‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 28 sur 238 · AMB · texte numérisé non relu

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comme dans la fig. 70. S'il ne voit que d'un œil, il n’apercevra que la lettre A ou la lettre B. Si même le simulateur est prévenu, il ne pourra deviner la position réelle des deux lettres, et l’on pourra tou-

Fig. 69. Fig. 70.

jours faire varier les conditions de l’expérience, de manière à tirer du sujet des réponses contradictoires. Cet instrument permet encore de mesurer l'acuité visuelle en employant des caractères de grandeur déterminée. D. A. Chevalleheau.

AMBIDEXTRE. — Nom donné en médecine à l’opérateur qui se sert également de la main droite et de la main gauche. Tout chirurgien devrait être ambidextre. P. L.

AMBLIOPIE. — (V. Amaurose.)

AMBRE GRIS. — Nom donné à une substance particulière, résultat de la digestion des grands cétacés, principalement du cachalot, que l’on trouve sur les côtes du Japon, de Tlnde, du Brésil, du Chili et de l’Afrique.

L’ambre gris se présente en masses irrégulières, soit en grains plus ou moins arrondis, soit en couches concentriques, ayant la consistance de la cire, de couleur cendrée, parsemée de taches jaunes et noirâtres, dégageant une odeur particulière assez fortement pénétrante, qui s’exhale par le frottement et par la chaleur, et présente quelque analogie avec le musc, tout en étant cependant plus douce et plus suave. Insoluble dans l’eau, lentement soluble dans l’alcool, très soluble dans l'éther et dans les matières grasses, l'ambre gris se ramollit à la chaleur et fond vers 115 degrés. Il est composé de matière résineuse, d’ambréine, d’acide benzo'ique et de sel marin.

L’ambre gris est surtout employé en parfumerie. Cependant, en médecine, il est con.sidéré comme stomachique, antispasmodique et aphrodisiaque. On l’emploie dans les mêmes cas que le castoréum, la civette et le musc, en poudre à la dose de 25 centigrammes à 1 gramme, en teinture à la dose de 1 à 10 grammes dans une potion.

Gustave Duché, Ph‘'“.

AMBRE JAUNE. — (V. Succin.)

AMBULANCE. — On désigne sous ce nom un établissement hospitalier temporaire, destiné à donner les premiers secours aux malades ou aux blessés en temps d’épidémie ou en cas de grands rassemblements d individus, tels que : expositions, fêtes nationales, etc. Ce sont alors des ambulances cAHIes. Dans la médecine milUnire, on appelle ambulance, des établissements hospitaliers analogues aux précédents, destinés à donner des soins médicaux ou

chirurgicaux immédiats à une armée ou à un corps d’armée en campagne. Dans la nouvelle organisation du service de santé militaire, la loi exige la création de quatre sortes d'ambulances : 1“ les ambulances volantes, destinées à relever les blessés ; 2° les ambulances de ■première ligne, chargées de desservir les régiments d'infanterie déployés en tirailleurs ou les régiments de cavalerie qui servent d'éclaireurs à l’armée ; 3° les ambulances de deuxième ligne, qui reçoivent le trop plein des précédentes, ainsi que les blessés ou malades apportés par les ambulances volantes ; 4" les ambulances de corps d'armée, dans lesquelles devront être pratiqués les pansements un peu compliqués et les opérations d’urgence. Des règlements administratifs déterminent le matériel et le personnel de ces diverses ambulances. D' Paul Labarthe.

AMBULANT. — Qualification donnée à certaines maladies qui changent de siège. Ainsi, on appelle érysipèle ambulant, celui qui s’étend de proclie en proche ; rhumatisme ambulant celui qui passe d’une articulation dans une autre, etc...

En thérapeutique, on appelle vésicatoires ambulants, ceux que l’on promène sur différentes parties du corps. P. L.

AME. — En biologie, le mot âme exprime « l’ensemble des fonctions du cerveau ou l’innervation encéphalique, c’est-à-dire la perception, tant des objets extérieurs que des sensations intérieures; la somme des besoins, des penchants qui servent à la conservation de l’individu et de l’espèce, et aux rapports avec les autres êtres; les aptitudes qui constituent l’imagination, le langage, l’expression; les facultés qui forment l’entendement; la volonté; et enfin le pouvoir de mettre en jeu le système musculaire et d’agir par là sur le monde extérieur. » Cette définition de nos illustres maîtres Liltré et Robin est celle que nous adoptons comme étant seule conforme au dogme scientifique contemporain qui n’admet ni propriété ou force sans matière, ni matière sans propriété ou force. D'' Paul Labarthe.

AMÉLIE-LES-BAINS (EAdx minérales d’). — Amélieles-Bains est un bourg, situé à 39 kilomètres de Perpignan, dont les eaux, connues du temps des Romains, proviennent de dix-sept sources qui sont toutes sulfurées sodiques et d’une température variable entre 20 et 60 degrés. Ces sources alimentent deux établissements publics et un établissement appartenant à l’État, qui peut loger 600 militaires.

Les eaux d’Amélie-les-Bains se prennent en boisson, en bains, en douches et en vapeurs. On les conseille avec succès contre les dermatoses, les catarrhes bronchiques, la pthisie, le rhumatisme, le scrofule, les caries, les tumeurs blanches, les plaies et les blessures anciennes.

Le climat d’Amélie-les-Bains est très doux, et fait de cette petite ville une excellente station hivernale. Aussi les bains y sont ouverts toute l’année.

D' Paul Labarthe.

AMÉNORRHÉE. — On peut définir l’aménorrhée, le retard dans l’apparition des règles ou bien leur

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arrêt à une époque où la femme devrait les avoir régulièrement, ou bien encore leur absence au moment ou la jeune fille doit être femme, c'est-à-dire entre onze et quatorze ans dans nos climats. Dans ces trois cas l’aménorrhée est un état anormal; elle constitue un accident que l’on ne doit pas toujours considérer comme très grave, car, il n’est pas dans beaucoup de cas le symptôme d’une maladie déterminée.

L’aménorrhée n’est plus une affection accidentelle lorsqu’il s’agit des femmes enceintes: chez elles l’absence des règles existe pendant la durée de la grossesse et se prolonge pendant les six ou sept premiers mois de l’allaitement.

La femme atteinte d’aménorrhée éprouve des malaises indéterminés, des bouffées de chaleur et de rou'^eur à la face, une sensation de plénitude dans la p'oitrine et au ventre, des maux de tête, des vertiges, des tintements d’oreilles, de la somnolence, des tiraillements dans les lombes, elle a des flueurs blanches et quelquefois des saignements de nez, des crachements et même des vomissements de sang.

Différentes causes peuvent produire l’aménorrhée. Elle est le plus souvent le symptôme de la chlorose, d’un certain nombre de maladies constitutionnelles, telles que la scrofule, la phtisie, le cancer, etc., et en général de toutes les affections chroniques amenant un état cachectique de l’économie.

L’aménorrhée peut dépendre de 1 inflammation aiguë ou acquise de l’utérus et de ses annexes,, ou eiTcore de causes agissant directement sur les fonctions de l’ovaire ou de l’utérus. On remarque chaque jour la suppression des règles chez une personne qui aura eu l’imprudence de laisser longtemps ses bras dans l’eau froide. Une grande perte de sang, soit par un traumatisme, soit par une saignée produit les mêmes effets. Les émotions morales vives, la frayeur, une mauvaise nouvelle inattendue, peuvent produire le même résultat.

On voit combien est impressionnable l’appareil génital puisque une influence morale seule suffit à troubler ses fonctions. Raciborski dans son Traité de la menstruation, dit qu’il a observé une variété d’aménorrhée transitoire qui consiste en un retard de 8 à 15 jours dans l’apparition des règles, chez les femmes qui craignent d'être enceintes et pour lesquelles certaines conditions de position sociale feraient d’une grossesse un véritable malheur. Il a constaté le même effet chez des femmes stériles qui avaient un vif désir d’avoir des enfants et dont les souhaits ne se réalisaient pas.

Enfin, il peut y avoiraussi aménorrhée par vice de conformation, soit que l’utérus manque d'une façon absolue, soit qu’il ne soit pas perforé. I..es ovaires peuvent quelquefois manquer aussi ou bien n’avoir pas pris un développement suffisant. Dans le cas d’absence des ovaires, il n’y a rien de particulier qui se produise ; dans celui où le développement est insuffisant, il y aura tous les mois des accidents douloureux qui se présenteront à l’époque où les règles devraient apparaître : une vive douleur au-dessous du ventre, de violents maux de reins, une courbature générale très pénible, tels sont les principaux phénomènes qui pourront durer de huit à dix jours pour cesser et reparaître ensuite de mois en mois d’une façon

plus ou moins régulière, c’est du moins ce qui se passe dans la grande majorité des cas. Quelquefois il se produit chez certaines malades des congestions et des écoulements de sang, soit par l’urèthre, soit par le rectum; on constate aussi des vomissements de sang et des saignements de nez. Il est difficile de préciser la durée de ces flux sanguins périodiques ; quoiqu’il en soit, plus la personne atteinte avance en âge, plus ces accidents diminuent d’intensité, jusqu’au moment où ils disparaissent complètement comme auraient fait les règles.

Le traitement de l’aménorrhée doit varier avec la cause qui la produit. Et d’abord, comme mesure préventive, les jeunes filles et les jeunes femmes feront bien d être prudentes, au moment de l’évolution menstruelle, d’éviter les refroidissements, les fatigues de toute sorte, surtout la danse, le co'it, les émotions vives.

Si l’aménorrhée se rattache à une affection de la matrice ou des ovaires, il faut tout d’abord traiter celle-ci. Si elle dépend d’un vice de conformation, il faut le faire disparaître par une opération lorsqu’elle sera praticable.

Si l’aménorrhée est due à la chlorose, à la chloro-anémie, ce qui arrive très fréquemment, s’il y a des troubles nerveux, si l’estomac est paresseux, si les digestions ne se font pas, s’il y a des vomissements, il faut administrer les ferrugineux {'pilules de Blancard, pilules de Rubuteau, fer Robiquet, Jer Levas, sirop de Dusourd, fer Girard, c.itro-lactate de fer de Rocher, etc.); les préparations de quinquina {vin de Séguin, vin deBellini, sirop quinoferruyineux de Grimault, etc.); une alimentation tonique et réparatrice, les eaux ferrugineuses {Orezza, Renlaiyup, Fougues, etc.); les bains de rivière, les bains de mer ou les bains de Pennés, l’hydrothérapie.

Chez les femmes pléthoriques, lorsque la suppression des règles est suivie immédiatement de phénomènes congestifs du côté de la matrice et de ses annexes, on peut pratiquer une petite saignée, appliquer deux ou trois sangsues au périnée ou aux grandes lèvres, et conseiller l’exercice, la gymnastique, une alimentation légère et quelques laxatifs.

Comme médication spéciale, nous conseillons l’application sur le ventre de cataplasmes chauds ou de flanelles chaudes imprégnées de vapeurs aromatiques; les alcooliques, les bains de pieds sinapisés, les sinapismes posés à la face interne et supérieure des cuisses. Ce traitement doit être institué pendant les quatre ou cinq jours qui précèdent le moment où les règles sont attendues. Pendant la même période, on aura de plus recours d.u\emménagogues. Le safran, la sabine, l’armoise, la rue, généralement employés, ne nous inspirent, comme à beaucoup de nos'coufrères, aucune confiance. Cependant, le professeur Courty a ordonné avec succès des pilules contenan chacune :

Rue, Sabine, seigle ergoté. . . à à .5 centigrammes.

Xlobs 2 à 5 centigrammes.

à prendre 3 le premier jour, 6 le second et 9 le troisiènte. Nous préférons de beaucoup les capsules d'Apiol de Joret et Homolle, à la dose de 1 le matin et 1 le ^Oïl* ^ Paul IjABAuthe»

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AMERS. — Nom donné à un grand nombre de médicaments, doués d’une amertume plus ou moins prononcée, qui sont employés en médecine comme stomachiques, apéritifs, fébrifuges, anthelmintiques et diurétiques. p. L

AMÉTROPIE. — Nom collectif de Y astigmatisme, de la miopie et de la presbytie. (V. ces mots.)

AMIANTE. — Substance minérale, sous forme de filaments fins, fle.\ible et d'un aspect soyeux, de couleur le plus souvent blanche, quelquefois grisâtre ou tirant sur le vert.

L’amiante est un silicate de chaux et de magnésie, matière incombustible, fusible cependant au chalumeau. C'est cette propriété qui rend ce corps intéressant.

On en a fait des produits incombustibles, des tissus, des mèches de lampe, du papier, du carton, mais ces objets ne sont pas devenus usuels et sont restés à l'état d'essais et de curiosités. Les anciens, qui l’appelaient lin incombustible, avaient déjà fait ces essais. A Rome, on en faisait des nappes qii’on jetait au feu pour les blanchir. On l'utilisait aussi pour faire les suaires des morts dont on voulait conserver les ossements après l’incinération. Dans les laboratoires, on s'en sert quelquefois pour filtrer des acides et des alcalis caustiques. On l’emploie en médecine pour faire des pinceaux destinés à appliquer des acides sur des plaies. Réveil l’avait proposée en remplacement de la charpie et l'a utilisée avec succès au pansement des plaies avec le permanganate de potasse.

Il existe une variété d’amiante à fibres raides et cassantes, que les minéralogistes appellent asbeste et qui a les mêmes propriétés. Alfred Chardo.n, Ph''“.

AMIDON. — L'amidon est une fécule retirée du blé sous forme de substance blanche, pulvérulente, grenue, inodore, insipide, inaltérable à l’air, insoluble dans l’eau froide, l’alcool, l’éther, les huiles; peu soluble dans l’eau bouillante avec laquelle elle forme, en se refroidissant, une gelée bleuâtre désignée sous le nom d'empois. On trouve l’amidon dans presque toutes les parties des plantes, principalement dans les racines, les tubercules, les tiges et les graines. C’est lui qui, par sa présence dans les semences soit des graminées, soit des légumineuses, ou dans les tubercules des pommes de terre, rendciîs matières si précieuses pour la nourriture de l'homme. L'amidon entre pour les deux tiers dans la farine, on peut donc dire qu’il est la base du pain. Le tableau suivant donne d'après Payen les proportions d’amidon contenues dans les fruits des principales

céréales :

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