‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 202 sur 344 · POL · texte numérisé non relu

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De faibles doses de polygala sont promptement absorbées et éliminées : par les reins, dont elles augmentent la sécrétion urinaire; par la peau, qu’elles poussent à la sueur; par la muqueuse

bronchique, dont elles fluidifient les mucosités et facilitent l’expectoration. De fortes doses irritent tellement l’arricre-gorge et l’estomac qu’à peine parvenues dans ce dernier viscère, elles y causent une sensation de brûlure, bientôt suivies de nausées et de vomissements répétés. Souvent même, l’irritation s’étend à tout le canal intestinal et donne au polygala la valeur d’un éméto-cathartique.

On n’a jamais songé à utiliser ce médicament ni comme diurétique, ni comme sudorifique, mais ses vertus expectorantes ont été maintes fois mises à profit dans le traitement de la bronchite subaiguë et chronique. Trousseau luimême nous a appris Fig. 1083. — Polygala que le sirop de poly-

(souche et racine entière). gala était fort utile pour

les enfants et les vieillards atteints de catarrhes. Les effets du polygala comme vomitif et purgatif dans le rhumatisme, les hydropisies, les fièvres sont restés à titre d’essais sans avoir pu, jusqu’à ce jour, conquérir l’approbation des expérimentateurs. La médecine n’emploie guère la racine de polygala qu’en infusion ou en sirop; la poudre, l’extrait et la teinture sont rarement mises en usage. Dr marc. Camboulives.

POLYMÉLIEN. — Nom donné par le tératologiste Is. Geoffroy Saint-Hilaire, à des monstres caractérisés par l'insertion sur un sujet normalement conformé d’un ou plusieurs membres accessoires, accompagnés dans certains cas des rudiments de quelques autres parties, ou même existant avec un second anus. p. l.

POLYPE. — Nom donné par les chirurgiens à des tumeurs bénignes, quelle que soit d’ailleurs leur structure anatomique (fibreuse, muqueuse, etc.), qui, constituées par du tissu fibreux recouvert par la muqueuse ou uniquement formées par l’hypertrophie des éléments muqueux, sont toujours rattachés à la surface où elles ont pris naissance par un pédicule plus ou moins étroit. Les polypes peuvent se développer sur toutes les muqueuses, mais on les observe surtout dans les fosses nasales, le larynx , Vurèlhre, Y utérus, et le vagin (V. ces mots). p. l.

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POLYSARCIE. — Mot employé comme synonyme d'obésité (Y. ce mot). p. l.

POLYURIE. — On donne ce nom à un état pathologique caractérisé par une exagération considérable de la sécrétion des urines. La polyurie peut être simple et essentielle.

La polyurie simple est celle que l’on observe dans l’hystérie et l’épilepsie, à la suite des attaques ; à la suite d’un refroidissement subit occasionné par l’action du froid sur le corps en sueur, ou par l’ingestion de boissons froides ou glacées ; à la suite des excès de boissons alcooliques ; chez les vieillards affectés d’hypertrophie de la prostate. La quantité d’urine rendue dans les 24 heures peut être de cinq, dix et même quinze litres; cette urine est claire, transparente et d’une faible densité.

La polyurie essentielle , appelée aussi diabète non sucré ou diabète insipe, constitue une maladie chronique particulière, caractérisée par une émission d’urines aussi abondantes que dans la polyurie simple, mais accompagnée d’une soif excessive, et qui se rapproche du diabète sucré, puisque dans certaines familles on la rencontre à côté de cette maladie, et que l’on a même vu (Kuls), dans certains cas, le diabète insipide se transformer en diabète sucré.

Le diabète insipide se rencontre plus fréquemment à l’àge moyen de la vie ; on en connaît peu les causes; il semble se développer cependant sous l’influence des émotions violentes, des chagrins, des lésions cérébrales, etc.

Le diabète insipide peut durer très longtemps sans devenir redoutable pour la santé, car il ne s’accompagne ni des désordres de nutrition ni des troubles nerveux caractéristiques du diabète sucré; les fonctions cérébrales et génitales sont intactes et sur 70 cas observés, Lancereaux n’a constaté que deux fois la phthisie pulmonaire, si fréquente dans le diabète sucré. Les troubles que l’on constate sont un ralentissement des fonctions digestives, et une constipation opiniâtre.

Le traitement du diabète insipide consiste tout d’abord à éviter toutes les boissons diurétiques, et à ne faire qu’un usage excessivement modéré des aliments sucrés et féculents; à avoir recours aux toniques (fer, quinquina). Plusieurs médecins ont obtenu de bons résultats de l’usage de l’opium et de la valériane. Semnola, Leydel, Kulz, Le Fort recommandent l’électricité sous forme de courants continus sur la colonne vertébrale et la région des reins. Dr Paul Labarthe.

POMMADE. — On donne ce nom à des préparations pharmaceutiques de consistance molle ayant pour base l’axonge ou la vaseline, parfois un autre corps gras tel que le cérat, le beurre frais, le beurre de cacao, la moelle de bœuf, et pour principe actif une ou plusieurs substances médicamenteuses. On peut employer la substance active en poudre, en extrait, en essence, en alcoolat, en teinture, etc.

Toutes les pommades se préparent par simple mélange, c’est le cas le plus ordinaire, par solution ou par combinaison chimique. Les pommades par simple mélange sont les plus faciles à faire

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puisqu’il suffît de bien triturer ensemble le corps gras avec le corps médicamenteux et Ton a les pommades soufrée, iodurée, mercurielle, antipsorique, etc., etc.

Les pommades par solution s’obtiennent comme les huiles médicinales : tantôt par simple solution pour les pommades camphrée, phosphorée ; tantôt par macération pour les pommades de concombre et de lavande ; tantôt par digestion pour les pommades épispastiques à la cantharide, au garou; tantôt enfin par coction pour la pommade belladone, la pommade populéum.

Les pommades par combinaison chimique résultent des transformations des substances entre elles au point de leur donner des effets tout opposés à ceux des matières composantes prises séparément, c’est ce qui se passe pour la pommade nitrique ou oxygénée et pour la pommade citrique ou onguent citrin.

La confection des pommades est soumise à des règles invariables qui sont les mêmes pour le plus grand nombre. Ainsi on triture, on porphyrise aussi bien que possible les substances que l’on veut mêler ensemble; on en fait un tout homogène, bien lié; on y met en moyenne 10 parties de corps gras pour une partie de substance médicamenteuse, à l’exception toutefois des matières toxiques, dangereuses où les proportions doivent être bien moindres par rapport à l’axonge employée.

Médicaments externes d'un usage excessivement fréquent, les pommades se prescrivent en applications topiques, en onctions et en frictions toutes les fois qu’il existe une altération quelconque à la superficie de la surface cutanée ou à l’entrée des muqueuses. Lorsqu’on les étend sur du linge en fil ou sur de la charpie et qu’on les met dans l'intérieur des plaies pour les cicatriser, il faut que leur effet soit sensible au bout de trois ou quatre jours, sinon elles frappent les bourgeons charnus d’atonie et retardent la cicatri.'ation. En onctions, elles améliorent ou guérissent la plupart des affections cutanées. En frictions, elles calment ou irritent les tissus avec lesquels on les met en contact.

Les pommades se conservent plus longtemps dans les endroits frais, surtout lorsqu’elles sont contenues dans des pots, recouverts d’une feuille de parchemin qui les isole complètement de l’air extérieur. Dr Marc. Camboulives.

POMME. — La pomme est le fruit du pommier, arbre de la famille des Rosacées. On en connaît un grand nombre de variétés, les unes acides, les autres sucrées, les unes fades, les autres aromatiques, les unes mûrissant en été, les autres en automne, d’autres enfin en plein hiver. Outre qu’elles servent à la fabrication du cidre (V. ce mot), les pommes, lorsqu’elles sont de bonne espèce ( pigeonne I, calville, fenouillet, api, reinette, etc.), et qu’on les mange crues, mais mûres à point, constituent un fruit excellent et très sain, mais peu nourrissant, qui se digère en général facilement, mais dont doivent s’abstenir les gastralgiques, les dyspeptiques et les diabétiques. Lorsqu’on les mange vertes, non encore mûres ou bien gâtées, elles occasionnent de la diarrhée. Cuites, en compote ou en marmelade,

elles sont d’une digestion facile et constituent un bon dessert pour les convalescents et les personnes qui ont une tendance à la constipation. Préparées sous forne de beignets ou de tartes, elles se digèrent difficilement et, sous cette forme comme sous les deux précédentes, elles ne conviennent nullement ni aux dyspeptiques ni aux diabétiques.

Dr Paul Labarthe.

POMME DE TERRE. — La pomme de terre, dont

le nom est inséparable de celui de Parmentier, est une plante herbacée, de la famille des Solanées, dont les rhizomes donnent naissance à des tubercules, trop connues de tout le monde pour être décrits, qui tiennent une place très importante dans notre alimentation (puisque la France seule en consomme par an plus de 100 millions d’hectolitres !)

Est-ce à dire que la pomme de terre soit un aliment de grande valeur nutritive? Voyons d’abord son analyse que nous empruntons à Payen. Sur 100 parties de pomme de terre, on trouve :

Eau * . 74

Fécule amylacée > ï . 20

Substances azotées * . 1,6

Matières grasses, huile essentielle 0,11

Substance sucrée 1,09

Cellulose (épiderme et tissu) 1,65

Pectates, citrates, phosphates, silicates de

chaux, magnésie, potasse, soude 1,56

Si l’on se rappelle que : le blé contient 19,50 p. 100 de matières azotées, et 65,07 p. 100 d’amidon; les haricots 25 p. 100 de matières azotées et 55,07 p. 100 d’amidon; que la viande de bœuf renferme environ 16 p. 100 de matières azotées, il résulte manifestement cl péremptoirement de l’exemple ci-dessus, que la pomme de ferre, qui ne contient pas 2 p. 100 de matières azotées et seulement 20 p. 100 de fécule amylacée, est un aliment d’une très petite valeur nutritive. Comment donc Becquerel a-t-il pu écrire que la pomme de terre est « un aliment agréable, nourrissant? »

Il faut avoir le courage de le dire, la pomme de terre ne devient vraiment nourrissante que lorsqu’elle est consommée avec du beurre, de la crème, du saindoux, du lard, de l’huile, ou cuite en ragoût avec de la viande. Ainsi associée à la viande, je ne fais aucune difficulté de reconnaître qu’elle constitue une ressource alimentaire précieuse. Elle a, de plus, l’avantage sérieux de ne jamais amener la satiété, grâce aux nombreuses combinaisons culinaires auxquelles elle se prête. Toutefois, je dois dire que tous les estomacs ne la digèrent pas facilement, et qu’elles ne conviennent ni aux gastralgiques, ni aux dyspeptiques, ni à plus forte raison aux diabétiques.

On retire de la pomme de terre, par fermentation et distillation, une eau-de-vie de très mauvaise qualité, au goût âcre et désagréable, provenant de l’huile essentielle de pomme de terre ou alcool amylique. Cette eau-de-vie, moins usitée cependant que l’eau-de-vie de grains, est rangée ajuste titre parmi les eaux-de-vie mauvais goût, et l’ivresse qu’elle procure est plus dangeureuse que celle qui est occasionnée par l’eau-de-vie de vin.

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