‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 275 sur 344 · SUL · texte numérisé non relu

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lemenl abolie qu’en 1789 par l’Assemblée nationale. Aujourd’hui nos lois absolvent le suicide.

L'Angleterre a conservé la confiscation au profit de la reine, quand il est prouvé que le suicidé jouissait de toutes ses facultés mentales; mais les tribunaux admettent presque toujours la folie. Dans aucun cas, celui qui s’est donné la mort, n’est enterré dans le cimetière de la paroisse, et ses obsèques ne doivent être l’objet d’aucune cérémonie.

Ces mesures, flétrissure de la mémoire du suicidé, pendaison du cadavre ou son envoi dans les amphitéâtres d’anatomie, comme on le fait actuellement en Saxe, confiscation des biens, refus de la sépulture légale, ne semblent pas avoir donné les résultats qu’on en attendait. Il ne faut pas oublier, du reste, que le suicide s’offre fréquemment avec des caractères pathologiques. Des faits nombreux établissent que l’on peut se tuer avec toutes les apparences de la raison, du sang-froid et du courage, mais il en est aussi qui démontrent que ceux qui se donnent la mort sont depuis longtemps monomanes, ou ont été frappés de folie au moment de commettre leur acte délirant. Or, il n’ est pas admissible que l’on puisse sévir contre un individu, parce qu’il est malade. « On ne peut pas plus punir l’homicide de soi-même, a dit Montesquieu, qu’on ne punit les effets de la démence. »

Quant aux mesures d’ordre moral ou d’ordre économique indiquées par quelques écrivains moralistes, elles sont presque toutes d’une exécution difficile, sinon impossible.

Et cependant il me semble qu’il y a quelque chose à faire pour diminuer le nombre des suicides, pour tâcher d’opposer une barrière à ce flot montant, à cette sorte d’épidémie, qui, loin de faire de courtes apparitions comme jadis et comme les autres maladies saisonnières, étend tous les jours de plus en plus ses ravages.

Ne pourrait-on pas trouver le moyen de supprimer ou tout au moins d’atténuer quelques-unes des causes de la mort volontaire?

Ainsi, la fréquence du suicide chez les enfants ne proviendrait-elle pas de leur internement et du travail intellectuel forcé auquel ils sont soumis aujourd’hui? Dans ce cas, il y aurait lieu d’étudier la question de l’internat, ainsi que le programme des études en usage dans les établissements d’instruction publique.

L’accroissement des suicides pour grossesses illégitimes doit être certainement attribué à la suppression des tours. N’est-ce point là une raison de plus pour les rétablir?

L’alcoolisme étant une des causes principales de meurtre de soi-même, n’y aurait-il pas lieu de reviser la loi de 1874, qui, de l’aveu de tous, ne semble pas avoir été un obstacle bien sérieux contre l’ivrognerie?

Encore un mot : on/a prétendu que la publicité des journaux était un des plus puissants éléments du caractère contagieux que les suicides présentent fréquemment. Ce sont les faits divers qui, d’après certains auteurs, sont les pelés, les galeux d’où vient tout le mal. Pour mon compte, je ne crois pas que la presse possède une influence pathologique aussi considérable. Ce qui le démontre, c’est que,

pendant les XIV', XV' et XVI' siècles, alors qu’il n’existait pas le plus petit journal et que les nouvelles ne se transmettaient qu’avec une extrême lenteur, sévirent de très sérieuses épidémies de morts volontaires. D' Mary Durand,

Rédacteur en chef du Courrier médical.

Rédacteur médical du Siècle.

SUIE. — Nom donné à une masse pulvérulente, noire, résultant de la combustion incomplète des matières organiques et se déposant sur les parties froides des tuyaux de cheminée. La suie, douée d’une odeur désagréable, d’une saveur amère, était employée autrefois, sous forme de pommade, dans le traitement de certaines affections cutanées. t>. l.

SULFATES. — Nom donné par les chimistes aux sels formés par la combinaison de l’acide sulfurique avec une base. Les principaux sulfates employés en médecine sont : le sulfate d’alumine (V. Alumine), le sulfate d’atropine (V. Atropine), le sulfate de cuivre (V. Cuivre ), le sulfate de magnésie (V. Magnésie), le sulfate de manganèse (V. Manganèse), le sulfate de mercure (V. Mercure ), le sulfate de morphine (V. Morphine), le sulfate de quinine (V. Quinine ), le sulfate de soude (V. Soude), le sulfate de strychnine (V. Strychnine), le sulfate de zinc (V. Zinc). p. l.

SULFHYDRIQUE. — Nom donné par les chimistes à un acide produit par la décomposition des substances organiques contenant du soufre. L’acide sulfhydrique ou hydrogène sulfuré est un gaz d’une odeur fétide rappelant celle des œufs pourris ; il entre dans la composition des eaux sulfureuses (Eaux- Bonnes, Bigorre, Enghien, Cauterets, etc.) et fait partie des gaz intestinaux de l’homme et des animaux. C’est un poison violent, qui tue rapidement les animaux; il se produit abondamment dans les fosses d’aisances et son dégagement entraîne souvent l’asphyxie des ouvriers qui y travaillent. On le désigne alors vulgairement sous le nom de plomb. Le contre-poison de l’acide sulfhydrique est l’oxygène. P. L.

SULFURE. — Nom donné par les chimistes à la combinaison du soufre avec un métalloïde. Les principaux sulfures employés en médecine sont le sulfure d’antimoine (V. Antimoine), le sulfure de carbone (V. Carbone) et le sulfure d’hydrogène (V. Acide sulfurique). P- L.

SULFUREUX POUILLET. — (V. Pouillel.)

SULFURIQUE (acide;. — L’acide sulfurique pur ou monohydraté est un liquide incolore, inodore, d’une consistance oléagineuse, d’une causticité extrême. C’est un des poisons corrosifs les plus énergiques. Appliqué sur la peau, il la corrode, la momifie et la tranforme en une eschare noire et dure. Ingéré dans l’estomac, il cautérise tous les organes qu’il rencontre sur son passage : la bouche, le pharynx, l’œsophage, présentent çà et là des ulcérations entourées d’une rougeur inflammatoire excessivement intense. L’estomac lui-même offre des désor-

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