‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 73 sur 238 · BIL · texte numérisé non relu

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leur travail qui se fait toujours au grand jour ou à la lumière du gaz ou d’une lampe dont ils concentrent les rayons à travers de grosses boules d’eau. Aussi les maladies des yeux sont très fréquentes chez les bijoutiers. On observe chez eux de la choro’idite, de l’asthénopie, des blépharites ciliaires, et enfin la cataracte. On constate aussi, surtout parmi les sertisseurs de pierres et de diamants, des spasmes des muscles fléchisseurs des doigts et de la contracture analogue à la crampe des écrivains, due à l’exercice professionnel des doigts et des mains. Certains auteurs ont donné comme signe caractéristique professionnel des bijoutiers le renversement de la dernière phalange du pouce en dehors; le docteur Beaugrand qui a examiné un grand nombre d’ouvriers bijoutiers n’a que très rarement rencontré cette déformation.

L’attitude spéciale des bijoutiers qui travaillent presque toujours assis, la poitrine penchée en avant, les coudes appuyés contre les côtes, sans que l’exercice général des muscles de la cavité thoracique compense sa funeste influence, prédispose au développement des maladies de poitrine et à la phthisie, surtout chez les ouvriers employés au polissage des bijoux d’acier, opération qui se fait soit en frottant avec une brosse rude, soit au moyen de meules et qui développe des poussières dangereuses.

Le dérochage, opération qui consiste à polir les bijoux de cuivre (pi’on prépare poui' la dorure et à leur donner une couleur claire sc rapprochant de celle de l’or, en les passant à l’acide nitrique, expose les ouvriers qui y sont employés à l’absorption des vapeurs nitriques qui se dégagent. Ces vapeurs déterminent de la toux, do la dyspepsie, des douleurs très vives dans la poitrine, une irritation intense des bronches accompagnée d’expectoration abondante. Les ouvriers ressentent aussi de très vives douleurs dans l’estomac, des coliques et dans certains cas des vomissements. Enfin, les mains au contact habituel des acides se desquament, se crevassent et se gercent.

Le cyanure de potassium qu’on emploie en grande quantité pour dissoudre l’or et l’argent destinés à la dorure et à l’argenture galvanique des bijoux faux, détermine chez les ouvriers chargés de ce travail des accidents analogues à ceux observés chez les photographes qui emploient aussi le cyanure de potassium (V. Photographe).

Les vapeurs mercurielles qui se dégagent pendant les diverses opérations auxquelles on se livre pour recueillir les débris d’or et d’argent contenus dans les balayures des ateliers de bijouteriel (grillage, lavage, amalgame avec le mercure des cendres obtenues), peuvent occasionner chez ceux qui les exécutent, des accidents mercuriels.

On conçoit qu’en présence de pareils accidents, il est nécessaire que les ouvriers bijoutiers prennent certaines i>récautions hygiéniques.

Us éviteront ou du moins ils diminueront dans •de notables proportions la fatigue des yeux et les troubles de la vue, en employant des lunettes teintées légèrement en bleu noir pendant le jour, et le soir en colorant l’eau des globes avec lesquels ils concentrent les rayons lumineux sur les bijoux^ Us

se serviront d’établis élevés, de façon à empêcher une trop forte inclinaison delà poitrine. Pour neutraliser les vapeurs nitreuses, ils placeront devant leur bouche une éponge ou un masque en étamine trempé dans une solution légère de carbonate de potasse. Us pourront aussi, comme l’a conseillé le docteur Hillairct, combattre les vapeurs nitreuses par les vapeurs d’ammoniaque qui se mélangent en formant des vapeurs blanches, opaques, d’azotate d’ammoniaque entièrement inodores et inoffensives. Pour échapper à l’action des divers acides et du cyanure de potassium sur les mains et les poignets, ils feront usage de gants de peau ou bien de taffetas ciré. Inutile d’ajouter que les ateliers devront être bien ventilés, qu’il sera bon d’avoir une pièce spéciale pour chaque genre d’opérations, et que les ouvriers devront respirer largement le grand air après leur journée de travail.

D"' Paul Labarthe.

BILE. — La bile est un liquide sécrété par le foie et destiné à faciliter la digestion et l’absorption des aliments. La bile que nous voyons d’ordinaire, la seule qui puisse tomber sous nos sens, a été altérée et modifiée par son séjour dans la vésicule biliaire; elle est alors demi-transparente, filante, d’un vert jaunâtre ; son odeur est nauséeuse, son goût amer et laissant dans la bouche une désagréable saveur fade et douceâtre. A l’état naissant, c’est-à-dire quand elle est réellement normale, la bile est au contraire d’un jaune safran.

La bile a la propriété de teindre facilement en sa couleur les éléments anatomiques avec lesquels elle SC met en contact, surtout les cellules épithéliales (V. Jaunisse). Elle est neutre ou légèrement alcaline ; il s’en forme par jour environ 1.200 à 1.300 grammes; la sécrétion habituellement peu rapide, s’accroit considérablement vers la fin delà digestion.

Comme le lait et le sang, la bile, très pauvre en eau, est un des liquides les plus riches de l’organisme en sels minéraux; on y trouve du sel marin, des phosphates de soude, de potasse, de chaux, de magnésie, des sels de fer, deux acides gras, l’acide cholique et l’acide clioléique-, ce dernier contient du soufre et communique à la bile son goOt caractéristique; on y rencontre encore de l’oléine, de la margarine, des savons.

Le principe essentiel de la bile est la cholestérine, rangée actuellement dans la classe des alcools. La choiestérine n’est soluble que dans la bile; d’après Flint, elle serait un déchet d’éléments nerveux.

La bile doit sa couleur à la biliverdine, qui selon les Allemands, viendrait de la matière colorante du sang. L’expérience vérifie en effet que la bile dissout fort bien les globules rouges du sang. Son action dissolvante pourrait donc transformer l’hé~ matoïdine, principe du pigment sanguin en biliverdine.

On voit que la bile a une constitution à part essentiellement différente des autres principes de l’économie, même des sécrétions digestives, comme la salive, les sucs pancréatique, gastrique, etc.

On a cru longtemps qu’elle saponifiait les corps gras, et aujourd’hui on est forcé d’avouer que son rôle est à peu près inconnu. Elle n’est pas réelle-

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