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dans la thérapeutique. C’est un liquide oléagineux, d'une couleur jaune ambrée, qui tache le papier à la manière des corps gras, sans que la chaleur fasse disparaître cette tache. Son odeur spéciale et tenace rappeEe un peu celle de la graine de persü pulvérisée; sa saveur est piquante et âcre. Son extraction nécessite une série d’opérations longues et minutieuses, car la graine de persil ne donne guère plus de 1/2 à 2 p. 100 d’apiol.

L’apiol possède une action tonique et fébrifuge réelle. Mais la principale propriété de ce médicament, et la plus précieuse, est celle que lui ont découverte Joret et HomoUe. Il résulte d’une longue série d’expériences et d’observations que l’apiol exerce une action toute spéciale sur la menstruation. Il ramène les règles chez les femmes atteintes àüaménhorrée, c’est-à-dire dont le flux menstruel est supprimé depuis un temps plus ou moins long; et il régularise la menstruation chez celles qui sont atteintes de c’est-à-dire dont les règles

sont irrégulières ou insuffisantes et accompagnées de tranchées et de douleurs abdominales et utérines.

Cette action est tellement manifeste que le professeur Bouchardat n’hésite pas à qualifier l’apiol de « très puissant emménagogue, » et que, d’après le docteur Siredey, le savant médecin de Lariboisière, j dont la compétence en gynécologie est si grande, il serait « le médicament dont la propriété emménagogue serait le mieux établie ».

Tour à tour expérimenté par les docteurs Valleix, Marotte, Fauconneau -Dufresne, Corlieu, Bouchut, Lamouroux, etc., l’apiol a toujours donné d’excellents résultats. Il est vrai que les expériences avaient été faites avec l’apiol préparé par les docteurs Joret et HomoUe, et enfermé dans de petites capsules gélatineuses dosées à 20 centigrammes.

L’apiol s’administre, ainsi que l’indiquent MM. Marotte et Siredey, suivant l’âge de la personne, à la dose quotidienne de une à trois capsules, pendant les deux ou trois jours qui précèdent l’époque probable des règles, et doit être continué de la même manière pendant les deux premiers jours de leur écoulement.

Les docteurs Joret et HomoUe , et après eux la plupart des médecins, ont reconnu l’innocuité de l’apiol administré au début de la grossesse. C’est ainsi que le D' Fauconneau-Dufresne, entre autres, a pubUé les observations de deux dames parvenues au deuxième mois de la grossesse, qui prirent chacune 3 grammes environ d’apiol en capsules, croyant être atteintes d’aménorrhée, et ne soupçonnant pas leur état. Cependant aucun phénomène fâcheux ne se produisit, et eUes accouchèrent très heureusement.

On voit aisément queUe est l’importance de ces faits qui prouvent que l’apiol peut être regardé comme un naédicament sûr et inoffensif. L’erreur, si facile à faire, du début de la grossesse avec l’aménorrhée, pourra donc être éclairée d’un jour tout nouveau par l’usage inteUigent de l’apiol; mais à la condition expresse d’employer toujours ce médicament absolument pur et très exactement dosé. Or, les capsules d'apiol de Joret et HomoUe sont, sans contredit, la préparation qui réaUse le mieux ces deux conditions essentieUes. d* p.-l. tahbide.

APOLLINARIS (ead mihérale n’). Eau minérale artificielle allemande, fabriquée par les AUemands qui nous l’expédient d’Angleterre pour détourner les soupçons, et qui osent la qualifier sur les étiquettes de « Eau minérale naturelle , la reine des eaux de table, adoptée par le prince de Galles Î1 » M.Chatin, directeur de l’Ecole de pharmacie, a dénoncé la fraude en pleine tribune de l’académie de médecine en 1882. ApoUnaris ne contenait pas d’acide carbonique lorsqu’eUe a été analysée et autorisée en France en 1878, et tous ceux qui en ont bu depuis savent qn'elle renferme maintenant des quantités si considérables d'acide carbonique que, dès qu’on en débouche une bouteiUe, il y a une effervescence telle que la moitié du contenu se répand sur la table, avant qu’on ait le temps d’incüner la bouteiUe sur le verre !

Laissons donc aux honnêtes AUemands et aux Anglais cette eau artificielle, au goût âpre, désagréable; notre beUe France est assez riche en excellentes eaux minérales naturelles de table.

D' Padl Labarthe.

APOMORPHINE. — Nom donné par les chimistes à un alcaloïde qui se présente sous la forme d’une poudre blanche, fui devient verdâtre au contact de l’air, amorphe, peu soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther, obtenu en faisant réagir l’acide chlorhydrique sur la morphine dans un tube sceUé et chauffé à 150“.

L’apomorphine tend à prendre une place importante dans la thérapeutique, à cause de ses propriétés vomitives presque merveilleuses. Administrée à la dose de 2 centigrammes, à l’intérieur, ou à celle de 2 à 5 milligrammes en injection hypodermique, eUe détermine des vomissements rapides, sans nausées préalables et sans laisser, après effet produit, cet abattement et cette prostration consécutive à l’administration de Vipéca et de Yémétique. De plus, les vomissements ne sont pas suivis de diarrhée.

Indépendamment de cette propriété vomitive énergique, l’apomorphine jouit encore d’une action expectorante qui a été utilisée par MM. Rormann, Jurasz, Beck et Siredey, dans la bronchite aiguë, dans la bronchite chronique, et surtout dans cette forme si pénible du catarrhe sec, où l’on voit les accès de toux diminuer et la dyspnée s’amender sous son influence. On peut dans ces cas administrer l’apomorphine d’après la formule suivante de Beck ;

Chlorhydrate d’apomorphine . 6 à 8 centigrammes.

Acide chlorhydrique dilué . . 1 grammes.

Sirop simple . 30 —

Eau distillée . 120 —

à prendre une cuiUerée à soupe toutes les 2, 3 ou 4 heures. La même solution est utiUsée pour les enfants, mais on ne leur en donne en moyenne qu’une cuiUerée à café toutes les heures ou toutes les 2 heures. D' Paul labarthe.

APONÉVROSES. — Nom donné par les anatomistes à des membranes de nature fibreuse très ré» sistantes, inextensibles, qui enveloppent les muscles comme dans ime gaine et favorisent leur contraction. Les aponévroses sont formées de plusieurs fi-

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bres différentes, les unes parallèles à l’axe du corps, les autres perpendiculaires ou obliques, qui s’entrecroisent plus ou moins obliquement. Elles sont percées de trous circulaires destinés au passage des veines, des artères et des nerfs. Leur surface externe d’un blanc nacré, luisante et lisse, n’est séparée de la peau que par le tissu cellulaire graisseux sous-cutané, tandis que leur surface interne adhère plus ou moins aux muscles, au moyen de prolongements fibreux, dont les uns pénètrent entre les principaux groupes de muscles, les autres entre chaque muscle, et d’autres enfin vont s’insérer au périoste dans les points où les muscles sont en contact avec les os. A leurs extrémités, les aponévroses s’attachent sur les saillies osseuses ou bien se perdent dans les tendons.

Les aponévroses sont plus ou moins épaisses [et résistantes, selon l’étendue et la puissance des muscles qu’elles enveloppent. Celles qui enveloppent les muscles larges sont les moins épaisses ; les plus résistantes sont celles qui enveloppent les muscles du bras et des jambes; enfin les plus minces et les moins résistantes sont celles qui enveloppent les muscles courts, dont l’action est très peu énergique. (V. Muscle, Tendon.) D' Paul Labarthe.

APOPHYSE. — Non donné par les anatomistes à des éminences osseuses qui forment des saillies ou des prolongements dont les unes, rugueuses, servent à l’attache des muscles, et les autres, encroûtées de cartilages, servent aux articulations des os. Les apophyses qu’on trouve sur le squelette sont nombreuses. Une des plus saillantes est l’apophyse olécrane, constituée par l’extrémité supérieure du cubitus, et qui forme cette pointe que l’on observe au coude. (V. Os.) P. L..

APOPLEXIE CÉRÉBRALE. — (Voyez Congestion et Hémorrhagie du cerveau, Hémiplégie, Encéphalite, Ramollissement.) P. L.

APOZÊME. — Les apozèmes, d’après le Codex, sont des préparations magistrales qui diffèrent des tisanes en ce qu’elles renferment une plus grande quantité de principes médicamenteux, et qu’elles ne servent pas de boisson ordinaire aux malades. Ce sont, en somme, des tisanes composées. p.

APPAREIL. — Mot qui, en anatomie et en physiologie, sert à désigner l’ensemble des organes qui concourent à l’accomplissement d’une même fonction. C’est ainsi qu’on appelle appareil digestif ou de la digestion, l’ensemble des divers organes (bouche, amygdales, œsophage, estomac, foie, intestins, etc.), qui concourent à la fonction de la digestion des aliments et de l’absorption des parties nutritives de ces aliments. — En chirurgie, le mot appareil est employé à désigner l’ensemble des divers objets ou instruments qui sont nécessaires pour pratiquer une opération chirurgicale ou pour procéder à un pansement. p. l.

APPENDICE. — On désigne ainsi en anatomie, certains prolongements minces de divers organes qui ont l’air d’être surajoutés à ces organes, p, l.

APPÉTENCE. — On désigne généralement sous ce nom le premier degré de Y appétit. (V. ce mot.)

APPÉTIT. — L’appétit a été défini : une sensation qui fait qu’on éprouve le besoin de mettre en actL vité différents organes de l’économie. ^ ^

Notre corps par sa vitalité est soumis a un travail physique, mécanique ou intellectuel constant, qui lui fait dépenser une grande partie de cette vitalité même. Cette déperdition conduirait loin, si nous n’avions en nous ce que, dans sa physiologie, M. le professeur Béclard, d’après Brillat-Savarin appelle « la sonnette d’alarme», c’est-à-dire l’appétit qu’on peut mieux définir par ce mot — le désir de manger.

Lorsque ce désir devient un besoin, l'appétit fait place à Is. faim.. (V. ce mot).

Le désir provoqué par l’appétit se traduit plutôt par des. sensations agréables que pénibles. Il n’y a que lorsque l’on a faim que ce besoin, qui n’est plus un désir, devient impérieux et occasionne des douleurs dans la région stomacale.

L’appétit, malgré tout, peut provoquer des bâillements, mais jamais de tiraillements d’estomac douloureux.

L’appétit n’est que la sensation ou le désir de se. réconforter périodiquement, de prendre des aliments solides et liquides d’une façon régulière, et cette régularité marche de pair avec le travail du tube digestif. C’est seulement lorsque les aliments que l’on a pris ont été digérés d’une façon complète que l’appétit se fait sentir.

Comme il a été dit plus haut, l’appétit quelquefois se traduit d’une façon agréable. C’est une envie, c’est un désir, une demande du sens du goût. — Les papilles de la bouche sont dans un état léger de surexcitation; la salivation augmente; l’individu, dans cette situation, ressent comme un souvenir physique de tel ou tel aliment qu’il a trouvé bon antécédemment, et, dont le sens du goût qui en a été flatté se souvient. — L’odorat, parfois, s’en mêle et il arrive que l’individu en appétit, dans ces conditions, sent le fumet du plat qu’il fiésire.

C’est là que s’arrête l’appétit ; plus loin c’est la faim, dont nous ferons un article spécial.

Dans l’ordre naturel, l’appétit est l’indice de la faim, car la faim le suit — et cependant il arrive que, la faim assouvie, l’appétit persiste encore. Combien de personnes après avoir suffisamment mangé n’ont-elles pas senti leur appétit renaître en s’approchant d’une table mieux servie que celle qu’elles venaient de quitter quelques instants auparavant?

Il en découle que l’appétit a plus de rapport au désir qu’au véritable besoin, — c’est pour cela que, si on l’écoutait, il pourrait devenir préjudiciable à la santé — et par là même il rentre dans le domaine de l’hygiène, hygiène qui défend la gourmandise. L’appétit varie indépendamment de ce besoin, suivant les âges, les tempéraments, le sexe, les saisons et les climats.

Dans l’enfance la vie n’est qu’activité. L’enfant joue, court, saute ; chez lui pas de préoccupations, la nature seule le dirige pour le conduire à son développement, il n’a que de la fatigue physique. Il y a bien par ici, par là, quelques larmes, elles sont

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bien vite séchées par un rire. — Donc, pas d’influence nerveuse. Le cnrps seul agit, le corps seul dépense et s’accroît. Aussi l'organisme de l’enfant demande-t-il beaucoup, et pour ses petites fatigues amusantes et pour son développement. Il faut lui rendre la vitalité que ces deux causes lui font perdre. Il faut calmer son appétit.

D’ailleurs, chez l’enfant, l’appétit est vite satisfait par ce fait même qu’il se fait fréquemment sentir. Cela tient à la petitesse de l’estomac et a la force digestive dont cet organe est doué. Aussi au point de vue de l’hygiène, il est bon de donner souvent à manger aux enfants, mais peu à la fois ; quatre à cinq repas par jour, c’est au moins ce qu’il leur faut. Car, ainsi que l’a dit avec raison Hippocrate : « les enfants sont ceux qui supportent le moins l’abstinence. ))

En avançant en âge, l’appétit se fait moins sentir, c’est-à-dire moins souvent ; cependant, jusqu’à parfaite croissance, la diminution est peu remarquable.

Lorsque le corps a acquis tout son développement, l’appétit devient plus modéré et deux bons repas suffisent.

Dans la vieillesse l’organisme somnolent n’a que peu de désirs, aussi l’appétit ne sonne plus la clochette d'alarme et, dans la presque totalité des cas, c’est plutôt par habitude ou par raison que les vieillards mangent. C’est surtout à cette époque de la vie que l’hygiène doit être observée et qu’il faut, à la régularité des repas, joindre le choix des aliments.

Au point de vue du tempérament, il est à remarquer que les personnes lymphatiques ont peu d’ap pétit. Les personnes sanguines ont un appétit plus vif. Les gens dont le tempérament est bilieux sont en général plus fort mangeurs et presque tous les aliments, quels qu’ils soient, leur plaisent. D’après l’histoire, Alexandre le Grand avait un tempérament bilieux et mangeait au milieu de ses soldats le même pain qu’eux avec un extrême plaisir.

L’appétit varie suivant le sexe. La femme mange moins que l’homme. Cela tient, d’abord à la prédominance de son système lymphatique. Puis, elle a des travaux qui la fatiguent moins que ceux de l’homme, en parlant d’une façon générale :

car, il est bon de remarquer que les femmes qui accomplissent des travaux demandant une grande dépense de force musculaire, les blanchisseuses de lavoir, par exemple, ont un très vif appétit.

Mais en général l’appétit revêt, chez la femme, un caractère nerveux, capricieux, plus ou moins intense, suivant le milieu et les habitudes, et aussi suivant les états physiologiques, tels que la grossesse principalement.

Les saisons et les climats ont aussi leur influence sur ce besoin. Ainsi, d’une manière générale, on mange plus en hiver qu’en été. Cet appétit plus grand en hiver qu’en été a sa raison physiologique Lorsque

WGTIOXNAIRE populaire DE MÉDECINE USUELLE

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la température extérieure s’abaisse nous sommes forcés de lutter contre le froid en développant une plus grande quantité de chalenr animale. Cette chaleur animale que nous étudierons plus loin est due à la respiration et aux décompositions, aux transformations chimique que subissent les aliments pendant l’acte de la digestion. (V. chaleur animale), En été l’appareil digestif est débile, l’estomac est paresseux, et rappétit diminue. Aussi, est-11 de bonne hygiène d’user pendant l’été d’aliments légers et de digestion facile, tels que légumes frais, viandes blanches ; en hiver, au contraire une forte nourriture s’impose.

De ce qui se passe suivant les saisons, il est facile de déduire ce qui se passe suivant les climats. On peut le traduire par cette phrase : L’appétit est en raison inverse de la température.

En résumé, pour avoir de l’appétit l’exercice est nécessaire. On dit quelquefois : « 11 mange comme un chasseur ! » Tout le monde ne peut pas aller à la chasse, néanmoins tout le monde peut prendre autant de fatigue agréable qu’un chasseur. J’ai dit fatigue agréable, car l’excès qui en tout est un défaut serait préjudiciable à l’appétit. Après de trop rudes corvées on mange peu.

Que faut-il faire pour conserver l’appétit? Eh bien, vivre avec sobriété, éviter tous excès, régulariser autant que possible les heures de repas. Si l’emploi que l’on occupe est sédentaire, il faut s’astreindre, quelle que soit la saison, à une petite promenade matin et soir. Pour, tout le monde nous recommandons les exercices corporels, la marche, la gymnastique et en été les bains froids.

Lorsque pour une cause ou pour une autre l’appétit diminue ou disparaît, on , dit qu’il y a inappétence. (y. ce mot). Paul Labarthe.

APYREXIE. — Ce mot signifie, à proprément parler, absence de fièvre dans le cours d’une maladie. Il sert aussi à désigner l’intervalle qui sépare les accès fébriles dans les fièvres intermittentes. i-

AQUAPUNCTDRE. — Nom donné à une méthode thérapeutique qui a pour but de produire avec l'eau un jet filiforme assez puissant pour percer la peau, dans le but de calmer les douleurs par une sorte de

révulsion locale. L’aquapuncture peut se pratiquer à l’aide de l’appareil de Mathieu; voici en quoi il consiste : à une pompe foulante B, est adapté un tube en plomb, et à l’extrémité de ce dernier, un ajustage fîüforme H K, qui est tenu éloigné de 1 centimètre environ de l’endroit à aquapuncturer. Une pression exercée sur le levier A de la pompe, suffit pour faire pénétrer sous la peau, par une petite piqûre capillaire, quelques gouttes d’eau, par lesquelles le tissu sellulaire sous-cutané est soulevé et forme une pedte élevure blanchâtre qui laisse parfois écouler de ’)0n centre une petite goutte de sang.

La pénétration de l’eau dans les tissus détermine une douleur assez intense, qui se calme assez vite.

Le docteur Siredey a employé l’aquapuncture contre les névralgies avec succès. Cette méthode appliquée aux rhumatismes musculaires produit aussi d’excellents résultats, à la condition que l’on pratique plusieurs piqûres à la fois. D' Paul Labarthe.

Fruit entier. Fruit ouvert.

Fig. 111. — Fruit d’arachide.

ARACHIDE. — Nom donné à une plante de la famille des légumineuses, cultivée surtout au Sénégal et sur la côte occidentale d’Afrique, dont les tiges, longues de 30 à 60 centimètres, s’étalent le plus souvent sur le sol, et dont le fruit, connu aussi sous le nom de pistache de terre, est une gousse longue de 3 centimètres en-

Bviron, qui renferme ^ , dans son intérieur deux graines, à enveloppe rouge, de la grosseur d’une petite noisette.

Fraîches et lorsqu’elles ne sont pas encore tout à fait mûres, ces graines ont une saveur qui rappelle celle des haricots verts. Lorsqu’on les grille au four ou qu’on les torréfie dans une marmite en fer, elles acquièrent un goût beaucoup plus agréable qui se rapproche de celui de la noisette. J’en ai mangé bien souvent pendant mon long séjour au Sénégal, et je me souviens qu’un cuisinier nous confectionnait avec ces graines un nougat très acceptable. Les espagnols s’en servent pour la fabrication du chocolat et les mélangent au cacao, après torréfaction. Enfin, certains industriels les emploient pour falsifier le café.

Dès que ces graines sont arrivées à complète maturité, elles deviennent très huileuses et, par suite, peu agréables à manger.

C;est même l’huile qu’elles renferment dans une proportion considérable, variant entre 40 et 50 pour 100, qui rend les arachides très importantes. On en fait un très grand commerce d’exportation sur la côte occidentale de l’Afrique et surtout au SénégaL Dès 1867, la seule ville de Marseille en recevait, dans le courant de l’année, 66 millions de kilos représentant une valeur de 26 millions de francs environ. Depuis cette époque, ces chiffres ont notablement augmenté.

L’huile d’arachide supérieure, celle qui est obtenue par expression, est très fluide, presque incolore et aussi bonne à manger que l’huile d’olive qu’elle sert à falsifier chaque jour; mais elle rancit facilement. On l’emploie beaucoup en pharmacie pour les liniments et nombre de pharmaciens peu scrupuleux, la vendent souvent comme huile d’amandes douces. Elle épaissit à + 3°, se fige à — 3“ et devient solide à — T, tandis que l'huile d’olive se congèle à.-f 2° centigrades.

L’huile obtenue par épuisement est colorée, de qualité inférieure, et employée surtout dans le commercé et l’industrie pour l’éclairage et pour la fabrication des savons. La saponification de cette huile se fait par la lessive de soude et donne un savon blanc que l’on fabrique en grand à Marseille.

D' Édouard Dupouy,

Médecin de 1" classe de là marine.

ARACHNOÏDE. — Nom donné par les anatomistes à une des trois membranes qui enveloppent le cerveau et qui ont reçu le nom général de Méninges. (V. ce mot). P. L.

ARAIGNÉE. — Nom donné à de petits animaux articulés, de la famille des arachnoïdes, dont le corps est formé de deux parties très distinctes : le céphalothorax qui porte les yeux, tous les appendices buccaux et les pattes, et l’abdomen. La bouche est accompagnée de deux appendices chilicères formés de trois articles superposés. Au sommet du dernier, à forme très aiguë et recourbé en crochet, s’ouvre le canal d’évacuation d’une glande à venin, située dans le céphalothorax. Cet article terminal se replie sur le second, à la façon d’une lame de couteau sur son manche.

Les araignées inspirent généralement du dégoût, et certaines personnes même ne peuvent les voir sans se trouver mal ; j’ai eu au lycée un maître d’étude qui était dans ce cas, aussi notre plus grande joie était de lui en fourrer dans son pupitre. Tout autre était l’effet produit par ces insectes sur l’astronome Lalande, qui avait pris la singulière habitude d’en manger chaque jour plusieurs, sans en être incommodé, et qui leur trouvait une saveur de noisette fraîche. On a observé plusieurs jeunes filles chlorotiques ayant le même goût que Lalande.

Parmi les araignées les plus communes, nous citerons ; L’araignée Epeyre diadème, très fréquente en automne dans nos jardins où elle tisse de grandes toiles très légères et très élégantes ; l’araignée Domesiique, colorée en jaune sale et tachée de points noirs, qui habite souvent nos maisons ; l’araignée Phalangite ou Faucheur, a longues pattes, qui se tient principalement aux plafonds de nos appartements, où sa transparence , empêche de l’apercevoir; l’araignée Lucifuge, ordinairement noirâtre, qui se tient dans les caves et les vieux murs humides; la Tarentule brune, velue, qui est très commune dans les régions méridionales, principalement en Italie et en Espagne.

Beaucoup de personnes croient que les morsures de ces différentes espèces d’araignées sont venimeuses et dangereuses. En Italie on a cru long-

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