‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 40 sur 344 · Tubercule antérieur. — 8. Surface articulaire inférieure · texte numérisé non relu

Tubercule antérieur. — 8. Surface articulaire inférieure

P' Péroné, face postérieure. — 1. Face postérieure. — 2. Bord interne. — 3. Bord externe. — 4. Tête du péroné. — 5. Malléole externe. — 6. Tubercule postérieur. — 7. Facette de la malléole externe.

pied. Sa forme est assez irrégulièrement arrondie elle présente, en avant, une saillie longitudinale formée par la crête du tibia; en arrière, la saillie du mollet et du tendon d'Achille ; sa face externe est arrondie et sa face interne est plane. Chez l’a-

.Fig. 663. — Jambe (région antérieure).

Région antérieure de la jambe. — 1. Rotule. — 2, 3. Muscles de la partie postérieure de la jambe débordant le bord interne du tibia. — 4. Muscle jambier antérieur attiré en dedans par un crochet, afin de montrer les vaisseaux et les nerfs tibiaux antérieurs. — 5. Muscle extenseur commun des orteils. — 6. Muscle extenseur propre du gros orteil. — 7, 8. Muscles péroniers latéraux. — 9. Ligament annulaire antérieur du tarse. — 10. Muscle pédieux. — 11. Artère tibiale antérieure. — 12. Nerf sciatique poplité externe fournissant (12') le nerf musculo-cutané. — 13, 14. Branches du nerf musculocutané. — 15. Nerf saphène externe. — 16, 17. Nerf tibial

antérieur.

dulte mâle, la peau des jambes est recouverte de poils assez nombreux ; ces poils se rencontrent aussi chez quelques femmes.

Le squelette de la jambe est constitué par deux os : le tibia et le péroné (V. ces mots). Le tibia, qui est le plus fort et le plus gros, est situé en avant et en dedans. Le péroné, mince, grêle et plus court, est situé en arrière et en dehors du tibia. Ces deux os ne se touchent que par leurs

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extrémités supérieures et inférieures et sont séparées sur toute la longueur par un espace étroit occupé parle ligament interosseux, formé de fibres obliques de haut en bas et de dedans en dehors. Ce ligament sert aussi aux insertions musculaires.

de quatre, sont : le jambier antérieur, appliqué contre la face externe du tibia, qui fléchit le pied et relève son bord interne; l 'extenseur commun des orteils, situé en dehors du précédent, qui est extenseur des phalanges et fléchisseur du pied sur la

Fig. GG6.

Jambe (région postérieure superficielle).

Fig üU7.

Jambe (région postérieure profonde).

Fig. 668.

Jambe (région externe).

Fig. 666 — Région postérieure superficielle de la jambe. — AA'. Muscles jumeaux. — B. Muscle long fléchisseur commun des orteils. — C. Tendon du muscle jambier postérieur. — 1). Malléole inter ne. — E. Tendon d’Achille. — F. Insertion du tendon d’Achille au calcanéum — G. Muscle court péronier latéral . — H. Muscle soléaire.

Fig. 667. — Région postérieure profonde de la jambe. — 1. Muscle demi-tendineux. — 2. Muscle biceps fémoral. — 3. Tendon du muscle demi-tendineux. — 4 Muscle jumeau interne. — 4'. Muscle jumeau externe. — 5. Muscle poplité. — 6. Muscle soléaire réséepté immédiatement au-dessous de son arcade fibreuse. — 7. Muscle fléchisseur commun des orteils. — 8. Tendon du muscle jambier postér ieur. — 9,11. Muscle fléchisseur propre du gros orteil. — 10. Muscles péroniers latéraux — 12. Tendon d’Achille s’insérant sur la face postérieure du calcanéum. — 13. Artère poplitée. — 1i. Artère articulaire inférieure et externe — 15. Artère tibiale postérieure. — 16. Artère péronière. — 17. Nerf sciatique. 18. Nerf sciatique poplité externe. — 20. Nerf tibial postérieur. — 21. Filet du nerf tibial postérieur. — 22. Division du nerf tibial postérieur en nerfs plantaires.

Fig. 668. — Région externe de la jambe. — 1. Tendon du muscle biceps s’insérant sur la tête du péroné — 2. Muscle jambier antérieur. — 3 Muscle extenseur commun des orteils. — 4. 5. Muscle long péronier latéral — 6 Muscle jumeau. — 7. Muscle fléchisseur propre du gros orteil. — 8. Aponévrose jambière. — 9. Nerf sciatique poplité externe. — 10, 11, 12, 13 Nerf musculocutané. — 14, 13. Nerf saphène externe. — 16. Anastomose du nerf saphène externe et du nerf musculo-cutané. — 17. Branche du nerf saphène externe. — 18. Branche du nerf musculo-cutané.

Les muscles de la jambe peuvent être divisés en trois régions : 1° région antérieure; — 2° région externe ; — 3° région postérieure, se divisant ellemême en couche superficielle et couche profonde.

Les muscles de la région antérieure, au nombre

jambe; le péronier antérieur, dépendance de l’extenseur des orteils, qui recouvre la face antérieure du péronée; Y extenseur propre du gros orteil, placé entre le jambier antérieur et l’extenseur commun, qui est extenseur du gros orteil et fléchisseur du

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pied dont il relève, en outre, le bord interne.

Les muscles de la région externe, au nombre de deux, sont: le long péronier latéral, le plus volumineux et le plus superficiel de cette région, commençant à la tète du péroné et, descendant presque sous la plante des pieds, qui abaisse facilement le bord interne du pied, par suite relève son bord externe et porte le pied en dehors ; le court péronier latéral, plus court que le précédent et placé audessous de lui, recouvrant le péroné et le calcanéum, qui élève le bord externe du pied tourne sa pointe en dehors, et peut, de plus, étendre le pied sur la jambe.

Les muscles de la région postérieure, avons-nous dit, sont divisés en deux couches, l’une superficielle, l’autre profonde.

Les muscles de la région postérieure superficielle, au nombre de quatre, sont: les jumeaux externe et interne, épais, volumineux, séparés enhaut, réunis en bas, qui forment essentiellement la saillie du mollet, et sont situés un de chaque côté de la ligne médiane du mollet. Ils sont extenseurs du pied sur la jambe, c’est-à-dire qu'ils agissent par le tendon d'Achille sur le calcanéum ou os du talon, de façon à élever celui-ci, et à faire que l'individu, s’il est debout, repose sur la pointe du pied, autrement dit sur les orteils. Dans cette position, ils sont, fortement contractés et durs Les jumeaux sont aussi fléchisseurs de la jambe sur la cuisse, lorsque le pied est libre ; le soléaire, ainsi appelé parce que sa forme rappelle celui d’une semelle (en latin solea ), épais, aplati, situé au-dessous des jumeaux qu’il déborde sur les bords externe et interne du mollet, qui est extenseur du pied sur la jambe ; le plantaire grêle, situé entre les jumeaux et le soléaire dont l’action est la même que celle des jumeaux. Les jumeaux et le soléaire ont été considérés comme un seul muscle et décrits par plusieurs anatomistes sous le nom de triceps crural.

Les muscles de la région postérieure profonde, également au nombre de quatre, sont : le poplité, aplati et triangulaire, situé derrière l’articulation du genou, derrière le jarret, qui est fléchisseur de la jambe sur la cuisse et rotateur de la jambe en dedans; le jambier ou tibial postérieur, recouvrant toute la face postérieure du ligament interosseux, qui est fortement adducteur du pied, c’està-dire qu’il élève son bord interne, et qui concourt aussi a son extension ; le long Jléchisseur commun des orteils, le plus interne des muscles de la couche postérieure profonde, qui est fléchisseur des dernieres phalanges des orteils qu’il applique sur le sol pendant la marche, et de plus concourt à l’extension du pied sur la jambe; le long fléchisseur propre du gros orteil, dont le nom indique suffisamment l’action, qui va du haut de la face postérieure du péroné à l’extrémité postérieure de la seconde phalange du gros orteil.

Tous les muscles de la jambe sont enveloppés par une tunique fibreuse commune, appelée aponévrose jambière, qui envoie entre eux des prolongements qui leur forment des gaines parliculières et servent aussi de point d’insertion.

Les artères de la jambe sont formées par le pro-

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Iongement de l’artère fémorale désigné sous le nom de tronc poplité (V. ce mot)). Ces artères sont : la tibiale antérieure, la tibiale postérieure et la péronière.

L'artère tibiale antérieure ( fig . 665) traverse l’extrémité supérieure du ligament interosseux, d’arrière en avant, puis descend en droite ligne jusqu’au cou-de-pied, entre le muscle jambier antérieur et le muscle extenseur commun des orteils, en devenant d’autant plus superficielle qu’elle s’approche du cou-de-pied, au niveau duquel elle change de nom et prend celui d’artère pédieuse. Sur son parcours elle fournit, comme branches collatérales, en haut l’artère récurrente tibiale, en bas les deux artères malléolaires interne et externe.

L'artère tibiale postérieure {fig. 666), qui est la plus volumineuse de la jambe, est située à la partie postérieure de la jambe ; elle descend obliquement en bas et en dedans, entre les muscles de la couche superficielle et ceux de la couche profonde en devenant superficielle à sa partie inférieure, où elle répond au côté interne du tendon d’Achille. Arrivée au niveau de la gouttière du calcanéum, elle se divise en deux rameaux qui prennent les noms d 'artères plantaires externe et interne. Sur son parcours, elle fournit plusieurs branches collatérales très grêles qui alimentent les muscles et la peau.

L’artère péronière {fig. 667), la plus petite comme calibre, est située profondément sur la face interne du péroné. Elle se dirige d’abord obliquement en bas et en dehors, puis verticalement vers la partie inférieure de la jambe, où elle se bifurque en deux branches terminales : Y artère péronière antérieure qui se dirige vers la portion inférieure du ligament interosseux quelle traverse pour se porter au devant de l’articulation tibio-tarsienne où elle s’anastomose avec les artères malléolaires et avec l’artère dorsale du bras; Y artère péronière postérieure qui se porte directement vers le talon et se termine sur le côté externe du pied où elle s’anastomose avec les artères malléolaires, péronière antérieure et dorsale du tarse.

Les veines de la jambe se divisent en veines superficielles et en veines profondes.

Les veines superficielles ou sous-cutanées, connues sous le nom de veines saphènes externe et interne, naissent des veines dorsales externe et interne du pied, et se jettent la saphène interne dans la veine fémorale, la saphène externe dans la veine poplitée, après avoir reçu toutes les veines sous-cutanées de la partie interne du pied et de la jambe. Les veines saphènes, principalement la saphène externe, sont souvent le siège de varices (V. ce mot).

Les veines profondes sont les veines tibiales antérieures et postérieures et les veines péronières. Elles accompagnent les artères du même nom, au nombre de deux pour chaque artère, et se réunissent toutes en un tronc veineux commun, la veine poplitée.

Enfin les nerfs de la jambe : les branches terminales du sciatique poplité externe, c’est-à-dire le tibial antérieur et les branches musculo-cutanées qui animent la région antérieure; les rameaux du

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crural et des sciatiques poplités externe et interne, c’est-à-dire le saphène tibial, le saphène péronier et la terminaison du saphène interne pour la région postérieure.

Fractures de la jambe. — On donne ce nom aux fractures qui siègent sur les deux os de la jambe; dans les cas où un seul os est atteint, on dit qu’il y a fracture du tibia ou fracture du péroné. Nous traiterons ces dernières aux mots Tibia et Péroné, et nous ne nous occuperons ici que des fractures de la jambe proprement dites.

Les fractures de la jambe peuvent être complètes ou incomplètes, simples ou compliquées, uniques ou multiples, siéger au même niveau sur les deux os ou à un niveau différent sur chacun d’eux. Cependant, le plus souvent, les fractures siègent au tiers inférieur, et la fracture est dirigée sur le tibia de haut en bas et d’arrière en avant. Dans ces cas, on dit que le fragment supérieur est taillé en bec de flûte, et il traverse souvent la peau et fait saillie en dehors.

Les fractures de la jambe peuvent entraîner divers déplacements des fragments ; les plus fréquents sont les déplacements angulaires; ils se rencontrent dans les fractures obliques en bas et en avant. Les déplacements par chevauchement, qui existent lorsque les deux os sont fracturés au même niveau, et les déplacements par rotation. Dans les cas où la fracture siège à un niveau différent sur chacun des deux os, le déplacement est très limité, car les fragments sont maintenus par le ligament interosseux. Dans les fractures transversales enfin, il n’y a généralement pas de déplacement des fragments.

Les fractures de la jambe peuvent être le résultat d’une cause directe, telle qu’un coup de pied de cheval, le passage d’une roue de voiture sur le membre. D’après Malgaigne, les fractures dues à ces causes se produiraient plus particulièrement aux deux tiers supérieurs. Des causes indirectes telles qu’une chute d’un lieu élevé sur les pieds, une déviation brusque de la pointe du pied en dedans ou en dehors, etc., peuvent aussi produire des fractures de la jambe, et dans ces cas, celles-ci se produisent plus souvent au tiers inférieur.

Les symptômes des fractures de la jambe sont les symptômes communs à toutes les fractures : douleur fixe au niveau du point fracturé, crépitation, mobilité anormale, déformation et impuissance du membre. La déformation a lieu au niveau de la cassure. On observe aussi ordinairement la rotation du pied en dehors, et le raccourcissement de la jambe.

Ces fractures sont souvent compliquées, et parmi les complications les plus fréquentes il faut citer les esquilles, les phlegmons, l’issue à travers la peau du fragment supérieur.

Dans l’immense majorité des cas, toute fracture de jambe se termine par une consolidation osseuse. On observe assez souvent après la guérison, au niveau de la cassure, une difformité résultant du défaut de coaptation exacte des fragments ou de la saillie formée par la pointe du fragment supérieur. On peut fixer à quarante ou quarante-cinq, le nombre de jours nécessaires à la consolidation et à la

guérison des fractures de jambe dégagées de toute complication. Les fractures compliquées de plaies exigent plus de temps.

Le traitement des fractures de la jambe consiste tout d’abord à faire la réduction. Pour cela, le malade étant couché étendu sur le dos, un aide fixant

Fig. 669.

Appareil de Scultet à moitié appliqué.

le genou sur le lit, le chirurgien tire avec les mains sur le dos du pied et le talon. Une fois la réduction et la coaptation faite, si la fracture est simple, on place le membre, maintenu dans l’extension, dans un appareil de Scultet que les figures 669 et 670 re-

Fig. 670.

Appareil de Scultet entièrement appliqué.

présentent à moitié appliqué et entièrement posé. On peut aussi placer la jambe dans un appareil en zinc laminé (jig. 671) Cet appareil qu’on façonne en le découpant de manière à lui donner la forme représentée par la figure 671, est appliqué par des-

Appareil en zinc laminé appliqué à la jambe.

sus un premier bandage à bandelettes séparées, recouvert lui-même d’une couche d’ouate. Lorsque la jambe est installée dans l’appareil, on moule bien celui-ci sur la jambe, on fixe le pied au moyen de tours de bandes disposées en étrier, et la partie supérieure de l'appareil par des tours de bande qui se croisent au niveau du genou, un cordon passé dans des trous percés dans les valves de zinc, sert à en fixer les bords.

En 1875, A. Després a conseillé l’usage de l’attelle

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plâtrée immédiate. Ce chirurgien emploie une large attelle plâtrée, disposée en étrier qui laisse à découvert toute la crête du tibia en avant et le mollet en

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Fig. 672.

Appareil à fracture de jambes de Ar. Després.

arrière, et qui est maintenue par trois courroies élastiques qui sont séparées de la peau par une

rurgien, permet de traiter une fracture de jambe, accompagnée des plus fâcheuses complications, sans avoir besoin d’appliquer aucune attelle. Sur la planchette qui doit supporter la jambe , est placé un coussin long et épais, rempli de crin ou de balle d’avoine que l’on a soin de mouler sur la forme de la jambe.

Dans les cas des fractures très obliques, où malgré toutes les tentatives, un des fragments persiste à soulever la peau et menace de la perforer, il faut avoir recours soit à la pointe de Malgaigne, soit à l’appareil de notre savant ami Benjamin Ànger.

Dr Paul Labarthe.

JAMBES ARTIFICIELLES. — On donne ce nom à des appareils prothétiques destinés à remplacer et à suppléer, autant que possible une jambe ou une cuisse amputée.

Lorsque la jambe a été amputée au tiers inférieur, on peut employer l’appareil à point d’appui sur l’ischion. Il se compose d’une partie jambière terminée par un pied artificiel (fig. 675) ou par un pilon (fig. 676). Les deux montants latéraux sont articulés au niveau du genou, et la partie supérieure de l’appareil est formé par une embrasse prenant son point d’appui sur l’ischion.

Lorsqu’on a pratiqué l’amputation au lieu d’élection, l’appareil le plus simple que l’on puisse employer est, sans contredit, le pilon classique en bois (fig. 677).

Fig. G73. — Appareil silicate.

compresse de fil pliée en carré (fig. 671). On peut I aussi avoir recours aux appareils silicatés (fig. 673). I

Fig. 671.

Fig. 675.

Jambe artificielle avec pied.

Fig. 676.

Jambe artificielle avec pilon.

Appareil îi suspension de Mayor. appliqué à la jambe.

Enfin, dans les fractures de jambe compliquées de plaies, on peut avoir recours à l’appareil à suspension de Mayor, de Lau/.anne, qui, d’après ce chi-

Cet appareil se compose d’un tuteur en bois dont l’extrémité inférieure est disposée de manière à recevoir le genou ; un pilon est fixé dans une douille et forme la partie inferieure de l’appareil. Le tuteur placé du côté externe monte

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jusqu’au niveau des crêtes iliaques et reçoit dans une mortaise la ceinture entourant le bassin. La partie inférieure de la cuisse est embrassée par une courroie qui assure l’immobilité du moignon. Dans certains appareils, le coussin qui est destiné à recevoir le genou qui supporte seul le poids du corps est en crin, nous préférons le poussin garni de liège râpé, substance qui conserve toujours son élasticité.

Dans les cas d’amputation au tiers supérieur, on

Fig. G77. Fig. G78.

Pilon en bois pour les cas Jambe artificielle pour les cas d’amputation de la jambe d'amputation au tiers supéau lieu d’élection. rieur.

peut se servir de l’appareil représenté par la figure 678. Il se compose d’une gaine de cuir enveloppant exactement la cuisse et présentant à sa partie inférieure un point d’appui destiné à recevoir le genou. Deux tuteurs latéraux s’articulent au niveau du genou et se terminent par une pièce de cuir représentant exactement la forme de la jambe. Au niveau de l’articulation coxo-fémorale se trouve un verrou qui permet la flexion. Lorsque l’amputé veut s’asseoir, il n’a qu’à tirer le verrou en haut pour rendre la flexion libre. Lorsqu’il se lève, l’extrémité inférieure du verrou vient, à l’aide d’un ressort se placer dans une mortaise et rend l’articulation libre.

On peut aussi se servir de la jambe à pilon à marcher sur le genou ( fig . 679), Cet appareil se compose, comme le précédent, d’une partie en cuir moulé embrassant exactement la cuisse; la partie destinée à recevoir le genou est fortement matelassée. Ce modèle, moins cher que le précédent, est rigide au genou ; la jambe de bois est remplacée par un pilon, mais il est tout aussi solide que la jambe de bois, tout en étant beaucoup plus léger.

Dans les cas d’amputation de la cuisse au tiers

inférieur, on peut donner aux amputés un appareil à flexion libre {fig. 680). Il se compose de deux

Fig. 679.

Fig. 680.

Jambe à pilon il marcher Jambe artificielle à flexion sur le genou. libre pour les amputés de

la cuisse.

parties en cuir moulé, embrassant la cuisse, le moignon et représentant la forme de la jambe ain-

Fig. 681.

Jambe artificielle complète pour désarticulation coxo-fémorale.

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putée. Deux tuteurs latéraux, reliés par des embrasses, maintiennent cet appareil. Avec ce modèle, l'amputé marche à flexion libre, au moyen d’une forte bande élastique fixée sur le devant du genou. La flexion rapide est obtenue par un ressort en caoutchouc fixé d’un côté, au niveau du tendon d’Achille, et à l’autre extrémité, dans le pied artificiel.

Rappelons que lorsque l’amputation a été pratiquée au-dessus du tiers supérieur de la cuisse, on ne peut faire marcher les amputés à flexion libre, parce que le moignon ne peut pénétrer assez profondément dans le cuissard.

Enfin, dans les cas très rares de désarticulation coxo-fémorale, on peut faire usage de l’appareil représenté par la figure 681.

Cet appareil se compose d'une coque en cuir, entourant toute la circonférence du bassin, sur laquelle elle est exactement moulée; du côté amputé, elle recouvre le moignon, du côté sain, elle embrasse la crête iliaque et monte 5 centimètres audessus du grand trochanter. Le cuissard, la jambe et le pied artificiel ressemblent à ceux que l’on emploie dans les membres artificiels pour amputés de la cuisse.

Cet appareil assure à l’amputé une stabilité aussi complète que possible pour la station debout, la marche et la position assise, mais il est toujours rigide pour la marche qui s’exécute par des mouvements d’ondulation du tronc; il ne fléchit que lorsque l’amputé est assis. p. l.

JAMBIER. — Nom donné par les anatomistes à deux muscles de la jambe : le

JAMBIER ANTÉRIEUR et le JAMBIER POSTÉRIEUR.

Le jambier antérieur ( fig . 682), situé à la partie antérieure de la jambe, va de la tubérosité externe du tibia au côté externe du premier os cunéiforme du pied, près de l’extrémité postérieure du premier métatarsien. Il fléchit le pied sur la jambe et relève son bord externe.

Le jambier postérieur [fig. 683), situé à la partie postérieure et profonde de la jambe, va de la partie la plus externe de, la face postérieure du tibia à l’extrémité inférieure de l’os scaphoïde. Il est fortement adducteur du pied, c’est-à-dire qu’il élève son bord interne, et il concourt aussi à son extension. p. l.

et une coloration jaune de la peau. On peut, au point de vue pathogénique, comparer la fièvre

JANICEPS. — (V. Iniope.)

JARRET. — Nom donné par les anatomistes à la région postérieur du genou ou creux poplité (V. poplité). p. i.

Fig. G82.

Jambe (région antérieure).

Fig. GS3.

Jambe (région postérieure profonde).

JAUNE (tièvrei. — La fièvre jaune ou vomilo négro , est une maladie pestilentielle, spéciale à certains pays chauds, et caractérisée par des vomissements noirs, des hémorrhagies multiples

Fig. 682. — Région antérieure de la jambe. — 4. Muscle jambier antérieur attiré en dedans par un crochet. — 1. Rotule. — 2,3. Muscles de la partie postérieure de la jambe débordant le bord interne du tibia. — 5. Muscle extenseur commun des orteils. — 6. Muscle extenseur propre du gros orteil. — 7.8. Muscles péroniers latéraux, — 9 Ligament annulaire antérieur du tarse. — 10. Muscle pédieux. — 11. Artère tibiale antérieure. — 12. Nerf sciatique poplité externe tournissant (12') le nerf musculo-cutané.

— 13.1 1. Branches du nerf musculo-cutané. — 15. Nerf saphène externe.

— 16,17. Nerf tibial antérieur.

Fig. 683. — Réeion postérieure profonde de la jambe. — 8. Tendon du muscle jambier postérieur. — 1. Muscle demi-tendineux. — 2. Nerf biceps fémoral. — 3. Tendon du muscle demi-tendineux. — i. Muscle jumeau interne. — i' Muscle jumeau externe. — 5. Muscle poplité. — 6. Muscle soléaire réséqué immédiatement au-dessous de son arcade fibreuse. — 7. Muscle fléchisseur commun des orteils. — 8. Tendon du muscle jambier postérieur. — 9,11. Muscle fléchisseur propre du gros orteil. — 10. Muscles péroniers latéraux. — 12. Tendon d’Achille s’insérant sur la face postérieure du calcanéum. — 13. Artère poplitée. — 11. Artère articulaire inférieure et externe. — 15. Artère tibiale postérieure. — 16. Artère péronière. — 17. Nerf sciatique. — 18. Nerf sciatique proplité externe. — 20. Nerf tibial postérieur. — 21. Filet du nerf tibial postérieur. — 22. Division du nerf tibial postérieur en nerfs plantaires.

jaune aux fièvres intermittentes et au choléra, c’est également un poison, et ce poison, probablement engendré par la décomposition de végé-

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taux ou de détritus animaux, ne rencontre ses conditions de développement que sous certaines latitudes, etc.

La fièvre jaune est endémique et épidémique ; elle est endémique aux Antilles, aux États-Unis, elle est épidémique dans ces mêmes pays lorsque les grandes chaleurs succédant à des temps humides, ont activé la production du poison ; de plus, elle s’est manifestée sous forme d’épidémie en Espagne, en Afrique , à Saint-Nazaire, etc. C’est presque exclusivement sur les bords de la mer, des lacs ou des grands fleuves que règne la fièvre jaune ; elle a pu éclater à bord des navires qui fréquentent ces parages et qui deviennent ainsi des foyers d'infections capables de transporter la maladie au loinN

La fièvre jaune frappe spécialement les étrangers non acclimatés, surtout lorsqu’ils viennent des pays froids, qu’ils se livrent à des excès, des fatigues, s’exposent à de brusques variations atmosphériques. Elle atteint plutôt les blancs que les noirs, les hommes que les femmes, les adultes que les enfants, les gens robustes que les sujets faibles.

La fièvre jaune est-elle contagieuse? On l’a très énergiquement nié.

Le cadavre des individus morts de fièvre jaune est jaune, il est maculé d’ecchymoses ou pétéchies plus ou moins nombreuses. Le sang est noir, diffluent. L’estomac et l’intestin renferment une quantité de sang plus ou moins pur, leur muqueuse est ramollie, épaissie, ecchymosée. Le foie offre des -lésions semblables à celles que l’on observe dans l’ictère grave; puissante preuve à l’appui de l’opinion qui regarde la fièvre jaune et l’ictère grave comme une seule et même maladie; ainsi le foie est décoloré, ce qui tient à la dégénérescence de son tissu. La rate est parfois très gonflée ; quant aux congestions des autres organes elles n’offrent rien de fixe.

La fièvre jaune se déclare brusquement au milieu des occupations ordinaires par un violent mal de tête, un sentiment de malaise et quelques frissons ; il survient en même temps des douleurs à l’épigastre et dans divers autres régions ; dès lors la maladie est caractérisée: 1" par des vomissements noirs et des hémorrhagies diverses; 2° par des douleurs; 3° par la coloration de la peau ; 4° par la lenteur du pouls.

1° Vomissements noirs et hémorrhagies. — Les malades sont pris très vite de vomissements bilieux ou muqueux ; mais vers le troisième ou quatrième jour ces vomissements deviennent noirs comme ceux du cancer de l’estomac, ils sont constitués par le sang exhalé à la surface de l’estomac ; plus tard, surviennent une diarrhée noire ( melæna ) et des hémorrhagies par diverses muqueuses ; ainsi le sang s’écoule par le nez, les gencives, les conjonctives , parle rein, et il peut alors s’accumuler dans la vessie d’autant plus facilement que les rétentions d’urine sont fréquentes. Enfin le sang s’extravase dans le tissu cellulaire et forme des ecchymoses ou pétéchies plus ou moins nombreuses.

2° Douleurs diverses. — Les malades éprouvent

des douleurs contusives ou lancinantes dans les reins, dans les membres, dans les muscles du cou ; il existe surtout une anxiété épigastrique très pénible.

3° Coloration de la peau. — Au début la peau est rouge, chaude, injectée, les yeux sont brillants, bientôt se montrent des taches jaunes. L’ictère fait des progrès, il devient général; cependant il est des cas où il est fort peu marqué.

4° Pouls. — Au début le pouls est fréquent, fort comme dans une affection fébrile, mais vers le troisième ou le quatrième jour il devient si rare et si faible qu’il tombe à 40 pulsations et que les battements du cœur sont difficiles à saisir.

Si la fièvre jaune est mortelle, on voit s’aggraver les divers symptômes que nous venons d’indiquer ; les traits se décomposent, l’intelligence, longtemps intacte, s’altère, il survient du délire, du hoquet, et le malade tombe dans le coma ; la mort arrive vers le troisième ou le quatrième jour, parfois même plus vite.

Si la fièvre jaune doit guérir, les symptômes s’améliorent, le pouls n’est jamais aussi faible, les vomissements ne sont pas noirs, ou bien ils perdent très vite ce caractère; c’est vers le cinquième jour que le retour à la santé se dessine d’une façon bien nette.

La convalescence est toujours longue et pénible; les rechutes, assez rares, sont souvent produites par des écarts de régime; les récidives sont également rares.

La fièvre jaune est très meurtrière; suivant les épidémies, elle tue le tiers ou le cinquième des personnes qu’elle frappe ; les enfants sont ceux qui y résistent le mieux; les hommes robustes et pléthoriques sont ceux qui y résistent le moins.

Le seul moyen de se préserver de la fièvre jaune c’est de fuir les lieux où elle règne; les personnes obligées de vivre au milieu d’un foyer épidémique suivront les règles d’une bonne hygiène, mais il n’est aucun agent médical qui soit capable de les protéger.

Si la fièvre jaune est réellement moins contagieuse que le choléra, ce que l’on est porté à croire, les quarantaines imposées aux navires venant des pays infestés pourront être moins rigoureuses.

Nous ne connaissons point de spécifique contre la fièvre jaune : il faut donc se borner à faire de la médecine de symptômes. 11 faut combattre les vomissements par des boissons acidulées, glacées, par l’opium, la potion de Rivière, etc. Au début, l’huile de ricin donnée à petites doses a été utile. On peut calmer le sentiment d’ardeur éprouvé par le malade par les bains tièdes, les frictions avec la pulpe de citron qu’on laisse appliquée sur la peau, etc. Le quinquina peut être utile, mais il ne possède contre la fièvre jaune aucune vertu spécifique.

Dr Léon Moynac.

JAUNE MANGER. — On donne ce nom à un mets, qui se prépare en battant huit jaunes d’œuf, dans un demi-litre de vin blanc coupé de même quantité d’eau, auquel on ajoute de la gélatine, du sucre et des zestes de citron. On fait chauffer ce mélange jusqu’à ce que la gélatine soit dissoute,

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