‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 129 sur 206 · DAN · texte numérisé non relu

DAN

mia de fer. A quels accidents n’exposerait pas un chauffeur de locomotive qui ne reconnaîtrait pas de loin le disque rouge, signal de l’arrêt instantané du train, un marin qui ne pourrait distinguer les feux de tribord ou de bâbord d’un navire marchant vers lui. On se demande pourquoi les compagnies n’ont pas depuis longtemps changé la couleur de leurs signaux (vert et rouge) contre bleu et jaune, et naême pourquoi ils ne les ont point remplacés par d’autres, tels qu’une disposition particulière de lumière qui ne pourrait prêter à une fausse interprétation.

Quoiqu’il en soit, tout sujet daltonique ne peut être admis dans les chemins de fer, car il n’est point pour liii d’espérance de retour à la vision colorée normale, attendu qu’on ne connaît aucun moyen de rendre cette faculté perdue ou absente.

D' A. Gillet de Grandmont.

, DAMIANA. — On donne ce nom à une plante herbacée originaire du Mexique et de l’Amérique du Nord dont la tige et les feuilles, douées d’une odeur forte analogue à celles du buchu et d’une saveur aromatique agréable, sont employées depuis longtemps par les médecins américains, sous forme d’extrait fluide renfermant 75 p. 1 00 d’alcool, comme aphrodisiaque. Le damiana agit énergiquepaent sur les organes génitaux des deux sexes , et excite les appétits sexuels ; de plus, le damiana est doué de propriétés toniques, stomachiques et diurétiques très manifestes. Mais c’est avant tout un aphrodi- . siaque sûr. Les quelques expériences auxquelles je me s.;is livré avec la petite quantité de damiana que j’ai pu me procurer, sont tout à fait confirmatives des faits annoncés par les médecins américains. J’ajoute que l’usage du damiana, à l’encontre du phosphore, surtout de la strychnine et encore plus de la cantharide, peut être continué longtemps sans le moindre inconvénient. paul Labarthe.

^ ^P^NSE. — Pour l’hygiéniste, la danse est loin d’être uniquement un amusement frivole. Elle est pn exercice combiné, qui met en œuvre, dans des mouvements variés et symétriques, un grand nombre de groupes musculaires, simultanément. C’est une sorte de mélange cadencé et rhythmique de course, de marche et de saut. Exercice très ancien et (on peut le. dire) universel, la daiise a subi, à travers les âges, de nombreuses modifications. Chez les Grecs, elle s’accompagnait toujours de gestes, de mimique, qui en faisaient, selon le mot du poète Simonide, « une poésie muette ». Telle qu’elle est chez nos modernes, la danse est un divertissement souvent plein d’agrément et de gaîté, et dont la pratique donne au corps la légèreté, la force et la souplesse. En obligeant de baisser, à' effacer les épaules, elle fait tenir la tête droite et élargit la poitrine. Ses mouvements finissent par donner aux manières une expression d’agilité et de grâce particulières ; la démai’che devient vigoureuse et équilibrée, le pas flexible et confiant, si l’on peut dire. . La danse proprement dite agit surtout pour développer les muscles de la jambe ; ses variétés, à nuances innombrables, donnent au geste et au pas une vivacité modérée qui n’est point sans charme.

La souplesse des jointures s’àcquiert surtout par ces mouvements articulaires étendus, que nous appelons mouvements de circumduclion, et que les maîtres à danser appellent plus simplement des

« ronds de jambe t>.

La danse est l’exercice féminin par excellence. On aura beau introduire dans les écoles de filles l’enseignement delà gymnastique ou celui de l’escrime, la danse restera toujours l’exercice préféré du beau sexe. C’est que cet exercice lui convient naturellement ; et qu’il remédie, le plus agréablement du monde, à l’existence sédentaire où s’étiole la femme, de par notre civilisation peu rationnelle. La jeune fille quittera volontiers son indolente immobiUté pour courir à un exercice qu’elle aime passionnément. La nutrition torpide de son frêle organisme en sera rehaussée, par l’excitation du mouvement circulatoire, stimulant la rénovation moléculaire de tous les tissus. Alors s’atténuera le lymphatisme, apanage habituel de la vierge ; la poitrine se développera sous la double influence de l’agitation des muscles et du vif mouvement de l’air. Alors naîtra la/'am, cètte inconnue de la jeune fille. La flaccitidité ronde des chairs disparaîtra pour faire place â une fermeté de bon aloi et à des saillies musculaires sans danger pour l’élégance des formes. Les pâles couleurs ou le rose maladif des joues feront place à une carnation vivante. Les lèvres quitteront leur teinte cire vieille, pour revêtir le ton éclatant du rouge sang. La chloro-anémie sera en fuite.

La danse serait aussi bien utile à l’éducation dans les collèges du sexe laid. Elle aiderait certainement à y corriger les attitudes et les habitudes vicieuses, atténuant ainsi les déplorables effets des internats.

Pour combattre la nostalgie. (qui n’est qu’une des formes de l’ennui), la Convention n’avait-elle pas ouvert, dans chaque caserne, une école de danse? Le navigateur Cook ne devait-il pas la santé exceptionnelle de ses matelots, à ces agréables exercices, qui ont, d’ailleurs, à leur actif la cure de bien des mélancoliques et la palliation des plus graves affections nerveuses. ■ . ,

La danse serait peut-être l’exercice, le plus hygiénique, s’il avait lieu à l’air libre, au lieu d être inséparable du méphitisme de l’air confiné des salons et salles de danse ! Ce n’est donc guère que le 14 juillet ( fête pour les droits de l’homme), que l’hygiène a aussi pleinement ses droits en matière de danse. Ne pourrait-on toutefois autoriser les sauteries en plein air, durant la belle saison? Bien des pays, qui occupent sur la planète une plus inclémente latitude que notre France, possèdent, durant l’été, de nombreux bals, à peine abrités par des tentes contre les intempéries.

La danse est très fatiguante pour les sujets faiWeSj surtout lorsqu’on s’obstine à vouloir danser avec des talons hauts. Il n’est pas rare de voir des jeunes filles anémiques être prises (après des excès de valse) de syncopes, de vomissements, de maux de tête atroces. Un jour, un cas de ce genre nous en imposait pour une méningite. Chez les gens sanguins, la danse immodérée peut également produire des vertiges et des congestions au cerveau.

Mais les réels inconvénients de la danse ne résident guère que dans le bal. Dans le vers fameux :

Elle aimait trop le bah c’est ce qui l’a tuée...

bal est vraiment le nom propre. La danse n’a jamais tué personne. Le bal, au contraire, par son atmosphère nuisible et surchauffée, et par les transitions thermiques brusques qu’elle prépare traîtreusement aux corps en sueur, a fourni plus d’une proie à l’insatiable Camarde.

Il faut donc éviter d’arrêter brusquement la transpiration causée par la danse, se désaltérer non pas avec des boissons glacées comme on a l’habitude de le faire, mais avec des boissons chaudes, thé, café, grog, punch, etc. Enfin, il faut toujoms laisser un intervalle de 2 ou 3 heures entre la fin du dîner et la première danse, pour donner à la digestion le temps de se faire tranquillement.

Un mot, pour finir, sur les affections auxquelles sont’ plus particulièrement exposés les danseurs et danseuses de profession. Et d’abord les refroidissements, les rhumes, les fluxions de poitrine. Puis les entorses, les hernies, les ruptures musculaires et principalement la rupture du tendon d’Achille. Enfin, ils sont aussi sujets aux maladies du cœur et des gros vaisseaux. D' E. Momi.

DANSE DE SAINT GUY. — (V. Chorée.)

DARTOIS (CAPSULES). — Les capsules Dartois sont des capsules médicamenteuses à la créosote de goudron de hêtre pure et à l’huile de foie de morue. Chaque capsule, de la grosseur d’une pilule ordinaire, contient 0,05 centigrammes de créosote et 0,20 centigrammes d’huile de foie de morue. En ouvrant une de ces capsules on reconnaît facilement l’odeur, caractéristique de la. créosote de bois, à laquelle on substitue souvent, dans le commerce et dans bon nombre de pharmacies peu consciencieuses, la créosote retirée du goudron de houille, substance impure, dangereuse et toxique.

M. Dartois a adopté la forme capsulaire, parce •que la capsule est particulièrement commode et . facile à avaler, qu’elle dissimule la saveur forte du médicament et permet d’en prendre longtemps sans répugnance. L’auteur a choisi l’huile de foie de morue comme véhicule de la créosote, parce que l’huile de foie de morue la dissout très bien, parce qu’elle masque sa causticité, parce qu’enfin, comme elle n’est émulsionnée par le suc pancréatique et absorbée que dans l’intestin , la créosote qu’elle tient en dissolution n’est pas en contact direct avec les muqueuses et ne les irrite pas.

Sans entrer ici dans l’exposé du mode d’action physiologique et thérapeutique de la créosote pj'éosole), nous rappellerons seulement son effi^ cacité remarquable dans le traitement de la phthisie pulmonaire et des affections chroniques de. l’appareil respiratoire.

capsules Dartois se prennent à la dose de 2 à suivant les cas, toutefois il est préférable de commencer par 4 par jour, et de n’augmenter la dose que peu à peu, à quelques jours de stance. On peut les prendre le matin au lever et e soir en sé couchant, dans ce cas nous conseillons e boire aussitôt après un peu d’eau sucrée ou de sane, ou mieux de lait ; certains médecins préfè¬

rent les faire prendre quelques instants avant lés repas. Dans tous les cas il est bon d’en continuer 1 usage, à la dose quotidienne de deux pendant un certain temps, même lorsque toute trace de maladie a disparu. Dr d. sæst-antoxtk.

DARTOS. — Nom donné par les anatomistes à la seconde enveloppe du testicule qui adhère à la face profonde de la peau du scrotum. Il existe deux dartos, un pour chaque testicule (V. Scrotum), p. l.

DARTRES. — Vieux mot, inusité aujourd’hui dans le langage médical, par lequel on désignait autrefois d’une manière générale et indistincte toutes les maladies de la peau. Les gens du monde se servent encore du mot dartre pour désigner les maladies de peau à marche chronique qui s’accompagnent de croûtes et d’exfoliations cutanées, principalement V eczéma. P. L.

DARWINISME. — (V. Transformisme.)

DATTE. — On donne ce nom au fruit dû dattier qui sert de nourriture aux tribus errantes de l’Afrique et aux peuplades d’une grande partie de l’Asie, et qui est employé en médecine pour faire des tisanes béchiques et pectorales. p. L.

DATÜRA STRAMONIUM. — La stramoine ou le datura stramonium est une plante annuelle, indigène, qui croît dans les terres incultes et au milieu des décombres. Sa tige est cylindrique, haute de 1 mètre à 1 mètre 30 centimètres, ses feuilles larges, pétiolées, ses fleurs très grandes , blanches ou vio^ lettes, son fruit capsulaire à quatre valves hérissées de piquants, ses graines nombreuses, réniformes et brunâtres ; l’odeur en est vireuse, nauséabonde, la saveur âcre et amère.

Brandes a découvert dans sa composition un principe actif, la daturine, de l’extratif gommeux, de la fécule, de l’albumine, de la résine, du ligneux et quelques sels. La daturine est un alcaloïde dont la formule est identique avec celle de l’atropine. Elle est, comme elle, incolore, cristalline, inodore et à peine soluble dans l’eau ; comme elle, unie à certains* acides et surtout à l’acide sulfurique, elle forme des sels d’une solubilité à peu près complète. Ses effets sont analogues à ceux de l’atropine, mais moins persistants quant à la dilatation de la pupille. Elle a été rarement employée jusqu’à ce jour; le tannin et la noix de galle en sont les contre-poisons chimiques.

Pour en. revenir au datura stramonium, il possède, à peu de chose près, la même action médicale quë la belladone ; sès préparations sont àussi les mêmes, à part un plus grand degré d’activité qui fait que des doses moitié moindres sont suffisantes. On ne saurait l’administrer à l’intérieur avec trop de prudence. C’est ici que .le précepte de commencer par de petites doses doit être mis à exécution ; sans quoi tous les symptômes de l’empoisonnement peuvent se présenter d’emblée avec soif ardente, dysphagie , dilatation énorme des pu^* pilles, délire fürieux, hallucinations continuelles, insomnie opiniâtre; puis, quand l’intoxication doit

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