‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 43 sur 238 · A PH · texte numérisé non relu

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APH

dans l’espace interaryténoïdien qui empêche le rapprochement des cordes ; tantôt c’est une lésion de même nature qui a envahi l’épiglotte, qui alors forme en quelque sorte bouchon sur le larynx. Plus tard, ces mêmes lésions guéries peuvent être la cause d’aphonie par suite des désordres occasionnés dans l'organe vocal : cicatrices, pertes de substance.

Canct r du larynx. — Au début de son évolution le cancer laryngien ne détermine que de la dysphonie. Plus tard, quelle que soit la forme du cancer, on voit survenir l’aphonie.

Tout d’abord, elle n’est déterminée que par la tumeur elle-même; plus tard il se produit des œdèmes i-t des destructions qui amènent la perte totale de la voix.

Scrofulides du larynx. — Ce n'est qu’à une période très avancée de leur évolution que des scrofulides déterminent l’aphonie. Il faut pour cela que le lupus ait détruit les cordes vocales, ce qui est très rare.

Œdèmes. — Les œdèmes au contraire, quelle que soit la lésion qui les ait déterminés, sont toujours accompagnés d’aphonie, du moment où ils acquièrent un volume considérable. Les œdèmes tuberculeux et cancéreux sont ceux qui s’accompagnent le plus fréquemment d’aphonie.

Paralysie. — Ce sont surtout les paralysies du larynx qui amènent l’aphonie et beaucoup de médecins encore réservent cette dénomination pour désigner spécialement cette affection.

L’aphonie la plus fréquente de toutes est de nature hystérique et se rencontre surtout chez la femme. 11 n’est pas rare de trouver chez des hystériques une perte complète de la voix par suite du défaut de rapprochement des cordes vocales inférieures. Quelques malades peuvent encore proférer quelques sons et en général la maladie s’est développée sous l’intluence d’une excitation morale violente (peur, chagrin, joie, etc.). L’aphonie dans ces cas peut être pour le moment la seule manifestation de l’hystérie, mais le plus souvent elle s’accompagne d’autres manifestations telles que des analgésies, des anasthésies, des perversions des sens.

L a|ihonie par paralysie des cordes par compression est rare, car le plus souvent, la compression des nerfs récurrents est uni'atérale et dans ces cas il y a seulement dysphonie. J’ai observé la compression des deux récurrents et par conséquent l’aphonie, dans un cas d’adénopathie trachéo-bronchique.

Rares aussi sont les paralysies laryngées d’origine cérébrale. On en a signalé quelques cas ; nous nous contentons de les citer.

l’olypps. — Les polypes laryngiens sont souvent la cause de l’aphonie qui est plus ou moins pronon- ^•l'■e suivant les dimensions des polypes. Toutes i hoses égales d'ailleurs, les polypes situés sur les bords libres des cordes vocales sont le plus fréquemment la cause d’aphonie et celle-ci est d’autant plus prononcée que le polype siège plus près de l'angle d’insertion des cordes. Il est inutile de dire que la nature même de la tumeur n’influe que très peu sur le plus ou moins d’intensité de l’aphonie.

Nous nous contenterons de citer comme pouvant déterminer l’aphonie, les plaies du larynx, les fractures de cet organe et enfin les corps étrangers.

Causes supaA-LAUYNGÉES. — L’aphonie peut en-

core être déterminée par des lésions de la langue ou du pharynx. Elle est alors purement mécanique et nous nous contenterons de citer les glossites intenses surtout les glossites mercurielles, le cancer de la langue, les abcès et les tumeurs du pharynx, le cancer des amygdales.

Causes indéterminées. — Il est un certain nombre d’affections pendant lesquelles on voit survenir l’aphonie, sans que l’on puisse affirmer que ce soit telle ou telle cause qui la détermine. Nous nous contenterons donc aussi de les énumérer. On voit l’aphonie survenir pendant le cours d’un rhumatisme articulaire. Quelques-uns dans ces cas ont prétendu que les articulations crico-aryténo’idiennes étaient envahies.

Les fièvres intermittentes graves s’accompagnent quelquefois de la perte de la voix.

L’aphonie est la règle dans le choléra asiatique ■ — on la retrouve encore dans l’intoxication rabique et dans quelques intoxications surtout gazeuses.

On le voit donc par cet exposé, l’aphonie n’est qu’un symptôme et ne constitue pas une maladhi proprement dite, et le plus souvent, ce n’est pas à elle que le médecin doit s'adresser dans sa thérapeutique. Cependant il doit la traiter, comme il traite la douleur, comme il traite des vomissements — surtout en s'adressant à la cause. Aucune affection ne justifie mieux l’adage: sublata causa lollitur effectus.

Seules les paralysies de nature nerveuse réclament un traitement propre, je veux parler des électrisations directes ou indirectes. Les électrisations directes se font avec une pile ordinaire de Trouvé ou de Chardin dont on porte les deux pôles dans le larynx, sur les parties immobiles, à l’aide d'un exc tateur spécial. L’électrisation indirecte se fait avec le même appareil dont on place les pôles de chaque côté du cou sur le trajet des nerfs récurrents.

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