D’HYGIÈNE PUBLIQUE ET PRIVÉE
ABAISSE LANGUE. — On appelle ainsi des instruments spéciaux à l'aide desquels en déprime la base de la langue de façon à pouvoir explorer le pharynx et pratiquer certaines opérations dans l'arrière-bouche.
La plupart des abaisse-langue sont constitués par une plaque en bois, en métal ou en ivoire, creusée à sa face linguale de petits sillons transversaux destinés à empêcher le glissement, adaptée sur un manche en bois. On fabrique des abaisselangue dans lesquels le manche en bois est remplacé par une seconde plaque plus petite que la première, articulée à charnière, de façon à s'appliquer sur elle. Ce modèle a l’avantage de réunir en un même instrument et sous un petit volume deux abaisse-langue, servant l’un pour les enfants et l’autre pour les adultes. Dans un autre modèle, on a adapté sur le manche une pince mobile au bout de laquelle on peut fixer une petite bougie, ce qui facilite l’exploration et permet au médecin de garder la liberté d’une de ses mains.
Tout récemment MM. Rainai frères ont imaginé et construit un abaisse-langue auquel ils ont adapté un pulvérisateur ; le tube à pulvériser fait corps avec l’abaisse-langue, et est disposé de façon à pouvoir graduer la pulvérisation. Avec ce nouvel instrument, le médecin peut diriger la pulvérisation sur un point fixe, et cela d’une seule main; l'autre main, restée F'g- 2.
libre, lui permet d'éclairer la cavité buccale.
L’appareil de MM. Rainai se compose d’un tube nikelé traversant un bouchon en caoutchouc, fermant hermétiquement le flacon dans lequel on introduit le liquide à pulvériser; à l’extrémité du tube existe une olive qui sert à graduer la pulvérisation en tournant celle-ci de droite à gauche. La soufflerie Dictionnaire de Médecine üsuelle.
Fig. 1.
Abaisse-langue fixe
qui est fixée après une des branches en métal nikelé se compose de deux poires en caoutchouc. La
Fig. 3, — Abaisse-langue articulé, de Ricord.
première reçoit les impulsions de la main qui doivent être rapides. La seconde sert de réservoir d’air et permet d'obtenir une pulvérisation sans intermittence. Toutes les pièces de
cet appareil se démontent et peuvent être facilement remplacées.
Les abaisse-langue sont très utiles, sans être pour cela indispensables. On peut, dans l’immense majorité des cas, les remplacer par le manche d’une cuiller d’argent et mieux d’étain, celle-ci étant plus flexible et pouvant être coudée plus ou moins, selon les cas.
D une introduction généralement facile , surtout chez les adultes, l’abaisse-langue est souvent très difficile à introduire chez les enfants. Nous conseillerons de ne jamais avoir recours
Fig. 4.
Abaisse-langue
articulé
avec réflecteur.
ABA
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à la force, et d’user surtout du petit artifice suivant, qui réussit presque toujours : lorsque l’enfant refusera de desserrer les dents, prenez-lui l'ouverture des narines entre vos doigts. La surprise et, à son défaut, le besoin de respirer lui feront vite entr’ouvrir la bouche. Profitez de ce moment pour introduire l’abaisse-langue.
Une fois que l'abaisse-langue a été ainsi introduit,
l’enfant peut de suite fermer la bouche, ce qui est un inconvénient dans bien des cas. Pour l'empêcher, au lieu d'introduire l'abaisse-langue, on place d’abord entre les deux mâchoires, au niveau de l'une des commissures des lèvres, l'extrémité d'une cheville de bois plus ou moins grosse, arrondie, bien polie, ayant à peu près la longueur du doigt indicateur, qu'un aide contient en place en même temps qu'il tient la tète de l’enfant entre ses genoux'. En cet état, ni enfant ni adulte ne pouvant fermer ta bouche, l'abaisse-langue reste fixe et il est facile de manœuvrer sans crainte dans la cavité buccale et l'arrière-gorge. Ce moyen m'a sei'vi beaucoup, il y a quelques années, dans une épidémie d'angine couenneuse. D' a-l. Ijabarvhe. père,
Ancien interne des hôpitaux.
ABAISSEMENT. — Action d'abaisser ou de déprimer un organe sain ou malade : abaissement de la langue; abaissement de la cataracte. Ou bien encore situation acquise par un organe occupant une situation plus déclive que dans l'état normal : abaissement de la matrice. P. L.
ABAISSEUR. — Qualification imposée à un muscle qui porte un organe en bas, ainsi : muscle abaisseur de l’œil. On donne aussi ce nom à certains instruments usités par les chirurgiens pour attirer quelques organes vers des parties plus déclives. C’est dans ce sens qu'on a dit : abaisseur de l'œil, abaisseur de l'utérus. p. l.
ABAT-JOUR. — On désigne sous ce nom des appareils qu’on emploie pour éviter la diffusion de la lumière et pour la concentrer sur un point donné; ' le plus souvent une table de salon, de salle à manger ou de cabinet de travail. Il y a des abat-jour en opale, en porcelaine, en métal recouvert de couches de peinture et en papier. Leurs formes et leurs couleurs varient presque à l'infini. Malheureusement ceux qui plaisent le plus à Vœil sont précisément ceux qui sont le plus funestes à la vue. Nous ne saurions trop le répéter : on ne devrait jamais se servir, pour travailler, d'abat-jour présentant des alternatives de parties claires et obscures, non plus de ceux qui sont ornés de couleurs bigarrées et multiples. Les meilleurs de tous les abat-jour sont sans contredit les abat-jour en opale, ou en papier vert uni, couleur obtenue par une préparation arsenicale connue sous le nom de vert de Schvveinfurst (dissolution d’acide arsénieux avec une quantité égale d'acétate basique de cuivre).
Hygiène professionnelle. — Les ouvriers qui fabriquent ces derniers sont sujets, ainsi que l’a démontré le D’ de Pietra Santa, dans un mémoire publié en 1858 dans les Annales d'hygiène, à une affection particulière caractérisée par la manifestation de vésicules, pustules, plaques muqueuses et ulcérations, situées sur les parties exposées au contact immédiat de la matière colorante (doigts de la main et des pieds, parties génitales et plus particulièrement le scrotum). Ces accidents sont locaux, sans retentissement sur l’organisme, sans trouble des systèmes circulatoires «t assimilatifs, et ne présentent aucune gravité. Leur fréquence est en rapport direct avec le défaut de propreté et la négligence des ouvriers eux-mêmes. Leur développement peut être arrêté par des précautions hygiéniques, telles que les ablutions fréquentes, les bains, l'usage des gants, etc. Chez les nombreux malades qu'il a eu occasion d'observer et de soigner à la prison des Madelonnettes, M. de Pietra Santa s’est constamment servi, et avec le plus grand succès, de lotions d’eau salée sur les parties malades, qui étaient immédiatement saupoudrées de calomel. (V. Arsenic, Papiers peints) (1 ). D' Paui, Labarthe,
Membre de la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle, et de la Société française d’hygiène.
ABATTEMENT. — Sous le nom d’abattement on doit entendre une diminution notable des phénomènes vitaux, caractérisée le plus habituellement par une atténuation des fonctions des principaux organes ou systèmes organiques. Le système nerveux surtout est primitivement frappé, aussi bien celui qui préside à l'intelligence que celui qui a sous sa direction les phénomènes nutritifs et sécréteurs.
Plusieurs termes médicaux peuvent être considérés comme synonymes du mot abattement : nous citerons, entre autres, les mots prostration des forces, asthénie, adynamie; ce dernier est fréquemment employé et même a pu servira Cullen d’abord.
(I) Il est à peine besoin d’avertir le lecteur une fois pour toutes que tous les mots, en italique ou autres, dont la technicité le surprendrait, ont un article spécial à leur place alphabétique dans le Dictionnaire.
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puis à Pinel, pour clablir une certaine classe de maladies dites adynamiques.
Une altération organique doit-elle précéder nécessairement l'apparition de cet état que l'on désigne sous le nom d'abattement? Non, sans aucun doute; de violentes émotions, de profonds chagrins -suffisent, sans altération aucune, pour déterminer la , prostration des forces. Dans ce cas, l'énergie morale fait défaut; la réaction de l'organisme est insuftisajite, et le moindre ébranlement, une simple grippe survenant, par exemple, entraînera comme consépience, pendant l'évolution morbide ultérieure, une prostration, un abattement complètement en désaccord avec une maladie généralement aussi bénigne. Certaines races, certains tempéraments sont beaucoup plus vivement frappés que d'autres, par suite de cette disposition innée ou acquise. Pendant le siège de Paris, de nombreux cas semblables furent fréquemment soumis à notre observation.
Non seulement certains tempéraments prédisposent k l'abattement, mais certaines maladies jouent aussi, k cet égard, un rôle prépondérant : la fièvre typho'ide, les maladies virulentes causées par la présence des microbes (fièvre puerpérale, variole, choléra) provoquent rapidement l'apparition d'un état tel que les malades n’ont, pour ainsi dire, plus conscience de leur intelligence et de leurs actes; les forces musculaires sont anéanties, les sécrétions et les excrétions se modifient d'une façon telle que les échanges organiques moléculaires, nécessaires k l'entretien de la vie, ne s’opèrent plus et mettent le malade en danger, si une réaction spontanée ou provoquée ne se fait pas rapidement. Citons encore la sénilité, l'alcoolisme parmi les causes les plus fréquentes de l'abattement.
La thérapeutique, fort heureusement, possède un arsenal assez satisfaisant pour modifier un tel état : les stimulants de toute espèce, aussi bien les stimulants du système nerveux central que ceux qui agissent sur la périphérie cutanée (bains, frictions, révulsifs) sont de la plus grande utilité. Les cordiaux, les toniques, les excitants, (quinquina, quinine, caféine, coca, noix vomique), pourront aussi permettre de lutter avec succès, tout en agissant sur le tube digestif, pour contraindre le malade k supporter une alimentation en rapport avec sa situation ; c'est dans des cas semblables que les aliments pepionisés seront d'un précieux avantage.
D'' La.nduieü.v,
Médecin des hôpitaux, ancien chef de Clinique médicale de la Faculté de médecine de i’aris.
ABATTOIRS. — Hygiène publique. — Les abattoirs sont des établissements publics communaux, dans lesquels on abat et on dépèce les animaux, tels que b.eiifs, veaux, moutons, porcs, qui servent k notre alimentation. Ils ont remplacé les anciennes tueries particulières et sont d'institution toute moderne. C'est en 1810 que le décret ordonnant leur établissement fut promulgué, et en 1818 seulement qu'eut li(!U leur institution définitive.
Nul ne saurait contester aujourd'hui les avantages immenses des abattoirs au point de vue de l'hygiène et de la salubrité publiijues, grâce k l'ensemble des conditions hygiéniques qu'ils doivent présenter.
Ces conditions sont relatives a leur situation générale et k leur aménagement intérieur.
Les abattoirs doivent toujours être placés hors des villes ou tout au moins k la circonférence: l“ponr éviter les accidents qu'entraînerait fatalement le passage des bestiaux k travers les rues ; 2" k cause des odeurs très désagréables qu’exhalent certaines opérations qui se pratiquent dans ces établissements , telles que la cuisson des tripes , la fonte des suifs, et k cause des émanations putrides qui s’échappent de la fermentation des matières animales, telles que vidanges, sang, abats, graisses, tripes, fumier, etc. ; 3° k cause des cris des animaux et des dangers graves qui pourraient survenir dans le cas où un animal mutilé s’échapperait des abattoirs ; 4° k cause des incendies, toujours k redouter, par suite des provisions de fourrages, des fontes de graisses, des brûloirs, etc.
Leur construction aura lieu à proximité d’un cours d’eau ou dans un endroit où on pourra amener l’eau facilement et en grande abondance. On choisira aussi de préférence un point élevé , en tenant compte, pour l’orientation, du degré de fréquence des vents qui régnent dans la ville. Une autre précaution utile, comme le fait justement remarquer le D'' Beaugrand, serait d’interposer entre eux et la ville une double rangée d’arbres élevés dont les racines absorberaient les liquides imprégnés de matières animales qui, malgré toutes les précautions, s’infiltrent dans le sol, et dont le feuillage intercepterait les émanations fétides.
Les abattoirs sont rangés dans la premièp.e classe des établissements insalubres, dangereux et incommodes.
La loi de 1874 sur le travail des enfants et des filles mineures employés dans l’industrie, proposée par M. A. Joubert et k laquelle a tant travaillé le D’’ Th. Roussel, interdit (arf. 13) l’emploi des enfants au dessous de seize ans dans les abattoirs, k cause des dangers de blessures qu'ils y pourraient courirf p.l,
ABCÈS. — On donne ce nom k toute collection de pus dans une poche circonscrite. Lorsque la formation du pus est accompagnée de phénomènes inflammatoires bien tranchés (rougeur, douleur, chaleur, gonflement), l’abcès est dit chaed ou i>iileg.moiNeux. Ces phénomènes inflammatoires sont- ils, au contraire, peu prononcés, l’abcès est dit fiîoid. Dans le dernier cas, s'il n’existe aucune lésion osseuse concomitante k l'abcès, celui-ci est appelé froid idiopathique. Si, au contraire, il y a altération d un des points du squelette, plus ou moins éloigné, mais en communication avec la collection purulente, c'est un abcès FROID SY.MPTOMATIQUE OU OSSIFLUAiN'T. 11 CxistC encore un autre genre d'abcès dits métastatiques.
1. Abcès chauds ou phlegmoneux. — Ils se développent quelquefois spontanément: bien plus souvent a la- suite de violences de toutes espèces, ou encore consécutivement k la pénétration au milieu des tissus vivants, soit de corps étrangers venus du dehors ou même de l'intérieur de rorgauisme, soit de liiiuides contenus dans les réservoirs naturels du corps (vessie, intestin), alors que ces liquides s'infiltrent dans le tissu cellulaire par le fait d'une rupture des viscères.
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Ces abcès se rencontrent dans tous les points de l’organisme, même dans le tissu des os ; mais ils sont surtout communs dans les parties du corps riches en tissu cellulo-graisseux.
11 faut considérer dans tout abcès chaud le contenu de la poche, c’est-à-dire le pus ; le contenant, c’est-à-dire la poche qui renferme ce liquide ; l’état des parties qui entourent la cavité purulente.
à). Le PUS olfre des caractères particuliers qui lui ont fait donner le nom de pus phlegmoneux. C’est un liquide blanc jaunâtre, onctueux, opaque, homogène, de consistance crémeuse ; mélangé parfois de grumeaux de fibrine, ou bien d'une certaine quantité
de sang ; dans le dernier cas, il a un aspect lie de vin.
b) . La poche a des dimensions variables; la face interne en est de couleur rouge, traversée parfois, d’une paroi à l'autre, par des brides qui sont des vestiges des vaisseaux et des nerfs de la région.
c) . Tout autour de la poche, le tissu cellulaire ambiant est infiltré d'un liquide que l'inflammation, origine de l'abcès, a laissé transsuder de l'intérieur des vaisseaux sanguins, et que l’on appelle lymphe PLASTIQUE. Cette zone de lymphe plastique empêche le pus de s’infiltrer au loin ; plus tard, elle se transforme en une membrane pyogénique, c'est-àdire en membrane sécrétant le pus.
Lorsqu’un abcès chaud est abandonné à sa marche naturelle, le pus tend graduellement à se porter vers la surface du corps ; ce liquide détruit lentement, par un travail à.’ ahsnj’ptioii progressive, les diverses couches qui le recouvrent, et il finit par se frayer une issue au dehors, à travers des ulcérations dont la peau elle-même est atteinte. Lorsque la collection se forme à une certaine profondeur au-dessous de la peau, et qu’elle est située au voisinage d'une cavité naturelle (bouche, vessie, vagin, plèvres), elle s'ouvre parfois dans celle-ci, et le pus est alors expulsé par d’autres voies.
Après l’ouverture de l'abcès, abandonné à son évolution spontanée, il arrive : ou bien, ce qui est rare, que les parois opposées du foyer s'agglutinent et que la guérison survient; ou bien, fait plus commun, que les parois, ne se recollent qu'en partie, et qu il subsiste une ou plusieurs ouvertures, nommées fislulex, fournissant de la suppuration, se cicatrisant par intervalles, pour se rouvrir de nouveau.
Tout abcès chaud est précédé d'une tumeur que l’on appelle }ihleginou{\. ce mot). Lorsque le phlegmon se termine par suppuration, ce qui est le cas le plus commun, le malade accuse dans la tumeur des battements continus, appelés douleurs Inncinanies.
Une fois formé, l'abcès chaud se présente sous
la forme d’une tumeur, bien circonscrite, plus ou moins volumineuse, de consistance dure à la circonférence, molle et élastique dans le reste de son étendue et surtout au centre; fournissant à la pulpe des doigts des deux mains qui exercent une pression sur elle, à une certaine distance, une sensation spéciale dite de fluctuation, qu’il ne faut pas confondre avec la fausse fluctuation fournie par des tumeuis d'un autre genre, par exemple les tumeurs blanche> des articulations, le cancer encéphalo'ide.
La fluctuation vraie étant le signe pathognomonique, c'est-à-dire caractéristique de l’abcès, il e-t facile de comprendre que les collections purulentes sont d’autant plus difficiles à reconnaître qu'elle.occupent un siège plus profond. Lorsque le chirurgien conserve des doutes sur l’existence du pus, il pratique parfois jusque dans la tumeur, à travers toutes les parties molles qui la recouvrent, une ponction exploratrice avec une lame de bistouri étroite ou un trocart. S’il existe un abcès, quelques gouttes de pus apparaissent sur la portion de la lame du bistouri restée en dehors des parties molles, ou dans la canule du trocart.
Le traitement des abcès chauds est préventif ou curatif.
a) . On combat le phlegmop, point de départ de l’abcès, par des émissions sanguines (sangsues sur la tumeur, saignée du bras), des cataplasmes émollients de farine de lin et d’eau de guimauve, la situation élevée de la partie, quand cela est possible, afin d’y modérer l’afflux du sang, la diète plus ou moins sévère, les boissons dites délayantes (limonade, bouillon de veau ou de poulet), les purgatifs.
b) . Dès qu’on a constaté la présence du pus par la fluctuation, il faut évacuer le liquide au moyen d’un bistouri plongé dans la tumeur. La lancette n’est employée que dans les abcès d’un très petit volume. 11 faut proscrire les caustiques et les pommades de
Position du bistouri tenu comme une plume à écrire, le tranchant en bas, pour ouvrir les abcès, de dehors en dedans, dans les régions où il faut inciser avec précautions.
toutes sortes, de la nature de ces derniers, qui exigent un temps fort long pour détruire les tissus recouvrant la poche purulente. Cet expédient est ré-^ servé pour des cas spéciaux, jiar exemple pour les collections purulentes qui occupent un siège profond, comme l’abdomen, la poitrine, et dans lesquelles on n’arriverait d’emblée avec le bistouri sans s'exposer à léser des organes importants.
Après l'ouverture de l'abcès, on introduit quelques brins de charpie entre les lèvres de la plaie, pour en empêcher une cicatrisation trop prompte, ce qui
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nécessiterait une nouvelle incision. Au bout de vingtquatre heures , cette précaution n'est plus nécessaire.
Tant que l’abcès est accompagné de phénomènes inflammatoires (gonflement, rougeur), on maintient sur la région des cataplasmes de farine de lin; on soumetlarégion, si elle est favorablement située pour remplir cette indication, à des bains émollients, d'une demi-heure de durée, deux fois par jour. Après la cessation des phénomènes inflammatoires, on couvre la plaie d'un linge troué enduit de cérat ou de vaseline , par-dessus lequel on place des gâteaux de charpie fine, destinée à absorber le pus.
On complète le pansement avec des compresses de toile fine et un bandage contentif approprié.
Lorsque l'abcès ne se cicatrise pas au bout d'un certain, nombre de jours, il faut chercher la cause de ce retard. Si c’est un corps étranger qui entretient la suppuration, il faut l'extraire. La peau qui avoisine l'ouverture de l'abcès est-elle très amincie, décollée, ce qui l'empèche d'adhérer aux parties profondes, une compression métho.dique suffit parfois pour obtenir ce recollement ; ou bien il e^t nécessaire de fendre avec un*bistouri toute l’étendue de la portion décollée; dans certains cas, il faut exciser cette portion. Certains abcès occupent une situation telle que le fond de la collection se trouve dans une partie déclive, ce qui ne permet pas au
Fig. 8. — Position du chirurgien incisant un abcès de l’avant-bras.
au dehors de la cavité purulente, une injection d'eau pure ou d'un liquide médicamenteux pour laver la cavité purulente. Cet expédient est connu sous le nom de drainage chirurgical. (V. ce mot.)
H. Abcès froids. Il en est de deux sortes.
a). Abcès FROIDS IDIOPATHIQUES. — Ils sont rares.
Sous ce nom, on a décrit le plus souvent des adénites suppurées, c’est-à-dire des collections purulentes formées dans l’épaisseur et autour des ganglions lymphatiques. On les rencontre au cou, dans l’aisselle, à l'aine.
Ces abcès se rencontrent principalement chez les individus dsués d’un tempérament lymphatique ou d’une diathèse strumeuse. On les observe plus fréq U emm ent chez les enfants
et les femmes que chez les hommes.
h). Abcès froids ossifluents. — Ce sont ceux qui ont pour point de départ une lésion osseuse. Lorsque cette altération du squelette siège sur un point éloigne de la surface du corps, et que le pus est obligé de parcourir un trajet plus ou moins long avant de former une tumeur proéminant sous la peau, l’abcès est dit par congestion’.
Si, au contraire, le point du squelette malade n’est pas éloigné de la surface du corps, l’abcès reste dans les environs de son point de départ, et on l'appelle SESSILE.
Les abcès ossifluents reconnaissent généralement pour cause la diathèse scrofuleuse.
Le pus renfermé dans ces abcès
pus de s’écouler par l’ouverture Trocart à drainage, la pointe dans le manche, nréseute des caractères phvsi- '■ - J 1 • • — B. Le même « — >- ' -
D. Tube à drainage.
pratiipiée, dans le principe, avec le bistouri. On fait alors une nouvelle incision dans le point le plus déclive (contre-ouverture), et on passe à travers les deux ouvertures une bandelette étroite de linge eu toile, ou bien une sonde en gomme, d'un petit calibre, très flexible, percée de trous dans toute sa longueur, à des distances égales et courtes. Ces soudes s'appellent des drains. On peut pratiquer pur l'un des deux bouts de la sonde, laissés
arme pour la ponction — différents de ceux du pus
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