SUDORIFIQUE
On désigne sous le nom de sudorifiques les médicaments doués de la propriété de provoquer la transpiration cutanée. Les principaux sudorifiques sont : les boissonschaudes, l’infusion de bourrache, de sureau, de salsepareille, de guïac, etc., l’émétique, le kermès, le jaborandi et son alcaloïde la pilocarpine. p. L.
Fig. 1184.
Coupe verticale de la peau.
(Vue au microscope.)
E. Glande sudoripare. — F, F' F".
Conduit excréteur d'une glande sudoripare cheminant à travers l’épaisseur du derme — A. Epiderme. — B. Corps muqueux de Malpighi. — C, C'. Papilles du derme. — D. Derme et ses aréoles.
SUDORIPARE. —
Nom donné par les anatomistes aux glandes qui sécrètent la sueur.
Les glandes sudoripares, situées dans l’épaisseur du derme,
existent dans toute l’étendue de la peau, excepté à la face interne du pavillon de l’oreille et dans le derme sous-unguéal. Elles sont surtout nombreuses et
volumineuses à la plante des pieds et à la paume des mains où on en compte environ 300 par centimètre carré; il existe, sur toute la surface cutanée plus de deux millions de glandes sudoripares. Elles sont essentiellement formées d’un tube excréteur, mince, enroulé plusieurs fois sur lui-même à sa partie profonde pour constituer le corps de la glande, traversant perpendiculairement le derme et venant s’ouvrir à la surface de l’épiderme, entre les papilles. Les glandes sudoripares du creux de l’aisselle, pourvues de fibres musculaires, sont plus volumineuses que dans les autres régions et sécrètent un liquide doué d’une odeur pénétrante. p. l.
SUETTE. — La suette, ou suette miliaire, est une maladie fébrile caractérisée par une éruption spécialeaccompagnée de symptômes généraux. Elle se manifeste par épidémies. Les plus célèbres épidémies sont celles de Picardie (1718 à 1773) d’où le nom de suette Picarde , celle des Vosges (1812), la dernière est celle de l’Hérault (1845). Indépendamment de ces grandes épidémies, la suette a donné lieu à un certain nombre de manifestations locales (Languedoc, 1781 ; Charente, 1841 ; Oléron, 1880).
La suette semble être due à un miasme d’origine tellurique dont la nature est inconnue. Elle n’est pas contagieuse. Une première atteinte ne donne pas l’immunité. Une température peu élevée et une grande humidité sont favorables au développement des épidémies de suette.
On observe quelquefois des prodromes : du malaise, de la céphalalgie, de l’anxiété, un mouvement fébrile plus ou moins accusé. Mais les symptômes dominants, ce sont des sueurs d’une abondance telle qu’elles traversent les couvertures, les draps et jusqu’aux matelas. Gaillard rapporte l’histoire d’un malade qui, en deux jours, mouilla soixante-cinq chemises! Ces sueurs ne présentent aucune odeur spéciale. Avec l’apparition des sueurs, les malades accusent de vives douleurs orbitaires. Ils se plaignent de dyspnée et de violentes palpitations, avec menace de syncope. La soif est ardente, l’urine très chargée. La constipation est habituelle. Du deuxième au cinquième jour, le malade se plaint de picotements sur tout le corps et de douleurs dans les membres. Bientôt apparaît l’éruption de miliaire. Elle commence généralement sur la face antérieure du tronc, puis gagne les membres et le dos. Cette éruption est caractérisée par une multitude de petites taches roses, au centre desquelles on voit une vésicule semblable aux sudamina ( miliaire rouge). Ces taches roses manquent quelquefois ( miliaire blanche). Dès que l’éruption est complète, les sueurs diminuent, les symptômes généraux s’amendent et la desquamation commence.
La maladie dure un ou deux septénaires. Sa gravité dépend des épidémies. Le délire, une température très élevée, des tendances à la syncope annoncent une terminaison fatale. Dans les cas les plus bénins, les malades peuvent succomber à une syncope.
Comme traitement, on commencera par instituer une médication tonique. Tout ce qui peut provoquer des sueurs sera rigoureusement évité. Les ré-