ÉDITEURS
26 J RUE RACINE, PRÈS l’odÈON
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PRÉFACE
« Tout homme sage qui estime sa santé ce qu’elle vaut, doit s’attacl^er à « connaître les moyens de prévenir les maladies. »
« Hippocrate. »
<i Tant plus notre bonne science (la médecine) est cogneüe, tant plus elle « est aimée et mérite de l’êstre. »
n Ambroise Paré. »
« Je ne crois pas qu’il y ait nécessité ou utilité à tenir la médecine dans « un sanctuaire, à l’envelopper de mystères; je ne crois pas non plus quM!
« soit impossible d’initier le public à quelques-uns des secrets de l’anatomîe « et de la pathologie, puisqu’on a pu l’intéresser aux merveilles de la pTiiysique, « de la chimie, de l’astronomie, etc. »
« Ch. Darembers. v Membre de l’Académie de Médecine, Professeur au Collège de France et à la Faculté de Médecine.
« Vulgariser la médecine, la bonne, bien entendu, serait le plus grand « service qu’on pût rendre au genre humain, a
« Louis Peisse. 9
Membre de l’Institut et de l’Académie de Médecine.
« C’est par l’hygiène, surtout, que la médecine tient une grande place dans « la société, a
« Paul Bert. »
Membre de l’Institut, Ancien Ministre de l’Instruction Publique.
C’est la vulgarisation que notre époque poursuit avec une ardeur extraordinaire et parvient à réaliser dans des proportions qu’on ne prévoyait assurément pas il y a quelques années. Plus que jamais le public comprend l’absolue nécessité de l’instruction qui est, sans contredit, le plus puissant élément de notre régénération, La preuve en est dans l’énorme succès qu’obtiennent les ouvrages populaires consacrés à la Physique, à l’Astronomie, à l’Histoire naturelle, à l’Architecture, aux Arts décoratifs, etc.
Ce qui a été réalisé pour la vulgarisation de ces diverses branches des connaissances humaines par Figuier, Fonwielle, Flammarion, Guillemin, Yiollet-le-Duc, etc,, j’aî tenté de le réaliser pour la vulgarisation de la Médecine et de l’Hygiène. Je me suis inspiré pour cela des lignes citées plus haut, empruntées à Hippocrate, Ambroise Paré, Haremherg, Louis Peisse et Paul Bert.
Il est absolument indiscutable que la Médecine et l’Hygiène sont, de toutes les Sciences, celles qui intéressent le plus généralement, car elles sont le résumé de toutes les autres ■et ont l’immense avantage de nous procurer la triple satisfaction de connaître les phénomènes de la ’vie de nous apprendre à conserver la santé et à soulager nos maux. Elles sont cependant les moins connues, et pas une autre science n’est parvenue dans la foule^ hérissée de plus d’erreurs, de préjugés et d’idées fausses, que les médecins eux-mêmes sont souvent impuissants à déraciner et à détruire !
Or chose étrange, s’il existe d’excellents livres qui vulgarisent les autres sciences, on
PRÉFACE
ne possédait pas jusqu’à ce jour un ouvrage sérieux et complet de vulgarisation de la Médecine et de l’Hygiène, si bien que le public, avant la publication de cet ouvrage, en était réduit à consulter les Dictionnaires de Médecine écrits exclusivement pour des médecins, les uns très volumineux, les autres trop résumés, et qui sont des Lexiques, des Dictionnaires du langage médical, plutôt que des Dictionnaires de Médecine proprement dite.
n y avait donc un vide à combler. Ce vide, j’espère l’avoir comblé en publiant ce Dictionnaire populaire de médecine usuelle d’hygiène publique et privée. Du reste, mettant de côté toute fausse modestie, je prends la liberté de reproduire ici les termes dans lesquels un des hommes qui fut en même temps un des esprits les plus vastes, les plus philosophiques et les plus généralisateurs, un chirurgien des plus inventifs et des plus habiles, et le premier et le plus indépendant des journalistes médicaux de ce siècle, mon illustre maître et ami le regretté Jules Guérin, de l’Académie de médecine, a bien voulu apprécier mon œuvre : « En publiant votre Dictionnaire de vulgarisation de la Médecine « et de l’Hygiène, vous avez comblé un vide. Vous l’avez même comblé magistralement, « en restant fidèle à la devise : « Vulgariser sans abaisser. » Votre livre, sur lequel vous <c avez bien voulu me demander mon appréciation, est clair, précis, élémentaire, d’une lec- « ture attrayante et facile et, de plus, très complet et très au courant des découvertes les « plus récentes. Je ne saurais trop louer l’heureuse idée que vous avez eue de consacrer « une grande place à l’Hygiène publique et privée. En un mot, votre livre est tel que je « l’attendais de vous, dont je connais et apprécie depuis longues années, l’esprit métho- « dique, la plume brillante et — chose rare aujourd’hui et qui vous vaudra comme à moi « beaucoup d’ennemis, — la grande indépendance. Bravo ! mon cher ami. » Au lecteur de juger si Jules Guérin a dit vrai.
Le lecteur trouvera dans le Dictionnaire populaire de médecine usuelle , d’hygiène PUBLIQUE ET PRIVÉE : — l’Anatomie ou description de nos organes, leur Physiologie ou l’explication du mécanisme des fonctions de chacun d’eux; en un mot, tout ce qu’il est important de connaître sur les phénomènes de la Ale; — des articles sur toutes les Maladies ^ médicales et chirurgicales , locales et générales , aiguës et chroniques , qui sont décrites avec le plus grand soin, au point de vue des signes et des symptômes qui permettent de les reconnaître, de leur marche, de l’évolution de chaque période, et du traitement hygiénique, médical et chirurgical, qui convient à chacune d’elles ; — des articles sur tous les Médicaments anciens et nouveaux employés d’ordinaire, qui sont étudiés au point’de vue de leur composition, de leurs propriétés, de la façon dont on les prépare et des formes sous lesquelles ou peut les administrer aux malades, ainsi que des doses ; — enfin, des notices fort détaillées sur l’Électricité, l’Hydrothérapie, les Eaux minérales et les Bains de Mer et leur application au traitement des Maladies. — Les Empoisonnements y sont minutieusement décrits avec les contre-poisons ; — il en est de même des Secours aux Blessés, aux Asphyxiés et aux Noyés. - — Plusieurs articles spéciaux ont été consacrés à la Folie et à ses diverses manifestations qui constituent le cadre si important des Maladies Mentales. — La Médecine Légale y est aussi traitée dans ces questions les plus fréquemment soulevées devant les tribunaux.
J’ai aussi donné dans le Dictionnaire populaire de médecine usuelle, d’hygiène PUBLIQUE ET PRIVÉE, ainsi que l’indique son titre même, une grande place à l’Hygiène et aux préceptes de cette science, dont le but est la conservation et le perfectionnement de la santé et qui, suivant Michelet, doit un jour remplacer la médecine. On y trouvera un grand nombre d’articles sur l’Hygiène Individuelle ; l’Hygiène du Corps et des Vêtements ; l’Hygiène de l’Habitation, du Chauffage, de l’Éclairage, de la Ventilation des Appartements. L’Hygiène si importante de l’Alimentation y est aussi très largement traitée : le lecteur y trouvera un article spécial sur chaque Aliment, chaque Boisson, indiquant sa nature, sa
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richesse nutritive, son degré de digestibilité, à quelles personnes il convient, à quelles il est contraire, enfin les Falsifications et les Fraudes qu’on lui fait subir et les moyens de les constater. En ce qui touche à l’Hygiène Professionnelle et Industrielle, le lecteur trouvera également un article spécial consacré à chaque profession, à chaque industrie, signalant les causes d’insalubrité de chacune et indiquant les moyens de s’y soustraire. Enfin l’Hygiène Publique a aussi sa part dans le Dictionnaire où le lecteur trouvera d’utiles renseignements sur les Eaux potables, les Égouts, les Vidanges, les Cimetières, les Établissements incommodes, insalubres et dangereux; l’exposé des attributions des Conseils d’Hygiène et de Salubrité, enfin des détails sur l’organisation des Hôpitaux et des Hospices, des Asiles d’Abénés, de Sourds-Muets, d’Aveugles, des Établissements de Bienfaisance et sur les conditions requises pour y être admis.
Rien n’a été négligé pour que le Dictionnaire populaire de médecine usuelle, d’hygiène publique et privée fut rédigé le mieux possible, et, comme le siècle est à la spécialisation, j’ai groupé autour de moi, comme collaborateurs, des Médecins et des Chirurgiens spécialistes, connus et justement renommés, dont le lecteur trouvera la liste à la page ci-contre, et je leur ai confié la rédaction des articles ayant trait aux Maladies dont l’étude et la pratique leur sont absolument familières. Je suis heureux d’adresser ici mes plus chaleureux remerciements à ces amis de la première heure qui m’ont apporté si spontanément et si gracieusement leur précieux concours.
Enfin, mes éditeurs, MM. Marpon et Flammarion, n’ont reculé devant aucun sacrifice pour faire du Dictionnaire populaire de médecine usuelle, d’hygiéne publique et PRIVÉE, un livre complet à tous égards. Ils l’ont imprimé en caractères neufs, très lisibles, sur du beau papier, ét ils l’ont enrichi de 1270 splendides figures, destinées à ajouter à la clarté ' du texte, dont le dessin et la gravure ont été confiés aux artistes les plus en renom ; j’ai cité ; Bellot, Léveillé, Gordier, Guerre, Guillard, BadOureau, etc. Merci encore à eux tous.
Tel est le Dictionnaire populaire de médecine usuelle, d’hygiène publique et PRIVÉE, dont la vente en livraisons a dépassé vingt mille exemplaires^ que mes Éditeurs, après l’avoir publié sous cette forme si éminemment populaire, offrent aujourd’hui au public, en volumes. J’espère que, sous cette nouvelle forme, il retrouvera une faveur au moins égale à celle qui a accueilli son apparition en livraisons, et que bientôt il sera entre les mains de tous les Pères de famille, des Chefs d’Usines et d’Ateliers, des Agriculteurs, des Instituteurs des Chefs d’institution, des membres du Clergé, des Magistrats, des Officiers de Police, des Militaires, des Marins, des Explorateurs, étc., de toutes les personnes qui se dévouent au soulagement des malades (Étudiants, Médecins et Pharmaciens y compris), de tous ceux enfin qui ont souci- de leur santé, c’est-à-dire entre les mains de tout le monde, car, d’une part, son utilité est indispensable, et, d’autre part, mes Éditeurs en ont fixé le prix à un chiffré vraiment peu élevé, vu l’importance de l’ouvrage.
Paris, 28, Boulevard Poissonnière.
4 septembre 1887.