C. Altérations constitutionnelles
Av Lésions primitives et intrinsèques. — Les lésions primitives et intrinsèques des nerfs ne sont pas les causes les plus ordinaires des névralgies; mais leur interprétation est des plus nettes, car on conçoit aisément que l’altération matérielle d’un nerf sensible exagère sa sensibilité.
Ces lésions comprennent : la névrite, les congestions et oedèmes du névrilème, les tumeurs de diverses natures développées dans le nerf, en particulier les névromes, et enfin l’action du froid.
Les névralgies à frigore ou de nature rhumatismale sont fréquentes, mais leur pathogénie n’est pas encore élucidée. Comment agit le froid? Est-ce simplement en troublant la conductibilité du nerf sans altérer sa texture d’une façon appréciable, ou bien détermine-t-ii une hyperhémie, une congestion active de ses tuniques? Cette dernière opinion tend à prévaloir.
B. Causes extrinsèques. — 1° Les unes sont directes, c’est-à-dire que, situées dans le voisinage immédiat du cordon nerveux, elles le compriment, l’irritent au point de faire éclater une névralgie : telles sont les altérations des os du crâne, du rachis, des membres, de la face (tumeurs, exostoses, nécroses, carie, etc.), avec lesquels sont en rapport les nerfs sensitifs. Les tumeurs de toute nature les hypertrophies des ganglions ou des organes situés dans le voisinage immédiat de ces nerfs (exemple : névralgie sciatique dans le' cas de tumeur utérine).
2° Les autres sont indirectes, c’est-à-dire qu’éloignées du nerf atteint de névralgie, elles agissent sur lui par irradiation réflexe. Ces névralgies sont assez rares ; on les observe dans le cours des lésions chroniques de l’encéphale et de la moelle (sclérose, etc.).
C. Causes constitutionneixes. — Les névralgies de cet ordre sont très fréquentes et elles se rattachent très probablement à une altération du san».
Pour qu’un nerf fonctionne bien, il faut que lé sang qui l’alimente soit convenable en quantité et
en qualité; cette double condition ne se t remplie ni dans les anémies, ni dans les jntnr°.Uï6 tions. XlCa'
Aussi les femmes anémiques sont-elles fréa ment atteintes de névralgies à détermina?' multiples (névralgies intercostales, faciales, c?5 pes d’estomac, etc.). Les névralgies sont égale? très fréquentes dans une foule d’intoxicatio?. > pour ne citer que les principales, on les observ’ * dans les pays marécageux (la névralgie faciale est ’ la forme la plus commune de la fièvre lactée), daas les intoxications saturnines, mercurielles, chez ies syphilitiques, les goutteux.
Quels sont les symptômes des névralgies? -La douleur est le symptôme capital de toute névralgie' de plus, l’état d’excitation dans lequel se trouvé un nerf atteint de névralgie peut avoir du retentissement sur les nerfs moteurs et sur les nerfs vaso-moteurs, et produire ainsi des désordres du ' mouvement, de la nutrition et des sécrétions. S Il en résulte que les symptômes des névralgies peuvent se grouper sous trois chefs : j
A. La douleur, symptôme capital et constant; |
B. Des troubles dans la motilité et les fonctions de la région malade ;
C. Des désordres dans son innervation vaso-motrice (sécrétions, nutrition, etc.).
A. Douleur, — Les douleurs névralgiques se présentent sous des formes variées, mais elles sont toujours remarquàbles par leur intensité; spopta- j nément ou sous l’influence de l’excitation fa plus j légère (chatouillement avec la barbe d’une plume), elles atteignent des proportions qui plongent le malheureux patient dans la plus vive anxiété; il j s’agite, crie, se roule par terre, ne peut trouver^ ; termes assez énergiques pour exprimer ses souffrances. \
Quelques variées que soient les douleurs névral- j giques, elles obéissent, en général, aux trois loi5 ; suivantes :
1° Elles suivent très exactement le trajet des branches nerveuses malades, à tel point que j malade peut indiquer du doigt le trajet du n® j malade, aussi exactement que le ferait un ana miste;
2° Elles présentent des paroxysmes désignés soi*3 le nom d’accès ; I
3° Il est certains points déterminés (points ® loureux de Valleix) au niveau desquels la PreSS | les réveille ou les exagère. r.
1° Trajet de la douleur. — Les nerfs le PluS ,ri, dinairement atteints de névralgie sont, paJ or \ S de fréquence, les nerfs intercostaux, le nerf a 5' paire ou trijumeau, les branches des plexis i ^ baire et sacré (surtout le grand nerf sciatupè nerf sous-occipital et les nerfs cervicaux. ie La névralgie peut frapper toutes les brancu ^ ces différents nerfs, se limiter à l’un ou à o® ^ tain nombre de leurs rameaux ; mais, qu e ^ généralisée à tout le nerf ou circonscrite de ses branches, la douleur suit très exac le trajet du filet nerveux malade.
De plus, la névralgie peut s’étendre Par*IfI„lljx * maire des appareils ganglionnaires et cen d autres nerfs sensibles.
NÉV
NÉY
o» paroxysmes. — Accès. — L’excitabilité ner- I * n’étant pas continue et s’épuisant après un VC1tain temps, il en résulte que les douleurs né- - iques offrent des intermittences, c’est-à-dire T s alternatives d’apaisement et d’augmentation, et résentent en réalité deux formes : douleurs continues, accès douloureux. C’est-à-dire que la région atteinte de névralgie est à peu près constamment le siège d’une douleur continue, mais sourde et très supportable, et que, de temps à autre, éclatent spontanément ou sous l’influence d’une cause légère (contact, mouvement, etc.) des paroxysmes dans lesquels la douleur acquiert une grande intensité. Ces paroxysmes, souvent désignés sous le pom d 'accès, sont eux -mêmes formés par des secousses douloureuses qui se succèdent rapidement et que l’on a comparés à des décharges électriques; ces accès ne se prolongent pas ordinairement au delà de quelques minutes : cependant leur durée est d’autant plus longue que la névralgie est plus
ancienne.
3° Points douloureux. — On sait que lorsqu’un nerf est excité sur un point de son trajet, quel que soit le point de ce trajet qui ait été excité, le sensorium rapporte la douleur à l’extrémité périphérique du nerf ; mais, outre ces douleurs excentriques, il en est qui se manifestent au niveau même de la pression. Valleix s’est attaché à déterminer pour chaque nerf les points au niveau desquels la pression éveillait la douleur locale (ou diffuse), et il a reconnu que c’était surtout au niveau de l’émergence du nerf hors des trous ou conduits osseux qu’il traverse, et encore dans les points où un filet se détache du tronc nerveux pour devenir cutané et superficiel. Cependant, une pression énergique, exercée sur le nerf malade, calme souvent la douleur. La suspension de la douleur tient à la suppression de la conductibilité du nerf; pour que la pression supprime la douleur, elle doit être exercée sur la partie du nerf intermédiaire au cerveau et à la partie malade, car seulement alors elle empêche les excitations morbides d’arriver à l’encéphale : si le point malade se trouve placé entre le cerveau et le lieu comprimé, la douleur persiste toujours en jertu de la loi des manifestations excentriques (amputé qui souffre du pied qu’il n’a plus). On V0l| yombien la pression d’un nerf atteint de néléshf 6 PeUt éclairer le diagnostic du siège de la
Troubles de la motilité. — Il n’est pas rare o server, dans le cours de certaines névralgies, se i-co?vu^s^ons cloniques ou toniques, qui tantôt imitent aux- muscles de la région douloureuse, -vuk* Se Pr°duisent à distance. Ces secousses coneas a'6S >S °^se.rvent fréquemment à la face dans les dans 1 nevral§ie trifaciale, tic douloureux de la face, de sciaÜqmUSC^eS mo^et> chez les gens atteints
tre^np10111^1,611868 anastomoses qui, dans les cencellules1!6^- ^et surtout dans le bulbe), unissent les explimipnt18me?'le8 des nerfs sensitifs et moteurs, C. Trou C6S lrra(hations d’un nerf à l’aulre.
Les névrawES DE Innervation vaso-motrice. — dans l’inn 6S PI’0V0(Iuent souvent des désordres nie erva*10n vaso-motrice : ces désordres,
■nûNNMRE POPULAIRE DE MÉDECINE USUELLE.
qui se manifestent au moment oùla douleur attein' son paroxysme, consistent dans la dilatation du système vasculaire; les artères battent avec force, les veines sont turgescentes, la température s’élève, peau rougit, les sécrétions s’exagèrent; l’accès terminé, tout rentre dans l’ordre. L’exagération des sécrétions lacrymale, nasale, salivaire, est surtouttrès remarquable dans les accès de névralgie faciale*.
Cependant la répétition de ces actes peut entraîner des troubles durables : les téguments et les tissus sous-cutanés s’épaississent et se couvrent d’éruptions diverses, les poils tombent ou prennent, au contraire, un développement exagéré.
Quelle est la marche des névralgies ? — i.a marche des névralgies est subordonnée à leur cause. Tient-elle à une lésion organique, la rt yralgie durera autant qu’elle, à moins que le nerf ne vienne à être détruit par les progrès de la tumeur, auquel cas l’anesthésie succédera à la névralgie, circonstance heureuse que l’on a cherché à obtenir par la section ou la résection du nerf.
Les névralgies d’origine palustre ont des accès périodiques, souvent quotidiens.
En dehors de cela il n’y a rien de fixe; les accès sont plus ou moins fréquents : souvent ils se terminent tout à coup, après un phénomène critique tel que larmes et sueurs abondantes; parfois ils se calment peu à peu. Mais on en a vu qui persistent des années entières; certains malades, découragés par la persistance du mal, se sont suicidés.
Le pronostic, extrêmement variable, ne se prête pas à des considérations générales.
Comment reconnaît-on une névralgie et sa cause? — Une névralgie se reconnaît aisément aux caractères que présente la douleur, c’est-à-dire à sa limitation au trajet d’un nerf, à ses paroxysmes spontanés ou provoqués par une pression exercée dans les points déterminés. . -
L’anesthésie douloureuse donne également lieu à des douleurs lancinantes avec paroxysmes, * mais elle se distingue de la névralgie par l’abolition de la sensibilité tactile.
On détermine la cause de la névralgie par un examen scrupuleux de l’état général du malade, du nerf lui-même et des portions du squelette avec lesquelles il est en rapport.
Ainsi les névralgies anémiques sont souvent intercostales, elles se déplacent, le malade est pâle, faible, il souffre de crampes à l’estomac, de palpitations de cœur, on entend chez lui des souffles vasculaires, etc.
Les névralgies a frigore surviennent brusquement sous l’influence d’un refroidissement chez des personnes ayant présenté déjà d’autres manifestations rhumatismales.
Les névralgies d’origine palustre s’observent dans les pays à fièvres intermittentes ; elles reviennent par accès, souvent à la même heure, et frappent d’ordinaire le trijumeau; l’efficacité du sulfate de quinine et de la liqueur de Fowler démontre leur nature.
Les névralgies rhumatismales et goutteuses s’observent fréquemment soit sur le nerf sciatique, soit sur le nerf sous-occipital : l’âge du malade et
les autres manifestations arthritiques permettent de rapporter la névralgie à sa véritable cause.
Les névralgies de nature organique, caractérisées par leur ténacité et par le caractère fulgurant de la douleur, se reconnaissent par la constatation d’une tumeur siégeant sur le nerf ou dans son voisinage, par l’association à la douleur de paralysies ou de troubles fonctionnels liés à la compression 'des nerfs moteurs, par l’existence de manifestations syphilitiques, de caries, nécroses, etc.
Quel est le traitement des névralgies? — Le traitement présente deux indications : 1° combattre la cause de la névralgie; 2° calmer la douleur.
1° Indications fournies par la cause. — Une névralgie ne peut être efficacement combattue que grâce à une connaissance exacte de sa cause.
Avez-vous reconnu sa nature syphilitique, ayez recours, soit de prime abord à l’iodure de potassium ( sirop de Laroze), soit préalablement au traitement mixte {pilules du DT Labarthe), au biiodure ioduré et à l’extrait de quinquina.
Est-elle d’origine palustre, administrez chaque jour de 60 centigrammes à 1 gramme de sulfate de quinine ( capsules de quinine Pelletier), et, en même temps, de 4 à 10 gouttes de liqueur de Fowler.
Est-elle de nature' anémique, prescrivez le traitement de Yaném'e (V. ce mot).
Est-elle de nature rhumatismale ou goutteuse, ayez recours à la médication alcaline et lactée, aux bains de vapeur prolongés.
Se rattache-t-elle aune lésion organique, sa destinée lui est enchaînée; il n’est point fort rare d’observer la destruction du nerf par le fait des progrès de cette lésion, auquel cas l’anesthésie succède à la névralgie.
On a cherché à obtenir ce résultat par la résection du nerf atteint de névralgie : mais, pour que cette réfection supprime les douleurs, elle doit porter sur la partie du nerf comprise entre le bulbe et la lésion : la résection sera réservée aux cas dans lesquels la pression suspend la douleur, et elle sera pratiquée au niveau du point comprimé.
2° Calmer la douleur. — Pour cela, on aura recours aux préparations opiacées, belladonéês; aux pilules de Moussette, à l’aconitine cristallisée et au quinium pur, recommandées par Gubler, Charcot, Desnos, Constantin Paul, Oulmont, etc. (commencer par trois le premier jour : une le matin, une dans le milieu de la journée et une le soir, et aller jcsqu’â six par jour). Citons encore le vaJérionate d' ammoniaque de Pierlot, le chloral (chloral perlé Limousin ), le chloroforme, l’éther, le bromure de potassium (sirop de Laroze ), le bromure de camphre ( capsules du D 1 Clin), etc., administrés à l’intérieur. On a aussi recommandé le gelsemium sempervirens, le piscida erythrina, mais tous deux n’ont donné que des résultats presque nuis dans la plupart des cas entre les mains.de Berger, Wolfe, Dujardin-Beau metz, etc., et, de plus, le gelsemium. a occasionné de véritables empoisonnements ; aussi ne saurions-nous trop, avec notre ami Labarthe,- déconseiller leur emploi.
Sanders a retiré de très bons effets de l’emploi du sulfure de carbone. Il l’applique de la manière
suivante : il prend une boulette de coton ordinaire qu’il allonge un peu, et sur l’extrémité du cône il verse 5 à 10 gouttes de sulfure de carbone, et ü l’applique immédiatement sur la partie douloureuse de façon à empêcher la volatilisation rapide du sulfure. Le lieu de l’application a son importance * généralement l’auteur choisit le point le plus dou-i loureux, en se faisant indiquer par le malade le point où la douleur est la plus vive. Si la douleur est diffuse, on peut en faire une application sur divers points. Dans tous les cas, il faut enlever le colon dès que la chaleur devient intolérable. Le soulagement, dit Sanders, est pour ainsi dire instantanée. La rougeur de la peau disparaît lentement, et la douleur produite par le sulfure cesse graduellement.
On retire aussi les meilleurs effets des injections hypodermiques de chlorhydrate de morphine, d’acide osmique; de la réfrigération par le chlorure de méthyle vaporisé sur la peau ; des petits vésicatoires volants (vésicatoire Albespeyres) appliqués loco dolenti et pansés avec le chlorhydrate de morphine, etc. Dans certains cas rebelles, Valleix a. même pratiqué la cautérisation transcurrente ou, ponctuée, avec le fer rouge. On a aussi recours aux bains électriques, et mieux à l’application des courants continus. Dr LÉ0N Moynac.
NÉVRILÈME. — Nom donné par les anatomistes au tissu conjonctif qui unit entre eux les tubes nerveux entourés de leur périnèvre (V. Nerf, Péri nèvre). p
NEVRITE. — On donne ce nom à l’inflammation des cordons nerveux; ces inflammations sont assez graves. Elles se produisent : 1° sous l’influencé d une lésion directe du nerf occasionnée par une p aie, une contusion, la présence d’un corps étranger, 2° par voi finage, lorsqu’une inflammation ou une tumeur s’est développée près d’un nerf, s’est etendue jusqu’à. lui; 30 sous l’influence du froid.
es symptômes d’une névrite sont de deux orares. ce sont : ^des modifications survenues dans c-1! ner^’, des troubles dans ses fonctions.
. lener* est superficiel, les. téguments sont, à flïï.TeaU’/°U»SeS’Sensibles et légèrement gon- SMtir cordon dur> i™m
f0,ncti.onnels- ~ Us varient suivant -dU nerf; S1 c est un nerf sensitif, le sympr 6Sî UT d0uleur très vive S’irradiant
il existe une S Ï'P- US, tard’ si le nerf se détruit, distribue <ti i0 stbesie des régions auxquelles il se cipal corniste d^ moteur’ le symptôme prinsuccèdem de, î QS, d6S “factures auxquelles des monvemenfPar«ySies motrices avec abolition triaue dTnne S refl*xeS et de la contractilité élecni? I® ^ est dirait; pour peu que la
des muscles inSfàe EnSfinCC0TPaSnr ^ ra.tr.opM® observe à la / • lin‘ln si le nerf est mixte, on mènes? “ k f°1S ces de^ ordres de phéno-
de nature fréquemment le siège de 1
variée ; ce sont des éruptior
culeuses (zona), des érythèmes, des taches pigmentaires. , .
Enfin une nevrite détermine, par irradiation, des .convulsions ou des douleurs dans les nerfs voisins et même des convulsions générales.
Lorsque la névrite s’est développée sous l’influence du froid, elle se dissipe avec rapidité;. dans toute autre circonstance, elle suit la destinée des causes qui la produisent.
Au début de la maladie, on cherchera à calmer l’inflammation par l’application de sangsues, d’onguent mercuriel, de cataplasmes ou de compresses d’eau froide. Si les douleurs persistent, on aura recours aux badigeonnages à la teinture d’iode ou aux petits vésicatoires volants pansés avec quelques milligrammes de chlorhydrate de morphine; si- la névrite laisse après elle des paralysies, on les combattra par les bains sulfureux et surtout par ' l’électrisation. Dr Leon Moynac.
NÉVROGLIE. — Nom donné par les anatomistes au tissu conjonctif qui sert pour ainsi dire de charpente à la substance nerveuse du cerveau et de la 'moelle épinière. P L
NÉVROLOGIE. — Nom donné à cette partie de l’anatomie qui s’occupe de l’étude des nerfs et des centres nerveux. p L
NÉVROMES. — On donne ce nom à toutes les tumeurs siégeant le long des nerfs et formées habituellement par l’hypertrophie du- tissu conjonctif qui entre dans leur structure. Leurs causes sont inconnues.
On peut distinguer deux sortes de névromes ; \° les névromes isolés; 2° les névromes généralisés.
1° Un névrome isolé se traduit par un symptôme principal, la douleur, à laquelle vient se joindre parfois la constatation directe de la tumeur.
La douleur est le symptôme principal du névrome, c’est elle qui appelle l’attention du malade. Au début elle est légère et consiste en un engourdissement de la région tributaire du nerf malade, en fourmillements, en secousses comparables à des. secousses électriques; souvent la douleur éclate sous Fig. 93t. forme d’accès d’intensité
Névromes multiples déve- variable et, en général,
loppés sur les nerfs du d’auiant plus fréquents et
T plus intenses que le ncvi-o-
me est plus ancien. Ces accès douloureux peuvent rendre la vie intolérable et déterminer des convul-
NÉY
rp°riuinc0mparables à celles de l’épilepsie; dans certains cas, une pression exercée sur le nerf au-
douleurs*) Aronssohn^ Ca*mé “ “ *■»*■. -
Si ie névrome s’est développé sur un nerf superficiel, il est parfois possible de constater directement sa presence, qui se révèle par l’existence d une tumeur arrondie, mobile, dure, située sur le trajet du nerf.
2° Les névromes généralisés traduisent leur presence par des troubles fonctionnels nombreux et en rapport avec la nature et le nombre des organes dont ils entravent ie jeu; ce‘ sont des engourdissements, des paralysies, des accès convulsifs.
Chez d’autres, ce sont des désordres rattachés à ceux de l’innervation du grand symphatique, c’està-dire un dépérissement très notable, de l’anorexie, des vomissements, de la diarrhée, puis un marasme qui enlève le malade sans qu’on ait pu constater d’altérations organiques.
L’ablation des névromes est leur seul traitement ratio nnel.il faut commencer par la section du nerf au-dessus de la tumeur. Si les douleurs ne sont pas fort vives, ou si le névrome occupait un nerf trop important pour qu’il fût possible de le réséquer, on aurait recours au traitement palliatif, c’est-à-dire aux injections hypodermiques de chlorhydrate de morphine. d1 Léon Moynac.
NÉVROPATHE. — Nom donné à l’individu atteint d’une névrose (V. ce mot). * p. l.
NÉVROSES.— On désigne sous ce nom générique des maladies qui paraissent avoir leur siège dans le système nerveux et que caractérisent les désordres fonctionnels de ce système, à défaut de lésions constantes et uniformes.
Ce qui distingue donc les névroses des autres maladies, c’est de ne pouvoir être localisées au point de vue anatomique dans un point précis du système malade, et de ne pas avoir de critérium anatomique. Cette incertitude, ainsi que le dit justement Jaccoud, ne tient pas absolument, comme on l’a cru longtemps, à -l’absence de lésions, elle résulte aussi de la variabilité de ces dernières ; pour qu’une maladie puisse être anatomiquement spécifiée, il ne suffit pas qu’un trouve toujours à l’autopsie quelque alteration matérielle, il faut que cette altération soit aussi constante dans ses caractères que dans son existence; or cette fixité manque aux' névroses. Quoi qu’il en soit, on comprend l’embarras des auteurs n’ayant pas de poiut de repère précis pour établir une division scientifique des névroses.
Tandis que les uns les classent d’après les fonctions atteintes et distinguent des névroses de l’intelligence, de la sensibilité, du mouvement et de la nutrition, c’est-à-dire des quatre grandes fonctions du système nerveux, les autres, s’efforçant de remonter au siège, sinon de la lésion, du moins des désordres fonctionnels, décrivent des névroses du çerveau, de la moelle, du cerveau et de la moelle des ganglions sympathiques, etc.
Nous n’insistons pas sur ce point, d’ailleurs beaucoup trop complexe.
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Quelles sont les causes des névroses ? — Les causes, dont les unes prédisposent et les autres provoquent l’apparition des névroses, sont extrêmement variées.
a Constitutionnelles. La jeunesse, le sexe féminin, une constitution délicate, impressionnable et sensible, soit par le fait de l’hérédité, soit par suite d’une éducation énervante et trop tendue, une vie sédentaire, l’alcoolisme, le saturnisme, et un grand nombre d’intoxications , doivent être considérés comme les principales.
b. Hygiéniques. La vie dans un air confiné, l’absence de mouvement, surtout chez les enfants, le froid, la grande chaleur, l’insuffisance ou la mauvaise qualité des aliments, l’abus du café, du thé, des narcotiques (éther, morphine); les chagrins, et particulièrement les chagrins d’amour, l’irrégularité .dans l’exercice des fonctions génitales, les pertes séminales trop fréquentes, les troubles menstruels, les soucis de l’existence, et la tension d’esprit déterminée par la lutte incessante, pour la vie, si commune à notre époque et particulièrement dans les grands centres ; la vie en commun avec une personne antipathique ; la tristesse, l’ennui, les veilles, les fatigues de la vie mondaine, le surmenage intellectuel, sont les causes hygiéniques les plus ordinaires des névroses.
c .Pathologiques. Beaucoup de maladies aiguës ou chroniques peuvent donner lieu à des névroses. Signalons particulièrement les hémorrhagies répétées, les flueurs blanches, la chlorose, l’anémie, la constipation, le tempérament goutteux, Lle rhumatisme chronique, etc., etc.; enfin et surtout toutes les maladies si fréquentes du système génital.
L’on a dit, avec quelque exagération, que toutes les femmes des grandes villes, obligées de circuler beaucoup en voitures plus ou moins suspendues, de monter des escaliers, de se tenir debout, dé recevoir des visites et d’en faire au moment de leur période menstruelle, de leur grossesse, etc., sont toutes atteintes de congestion.utérine. On peut ajouter que toutes les femmes malades de l’utérus sont sujettes aux névroses. /:
Par quels signes se manifestent les névroses? — Quoi qu’il en soit, les névroses se manifestent par des désordres extrêmement variés de l’intelligence, de la sensibilité, du mouvement et de la.nutrition générale. Ces désordres consistent dans une augmentation, une diminution, une abolition ou une perversion de ces fonctions.
L’intelligence peut être troublée jusqu’à la folie.
Le jugement perd de sa précision chez les personnes névropathes. Elles se complaisent généralement dans des idées exagérées, attribuant de l’importance aux plus petites choses, et perdant toute raison, surtout lorsqu’il s’agit de ce qui touche à leur santé.
Elles sont sujettes à des névralgies, à des sensations bizarres, de boule épigastrique, de eonstriction de la gorge, etc. Elles peuvent perdre la sensation des odeurs. Il n’est pas rare de rencontrer chez elles une absence complète des appétits vénériens.
Elles ont des tics, des besoins de mouvement exagérés.
Enfin l’on peut observer différentes affections Cu tanées.
L’asthme , les palpitations, les syncopes, les vo missements nerveux, les pleurs, les mictions exagérées, sont aussi des caractères des névroses.
Enfin, et ce point est très important, elles ne s’accompagnent jamais de fièvre, et n’apportent en général aucun trouble dans les fonctions nutritives.
Quelle est la marche des névroses? — pa
marche de ces maladies est très variée. Beaucoup sont périodiques et reviennent sous forme d’attaques plus ou moins fréquentes. D’autres sont continues. La plupart sont sujettes aux récidives.
En général, elles ne sont point mortelles; mais pour guérir, elles demandent à la fois un traitement convenable et beaucoup de patience de la part du sujet.
Quel est le traitement des névroses ? — Le premier soin qu’imposent les névroses, c’est la recherche des causes dont elles dépendent. Naturellement, ces causes sont attaquées en ellesmêmes et soignées de la façon la plus énergique, mais quelquefois ce moyen ne suffit pas, l’anomaliè du système nerveux persiste malgré la suppression des lésions qui primitivement la déterminaient. Il faut alors soigner la névrose elle-même comme on le ferait si elle était essentielle et indépendante de toutes causes.
j Certains médicaments jouissent depuis longtemps d’une réputation que nous nous contentons de rappeler; tels sont l’éther, l’eau de fleur d’oranger,
1 assa-fœtida,- le musc, le castoréum, etc. À notre époque, on emploie de préférence le bromure de potâssiuin, l’hydrothérapie et l’éiecricité. On tâche de faire naître en même temps une dérivation utile au système nerveux, et de rétablir l’équilibre dans ses fonctions à l’aide d’un grand exercice musculaire. La vie à la campagne est indiquée, les voyages, les distractions modérées et calmes, lés bains fréquents, sont également excellents.
Les bains de mer ne conviennent pas aux né-, vropathes qu’ils excitent. Mieux vaut pour eux la pleine campagne, les pays secs et élevés avec un régime doux et une existence très calme. Que si les attaques se présentent avec une certaine périodicité, on pourra recourir avantageusement aux diverses préparations de quinquina. . m F. jouin.
ni.vnui.uMu;. - Nom donné à une opératioi Sn0Uri?1Cw 3U1 ,consiste à sectionner un nerf h ,, u* de faire cesser certaines névralgie ^np?i -iPf°Uf que la Hébotomie soit suivie d succès, il faut avoir soin, une fois le nerf sectionn d en resequer une certaine longueur. P i
rSnmèt8 da departement de l’Ardèche, sit bonatéos Vals’ qui Possède des eaux b
mînpraii«nt dlqUes, et ferrugineuses, d’une f -“10n* qu 0n utilise en bains et sui -chlorose S COûtre la dyspepsie, l’anémie e p. L.
NEZ. Anatomie. — Le nez est un organ
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forme de pyramide triangulaire situé au milieu du 1
•visage. ' .
On lui considéré une base, un sommet et trois faces.
Sa base, placée au-dessus de l’orifice buccal, présente sur la ligne médiane un bourrelet appelé sous-cloison qui sépare les narines; le lobule du nez en avant, et les ailes de chaque côté.
La sous-cloison va de la lèvre supérieure au lobule du nez; elle continue la cloison fies fosses nasales et est mobile comme le lobule ; elle sépare les narines.
Le lobule du nez est la partie la plus anterieure de l’organe. Il est formé par la peau du tissu graisseux et des cartilages.
Les ailes du nez sont mobiles et se continuent avec les joues. Elles contribuent beaucoup à donner de l’expression à la face.
Le sommet ou racine du nez part du front pour
Charpente osseuse et cartilagineuse du nez.
1. Cartilage latéral du côté droit. — V ■ Cartilage latéral du côté , gauche. — 2. Bord antérieur du cartilage de la .cloison qui se montre entre les deux cartilages latéraux. — 3,3' Cartilages de l’aile du nez (branche externe). — 4. Tissu fibreux. — 5. Cartilages accessoires placés en dehors des cartilages des ' .ailes du nez. — 6. Coupe du lobule du nez.
se diriger en bas, en formant une saillie convexe transversalement et concave verticalement.
Les faces latérales regardent en dehors et présentent le sillon naso-labial qui va du lobule du nez aux joues et contourne la partie supérieure des ailes du nez.
La face postérieure n’est autre que les fosses nasales (V. ce mot). .
Ses bords commencent à la racine du nez, lan* -térieur présente une saillie variable avec les individus, elle est formée par les os du nez et s’appelle bosse nasale. Les bords latéraux sont formés par la réunion des faces du nez avec les joues.
Structure du nez. — Le nez est formé en haut par les os propres du nez, sur les côtés par l’apophyse du maxillaire supérieur et en bas par des cartilages dont un, nommé cartilage de. la cloison,
tait suite à l'os vomer et contribue à séparer les fosses nasales à leur partie antérieure;
Fig. 933.
Cartilages du nez vus par leur face latérale.
1,2. Cartilage latéral. — 3. Partie inférieure du cartilage latéral répondant à l’aile du nez. — l. Cartilage de l’aile dü nez. — 5. Orifice de la narine gauche. — 6. Cartilages surnuméraires. — 7. Tissu fibreux.
Les autres cartilages , cartilages latéraux et des ailes du nez, forment les faces latérales et le bord antérieur des parties inférieures du nez. Ces os et ces cartilages sont recouvérts par la peau qui n’offre aucune différence de structure avec la peau en gé-
Fig. 934.
Nez. — Cloison des fosses nasales."
1. Cartilage de la cloison. — Sa fusion avec la lame perpendiculaire de l’os ethmoïde. — 3. Son bord antérieur. — 4. Son bord inférieur. — S. Extrémité postérieure du cartilage de la cloison se prolongeant, ainsi que l’indiquent les lignes ponctuées, dans l’épaisseur de l’os vomer. — 6. Cartilage de 1 aile du nez du côté gauche. — 7. Cartilage accessoire interpose entre l’os vomer et le cartilage de la cloison. — 8. Lame perpendiculaire de l’os ethmoïde sur laquelle se ramifient les divisions du nerf olfactif. — 9. Os vomer. — 10. Bord postérieur libre du vomer. — 11. Fusion de son bord anterieur avec la voûte palatine. - 12.' Conduit palatin antérieur. - 13. Bord postérieur du vomer s’unissant au sphénoïde.
néral, si ce n’est que les glandes sébacées y sont nombreuses.
Les muscles principaux du - nez sont : le muscle
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transversal ou dilatateur des narines qui va du dos du nez aux cartilages et à la peau qui les recouvre; le muscle myriifoi me ou confracleur des narines qui s’étend de l’os maxillaire supérieur à la souscloison et à la partie postérieure de l’aile du nez, enfin l 'élévateur de l'aile du nez et de la lèvre supérieure qui part des os propres pour prendre son point mobile sur la face profonde de la peau de la lèvre supérieure.
Physiologie du nez. — Le nez, par sa forme et sa mobilité, donne à la physionomie son caractère et son expression.
En effet, puissamment modelé, légèrement aquilin, les ailes largement dessinées, il représente la force, l’audace, la vigueur physique, l’aptitude génésique, comme l’a dit l’un de nos confrères. Tels étaient les nez de François Ier, de Henri 1Y, du Balafré.
Le nez est-il effilé, mince, pointu avec des ailes mobiles, la physionomie prend un caractère spécial de prudence, de malice, d’astuce. Rappelezvous le nez de Talleyrand, de Fouché.
Est-il arrondi à son extrémité, épais à sa base, aux ailes écartées, il révèle des appétits sensuels, le goût du plaisir et la recherche des sensations voluptueuses. Considérez les images de Mirabeau, de Barras, de Balzac.
Le nez droit annonce la gravité. Les nez pointus, d’une forme élégante, supposent parfois plus de jugement que de sagesse. Les petits nez dénotent un caractère doux et endurant, attentif et docile. Les petites narines annoncent une personne timide. Le nez grec implique la noblesse, la dignité, la chasteté et la froideur.
Vices de conformation du nez. — Ils sont congénitaux ou acquis.
On a vu quelquefois l'absence totale du nez, son aplatissement à la racine, ou encore son développement considérable. Quelquefois des cicatrices vicieuses l’a tirent vers la joue ou lèvre supérieure.
Les narines sont aussi quelquefois le siège de rétrécissements qui apportent une gêne sensible à la respiration et à l’olfaction. Dans ces cas, si l’introduction dans la narine rétrécie de tiges de laminaria, de cônes d’éponges préparées, destinées à la dilater, ne produit aucun résultat, il faudra avoir recours à l'incision avec le bistouri ou mieux avec le galva no-cautère comme nous l’avons fait plusieurs fois.
Dans certains cas de difformité ou de destruction
du nez on a recours à la rhmoplastie (V. ce moi pour restaurer l’organe dans sa totalité ou e
partie. Cependant comme cette opération tentée à diverses reprises sans succès a maintes fois échoué
Fig. 956. — Nez artificiel.
•sont des appareils en caoutchouc vulcanisé que Ion adapte sur la surface détruite en la maintenant par une monture de lunettes, par exemple, ou par un ressort.
t Plales et contusions du nez. — Les contusions s accompagnent généralement d’écoulement de sang par les narines ou de bosses sanguines s’étendant aux paupières et aux parties latérales du nez.
Les contusions violentes s’accompagnent souvent de fractures des os et parfois même d’abcès.
Les plaies par instruments tranchants, peuvent diviser les narines; dans ces cas il faut rapprocher les lèvres de 1 incision au moyen de collodion, de taffetas Marinier , de bandelettes de diachylon ou de points de suture, car sans cela elles se cicatriseraient en produisant une difformité persistante.
Lorsque des portions sont complètement détachées on doit les remettre en place et les suturer ; on a vu réussir un certain nombre d’opérations de ce genre. La partie séparée se réunissait aux paries voisines et continuait à vivre comme précédemment. •
Fractures des os du nez. — Elles sont ordinairement dues a une cause directe. Elles se manifesent par de la douleur, du gonflement, une bosse sanguine et de la crépitation au niveau du point fracture. Le nez peut être déformé par suite de ET'00 idUn deS fragments dans l’intérieur des
considS une hémorrhagie plus ou moins à la rtï? aC5°?pa^ne cette lésion. Elle est due de a, mu(îuéuse nasale. On constate de là Hé hi rpment la perte de l’odorat, conséquence Uf Oueïî ?fre °v de k comPression du nerfolfactif Quelquefmsiw s’infiltre dans le tissu cellude,> .face où ü détermine de grave «mi Pof â cornPllcation plus effrayante que
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face delà cloison deux plaques métalliques recouvertes de cuir et réunies extérieurement par une tige transversale. Nous préférons employer cet appareil aux sondes de femmes que l’on introduit ordinairement dans la narine pour des cas analogues.
Lésions inflammatoires . — Furoncle. —11 se rencontre au niveau de l’orifice des narines ou dans l’épaisseur de la sous-cloison et y détermine des douleurs vives, un gonflement qui s’étend à la lèvre supérieure.
Erysipèle. — L’érysipèle de la face débute souvent par le nez. On l’a vu revenir « périodiquement chez certaines femmes aux moments de leurs règles. Il peut alors donner au nez des proportions
considérables.
Abcès. — Ils surviennent quelquefois à la suite d’érysipèle ou succèdent à des plaies ou a des contusions.
Eczéma. — L’eczéma de l’entrée des narines est assez fréquent et détermine un gonflement plus ou moins volumineux de la lèvre supérieure.
Ulcères du nez. — Ils sont tantôt syphilitiques, tantôt scrofulo-tuberculeux.
Si le chancre y est rare, les plaques muqueuses et surtout les gommes le sont moins. Celles-ci' peuvent déterminer la nécrose des cartilages etdes os, ce qui produit un affaissement du nez par suite de la destruction de la charpente de cet organe. Chez un de nos malades , nous avons vu l’ulcération détruire non seulement le nez, mais même les fosses nasales et une partie des os de la base du crâne. Quelques jours avant sa mort, la partie centrale de l’os sphénoïde fut même expulsé par suite de nécrose. Chez une autre personne, que nous avons eu l’occasion de voir à l’hôpital Saint-Louis, le nefc et les fosses nasales n’existaient plus ; à leur place était une immense cavité, formée en haut par la base du crâne, en bas par la langue, sur les côtés par les parois des fosses nasales et encore l’une d’elles était-elle incomplète, puisque le globe de l’œil faisait partie de cette vaste caverne.
Les ulcères scrofulo-tuberculeux sont le résultat du lupus. Ce sont la sous-cloison, les ailes et le lobule qui sont habituellement' atteints. Ils présentent des tubercules rouges, livides, ulcérés et recouverts de croûtes. Si un traitement actif n’est pas prescrit de bonne heure, le nez est détruit rapidement et l’ulcération gagne les parties voisines (V. Lupus).
Dans les ulcères syphilitiques, c’est le traitement spécifique qui doit être employé. On aura surtout recours à la solution d’iodure de potassium à raison d’un à quatre et même cinq grammes par jour et à la médication mercurielle (V. Syphilis).
Pour les ulcérations scrofulo-tuberculeuses, outre le traitement général consistant en huile de foie de . ttiorue, en toniques, il faudra pratiquer des cautérisations au moyen de lapoinie du galvano-cautère, faire usage d’emplâtre de Vigo pour recouvrir la surface malade ou faire des applications de bichlorure de mercure au 1/500. , ■
Une fois le lupus guéri, s’il reste des difformités trop considérables, on les corrigera par des opéra-
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tions autoplastiques (V. Rhinoplastie) ou par l’emploi d’un nez artificiel.
Tumeurs du nez. — Elles n’impriment aucun caractère spécial à cet organe. Nous rappellerons seulement qu’on y a vu des tumeurs verruqueuses , des kystes sébacés , des tumeurs érectiles , des épi thèliomas qui offrent l’aspect de ceux de la face. Seul l’éléphantiasis mérite une description particulière, car il appartient en propre à la région nasale.
Éléphantiasis du nez. — Cette maladie est caractérisée par un épaississement de la peau du nez et par l’hypertrophie de ses glandes sébacées. Tantôt l’affection n’atteint qu’une partie de l’organe, tantôt il affecte sa totalité. Dans les premiers, il présente une série de tumeurs ; dans le deuxième, il forme une masse rouge violacée qui, à certains moments de la journée, surtout après les repas et par les temps froids, gonfle et devient d’un rouge vif. A leur surface se dessine un grand nombre de vaisseaux capillaires dilatés; on y voit aussi des follicules sébacés hypertrophiés.
Pour certains auteurs, cette maladie serait une altération des vaisseaux capillaires ou des glandes sébacées; pour d’autres, la lésion serait due à un? épaississement général de tous les éléments de la peau.
Si cette affection s’observe principalement chez les hommes, chez ceux qui s’adonnent aux excès alcooliques, on la rencontre également chez; des sujets âgés qui ont toujours été sobres.
Pour le traitement de celte maladie, on a tour à tour préconisé l’usage des alcalins, les applications de teinture d’iode, d’onguent mercuriel, les scarifications, les pointes de feu, les flèches de pâte de Canquoin. Si la tumeur est trop volumineuse, . on doit l’extirper. On enlève les parties molles jusqu’au cartilage. L’hémorrhagie est arrêtée facilement par la compression. Dr J. baratodx.
NICE (station hivernale DE). — Nice, chef-lieu du département des Alpes-Maritimes, dont la population sédentaire est de plus de 60,000 habitants et qui voit s’ajouter pendant l’hiver. une colonie de 45 à 50,000 étrangers, est une de nos stations hivernales les plus renommées.
Située p.ar 43°41' de latitude nord et 4° 56' de longitude est, au bord de la mer, sur une baie qui s’arrondit en cirque ouvert au midi, disons tout d’abord que ce qui distingue l’anémiologie du climat de Nice,, c’est la régularité du vent de terre pendant la soirée et du vent de mer pendant le jour. '
Rarement, les bourrasques de l’Europe occidentale atteignent le littoral niçois. Cela n’arrive, en moyenne, qu’une fois sur quatre: cest que les Alpes-Maritimes et les montagnes de la Provence forment une barrière presque infranchissable pour les vents les plus désagréables et les plus redoutes. Ils soufflent donc à Nice avec une douceur relative et une très grande régularité. Le matin, c est généralement le vent d’est qui se fait sentir ; il se change peu à peu en vent de sud-est, puis en vent de sud, et enfin en vent de sud-ouest, tournant ainsi avec le soleil. Cette rotation remarquable se continue et se termine pendant la nuit, de telle sorte que le
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vent si meurtrier du nord ne' souffle presque jamais que dans un moment où il ne peut être d’aucun danger pour les personnes malades qui viennent passer l’hiver à Nice.
Les vents d’est amènent généralement la pluie, Quant à celui du sud-ouest, c’est tout simplement le. terrible mistral; il ne souffle heureusement que neuf jours dans l’année, à peu près, et cela pendant le mois de mars, le plus venteux et le plus désagréable de tous. Il y a 87 jours venteux dans l’année. En moyenne, il vente un jour sur trois au printemps, un jour sur quatre en automne, et un jour sur cinq en hiver et en été.
; La sécheresse de l’atmosphère est la caractéristique du climat de Nice. La pluie tombe surtout au printemps et à l’automne, mais elle est rare en hiver. La quantité totale est de 702»»;. on compte en moyenne 60 jours pluvieux, 180 jours avec un soleil radieux, 125 jours avec un ciel couvert. Les brouillards sont excessivement rares, et si elle tombe, chose rarissime, la neige fond immédiatement.
Les variations du baromètre sont aussi régulières que celles des vents : la moyenne de la pression atmosphérique à Nice est de*761»»;.les pressions extrêmes, observées pendant vingt-huit ans, sont 739 et 779mm, ce qui n’est rien en comparaison de ce qui se passe sur les côtes de l’Océan, où 1 amplitude des oscillations de la pression atmosphérique est. autrement grande. Cette douceur, dans les variations de la pression exercée par 1 atmosphère, a certainement une heureuse influence sur les santés délicates.
La température moyenne des mois qui composent la saison hivernale est de 12°6 en novembre, de 9°2 en décembre, de 8°4 en janvier, de 9°5 en fevner, de 11°2 en mars, et de 14°5 en avril. Les chiffres maxima pour ces mois sont 21°3 pour novembre, 18«2 pour décembre, 15°6 pour janvier, 18°1 pour février, 20°6 pour mars et 27°0 pour avril. r
. *ja température moyenne de l’hiver (décembre janvier février) est de 9°; celle du printemps d< celle de l’été (juin, juillet, août) de 23; et'enfîi celle de l’automne, 16°5.
La chose essentielle à noter, quand il s’agit d( climatologie médicale, étant la variabilité detem perature, nous ferons remarquer que le littora niçois n est pas seulement remarquable par l’élévation absolue de la température de ses hivers mais l’emporte encore sur tous les autres points di sol français par la lenteur des variations de température. D’un jour à l’autre, ces variations ne di passent jamais, en moyenne, 1°; rarement dan< des circonstances exceptionnelles, elles vont jusqu’i 10 et même 13°. Du jour à la nuit, hiver commi été, l’oscillation diurne est de 9°, ce qui est peu d< chose. Enfin, d’un mois à l’autre, la variation es de 3° en moyenne, 5° d’octobre à novembre. C’esi donc une erreur, malheureusement trop répandue de parler des variations brusques de la tempéra ture à Nice, soit pendant la journée, soit d’un joui à l’autre. Ces variations n’existent pas, le thermomètre le prouve.
L’inconvénient, le danger de ce climat consiste'
dans la chuté de température qui accompagne ]
passage du soleil à l’ombre. Elle est énorme : 24! en hiver, 23° en été, et à certains moments 30° r° danger, inhérent à ce climat, est dû à la sécherêss6 de l’air, à la pureté du ciel, qui donnent à la ra^ diation solaire une intensité des plus énergiques"
Chaque quartier, -d’ailleurs, a dans Nice son climat particulier. Au port, la température est plus égale que partout ailleurs, plus haute en hiver, plUs basse en été ; il n'y gèle presque jamais. Sur les collines, le climat est plus sec, plus froid en hiver avec des chutes de température plus brusques - en revanche, l’air s’y renouvelle mieux, et on y’ est à l’abri de la poussière.
Nice possède réellement trois zones climatériques distinctes : celle delà mer, celle de la plaine et celle des collines. Il en résulte qu’elle doit pouvoir se prêter à des indications aérothérapiques plus nombreuses ; ces trois zones ayant une action différente ; la première étant excitante, la deuxième sédative, la troisième tonique.
« Les indications du séjour du bord de la mer, dit notre confrère le docteur Planat, étant de beaucoup les plus rares dans le personnel morbide qui à chaque hiver hante notre littoral, il en résulte que la situation de Nice est de toutes la plus àvan- -tageuse; car la configuration de son territoire permet au besoin de porter à quatre ou cinq kilomètres, loin. du rivage, la résidence des malades; on peut ainsi en quelque sorte leur doser l’air marin. »
peut ucpeuure 1e succès ou 1 insuccès de la cure. A l’appui de ce que j’avance, je citerai un fait: deux asthmatiques avaient de très fréquentes crises de dyspnée lorsqu’ils habitaient la ligne maritime ; ils ont été soulagés comme par enchantement lorsqu’ils sont allés habiter le quartier de Beaulieu.
Tonique, excitant, sec, bien que chargé de paricules saline?, le climat de Nice convient aux lymphatiques, aux scrofuleux, aux anémiques. Il conviendra dans les affections catarrhales en général e diminuera la toux en tarissant les sécrétions bronchiques, soulagera l’asthme humide par ce forme torp(de.Sme ' r®llss‘ra dans la phthisie à
i1. n’est Pas favorable aux malades on m^ie/hiîhlSieuéréthi(ïue’ de bronchite sèche, ^n“ pdtefbr°fhlte catarrhale, mais ayant tenv a's i" euaVlnflammat0ire; ceux chez lesquels il ïetireï lom a ?n nerveuse’ insomnie, devront se Aux «“h® a mer’ danS la zone sédative, leurs endroit? docte1ur Lee> Nice est un des meila « „ rUt le ^tteux et le rhumatisant, dtü survînt ,paral^e. Lorsque la paralysie,
riumaS I? ? deS accès de tte ou de
naînî^L eXp°Sltlon àrilnmidité, aux émasouvent à „„?SeU-es’ etc-, on Peut s’attendre très climat et des fgaerison complète par l’influence du. de Niceconvionatref moyens appropriés. Le séjour
guère en?!"???68’!-81 nornbreux, qui ne savent
driaques, ceux?!??1861’ teur mal’ les hyPûchon:
’ x flne tourmente ce malaise moral
nu’oQ appelle le spleen, enfla tous ceux qui » souffrent de ce mal vague qu’on appelle l’ennui, * trouveront sur ces rives ensoleillées, plus facilement que partout ailleurs, le véritable remède dont ils ont besoin : la distraction. Dr macé,
Médecin consultant à Nice. l’hiver, à Aix-les-Bains l’été.
NICOTINE. — La nicotine est un alcaloïde naturei contenu dans le tabac, qui se présente sous la forme d'un liquide oléagineux, transparent, incolore, se colorant à l’air, d’une odeur âcre et asphyxiante excessivement pénétrante qui rappelle celle du tabac et d’une saveur âcre et brûlante, soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther, détruisant les . tissus sur lesquels on l’applique. C’est un poison extrêmement violent; il suffit de quelque gouttes (15 à 30 centigrammes) déposées sur la muqueuse de la bouche pour déterminer rapidement la mort.
Empoisonnement par la nicotine. — La nicotine à été employée dans un but criminel. Tout le inonde se souvient qu’en 1851, le comte de Bocarmé empoisonna son beau-frère, Gustave Fougnies, avec de la nicotine. Ce fut même l’odeur excessivement pénétrante du tabac qui se dégageait du cadavre, dans la salle d’autopsie, qui fit découvrir à Stras la nicotine dans les entrailles de la victime.
Les -symptômes observés dans l’empoisonnement par la nicotine sont les suivants : il y a d’abord une accélération assez grande des pulsations du cœur et des mouvements respiratoires; le globe de l’œil est rentré profondément dans son orbite et l’iris est complètement dilaté, ce qui donne au x faciès du malade un aspect effrayant. On observe de plus la céphalalgie, des nausées, rarement des vomissements, des coliques intenses, souvent suivies de diarrhée, des vertiges. Au bout de très peu de temps les pulsations du cœur se ralentissent, le corps pâlit, se refroidit, se couvre d’une sueur froide et la mort survient dans les convulsions ou par asphyxie.
Si l’on examine le cadavre d’un individu empoisonné par la nicotine, on trouve quelquefois la peau du pourtour de la bouche brûlée : les lèvres sont blanches, racornies, couvertes de croûtes, la langue est d’un blanc grisâtre ou volumineuse ou dépouillée. On peut trouver les mêmes lésions sur la muqueuses de la bouche, du pharynx et de l’œsophage. Si le liquide a été absorbé en trop petite quantité pour arriver jusqu'à l’estomac, on n’observe rien dans cet organe; dans le cas contraire, on trouve sa muqueuse rouge, injectée, parsemée de plaques noirâtres sans ulcérations. Enfin, comme nous l’avons dit plus haut, tous les tissus exhalent une forte odeur de tabac.
Lorsqu’on est en présence d’un individu empoisonné par la nicotine, il faut d’abord lui administrer un vomitif, soit :
Émétique . 10 centigr.
Eau . 100 grammes
à prendre en deux fois à 10 minutes d’intervalle, soit 2 grammes de poudre d’ipéca dans un verre d’eau, a prendre de la même façon. Il faut ensuite le purger avec 50 grammes de sulfate de soude ou
de magnésie dans un litre d'eau, à boire coup sur coup par verrées. On peut aussi faire le lavage de 1 estomac au moyen de la pompe stomacale. Après cela on administrera au malade la potion suivante :
Tannin . . 5 grammes
Eau tiède .... 1 . • . 250
qu’on lui fera avaler par petites tasses, coup sur coup. Enfin, en cas de menace de syncope, on . pourra pratiquer la respiration artificielle.
Dr Paul Labarthe.
NIDOREUX. — Nom donné en médecine à l’odeur d’œufs pourris qui s’exhale de la bouche des individus atteints de maladies d’estomac, et aux renvois gazeux qui ont la même odeur. p. l.
NITRATE. — Synonyme de azotate (V. ce mot).
NITRE. — Nom donné quelquefois au nitrate ou azotate de potasse (V. Potasse). p, L.
NITRIQUE (acide). — Synonyme d 'acide azotique (Y. Azotique).
NITRITE D’AMYLE. — Le nitrite d’amyle , ou éther d'amyle nitreux , découvert par Balard en 1844, est un liquide d’un jaune verdâtre, très volatil, dont les vapeurs, légèrement rutilantes, possèdent une odeur très accusée de pomme de reinette, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool rectifié, qui s’altère facilement au contact de l’air et s’acidifie par la formation d’acides valérianique, nitrique et nitreux, et perd alors ses propriétés physiologiques.
Effets. — Appliqué sur la peau saine, le nitrite d’amyle est sans action, mais appliqué sur les muqueuses il agit comme irritant et va jusqu’à produire la vésication.
Administré à l’intérieur par la bouche, il n’a que peu d’action sur les voies digestives ; cependant on a constaté chez quelques malades des nausées et des vomissements.
Respiré pendant quelques minutes à la dose de Sou 10 gouttes, il détermine une sensation.de fraîcheur qui ne va pas plus loin que le pharynx et le larynx. Au bout de quelques instants-la face se congestionne et devient rouge; les yeux,. les paupières, les lèvres et la langue s’injectent de sang; puis surviennent des éblouissements, des vertiges , des troubles dans les idées, une sorte d’ivresse passagère; en même temps les battements du cœur et des artères s’accélèrent ainsi que les mouvements respiratoires, et la température de toute la tête s’élève. Si l’on cesse les inhalations, tous ces phénomènes disparaissent au bout de cinq à dix minutes, et tout rentre dans l’ordre. Si, au contraire, on respire le nitrite d’amyle à doses plus fortes, tous ces phénomènes s’accentuent, la tace qui était rouge prend une teinte violette, et la con- , gestion est si forte qu’on croirait que le sang est
i prêt à sortir à travers la peau et les muqueuses,
! et, chose remarquable, cette congestion est exclui sivement limitée à la tête. De plus, ainsi que l’a