ALLUMETTES RONDES
Gomme 11 kilos.
Phosphore blanc 3 k. 500
Minium 26 kilos.
Acide azotique 15 kilos.
Eau 12 kilos.
3° ALLUMETTES PARAFFINÉES
Gomme 1 k. 900 .
Phosphore blanc 1 k. 300
Azotate de potasse 1 k. 600
Ghlorate de potasse .... 0 k. 550
Blanc de zinc 0 k. 650
Eau 2 k. 400
Le broiement et le mélange nécessaires à la prépation des mastics, d’après les deux premières formules, qui doivent être employés à chaud, donnent lieu à des vapeurs phosphorées très abondantes, mais n’exposent pas aux déflagrations. Dans la préparation de la pâte d’après la troisième formule, qui doit être employée à froid, le dégagement des vapeurs phosphorées est moindre, mais, en revanche, les explosions se produisent beaucoup plus facilement. Dans tous les cas, les brûlures occasionnées par le phosphore qui fond en brûlant, sont assez graves parce que le phosphore laisse dans la plaie de l’acide phosphorique qui est très corrosif.
Quant aux vapeurs de phosphore, elles sont réellement absorbées par les ouvriers ; la preuve en est dans ce fait que, lorsque ceux qui ont passé la journée dans ces vapeurs se trouvent le soir dans l’obscurité, les gaz qu’ils rendent par des éructations deviennent lumineux, de telle sorte que ces malheureux paraissent rendre des flammes par la bouche.
Les effets de ces vapeurs phosphorées se font sentir sur toute l’économie. La peau prend une coloration jaune-pâle; les ouvriers éprouvent des maux de tête, des engourdissements des membres, un affaissement de leurs facultés cérébrales. Leur gorge et leurs bronches s’irritent ; la toux survient, puis l’asthme et la bronchorrhée. Ils ont des maux d’estomac, de la dyspepsie, des coliques et s’amaigrissent progressivement. Les femmes employées dans les fabriques d’allumettes semblent prédisposées à l’avortement. Mais la maladie caractéristique, vraiment professionnelle, c’est celle que les ouvriers appellent le mal chimique et que nous autres médecins nous désignons sous le nom de nécrose phosphorée des deux os maxillaires. (V. Maxillaire, Nécrose, Phosphore). Toutefois, d’après le D'' Magitot, cette terrible affection ne se produirait que chez les ouvriers déjà atteints d’une certaine variété de carie dentaire, la carie pénétrante. .Pour notre savant ami, cette carie serait selon ses propres expressions « la porte d’entrée invariable et exclusive >> de la nécrose phosphorée.
Existe-t-il pour les ouvriers employés à la fabrication des allumettes un moyen de se préserver des accidents produits par les vapeurs phosphorées? Oui. Depuis quelques années on s’est assuré que l’essence de térébenthine jouissait de la propriété de neutraliser le phosphore.
En Angleterre, nous dit M. Ch. de Freycinet, dans
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