‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 70 sur 344 · LEP · texte numérisé non relu

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Ces graines, féculentes , tiennent un des premiers rangs parmi les légumes riches en principes à la fois réparateurs et respiratoires. Elles renferment d’après Payen :

Amidon et matières sucrées 56

Substances azotées 25

Matières grasses et aromatiques 3

Cellulose 2

Sels minéraux 2

Eau 12

Comme on le voit, les lentilles constituent un aliment très nourrissant, dont la richesse en azote dépasse celle de la plupart des viandes, même celle de bœuf. Elles sont savoureuses, se digèrent plus facilement que les autres légumes secs, et ont sur les haricots l'avantage précieux de produire moins de flatuosités. Dans les campagnes, on leur attribue la propriété d’augmenter le lait des nourrices; mais cela n’est rien moins que démontré.

Rappelons que les lentilles décorliquées perdent leur arôme. 11 vaut donc mieux les faire cuire entières, lorsqu’on veut les préparer en purée. Enfin, ajoutons pour les naïfs — trop nombreux, hélas ! — qui croient aux propriétés aussi nombreuses que merveilleuses de la douce Révalescière, de YErvalenta, et de la Revalenta, que ces prétendus spécifiques universels ne sont autre chose que de la simple farine de lentilles mêlée à un peu de fécule et de cacao ! ! ! Dr Paul Labarthe.

LE PERDRIEL (s ELS GRANULÉS EFFERVESCENTS DE LIthine de). — Les sels granulés effervescents à base de lithine, introduits dans la thérapeutique française par Ch. Le Perdriel, sont de petits globules légers, ayant l’aspect de cristaux amorphes, très poreux, se dissolvant instantanément dans l’eau en se couvrant de bulles de gaz, qui se détachent et viennent crever à la surface du liquide en produisant une sorte de bouillonnement, A' effervescence (d’où le nom iffervesi enls, donné par Le Perdriel à ces sels), la limpidité et la transparence de l’eau reslant d'ailleurs parfaites.

Sans insister autrement ici sur la valeur des sels de lithine, valeur indiscutable et admise par l’universalité des médecins, et sans nous apesantir sur leurs propriétés thérapeutiques et leurs indications qui seront étudiées au mot lilhine (V. ce mot), il est bon de rappeler avec le professeur Garrod, qu’un excès d’acide carbonique est nécessaire pour rendre ces sels très solubles.

C’est précisément pour arriver à ce résultat que M. Le Perdriel a eu l’heureuse idée de leur donner la forme de granules effervescents, car le gaz qui. se dégage pendant leur dissolution est précisément de l'acide carbonique, et ce gaz, non seulement rend ces sels solubles, mais encore facilite leur absorption, leur digestion et leur assimilation, et, de plus, avantage qui n’est pas à dédaigner, en masque la >aveur particulière. Aussi le professeur Rucquoy, de l’Académie de médecine, déclarait-il en 1877 à la Société de thérapeutique « que les granules effervescents de Le Perdriel lui paraissaient bien plus avantageux que toutes les autres préparations de lithine. »

Les différents sels de lilhine préparés par Le

Perdriel sous forme de granules effervescents sont : le carbonate, le citrate, le benzoale, le bromhydrate et le sahcylate de lithine.

Le carbonate de lithine, que Le Perdriel prépara le premier, le jour où le professeur Garrod publia son mémorable travail sur la goutte, le rhumatisme goutteux et leur ti alternent, et démontra les remarquables effets de ce sel contre cette affection, et leur très grande supériorité sur les carbonates alcalins de soude et de potasse, se prescrit de préférence toutes les fois qu’on a à redouter chez les malades une perturbation du tube digestif, et dans les cas de gastralgie.

Le citrate de lithine est préférable lorsque l’estomac supporte bien les aliments.

Le benzoale de lithine convient surtout contre les coliques néphrétiques, l’albuminurie et le diabète.

Quant au bromhydrate de lithine, il a un double effet, il agit comme calmant et sédatif par son bromure, et comme neutralisant de l’urée par la lilhine.

Enfin, le salicylate de lithine joint aux propriétés antirhumatismales de l’acide salicylique, le pouvoir dissolvant de la lithine et doit être réservé de préférence pour les cas de rhumatismes goutteux.

Les sels granulés de lithine effervescents de Le Perdriel sont toujours très exactement dosés et d’une conservation indéfinie, grâce au godet qui surmonte le bouchon et bouche hermétiquement le flacon. Ce godet sert aussi de mesure : il contient 3 grammes de granules, représentant 20 centigrammes de sel de lithine. La dose quotidienne varie selon les cas de deux à cinq mesures, dont on verse le contenu dans un demi-verre d’eau fraîche qu’on ne boit que lorsque la dissolution est effectuée, ce qui a lieu au bout de quelques secondes à peine. Dr p.-l. Tarride.

LE PER DRIEL - REBOULLEAU ‘ (emplâtre de). — L’emplâtre de Le Perdriel-Reboulleau est un emplâtre révulsif de thapsia, obtenu avec la résine du thapsia, plante de la famille des Ombellifères qui pousse dans les pays chauds et particulièrement en Algérie. Ce précieux agent thérapeutique, si universellement employé, est dû à la savante collaboration du Dr Reboulleau et du pharmacien Le Perdriel, don1 les premiers travaux sur cette plante remontent à 1853.

Le D* Reboulleau, médecin en chef des hôpitaux de Constantine, ayant remarqué que les Arabes employaient contre les maladies aiguës de la poitrine une plante appelée par eux Bounéfa (Dieu de la Santé), et qu’ils en obtenaient des effets surprenants, étudia cette plante et arriva à établir d’une façon indubitable que le bounéfa n’était autre chose que le thapsia, et que sa partie active était une résine brune, solide, cassante, qu’il parvint à isoler. Mais cette résine était très difficile à employer. C’est alors que le Dr Reboulleau fit appel à l’expérience et à l’habileté pratique du pharmacien Le Perdriel, et, à eux deux, ils parvinrent, après bien des essais, à lui donner la forme emplastique et à créer Y emplâtre de thapsia qui porte leurs noms.

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Expérimenté aussitôt dans les hôpitaux de Paris, cet emplâtre donna les plus heureux résultats et fut, dès son début, classé parmi les agents les plus sérieux de la thérapeutique et inscrit au Codex. Le temps n’a fait qu’accroître sa vogue et il n’y a pas un médecin qui n’y ait journellement recours.

L’emplâtre de thapsia de Le Perdriel-Reboulleau est indiqué toutes les fois que l’on veut obtenir un effet révulsif sur la peau. C’est dire qu’il trouve son indication dans les maladies de poitrine, principalement dans les rhumes tenaces, les bronchites aiguës et surtout chroniques, les pleurésies, etc. ; dans les rhumastismes articulaires et dans les névralgies rebelles.

11 s’applique sans avoir été chauffé. On le laisse en place pendant quelques heures. Pour s’assurer de son action, il suffit de soulever un point de sa surface. Si on juge cette action suffisante, on le retire, sinon, on prolonge son contact avec la peau jusqu’à ce qu’on ait obtenu l’action recherchée. Cette action peut donc être graduée à volonté. Elle se manifeste tout d'abord par une vive rougeur et une grande chaleur à la peau, bientôt suivies d’une éruption miliaire très abondante qui s’accompagne de démangeaisons ; puis, ces vésicules se dessèchent et ne laissent après elles ni marques ni cicatrices. On peut combattre les démangeaisons en saupoudrant, à des intervalles très rapprochés, la surface éruptive de poudre d’amidon bien sèche.

En somme, l’emplâtre de thapsia de Le Perdriel- Reboulleau est moins actif que le vésicatoire, et remplace avec avantage l’huile de croton qui présente de graves inconvénients, les emplâtres de poix de Rourgogne, les pommades stibiées, etc. Enfin, il a une action plus lente et plus mesurée, mais aussi bien plus durable que la moutarde, à laquelle il doit être préféré dans bien des cas.

Dr P.-L. Tarriue.

LÈPRE. — La lèpre, autrefois très répandue et ayant régné épidémiquement, est devenue très rare de nos jours. C’est une maladie générale ou constitutionnelle, à marche chronique, qui se manifeste par des lésions multiples de la peau , des muqueuses, des viscères et du système nerveux, dont le résultat est de conduire le malade à un état cachectique qui entraîne le plus souvent la mort.

Envisagée surtout au point de vue de ses manifestations cutanées on peut, avec Kaposi, admettre trois formes de cette maladie : 1° la lèpre maculeuse ou tachetée; 2° la lèpre tuberculeuse ; 3° la lèpre anesthésique. La lèpre maculeuse ou tachetée est caractérisée par la formation de taches rougeâtres érythémateuses, lisses, brillantes, pâlissant sous la pression du doigt qui est douloureuse, planes ou un peu saillantes, arrondies ou irrégulières mais bien limitées, dont la dimension varie entre celle d’une pièce de cinquante centimes et celle d’une pièce de cinq francs en argent. Parfois un liseré violacé ou lilas les entoure. Au bout d’un certain temps, ces taches deviennent jaunâtres ou brunâtres, et après une évolution très lente qui dure plusieurs mois, elles disparaissent; mais il s’en forme successivement de nouvelles. Elles

siègent de préférence sur le dos, la poitrine, les fesses, les membres inférieurs du côté de l’extension, et sont généralement nombreuses.

La lèpre tuberculeuse débute par des taches ar-

Fig. 744.

Tète d’un jeune garçon de 13 ans lépreux depuis l’âge de fi ans. *

La face est le siège de tubercules entièrement développés et en

voie de ramollissement.

rondies ou irrégulières, qui, d’abord rouges, deviennent pâles, puis brunes; la peau est lisse, luisante, douloureuse à la pression, son épais’seur est parfois augmentée. Peu à peu se développent des tubercules de la grosseur d’un grain de plomb, d’un pois ou d’une noisette, plans ou hémisphériques, luisants et lisses, mous et douloureux a la pression. Isolés au début, ces tubercules se rapprochent peu à peu et forment des nodosités irrégulières. Leur évolution est lente et se fait par poussées successives; ils se terminent par résorption ou par ulcération. Dans ce dernier cas, l’ulcération peut provoquer des lymphangites, des érysipèles et même la suppuration et la destruction des organes sous-jacents. Les tubercules lépreux se développent principalement à la face, sur les sourcils, les yeux, le nez, les lèvres, les joues. On les observe aussi dans les fosses nasales, la bouche, la langue, le pharynx, le larynx ; enfin on les rencontre sur le tronc et aux extrémités.

La lèpre anesthésique est surtout caractérisée par des zones d’anesthésie de la peau, irrégulières dans leur forme et dans leur disposition. Elles sont mobiles, se montrent tantôt sur un point, tantôt dans un autre, le plus souvent autour des plaques érythémateuses et des tubercules. En même temps, les membres sont le siège de douleurs vives, parfois de contracture; les malades ne peuvent rester ni assis, ni debout, il leur est impossible de saisir les objets et de manger. Il dépérissent promptement, présentent l’aspect de vieillards décrépits; leurs membres se déforment, la peau, les muscles, les os s’atrophient; des gangrènes sèches ou hu-

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mides surviennent ainsi que des paralysies et enfin la mort au milieu des plus horriblrs souffrances.

La lèpre est contagieuse, et d après les recherches d’Hillairet et Gaucher, publiées en 1880, et cel'es plus récentes de Cornil, publiées en 1881, il semble démontré que c’est une maladie parasitaire. En effet, les premiers ont trouvé des bactéries

Tête de jeune femme morte de la lèpre, la peau du visage est irrégulièrement épaissie par un tissu de nouvelle formation-

d’une nature spéciale dans le sang et dans les tubercules des lépreux.

Les divers traitements employés contre la lèpre sont les mêmes que ceux du psoriar's (V. ce mot). Malheureusement ils sont tous restés inefficaces, et le spécifique de cette épouvantable maladie est encore à trouver. Dr Paul Labarthe.

LEPTOTHRIX. — On donne ce nom à des petits filaments très fins, sorte d’algue parasitaire microscopique, d’un centième de millimètre de long, tout au plus, et d’une largeur de cinq dix millièmes de millimètre, que l’on trouve en très grande quantité sur la surface de la langue, dans la matière qui s’accumule dans les interstices des dents et dans la cavité des dents cariées, dans certains liquides vomis par les individus atteints de diarrhée, etc. p. l.

LÉSION. — Mot employé en médecine pour désigner tout changement appréciable survenu dans la structure ou la manière d’ètre d'un tissu ou d'un organe, par le fait d’un traumatisme, d’une inflammation, d’une maladie, etc. p. L.

LÉTHARGIE. — On donne ce nom en médecine à l’état de sommeil profond continuel et invincible que ne peuvent dissiper, même pour un instant, les plus fortes excitations, et qui peut durer plusieurs jours, plusieurs semaines, quelquefois plusieurs mois. Pour le public le mot léthargie est souvent synonyme de mort apparente. p. h.

LEDCINE. — Nom donné à une substance blan-

che, légère, cristalline, ayant la saveur du bouillon, qui se forme dans l’urine en putréfaction.

LEUCOCYTE. — On donne ce nom, en anatomie, aux globules blancs du sang, qui sont identiques aux globules de la lymphe et aux globules du pus.

Ce sont de petites masses, arrondies, à contours irréguliers, d’une couleur blanc d'argent caractéristique, dont le diamètre varie de 8 à 10 ou 12 millièmes de millimètre. Ils existent dans le sang dans les proportions de 1 globule blanc pour 100 globules rouges chez l’homme et de 1 globule blanc pour 250 globules rouges chez la femme. Ces Chiffres augmentent après les repas. Ils augmentent aussi chez les femmes pendant la grossesse et dans certains états morbides tels que l’hypertrophie de la rate et des ganglions lymphatiques, dans la diphthérite, dans les maladies infectieuses, etc. (V. Sang, Leacocytlièmie). p. l.

LEUCOCYTHÉMIE. — La leucocythémie, appelée aussi leucémie ou sang blanc, est une maladie caractérisée surtout par l’augmentation permanente et morbide du nombre des globules blancs. Ses causes sont inconnues. Elle est rare et s’observe plus souvent chez l’homme que chez la femme, vers la période moyenne de la vie, et surtout chez des individus faibles et débilités. La scrofule et la cachexie paludéenne n’ont point, contrairement à ce que l’on pense, d’influence sur sa production.

Elle est caractérisée par trois symptômes principaux dont la valeur n’est complète que par leur réunion. Ce sont: 1° l’altération du sang; 2° l’engorgement des organes lymphoï les; 3° l’anémie.

1° Altération du sang. — Dans la leucocythémie, le nombre des globules blancs est tellement augmenté, que par l’examen microscopique on constate qu’il y a 1 globule blanc pour 10, pour 5, pour 2 globules rouges, tandis qu à l'état physiologique cette proportion est de 1 globule blanc pour 100 globules rouges chez l’homme et de 1 globule blanc pour 250 globules rouges chez la femme, ainsi qu il a été dit dans l’article précédent. De plus la densité du sang est abaissée, la proportion d’eau accrue et le nombre absolu des globules rouges diminue.

2° Tumeurs lymphoïdes. — La percussion de la région splénique démontre l’augmentation du volume de la rate. Les ganglions du cou, de l’aine, de l’aisselle, du mésantère, des bronches, se tuméfient également sans suppurer. Le gonflement des ganglions viscéraux peut entraîner divers troubles fonctionnels, dyspnée, oppression, œdème, etc. Le foie est souvent tuméfié.

3° Anémie. — • L’anémie est souvent au début le symptôme le plus appréciable; les individus sont faibles, essoufflés, pâles, amaigris, ils ont des bruits de souffle vasculaires, des crampes, il sont souvent constipés, cependant lorsque les follicules intestinaux sont tuméfiés, il survient une diarrhée opi niàtre qui entraîne la mort. On a encore signalé des stomatites et des angines à tendance gangréneuse. Les infiltrations œdémateuses sont très communes.

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L’urine présente une notable diminution de l’urée, une augmentation de l’acide urique et des u rates.

La maladie est habituellement sans fièvre, cependant de temps à autre surviennent des accès fébriles et, vers la fin de la maladie, s’établit une fièvre continue.

La durée de la leucocythémie est indéterminée; elle varie de quelques mois à quelques années. Les malades meurent dans le marasme ; quelquefois ils sont emportés par une hémorrhagie ou par quelque autre complication. On ne connaît point de guérison.

Le traitement de la leucocythémie est celui de Y anémie (Y. ce mot). Dr Léon Moynac.

LEUCORRHÉE. — On désigne sous ce nom et sons celui de flueurs blanches un écoulement particulier qui, dans certains états pathologiques, se produit par les organes génitaux de la femme.

La leucorrhée ne doit pas être considérée comme une maladie spéciale, mais bien comme un symptôme. Et, en effet, suivanl que cet écoulement provient d’une inflammation du vagin ou de l’utérus, les caractères du liquide qui se fait jour à travers les parties génitales est différent. S'il s’agit d’une vaginite chronique , le liquide est généralement blanc laiteux, coulant, presque fluide. Si au contraire la leucorrhée est déterminée par une métnte du col ou du corps de la matrice, l’écoulement est alors constitué par un liquide visqueux , filant, épais, difficile à détacher des parties qu'il recouvre, comparable dans certains cas à l’albumine de l’œuf avant sa cuisson; dans d’autres circonstances, d’une coloration jaune verdâtre, et dans tous les cas tachant le linge comme de l’empois.

Toutes les fois donc qu’une femme accusera un écoulement leucorrhéique, il faudra remonter k la cause primordiale, et l’on trouvera presque toujours soit une vaginite, soit une métrite, soit des ulcérations de la matrice qui expliqueront cet écoulement. Ce seront ces états pathologiques qui nécessiteront un traitement spécial, et la leucorrhée cessera avec la maladie qui lui aura donné naissance. Mais il faut savoir que ce symptôme est peutêtre le plus tenace et longtemps après que la métrite a cessé, que tous les autres symptômes objectifs et subjectifs ont disparu, la leucorrhée persiste encore très affaiblie, il est vrai, mais en quantité cependant assez notable pour nécessiter des soins particuliers.

Dans la leucorrhée déterminée par une vaginite, on se trouvera très bien de toutes les injections de liq uides émollients. Ce ne sera que plus tard, quand l’état inflammatoire du vagin aura complètement cessé qu’on pourra, par des applications astringentes sur les surfaces excoriées du conduit vaginal, arriver à modifier d’abord et à suspendre graduellement ensuite l’écoulement leucorrhéique. Comme substances émollientes, je conseille la décoction de graines de lin, de racines de guimauve, de feuilles de mauve avec quelques têtes de pavot. Quand l’emploi des astringents aura été décidé, on fera des injections avec l’infusion de fleurs de sureau ou la décoction de feuilles de noyer ou d’é-

corce de chêne, ou enfin avec le phénol Bobœuf étendu de 3 à 5 fois son volume d’eau. Je repousse presque d’une manière absolue, dans la leucorrhée vaginale, l’usage de l’alun et d’autres astringents plus actifs, préférant toucher directement et modifier ainsi, selon les cas, les surfaces du vagin qui auront besoin d’une cautérisation plus ou moins énergique.

Quand la leucorrhée est le résultat d’une affection utérine, le même traitement sera suivi toutes les fois que se sera développée une inflammation consécutive du vagin, ce qui est fréquent ; mais si le conduit vaginal est intact, on pourra employer les injections astringentes avec de la poudre d’alun (3 gr. par litre), le vinaigre de Pennes, le phénol Bobœuf, moins étendu que précédemment. Ce sera, du reste, l’état de l’utérus qui servira de guide. 11 est évident que dans la métrite aiguë, il faudra recourir aux calmants, aux émollients que j’ai déjà indiqués, et qu’on réservera pour les cas de métrite chronique indolente, les injections astringentes que je viens d’énumérer.

Quant aux injections, je conseille de les faire doucement, la malade étant étendue sur son lit, le siège un peu élevé, placé sur un bassin plat dans lequel retombera le liquide après avoir baigné le vagin. Il est préférable d’employer comme injecteur l’appareil Eguisier, que tout le monde possède, ou un seau placé près du plafond de l’appartement, muni d’un long tube en caoutchouc avec un robinet et une canule courbée, en gomme, et percée de plusieurs trous. On aura soin, avec l’un ou l’autre de ces deux appareils, d’essayer préalablement le jet, de façon à déterminer en quelque sorte un bain vaginal et non pas une douche. C'est pour cela que je repousse les clysopompes et les injecteurs de toutes sortes qui ne produisent l’injection que par saccades et avec trop de force. J’ai vu souvent des accidents assez graves résulter d’injections prises avec ces appareils, et en particulier de violentes douleurs se développant brusquement dans le ventre, accompagnées d’un météorisme exagéré, avec alteration du faciès et rapidité du pouls, au point de faire croire à l’explosion d’une péritonite suraiguë (V. Anémie, Métrite, Ulcérations, Vaginite).

Dr A. de Soyre.

LEVAIN. — On appelle ainsi un mélange de farine de froment, d’eau et de levure de bière qui forme une pâte dont on prend ensuite un fragment qui, mélangé à la pâte du pain, le fait lever pendant la cuisson. Mais ce levain, qu’on garde souvent trop longtemps, communique quelquefois au pain un goût aigre, et il est préférable de faire usage de la levure de bière.

LEVIER. — On donne ce nom à une tige rigide qui se meut en s’appuyant sur un point fixe, de là le nom de point d'appui donné à cette partie. La force qui fait agir le levier se nomme puissance, et la force, en sens contraire, que la puissance doit vaincre, est appelée résistance. On distingue en mécanique trois genres de leviers : 1° le levier du premier genre où le point d’appui est placé entre la résistance et la puissance ; ces deux forces agissant

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chacune à l’un des bouts de la barre rigide ou du levier: par exemple, la balance; 2° le levier du second genre , dans lequel le point d’appui siège à une extrémité du levier, la puissance à l'autre extrémité, la résistance se trouvant entre les deux : exemple, la brouette; 3° enfin le levier du troisième genre , dans lequel le point d’appui est toujours à une extrémité, mais la résistance est à l'autre, tandis que la puissance agit sur un point intermédiaire : exemple, la grue.

En anatomie on a remarqué que les muscles agissaient sur les os pour faire exécuter les mouvements comme la puissance par rapport au levier mécanique. Ainsi l’avant-bras qui prend son point d’appui sur l’humérus à l'articulation du coude, est mis en mouvement par le biceps, jouant le rôle de puissance, tandis que la main avec le fardeau qu’elle peut contenir, représente la résistance; c’est un levier du troisième genre. On peut ainsi analyser la plupart des mouvements du corps.

En obstétrique, on a donné le nom de levier à un instrument inventé par Ronhuysen et qui a pour but de remédier aux positions inclinées du sommet. Cet instrument qui rend des services certains dans certains cas, où le mouvement de rotation interne est suspendu, malgré les efforts contractils de l’utérus, est souvent impuissant, surtout dans les cas d’inertie de cet organe. Aussi son usage a-t-il été abandonné, et on le remplace avec avantage par le forceps, dont la première branche introduite sous la tète, joue quelquefois le rôle du levier, et qui, lorsque l’instrument est totalement mis en place, permet de terminer l’accouchement sans recourir à une autre manœuvre instrumentale (V. Accouchement, Forceps']. Dr A. de Soyre.

LÈVRE. — Anatomie. — Les lèvres sont deux replis musculo-membraneux placés à l’entrée des voies digestives et circonscrivant un orifice nommé bouche, bien que dans le langage anatomique le nom de bouche doive être réservé à la cavité dont les lèvres forment la paroi antérieure.

Moulées sur les arcades dentaires, les lèvres présentent une direction à peu près verticale (chez les nègres elles sont obliques); leurs dimensions sont les mêmes, bien que la lèvre inférieure paraisse un peu plus volumineuse. Ce volume présente les plus grandes variétés individuelles. On a cherché à y trouver des indices sur le caractère : ainsi les lèvres minces et pincées indiqueraient un caractère méfiant, jaloux, et, au contraire, les lèvres un peu grosses >eraient l’indice de la bonhomie et de la joyeuse humeur ; quoi qu’il en soit, chez les enfants et les jeunes gens, les grosses lèvres sont, en général, un signe de lymphatisme.

11 existe deux lèvres, l’une supérieure, l’autre inférieure, et elles présentent à étudier deux faces : l’une anlérieure ou cutanée, l’autre postérieure ou muqueuse; deux bords, l’un libre et l’autre adhérent; deux extrémités par lesquelles les lèvres se réunissent, formant les commissures; enfin leur structure.

La face antérieure n’est pas identique sur les deux lèvres.

1° Sur la lèvre supérieure, cette face, limitée, au

milieu, par le pli naso-labial et, sur les côtés, par les plis génio-labiaux, présente une gouttière ou sillon cortical étendu de la cloison des fosses nasales au bord libre de la lèvre, et, de chaque côté de ce sillon, qui présente de grandes variétés, deux surfaces à peu près quadrilatérales recouvertes d’un duvet chez la femme et l’enfant et de poils chez l’homme.

2° Sur la lèvre inférieure, cette face est légèrement concave et ne présente que quelques poils implantés sur sa partie moyenne.

La face postérieure , tapissée par la muqueuse, répond aux gencives et aux dents et présente, sur la ligue médiane, un petit repli nommé frein de la levre ; cette face est limitée par le cul-de-sac que

Fig. 746. — Muscles de ta face.

1. Muscle peaucier. — 2. Muscle frontal. — 3. Muscle pyramidal. — 4. Muscle auriculaire antérieur. — 5. Muscle auriculaire supérieur. — 6 Muscle orbiculaire des paupières. — 7. Muscle triangulaire du nez. — 8. Muscle élévateur commun de l’aile du nez et de la lèvre supérieure, — 9. Muscle élévateur propre de la lèvre supérieure. — 10. Muscle grand zygomatique — 11. Muscle petit zygomatique —12. Muscle triangulaire des lèvres. — 13. Muscle carré du menton. — 14. Muscle de la houppe du menton. — 15. Muscle orbiculaire des lèvres. — 16. Muscle buccinateur. — 17. Muscle masséter. — 48. Muscle sterno-cléido-mastoïdien.

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forme la muqueuse en se portant de la lèvre sur les gencives.

Le bord libre présente une coloration rouge ou rosée (pâle chez les gens anémiques); il est légèrement ondulé, et ses ondulations sont opposées sur chaque lèvre : ainsi la lèvre inférieure est légèrement concave sur sa partie moyenne et convexe de chaque côté. On observe sur la lèvre supérieure une disposition précisément inverse; toutefois, en raison de la forme convexe de leurs bords

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libres, les deux lèvres ne sont en contact que par leur moitié postérieure.

Le bord, adhérent se continue, du côté de la peau, avec les téguments du nez et des joues en haut, et avec ceux du menton en bas ; du côté de la muqueuse ce bord répond au cul-de-sac formé par la réflexion de la muqueuse qui se porte sur les gencives; entre ces deux faces, il n’existe pas de limites appréciables entre les lèvres et les parties voisines.

Les extrémités se fusionnent entre elles et forment les commissures des lèvres.

Structure des lèvres. — Les lèvres sont formées par quatre couches superposées dans l’ordre suivant :

1° La peau; 2° la couche musculaire; 3° une couche cellulaire renfermant des glandes et des vaisseaux; 4° une couche muqueuse.

1° La peau ne présente à signaler que les nombreux follicules pileux dont nous avons déjà parlé.

2° La couche musculaire est essentiellement formée par le muscle orbiculaire des lèvres, auquel viennent se joindre un grand nombre d’autres muscles qui se fixent par leur extrémité supérieure sur le squelette de la face et, par leur extrémité inférieure, sur la peau des lèvres (en traversant pour la plupart le muscle orbiculaire). Ainsi la lèvre supérieure reçoit l’insertion des muscles canin , élévateur propre, élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure ; sur la lèvre inférieure s’implantent les fibres du carré du menton et du triangulaire des lèvres ; le grand et le petit zygomatique, ainsi que le risorius de Santorini s’insèrent sur les commissures. Le plus grand nombre de ces muscles est en rapport avec la multiplicité des mouvements exécutés par les lèvres.

3° La couche celluleuse est formée par un tissu cellulaire très lâche qui loge de nombreuses glandules, et qui renferme les artères coronaires : ces artères, branches de la faciale, forment un cercle complet autour des lèvres. Elles sont placées sous la muqueuse et par conséquent séparées de la peau par toute l’épaisseur de la couche musculaire.

Les veines ne suivent pas le trajet des artères, car leurs principales divisions sont sous-cutanées; munies de nombreuses valvules, elles se jettent dans les veines sous-mentale et faciale.

Les vaisseaux lymphatiques forment sur le bord libre des lèvres un réseau remarquable dont les troncs aboutissent aux ganglions sous-maxillaires; les lymphatiques qui proviennent de la partie moyenne de la lèvre inférieure se jettent dans deux petits ganglions placés sous le menton.

Les nerfs sont de deux ordres, sensitifs et moteurs : les premiers sont formés par le trijumeau et les seconds par le facial.

La couche glanduleuse, également placée dans le tissu cellulaire sous-muqueux, est formée par une foule de petites glandes du volume d’un grain de millet. Chacune d’elles s’ouvre par un petit conduit à la surface de la muqueuse. Ces glandes, dites labiales, en raison de leur situation, ont la même structure que les autres glandes salivaires.

4° La muqueuse des lèvres présente la même structure que la muqueuse buccale, elle se réfléchit

sur le rebord alvéolaire en formant un cul-de-sac et, sur la ligne médiane, un léger relief nommé frein des lèvres.

Physiologie. — Quels sont les usages des lèvres? Les lèvres servent à la prononciation , surtout à celles des voyelles dites labiales, à la préhension des aliments ; elles sont encore destinées à maintenir la salive dans la bouche.

Vices de conformation des lèvres. — Les principaux vices de conformation des lèvres sont : l’hypertrophie, l’atrésie et la division congénitale ou accidentelle.

V Hypertrophie des lèvres. — L’hypertrophie des lèvres n’est pas chose rare. Ainsi le gonflement de la lèvre supérieure est si fréquent chez les enfants scrofuleux, qu’il a été regardé comme un indice de ce tempérament; il coïncide fréquemment avec le coryza chronique, l’impétigo, etc. Cette hypertrophie s’accompagne parfois d’un renversement très difforme.

L’hypertrophie ne porte pas à la fois sur tous les éléments constituants des lèvres ; tantôt elle atteint la muqueuse, tantôt le tissu cellulaire sous muqueux, plus communément peut-êlre les réseaux lymphatiques profonds. On la combattra par un traitement antiscrofuleux, par des applications de liquides astringents. Paillard a réséqué avec succès une tranche de la lèvre hypertrophiée.

2° Atrésie des lèvres. — L’atrésie ou rétrécissement de l’orifice buccal peut être congénitale, elle est fort rare et coexiste souvent avec d’autres vices de conformation incompatibles avec la vie; mais il est moins rare d’observer une atrésie accidentelle et consécutive à des plaies ou à des ulcérations avec perte de substances des lèvres, à des stomatites gangreneuses, etc. Les cicatrices sont libres ou adhérentes aux mâchoires. 11 en résulte une difformité repoussante, une grande gêne de la mastication, de la parole, l’écoulement continuel de la salive.

3° Division congénitale ou accidentelle des lèvres. — (V. Bec-de-liè'-re.)

Furoncles et anthrax des lèvres. — Les furoncleset anthrax des lèvres présentent comme ceux de la face, une gravité spéciale, en raison de la phlébite faciale dont ils ont été parfois le point de départ.

Ces furoncles se présentent sous l’aspect ordinaire aux tumeurs de cette nature ; mais viennentils à se compliquer de phlébite, la face se gonfle, le tissu cellulaire de l’orbite s’œdématie; et si l’inflammation gagne les sinus de la dure-mère, par la voie de la veine ophthalmique, il survient du délire, un état comateux, et le malade succombe à la phlébite, à l’infection purulente ou à des troubles cérébraux.

Ces furoncles seront ouverts de bonne heure par une incision assez profonde pour permettre l'élimination facile des bourbillons, puis on recouvrira tes parties malades de cataplasmes et de glace.

Cancroïdes des lèvres. — (V. Cancrdide.)

Gerçures des lèvres. — (V. Gerçures.)

Dr Léon Moynac.

LÈVRES (Grandes). — Anatomie. — Les grandes lè-

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vres font partie des organes génitaux externes de la femme. Ce sont deux replis placés de chaque côté de la ru/re. Elles s’étendent en haut jusqu’au mont de Vénus dans lequel elles se perdent et se réunissent en bas pour constituer ce qu’on appelle la fourchette, repli très mince qui est fréquemment déchiré au moment de l’accouchement, surtout chez les primipares. On désigne aussi ^quelquefois la

Fig. 747.

Vulve chez la femme. — 2.2. Face interne des grandes lèvres.— 4. Face interne des petites lèvres. — 1. Mont de Vénus. — 3. Clitoris. — 5. Vestibule. — 6. Méat urinaire. — 7. Orifice de la glande vulvo vaginale, — 8. Orifice du vagin rétréci parla membrane hymen. — 9. Membrane hymen. — 10. Fourchette. — 11. Anus.

réunion inférieure des grandes lèvres sous les noms de commissure inférieure de la vulve ou commissure antérieure du périnée : c’est en effet à cet endroit que commence la région à laquelle on a donné le nom de périnée et qui s’étend de la vulve à l’anus.

On distingue aux grandes lèvres deux faces, deux bords et deux extrémités. La face externe qui regarde la cuisse est cutanée, d'une coloration plus foncée et recouverte de poils disséminés, surtout dans sa moitié supérieure : on y observe les nombreux orifices de glandes sébacées. La face interne est muqueuse, rosée et en contact par sa partie supérieure avec les petites lèvres dont nous parlerons tout à l’heure Le bord libre ou bord antérieur est cutané comme la face externe et, comme elle, recouvert de poils; enfin le bord postérieur ou bord adhérent est fixé aux parties profondes et en particulier à la branche ischio-pubienne. La peau des grandes lèvres se continue en dehors avec celle de la cuisse, formant un sillon profond qu’on désigne sous le nom de génito-crural. Quant aux extrémités, nous avons déjà dit que les deux inférieures se réunissent pour fermer l’orifice vulvaire en bas, et

que les deux supérieures se perdent dans le mont de Vénus, se rapprochant néanmoins suffisamment au-dessus du clitoris pour constituer la commissure supérieure de la vulve et la limiter ainsi de ce côté.

Les grandes lèvres, qui entourent l’orifice vulvaire, sont plus ou moins épaisses et plus ou moins prononcées selon les individus et leurs habitudes. Ainsi chez les femmes grasses les grandes lèvres participent à l’embonpoint général ; chez celles qui ont eu des enfants elles sont plus allongées. Chez la jeune fille vierge et chez les femmes grasses, les grandes lèvres sont presque toujours accolées l’une contre l’autre fermant ainsi l’orifice vulvaire. Au contraire, chez les femmes maigres, chez celles qui ont eu plusieurs enfants, enfin chez celles qui se livrent fréquemment au coït, les grandes lèvres sont flasques, molles, écartées l’une de l’autre et la vulve est ainsi constamment entr’ouverte.

La grande lèvre est constituée par la peau, dou-

Fig. 748. — Glande vulvo-vaginale.

(La pièce est vue de trois quarts, pour montrer la glande en entier.) A, A. Section faite à la grande lèvre et aux nymphes pour montrer le canal excréteur et son orifice. — P. La glande. — C. Conduit excréteur. — C'. Stylet engagé dans l’orifice du conduit excréteur — D. Son extrémité glanduleuse. — E. Son extrémité vulvaire et son orifice. — F. Bulbe du vagin. — G. Branche ascendante de l’ischion.

blée d’un tissu cellulo-adipeux, où se trouvent les follicules pileux qui s’ouvrent à l'extérieur, puis de fibres musculaires, de fibres élastiques et enfin on y observe le canal d’excrétion d’une glande située plus profondément, qui est connue sous le nom de glande vulvo-vaginale. Des artères, des veines et des nerfs parcourent l’épaisseur de la grande lèvre ainsi que des vaisseaux lymphatiques assez abondants qui vont aboutir aux ganglions de l’aine; il en résulte que les inflammations, les abcès de la grande lèvre ont souvent un retentissement dans le sillon de l’aine ou l’on observe l’inflammation, et quelquefois la supuration des ganglions de cette région.

Vices de conformation. — Les vices de conformation des grandes lèvres sont rarement isolés. On constate en effet le plus souvent d’autres malfor-

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mations des diverses parties qui constituent la vulve aussi cette partie de la tératologie sera-t-elle étudiée plus complètement à ce dernier mot.

Toutefois nous devons signaler ici comme plus propre aux grandes et aux petites lèvres une anomalie qui n’est pas absolument rare. C'est une soudure des deux grandes ou des deux petites lèvres ne laissant entre elles qu’une petite ouverture par où passent le sang des règles et l’urine. En général chez les jeunes enfants il est assez facile d’opérer le décollement avec le manche d’un scalpel, mais si l’on éprouve quelque résistance il faudra recourir au bistouri. On aura soin après l’opération de maintenir à demeure, pendant quelque temps, un tampon imbibé d’une solution phéniquée pour empêcher que les parties séparées ne contractent entre elles de nouvelles adhérences.

Les grandes lèvres sont le siège de diverses maladies que nous allons étudier séparément.

Abcès. — D’abord il est fréquent d’observer sur la face externe des grandes lèvres, de petits abcès qui prennent, naissance dans les follicules sébacés

Fig. 749. — Abcès de la grande lèvre.

très nombreux dans cette région. Des lotions et applications émollientes suivies, en temps voulu, de l’emploi du bistouri, sont les moyens que l’on doit mettre en usage là comme partout ailleurs, en pareil cas.

Hernie. — On peut observer également dans la grande lèvre une hernie analogue à celle du scrotum chez l’homme. En effet, l’intestin après avoir parcouru le canal inguinal suit le ligament rond et vient avec lui aboutir dans l’épaisseur de la grande lèvre. Il est rare que cette hernie se développe brusquement; le plus habituellement, la hernie inguinale est connue et, quand se produit dans la grande lèvre la tumeur formée par la descente de l’intestin, on a, outre les moyens de diagnostic ordinaires, les commémoratifs fournis par la malade elle-même. On trouvera au mot Hernie la descrip-

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tion du mode de réduction ou des moyens contentifs en usage pour remédier à cet accident.

Varices. — 11 est assez fréquent, surtout pendant la grossesse, d’observer à la vulve et dans l’épaisseur des grandes lèvres, une dilatation exagérée, de véritables varices des veines nombreuses qui parcourent cet organe. Des varices qui sont principalement causées par la gêne apportée au retour du sang vers les gros troncs vasculaires de l’abdomen, par la présence du globe utérin gravide et la pression exercée par les parties fœtales, et plus particulièrement la tête de l’enfant au moment de son engagement dans la filière pelvienne, disparaissent presque toujours après l’accouchement sans avoir déterminé d’autre inconvénient qu’une certaine tension des parties atteintes, de l’œdème dans le tissu cellulaire et un sentiment de chaleur accompagné d’un prurit désagréable aux femmes qui sont sujettes à ces varices. Ce prurit même est à proprement parler la véritable cause de quelques accidents observés.

Ainsi, on a vu des femmes, excitées par une démangeaison tellement intense, se gratter au point de s’écorcher et d’amener la rupture d’une de ces veines superficielles. Cette rupture, comme celle qui pourrait être déterminée par une chute, un coup sur cette région, peut occasionner une hémorrhagie assez grave pour que la mort en soit la conséquence, non pas qu’il n'y ait aucun remède à y apporter (V. Varices), mais cet accident peut arriver loin de tout secours ou pendant le sommeil, comme cela a été observé une fois à l'hôpital de la Maternité, la malade ayant probablement gratté vigoureusement et d’une manière inconsciente la région occupée par les varices.

Pendant l’accouchement, au moment du passage de la tête fœtale, ces varices peuvent également se rompre, mais deux cas peuvent se présenter : ou bien la rupture comprend à la fois la veine variqueuse et la peau qui la recouvre et l’on a alors une hémorrhagie externe à laquelle il est d’autant plus facile de remédier que la cause qui rendait pendant la grossesse ces hémorrhagies si graves, la pression exercée par l’enfant sur les gros troncs vasculaires supérieurs, n’existe plus, ou bien la veine est seule rompue et il se produit un épanchement sanguin dans l’épaisseur de la grande lèvre qu’on a désigné sous le nom de Thrombus.

Thrombus. — Cette tumeur sanguine, véritable hématose, peut également se produire en dehors de l'existence antérieure de veines variqueuses.

On l’observe assez fréquemment après l’accouchement, mais elle peut être le résultat d’une violence extérieure, d’une chute ou d’un coup violent sur cette région. La grande lèvre se présente alors sous la forme d’une tumeur plus ou moins volumineuse selon l’étendue de l’épanchement, d’une couleur rouge lie de vin, peu douloureuse, et l’on sent profondément un noyau dur plus ou moins considérable. Il est rare que ces tumeurs soient l’origine d’accidents graves. En général, et sous l’influence d’applications résolutives, l’eau blanche, par exemple, la tumeur diminue peu à peu de volume, la tension générale cesse graduellement, la coloration rouge foncée cède peu à peu et la résorption s’opère

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en un temps assez court. Cependant j’ai vu des cas où la peau s’est mortifiée et s'est gangrenée, laissant échapper des caillots sanguins assez volumineux, mettant à jour une poche plus ou moins profonde dont la réparation a demandé un temps assez long, l’excavation ainsi formée ne s’étant comblée que par la présence de bourgeons charnus venant du fond de la plaie. J'ai également observé quelques femmes qui, par suite de sphacèle, ont ainsi perdu une portion assez étendue d’une grande lèvre. Dans d'autres cas les thrombus peuvent suppurer et l'on est en présence d’un véritable abcès plus ou moins volumineux qu’il faut traiter comme tel, et qu'on doit ouvrir en son temps.

Œdème simple. — L’œdème simple de la grande lèvre, est fréquemment observé chez les femmes enceintes. Quand l’infiltration est très prononcée, les grandes lèvres deviennent extrêmement volumineuses, grosses, charnues comme le poing, et la malade ne peut plus rapprocher les cuisses. La marche lui devient impossible, toute la région vulvaire subit une inflammation superficielle que l’on ne peut calmer qu’avec des lotions émollientes fréquentes et de grands cataplasmes appliqués sur les parties atteintes. On est même obligé quelquefois de faire quelques scarifications avec la lancette dans la grande lèvre pour donner issue à la sérosité. Mais il faut être assez sobre de ce procédé pour ne pas déterminer une mortification trop étendue des tissus. Quelques jours après l’accouchementl’œdème disparaît sans traitement spécial.

Kyste. — On observe également quelquefois dans l’épaisseur de la grande lèvre une tumeur hyshque, qui peut être comparée à l'hydrocèle de l'homme. Le kyste siège alors dans une sorte de poche qu’on trouve dans l’épaisseur de cet organe et qu’on a comparé à la tunique vaginale. Mais ces sortes de kystes sont très rares, et ceux qu’on est appelé à soigner siègent plus fréquemment dans l'épaisseur delà glande vulvo-vaginale,ou dans son canal excréteur sans provoquer de douleurs.. Je me rappelle une jeune femme que j’accouchai lors de son premier enfant et qui fut très étonnée quand je lui appris l’existence d'un kyste de ce genre siégeant dans la grande lèvre gauche. Elle n’avait jamais rien éprouvé qui eut attiré son attention sur ce côté. Il sera toujours facile par un examen sérieux de faire le diagnostic de ces kystes de la grande lèvre qu’on ne pourra pas confondre avec un abcès, les signes de l'inflammation faisant défaut, et qui ne sauraient pas non plus être pris pour une hernie, la réduclibilité de cette dernière, la sonorité, et les commémoratifs ne permettant pas l’erreur dans ce cas. Une simple ponction suffit rarement pour guérir ce genre de kyste qui se reproduit peu de temps après l’opération. Il est préférable dans ce cas d'ouvrir largement la poche et de chercher à obtenir ensuite l'adhésion des parois après un badigeonnage à la teinture d’iode ou la cautérisation avec le nitrate d’argent. On peut encore pour être plus assuré contre toute chance de récidive pratiquer l’extirpation de la poche kystique. Ces diverses opérations ne présentent en général aucune gravité.

Éléphantiasis. — L 'éléphanliasis vulvaire, mala-

die assez rare dans notre pays, s’observe plus communément aux grandes lèvres que sur les autres parties de la vulve. L'éléphantiasis constitue une tumeur tantôt pédiculisée, tantôt sessile qui dans certains cas peut prendre de grandes dimensions. On cite une jeune fille de 17 ans chez laquelle les deux lèvres atteintes de cette maladie pendaient jusqu'au milieu des cuisses présentant un volume plus

Fig. 750.

Éléphantiasis des grandes lèvres observé chez la femme d’un fellah, du Caire. Chaque lèvre avait le volume d’une tête d’enfant (Larrey).

considérable que celui de la tête d’un homme. Ces tumeurs ont une marche lente progressive et ne provoquent aucune douleur si ce n’est celle produite par leur poids et la gêne qu’elles apportent dans les divers mouvements. Le diagnostic en est facile, car la peau qui recouvre ces tumeurs présente un épaississement considérable, avec des nodosités et des érosions superficielles.

Le traitement qui consistera dans l’administration des reconstituants de toutes espèces, des antiscrofuleux ou anlisyphilitiques devra en outre consister dans l’ablation de la tumeur si la chose est possible, c’est-à-dire si la base d’implantation n’est pas trop considérable. Aussi, devra-t-on, si la tumeur n’est pas pédiculée, chercher à diminuer son point d’attache par un lien constricteur progressivement resserré afin de diminuer la surface de section. Le bistouri, les caustiques, l’écraseur linéaire, l’anse galvanique ou le thermo-cautère, seront les moyens qu'on devra mettre en usage en pareil cas.

Lipomes, fibromes, myomes, enchondromes. —

Ces diverses tumeurs s’observent également dans la rande lèvre, mais elles ne reçoivent de ce siège e développement aucune indication spéciale qui nous autorise à en parler ici d’une manière particulière.

Je ne dirai rien non plus ici du cancer, du lupus ou estkiomène de la vulve qui trouveront leur description à ce dernier mot. De même pour l’eczéma et le prurit vulvaires (V. ces mots).

Dr A. de Soyre.

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LÈVRES (petites). — Les petites lèvres sont deux replis muqueux placés en dedans des grandes lèvres. On les appelle quelquefois nymphes. Comme aux grandes lèvres on distingue deux faces, deux bords et deux extrémités. Les deux faces sont muqueuses ;la face externe est en contact avec la grande lèvre, et la face interne n’est qu’une continuation de la muqueuse vaginale. Le bord anlérieur ou bord libre est convexe en avant et muqueux comme les deux faces qui le constituent. Quant au bord adhérent il se continue d’un côté avec la face interne de la grande lèvre, et de l'autre côté se confond avec la surface du vagin. L’extrémité supérieure se bifurque pour environner le clitoris auquel elle forme par sa branche supérieure un repli auquel on a donné le nom de prépuce ou capuchon du clitoris. Enfin l’extrémité inférieure se perd dans l’épaisseur de la grande lèvre vers le tiers inférieur environ de ce repli.

Les petites lèvres, qui n’ont d’autre but que de rendre la copulation plus voluptueuse par la présence de papilles extrêmement sensibles qui recouvrent leur face interne, sont relativement plus développées dans l’enfance que dans l’âge adulte. En effet chez la femme qui a eu des enfants les grandes lèvres prennent un développement plus considérable et masquent les petites lèvres, excepté chez celles où la vulve restant entrebâillée on peut apercevoir les petites lèvres flottant au-devant de la fente vulvaire.

Chez certaines peuplades de l’Afrique, comme les Hottentotes, les petites lèvres ont un développement considérable pouvant aller jusqu'à 12 à 15 centimètres. Elles forment alors ce qu’on a appelé le tablier des Hottentotes.

La coloration des petites lèvres est généralement rosée. Cependant chez les femmes qui ont eu des enfants et chez celles qui se livrent à la masturbation cette coloration devient plus foncée, et même quelquefois bleue noirâtre. En outre la petite lèvre s’allonge, la peau se flétrit et elle dépasse le niveau des grandes lèvres.

Constituées par un repli muqueux renfermant une couche de tissu conjonctif riche en fibres élastiques et en vaisseaux sanguins, les petites lèvres comprennent dans leur épaisseur de nombreuses glandes sébacées qui sécrètent un produit dont l’accumulation est fréquente au fond des sillons qui séparent la grande de la petite lèvre et autour du clitoris, chez les femmes qui n’ont pas tous les soins de propreté désirables.

Les maladies dont les petites lèvres peuvent être atteintes ne présentent rien de particulier. V hypertrophie seule des petites lèvres, quand le développement est par trop exagéré, peut obliger à une opération à laquelle on a donné le nom de nymphotomie et qui ne présente aucun danger spécial.

Les petites lèvres, comme les grandes, peuvent en outre être le siège d e varices, d'eczéma, d’herpès, de cancer, de lupus, d'esthiomène (V. ces mots).

Dr A. DE SoYRE.

LEVURE. — On donne ce nom à une sorte de bouillie qui se forme spontanément à la surface de la bière en fermentation. La levure a une odeur

aromatique qui rappelle à la fois celle de l’alcool et celle du houblon. Cette bouillie qu’on récolte et qu’on lave avec soin, se transforme par dessiccation en une pâte demi-solide, facile à transporter et à conserver.

C’est à la levure qu’on emprunte les éléments nécessaires pour faire lever la pâte du pain et celle des pâtisseries (V. Bière et Pain). p. l.

LICHEN. — Le lichen ou mousse d’Islande est une plante foliacée de la famille des lichens. Il habite les régions montagneuses de l’Europe et en particulier celles de la France, où on le trouve communément dans les Vosges, les Pyrénées et les Alpes. C’est un cryptogame foliacé, sec, cartilagineux, composé de touffes entrelacées, d’une couleur fauve, plus pâle en dessous, à lobes généralement bifurqués et bordés de petits cils roides. Ses fruits sont terminaux, sessiles, semblables à des écussons d’un pourpre foncé.

Deux principes essentiels sont contenus dans la

Fig. 751. — Lichen d’Islande.

mousse d’Islande, ce sont: la matière amylacée ou lichénine et la substance amère ou cétrarine ou mieux acide cétrarique. Ces deux principes ont des propriétés thérapeutiques différentes: le principe amer est tonique et comme tel il mériterait d’êlre mis en usage plus qu’il ne l’est dans les cas d’atonie du tube digestif; le principe amylacé est adoucissant, pectoral et nutritif, c’est celui qui est généralement utilisé pour la décoction et pour les diverses préparations de cette plante. Il est facile de séparer du lichen ces deux principes. II suffit pour cela de le faire bouillir dans l’eau pure ou aiguisée de sous-carbonate de soude. La substance amère est enlevée par celte première décoction et la plante ne possède plus dès lors que les propriétés adoucissantes et nutritives qu’on utilise en une seconde décoction en tisane, en gelée ou en pâte pectorale.

Au siècle dernier, la réputation popu'aire dont jouissait le lichen dans les affections de poitrine était immense. Linné, Stoll et d’autres savants thérapeutistes attribuaient à ce médicament des propriétés merveilleuses. Nous sommes loin aujourd’hui de partager les idées de nos ancêtres, très excusables d’ailleurs à une époque où l’auscultation peu connue ne permettait, pas de porter un diagnostic précis. Nous considérons cependant le lichen comme une substance pectorale très utile

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