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ture s'il en est besoin, soit seules, soit avec quelques gouttes d’eau, on y ajoute peu à peu l’excipient et l’on pile longtemps jusqu’à formation d’une masse homogène et bien liée; on ne s’arrête que lorsque la pâte cesse d’adhérer au fond du mortier, ne se colle plus aux doigts et est facile à être roulée en pilules sans se fendiller ni subir une déformation quelconque. On procède de la sorte pour les substances qui n’ont aucun mordant; dans le cas contraire, on se sert des mortiers inattaquables par les substances acides corrosives ou par les sels métalliques dangereux, tels que ceux de gaïac, de verre ou de porcelaine. Pour une petite quantité de pilules, on n’a pas même besoin de mortiers, on se contente de faire la masse sur des tablettes de marbre, de verre, de porphyre, à l’aide d’une spatule ou d’un couteau ; le mélange sans doute n’est pas aussi exact, mais la déperdition du produit est bien moindre.
Après avoir obtenu la masse pilulaire, on la divise, à l’aide d’instruments particuliers, appelés piluliers, en petites boulettes sphériques qui sont les pilules proprement dites.
Pour se servir de cet appareil, on le saupoudre préalablement afin d’empêcher la masse pilulaire d’adhérer à ses surfaces; puis, prenant la partie plane de la règle, on roule la pâte sur la; tablette, de manière à lui donner la forme d’un cylindre d’un diamètre égal sur toute son étendue. Cela fait, on porte ce cylindre sur les cannelures, on fait exécuter à la règle un mouvement de va-etvient et le cylindre médicamenteux est divisé en pilules : on achève de les égaliser en les roulant entre le pouce et l’index.
Ces petites boulettes étant confectionnées comme je viens de le dire, on les conserve dans une poudre inerte pour les empêcher d’adhérer entre elles et de se détériorer. Les poudres de magnésie, d’amidon, de réglisse, de guimauve, d’iris, de cannelle, de lycopode, peuvent toutes servir à cet usage. On préfère toutefois cette dernière poudre à cause de sa ténuité et surtout parce qu’elle n’est jamais influencée par l’humidité de l’air et qu’elle ne forme jamais de croûte à la surface des pilules. Les allemands emploient de préférence les poudres d’iris ou de cannelle dans le but de masquer en partie la mauvaise saveur et la mauvaise odeur de ces produits.
Mais il est, à cet effet, un moyen plus efficace et en même temps plus agréable à la vue, c’est celui qui consiste à dorer ou à argenter les pilules.
Toutes les pilules ne doivent pas être argentées, et cela pour deux raisons différentes. D’abord, il est quelques matières capables de s’unir au métal, comme les préparations mercurielles et les préparations sulfureuses qui, par cette union, dénatureraient les propriétés du produit.
Dr Marc. Camdouuves.
PIMENT. — Le piment des jardins, appelé aussi poivre long, poivre de Guinée, poivre de Cayenne, est une plante annuelle de la famille des Solanécs, que l’on cultive aujourd’hui dans toute l’Europe, et dont les fruits, que l’on mange tantôt verts, tantôt rouges, sont employés comme condiment. Dans le Midi de la France on les mange verts, et crus, mê-
lés aux salades. En Espagne, en Afrique, dans les Antilles on les mange mûrs, c’est-à-dire lorsqu'ils sont très rouges. C’est avec eux, desséchés et moulus, que se font les fameuses sauces indiennes dont les Anglais sont très friands, et que les Arabes de l’Algérie et du Maroc assaisonnent leur couscous. Avec le Dr de La Porte, on ne saurait trop s’élever contre l’introduction, parmi nous, de pareilles épices. La mode qui pousse les Anglais à s’en servir pour provoquer un appétit factice, est ruineux pour l’estomac. Cette poudre est un feu qui brûle le sang et détruit les couches délicates des villosités de la muqueuse stomacale, ouvrant ainsi la voie aux désordres les plus graves et aux conséquences les plus funestes. Du reste, pour s’en convaincre, il suffit de mâcher seulement la moitié d’un piment, et d’examiner ensuite sa bouche dans un miroir ; on peut, d’après les désordres qu’on y constatera, se faire une idée de l’effet sur l’estomac. On peut aussi appliquer des piments écrasés sur la peau et au bout d’un certain temps, on constatera son action rubéfiante et vésicante. Costel, Alégre et Trousseau ont, préconisé le piment en poudre, à la dose de 50 centigrammes ou 1 gramme, contre les hémorrhoïdes, non pas qu’il ait le privilège de les guérir radicalement, mais il apaise leur état inflammatoire, diminue leur volume et les rend indolentes.
Dr Paul Labarthe.
PIN MARITIME. — Le pin maritime est un grand et bel arbre de la famille des Conifères, très commun en France, dans la Sologne, la Bretagne, la Provence, le Languedoc et, d’une façon générale, dans la région ouest de la France, entre Bordeaux et Bayonne, qui fournit à la thérapeutique : la térébenthine, le goudron, le galipot, la colophane et la poix (V. ces mots). Lagasse, le pharmacien bien connu de Bordeaux, à qui nous devons de si intéressants travaux sur le pin maritime, a en outre retiré de cet arbre, pour les utiliser en médecine : la sève, la gemme et Yhydro-gemnine.
La sève de pin s’obtient en forceant de l’eau à traverser les troncs de pin, sous l’influence d’une forte pression, lorsqu’on injecte ces arbres par le procédé de Boucherie, pour assurer leur conservation. Elle se présente sous la forme d’un liquide lactescent, un peu plus dense que l'eau, douée d’une saveur fraîche, balsamique, térébenthinée, persistante, rappelant celle du pin. Prise en petite quantité, la sève de pin est apéritive et facilite la digestion. Chez certaines personnes, elle produit quelquefois des effets laxatifs. Elle apaise la toux et les douleurs, facilite l’expectoration chez les malades atteints de bronchite, de catarrhe pulmonaire et de phthisie commençante. Pour administrer la sève du pin, le mieux est d’avoir recours au sirop de Lagasse et à ses pâtes, à base de sève de pin et de codéine (Y. Lagasse ).
Quant à la gemme de pin et à Yhydro-gemnine, comme un article spécial leur a été consacré dans ce dictionnaire, nous y renvoyons le lecteur (V. Gemme, Hydro-gemnine). Dr Paul Labarthe.
PINCE. — Nom donné à des instruments de chirurgie dont on se sert pour faire des panse-