‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 133 sur 206 · C. Fièm-es · texte numérisé non relu

C. Fièm-es

D. Névroses (hystérie, épilepsie, etc,).

Il est une autre classification qui consiste à diviser le délire en trois variétés ;

1“ Délire symptomatique d’une altération organique du cerveau ;

2“ Déliré sympathique et consécutif à l’altération d’un organe autre que le cerveau ;

3“ Délire essentiel ou idiopathique.

A. Altérations organiques.. — Le délire s’observe dans Ir f''?uro ù'une toute de maladies que l’on peut diviser en deux groupes

Les unes portent sur le système nerveux luimême ; le délire est symptomatique ; tel est celui qui accompagne les méningites, l’encéphalite, le tumeurs cérébrales, les coups, les chutes sur la tête (c’est-à-dire les méningo-encéphalites développées sous leur influence). Ici le délire est l’expression directe de l’état de surexcitation dans lequel se trouvent les cellules nerveuses enflammées. L’état de dépression de ces cellules se traduit par la somnolence et le coma qui peuvent être regardés comme l’opposé du délire.

2“ Dans d’autres cas le délire se produit par sympathie ou action réflexe à l’occasion d’une maladie éloignée des centres nerveux : tel est le délire qui accompagne l’érysipèle du cuir chevelu, celui que l’on peut observer dans le cours des maladies des voies digestives (embarras gastrique, entérite, péritonite, etc.); dans les maladies de l’appareil respiratoire, surtout dans les pneumonies. On a remarqué que les pneumonies du sommet, les pneumonies des alcooliques, celles survenues chez les diabétiques, les gens atteints de mal de Bright, étaient plus fréquemment suivies dé délire que les autres maladies de l’appareil respiratoire; dans les maladies du cœur, surtout celles du cœur droit, mais ici le délire est la conséquence d’une gêne considérable de la circulation cérébrale ; à la suite d’opérations chirurgicales, etc.

B. Déliré par altêratLon quantitative ou qualitative du sang. — Pour que le cerveau fonctionne régulièrement, il doit recevoir une quantité déterminée d’un sang pur ; cette quantité se trouve-t-elle augmentée ou diminuée, ou bien le sang est-ii altéré, le cerveau exprime son état de souffrance par un trouble dans ses fonctions, trouble qui sera tantôt un état de dépression (somnolence, coma, paralysie), tantôt un état d’excitation, c’est-à-dire du déüre.

Le délire s’observe donc dans les congestions cé rébrales produites par n’importe quelles causes pa' insolation, par excès de travail intellectuel, par'pié^ thore, par gêne de la circulation cardiaque, etc.

On le rencontre dans les anémies produites'pa des hémorrhagies abondantes, par les fièvres graves l’inanition, etc. ’

Mais c’est surtout dans les intoxications de toute nature que le délire est fréquent : on sait combien il est ordinaire de le rencontrer chez les alcooliqueschez eux la plupart des fièvres, des plaies, s’accompagnent de délire ; le dehrium tremens en est la forme la plus remarquable. Le delirmm tremens se présente sous forme d’accès provoqués souvent par un excès, une blessure, une émotion violente, etc.: le malade est en proie à la plus vive agitation il crie, vocifère, voit sans cesse devant lui des rats des. bêtes féroces contre lesquelles il se défend; cet accès peut se prolonger plusieurs jours, puis il se dissipe; il est rarement murtel

On l’observe encore dans l’intoxication saturnine dans la plupart des empoisonnements aigus (opium et ses dérivés, belladone, etc ), dans l’ergotisme, la pellagre, etc.

C. Déliré dans les fièvres. — Le délire est très fréquent dans les fièvres; il n’est pas toujours le résultat de l’intensité de la fièvre ni de sa nature, car il tient souvent à la disposition du sujet ; ainsi, chez les enfants, le délire éclate à l’occasion d’une fievre même légère ; il est également très fréquent chez les femmes nerveuses, impressionnables; enfin certains individus présentent à son égard une prédisposition spéciale.

Le délire est très ordinaire dans la fièvre typhoïde, dans les fièvres éruptives, dans les fièvres intermittentes, dans les fièvres septicémiques (in- ' fection purulente, infection putride, etc.), dans l’urémie, l’éclampsie, etc»

D. Délire dans lés névroses. — Le délire s’observe, dans toutes les névroses; il est surtout très ordi- , naire ches les femmes hystériques et se présente sous des formes dont la variété échappe à toute description ; il est beaucoup plus rare chez les épileptiques.

Le déliré est un phénomène trop vague, commun à trop de maladies, pour qu’on puisse lui accorder une grande valeur diagnostique : ce sont les circonstances dans lesquelles il se . produit qui permettent de déterminer son point de départ.

Au point de vue du pronostic, sa signification n’est pas plus précise, bien qu’il doive être regardé comme un symptôme fâcheux ; on ne doit pas non plus attacher une trop grande importance à sa forme, tranquille ou furieuse, car non seulement elles ne sont pas plus graves l’une que l’autre, maiâ encore elles se substituent fréquemment.

D' LÉO» MOYNAC.

DELIRIUM TREMENS. — (’V. Alcoolisme.)

DÉLIVRANCE. — On désigne sous ce nom l’expulsion naturelle ou artificielle des annexes du fœtus apres l’accouchement ou l’avortement. De là deux sortes de déüvrauce : la délivrance naturelle et la délivrance artificielle.

la di'livrance nalureVe, celle qui se pratique eommunément et qui ne demande qu’un peu d’aide de la part de la personne qui assiste la femme en couches, peut se diviser en trois temps: i° le décollement du placenta; 2° son expulsion de l’utérus; 3» son expulsion du va^in.

Le placenta, organe épais, charnu, peut, pendant un certain t«nps, surtout quand il est inséré au fond de l’utérus, suivre les parois de cet organe, sans s’en détacher pendant les alternatives de contraction et de relâchement. Mais il arrive un moment, quand un certain volume de l’enfant, — la tête et les épaules, par exemple, — est sorti de l’utérus, cet organe revient davantage sur lui-même, et le placenta, ne pouvant plus suivre ce mouvement

Fig. 338. — Délivrance naturelle.

de retrait exagéré, se détache de la surface utérine contre laquelle il est appliqué.

Le centre se détache le premier, et dans la poche ainsi formée entre les parois utérines et la face placentaire, du sang, provenant des sinus utérins ouverts, s’épanche, puis un bord du délivre se détache à son tour et le sang s’écoule à l’extérieur. Enfin, à mesure que le retrait de l’utérus progresse, l’autre bord se sépare et le placenta, ayant rompu ses adhérences à l’utérus, tombe dans la cavité de l’organe, sa face fœtale se trouvant dans cette chute en rapport avec l’orifice utérin.

Quand le délivre est fixé sur une des parois de l’utérus, c’est presque toujours un bord qui se détache le premier, et la rupture des adhérences s’opère généralement de bas en haut. Le placenta, dans ce cas, s’enroule en quelque sorte sur luimême et, dans sa chute, après le décollement complet c’est un bord, le bord inférieur, qui vient se présenter à l’orifice.

Le décollement du placenta qui commence pendant la dernière période du travail ne se complète qu après la sortie totale de l’enfant En général, on observe alors un temps de repos du côté de l’utérus, et, si les bords du placenta n’ont pas encore été détachés, il ne s’écoule pas de sang par la vulve. Mais bientôt au bout dé lü, 15 ou 20 rai nutes, quelques contractions réapparaissent, la femme accuse de nouvelles coliques et bientôt non seulement le placenta achève de briser ses adhérences mais encore il est chassé de la cavité utérme dans le vagin. Ceci constitue le second temps. Des expériences autrefois instituées par t*. Dubois ont prouvé qu’on pourrait à la rigueur laisser à la nature le soin d’expulser encore le placenta à l’ex-

OlCTIONNAillE POI ÜLAIBE DE MÉDECINE BSUEUiE.

térieur. Ce qui arrive quelquefois et constitue une délii^ancp sponlappe Mais il faut pour cela attendre assez longtemps. Souvent à la suite de cette abstention prolongée on a vu des hémorragies se produire et comme il n’y a aucun inconvénient à venir à ce moment en aide à la nature le troisième temps, ou expulsion du placenta hors du vagin est pratiqué communément par la personne qui assiste la femme en couches.

Pour pratiquer cette extraction on doit d’abord prendre avec la main droite le cordon ombilical, et après avoir légèrement tiré cette tige pour la tendre, le doigt de la main gauche est glissé dessus jusque dans le vagin pour s'assurer que le placenta y est tombé, après quoi, cette même main gauche étant portée sur le ventre et appliquée sur le fond de l’utérus on exerce avec la main droite des tractions sur le cordon ombilical (/îy.358). Ces tractions sont dirigées d’abord en bas jusqu’à ce que le placenta soit venu s’appliquer sur la vulve, puis graduellenien! on relève la main droite tout en tirant de manière à amener la masse placentaire à l’extérieur après lui avoir fait suivre la courbe décrite par l’axe de l’excavation et de la vulve. Quand la plus grande partie du placenta a déjà franchi l’orifice vulvain*, on saisit le délivre avec les deux mains et lui imprimant un mouvement de rotation on opère ainsi le complet décollement des membranes de l’œuf qui s’enroulent comme une corde et l’on emprisonne également dans la poche formée par l’œuf retourné, au moment de la chute du placenta, le sang et les caillots qui se sont accumulés derrière, après pon décollement.

Si le placenta n’est pas encore tombé dans le

Fig. 359. — Délivrance artificielle.

vatrin, il est bon de s’abstenir d’éxercer aucune traction, mais on devra provoquer des contractions utérines à l’aide de frictions sur le ventre et de pressions exercées à travers les parois abdominales sur le fond de l’utérus qu’on saisit en quelque sorte avec la main. Il est rare qu’on ne détermine pas ainsi quelques contractions qui expulsent le délivre hors de l’utérus, ou l’engagent dans l’orifice et l’on peut alors terminer la délivrance comme nous l’avons dit plus haut.

Telle est la délivrance naturelle qui suit l’accouchement. Quant à la délivrance après l’avortement nous avons assez indiqué quelle ligne de conduite on devait tenir pour ne pas y revenir ici.

La ’iéiivranre arti/i «u/e. est celle qui s’opère par l’introduction de la main entière dans les organes

génitaux. Je dis, la main entière, car il est évident que deux doigts simplement glissés .dans la vulve afin de saisir un bord du placenta et suppléer ainsi à la faiblesse d'un cordon ombilical ne constitueraient pas une véritable délivrance artificielle.

La délivrance artificielle se pratiquera dans les cas suivants ;

1“ Quand après avoir attendu un temps apez long, une heure au moins après la sortie de 1 enfant, le placenta ne se décolle pas malgré les frictions pratiquées sur le ventre pour déterminer les contractions utérines , et quelques tractions pradentes opérées sur le cordon dans le même but. On peut craindre, en effet, que le placenta ne soit alors retenu par quelques adhérences fibreuses à la paroi utérine; . , ,

2» Quand à la suite de tractions pratiquées sur le cordon, cet organe s’est rompu soit qu’il fut grêle, ;soit plutôt que ses attaches au placenta fussent vélamenteuses. Cet accident arrive surtout lorsque on fait les tractions trop tôt après l’accouchement, alors que le délivre est encore retenu en entier dans l’utérus;

3“ Qiiandoû'sait qu’une portion du placenta est restée dans l’utérus ;

4“ Quand entre l’expulsion du fœtus et celui du placenta, se produit une hémorrhagie.

Pour pratiquer la délivrance artificielle, la main dont ia face dorsale a été convenablement enduite d’huile, de vaseline ou de cérat, est introduite d’abord dans les organes, génitapx externes, puis bientôt dans le col utérin en' se présentapt en forme de cône. Pendant l’introd.uction'de la main ..dans l’utérus et les manœuyres exécutées- par cette main pour rechercher et. décoller le placenta., l’autre main devra être appliquée sur le fond de la matrice pour soutenir cet organe et éviter les déchirures. Quand la main qui se présentera-devant le col pour y pénétrer trouvera cet organe imperméable, il faudra attendre que la contraction utérine ait cessé, en laissant la main en place, afin de profiter d’un moment de relâchement pour glisser peu à peu les doigts de la main. Celle-ci ayant pénéiré dans l’utérus devra saisir le placenta, en décoller le bord tout autour en glissant la main entre la paroi utérine . et la' face placentaire {fig. 366), puis saisissant la masse à pleine main, engager la femme à pousser en même temps qu’on entraîne ce qu’on a saisi à l’extérieur. On s’empresse aussitôt d’examiner les pièces, et si l’on pense qu’il reste encore quelques fragments placentaires, il est préférable d’aller aussitôt les chercher en réintroduisant la main dans l’utérus.

Si le col utérin, après avoir attendu un certain temps, est resté imperméable, le mieux est de s’abstenir et de laisser à la nature le soin de l’expulsion du délivre (V. Accouchement, Avortement, Œuf, Pldcenta). D' Ant. de Soyhe.

DÉLIVRE. — (V. Placenta.)

DELPHINIUM. — (V. Siaphüaigre.)

DELTOÏDE. — Nom donné par les anatomistes à un muscle qui ressemble à un triangle ou à rm

delta et qui forme tout le modelé de la partie saillante

de l’épaule ou moignon, c’est-à-dire de sa face supérieure et externe. C’est un muscle çourt, large" épais, recouvert par la peau, qui s’unit en haut, au tiers extei-ne du bord antérieur de la clavicule* au bord externe de l’acromion et à la lèvre inférieure du bord postérieur de l’épine de l’omoplate : en bas à la partie moyenne et externe de l’humérus. li élève le bras en l’écartant du tronc et en le portant dans la direction horizontale. Déplus, par ses fibres antérieures, il concourt à porter l’humérus en avant et par ses fibres postérieures, en arrière. p. l.

DÉMANGEAISON. — (V. Prurit.)

DÉMENCE. — La démence, dit Esquirol, est « une affection cérébrale ordinairement sans fièvre., et chronique, caractérisée, par l’affaiblissement de la sensibilité, de rintelligeneë-^ et de la volonté» et pour bien distinguer la démence de l’idiotie, il ajoute : « l’homme en démence est privé des biens dont il jouissait autrefois ; c’est un riche devenu . pauvre ; l’idiot a toujours été dans l’infortune, dans la misère.

.La démence peut être primitive ou consécutive. La démence primitive est celle qui est due aux progrès de l’âge [démem e sénile j, ou à des altérations organiques du cerveau [démence apoplectique, paralytique, etc.); la démence consécutive, est celle qui termine les diverses, folies.

La démence a une marche progressive et sa terminaison est toujours fatale. Son traitement ne peut être que palliatif.

Le Code n’envisage pas la démence au même point de vue que la médecine. Pour lui la démence n’est pas un affaiblissement intellectuel, mais tout état mental qui enlève à un individu son libre arbitre. L’article 489 du Code civil dit que « ,1e majeur qui est dans un état habituel d’imbécilité, de démence ou de fureur, doit être int rdil, même lorsque cet état présente des intervalles lucides ». .

DEMI -MEMBRANEUX. — Nom donné par les anatomistes à un muscle de là région postérieure de la cuisse, long, aplati et mince, qui s’insère en haut à la tubérosité de l’ischion, en bas à la partie postérieure de la tubérosité interne du tibia. Il est fléchisseur de la jambe qu’il tourne en dedans, et extenseur de la cuisse. P. l.

DEMI-TENDINEUX. — Nom donné par les anatomistes à un muscle de la région postérieure de la cuisse, situé à côté du demi- membraneux, qui s’insère en haut, à la tubérosité de l’ischion, en bas, à la partie supérieure de la face interne du tibia et à la tubérosité antérieure de cet ps. Il est fléchisseur de la jambe qu’il tourne en dedans, et extenseur de la cuisse. p. L.

DEMODEX. — Nom donné à un petit parasite long d’un dixième à un trentième de millimètre que l’on rencontre dans lés follicules pileux et dans les petites glandes sébacées de la peau du nez, chez les individus atteints à' acné ponctuée (V. Acné), p. L.

DEN

DEN

Démographie. — On donne ce nom à cette science qui applique la statis ique à l’étude collective de l’homme et de ses divers attributs, p. l.

densité. — On donne ce nom au rapport du poids d’im corps solide ou liquide à son volume.

DENT. — Anatomie. — Les dents sont de petits corps blancs, extrêmement durs, implantés solidement dans les alvéoles des arcades dentaires. Ces arcades sont disposées de telle façon que les dents de la partie profonde se correspondent comme les mors d’une pince, tandis que celles de la partie antérieure s’entrecroisent comme lés branches d’une cisaille, parce que l’arcade dentaire supérieure empiète un peu sur l’inférieure. Lorsque les arcades dentaires s’inclinent' en avant, les dents suivent la même inclinaison. Cette anomalie de direction, qui se rencontrait chez Démosthènes, s’appelle prognathisme; elle est le trait caractéristique dans la physionomie des races inférieures de l’Afrique et de l’Australie.

Nombre et division des dents. — L’homme adulte a trente-deux dents : huit incisives placées sur le. devant des mâchoires; quatre canines, implantées sur les côtés, et vingt molaires situées en arrière. Parmi les molaires, la plus postérieure a reçu le nom de dent de sagesse, parce quelle vient la derniere : son éruption a lieu de vingt à trente ans. Lés deux canines supérieures sont appelées dents 'le Vœit, bien que ces organes n’aient aucun rapport direct. avec l’appareil de la vision.

L’enfant n’a que vingt dents ; on les appelle dents de lait, de première dentition ou temporaires, parce qu’elles font leur apparition pendant l’allaitement, et qu’elles; sont remplacées à partir de sept ans par les trente-deux dents permanentes de la seconde dentition.

Conformation des dents. — On distingue dans chaque dent une partie libre, la couronne; une partie cachée dans l’alvéole, la racine ;eX une partie étranglée intermédiaire aux deux autres, le collet. Les caractères de ces diverses parties varient suivant les groupes -de dents ; ils se modifient selon le rôle que ces organes ont à remplir dans l’acte de la mastication,

1® Couronne. — La couronne des incisives, qui coupent, est taillée en biseau; celle des canines, qui déchirent, est pointue; et celle des molaires, qui broient, est surmontée de plusieurs tubercules ou Cuspides.

On a cité des cas exceptionnels où toutes les couronnes des dents de chaque arcade étaient soudées entre elles et ne formai.mt. pour ainsi dire, à chaque mâchoire qu’une seule et même couronne :

utarque rapportel’exemplede Pyrrhus, roi d’Épire, e une celui du fils de Prusias, roi de -Bithynie; fence ^ *1011 accorder à ces faits que peu de con

— Le nombre des racines et la prolonaeur de leur implantation est en rapport avec la résistance qu’elles ont à supporter. Les incisives, tes canines et les deux premières molaires, dites petites molaires, ont une racines unique ; les trois

dernières molaires, dites grosses molaires, ont des racines multiples. I.a dernière cependant, c’est-àdire la dent de sagesse, présente, en général, une seule racine.

Il arrive souvent que les pointes de deux racines d’une même dent se recourbent l’une vers l’autre

Fig. 360.

Dents et nerfs du côté droit chez l’adulte (D'^ Fort}.

1. Nerf maxillaire supérieur. — 2. Nerf sous-orbitaire. — 3, Nerf dentaire inférieur dans l’épaisseur de l’os. L Nerfs dentaires postérieurs dans l’épaisseur de l’os. — S, Nerf dentaire inférieur dans le canal dentaire. — 6. Rameau raentonnier coupé. ~ 7. Terminaison du nerf dentaire dans les racines et les incisives (nerf incisif).

en embrassant une partie de la mâchoire : on dit alors que la dent est barrée, et pour en faire l’extraction il faut fracturer les racines ou le maxillaire.

Structure des dents. — 1“ Ivoire. — Les dents sont formées d’une substance dure, de couleur légèrement jaunâtre, appelée dentme ou ivoire. Vue au microscope, cette substance paraît criblée, comme le tissu osseux, d’une quantité innombrable de canalicules qui s’anastomosent entre eux et se dirigent du centre à la périphérie. Il servent à nourrir et à reproduire l’ivoire.

L’ivoire est recouvert, au niveau de la couronne, d’une couche de matière vitrée de couleur blanche dite émail, et, au niveau de la racine, d’une couche de substance calcaire et opaque appelée cément.

2® Le CÉMENT présente une structure analogue à

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celle des os. Chez l’homme, cette sul)staace ne recouvre que la racine des dents et s’arrête au niveau de leur collet: chez les rumioants et les pachydermes, le cément enveloppe totalement l’organe dentaire.

3° L’émail est d’une telle dureté qu’il fait feu sous le briquet; il est constitué par des tihres translu cides et prismatiques, juxtaposées les unes aux autres et dirigées transversalement comme les canaliciiles dentaires. I..eiirs extrémités forment à la surface des nents une sorte de mosaïque. Lém il est recouvert d’une membrane proti clrice qui lui adhère so'idement et que '1 on; nomme cuticule. Cett' membrane disparaît chez l’adulte.

4° Bülbe dentaire. — Les dents ont dans toute leur étendue une cavité qui renb rrne une substance rouge pulpeuse analogue au bulbe des poils, et que pour <-ette raison on appelle bulbe dentaire. Avec l’âge, cette cavité tend à disparaître, et les parties molles qu’elle contient sont remplac es par des dépôts d'ivoire de nouvelle formaLion : la dent meurt alors d'inanition et tombe sans être gâtée.

5" Nerfs et vaisseaux dentaires. — Le sommet de chaque racine est percé d’un orifice par lequel passent les nerfs et les vaisseaux qui vont se ramifier dans le bulbe dentaire pour présider à la nutri tion et à l’innervation des dents. C’est la rupture de ces filaments qui produit, d’une part, 1 hémorrhagie, et de l’autre, la douleur au moment de l’extraction des dents.

Grâce à leur sensibilité, les dents évitent les plus petits corps étrangers, qui, mélangés aux aliments, pourraient user ou briser ces organes. L’action de certaines substances, telles que. l’oseille, le sucre et le tabac, etc., sur les nerfs de la pulpe dentaire détermine celte sensation particulière qui constitue l’a^r ceinr-nt des den'S.

A l’état normal, la membrane fibro-vasculai redite périoste alvéi il o-den taire, qui tapisse les parois alvéolaires, maintient les racines des dents en position et empêche la compression des nerfs au fond des alvéoles pendant les m uvements de mastication. Mais, lorsque l'inflammation s’empare de cette membrane, les dents sont alors ébranlées, les nerfs comprimés, et il en résuie une douleur atroce qui empêche de se servir d’une dent malade.

Les filets nerveux des dents sont des rameaux d’un ne f appe é trijumeau, qui se distribue au cuir chevelu, à la peau et aux muqueuses de la face : . aussi son endolorissement s’irridie-t-il à toute la sphere de distribution de ce nerf.

Les vaisseaux qui pénètrent par l’extrémité des dents ne doivent pas être les seuls agents de nutri lûon de ces organes, i il est probable qu’il faut compter parmi ces agents la membrane -alvéoloden aire, puisqu’on peut réimplanter des dents saines (m malades extraites de leurs alvé(des, soit par maladresse, soit pour les traiter. On a même effectué avec le même succès la transplantalipn des dents d'un indi\idu à un autre.

Usages des dents. - Le principal usage des dents est de Couper, broyer et décliirer les substances ali mentaires. Les dents servent encore à la modulation de la Voix, dans la prononcia ion des con sonnes dentales et sifflantes. Elles concourent aussi.

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pour une grande part, à l’ornement de la physio. nomie, et l’on sait que les personnes qui ont dê jolis dents ont le rire facile. Ces divers attributs des dents expliquent l’utilité et la vogue des dents artificielles.

Les Tonquinois et les habitants des îles Mariannes considèrent les dents noires comme un ornement* aussi s’empressent-ils de se les noircir avec des herbes spécia es. En Chine, quelques mandarins recouvrent leurs d mts de lames d'or ou d’argent Cette coutume existait sans doute chez les Romains car Pline prétend avoir vu des hommes ayant des dents formées de ces métaux. g. witkowski.

Anomalies. — Les dents ayant un certain nombre de caractères fixes, tout changement du type normal est une anomalie. Ces caractè es, et par conséquent ces anomalies, sont relatifs : t“ à la forme;

2“ au volume; 3“ au nombre; 4“ au siège; S” à la direction ; 6“ à la structure : 7“ à la nutrition ; 8” à l’époque d’éruption ; 9“ à la disposition.

Les anomalies dentaires ont pour cause des troubles survenus pendant le développement des mâchoires; elles sont donc congénitales et le plus souvent héréditaires.

Les anomalies de forme affectent soit la totalité de la dent, soit la couronne ou la racine seule. Elles co'incident souvent avec une anomalie de vôlurue, de siège ou de nombre. La dent devient conique ou prend la forme d’une voisine. A la cou ronne, l’irrégularité dépend du groupement anormal et des variations dans le nombre des tubercules, de la profondeur des sillons. Portent-éUès sur les racines, celles ci peuvent être aplaties, courbées, déviées en tous sens (Barrure), divisées ou en nombre anormal.

Les anomalies de^volum ? consistent soit' dans une augmentation, soit dans une diminution qui porte tantôt sur la racine seule, tantôt sur la . dent entière; lorsque la couronne est prise, la racine l’est, également.

Le nombre des dents peut être augmenté ou diminué. Il n’y a pas d’exemple authentique d’absence totale, il y en a beaucoup de dent surnuméraire.

L’anomaliede^îègfp présente les variétés suivantes ;. 1° deux dents échangent réciproquement leur place, fransfiosition fréquente pour les canines et les premièresprémolaires supérieures ; 2“ une dent se trouve placée hors rang sur l’arcade, cas fréquent pour les canines, les dents de sagesse, les prémolaires, qui trouven' des obstacles à leur placement régulier; .3» une dent est implantée sur les mâchoires hors de i’arcade {migration); ces deux cas sont souvent justiciables d’un traitement ; 4“ une dent apnaraît par genese d'emblée, sur un point éloigné du corps [versie, kyste). ■

Véruptwn peut se faire trop tôt (avant la naissance) ou trop tard, aussi bien pour les dents temporaires que pour les permanentes. Le retard de la •hute des dents temporaires entraîne souvent pour 'es dents permanentes en même temps qu’un reard dans l’éruption, des anomalies de siégé et de iirection. Le . etard de l’éruption des dents permanentes a fait croire à tort, chez les vieillards, à

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l'éruption de dents de troisième ou même de qua trième dentition-

La direct i'in des dents peut atteindre toute une mâchoire, de façon, par exemple, à ce que l'arcade inférieure passe devant la supérieure et donne ainsi lieu à une variété de prognatisrae ( menton de galoche) D'autres fois plusieurs dents se portent isolément en'avant ou en arrière de l’arcade (antéversion, rétrovexion), en avant ou en arrière des dénis voisines latéroversion), ou encore la dent a tourné autoiir de son axe, de manière à présenter les hords en avant (rotation sur l’axe). La plupart de ces déviations sont curables prises en temps opportun (10 à 14 ans).

Les inio ! allés de vutrihon sont constituées par 1 atrophie du follicule, qui entraîne l’absence de la dent; par l’hypertrophie d’un ou de plusieurs de ses éléments, qui donne lieu à l’odontome, par la dégénérescence kystique de ce follicule, qui donne naissance aux kystes folliculaires des mâchoires.

La shuctare des dents présente des altérations survenues pendant leur évolution intra-folliculaire sous l'influence de diverses maladies, toutes celles ^e l'enfance, le scorbut, la coqueluche, la scrofule,

le rachitisme, la syphilis héréditaire, l’éclampsie infantile. Ces altérations sont diverses et nombreuses. La plus connue est caractérisée par une usure, une échancrure du hord libre de la dent, ou par des sillons horizomaux en nombre variable et sûr différents points de la couronne (érosion en nappes, en étages].

La isposition des dents donne lieu à des anomalies de la continuité quand deux ou plusieurs dents voisines sont réunies dans toute ou partie de leur étendue; — de disjonction, quand la séparation des racines est trop étendue ou trop prononcée; — par atrésie du niaxil taire , qui donne lieu à une diminution de diamètre fies arcades dentaires et par suite, à des dispositions vicieuses des dents; — par auqinentatnjn du 'tiainèfre transversut des mârh enfin une disposition vicieuse des arcades

dentaires, l'une par rapport à l’autre, résulte de la coïncidence de plusieurs anomalies de sièye et de ihection.

Dentition ou évolution des dents. — On désigne communément sous ce nom la phase ultime de l’évolution dentaire, l’éruption. 11 n’est pas sans intérêt de savoir dans quel ordre et à quelle date les dents apparaissent hors des gencives.

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