérygoïdiennes et la palatine supérieure.

Nerfs maxillaires. — Il y a deux nerfs maxillaires; le nerf maxillaire supérieur et le nerf maxillaire inférieur.

Le neuf maxillaire supérieur, deuxième branche

Fig. 816. — Nerf maxillaire supérieur.

1. Arcade alvéolaire supérieure dans laquelle on a sculpté les racines des dents, afin de montrer les racines nerveuses qui s'y rendent — 2. Nerf maxillaire supérieur, — 3. Nerfs dentaires postérieurs et supérieurs.

— A. Filets ou nerfs dentaires se rendant aux dents et aux gencives. — b. Nerf dentaire antérieur et supérieur. — 6. Ganglion de Meckel — 7. Apophyse ptérygoïde. — 8. Nerf vidien. — 9. Nerf facial. —

10, 11. Filets du grand sympathique allant se jeter dans le nerf vidien. — 12. Filets du grand sympathique se rendant dans les nerfs de la paroi interne du siuus caverneux. — lb. Veine jugulaire interne-

du trijumeau, se détache du ganglion de Gasser entre le nerf ophthalmique qui est en dedans et le nerf maxillaire inférieur qui est en dehors. 11 se porte directement en a\ant vers le trou grand rond qu’il traverse, parcourt la partie la plus élevée de la fosse ptéry go-maxillaire, pénètre dans l’orbite par la fente sphéno-maxillaire et se porte un peu en dehors pour gagner la fente sousorbitaire qu'il parcourt dans toute son étendue et qui le conduit jusqu’au trou sousorbitaire, il sort du crâne par ce trou et se termine par une foule de branches qui se distribuent aux muscles de la face; les branches collatérales sont : le rameau orbitaire, les filets sensitifs du ganglion de Meckel, les rameaux dentaires postérieur et supérieur, et le nerf dentaire antérieur ; les branches terminales sont les rameaux sous-or bit uir es.

Le neuf maxillaire inférieur est formé par la réunion de la branche la plus inférieure

buccal, le nerf ptéry gdidien interne et le nerf auriculo-temporal. Les deux branches terminales sont: le nerf dentaire inférieur et le nerf lingual.

Os maxillaire. — Les os maxillaires qui constituent les mâchoires, sont au nombre de deux: le maxillaire supérieur et le maxillaire inférieur.

1° Maxillaire supérieur. — Le maxillaire supérieur est un os pair, formant la plus grande partie du squelette de la face et dont la forme, très irrégulière, peut être comparée à une pyramide triangulaire creuse ( corps du maxillaire), d’où se détachent quatre prolongements : l’un supérieur, apophyse montante ; l’autre inférieur, bord alvéolaire ; un interne, X apophyse palatine ; et un externe, X apophyse ma! aire.

Corps du maxillaire. — Sa forme pyramidale permet de lui considérer une base, trois faces et une cavité : la base fait partie de la paroi externe des fosses nasales, le sommet correspond à l’apophyse malaire, la face supérieure forme le plancher de l’orbite et l’antérieure fait partie de la face.

La base concourt à la formation delà paroi externe des fosses nasales, et elle présente l’ouverture du sinus maxillaire, orifice irrégulier présentant en bas une fissure destinée à recevoir une lamelle de l’os palatin, en arrière une demi-gouttière qui, avec une demi-gouttière semblable du palatin,

Fig. 847. — Nerf maxillaire inférieur et ses branches.

et la plus externe du ganglion de Gasser avec la petite racine ou racine motrice du trijumeau. Il sort du crâne par le trou ovale et se divise presque aussitôt en cinq branches collatérales et deux branches terminales qui se distribuent à la partie inférieure de la face. Les cinq branches collatérales sont : le nerf temporal profond, le nerf massétérin, le nerf

Nerf lingual. — 1. Ganglion de Glasser. — 2. Nerf buccal. — 3.Nerfauriculo-temporal — b. Corde du tympan étendue du nerf facial au nerf lingual. — 6. Nerf facial sectionné à la sortie du trou stylo-mastoïdien. — 7. Nerf dentaire inférieur, devenant à sa sortie du trou mentonnier le nerf mentonnier (7'j. — 8. Rameau mylo-hyoïdien — 9. Ganglion sous-maxillaire, appendu au nerf lingual et logé dans la glande sous-maxillaire.— 10. Petit ganglion développé sur les filets du nerf lingual. — 11. Nerf grand hypoglosse, t

forme le canal palatin postérieur, et en avant une surface irrégulière qui s’articule en bas avec , le

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cornet inférieur, et plus haut avec l’os unguis dont la demi-gouttière forme, avec celle du maxillaire,

Fig. 818. — Squelette de la lace et de la partie antérieure du crâne montrant les maxillaires supérieur et inférieur.

9. Maxillaire supérieur, trous sous-orbitaire. — 5, 6, 7, 8, Maxillaire inférieur. — 1 Partie antérieure de la fosse temporale.

— 2. Bosse frontale moyenne. — 3. Os propres du nez. — 5. Nerfs et vaisseaux mentonniers. — 6. Tubercule mentonnier.

— 7. Trou mentonnier. — 8. Ligne oblique externe du maxillaire inférieur. — 9. Trou sous-orbitaire. — 11. Apophyse orbitaire externe. — 12. Trou sus-orbitaire. — 13. Insertion du muscle sourcilier. — 14. Face antérieure du frontal.

le canal nasal destiné à conduire les larmes dans les fosses nasales.

La face supérieure, triangulaire, forme le plan-

Fig. 819. — Maxillaire supérieur droit (face externe).

1. Fosse canine. — 2. Apophyse montant du maxillaire supérieur. — 3. Apophyse malaire. — 4 Épine nasale. — 5. Trou sousorbitaire. — G. Suture des deux maxillaires — 7. Plancher de l’orbite — 8. Canal sous-orbitaire. —9,9. Dents de la mâchoire supérieure.

cher de l’orbite, traversée par un canal, canal sousorbitaire, dans lequel se loge le nerf maxillaire supérieur : elle forme en avant le rebord orbitaire; en dedans elle s’articule avec l’os unguis, l'os pla-

num et le palatin; en dehors elle est séparée par la fente sféno-maxillaire de la portion orbitaire des grandes ailes du sphénoïde.

La face antérieure forme le squelette de la joue ; elle présente, en bas, une série de reliefs en rapport avec les alvéoles ; plus haut, une dépression nommée fosse canine dans laquelle s’ouvre, audessous du rebord orbitaire, le trou sous-orbitaire.

La face postérieure, encore nommée tubérosité maxillaire, présente les petits canaux dentaires postérieurs, destinés aux fdets nerveux qui se rendent aux dents molaires, et au niveau de l’angle de réunion des trois faces supérieure, postérieure et interne, une facette triangulaire qui s’articule avec l’apophyse orbitaire du palatin.

Apophyse montante. — Cette lame mince, allongée, aplatie transversalement, s’élève à l’union des faces antérieure et nasale ; sa face externe est lisse et sous-cutanée; sa face interne offre en haut une partie rugueuse en rapport avec les cellules ethmoïdales antérieures, une crête articulée avec le cornet moyen, au-dessous de cette crête une dépression qui correspond au méat moyen, une nouvelle crête articulée avec le cornet inférieur : son bord antérieur s’articule en haut avec les os propres du nez, plus bas avec les cartilages; son bord postérieur présente en bas une demi-gouttière qui, complétée par l’os unguis, forme le canal nasal; son sommet s’articule avec l’os frontal.

L’apophyse zygomatique ou malaire est une large surface rugueuse qui, placée au point de jonction des faces antérieure, postérieure et supérieure, s'articule avec l’os malaire.

L’apophyse palatine est une lame horizontale, quadrilatère, qui se détache à l’angle droit de la face interne du corps du maxillaire; sa face supé-

Fig. 830. — Maxillaire supérieur droit (face interne).

1. Face interne du corps de l’os. — 2. Face interne de l’apophyse montante. — 3. Canal nasal. — 4. Apophyse palatine formant la voûte palatine par sa réunion avec l’apophyse palatine du côté opposé. — 5. Orifice du sinus maxillaire ou autre d’Highmore. — G. Face interne du rebord alvéolaire. — 7,7. Dents de la mâchoire supérieure.

rieure fait partie du plancher des fosses nasales * sa face inférieure forme en grande partie la voûte palatine; son bord externe se confond avec le reste de l'os, son bord interne s’articule avec l’apophyse palatine du côté opposé par une surface qui s’élargit d'arrière en avant, et présente, en ce point, une demi-gouttière qui, vers [la partie supérieure,

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devient canal complet : c’est le canal palatin antérieur (unique du côté de la voûte palatine, bifurqué du côté des fosses nasales); le bord postérieur, très mince, s’articule avec la lame horizontale de l’os palatin ; le bord antérieur forme en dedans, avec celui du côté opposé, l'épine nasale antérieure et inférieure et se continue en dehors avec l’apophyse montante.

Bord alvéolaire. — Disposé en demi-fer à cheval, il présente les alvéoles des dents supérieures ; ces alvéoles font relief sur sa face externe, qui offre, en dedans de l’alvéole de la dent canine, une petite fossette, la fossette incisive ; par sa face interne ce bord appartient à la voûte palatine, et il est longé, dans toute son étendue, par le sillon palatin postérieur.

SlNDS MAXILLAIRE OU ANTRE D’HIGHMORE. — C’est une cavité triangulaire creusée dans le corps du maxillaire et ouverte du côté des fosses nasales. Il importe de signaler la minceur de sa paroi inférieure. Le sinus, traversé par quelques cloisons osseuses, est revêtu de périoste et tapissé par une membrane muqueuse très mince qui se continue avec celle des fosses nasales (V. ce mot) ; cette membrane peut s’enflammer et donner lieu à une suppuration très fétide (V. Ozène).

2° Os maxillaire inférieur. — Cet os est un os im-

Fig. 8ol. — Maxillaire inférieur vu par sa face latérale.

A. Symphyse du maxillaire. — BB'. Bord inférieur du maxillaire. — CC'. Bord supérieur. — DD'. Angles du maxillaire. — EE'. Çondvles du maxillaire. — FF'. Apophyse coronoïde. — CO'. Echancrures corono-condvlienncs. — H' Trou dentaire ou maxillaire inférieur. — I. Apophyses géni. — KK1. Cols des condylcs.

pair, en fer-à-cheval, formant à lui seul le squelette de la mâchoire inférieure; on lui considère: A. un corps destiné à supporter les dents, et B. deux branches qui s’élèvent pour s’articuler avec la base du crâne.

A. Corps. — Sa forme en fer-à-cheval permet de lui considérer deux faces et deux bords.

La face antérieure, convexe, présente, au milieu, la symphyse du menton, trace rugueuse de la soudure des deux moitiés de l'os, elle se termine par une large saillie triangulaire, l’éminence mentonnière, d’où partent les lignes maxillaires externes qui donnent insertion au muscle buccinateur, et se portent obliquement en haut et en arrière pour se continuer avec le bord antérieur de la branche ; on y rencontre encore le trou mentonnier par lequel passent les vaisseaux et nerfs dentaires inférieurs.

La face postérieure offre, au bas de la ligne médiane, quatre petits tubercules (apophyses géni), pour l’insertion des muscles géni-hyoïdiens et génio-glosses ; de ces apophyses part la ligne maxillaire interne ou myloïdienne, sur laquelle s’insère le muscle de ce nom, et qui, se portant obliquement en haut et en arrière vers l’apophyse coronoïde, divise la face profonde du maxillaire en deux régions : l’une, supérieure ou linguale, lisse et tapissée par la muqueuse buccale; l’autre, inférieure, assez profondément excavée en arrière pour recevoir la glande sous-maxillaire.

Le bord supérieur est creusé d’une série de cavités nommées alvéoles, dans lesquelles se moulent les dents delà mâchoire inférieure.

Le bord inférieur, très épais, à courbure plus étendue que celle du bord supérieur, présente, au milieu, les petites fossettes digastriques pour l’insertion de ce muscle.

B. Branches. — A peu près quadrilatères, elles présentent deux faces, quatre bords et quatre angles.

La face externe, recouverte par le masséter, est rugueuse dans sa partie inférieure sur laquelle s’insère ce muscle; la face interne présente, en son milieu, l’orifice du canal dentaire inférieur qui traverse l’os et va s’ouvrir au trou mentonnier ; cet orifice, limité en dedans par l’épine de Spyx, donne naissance au sillon myloïdien qui loge un petit nerf, émanation du nerf dentaire inférieur; plus bas, cette face est rugueuse pour l’insertion du muscle ptérygoïdien interne.

Le bord inférieur se confond avec le bord inférieur du corps de l’os ; le postérieur, arrondi et incliné en avant, est en rapport avec la glande parotide et forme, en s'unissant au bord inférieur, un angle saillant désigné sous le nom d’angle de la mâchoire. L’antérieur possède deux lèvres saillantes qui se continuent avec les lignes maxillaires externe et interne. Le bord supérieur présente la vaste échancrure sigmoïde, limitée en avant par l’apophyse coronoïde sur laquelle s’insère le muscle temporal, et en arrière par le condyle, saillie oblongue a grand diamètre transversal, encroûté de cartilage en haut et en avant pour s’articuler avec la cavité glénoïde de l’os temporal ; le condyle est supporté par une partie rétrécie nommée col, et ce col est déprimé en avant pour l’insertion du muscle ptérygoïdien externe.

Articulation du maxillaire inférieur. — Le maxillaire inférieur s’articule avec l’os temporal pour constituer l’articulation temporo-rnaxillaire.

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Les surfaces articulaires appartiennent au maxillaire inférieur et au temporal.

1° Le maxillaire inférieur présente de chaque côté un condyle dont le grand axe est obliquement dirigé en arrière et en dedans ; supporté par une partie rétrécie nommée col du condyle, il est incrusté de cartilage en avant, tandis que, en arrière, il est tapissé par le périoste, ce qui prouve que les mouvements se passent principalement sur la partie antérieure du condyle;

2° Le temporal présente pour cette articulation, la cavité glénoïde et la racine transverse de l’arcade zygomatique.

La cavité glénoïde loge le condyle, du moins lorsque la mâchoire est fermée ; cette cavité, remarquable par ces dimensions deux ou trois fois supérieures à celles du condyle, est divisée en deux parties par la scissure de Glaser; toute la partie de la cavité, postérieure à la scissure, n’est, pas articulaire, c’est une cavité secondaire destinée à recevoir le condyle lorsque les dents viennent à manquer.

La racine transverse de l’arcade zygomatique est convexe et encroûtée de cartilage.

Les moyens d’union consistent en : 1° un ménisque interarticulaire ; 2°un ligament latéral externe; 3° un ligament latéral interne ; 4“ le ligament stylomaxillaire.

1° Le ménisque interarticulaire est un disque fibreux, elliptique, à grand axe transversal, interposé entre les surfaces articulaires.

2° Le ligament latéral externe s’insère en haut au tubercule de l’arcade zygomatique et se porte, en s’élargissant, en bas et en arrière, pour se fixer sur le côté externe du col condyle.

3° Le ligament latéral interne naît de l’épine du sphénoïde et un peu de la scissure de Glaser, de là il se divise en deux faisceaux : l’un, postérieur, va à la partie interne du col du condyle; l’autre, antérieur, plus mince et plus long, descend jusqu’à l’épine dentaire.

4° Le ligament stylo-maxillaire s’étend de l’apophyse styloïde à l’angle de la mâchoire.

Les synoviales sont au nombre de deux, placées, l’une au-dessus, l’autre au-dessous du ménisque.

Les mouvements que possède l’articulation de la mâchoire sont de trois espèces :

1° L' abaissement et l'élévation. — Dans le mouvement d’abaissement le menton et l’angle de la mâchoire décrivent un arc de cercle autour d’un axe représenté par une ligne qui traverserait les branches de la mâchoire au niveau du trou dentaire. Le ménisque suit le condyle et glisse d'arrière en avant sous la cavité glénoïde, puis s’engage, par un mouvement brusque et facile à apprécier, à travers les téguments, au-dessous de la racine transverse de l’arcade zigomatique.

Dans le mouvement d’élévation, le condyle rentre dans la cavité glénoïde, et chez les gens privés de dents déborde notablement en arrière la scissure de Glaser.

L’abaissement est produit par les muscles de la région sous-hyoïdienne; l’élévation par le masséter, le temporal et le ptérygoïdien interne.

2° Un mouvement en avant et en arriére. — La

mâchoire étant préalablement abaissée, le condyle se porte horizontalement d’arrière en avant pour se placer au-dessous de la racine transverse; en même temps on voit les dents incisives inférieures se porter au-devant des incisives supérieures.

Le mouvement en arrière est le retour au repos.

Le mouvement en avant est produit par le muscle ptérygoïdien externe , qui s’insère au-devant du col du condyle et sur le ménisque ; le mouvement en arrière par le muscle digastrique.

3° Les mouvements de latéralité se passent autour du condyle qui pivote sur son axe, tandis que l’autre condyle décrit un petit arc de cercle.

Ces mouvements sont produits par les muscles ptérygoïdiens et le digastrique.

Fractures du maxillaire supérieur. — Elles sont très rares, car cet os est parfaitement protégé par les reliefs osseux et musculaires qui l’entourent: des causes de deux ordres peuvent les produire, les unes sont directes, tels sont les coups de poing, de pied, de feu, etc.; ou encore l’expansion de la poudre d’une arme à feu tirée dans la bouche; les autres sont indirectes, agissant sur les os voisins et ne brisent le maxillaire supérieur que par contrecoup.

La fracture peut occuper un point quelconque de l'os et habituellement les signes caractéristiques des fractures sont tellement nets, qu’il est inutile de les rappeler ici.

1° A. Guérin a remarqué qu’un coup violent porté d’avant en arrière sur la bouche au-dessous du nez, peut produire une fracture qui passe environ à 1 centimètre au-dessous de l’os malaire et se prolonge jusqu’aux apophyses ptérygoïdes qui se brisent dans leur point le plus faible, c’est-à-dire au niveau de l’extrémité inférieure delà fente ptérygomaxillaire, de telle sorte que l’on provoque de la douleur, et quelquefois une mobilité bien nette en portant le doigt indicateur sur l’aile interne de cette

Fig. S52.

Appareil de Goffres pour les fractures comminutives du maxillaire supérieur.

apophyse, signes d’autant plus précieux, que souvent ces fractures ne s’accompagnent d’aucun caractère bien manifeste.

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2° Les fractures du bord alvéolaire sont assez fréquemment produites par l’extirpation maladroite d’une dent, mais elles sont sans importante.

S'il n’existe pas de déplacement, on peut se borner «à l’emploi d’une cravate qui, passant audessous du menton, vient se nouer sur le haut de la tète; elle maintient la mâchoire inférieure dont les dents servent ainsi de point d’appui aux fragments de la mâchoire supérieure , le blessé s’abstient de mâcher des aliments durs, de parler, etc.

S’il existe un déplacement, on le réduit à l’aide des doigts introduits dans la bouche et d’une sonde placée dans les fosses nasales ; habituellement la réduction se maintient soit seule, soit grâce à la ligature des dents, ou mieux encore à l’application d’une gouttière de gutta-percha qui, ramollie dans l’eau bouillante, se moule très exactement sur les dents et se durcit ensuite; elle a le double avantage de maintenir fort bien les fragments, et de rendre l’alimentation plus facile. On peut aussi, dans les cas de fractures comminutives, avoir recours à l’appareil de Coffres (Jig. 852.)

Fractures du maxillaire inférieur. — Malgré sa position superficielle, cet os se fracture assez rarement; toutefois il peut se briser dans un point quelconque de son étendue, de plus ses fractures sont exposées à des complications spéciales. Nous exposerons :

A les fractures du corps de l’os; B. celles des branches, de l’apophyse et du condyle; C. les complications.

A. Fractures du corps de l’os. — Ce sont les moins rares, elles peuvent se produire par causes-

Fracture du corps du maxillaire inférieur avec déplacement.

directes, telles que coup de pied de cheval, coups de feu, chutes sur le menton, etc., ou par causes indirectes; celles-ci agissent soit en augmentant la courbure de l’os, soit en l’effaçant : telles sont les pressions violentes déterminées par le passage d’une roue de voiture, etc.

La fracture est ordinairement placée sur les côtés de la symphyse, plus rarement à son niveau; elle peut être unique ou double, dans ce cas, un des fragments, celui du milieu, devient complètement mobile. La direction doit être étudiée suivant les bords et suivant les faces : l’obliquité suivant les bords a souvent lieu de haut en bas et d’avant en arrière, de telle sorte que la partie supérieure du trait de la fracture est plus rapprochée de la ligne médiane que sa partie inférieure ; l'obliquité suivant

les faces peut manquer absolument, le trait de la fracture étant perpendiculaire à l’os; mais souvent l'os se trouve taillé en biseau aux dépens de la face externe sur le fragment antérieur, et aux dépens de la face interne sur le fragment postérieur.

Les principaux signes d’une fracture de la mâchoire inférieure sont la douleur au niveau du point fracturé, la déformation, la crépitation et la mobilité anormale.

Le premier symptôme est une douleur fort vive au niveau même du point brisé, douleur qui augmente par le plus léger mouvement. La crépitation et la mobilité anormale sont souvent appréciables, mais ne doivent être recherchées que dans les cas de diagnostic douteux; les ecchymoses sur la surface gingivale sont très fréquentes.

La déformation est, comme dans toute fracture, subordonnée au déplacement, or, celui-ci n’existe pas toujours, car les fragments peuvent rester engrénés; mais lorsqu’il existe, il peut offrir deux variétés : 1° il a lieu soit en hauteur ou suivant les bords; il est facile de reconnaître ce déplacement en promenant les doigts sur les dents de la mâchoire inférieure, car leur différence de niveau le traduit parfaitement; 2° ou bien suivant les faces, l’un des fragments étant refoulé en dedans, tandis que l’autre elt resté en place : promenez les doigts sur la face gingivale de l’os, vous l'apprécierez très aisément.

B. Fractures des branches. — Si la fracture porte sur les branches il y a peu de déplacement

Fractures du maxillaire inférieur. Fracture médiane et fracture dès deux condyles.

car les fragments sont maintenus en rapports par les muscles masséter et ptérigoïdien interne. Si la fracture détache l’apophyse coronoïde, cette saillie osseuse est entraînée en haut par le muscle temporal; enfin si la fracture porte sur le col du condyle, elle se reconnaît à une vive douleur en ce point; de plus, le muscle ptérygoïdien externe entraînant le condyle en avant, il en résulte une dépression placée au-devant du conduit auditif, et le menton s’incline du côté blessé; enfin, à l’aide du doigt introduit dans la bouche on peut constater la crépitation.

C. Complications. — Nous ne citerons que celles qui sont spéciales à ces fractures. Le nerf dentaire inférieur étant logé dans l’épaisseur du corps de

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l’os doit se trouver lésé dans les fractures avec déplacement ; il peut en résulter une anesthésie du menton et des névralgies, mais elles sont rares, et c’est bien à tort que J. L. Petit avait voulu rattacher les phénomènes cérébraux que l’on observe parfois en même temps que ces fractures à la lésion du nerf dentaire, car ils tiennent à ce que l’ébranlement s’est transmis à l’encéphale. Parfois on a observé un écoulement de sang par les oreilles, sans fracture du rocher, mais avec déchirure de la membrane du tympan.

Signalons les stomatites prolongées, les ostéites se terminant par nécrose, les fistules qui leur sont consécutives ; la déchirure de la muqueuse qui, outre les dangers d’une plaie communiquant avec le foyer d’une fracture, en présente un qui lui est spécial : c’est que le liquide sécrété par la plaie et les gencives enflammées, étant incessamment avalé, peut troubler les fonctions digestives et entraîner des phénomènes d’intoxication putride sur lesquels Richet a le premier appelé l’attention.

Une fracture simple du maxillaire inférieur est habituellement bénigne, et guérit en trente ou quarante jours.

S’il existe un déplacement, la première indication est de le réduire, ce qui est généralement facile ; mais il est plus malaisé de le: maintenir réduit.

Certains appareils se bornent à immobiliser la mâchoire inférieure en la tenant rapprochée de la supérieure, tels sont: une large bande de diachylon

Mentonnière en cuir moulé, pour la fracture du maxillaire inférieur.

faisant une fois et demie le tour de la tète; la mentonnière en cuir moulé; l'appareil désigné sous le nom de fronde, du professeur Bouisson ; la ligature des dents appartenant aux deux fragments, etc.

On n’a plus recours qu’aux appareils qui immobilisent les fragments tout en permettant l’ouverture de la bouche; tels sont l’appareil d'IIouzelot, l’appareil de Péan, qui consistent en deux plaques solides réunies par une tige verticale; la plaque supérieure est en liège ou bien mieux encore en gutta-percha, substance qui, ramollie par l’eau bouillante, se moule très exactement sur les dents; la seconde est placée sous le menton, et elles peuvent être rapprochées au moyen d’une vis de rappel.

Dans les fractures des branches et du col du condyle, il faut immobiliser complètement la mâchoire,

Fig. 856.

Fronde du professeur Bouisson pour les fractures du maxillaire inférieur.

et le blessé sera nourri avec un bouillon et des potages très liquides donnés à l’aide du biberon.

Fig. 857.

Appareil de Péan pour les fractures du maxillaire inférieur.

Luxations du maxillaire inférieur. — Il en existe deux variétés : 1° les deux condyles sont luxés ; 2° la luxation ne porte que sur l’un d’eux. Ces deux variétés sont à peu près également fréquentes.

Lorsque la bouche est largement ouverte, les deux condyles (ainsi qu’on peut s’en assurer soimême) descendent au-dessous de la racine transverse de l’arcade zygomatique et pressent sur la partie antérieure de la capsule articulaire. Pour qu’il y ait luxation il faut que la capsule se déchire en ce point, que les condyles glissent sur le plan oblique placé en avant de cette racine transverse, et enfin qu’ils soient fixés dans cette position anormale.

Les causes capables de produire ce résultat sont :

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l» Des causes physiologiques, c’est-à-dire les contractions exagérées ou convulsives des muscles masséter et ptérygoïdien, telles qu’on les observe dans le bâillement, le rire, le vomissement, les convulsions.

Dans ce cas, ou bien (opinion de Petit), la mâchoire étant fortement ouverte, les contractions du masséter et du ptérygoïdien interne ont pour effet d’élever son angle inférieur et par conséquent de projeter en avant le condyle ; ou bien (opinion de Boyer), c’est le ptérygoïdien externe dont la contraction convulsive attire en avant le condyle.

2° Des causes mécaniques. — Un mouvement de bascule est imprimé à la mâchoire qui tourne autour d'un axe passant par le centre de ses branches (au niveau de l’épine de Spix), de telle sorte que le menton est projeté an arrière et le condyle en avant, c’est ce qui a parfois lieu à la suite de coups de poing, coups de pied, chute sur le menton, etc.

Le déplacement produit, qu’est-ce qui empêche la réduction?

1" opinion. — Ce serait la contraction des muscles masseter et ptérygoïdien, qui, dans cet abaissement forcé de la mâchoire, élèvent non le menton, mais l'angle, c’est-à-dire la partie postérieure du maxillaire (J.-L. Petit).

2e opinion. — Le plan oblique placé en avant de la racine transverse sur lequel le condyle glisse avec la plus grande facilité ne permet que difficilement le retour du cond.vle qui est obligé de s’abaisser notablement pour repasser au-dessous de la racine transverse.

3e opinion. — Le bec de l’apophyse coronoïde vient se loger dans une petite fossette creusée sur le bord inférieur de l’os malaire, en dehors de sa jonction avec la tubérosité maxillaire (Nélaton).

4e opinion. — C’est la plus récente et elle est de Mathieu. D’après lui, le véritable obstacle à la réduction est créé par le fibro-cartilage qui habituellement ne suit pas le condyle dans son déplacement, mais reste en arrière et s’oppose au retour du condyle dans la cavité articulaire.

Lorsque la luxation ne porte que sur un seul condyle, celui qui reste en place éprouve une sorte de torsion dans sa cavité.

Lorsqu’il y a luxation des deux condyles, la bouche est largement ouverte et ne peut se fermer malgré les efforts du malade; les arcades dentaires très éloignées en avant se touchent en arrière, mais les dents ne se correspondent plus; celles de la mâchoire inférieure sont placées au-devant de leurs congénères. Les joues sont aplaties.

Par le toucher on constate une dépression au-devant du conduit auditif et, dans l’intérieur de la bouche, une saillie formée par l’apophyse coronoïde.

11 existe aussi des troubles fonctionnels. L’articulation des sons, surtout des voyelles labiales, est très difficile; il en est de même de la déglutition. — La salive s’écoule incessamment.

Lorsqu’un seul condyle est luxé, les symptômes précédents sont moins accentués, ils ne s’observent que d’un côté; le trait caractéristique est un mouvement de torsion du menton qui se trouve dirigé vers le côté sain.

Le pronostic des luxations de la mâchoire est peu grave, la réduction est souvent facile, et même, en l’absence de réduction, on a vu les lèvres et les mâchoires se rapprocher suffisamment pour que le malade ne soit pas incommodé de la persistance du déplacement.

Cependant, de toutes les luxations, c’est celle de la mâchoire qui se reproduit avec le plus de facilité.

Comment faut-il s'y prendre pour réduire ces luxations? Le blessé est assis en face de vous, sa tête est soutenue en arrière; introduisez vos deux pouces dans sa bouche, qu’ils appuient par leur face palmaire sur les dernières molaires de la mâchoire inférieure, pendant que vos autres doigts embrassent tout le maxillaire.

Un mouvement de bascule est alors imprimé à cet os, les pouces abaissent ses branches, dégagent les deux condyles, tandis que le menton est relevé et refoulé en arrière ; d’ailleurs, dès que le condyle est abaissé et refoulé en arrière, la contraction du muscle la remet en place. Nélaton conseille d’exercer la pression non pas sur les molaires, mais sur les apophyses coronoïdes. Atti et Stromeyer ont imaginé des pinces à grandes branches qui peuvent saisir toute la mâchoire, et permettent d’exécuter aisément le mouvement de bascule qui consiste à abaisser les molaires et relever le menton.

La réduction obtenue, il faut assurer l’immobilité de la mâchoire pendant quelques jours, afin de permettre la cicatrisation des parties déchirées et de prévenir les récidives.

Pour cela, on peut avoir recours au bandage croisé simple, ou au bandage croisé double de la

Fig. 838.

Bandage croisé simple de la mâchoire inférieure.

mâchoire. Le second nous semble bien préférable au premier parce qu’il est beaucoup plus solide. Il nécessite une bande large de 4 à 5 centimètres et longue de 8 mètres roulée en deux globes. Pour l’appliquer « placez sur le front, ainsi que le disent Jamain et Terrier, le plein de la bande, intermédiaire

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aux deux globes; portez-lesà la nuque, où ils s’entrecroisent; de là conduisez les deux globes sous le menton, où ils s’entre-croisent encore et ramenezles sur le front en passant sur les deux angles des mâchoires, entre l’angle externe de l’œil et l’oreille du même côté. Arrivé au-dessus du front, entrecroisez de nouveau les bandes et portez chacun de

Bandage croisé double de la mâchoire à deux globes, pour maintenir réduites les luxations de la mâchoire.

deux globes à la nuque où ils s’entrecroisent encore; de là portez-les sous la mâchoire, etc., et faites trois ou quatre tours de la même manière. Enfin, ramenez un tour de bande sous le menton, de manière à entre-croiser les deux chefs de la bande au-dessous de la lèvre inférieure ; de là conduisez les deux globes à la nuque et terminez par des circulaires autour du cou, ou bien, ce qui est mieux, par des circulaires autour de la tète. »

Ostéo-périostite des maxillaires. — Notre éminent collaborateur David a déjà exposé, dans son article Dents (V. ce mot), sous le nom de périostite alvéolo-dentaire, l’ostéo-périostite liée à la carie des dents ; il en existe une autre qui se produit sous l’influence d’un mauvais état général, et se distingue bien aisément de la première variété, puisqu’elle frappe des dents absolument saines.

Cette ostéo-périostite est surtout fréquente chez les diabétiques; on en a accusé également la goutte, le rhumatisme, la scrofule, les affections vermineuses.

En voici les caractères : un individu dont les dents sont parfaitement saines commence à éprouver à leur niveau une sensation désagréable ; il lui semble que la dent s’allonge, et, en pressant sur elle, il calme momentanément la sensation pénible dont elle est le siège. Si vous examinez la dent, vous la trouvez saine, mais autour d’elle la gencive forme une couronne rouge ; le périoste est épaissi, injecté, bientôt il se décolle du collet de la dent jusqu’à sa racine, le pus s’accumule entre le périoste et la dent et vient sourdre autour d’elle.

Plus tard encore, la dent devient bleuâtre, elle se

nécrose et tombe spontanément ou sous l’influence de la traction la plus légère.

Aussitôt commence la période de cicatrisation, la suppuration tarit, l’alvéole se résorbe, et la gencive vient recouvrir l’espace laissé libre par la chute de la dent. Mais les mêmes phénomènes se reproduisant sur les dents voisines, la maladie se prolonge plusieurs années.

Cette maladie a été longtemps regardée comme incurable; cependant des cautérisations répétées et un traitement général approprié à ses causes peuvent arrêter ses progrès. Magitot conseille de déposer à l’entrée de l’alvéole quelques gouttes d'acide chromique, de répéter ces cautérisations tous les huit jours, et d’administrer en même temps du chlorate de potasse.

Dans la description qui précède nous avons eu spécialement en vue i’ostéo-périostite du bord alvéolaire des mâchoires; cette ostéo-périostite peut s’étendre au corps du maxillaire, elle peut aussi le frapper d’emblée, ce n’est même pas rare chez les enfants, à l’occasion d’une dentition laborieuse ou d’une fièvre éruptive, chez les adultes à la suite de rhumatisme ou de l’impression du froid. Qu’elle soit aiguë ou chronique, elle se reconnait à un gonflement considérable ; plus tard, il se forme des abcès, et souvent le maxillaire de nécrose. Si la périostite est occasionnée par une mauvaise dent, la première indication est de l’extraire : dès qu’il existe du pus, il faut se hâter de lui ouvrir une voie.

Nécrose des maxillaires. — La nécrose est beaucoup plus fréquente à la mâchoire inférieure qu’à la supérieure ; ces causes sont :

1° Les diverses variétés d’ostréo-périostite ;

2° La syphilis, qui a une prédilection marquée pour les portions palatine et nasales du maxillaire supérieur ;

3° Les vapeurs du phosphore déterminent fréquemment la nécrose du maxillaire chez les ouvriers qui travaillent à la fabrication des allumettes chimiques. Cette nécrose phosphorée, décrite pour la première fois vers 1840 par Lavoisier et Strolh, ne s’observe pas chez les ouvriers qui préparent le phosphore mais seulement chez les fabricants d’allumettes ; il est probable que les manipulations nécessaires à la fabrication des allumettes favorisent l’oxydation du phosphore, et que c’est surtout l’acide phosphorique qui agit sur les gencives.

Les caractères anatomiques de la nécrose nous sont connus ; sans y revenir, nous dirons que si le séquestre ne comprend qu’une portion du rebord alvéolaire, il peut s’éliminer spontanément à travers les gencives ; mais s’il frappe le corps de l’os, son expulsion spontanée est fort- rare, et il entretient, du côté de la peau, des fistules intarissables. Si la nécrose frappe tout le maxillaire inférieur, l’os nouveau a pu présenter la forme d’une gouttière, dans laquelle se trouvait logé l’os ancien.

Quant à la nécrose phosphorée, elle débute par le bord alvéolaire. L’os malade se trouve hérissé de petites saillies désignées sous le nom d'ostéophytes phosphoriques, son élimination est fort lente, et la nécrose, au lieu de se limiter au maxil-

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laire, présente une grande tendance a gagner de proche en proche les os de la face et du crâne.

Les caractères cliniques de la nécrose des maxillaires offrent peu de particularités. On voit les parties molles s’engorger au niveau de l’os malade ; de temps à autre, des poussées aiguës se traduisent par de la douleur et de la rougeur ; plus tard, il se forme des abcès, des fistules qui permettent à un stylet de constater directement la nécrose.

La durée de la maladie comprend souvent plusieurs années. Le pronostic en est extrêmement variable. La nécrose phosphorée paraît être la plus grave, car la statistique de Trélat porte un mort sur deux, lorsque la nécrose frappe les deux mâchoires; un sur quatre lorsqu’elle est limitée à la mâchoire inférieure, tandis que la nécrose ordinaire compromet rarement la vie. La difformité et la gène de la mastication sont en rapport avec le degré de la réparation.

Tant que le séquestre n’est point mobile, il faut se borner à nettoyer la bouche par des irrigations désinfectantes. Dans son mémoire sur la nécrose phosphorée, Trélat recommande de s’abstenir de toute opération grave, tant que le séquestre n’est pas limité. Billroth et Richet sont d’un avis contraire; ils veulent une intervention chirurgicale, c’est-à-dire la résection des parties malades dès que la nécrose existe. Mais dès que le séquestre est mobile, il faut l’extraire, soit par la bouche, soit par une incision à la peau; s’il est très étendu, il peut être utile de le segmenter avec la pince de Liston.

Tumeurs des maxillaires d’origine dentaire. — Ces tumeurs ont été étudiées au mot Lent (V. ce mot).

Tumeurs des maxillaires d’origine non dentaire.

— Les tumeurs des maxillaires d’origine non dentaires sont : les kystes simples, les cancers, les sarcomes, les fibromes et les chondromes.

Kystes simples. — Sous une influence inconnue, le tissu spongieux du maxillaire inférieur peut se creuser d’un certain nombre de cavités kystiques à contenu muqueux, incolore et sanguinolent, bien plus rarement épais comme du mastic de vitrier. Le maxillaire augmente progressivement de volume, au point d'acquérir de grandes proportions; sa face buccale est couverte de bosselures légèrement transparentes et possédant la crépitation parcheminée; après plusieurs années, elles s’ouvrent et deviennent fistuleuses.

On n’a guère observé cette maladie kystique que dans l’àge adulte, ce qui la distingue des kystes dentaires qui sont une maladie du jeune âge, et se caractérisent encore par l'absence d’une ou de plusieurs dents.

Le traitement consiste à ouvrir largement la cavité du kyste et à le laisser suppurer; cependant si l’os est réduit à une mince coque, il faut en faire la résection.

Cancer. — Le cancer des mâchoires, comprenant le carcinome et l 'épithéliome, est assez fréquent, il revêt souvent la forme encéphalïde. Tant qu’il est renfermé dans l'épaisseur de l’os, il est fort difficile de le distinguer des autres tumeurs; cependant la

chute précoce des dents, la vascularisation des gencives, les douleurs, l’évolution, rapide appartiennent, en général, aux tumeurs malignes.

La tumeur fait des progrès; ses bosselures soulèvent la peau et lui adhèrent. Les dents tombent, et de leurs alvéoles s’élèvent des bourgeons sanieux,

• Fig. 660. — Résection du maxillaire supérieur.

A. Main du chirurgien sciant l'apophyse maiaire du maxillaire supérieur. — B. Lèvre externe de la plaie qu’un aide écarte. — C. Cisaille de Liston coupant transversalement la partie de l’os comprise entre la narine et la section précédente. — D. Cisaille coupant la portion palatine — F, G, H. Maxillaire enlevé. — I. Muscle ptérygoïdien adhérent à l’os. — K. Incision suivant le sillon naso-labial.

les ganglions sous-maxillaires s’engorgent; la douleur, qui pouvait manquer dans la première période, devient alors vive et intolérable. Plus tard encore la peau rougit, s’amincit et se perfore en mettant à découvert un champignon fongueux, le malade succombe dans la cachexie.

La résection partielle ou totale du maxillaire est le seul traitement convenable.

Sarcome. — Le sarcome du maxillaire peut se développer dans l’épaisseur même du tissu spongieux de l’os ou sous le périoste. Il présente deux périodes dans son évolution. Tant qu’il se trouve enfermé dans le tissu osseux ou bridé par le périoste, il s’accroît lentement, sans douleur, sans réaction,

■ sans retentissement ganglionnaire, et il est difficile de le distinguer d’un fibrome, d’un kyste, etc. Mais dès que le périoste est détruit, la tumeur fait de rapides progrès; elle est molle, rouge, très vasculaire.

C’est par le jeune âge du sujet, la lenteur de l’évolution, l’absence de cachexie et de retentissement ganglionnaire que l’on distinguera les sarcomes des cancers.

Leur gravité est certainement moindre que celle des carcinomes.

La résection partielle ou totale du maxillaire est, comme pour les cancers, le seul traitement convenable.

Fibromes. — Les tumeurs fibreuses du maxillaire sont assez rares, on les a observées dans l’enfance; elles peuvent naître au-dessous du périoste ou dans l’épaisseur même du tissu osseux.

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On les a vues s’infiltrer de sels calcaires, se creuser de kystes, se transformer en sarcomes après une ou plusieurs extirpations. Quoi qu’il en soit, le fibrome se présente sous l’aspect d’une tumeur dure, indolente, lisse, arrondie, bien nette-

Fig. 861.

Résection d’une moitié du maxillaire inférieur.

A. Section du maxillaire inférieur. — B. Muscle masséter

coupé. — C. Nerf lingual. — D. Maxillaire inférieur réséqué.

ment circonscrite, et qui ne gêne que par le volume considérable qu’elle peut atteindre.

Le traitement consiste dans l’ablation de la tumeur qui ne récidive pas, à moins qu’elle ne se transforme en sarcome.

Chondromes. — Nous répéterons, à leur sujet, ce que nous venons de dire de toutes les tumeurs des maxillaires, c’est qu’ils peuvent avoir leur siège dans l'épaisseur même de l’os (enchondromes) ou sous le périoste (périchondromes). La tumeur est rarement formée par du tissu cartilagineux pur; elle est souvent mélangée de tissu fibreux, infiltrée de sels calcaires, creusée par des kystes ; mais, ce qui est bien autrement sérieux, elle peut être envahie par un tissu mou et gélatineux, qui est du véritable sarcome.

Les chondromes présentent, comme les fibromes, les caractères ordinaires des tumeurs bénignes, c'est-à-dire tumeur indolente, bien limitée, d’une consistance variable, mais souvent assez ferme, sans adhérence à la peau, sans infection générale ni engorgement ganglionnaire.

Les chondromes ne deviennent graves que par leur volume et l’obstacle qu’ils apportent à des fonctions nécessaires; il faut les extirper en pratiquant la résection de l’os, seul moyen de prévenir les récidives.

Constriction des mâchoires. — La constriction des mâchoires, c’est-à-dire la difficulté d’abaisser le maxillaire inférieur, peut être passagère ou permanente.

La constriction passagère des mâchoires se rattache à l’hystérie, à l’éruption difficile de la dent

de sagesse, à la présence de corps étrangers implantés dans les maxillaires, à une arthrite temporomaxillaire, etc.

La constriction permanpnte des mâchoires, qui est une lésion bien autrement sérieuse, peut tenir: l°à l’ankylose fibreuse ou osseuse de l’articulation temporo-maxillaire, ankylosé engendrée soit par une arthrite traumatique, soit par une arthrite sèche: 2° à des cicatrices qui, placées sur la face interne des joues, les privent de leur élasticité; ces cicatrices sont d’ordinaire consécutives à la stomatite ulcéreuse ou à la gangrène de la bouche ; 3° à une contraction des muscles élévateurs de la mâchoire, mais surtout du masséter, qui peut, à la longue, subir la transformation fibreuse. Cette contraction, rarement primitive, succède d’ordinaire à l’immobilité des mâchoires, par le fait d’une ankylosé ou de cicatrice.

Le diagnostic de la constriction des mâchoires se fait aisément, il suffit de constater que le patient ne peut ouvrir la bouche; ce resserrement est plus ou moins marqué, parfois les dents peuvent encore s’écarter de plusieurs centimètres, parfois, au contraire, elles sont constamment en contact ; on comprend combien ces différences modifient le pronostic.

La constriction reconnue, on en recherchera la cause ; dans cé but, on déterminera d’abord si elle est passagère ou permanente.

Une constriction passagère sera peut-être liée au spasme des masséters, ainsi que cela a été observé chez les femmes hystériques, ou à l’éruption de la dent de sagesse, ou à une arthrite temporo-maxillaire : c’est ce qu’apprendra un examen minutieux.

11 est plus difficile de reconnaître la cause des constrictions permanentes, on peut s’aider du chloroforme pour distinguer la constriction par rétraction musculaire de celle qui tient à une simple contracture, car celle-ci cesse sous l’influence de l’anesthésie ; souvent, il est vrai, l’immobilité prolongée amène la. rétraction musculaire; l'examen apprend s’il existe des brides cicatricielles ; enfin, en l'absence de cicatrice et de rétraction ou contracture musculaire, on diagnostique, par exclusion , une ankylosé de l’articulation temporomaxillaire.

Lorsqu'on a reconnu la nature de la constriction, on pourra la combattre par des moyens appropriés à sa cause. Ces procédés consistent à établir une pseudarthrose, de façon à rendre la mobilité au maxillaire.

Rizzoli, après avoir mis à nu la portion du maxillaire sur laquelle il veut opérer, se borne à la sectionner avec un instrument spécial; cette section peut encore être pratiquée avec une pince de Liston ou une scie à chaînes.

Dans le procédé d’Esmarch on ne se borne pas à la section, on résèque un segment quadrilatère de l’os.

En général, la réaction est modérée. Sur 2o cas, Duplay a compté 3 morts par infection purulente, 1 mort accidentelle, 5 récidives et 14 succès.

Les vésicatoires et la teinture d’iode seront dirigés contre l’arthrite; l’électricité et la myotomie, contre la rétraction musculaire ; la dilatation pro-

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