‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 201 sur 238 · EXP · texte numérisé non relu

EXP

formées de tissu osseux et se montrant à la surface des os. Selon leur structure et leur développement, on en distingue quatre espèces : 1° Vexostose cellulaire, formée de substance spongieuse recouverte d’une lame de substance compacte; 2® Vexostose

Fig. 474.

Exostoses du crâne (musée Dupuytreu).

éburnée, formée uniquement par la substance compacte; 3° l’eiOAtoie parenchymateuse, formée par l’expansion du tissu des os ; 4“ l’exos^oie épiphysaire, due au dépôt de couches osseuses de nouvelle formation.

l.es exostoses sont recouvertes par le périoste, et

Fig. 47o. Fig. 476.

Exostoses du fémur. Exostoses des os de la jambe

(tibia et péroné).

adhérentes à la surlace de l’os par une base étroite ou très large. Les unes sont arrondies, les autres allongées. Leur volume varie depuis celui d’un pois jusqu’à celui de la tête. Elles peuvent siéger sur tous les os, même à l’intérieur du crâne et du rachis; mais le plus souvent on les observe sur les os superficiels : clavicule, tibia, péroné, maxillaire

inférieur. Leur structure ne diffère pas de celle du tissu osseux en général. Leurs vaisseaux sont une continuation de ceux de l’os et du périoste.

Le développement des exostoses épiphysaires qui succèdent quelquefois à une lésion du périoste se fait par le même mécanisme que le cal (V. ce mot).

Les exotoses sont des tumeurs dures, immobiles, sans changement de couleur ni de température de la peau, se développant lentement et déterminant la compression des organes voisins. Elles donnent lieu à des douleurs osléocopes (V. ce mot) qui s’exaspèrent surtout par la chaleur du lit.

Les causes des exostoses sont les contusions et la syphilis. On distingue les exostoses simples de l’exostose syphilitique en ce que celle-ci est, en général, moins volumineuse, présente plus fréquemment des douleurs ostéocopes, s’accompagne souvent de la présence d’autres exostoses, et presque toujours de quelques autres accidents tertiaires syphilitiques.

L’extose syphilitique est moins grave , parce qu’elle guérit plus facilement. Du reste, le pronostic de cette tumeur est subordonné à l’importance des organes qui sont comprimés.

Dans tous les cas, le diagnostic pouvant être incertain, il est bon d’administrer l’iodure de potassium {sirop de Laroze) à la dose de 1 à 4 et même 5 grammes par jour, d’appliquer un emplâtre de Vigo ou de faire des frictions mercurielles sur la tumeur. 11 est très rare qu'on soit forcé d'avoir recours aux instruments tranchants, auquel cas on pratique l’excision. d" j.-a. fort.

EXPECTATION. — On donne ce nom à une méthode thérapeutique qui consiste à laisser les maladies suivre leur cours naturel, et à n’intervenir que s’il survient un symptôme inquiétant ou s’il se montre une indication précise. Nous devons dire que cette méthode compte fort peu d’adhérents, heureusement. p. l.

EXPECTORANT. — On donne ce nom aux médicaments qui jouissent de la propriété d’augmenter la sécrétion des mucosités bronchiques et d’en faciliter l’expulsion, tels que l’ipécacuanha, le kermès, l’émétique, le tolu, les sulfureux, le goudron, etc.

EXPECTORATION. — L’expectoration est l’acte par lequel sont rejetées au dehors les matières contenues dans les organes respiratoires situés audessous de la glotte ; l’expectoration s’obtient par la toux (c’est-à-dire par la contraction violente des muscles expirateurs) qui projette vivement au dehors l’air contenu dans les bronches, et, avec cet air, les matières qu’elles peuvent renfermer.

L’expectoration peut, par exception, se produire sans la toux ; les crachats remontent dans le pharynx par la seule force des expirations ordinaires, et sont rejetés par expuition ; dans d’autres cas, l’expectoration s’accompagne d’actes musculaires considérables semblables à ceux du vomissement : c’est ce que l’on observe lorsqu’une grande quantité de liquide vient faire brusquement irruption dans la trachée ou les bronches, comme cela a lieu

EXT

EXT

dans certains cas d’épanchements pleurétiques, d’abcès intra ou extra-pulmonaires, d’anévrysmes, etc. Dans ce cas, le rejet des matières a reçu le nom de vomique. Il est à remarquer que si le crachement et l’expuition peuvent se produire isolément, l’expectoration est presque constamment suivie de l’un de ces actes ou des deux ; ainsi, les matières formées dans les bronches parcourent trois étapes pour arriver à l’extérieur : l’expectoration les conduit dans l’arrière-gorge, l’expuition le crachement les projettent au dehors.

L’expectoration peut être aisée ou difficile : dans le premier cas, elle a lieu après une simple quinte de toux: dans le second, elle ne se produit qu’après des efforts répétés, accompagnés de suffocation ou, tout au moins, d’un sentiment d’ardeur et de sécheresse très pénible, parfois de vomissements.

En général, l’expectoration est, chez les enfants, rare et difficile; ils avalent les crachats que la toux amène dans le pharynx ; parfois ces crachats sont ensuite rendus par vomissement. L’expectoration peut être aussi difficile chez les vieillards ou les gens faibles atteints de catarrhes chroniques ; les crachats qu’ils n’ont pas la force d’expulser, s’accumulent dans les bronches, et peuvent entraîner la suffocation.

Cependant l’expectoration ne fournit que peu d’éléments au pronostic et au diagnostic.

!)'■ Léon Moyxac.

EXPIRATION. — L’expiration est le deuxième temps de la respiration {Y. ce mot). p. L.

EXPLORATION. — On donne ce nom à l’examen attentif d’un organe, d’une région, d’une plaie, etc., dans le but de reconnaître une maladie. Cet examen se fait, suivant l’organe et la région, au moyen de V auscultation , de \di percussion , de certains instruments tels que spéculum, laryngoscope, ophthalmocospe , cathéters, bougies, stylets, trocarts, etc. P. L.

EXPLOSION. — Mot employé par les médecins pour désigner l’invasion subite et inattendue de certains symptômes dans le cours d’une maladie.

EXPULSION. — L’expulsion est le dernier temps de \ accouchement et de la délivrance (V. ces mots).

EXANGUE. — Qualificatif employé pour désigner l’état d’un tissu, d’un organe ou d’un individu qui a perdu une quantité considérable de sang, soit par hémorrhagie, soit par des saignées abondantes et répétées. p. L.

EXSTROPHIE. — L’exstrophie est un vice de conformation d’un organe interne qui se trouve retourné de telle façon que sa face interne est devenue externe et se trouve à nu. Ce mot est plus spécialement employé pour désigner l’exstrophie de la vessie (V. Vessie). P. L.

EXTASE. — L’extase est un phénomène nerveux

pathologique ou physiologique, naturel ou provoqué, dans lequel les sensations paraissent suspendues, les mouvements volontaires en partie arrêtés et l’action vitale ralentie.

L'extase pathologique ou naturelle est liée à certaines névroses, la catalepsie, l’hystérie, le somnambulisme. Elle se montre par accès d’une durée et d’une intensité variables. Presque toujours, elle coïncide avec une vive excitation intellectuelle, la suspension d’un ou de plusieurs sens, le toucher principalement, enfin avec des hallucinations très actives de la vue. Un caractère constant de l’extase est la fixité du regard et l’immobilité du corps.

Les violentes émotions morales, les superstitions religieuses sont les causes occasionnelles de l’extase, chez les sujets atteints de nervosisme. Aussi, observe-t-on souvent chez les extatiques des convulsions hystériformes ou des contractures. L’extase mystique des prêtres hindous n’est pas autre chose que l’extase naturelle déterminée par une surexcitation du système nerveux central.

L'extase physiologique ou provoquée est un état nerveux semblable au précédent, qu’il est très facile de produire chez les sujets hypnotisables. Quand ils ont été hypnotisés, il suffit, en effet, de leur écarter les paupières, en face d’une lumière d’une certaine intensité, pour produire le phénomène de l’extase. Mais si l’on ne fait arriver le rayon lumineux que dans l’œil gauche seulement, le sujet, au lieu de tomber en extase, sera mis en catalepsie.

Dans l’extase physiologique, les hallucinations de la vue existent, pour ainsi dire, d’emblée. Les sujets aperçoivent, a la volonté de l’expérimentateur, soit une étoile, qu’ils fixent avec une persistance incroyable, soit un anneau, soit un serpent. Dans ces différents cas, leur physionomie exprime fortement les émotions qu’ils éprouvent. Toute leur attention est absorbée par les objets qu’ils se figurent voir, et leur intelligence concentrée tout entière sur ceux-ci reste complètement étrangère au monde extérieur.

Pour faire cesser cet état extatique provoqué, l’expérimentateur n’a qu’à promener ses pouces sur les paupières préalablement abaissées, et à ordonner à son sujet de ne plus voir. Celui-ci obéit automatiquement, et rentre dans le sommeil hypnotique.

Tels sont les faits sur lesquels je crois pouvoir m’appuyer pour admettre l’analogie des deux extases, et pour considérer l’extase pathologique, confondue par beaucoup d’auteurs avec la catalepsie, comme identique aux phénomènes merveilleux du somnambulisme artificiel (V. Hypnotisme et Hystérie). D' Edmond Dupouy.

EXTENSEUR. — Qualificatif donné par les anatomistes à tous les muscles qui servent à étendre certaines parties : extenseur de l'avant-bras, extenseur commun des doigts, extenseur propre du doigt indicateur, extenseur de la jambe, du pied, des artères, etc. P. L.

EXTENSIBILITÉ. — On donne ce nom à la propriété dont jouissent certains tissus et certains organes du corps humain de se laisser distendre et allonger, pour revenir ensuite sur eux-mêmes et

EXT

EXT

reprendre les mêmes formes et les mêmes dimensions qu’auparavant. p. l,

EXTENSION. — On donne ce nom en chirurgie à une opération qui consiste à tirer en çens inverse les deux parties d’un membre luxé ou fracturé. La traction en sens direct constitue Y extension, tandis ([ue les efl'orts faits pour résister à l’extension ont reçu le nom de contre-extension (V. Fracture, Ijuxation] . P. l.

EXTIRPATION. — On donne ce nom à une opération chirurgicale qui a pour but d’enlever une partie malade dont on retranche jusqu’aux parties les plus profondes, telles que glande, tumeur, cancer, etc. P. L.

EXTRACTION. — En chirurgie on donne ce nom à une opération qui consiste à retirer de quelque partie du corps un corps étranger qui s’y est développé ou introduit accidentellement. p. l.

EXTRAITS. — On désigne en pharmacie sous le nom d’extraits, les résidus de l’évaporation jusqu’en consistance molle, ferme ou sèche, d’un suc ou d'une solution obtenue en traitant une substance Ncgétale ou animale par un véhicule susceptible d’être volatilisé, comme l’eau, l’alcool, l’éther. Ces médicaments ont une composition extrêmement \ariable et compliquée ; ils ont l’avantage de renfermer sous un petit voluine les principes actifs des substances qui les fournissent. Seulement, comme il y a plusieurs moyens de les préparer, leurs propriétés changeront un peu suivant le véhicule mis en usage.

Tous les extraits réclament pour leur préparation deux opérations successives : dans la première, on traite la substance par divers moyens afin d’en obtenir une liqueur ; dans la seconde, on concentre celte liqueur par l’évaporation. Cette concentration a des bornes qu’il faut connaître et qu’on ne doit pas dépasser, si l'on veut avoir des extraits de bonne qualité. Règle générale, on continue l’évaporation jusqu’à ce qu’il y ait réduction des trois quarts de la liqueur et qu’il se forme à sa surface une pellicule assez épaisse. Alors on retire avec une spatule une partie du produit : si celui-ci pressé fortement entre les deux paumes des mains ne s’y attache pas, s’il n’adhère pas non plus à une feuille de papier buvard et ne la tache pas, on peut dire qu’il offre les conditions requises. C’est ainsi du moins que doivent se présenter la plupart des extraits, ils doivent avoir la consistance ferme, pilulaire, c’est-à-dire la cohésion convénable pour pouvoir en façonner les pilules sans l’intermédiaire d’autres ingrédients. 11 est un bon nombre de cas cependant où la consistance molle, celle du miel qui coule, est nécessaire. 11 en est d’autres enfin où la consistance sèche est préférable, les extraits sont alors sous forme de plaques solides, friables.

En somme, les extraits bien préparés ne sont jamais noirs, ils ont une couleur plus ou moins foncée, possèdent la saveur franche des matières qui les ont fournis et n’ont pas le goût de brûlé

qui ne peut leur être communiqué que par une préparation défectueuse.

On évapore les liqueurs par cinq procédés différents ; à feu nu, au bain-marie, à Y étuve, dans le vide et dans un courant d'air sec.

Le plus mauvais de tous les procédés évaporatoires est celui qui consiste à évaporer les liqueurs sur un feu nu et à la température de l’ébullition. On obtient ainsi des extraits qui laissent à désirer sous tous les rapports. Le meilleur appareil dans le cas actuel est celui qui permet d’évaporer, à la température la plus basse et dans l’espace de temps le plus court, la liqueur, qui ne doit jamais être portée à la chaleur de l’ébullition de l’eau.

Si l’évaporation à feu nu constitue le plus mauvais procédé, l’évaporation au bain-marie est au contraire le procédé le plus simple et le plus généralement suivi. L’appareil destiné à cet usage se compose de deux bassines superposées dont les bords applatis s’appliquent parfaitement. La bassine inférieure en cuivre qui contient de l’eau est munie d’une douille pour renouveler ce liquide, et d’une petite ouverture pour donner issue à la vapeur. On chauffe l’eau jusqu’à ébullition. Le liquide à évaporer, placé dans la bassine supérieure en étain, est remué constamment jusqu’à ce qu’il soit réduit au tiers de son volume. On retire à ce moment le vase du feu, on laisse reposer et on passe à travers une chausse, afin de séparer les matières devenues insolubles par l’action combinée de l’air et du calorique. On recommence ensuite l’évaporation pour ne la terminer que lorsque le produit a pris une consi.stance convenable. Par ce moyen les extraits ne sont pas brûlés, mais quelquefois les principes actifs sont altérés par la nécessité où l’on se trouve d’avoir recours à une trop haute température.

L’évaporation au soleil ou dans une étuve chauffée de 36 à 40 degrés est préférable aux deux modes précédents, surtout si l’on a pris la précaution d’étaler la liqueur en couches minces pour qu’elles soient évaporées dans l’espace de 24 à 36 heures. Si l’on se sert de l’étuve, il faut que l’air se renouvelle promptement et que le courant soit bien établi dans la partie de l’étuve où l’on met les assiettes en porcelaine. Ce mode d’évaporation s applique particulièrement aux extraits préparés avec les sucs non dépurés et aux extraits secs.

ün autre procédé moins souvent mis en usage que le procédé du bain-marie, mais plus sûr que lui, puisqu’il représente fidèlement les principes des plantes qu’on a employées, c’est celui qui consiste à opérer dans le vide. On place la liqueur sous la cloche d’une machine pneumatique, ou bien on se sert des appareils, soit de Grandval, soit de Soubeiran, qui donnent d’excellents résultats. Dans tous ces cas, l’évaporation se fait à une basse température et à l’abri de l’action oxydante de l’air, deux causes qui, lorsqu’elles manquent , nuisent souverainement à la bonne qualité des produits.

Il est encore un dernier et excellent mode d’évaporation des liqueurs servant à la préparation des extraits, c’est celui qui s’exécute par un courant d'air froid et sec. Ce moyen consiste à faire arriver par des soufflets un courant d’air assez vif dans les liqueurs à évaporer, pendant qu’elles sont main-

EXT

EXT

tenues au bain-marie, à une température de 30“ centigrades. En évaporant ainsi les sucs laiteux, on obtient des extraits auxquels il suffit d’ajouter de Teau pour les régénérer.

^ Maintenant que nous avons décrit les cinq modes d évaporation des liqueurs pour la préparation des extraits, nous allons faire connaître leur classification qu’on peut rattacher à quatre groupes principaux, qui sont : 1° les extraits préparés avec les sucs (extraits succulents)] 2“ les extraits préparés avec l’eau pour dissolvant (extrazYj aqueMx) ; 3° les extraits préparés avec l’alcool pour dissolvant [extraits alcooliques) ; 4" les extraits préparés avec l’éther pour dissolvant [extraits éthérés).

t° Extraits succulents. — Ces extraits se divisent en extraits préparés avec le suc des fruits et extraits préparés avec le suc des plantes : les premiers prennent le nom de robs, les seconds celui à’ extraits dépurés ou non dépurés.

Pour obtenir les premiers on se contente le plus souvent d’exprimer les sucs, de les passer à travers un linge et d’évaporer au bain-marie jusqu’en consistance du miel épais. D’autres fois, on laisse fermenter le suc du fruit avec ses enveloppes avant de l’extraire, c’est ce qu’on fait pour le nerprun. Quand le suc a fermenté, on exprime, on décante et on évapore.

Quant aux extraits préparés avec les sucs des plantes, avec les feuilles, les tiges et généralement avec les parties herbacées, ils sont très estimés, et à juste titre, parce que l’extraction par les moyens mécaniques ne détermine aucun changement dans leur composition pourvu que l’évaporation soit bien faite. On les divise en extraits préparés avec les sucs non dépurés et en extraits préparés avec les sucs dépurés.

La préparation des extraits de sucs non dépurés ou la préparation des extraits avec la fécule verte consiste à écraser la plante, à exprimer le suc, à le passer à travers un linge pour en séparer les parties grossières, à le diviser en couches peu épaisses sur des assiettes et à l’évaporer dans une étuve dont la température a été portée de 36 à 40 degrés. On obtient ainsi des extraits contenant tous les principes des sucs avant l’évaporation.

La préparation des extraits de sucs dépurés ou la préparation des extraits sans fécule consiste à traiter ce suc par l’action de la chaleur jusqu’à ce que l’albumine forme avec la chlorophylle une écume que l’on sépare par filtration, et l’on évapore ensuite au bain-marie le suc ainsi clarifié, en Tagitant continuellement, jusqu’à ce qu’il ait pris une consistance convenable.

2“ Extraits aqueux. — Quand la plante est fraîche, tuais peu succulente, ou bien encore lorsqu’elle est sèche, comme cela arrive pour les plantes exotiques fournies par le commerce, c’est Teau qu’on emploie le plus souvent pour dissoudre les produits destinés à composer les extraits. Sans doute, le suc du végétal serait préférable, mais on est bien forcé de procéder autrement lorsque celui-ci ne s’y trouve pas en assez grande quantité. D’ailleurs, les procédés mis en usage offrent tant de précision, on peut obtenir par leur intermédiaire des solutions tellement concentrées, que par leur évaporation

consécutive les produits contiennent la presque totalité des matières solubles des plantes. Ces procédés sont au nombre de quatre : la macération, Tirafusion, la décoction et la lixiviation.

1" La macération donne de bons résultats. La méthode de Cadet doit être adoptée de préférence : on humecte les substances réduites en poudre grossière avec le double de leur poids d’eau tiède, et après vingt-quatre heures de contact on soumet à la presse ; on délaye ensuite le résidu dans une quantité d’eau pareille au liquide extrait par la presse, et Ton fait une nouvelle macération ; on exprime de nouveau; on réunit les liqueurs et on évapore au bain-marie jusqu’à consistance de pâte molle.

2“ On pratique Vinfusion pour les substances à texture tendre, à principes aromatiques. Elle consiste à faire infuser pendant douze heures une partie de feuilles, de fleurs ou de sommités fleuries d’une plante dans six parties d’eau, à passer avec expression et à laisser déposer; à traiter le marc de la même manière avec deux autres parties d’eau ; à filtrer les deux infusés, à les mêler et à les faire évaporer au bain-marie en consistance d’extrait mou.

3“ Aujourd’hui la décoction est un procédé à peu près abandonné parce qu’elle donne des produits moins beaux, moins homogènes, moins solubles dans Teau, et dans la plupart des cas en quantité inférieure.

4“ La lixiviation est presque exclusivement recommandée quand on fait retirer par Teau tous les principes solubles d’une substance végétale. La plante desséchée et grossièrement pulvérisée est introduite dans l’appareil à déplacement, elle est lessivée ensuite avec de Teau distillée chaude ou froide et on n’arrête l’écoulement de la liqueur que lorsqu’elle passe peu concentrée. Les substances spongieuses, susceptible de gonfler, sont préalablement délayées dans Teau. Le liquide est évaporé au bain-marie jusqu’à consistance d’extrait mou.

Extraits alcooliques. — Ces extraits, autrefois peu employés, le sont beaucoup plus aujourd’hui. L’alcool, leur véhicule constituant et conservateur, a l’avantage d’enlever aux plantes plusieurs matières actives qui sont insolubles dans Teau et d’en respecter quelques autres inertes que Teau dissoudrait, d’où il s’ensuit que les extraits alcooliques sont plus actifs que les extraits aqueux. Leur préparation s’effectue soit par lixiviation, soit par macération ou digestion.

Dans le premier cas, la plante pulvérisée est mise dans un appareil à déplacement, on y verse par-dessus la quantité d’alcool nécessaire pour qu’elle en soit pénétrée dans toutes .‘^es parties et Ton ferme l’appareil pendant 12 heures. Au bout de ce temps on rend l’écoulement libre et on lessive en ajoutant deux ou trois fois au plus son poids de nouvel alcool. Quand celui-ci a pénétré dans la poudre, on le chasse par Teau, avec la précaution de retirer moins de liqueur que Ton a employé d’alcool, car les derniers produits seraient mélangés d’eau. On reconnaît le commencement du mélange dès qu’on s’aperçoit que ces produits troublent les premières solutions dans lesquelles ils viennent

EXT

EXU

tomber. C’est le moment de cesser la lixiviation, de distiller la liqueur pour en retirer toute la partie spiritueuse et de concentrer au bain-marie en consistance d’extrait mou.

Dans le second cas , on fait macérer pendant quelques jours, digérer pendant quelques heures la plante dans l’alcool, on passe avec expression et on filtre. On verse sur le marc le reste de l’alcool, on exprime de nouveau et on filtre. On réunit les deux liqueurs, on retire par distillation toute la partie spiritueuse et on évapore en consistance convenable.

Les extraits alcooliques ont ordinairement une belle couleur verte; ils conservent en grande partie l’odeur et les propriétés de la plante qui les a fournis; ils ont une action thérapeutique plus énergique et se conservent plus longtemps. Les extraits aqueux ont généralement une couleur brune; ils possèdent aussi les propriétés de la plante d’où on les a retirés; ils agissent moins énergiquement et sont plus sujets à s’altérer. L’usage des uns et des autres est fréquent, mais ils ne sont délivrés par le pharmacien que d’après leur désignation respective.

Extraits éthérés. — Ce mode de préparation est |)eu usité. On n’emploie guère que l’extrait éthéré de rhizome de fougère mâle, lequel est un bon médicament parce qu’il contient l’huile volatile qui en est le principe vermifuge. Soubeiran cite encore les extraits éthérés de digitale pourprée et de cantharides. On les prépare par la méthode de déplacement, par distillation au bain-marie et évaporation consécutive.

Les moyens propres à conserver les extraits sont très variés. On les tient habituellement dans de petits pots de fa’ience, de grès ou de porcelaine, bouchés au liège et goudronnés. D'autres fois on les met dans des flacons de verre à large ouver-

ture, hermétiquement fermés à l’émeri. Pour les pots de détail, on se trouve bien de les tenir couverts avec un morceau de caoutchouc vulcanisé, que l’on fixe avec une ficelle. On les dépose dans un lieu sec, à l’abri de l’humidité et des changements subits de température. Malgré ces précautions, il est des extraits qui ne peuvent se conserver intacts au-delà d’une année : ceux d’aconit, de belladone, de jusquiame, de stramoine, de ciguë, de digitale, sont de ce nombre. 11 en est d’autres dont la conservation est plus facile, même à l’air, ce sont ceux de douce-amère, gentiane, ipéca, houblon, rhubarbe, valériane, absinthe, arnica, Colombo. Enfin, quelques-uns sont susceptibles d’une conservation presque indéfinie, comme les extraits de gayac, de noix vomique, d'opium, de quinquina, de quassia amara, de pavots.

Les extraits, offrant l’avantage de réunir sous un petit volume beaucoup de principes actifs, s’emploient à de plus petites doses que les eaux distillées, les sirops, les teintures et la plupart des autres médicaments; il n’y a guère que les essences qui se donnent par gouttes et les alcalo’ides qui s’administrent par milligrammes ou par centigrammes, qui aient leur puissance d’action plus énergique. D'^Marc. cambohlives.

EXUTOIRE. — On donne ce nom à des ulcères superficiels ou profonds établis par le médecin sur un point quelconque du corps, dans le but d’y entretenir une suppuration locale dérivative. Les exutoires superficiels, qui n’agissent que sur la peau, sont les vésicatoires. Les exutoires profonds, qui intéress’ent toute l’épaisseur de la peau et le tissu cellulaire sous-cutané, sont les cautères, les moxas et les sétons [y. Cautère, Moxa, Séton, Vésicatoire). , P. L.

FACE. — Anatomie. — On désigne sous ce nom la partie de la tète, située au-devant et au-dessous du crâne, destinée à loger les organes de la vue, de l’odorat et du goût, ainsi que les premières parties des voies digestives et respiratoires.

Os DE LA FACE. — Le Squelette osseux de la face

Fig. An. — Squelette osseux de la face et de la partie antérieure du crâne (ü’’ Fort).

1. Partie antérieure de la fosse temporale. — 2. .Bosse frontale moyenne. — 3. Os propres du nez. — 4. Os malaires. — 3. Nerfs et vaisseau.x mentonniers. — G. Tubercule mentonnier. 7. Trou mentonnier. — 8. Ligne oblique externe du maxillaire inférieur. — 9. Trou sous-orbitaire. — 10. Trou malaire. — 11. Apophyse orbitaire externe. — 12. Trou susorbitaire. — 13. Insertion du muscle sourcilier. — 14. Face antérieure du frontal.

laires supérieurs, réunis sur la ligne médiane, à la partie antérieure et moyenne de la face ; — les ns

Fig. 478. — Muscles de la face.

1. Muscle peaucier. — 2. Muscle frontal. — 3. Muscle pyramidal. 4. Muscle auriculaire antérieur. — 5. Muscle auriculaire supérieur.— 6. Muscle orbiculaire des paupières. — 7. Muscle triangulaire du nez. — 8. Muscle élévateur commun de l’aile du nez et de la lèvre supérieure. — 9. Muscle élévateur propre de la lèvre supérieure. — 10. Muscle grand zygomatique. — 11. Muscle petit zygomatique. — 12. Muscle triangulaire des lèvres. — 13. Muscle carré du menton. — 14. Muscle de la houppe du menton. — 15. Muscle orbiculaire des lèvres. — 16. Muscle buccinateur. — 17. Muscle masséter. — 18. Muscle sterno-cléido-mastoïdien.

est constitué par 14 os, dont 13 forment ou consolident la mâchoire supérieure, et le 14® constitue à lui seul la mâchoire inférieure. De ces 14 os, 6 sont pairs et 2 impairs. Les 6 os pairs sont : les maxü-

palatins, situés à la partie postérieure des fosses nasales et de la voûte palatine ; — les oj molaires, situés sur les parties supérieures et latérales de la face, qui constituent les os des pommettes ; les os

FAC

FAC

propres du nez , situés à la partie supérieure, antérieure et médiane de la face ; les os unguis, situés à la face interne et antérieure de l’orbite ; — les cornets inférieurs, situés sur les parties latérales et inférieures des fosses nasales. — Les 2 os impairs sont : le vomer, situé sur la ligne médiane, qui forme la partie postérieure de la cloison des fosses nasales ; — le maxillaire inférieur, symétrique, situé à la partie inférieure de la face.

L’ensemble du squelette de la face forme plusieurs cavités : la cavité de l’orbite, pour loger l’appareil de la vision ; — la cavité des fosses nasales pour l'odorat ; — enfin la cavité buccale, dans laquelle se trouve l'organe du goût.

Muscles de la face. — Les muscles de la face, très nombreux, sont disposés autour des cavités naturelles. Ils sont pour la plupart destinés aux organes de la vue, du goût et de l’odorat, et contribuent à donner à la physionomie des expressions variables suivant les sensations et les sentiments éprouvés par l’individu.

Ces muscles sont :

Le sourcilier, situé sur l’arcade sourcillière, qu’il recouvre; il abaisse la partie externe des sourcils en bas et les rapproche en dedans, il produit l’expression de la douleur.

L'orbiculaire des paupières, véritable sphincter disposé autour de l’orifice palpébral, qui comprend : 1® une portion orbitaire, correspondant au cercle osseux de l’orbite, qui plissç la peau surtout vers la partie externe de l’orbite ; 2° une portion palpébrale, correspondant aux paupières , qui ferme les paupières et exerce une légère pression sur le globe de l’œil ; 3® une portion ciliaire, occupant le bord libre des paupières. Cette portion, appelée aussi lacrymale, attirerait en avant, d’après le professeur Richet, la paroi antérieure du sac lacrymal et aspirerait les larmes dans sa cavité. Plusieurs auteurs contestent l'existence de cette troisième portion. L’orbiculaire despaupières produit l’expression du recueillement, de la méditation, de la réflexion.

Le buccinaleur, qui forme la paroi latérale des joues. 11 produit l’allongement transversal de la bouche ; il remplit un rôle important dans la mastication, en pressant sur les aliments lorsqu’il distendent la cavité buccale, et tombent entre les dents et les joues ; il concourt à l’articulation des sons ; enfin, il sert encore, par ses contractions, à chasser de la bouche l’air qui gonfle les joues des individus qui jouent d’un instrument à vent.

L’orbiculaire des lèvres, véritable sphincter de l’orifice buccal, qui forme la charpente des lèvres et se compose de l’orbiculaire de la lèvre supérieure, et de l’orbiculaire de la lèvre inférieure. 11 est constricteur des lèvres, et fait fermer la bouche; il joue un rôle dans la préhension des aliments, la succion, la mastication, l’articulation des sons ; enfin il contribue à produire la physionomie des gens qui font la moue et la petite bouche.

Le grand zygomatique, situé à la partie moyenne de la face, qui élève la commissure des lèvres et la porte en dehors. C’est le muscle du rire el il produit l’expression de la gaîté.

Le petit zygomatique, parallèle au précédent, qui élève aussi la commissure des lèvres et la porte

en dehors comme le précédent. Malgré son nom, ainsi que le dit fort bien Mathias Duval, ce muscle n’a aucune part à l’expression du rire, et exprime au contraire l’attendrissement, la tristesse et le pleurer.

L’ élévateur commun de la lèvre supérieure et de l’aile du nez, dont le nom indique assez l’action.

Fig. 479.

Muscles de la face (couche profonde) et du cou’(vue latérale).

1. Muscle temporal. — 2. Muscle sourcilier. — 3. Muscle triangulaire du nez. — 4 Muscle élévateur|propre de la lèvre supérieure.— 5. Muscle canin. — 0. Muscle myrtiforme. — 7. Muscle orbiculaire des lèvres. — 8. Muscle buccinateur. — 9. Muscle carré du menton. — 10. Muscle constricteur supérieur du pharynx. — 11. Muscle stylo-glosse. — 12. Muscle stylo-pharyngien. — 13. Muscle stylo-hyoïdien (insertion inférieure). — 14. Muscle constricteur moyen du pharynx. — 15. Muscle . mylo-hyoïdien. — IG. Muscle thyro-hyoïdien. — 17. Muscle constricteur inférieur du pharynx. — 18. Muscle crico-thyroïdien. — 19. Muscle splénius. — 20.20. Muscle angulaire de l’omoplate. — 21. Muscle droit antérieur de la tête. — 22. Muscle scalène postérieur. — 23. Muscle scalène antérieur. — A. Orifice du canal ^de Sténon. — iB..Corps thyroïde. — G Trachée artère.

situé sur le côté du nez. Ce muscle, ainsi que l’a démontré Duchenne, de Boulogne, donne à la physionomie l’expression du pleurer, du sangloter.

L’élévateur propre de la lèvre supérieure, situé au-dessous et au côté externe du précédent, qui a la même action.

Le canin, situé dans la fosse canine, au-dessous du précédent, qui élève la lèvre supérieure en soulevait la commissure et en la portant en dedans.

Le risorius de Santorini, tout petit muscle, qui attire en arrière la face profonde des commissures labiales. .

FAC

FAC

Le iriangulaxre des lèvres, appartenant à la lèvre inférieure, qui abaisse la commissure des lèvres et produit l’expression de la tristesse. Lorsqu’il se contracte en même temps que l’orbiculaire des paupières qui produit leur occlusion, il donne à la physionomie l’expression du dédain et du mépris.

Fig. 480.

Artères de k face (faciale et maxillaire interne;.

A. Tronc de la carotide externe. — 1. Artère faciale. — 2. Artère coronaire labiale inférieure. — 3. Artère coronaire labiale supérieure. — 4. Artère de l’aile du nez. — 5. Arlère temporale. — 6. Artère maxillaire interne. — ".",7. Artère méningée ■ moyenne. — 8,8. Artère dentaire inférieure. — 9. Artère temporale profonde postérieure. — 10. Artère ptérygoïdienne. — 11. Artère buccale. — 12. Artère temporale piofonde antérieure.— 13. Origine de l’artère palatine supérieure. — 14. Artère alvéolaire. — 13,15. Artère sous-orbitaire. — 16. Origine de l’artère sphéno-palatine. — 17 et 18. Branches terminales de l’artère ophthalmique. — 17. rameau frontal. — 18. Kameau nasal, artère angulaire.

Le carré du menton, qui abaisse la lèvre inférieure et la porte légèrement en dehors. 11 donne à la physionomie l’expression du dégoût.

La houppe du menton, petit muscle situé dans l’épaisseur du menton, qui élève la peau du menton et] la lèvre inférieure.

Le pyramidal, recouvrant la racine et les parties latérales du nez, qui abaisse la peau de la région intersourcilière et la plisse transversalement. Sa con-

traction donne à la physionomie l’expression de la dureté, de la menace.

Le triangulaire ou transverse du nez, situé sur le dos et les parties latérales du nez, qui dilate les narines, plisse la peau du nez et porte en haut et en avant la partie postérieure de l’aile du nez. D’après Duchenne, de Boulogne, ce muscle se contractant donne à la physionomie l’expression de la lubricité.

Le myrtiforme, situé au-dessous du nez, qui rétrécit les narines et abaisse les ailes du nez.

Le masseter, situé sur la partie latérale de la face, et couché sur la face externe de la branche du maxilliaire inférieur, qui élève la mâchoire inférieure et la rapproche de la mâchoire supérieure, et joue un grand rôle dans la mastication. C’est lui qui se contracte involontairement lorsqu’on fait un effort énergique, lorsqu’on est en proie à certaines émotions violentes, principalement lorsqu’on est en colère et qu’on grince des dents.

Le temporal qui occupe en grande partie la fosse temporale et s’insère d’autre part autour de l’apophyse corono'ide du maxillaire inférieur; ce muscle est comme le précédent, élévateur de la mâchoire inférieure.

Le ptèrygoïdien interne, qui s’insère sur la face interne de la branche de la mâchoire inférieure, et à toute la fosse ptérygoïde de l’os sphénoïde. Il élève aussi la mâchoire inférieure et, de plus, lui imprime un mouvement de latéralité qui facilite singulièrement le broiement des aliments.

Le ptèrygoïdien externe, qui s’insère sur les parties antérieures du condyle du maxillaire inférieur, et sur toute la face externe de la fosse ptérygoïde de l'os sphénoïde. Il imprime à la mâchoire des mouvements de latéralité, comme le ptèrygoïdien interne. Lorsque les deux ptérygoïdiens, au lieu de se contracter alternativement, se contractent ensemble, ils portent simplement et directement la mâchoire inférieure en avant.

Artères de la face. — Les artères de la face, qui forment deux réseaux, l'un superficiel et l’autre profond, s’anastomosant entre eux, viennent de l’artère carotide externe. La figure 480 donne à nos lecteurs, avec leurs noms et leur situation, les nombreuses branches de ce tronc artériel important qui alimentent la face.

Veines de la face. — Quant aux veines, qui forment comme les artères un réseau superficiel et un réseau profond, elles sont très nombreuses et se rendent dans les veines jugulaires (V. ce mot).

Nerfs de la face. — Enfin, les nerfs sont aussi très nombreux et se divisent en nerfs moteurs, nerfs sensitifs de sensibilité générale et nerfs de la sensibilité spéciale. Les nerfs moteurs sont en grande majorité fournis par le nerf facial, appelé aussi nerf crânien de la septième paire. Les nerfs sensitifs sont fournis par le nerf trijumeau ou trifacial, appelé aussi nerf de la cinquième paire (V. Facial, Trijumeau). D' Paul Labarthe.

FAG

FAG

Anesthésie de la face. — La sensibilité de la face est placée sous la dépendance du nerf de la cinquième paire ou nerf trijumeau, par conséquent l’anestliésie ou insensibilité de la face indique la suppression de l’action du trijumeau.

Celte suppression se produit sous des influences qui ont pour effet soit de détruire le nerf, soit d’altérer sa conductibilité : elles agissent, les unes sur la partie centrale ou intra-encéphalique du nerf, les autres sur un point quelconque du nerf luimême, depuis son émergence de la protubérance jusqu'à sa partie terminale.

Les causes centrales capables de produire l’anesthésie de la face sont les hémorrhagies, les inflammations et les tumeurs du cerveau; elles produisent un effet croisé, c’est-à-dire qu’elles déterminent une anesthésie de la moitié de la face opposée à la lésion.

Les causes périphériques atteignent le nerf sur un point quelconque de son trajet et produisent une anesflu'sie de la moitié de la face du même côté ; ce sont toutes les tumeurs de la base du crâne pouvant agir sur la partie intra-crânienne du nerf trijumeau, les fractures de la base du crâne, les plaies et contusions de la face, etc.

L’impression du froid détermine ordinairement la névralgie du trijumeau, il est très exceptionnel de lui voir produire l'anesthésie.

Le nerf trijumeau préside à la sensibilité de la face et il joue également un rôle dans les sensibilités spéciales du goût, de la vue et de l’odorat ; sa paralysie se traduit par l’anesthésie, c’esl-a-dire par l’insensibilité des régions auxquelles il se distribue.

Supposons d’abord que la lésion n'occupe qu'une seule des trois branches du trijumeau: 1° branche ophi halmique ; 2“ nerf maxillaire supérieur Qi "i‘'nerf maxilhnre inférieur.

1“ Branche ophlhalmique. — Cette branche donne la sensibilité au front, à la paupière supérieure, à la conjonctive, à l'aile du nez et à une partie de la muqueuse pituitaire des osses nasales; toutes ces parties seront donc privées de sensibilité si la lésion intéresse cette branche.

2“ Nerf maxillaire supérieur. — Ce nerf se distribue à la paupière inférieure, à la région sousorbitaire, au nez, à la joue, au voile du palais, aux gencives, aux dents de la mâchoire supérieure, et enfin à la lèvre supérieure; s’il est lésé, toutes ces parties seront donc anesthésiées.

3“ Enfin le nerf maxillaire inférieur tient sous sa dépendance la sensibilité de la région temporale, du pavillon de l'oreille, d’une partie de la joue, de la muqueuse bucco-palatine, de la moitié inférieure des gencives, des dents et de la lèvre inférieures ; de plus, il fournit le nerf lingual, qui se distribue à la partie antérieure de la langue. La lésion du nerf maxillaire inférieur prive donc toutes ces régions de leur sensibilité.

Les lésions du trijumeau agissent également sur le sens du goût, de l’odorat, de la vue, et aussi sur la nutrition de la face. On sait, en effet que le nerf lingual, qui se distribue aux deux tiers antérieurs de la langue, est une dépendance du trijumeau ; par conséquent, lorsque ce nerf est paralysé, la moitié antérieure de la langue ne perçoit plus les

saveurs, tandis que la partie postérieure, innervée par le glosso-pharyngien, a conservé toute sa sensibilité. L’odorat est également affecté, non que le trijumeau possède la propriété de percevoir les odeurs, cette propriété appartient exclusivement au nerf olfactif, mais parce que l’intégrité de la muqueuse pituitaire des fosses nasales est nécessaire à cette perception. L’œil peut éprouver des troubles divers, mais ceci est un peu plus rare.

La nutrition des diverses parties de la face est souvent très compromise dans les lésions du trijumeau; les paupières se gonflent et deviennent variqueuses, la cornée se ramollit, se perfore, l’œil se détruit, les muqueuses nasale et buccale se gonflent, se ramollissent, s’ulcèrent, les dents s’ébranlent ; il faut rattacher tous ces désordres à la lésion des nerfs trophiques annexés aux filets sensitifs du trijumeau.

Les mouvements réflexes sont abolis dans les régions privées de sensibilité ; ainsi, on peut toucher la pituitaire sans produire l’éternument, la conjonctive sans que la paupière cligne, le voile du palais sans qu’il survienne de mouvement de déglutition. Enfin, rappelons que le nerf maxillaire inférieur fournit des filets moteurs aux muscles masticateurs ; leur paralysie, assez rare il est vrai, se traduirait par une difficulté fort grande de la mastication.

Si la paralysie occupe tout le territoire du trijumeau, il est certain que la lésion est intra-cérébrale, ou qu’elle porte sur le ganglion de Casser, ou qu’elle en est bien voisine; elle est alors très rapidement suivie des lésions de nutrition dont nous venons de parler. Est-elle au contraire limitée à une partie de la face, il est probable que la lésion se trouve assez éloignée du point d’émergence du nerf. Enfin, on peut admettre que la lésion est d’origine superficielle, chaque fois que l’anesthésie est limitée au tégument externe et n’intéresse pas la muqueuse.

La cause de l’anesthésie sera reconnue par la marche de la maladie et par les phénomènes concomitants.

Le traitement de l’anesthésie de la face est entièrement subordonné à sa cause, et variera avec elle.

Tic douloureux de la face. — (V. plus bas Névralgie de la face.)

Tic convulsif non douloureux de la face. — On donne ce nom à la convulsion isolée et idiopathique de certains muscles de la face.

C’est le nerf /aciaZ qui préside aux mouvements de la face, il faut donc admettre que cette convulsion se rattache à l’irritation de quelques-unes des branches terminales du nerf facial.

Les causes du tic convulsif sont souvent l’impression du froid, une névralgie faciale qui a disparu laissant persister les convulsions, de telle sorte que le tic douloureux s’est transformé en tic non douloureux. Les plaies, les contusions de la face, la carie dentaire et même, par action réflexe, la présence de vers dans l’intestin et les lésions organiques de l’utérus ont pu le produire.

Les personnes atteintes de tic convulsif n’éprouvent aucune douleur, mais on les voit à chaque

FAC

FAC

instant faire une grimace bizarre occasionnée par la contraction spasmodique d’un certain groupe de muscles de la face ; l’un cligne les paupières, l’autre fronce le front et les sourcils, un troisième écarte subitement l’une des commissures labiales, dilate brusquement l’aile du nez, etc. Ces convulsions restent d’ordinaire bornées à une moitié de la face, de telle sorte qu’elles forment un étrange contraste avec l’autre moitié du visage qui est impassible. Ces petites convulsions se produisent souvent deux à trois fois de suite; elles surviennent sans cause occasionnelle ou sous l’influence du moindre mouvement; à la façon des mouvements choréiques, elles sont suspendues par le sommeil et ne sont jamais plus accentuées que lorsque le patient cherche à les maîtriser. De Graefe a remarqué que la pression exercée sur certains points de la face pouvait suspendre ses convulsions.

Le tic convulsif a une durée indéterminée; il persiste souvent toute la vie.

Au moment même où la convulsion vient de se produire, à la suite, par exemple, de l’impression du froid, on pourrait chercher à la traiter par les bains de vapeur , l’extrait d’opium , les évacuants. Si l’on a des raisons de croire qu’elle dépend d’une dent cariée, de ganglions malades, on pourrait recourir à leur extirpation.

On a eu recours aux anesthésiques employés localement, tels que applications de chloroforme, pulvérisations d’éther, injections sous-cutanées de morphine, etc. Enfin, dans certains cas, ta section sous-cutanée des muscles atteints de convulsion et même de certains filets nerveux de la cinquième paire a été suivie de guérisons ou d’améliorations.

Névralgie de la face. — La névralgie de la face, ou du nerf trijumeau, appelée aussi tic douloureux de la face, peut frapper à la fois les trois branches du trijumeau, mais elle est plus souvent limitée à l’une d’elles, soit à l’ophthalmique, soit à l’une des maxillaires supérieure ou inférieure; elle peut même se circonscrire à l’un des rameaux de ces branches.

Toutes les causes capables d’engendrer une névralgie peuvent se grouper sous trois chefs : 1° causes intrinsèques; 2“ causes extrinsèques; 3° causes constitutionnelles.

1“ Causes intrinsèques. — Ce sont les inflammations ou congestions du nerf, son infiltration œdémateuse, sa piqûre, contusion ou déchirure, l’envahissement de son tissu par un cancer, enfin l’hypertrophie partielle du névrilème qui enveloppe le nerf. 11 faut reconnaître la rareté de cet ordre de causes; mais, au contraire, il est très fréquent devoir la névralgie succéder à une impression de froid; or comment agit le froid? Est-ce simplement en troublant la conductibilité du nerf sans altérer sa texture d’une façon appréciable, ou bien détermine-til une hyperhémie, une congestion active de ses tuniques? Cette dernière opinion tend à prévaloir.

2“ Causes extrinsèques. — Ici se rangent toutes les compressions et irritations que le nerf peut éprouver de la part de tumeurs, etc., etc., situées dans le voisinage : tumeurs de la base du crâne, lésions osseuses, telles que carie, fracture, ostéopériostites, etc., les maladies du maxillaire, la carie dentaire, les plaies et cicatrices, etc. Enfin, la né-

vralgie faciale s’observe à la suite de lésions de l’encéphale, de la moelle (sclérose, etc.).

3° Causes constitutionnelles . — Très fréquentes. Pour qu’un nerf fonctionne bien, il faut que le sang qui l’alimente soit convenable en quantité et en qualité. Cette double condition ne se trouve remplie ni dans les anémies, ni dans les intoxications (poison paludéen, plomb, mercure). Aussi nous remarquons que la névralgie faciale est très fréquente chez les gens anémiques et dans les pays à fièvres paludéennes; la névralgie faciale est la forme la plus commune de la fièvre larvée, et elle peut alors revêtir le type intermittent, surtout quotidien.

Les symptômes de la névralgie de la face peuvent se grouper sous trois chefs : 1° douleur; 2° mouvements convulsifs (tic douloureux); 3“ troubles de sécrétions et de vascularisation de la face.

1° Douleur. — Symptôme caractéristique et essentiel de la névralgie, elle se présente sous deux formes ; A. C’est une douleur sourde à peu près constante, mais peu vive, souvent fixée dans certains points (points névralgiques de Vallcix). B. Ce sont des accès douloureux très intenses.

A. Douleur continue. — La région atteinte de névralgie est à peu près constamment le siège d’une douleur sourde ou simplement d’une sensibilité pénible; cette douleur est souvent diffuse à toute la région, mais elle a des points au niveau desquels elle est plus accentuée, soit spontanément, soit surtout sous l’influence d’une pression. Valleix s’est attaché à déterminer pour chaque nerf les points au niveau desquels la pression éveillait la douleur locale ou diffuse, et il a reconnu que c’était surtout au niveau de l’émergence du nerf hors des trous ou conduits osseux, et encore là où un filet se détache du tronc pour devenir cutané et superficiel.

B. Accès douloureux. — Ils peuvent éclater brusquement, mais souvent ils ont quelques signes précurseurs : déniangeaisons, odeur désagréable, céphalalgie partielle, sensations vagues ; la douleur part d’un point quelconque et s’irradie avec la rapidité de l’éclair sur toute la région du nerf malade.

Cette douleur est habituellement unilatérale; elle est souvent circonscrite à une branche du trijumeau ; si c’est la branche ophl halmique , elle occupe la paupière, le front, l’angle de l’œil ; si c est la maxillaire supérieure elle siège sur la joue, les dents supérieures, l’aile du nez ; enfin, s’il sagit de la maxillaire inférieure, c’est la lèvre inférieure, les dents, le menton. Quel que soit son siège, la douleur s’irradie parfois vers la nuque, le cou et même les épaules et les bras.

Cette douleur est atroce; elle plonge les patients dans un état affreux, les uns crient, les autres se roulent par terre; ils ne savent comment exprimer leurs souffrances. La douleur éclate sous forme de secousses comparables à celles d’une décharge électrique. Souvent elle s’accroît par le contact de corps légers, et elle diminue au contraire sous l’influence d’une forte pression. La pression suspend la conductibilité du nerf, et c’est ainsi qu’elle supprinie la douleur, de telle sorte que si la cause de la névralgie siège au delà du point comprimé, c'est-àdire vers la partie terminale du nerf dans la face.

FAG

FAG

l’agent irritant ne peut arriver jusqu’à l’encéphale ; si, au contraire, cette cause siège entre l’encéphale et le point comprimé, la pression ne saurait avoir aucune influence (Jaccoud).

2° Mouvements convulsifs. Tics douloureux. — Au moment des accès, on voit presque constamment les muscles de la région entrer en convulsions, les sourcils sont froncés, les paupières atteintes de clignement, la joue tirée en divers sens, la commissure labiale déviée. Cet ensemble donne à la physionomie un aspect étrange (rire sardonique). Les convulsions ont lieu du côté malade ; par exception, elles s’étendent à tous les muscles de la face.

3” Troubles de sécrétion. — Outre la douleur et les convulsions, l’accès comprend encore des troubles de sécrétion ; l’œil, du côté malade est rouge, gonflé, larmoyant , la vue est momentanément abolie, c’est surtout ce qui a lieu lorsque la névralgie porte sur la branche ophthalmique ; la salivation est abondante, la narine tantôt sèche, tantôt très humide ; le visage est rouge, congestionné, vultueux, les artères battent avec force. Si ces accès se reproduisent, il peut même survenir des troubles nutritifs du côté de la peau, qui devient épaisse et se recouvre d’éruptions diverses : les cheveux peuvent devenir blancs, rugueux, et ils tombent souvent. On explique ces phénomènes par une action réflexe du nerf trijumeau sur le grand sympathique.

La durée de la névralgie faciale est subordonnée à la cause de la névralgie tient-elle à une lésion organique, la névralgie durera autant qu’elle, à moins que le nerf ne vienne à être détruit par les progrès de la tumeur, auquel cas la paralysie succédera à la névralgie, circonstance heureuse que l’on a cherché à obtenir par la section ou la résection du nerf.

La névralgie d’origine paludéenne a des accès périodiques souvents quotidiens.

En dehors de cela, il n’y a rien de fixe, les accès sont plus ou moins fréquents, souvent ils se terminent tout à coup, après un phénomène critique tel que larmes ou sueurs abondantes ; parfois ils se calment peu à peu. Mais on en a vu qui persistent pendant des années entières, les muscles s'atrophient, les contractions convulsives (tic) persistent même en dehors des douleurs, la vue s’affaiblit. Certains malades, découragés par la persistance du mal, se sont suicidés.

On voit donc que le pronostic de cette affection est entièrement subordonné à sa cause.

La névralgie faciale est souvent rebelle, aussi les moyens à l’aide desquels on l’a attaquée sont-ils innombrables. Son traitement présente deux indications ; 1° reconnaître la cause de la névralgie; 2° combattre la douleur.

1® Un diagnostic étiologique précis est indispensable; il apprendra si la névralgie est d’origine paludéenne et doit être traitée par le sulfate de quinine {capsules de sulfate de quinine de Pettetier, vin de Seguin, etc.), et l’arsenic, si elle est d'origine syphilitique bt réclame l’iodure de potassium [sirop de Laroze, pilules du Lat/arthe) , d’origine rhumatismale ou goutteuse, auquel cas les alcalins et les bains de vapeur seront utiles; si la névralgie se

rattache à la chloro-anémie, il faut employer les ferrugineux et le régime tonique recommandés dans le traitement de l’anémie (V. ce mot).

Quant aux névralgies symptomatiques d’une altération du nerf, elles ne sauraient être guéries que par la section du nerf pratiquée entre l’encéphale et le point malade, ce qui est d’ordinaire impossible. Rappelons que souvent la névralgie se rattache à une altération des dents ou du maxillaire : l’avulsion de la dent malade est souvent suivie de la guérison.

2“ La seconde indication consiste à calmer les douleurs : on aura recours aux préparations opiacées, belladonées; aux pilules de Moussette composées d’aconitinecristallisée et de quinium pur, recommandées par Gubler, Charcot, Oulmont, Desnos, C. Paul, etc. (commencer par trois le premier jour, une le matin, une dans le milieu de lajournée et une le soir, et aller jusqu’à six par jour. Citons encore le chloral [chloral perlé Limousin), le chloroforme, l’éther, le bromure de potassium [sirop de Laroze), le bromure de camphre (cap-sw/e^ du D<- Clin), administrés à l’intérieur, et surtout les petits vésicatoires volants appliqués loco dolenti et pansés avec du chlorhydrate de morphine. Valleix a même, dans certains cas rebelles, pratiqué la cautérisation transcurrente avec le fer rouge. • Léon Moynac.

FACIAL. — Qualificatif appliqué à ce qui appartient à la face : angle facial, artère faciale, veine faciale, nerf facial, névralgie faciale, paralysie faciale, etc.

Angle facial. — (V. Angle facial. Goniomètre.)

Artère faciale. — L’artère faciale appelée aussi maxillaire externe, naît de la partie antérieure de la carotide externe et se distribue à la plus grande partie de la face, en fournissant comme branches collatérales, les artères palatine inférieure, sous-mentale, coronaires labiales supérieure et inférieure, V artère de Vaile du nez (V. fig. 480).

Veine faciale. — La veine faciale formée par les veines frontales, commence à la racine du nez, se dirige vers le grand angle de l’œil où elle prend le nom à’ angulaire, descend ensuite obliquement jusqu’au-dessous de la mâchoire inférieure et va se jeter dans la jugulaire interne.

Nerf facial. — Le nerf facial, ou nerf crânien de la septième paire, prend son origine dans la fossette latérale du bulbe, se dirige vers le conduit auditif interne par l’aqueduc de Fallope, sort du crâne en traversant le rocher par le trou stylomastoïdien de cet os, et s’enfonce dans la glande parotide où il se divise, au niveau du bord postérieur de la branche montante du maxillaire inférieur, en deux branches terminales, l’une supérieure ou temporo-faciale, l’autre inférieure, ou cervico-faciale. La branchq supérieure fournit des branches temporales, frontales, sous-orbitaires, nasales et buccales supérieures. La branche inférieure fournit des branches mentonnières et des branches cerrica/ej. Toutes ces branches se distribuent aux muscles de la face.

Outre ces branches terminales, le nerf facial fournit des branches collatérales qui sont au nombre de dix. Cinq naissent dans l’aqueduc de Fal-

FAC

FAC

loppe ; ce sont ; le grand et le petit pétreux superficiel, le nerf du muscle de l'étrier, la corde du tympan, et le rameau anastomotique du pneumogastrique. Cinq naissent en dehors de l’aqueduc, ce sont : le rameau du glossu-pharyngien, le rameau du digastrique, le rameau du siylo-hydidien.

Fig. 481.

Nerf facial, nerf occipital et plexus cervical superficiel (D'' Fort).

1 Nerf facial. — 2. Rameaux temporaux du nerf facial. — 3. Nerf auriculo-temporal — 4. Branche inférieure du nerf facial. — 5. Nerf auriculo-occipital. — 6. Rameaux mentonniers du nerf facial. — 7. Rameaux cervicaux du nerf facial. — 8. Nerf occipital d’Arnold. — 9. Nerf sus-orbitaire ou frontal — 10. Nerfs sous-orbitaires. — 11. Nerf mentonnier. — 12. Branche auriculaire du plexus cervical. — 13 Branche mastoïdienne du plexus cervical. 14. Rameau de trapèze venant du plexus cervical. — 15. Branche cervicale transverse du plexus cervical. — 16. Branche sus-claviculaire.

le rameau du stylo-glosse et du glosso-staphylin, et le nerf auriculaire postérieur.

Le nerf facial est un nerf essentiellement moteur, qui met en mouvement tous les nerfs de la tace. Il est par excellence le nerf de la physionomie et de l’expression. Son action est tantôt bilatérale et tantôt unilatérale, c’est-à-dire qu’il peut faire contracter les deux moitiés du visage ensemble et de la même façon, ou n’agir que sur un seul côté, comme lorsqu’on dilate une narine, qu’on ferme un œil, etc. U' Paul Labarthe.

Névralgie faciale. — La névralgie faciale n’est pas comme on pourrait le croire tout d’abord, une maladie du nerf facial, puisque celui-ci est moteur et non sensitif, c’est la névralgie du trijumeau ou trifacial, nerf mixte qui préside à la sensibilité de la face (V. au mot Face l’article Névralgie de la face).

Paralysie faciale. — La paralysie du nerf facial n’est pas rare : elle peut être idiopalique ou symptomatique.

La paralysie idiopalique, qui est la plus ordinaire, est plus fréquente chez l’homme que chez la femme ; l’action du froid, du rhumatisme, et même une émotion morale très vive en sont les causes.

Les paralysies symptomatiques sont dues à des altérations organiques. Ces altérations peuvent siéger dans les centres nerveux ; ce sont les ramollissements, hémorrhagies, tumeurs cérébrales ; la paralysie faciale n’est alors qu’un élément d’une hémiplégie générale, car il est fort rare et douteux qu’une hémorrhagie ou un ramollissement puisse engendrer une paralysie exclusivement faciale; cependant Vulpian l’a produite par une piqûre pratiquée sur un point de la protubérance annulaire.

L’altération peut occuper un point quelconque du nerf, soit sa portion crânienne (tumeurs de la ba.se du crâne, épanchements méningés), soit son trajet à travers le rocher (fracture, ostéite et carie, otite chronique), soit sa portion extra-crânienne et faciale (tumeurs de la parotide, surtout cancer). Enfin, les lésions traumatiques du nerf facial produiront des paralysies complètes ou partielles suivant qu’elles auront blessé le tronc du nerf ou seulement un de ses rameaux.

La pression que le forceps exerce sur la face produit quelquefois chez le nouveau-né une paralysie faciale qui d’ailleurs guérit rapidement.

La paralysie idiopathique débute brusquement, quelquefois pourtant elle n’atteint que peu à peu son plus haut degré d’intensité. Elle a pu s’accompagner d'une douleur dans la région parotidienne, mais elle est d’ordinaire indolente; quelques malades n’ont point conscience de son invasion. Trousseau rapporte le curieux exemple d’un homme qui, accoudé sur une fenêtre, fumait la pipe pendant un violent orage ; le lonnerre éclate devant lui.- notre homme recule épouvanté; puis, riant de sa frayeur, il reprend sa place ; mais il s’aperçoit qu’il fume difficilement, qu’il crache avec peine, et sa femme lui fait remarquer que son visage est distordu ; cet homme était atteint d’une paralysie faciale.

La physionomie offre un aspect spécial et caractéristique ; la moitié de la face est immobile, sans rides, et entraînée en bloc vers le côté sain Toutes les difformités que nous allons étudier sont surtout accentuées lorsque le malade veut rire ou parler. Nous les décrirons en descendant du front vers les parties inférieures de la face.

Le front offre, dans sa moitié paralysée, une surface absolument unie, sans rides, immobile; la paralysie faciale serait donc le plus puissant cosmétique, a dit Romberg. Le sourcil reste pendant et ne peut se froncer.

L'œit est largement ouvert, et le malade ne peut le fermer; ceci tient à la paralysie du muscle orbiculaire des paupières animé par le nerf facial, et à la persistance d'action du muscle releveur de la paupière supérieure qui est animé par le nerf

FAC

Page 1