III. Abcès métastatiques. — Ces abcès se for
ment chez les sujets atteints à' infection purulente. (V. ce mot.) D’' fano,
ITofesseur agrégé de la Faculté de médecine de Taris.
ABDOMEN. — Quelques étymologistes tirent le mot de l'hébreu ab domeif, le père du fumier; d'autres le font dériver des deux mots latins abdo, je cache et oineii, présage, parce que les augures consultaient les entrailles des victimes pour connaître l'avenir qui y était caché. Suivant Freund, ce serait une contratdion et une corruption du mot adzpozueti, de adc/AS, graisse : cette étymologie paraît plus satisfaisante, l'abdomen étant en efl'et la partie du corps où cette substance s'accumule en plus grande quantité chez l'homme.
L'abdomen, ou le ventre, est la grande cavité viscérale circonscrite en haut par le mus(;le diaphraqme qui la sépare de la poitrine ; en bas par le bassin ; ejï arrière par la cotonne v^riêbraU ; en avant et sur les côtés par la peau doublée des muscles du ventre.
Anatomie. — Il faut étudier sm eessivement la région antero-latérale et la région intra-abdominale.
Région antéro-latérale. — Elle est constituée par les parois du ventre en avant et sur les côtés par la sangle qui, en dehors de toute cage osseuse, maintient seule et protège les entrailles. Elle comprend : r la peau, assez mince et mobile, excepté au niveau de V ombilic, et souvent recouverte de poils chez l'homme, sur la ligne médiane; 2“ le tissu cettutaire sous-cutané, fréquemment chargé de graisse, ce qui est le cas normal chez la femme adulte. C'est pour cela que chez la Vénus de Milo, comme chez la Vénus de Médicis, deux chefs-d’œuvre du genre, l'ombilic ou nombril, au niveau duquel la graisse ne peut se développer, est fortement marqué par une dépression profonde. Chez les personnes obèses, l'épaisseur de la couche graisseuse peut devenir considérable. Dans le cas, au contraire, où la graisse est peu abondante, le tissu cellulaire est souvent décrit sous le nom de fascia super ficialis ; 3° la couche musculo-Jibreuse fournie par quatre grands muscles de chaque côté : le grand et le petit oblique, le transverse et le grand droit. Il y a un cinquième muscle, appelé pyramidal en raison de sa forme, mais qui n’est pas constant; 4° le tis'u cellulaire' sous-péritonéal, au-dessous, formé de fibres lâchement unies et renfermant de la graisse dans la partie qui avoisine le péritoine; 3° le péritoine, généralement »très adhérent et formant la couche profonde qui tapisse, à l'intérieur, la paroi abdominale.
Région intra-abdominale. — Nous indiquerons simplement ici les organes contenus dans la ca\ ité abdominale, en marquant leurs rapports avec les parois du ventre.
On la divise en neuf sections {fig. 11) par des lignes fictives, dont les unes horizontales, passent audessous des côtes et au niveau des hanciies ; et dont les autres, verticales, tombent sur le milieu du pli de l'aine.
Ces subdivisions ont été appelées: épigastre (A), région ombilicale (B), hypogastre (C), hypochondres {ü. Y)'), flancs (E, ^'), fosses iliaques (V, F').
A chacune de ces régions correspondent des organes importants.
La zone supérieure abrite, au milieu, l'estomac, le pancréas, et la partie du tube intestinal appelée colon transverse ; à droite, le foie ; à gauche, la rate.
La zone moyenne comprend, au centre, VintesUn grêle, et, de chaque côté, les reins et les parties du tube intestinal appelées colon ascendant (E) et colon descendant (E').
La zone inférieure renferme en C les organes internes de la génération, la vessie et le rectum ; en F le cæcum ou commencement du gros intestin, et en F' la portion du tube intestinal désignée sous le nom de cùlim. iliaque.
Physiologie. — Les parois antéro-latérales de l'abdomen, qui doivent seules' nous occuper ici, jouent un certain rôle dans l'accomplissement de plusieurs fonctions. Dans la respiration, ce rôle est suitout passif: en raison de leur mobilité, elles se laissent distendre au moment de l'inspiration par le diaphragme qui, en se contractant, refoule les viscères abdominaux, d'où le gonflement du ventre. Dans les cas oii la poitrine se trouve comprimée, dans l'impossibilité de se dilater, l'inspiration peut s’effectuer uniquement par le jeu du diaphragme; que si le
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ventre vient à être comprimé en même temps, l’action du diaphragme est annihilée, et très rapidement arrive la suffocation. C’est ainsi que la mort se produit le plus souvent dans les foules, où les individus se trouvent soumis à une pression simultanée du ventre et de la poitrine. En pareille occurrence, ce qu’il y a de mieux à faire, c’est de chercher à s’exhausser par tous les moyens possibles, de manière à dégager au moins la poitrine. Les muscles de l’abdomen ont un rôle^ actif et puissant dans les expirations énergiques, surtout dans l'effort (V. ce mot), et contribuent ainsi à la défécation, à la miction ou expulsion de l’urine et à l’accouchement.
Fig. 11. — Abdomen et ses subdivisions ; A Épigastre. — B. Région ombilicale, — C. Hypogastre. — DD’ Hypochondres. — EE’ Flancs. —
FF’ Fosses iliaques.
Au point de vue des mouvements et de l’anatomie des formes, ces muscles, surtout le grand droit, fléchissent le tronc directement en avant: les deux obliques le fléchissent latéralement : d’où les saillies si admirablement marquées, à la face antérieure du ventre, dans le torse du Belvédère.
L abdomen, dans les sujets bien conformés, offre une surface légèrement convexe chez l’homme, plus rebondie chez la femme. C’est au-dessous du rebord inférieur des fausses côles , entre les hypocondres et les flancs, que se dessine le léger étranglement qui marque la taille. Par suite d’une mauvaise entente des conditions esthétiques, les femmes ont eu l’idée d’exagérér cet étranglement, au point de le rendre ridicule autant que nuisible. En se sanglant jusqu’à la suffocation dans leur corset, certaines d’entre elles sont arrivées à s’enfoncer le rebord des
côtes dans le foie ; si bien qu’à l'autopsie on a trouvé un sillon profond tracé sur cet organe.
Le corset peut être utile en soutenant la taille, en corrigeant les imperfections dont la nature est responsable, mais à la condition de ne jamais déformer ce qu’elle a fait de bien.
Pathologie. — Il ne peut être question ici que des affections chirurgicales ; les maladies des viscères seront traitées à part.
Nous étudierons tour à tour 1“ les contusions de l’abdomen ; 2° les plaies ; 3° les corps étrangers ; 4° les épanchements.
1. Contusions de l’abdomen. — Elles peuvent être simples, limitées à la paroi, ou compliquées de la lésion d’un ou de plusieurs viscères. L’abdomen, en raison de sa mobilité, peut échapper à l’action des corps contondants quand elle est peu énergique; pourtant, un coup de bâton, un coup de poing peuvent déterminer des contusions abdominales et, parfois, avec des conséquences mortelles. Le plus souvent, l’accident est dû à une chute, à un coup de pied de cheval et surtout au passage d’une roue de voiture.
La contusion simple est un accident généralement peu grave, qui se reconnaît aisément par les commimuatifs, par la douleur, par l’ecchymose (moins l’épanchement sous-péritonéal, ce qui est très rare). Les cataplasmes, l’eau blanche ou l’alcool camphré et le repos en ont facilement raison. Mais il peut arriver qu’une contusion simple, sans lésion des viscères, détermine une péritonite; dans ce cas, il est à peu près impossible d’établir le diagnostic et d’écarter l’idée d’une lésion viscérale. D’ailleurs , le traitement, et par malheur aussi, trop souvent, le pronostic sont les mêmes.
Dans les contusions compliquées, tous les viscères énumérés plus haut, comme inclus dans la^avité abdominale, peuvent être atteints. Pourtant, en raison de son volume, de sa consistance et, en même temps, de sa friabilité, le foie l’est beaucoup plus souvent que lès autres. Parfois, ce n’est qu’une déchirure süp’érficielle ; dans d’autres cas, l’organe est réduit en bouillie, pour ainsi dire. Morgagni cite l'exemple d’un enfant de trois ans, écrasé par une voiture, chez lequel une portion du foie, du poids de 3 grammes, avait 4lié entièrement détachée. On constate assez souvent la .rupture de la vésicule du fiel ; par contre, celle des (canaux biliaires s’observe très rarement.
On a observé des déchirures de la rate des reins, des déchirures et des contusions simples du tube digestif, des ruptures de la vessie, de l’utérus dans le cas de grossesse, etc. Toutes ces lésions sont accompagnées d’épanchements provoquant une péritonite presque toujours mortelle. Les signes sont d’ailleurs analogues à ceux qu’on observe dans les plaies de ces différents organes.
On peut rapprocher des contusions les ruptures musculaires de l’abdomen, qui peuvent avoir lieu par le simple fait d’une contraction, d’un effort. Sous ce dernier nom, le public désigne encore le résultat pathologique de l’effort, quoique dans la grande majorité des cas il s’agisse d’une hernie plutôt que d’une rupture musculaire. On a observé des déchirures du muscle grand droit, surtout dans
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raccouchcmcnt, pendant le coït, pendant le vomissement à la suite d'une torsion du tronc, etc. 11 se lait un épanchement de sang souvent considérable, avec dépression des téguments au niveau de la déchirure, ecchymose, douleur vive. Si la déchirure, et par suite l'épanchement sont considérables, la mort peut en être le résultat. En général, dans le cas de rupture par effort, sans contusion, l'accident se termine par la guérison.
Seulement, on peut voir se former et persister uue hernie ventrale. Le traitement consiste dans l'emploi de la méthode antiphlogistique combinée avec le repos et la position.
Le tour de reins consiste dans la déchirure de quelques fibres des muscles de la région lombaire. Cela guérit avec le repos et quelques applications émollientes et résolutives.