‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 17 sur 289 · HUM · texte numérisé non relu

HUM

, ia cavité coronoïde, en avant, et la cavité olé • la saillie du creux de l’aisselle ; 3° une ecchymose 'ienne en arrière, du nom des parties de l’extré- pouvant siéger sur toute la longueur du bras.

^•té supérieure du radius qu’elles reçoivent alter- Cette ecchymose, qui se rencontre beaucoup plus tivement dans les mouvements de flexion et d’ex- rarement dans la fracture du col anatomique, ne tnsion de l’avant-bras. (Y. Coude). D' Paul labarthe. se montre jamais immédiatement après l’accident, ten mais au bout de quelques heures, quelquefois vingt-

Fractures de l’humérus. — On divise les frac- quatre heures ; elle siège presque toujours sur la res de l’humérus en fractures du corps; frac- face interne du bras, et descend le long de l’artère tures de l’extrémité supérieure ; et fractures de et des veines humérales.

, TRÉMité inférieure. Les fractures du col anatomique présentent seu-

LE.0 Fracture du corps. — Elles ont été étudiées lement les symptômes communs énumérés plus u mot bras (V. Bras). haut; la déformation manque complètement.

a 2» Fractures de l’extrémité supérieure. — Ces Ajoutons que lorsqu’il y a chevauchement des fractures comprennent celles du col anatomique et fragments, ce qui est d’ailleurs très rare et ne peut celles du col chirurgical. Cette extrémité osseuse guère s’observer que dans les fractures du col chieut être fracturée sans que la fracture occupe rurgical, le bras est raccourci, exactement l’un des deux cols. Les fractures du col chirurgical se consolident,

La cause la plus fréquente est une chute sur le comme celles du corps de l’humérus en 35 ou moignon de l’épaule. Dans quelques cas, un choc 45 jours. Cette consolidation se -fait presque toudirect, une chute sur le coude ou sur la paume de jours par un cal osseux.

la main, peuvent produire cette fracture. Quant aux fractures du col anatomique, les cho-

Dans la fracture du col anatomique, le plus sou- ses se passent différemment. Il faut remarquer que vent, le déplacement fait défaut. Quelquefois le le fragment supérieur est uniquement formé par la fragment supérieur occupe, dans l’articulation, les surface articulaire de l’os , et que ce fragment positions les plus bizarres. On l’a vu, par exemple, complètement détaché, ne reçoit plus aucun vaiscomplètement renversé, la surface articulaire ve- seau nourricier.

nant au contact de la surface fracturée du frag- La vitalité de ce fragment étant nulle, il en rément inférieur. Il peut être divisé en plusieurs suite qu’une consolidation osseuse est excessive-

fragments ; on peut observer, enfin, une véritable ment rare, et qu’il se forme le plus souvent une fracture par pénétration. pseudarthrose, constituée tantôt par des filaments

Dans la fracture du col chirurgical, le fragment de tissus fibreux unissant les deux fragments, taninférieur est porté en dedans, vers le creux axil- tôt par des prolongements osseux qui sont fournis laire, par les muscles grand pectoral, grand rond par le fragment inférieur et qui entourent plus ou et grand dorsal ; le fragment supérieur est main- moins complètement la tête articulaire. On a vu, tenu dans l’immobilité par le muscle deltoïde qui dans quelques cas, le renversement de la tête artipasse sur lui. On dit aussi qu’il peut être porté en culaire dans l’articulation et une arthrite consédehors par l’action des muscles qui s’insèrent à la cutive. On a même vu une suppuration s’établir grosse tubérosité. Mais cette action des muscles est jusqu’à élimination complète du fragment détaché, souvent purement théorique, etle déplacement est, La crépitation, réunie à la douleur et au gonflela plupart du temps, déterminé par l’action de la ment, fera distinguer les fractures de l’extrémité

cause fracturante elle-même. supérieure d’une simple contusion. L’absence des

Les symptômes sont communs à toutes les frac- saillies et des dépréssions caractéristiques que l’on tures de l’extrémité supérieure de l’humérus, et trojuve dans les luxations empêchera de les contonparticuliers à chacune d’elles. Les symptômes com- dre avec les luxations de l’humérus (V. Luxations muns sont: 1° une douleur locale très vive, exas- de V humérus). Il faut dire cependant que certaines pérée par la pression et par le moindre mouvement contusions de l’épaule ont la plus grande analogie du membre; 2° une tuméfaction générale au ni- avec une de ces fractures et qu’on peut y constater: veau du moignon de l’épaule ; 3° l’impuissance douleur, tuméfaction, impuissance du membre, et complète du membre ; 4° la crépitation. Pour même une espèce de crépitation. Dans ces cas douperçevoir celle-ci, on peut opérer de deux ma- teux, on doit attendre avant de se prononcer : car, oieres : on applique la main gauche sur le moi- si c’est une contusion, les symptômes disparaissent de l’épaule, et, de la main droite, prenant au bout de quelques jours, vant-bras fléchi à angle droit, on fait exécuter à Quant à distinguer la fracture du col anatomique umerus des mouvements de rotation sur son de celle du col chirurgical, on y parviendra en se sur’v'U ^6n’ ma*n gauche étant encore appuyée rappelant que la déformation et l’ecchymose ne se mai 6])a^e’ on soulève le bras du malade de la rencontrent guère que dans la dernière de ces deux deux drQ^e’ et on laisser retomber. Dans ces fractures.

touînmaiîœmTe®’ *a ma*n fiauche perçoit presque Le pronostic présente une certaine gravité : car, J urs la crépitation. indépendamment de l’inflammation et de la suppu-

fractnQt aUX symPtdmes qui sont particuliers à la ration possible de l’articulation, on observe presdes svm » C°* ^teurgical, on constate, en outre que toujours, à la suite du traitement, une ankylosé

creux dPtumeS Précédents : 1° une saillie dans le qui se prolonge plus ou moins longtemps, rieure d f8®110» formée par l’extrémité supé- Dans la plupart des cas, il est inutile d’opérer la

vers le tie •°ljïle.rit luterieur ; 2° une dépression réduction.

rs inférieur du deltoïde correspondant à Le meilleur bandage que l’on puisse employer

pour les fractures du col anatomique est le même que celui de la fracture de la clavicule. (Y. Clavicule.) Dans la fracture du col chirurgical, on emploie le même traitement, le même bandage, et l’on ajoute un coussin dans l’aisselle, pour empêcher le déplacement du fragment inférieur.

3° Fractures de l’extrémité inférieure. — Ces fractures peuvent succéder a un choc direct ou à une chute sur le coude. On peut observer la fracture isolée de l’épicondyle et de l’épitrochlée. L’extrémité inférieure peut être complètement séparée du corps de l’os, et lorsque cette fracture siège à une hauteur qui dépasse deux centimètres, on a une fracture du corps de l’humérus. On voit quelquefois le fragment inférieur divisé en deux ou plusieurs fragments, et la fracture communiquer avec l’articulation du coude.

On rencontre ici les symptômes communs à toutes les fractures : douleur locale, impuissance du membre, mobilité anormale, crépitation. La déformation varie selon le point fracturé; si la fracture siège au-dessus de la surface articulaire, le fragment inférieur est porté en haut et en arrière par le triceps, qui agit sur le cubitus, auquel le fragment inférieur est uni par les ligaments du coude. On constate alors une dépression en arrière du coude, au-dessus de l'olécrane ; en avant du coude et dans le point correspondant, on trouve la saillie de l’humérus. S’il y a division du fragment inférieur communiquant avec l’articulation, on peut constater un écartement entre l’épicondyle et l’épitrochlée. Si ces apophyses sont seules fracturées, elles sont le plus souvent déviées de leur position normale, et l’on peut percevoir la crépitation. Lorsqu’on cherche à constater la fracture de l’épicondyle et de l’épitrochlée, il ne faut pas oublier qu’à l’état normal et dans l’extension du coude , les trois saillies, épitrochlée, olécrane, épicondyle, sont sur la même ligne transversale.

Les fractures de l’extrémité inférieure de l’humérus guérissent rarement sans déformation, à cause de la difficulté où l’on est d’appliquer un bon bandage. Si la fracture communique avec l’articulation, il peut survenir un épanchement sanguin, une arthrite et une ankylosé consécutive. Si l’épicondyle et l’épitrochlée sont seules fracturées, la consolidation se fait presque toujours sans accident.

Ces fractures sont faciles à reconnaître. On ne peut éprouver de difficulté que dans les cas où il existe une complication du côté de l’articulation : alors, la fracture peut être méconnue. On pourrait aussi, dans quelques cas, les confondre avec une luxation du coude en arrière. Voici à quels caractères on distinguera ces deux lésions : dans la luxation, l’olécrâne a perdu ses rapports normaux avec l’épitrochlée et l’épicondyle ; la mensuration de l’une de ces deux tubérosités aux apophyses styloïdes du radius et du cubitus, montre que l’avantbras est raccourci ; la saillie qui occupe le pli du du coude offre toute la largeur de l’extrémité inférieure de l’humérus; elle est lisse, arrondie. Dans la fracture, les rapports normaux des surfaces articulaires et des apophyses voisines sont conservés ; l’avant-bras, mesuré comme nous l’avons dit, n’a

pas diminué de longueur; la saillie du fragment supérieur est étroite, irrégulière, tranchante: Enfin dans la luxation, la réduction est difficile, mais se maintient aisément; c’est le contraire dans la fracture. ,

Çes fractures présentent la gravite de toutes les fractures situées au voisinage d une articulation; les fragments sont maintenus difficilement en contact, et l’on constate souvent une ankylosé consécutive.

Après avoir réduit la fracture, il faut, avant de procéder à la pose de l’appareil, placer le membre dans la demi-flexion, position qui serait la moins embarrassante, si une ankylosé venait à se produire. Lorsque l’extrémité inférieure de l’os est divisée en plusieurs fragments, ou bien s’il existe quelque complication, il faut différer l’application de l’appareil. Si, au contraire, la fracture paraît simple, on applique un bandage ainsi composé : deux lames de carton mouillé sont placées, l’une du côté de la concavité du membre demi-fléchi, l’autre du côté de la convexité ; autour de ces deux lames on applique une bande roulée, en ayant soin de garnir préalablement de ouate ou de charpie les points de l’appareil en contact avec les saillies osseuses du coude. S’il y a peu de déplacement j et que la fracture soit simple, on peut appliquer un bandage inamovible. |

Luxation de l’humérus. — On divise les luxations de l’humérus en luxations de l’extrémité supérieure (V. Épaule), et luxations de l’extrémité INFÉRIEURE (V. Coude). Dr J.-A. FORT.

HUMEURS. — On donne le nom d’humeurs aux liquides contenus dans le corps humain. Les humeurs sont constituantes, secrémentitielles ou excri- • mentitielles : le sang, la lymphe et le chyle forment les premières; le liquide céphalo-rachidien, la synovie, le lait, le sperme, la salive, la bile, les larmes, etc., font partie des secondes; dans les troisièmes rentrent la sueur, l’urine, etc. Presque toutes les humeurs ont une réaction alcaline ou neutre, à l’état normal ; le suc gastrique, la sueur et l’urine sont les seules qui soient franchement acides. ,

HUMEUR AQUEUSE. — (V. Cornée, Cristallin, Œil.)

HUMEURS FROIDES. — (Y. Abcès froid, Scrofule.)

HUMEUR VITRÉE. — (V. Corps vitré.)

HUMORISME. — L’humorisme est une doctrine médicale remontant à, Hippocrate, mais formulee surtout par Galien, qui fait dériver toutes les nialadies de l’altération des quatre humeurs cardinales : le sang, la pituite, l’atrabile et la bile, se rapportant aux quatre éléments : l’air, la terre, Ie feu et l’eau, et aux quatre intempéries : le chaud, le froid, le sec et l’humidité. A cette époque recule®» comme on ne connaissait pas le système de la c,r' culation du sang, on croyait que ces fluides pa*' couraient librement tout le corps et qu’ils pouvaieI1

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îptM sur tel ou tel organe et y déterminer des J d 3 hlps et des désordres plus ou moins graves. f0Umédecins humoristes faisant concorder les phémênes observés dans l’état de santé ou de mala- Y°„vec la nature supposée des humeurs, le sang t la bile devaient, par leur prédominance dans isonomie, donner naissance aux tempéraments «a ne ui ns ou bilieux, caractérisés par la force, l’ar- 7 ,r l’activité ; leur altération ou leur accumulat-on' dans un organe, déterminer des accidents isus fébriles, inflammatoires. Au contraire, la oituitè et l’atrabile formaient les tempéraments mous et tristes du pituiteux et du mélancolique ; ies maladies quelles occasionnaient étaient lentes, chroniques, froides. Cette théorie, séduisante pour l’époque où elle parut, domina la science pendant tout le moyen âge, jusqu’au jour où Harvey, par sa découverte de la circulation du sang, démontra que la bile, l’atrabile et la pituite ne voyageaient pas à travers nos tissus comme à travers une éponge. Dr Paul Labarthe.

HYALITE.— Nom donné par les oculistes à l’inflammation du corps vitré. Ses symptômes étant ceux delà chloroïdile suppurative ou phlegmon de de l’œil, nous renvoyons à ce dernier mot. p. l.

HYALOÏDE. — Nom donné par les anatomistes à l’enveloppe du corps vitré (V. ce motj. p. l.

HYDARTHROSE. — On donne ce nom à l’accumulation de sérosité ou de synovie plus ou moins modifiée dans les articulations. Cette affection est aiguë ou chronique; elle peut se montrer à la suite des plaies et des contusions des articulations , ou être symptomatique d'une inflammation articulaire ou d’une affection générale, telle que le rhumatisme. On la voit aussi chez les femmes dans l’état puerpéral et chez les individus affectés de blennorrhagie.

On n’a pas eu souvent l’occasion de faire l’autopsie de sujets morts avec des hydarthroses, mais dans les cas rares où cette occasion s’est présentée, on a trouvé une injection dè la synoviale affectant la forme congestive, avec un très léger épaississement. Le liquide, en quantité plus ou moins consignât^6’ est épais, filant, jaunâtre, quelquefois rou-

^njme symptomatologie, l’hydarthrose est estas t—ent caractérisée par une tumeur fluccu nte S1®fieant au niveau d’une articulation, sans na.nt^emenî; de cou^eur a la peau, mais déterminl une déformation de cette articulation d’autant Cettp^ -r 3e ^.ue ^épanchement est plus abondant, lui-mê °rm^t3on s’étend même sur tout le membre en ont016 <ïui ®Prouve de l’allongement. Le membre, earapJe’ conserve une position fixe, parfaitement ment par Bonnet (de Lyon), et due précisé- Imament accYmulation du liquide qui distend les élois-n^Siarticulaires et maintient plus ou moins

S !f Surfaces articulaires, lion; mais i 0Sf Se lermine quelquefois par résolude r'énan^Vi16 B3us souvent on observe la persistance mème on uen.lent> parfois Y an/cylose et quelquefois Dict 01t 86 ^vel°PPer a la suite l’affection si WNNAIRE POPULAIRE de Médecine usuelle.

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sérieuse et si grave , désignée sous le nom de tumeur blanche.

; Le diagnostic en est très facile, à moins qu’il ne s’agisse d’une articulation profonde, telle que l’articulation coxo-fémorale. Quant au point de vue du pronostic, il n’y a de gravité que pour cette crainte que la maladie puisse se terminer par une tumeur blanche de l’articulation , car il y a une solidarité telle entre les cartilages et la synoviale que les premiers finissent souvent par s’altérer quand celle-ci est malade depuis longtemps.

En parlant du traitement, nous aurons surtout en vue l’hydarthrose du genou qui est la plus fréquente.

Deux indications, sont à remplir : faire disparaître les congestions synoviales et faire résorber l’épanchement.

Pour obtenir ces résultats, la première condition est le repos absolu, dans la position horizontale, en y ajoutant la compression élastique au moyen de l’appareil ouaté. Si le gonflement persiste on applique une série de vésicatoires, en n’interrompant la compression que le jour où le vésicatoire est placé, pour la reprendre aussitôt que l’épiderme est mort. Quelquefois il est bon de surajouter à la bande en toile, une bande de caoutchouc vulcanisé qui assure mieux la compression. Si l’hydarthrose résiste à ce traitement et si l’épanchement persiste, il faut alors avoir recours à la ponction de l’articulation. Naguère on ne se décidait que rarement aux ponctions, dans la crainte, du reste trop justement fondée d’une suppuration consécutive, mais depuis les travaux de Jules Guérin et la découverte de la méthode par aspiration, le danger n’est plus à redouter et on peut, presque impunément, pratiquer une ou même plusieurs ponctions capillaires.

Il y a une quarantaine d’années Velpeau et Bonnet, de Lyon, préconisaient, dans les cas rebelles la ponction pour évacuer le liquide et l’injection iodée dans les proportions d’un tiers de teinture d’iode par deux tiers d’eau distillée. Mais ce n’est que lorsqu’il n’y a plus de chances de guérison qu’il faut avoir recours à ce traitement, car souvent l’arthrite que l’on provoque ainsi se termine par ankylosé quand cela n’est pas par la suppuration, l’infection purulente et la mort. Aujourd’hui, grâce à la méthode antiseptique, on peut intervenir pour les hydarthroses volumineuses et rebelles, et pour éviter l’ankylose ou la tumeur blanche, on peut intervenir, dis-je, d’une façon plus radicale, en pratiquant de chaque côté de longues incisions, mettant bien à jour la cavité articulaire et en pratiquant largement dans cette articulation des lavages avec la solution phéniquée. Les statistiques récemment publiées paraissent favorables à cette médication. Dr Albert Bergeron.

HYDATIDE. — (V. Kyste hydatique ,)

HYDRAGOtîUE. — Synonyme de drastique (V. ce mot).

HYDRAMNIOS. — L’hydramnios ou hydropisie de l’amnios, est une maladie constituée par une exagération du liquide amniotique contenu dans l'œuf (V. Amnios, Œuf].

La cause de cette hydropisie nous est à peu près inconnue, bien que, dans quelques cas, il a semblé que l’hydramnios se soit développé a la suite d’une impression brusque du froid ou d’une violente émotion morale. La syphilis a été souvent invoquée comme étiologie.

La quantité de liquide ainsi accumule dans 1 œut est très variable, car de 500 à 1000 grammes, qui est le poids le plus ordinaire du liquide amniotique, ou l’a vu s’élever jusqu’à 7, 8, 12 et 25 litres. En général, cette maladie ne se développe qu’après le cinquième mois de grossesse, bien qu’on puisse cependant l’observer avant. De plus, elle a une marche très rapide, et en peu de temps la matrice acquiert, par exemple, à 5 mois, le volume qu elle ne devrait . avoir qu’à 8 mois de grossesse. De là . des troubles profonds dans l’économie, tels quel œdème, des varices, des phlébites, et surtout la suffocation qui oblige à intervenir, si la nature ne se charge pas d’expulser spontanément le contenu de l’utérus, ce

qui arrive le plus ordinairement.

Il n’y a pas de traitement médical de l’hydropisie de l’amnios. Quant on juge qu’il faut intervenir, c’est à la ponction des membranes qu’il faut recourir. Je repousse absolument tous les procédés de ponction à travers les parois utérines, soit par l’abdomen, soit par lé vagin. Il faut atteindre les membranes par le col utérin, ce qu’il sera toujours possible de faire en dilatant préalablement, si cela est nécessaire, le canal cervical soit avec une tige de laminaria, soit avec une éponge préparée.

Un fait intéressant à noter c’est que les enfants qui se développent dans un œuf atteint d’hydramnios portent souvent eux-mêmes certains vices de conformation, comme le bec-de lièvre, le pied-bot, une ascite abdominale, une hydrocéphalie, etc.

D1 A. DE' SOYRE.

HYDRARGYRE.— Synonyme de mercure (V. ce mot).

HYDRARGYRISME. — Nom donné en médecine à l’ensemble des accidents occasionnés par l’abus du mercure (V. ce mot). P. L.

HYDRASTIS CANADENSIS. — Nom donné à une plante herbacée de la famille des renonculacées, qui croît communément dans l’Amérique du Nord, dont la racine, de couleur gris jaunâtre à l’extérieur, et jaune rougeâtre à l’intérieur, douée d’uné odeur faible et d’une saveur très amère, fait partie de la pharmacopée américaine et anglaise. Cette racine doit ses propriétés à un alcaloïde, appelé hydrustine, qui se présente sous forme de cristaux blancs prismatiques, ressemblant e la strychnine, insoluble dans l’eau, mais soluble dans l’alcool, le chloroforme et l’éther. On l’emploie contre les fièvres en général, mais surtout contre les fièvres intermittentes et le typhus. Les Anglais et les Américains utilisent aussi la teinture d’hydrastis contre la dyspepsie atonique, contre la constipation habituelle due à l’inaction du foie. Ils l’ont enfin conseillée en injections contre la blennorrhagie, contre les inflammations chroniques de la muqueuse utéro-vaginale, et en lotions contre les crevasses et les gerçures du sein. d* Paul Labarthe.

HYDRATE. — Nom donné par les chimistes à ia combinaison de l’eau avec un oxyde métallique 0ll bien avec un acide; dans le premier cas, l’eau j0Ue le rôle d’acide, et dans le second elle joue au contraire le rôle de base : hydrate de baryte, de chaux de potasse, de chlor al, etc. P. L. ’

HYDRÉMIE. — Mot employé autrefois comme synonyme d ’ anémie (Y. ce mot). P. L

HYDROCÈLE. — On donne le nom d’hydrocèle, en chirurgie, à une tumeur constituée par un épanchement de sérosité, soit dans le tissu cellulaire du scrotum , soit dans une enveloppe du cordon spermatique.

Hydrocèle du scrotum. — Toute accumulation de sérosité dans les enveloppes du testicule constitue une hydrocèle du scrotum. On distingue Y hydrocèle par infiltration et Yhydrocèle de la tunique vaginale ou par épanchement.

1° Hydrocèle par infiltration. — On lui donne encore le nom d’œdème du scrotum. Tantôt cet état morbide est déterminé par l’anasarque dans une maladie de Bright ou dans une maladie du cœur; tantôt elle est le résultat de la rupture d’une hydrocèle, surtout chez les nouveaux-nés ; tantôt, enfin, elle se montre chez les sujets débilités, dont les bourses sont pendantes, ou à la suite d’une ponction malheureuse d’hydrocèle.

Le scrotum est considérablement tuméfié; c’est un œdème des plus marqués. La peau est blanche,; luisante; les. plis sont effacés. Souvent, la peau de la verge est envahie ; il semble que cet organe ait, pour ainsi dire, disparu.

On ne peut pas méconnaître cette infiltration. A moins qu’elle ne soit symptomatique d’une hydropisie, on condamne le malade au repos. Si le liquide ne paraît pas diminuer et qu’il détermine une grande gêne, on pourra pratiquer de petites ponctions avec une aiguille à cataracte; les incisions exposent au phlegmon et à la gangrène du scrotum.

2° Hydrocèle de la tunique vaginale ou par épanchement. — L’épanchement de la sérosité dans la tunique vaginale est ordinairement simple; mais il peut se montrer des deux côtés à la fois.

L’hydrocèle survient souvent sans cause appréciable. Elle peut être la conséquence d’irritations diverses du. testicule, du scrotum et du cordon.

La tunique vaginale est distendue par le liquide; elle est blanche, souvent un peu épaissie. On n’observe pas de fausses membranes, à moins qu’il n’y ait eu une hématocèle antérieure. Lorsque la cavité de la tunique vaginale communique avec le péritoine, on dit qu’il y a hydrocèle congénitale.

Ordinairement, le testicule se trouve en arrière et en dedans de l’épanchement ; il peut occuper d autres positions, surtout dans les cas d’inversion. Cet organe est souvent comprimé, aplati. Si une orchite a été le point de départ de l’hydrocèle, il conserve des dimensions un peu supérieures à celles de l’état normal. D’une manière générale, la substance du testicule reste saine, à moins que l’hydrocèle ne soit trop ancienne.

Le liquide est citrin, transparent, comme de la

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, Ouei(ruefois, il est un peu visqueux et la tumeur soit troublée; s’il y a vaginahte, on sérosité- W . }1 n-est pas rare de ie voir constate, de plus, de la douleur.

®eme riD-uinolent. Il contient de l’albumine en dis- Le diagnostic est facile lorsque la tumeur se sero-sa & t ga uantjté peut varier depuis quelques présente avec ses caractères francs. Mais le petit

S° Uptpps iusqu’à un litre et même plus. volume, la forme irrégulière, le défaut de transpa-

t début de l’hydrocèlè est ordinairement lent, rence et les complications peuvent être causes

fonctions génitales ne sont pas altérées. Il est d’erreur. On a vu l’hydrocèle prise pour un cancer,

L6S nue la tumeur soit douloureuse ; elle est plu- une hernie inguinale irréductible, une hématocèle, Et" gênante par son volume. un kyste' du testicule, un hydrocèle enkystée du

Ta tumeur est ovoïde, à grosse extrémité dirigée cordon.

bas • la peau est normale, quant à sa couleur et On reconnaîtra le cancer a ses bosselures, aux ?n température ; les tuniques superficielles du veines variqueuses du scrotum, aux douleurs lana tum glissent facilement sur la tumeur ; sa sur- cinantes et au défaut de transparence, tare est unie et très régulière ; aucune positionne Le malade donnera des renseignements précieux

I fait changer de volume. sur la hernie inguinale, sur son mode de dévelop-

aOn peut constater la transparence de la tumeur pement ; la tumeur sera sonore si c’est une enté-

la plaçant entre l’œil et la flamme d’une bougie, rocèle, mollasse si c’est une épiplocèle ; on verra

II faut pour bien percevoir ce phénomène, percer manifestement que la tumeur se prolonge dans le

un trou de 5 à 6 centimètres de diamètre, au mi- canal inguinal par un pédicule, ce que ne fait

lieu d’un écran, d’un carton, par exemple; on pas l’hydrocèle. Souvent, elle sera facilement réplace la tumeur entre l’écran et la lumière; puis ductible.

on regarde par cette ouverture. Avec un peu d’ha- L’hématocèlè n’est difficile à reconnaître que si bitude, on parvient facilement à reconnaître que le elle est récente ; le défaut de transparence et l’ec-

testicule occupe la partie postérieure. chymose de l’hématocèle traumatique seront les

Ordinairement, la tumeur est molle et fluc- seuls éléments de diagnostic. Ajoutons que llié-

tuante. matocèle se développe plus rapidement que l’hy-

II n’y a jamais de symptômes généraux ; l’affec- drocèle. tion est toute locale. ' Le kyste du testicule pourrait être pris pour

L’hydrocèle type, que nous venons de décrire est une petite hydrocèle. Il faut savoir que le kyste facile à reconnaître. 11 y a une foule de formes in- constitue une tumeur de forme irrégulière, et que solites qui embarrassent souvent le chirurgien, le testicule est toujours placé au-dessous. Il arrive 1° Il y a des hydrocèles très petites, qui ne dépas- quelquefois, néanmoins, qu’une . erreur de diasent pas le volume d’un œur. 2° Le liquide ‘est tel- gnostic soit commise, et que l’on ne s en aperlement abondant, dans certains cas, que la tunique çoive que parla ponction. Cela n’a pas, d’ailleurs,

' vaginale est énormément distendue, et qu'il n’y a une grande importance.

pas de fluctuation. Il faut alors soulever la tumeur L’hydrocèle enkystée du cordon sera décrite plus de la main gauche, et tendre la peau au-dessus tard.

d’elle, pendant que la main droite frappe un coup L’hydrocèle congénitale est réductible ; on peut, sec sur la partie la plus saillante; ce choc déter- par la pression, refouler le liquide dans le péri-

mine un ébranlement, une ondulation caractérjsti- toine. On la distinguera de la hernie congénitale

que de la présence du liquide. 3° La forme de l’hy- aux caractères suivants : la hernie est sonore à la drocèle, est quelquefois altérée. La tumeur peut percussion, elle rentre avec un bruit de gargouilêtre divisée en deux parties par une ligne circulaire, lement ; si, la tumeur une fois réduite, on applique sorte, de lien constricteur qui lui donne la forme le doigt sur l’anneau et qu’on lasse tousser . le d’un bissac. Quelquefois, l'hydrocèle semble sur- malade, la hernie ne se reproduira pas ; le liquide montée d’une autre tumeur; celle-ci est souvent de l’hydrocèle, au contraire, rentrera peu à peu dans placée au-dessus. la tunique vaginale..

Certaines hydrocèles se développent très rapide- La maladie n’est pas grave. Dans quelques cas, ment, en quelques semaines ; on pourrait les ap- cependant, la peau de la verge est attirée en bas ; Peler aiguës; mais, ordinairement, leur marche cet organe disparaît, pour ainsi dire ; les fonctions lente et chronique. Elles durent pendant des sont gênées. an.ees entières, et restent stationnaires, si l’on n’y On a guéri un petit nombre d’hydrocèles sans Porte remède. Dans des cas rares, on a observé la opération, par les dérivatifs, des applications d’une asP^riti°n spontanée de l’épanchement. Cette dis- solution de chlorhydrate d’ammoniaque, des vési- Ç®1® a été remarquée aussi à la suite d’un acci- catoires, etc.

Q j chute, choc, déchirant la tunique vaginale et Certaines opérations ont été suivies de succès : rçant le liquide à passer dans les mailles du l’incision avec suppuration; l’excision d’une porsu cellulaire, où il s’infiltre pour être résorbé, tion de la tunique vaginale ; la cautérisation de la jE™1» aPrès un semblable accident la récidive a paroi de la tumeur ; la canule à demeure ; le séton ; sea " 6 vm^ence extérieure peut rompre un vais- l’électricité. Mais toutes ces opérations échouent le

méu’ 11 Se Produ*t une hématocèle dont le sang se plus souvent, ou elles sont fort douloureuses. , arr v 6 aU li(Iuide séreux de l’hydrocèle. Enfin, il Aujourd’hui, la ponction suivie d’injection îodee alor e ^Ue la tunique vaginale s’enflamme ; on a est devenue une opération vulgaire. On ne se borne que dan16 hydroc^e avec vaginalite. On conçoit, plus a la ponction simple, qui est constammen s ces deux derniers cas, la transparence de suivie de récidive.

11 survient après l’injection une inflammation de la tunique vaginale, qui disparaît au bout de quelques semaines, etla guérison est souvent définitive.

La récidive se montre dans quelques cas. Alors on opère de nouveau.

L’inflammation consécutive est parfois très intense ; il peut se former un abcès dans les parois du scrotum ; dans ce cas, on donne issue au pus.

Il peut arriver que la tunique vaginale suppure ; il sort du pus, souvent mélangé de gaz, par l’ouverture ; alors, il faut ouvrir la tunique vaginale qui suppure ; la maladie guérit par des adhérences cicatricielles. On a observé la péritonite soit par propagation de l’inflammation à travers le cordon, soit par suite de la non oblitération du canal vagino-péritonéal.

Des accidents peuvent résulter de l’opération : piqûre, du testicule, blessure d’un vaisseau important du scrotum, blessure d’une veine du cordon, injection du liquide dans les parois du scrotum.

La piqûre du. testicule n’offre pas de dangers sérieux, et l’on peut faire l’injection iodée; cependant il vaut mieux s’abstenir. On évite cette piqûre én enfonçant le trocart à la partie inférieure, antérieure et un peu externe de la tumeur. Du reste, il faut bien s’assurer de la position du testicule, par la pression et la transparence de la tumeur, cet organe pouvant occuper un point insolite.

Un vaisseau blessé donnera, après l’opération, une hématocèle pariétale ou delà tunique vaginale. Blandin a vu un malade succomber à la phlébite des veines du cordon.

L’injection du liquide irritant dans le tissu cellulaire du scrotum est suivie de phlegmon diffus et de gangrène. Cet accident est grave. Il peut survenir, soit que le trocart ait piqué la paroi opposée, soit que le liquide reflue entre la canule et les bors de l’ouverture, ce qui indique un mauvais instrument, soit que l’extrémité de la canule soit plongée au milieu des tuniques, et que le liquide y soit injecté directement.

Lorsqu’on soupçonne avoir fait une ponction de la paroi opposée, il faut vider la poche et attendre que l’hydrocèle se soit reproduite pour recommencer l’opération.

On évite le reflux du liquide en employant, un bon instrument, qui ne produise pas le décollement des tuniques lorsqu’on l’introduit dans la tumeur.

Enfin, pour empêcher la canule de sortir delà cavité vaginale, il faut, après avoir extrait le poinçon, l’enfoncer un peu plus et se contenter de la diriger, sans prendre la peau avec elle et sans la fixer ; car le crémaster, qui se contracte quelquefois, pourrait abandonner l’extrémité de la canule au milieu des tuniques, dans le dartos.

Tout liquide irritant peut remplacer la teinture d’iode: vin chaud, alcool, solution de nitrate d’argent, etc.

Maisonneuve cautérise directement l’intérieur de la poche avec le crayon de nitrate d’argent. Mais on s’accorde à donner la préférence à la teinture d’iode.

Lorsqu'il existe une hydrocèle congénitale, le

liquide pouvant refluer dans le péritoine, on s’abstient d’injection iodée. Cependant, quelques chirurgiens font l’opération, malgré les accidents ont été observés. Dans ces cas, ils exercent une compression, longtemps continuée, sur le canal inguinal, au moyen d’un bandage.

Hydrocèle du cordon. — On donne ce nom à l’infiltration ou à l’épanchement de sérosité entre les divers éléments qui constituent le cordon. On en distingue deux variétés principales : I’hydrocèle

INFILTRÉE et l’HYDROCÈLE ENKYSTÉE.

Deux autres variétés ont été indiquées par les auteurs; il suffit de dire leurs noms. L’une, hydro- S cèle du cordon communiquant, avec le péritoine, n’est autre chose qu’un épanchement séreux dans le canal vagino-péritonéal , oblitéré du côté de la tunique vaginale et resté perméable du côté du péritoine. La pression fait refluer le liquide dans la cavité péritonéale. L’autre variété, hydrocèle du cordon communiquant avec la tunique vaginale est, au contraire, un épanchement dans le même canal, vagino-péritonéal, mais en sens inverse; c’est-à-dire que celui-ci est oblitéré du côté du péritoine, et non du côté de la tunique vaginale. Cette variété coïneide avec une hydrocèle ordinaire; elle constitue quelquefois une véritable hydrocèle en bissac. Bref, ces deux hydrocèles tiennent à une oblitération incomplète du canal vagino-péritonéal du nouveau-né.

1° Hydrocèle infiltrée.— Cette infiltration, connue encore sous le nom d’hydrocèle diffuse, se rencontre chez l’adulte, souvent sans cause connue. Dans quelques cas, elle coïncide avec une anasarque, une ascite, une tumeur abdominale, une hernie.

L’infiltration siège dans les mailles du tissu cellulaire du cordon, au-dessous du crémaster, en avant des vaisseaux spermatiques et du canal déférent. La sérosité claire qui y est contenue peut, en écartant les cloisons du tissu cellulaire, former un, véritable épanchement.

11 existe une tumeur diffuse, allongée dans le sens du cordon, renflée vers la partie inférieure, et remontant souvent jusqu’à l’anneau inguinal, fia tumeur n’est pas douloureuse ; elle est molle et pâteuse; la pression peut changer sa forme et son aspect; elle est quelquefois fluctuante en bas. Elle est stationnaire; mais, dans quelques cas, elle prend des proportions énormes.

On la distinguera de l’épiplocèle en ce que celleci se montre plus lentement et qu’elle occupe toujours le canal inguinal par un gros pédicule. Il est rare que l’infiltration du cordon se prolonge dans le canal inguinal sous forme de pédicule volumineux.

Si la tumeur ne disparaît pas spontanément, on aime mieux faire une incision qu’appliquer un séton, comme cela a été fait quelquefois.

. 2° Hydrocèle enkystée. — Elle reconnaît quatre origines : 1° le kyste se développe dans une portion non oblitérée du canal vagino-péritonéal; 2° ü est la transformation d’une hématocèle du cordon j 3° il est déterminé par une hydrocèle infiltrée qui a considérablement distendu les mailles du tissu I cellulaire; 4° il se forme dans une bourse séreuse»

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produite, chez les hemieux, |par le frottement du

ba?ftyS5Tni<lue ou multiple; il y a souvent K S auatre tumeurs échelonnées le long du tt01® ® Rarement il dépasse le volume d un œuf. nS occuper toute la longueur du cordon ; mais,

** p ips enfants, il avoisine l’anneau inguinal, et être contenu dans ce canal. La paroi est mince, p piauefois elle est épaisse et dure. La cavitefdu S est unique; mais il n'est pas rarel d'y renmontrer des cloisons complétés ou incomplètes Le Side est séreux, transparent, quelquefois il est ét)ais, de couleur lie de vin, chocolat, etc. L’hvdrocèle enkystée est une tumeur indolente, à surface régulière, allongée , fluctuante , si elle n’est pas trop tendue par le liquide, auquel cas elle présente la résistance d’une tumeur solide. Elle est quelquefois, mais non toujours, transparente, l’opacité tient à l’épaississement de la paroi et à l’altération du liquide contenu. Si le kyste siège vers la partie inférieure, on voit, en examinant sa transparence, les éléments du [cordon disséminés autour de la tumeur. Celle-ci est mobile ; on la fait rentrer parfois dans le canal. Si elle occupe le canal, on peut souvent la refouler vers la cavité abdominale.

La fluctuation, la surface lisse et arrondie empêcheront de croire à un lipome. Il n’y a pas de pédicule herniaire, ni cette sensation d’empâtement, ni cet aspect piriforme que l’on constate dans une hernie épiploïque. Un troisième testicule est tellement rare, qu’il n’est pas bien prou vé qu’il puisse exister. Admettons le cas : la pression sur la tumeur développera la douleur caractéristique qui accompagne le froissement de cette glande. Les renseignements fournis par le malade feront distinguer l’hydropisie d’un ancien sac herniaire; mais ce diagnostic est difficile.

La lésion n’est pas grave. On ne fait rien, si la tumeur est très petite; si elle est volumineuse et qu’elle soit trop gênante, on peut faire la ponction, et mieux la ponction suivie d’injection iodée.

Dr J-.-A. Fort.

HYDROCÉPHALIE. — On distinguait autrefois 1 hydrocéphalie aigue et Y hydrocéphalie chronique.

Y' hydrocéphalie aiguë était l’état déterminé par la fièvre cérébrale (V. Méningite).

Y hydrocéphalie chronique, qui doit nous occuper seule ici, est une affection caractérisée par l'accumulation de liquide dans la cavité crânienne.

^jetons absolument la division en hydrocé- P ahe interne et hydrocéphalie externe, cette dermre n’étant représentée que par l’infiltration œdéateuse qui se produit , pendant le travail de accouchement, sur la partie de la tête du fœtus flui est en rapport avec l’orifice utérin, et à laquelle J1 a aonné le nom de bosse sèro-sanguine. Produc- °.n’ . sans importance, absolument passagère, et £ajSg^para*t ^ans les premiers jours qui suivent la

incon^r°C^pka^e interne, dont la cause nous est accnnfUie,„.-est essentiellement constituée par une siéffoanf 1 1 • plus ou moins considérable de liquide s soit entre les parois du crâne et la dure-

mère, soit dans la cavité arachnoïdienne, soit le plus souvent dans les ventricules du cerveau. La quantité de liquide est très variable; elle peut à peine dépasser le volume normal du liquide arach-

Fig. 605. — Hydrocéphalie.

noïdien ou s’élever à plusieurs litres. La figure 605 est un exemple d’une hydrocéphalie considérable.

• L’hydrocéphalie est souvent une cause grave de dystocie non seulement pour l’enfant qui succombe presque toujours peu après sa naissance, quand, il est né spontanément, mais encore pour la mère. J’ai vu plusieurs femmes, en travail depuis plusieurs jours, s’épuisant en efforts inutiles^ pour chasser un enfant hydrocéphale, succomber à la rupture de l’utérus aminci à la suite de ces contractions successives et violentes. Aussi est-il bon de faire de bonne heure le diagnostic de la tête hydrocéphale.

Dans les présentations du sommet, ce diagnostic n’est pas difficile à établir. En effet, il y a lieu de s’étonner d’abord de la rétention au-dessus du détroit supérieur de la tête fœtale dans un bassin bien conformé. En outre, on sent sous le doigt la tête représentée par des surfaces osseuses très minces, pliant sous la moindre pression et séparées les unes des autres par de larges espaces membraneux. En effet, dans ce cas, les sutures et les fontanelles sont d’autant plus larges que l’accumulation du liquide est plus considérable dans la cavité crânienne.

Quand l’hydrocéphalie est peu prononcée, 1 accouchement peut se faire spontanément (m se terminer après une simple application de forceps ; la tête, en effet, assez molle, se moule en quelque sorte sur les ouvertures qu’elle doit traverser. Mais il n’en est plus de même quand 1 hydrocéphalie es considérable. Il est bon, dans ce cas, de ne pas laisser la femme s’épuiser en efforts inutiles, e l’on devra ponctionner la tête sitôt que 1 orifice utérin sera suffisamment dilaté. La crâniotomie se era à l’aide de ciseaux de Smellie ou de tout autre perce-crâne.

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Dans les présentations du siège avec une tête hydrocéphale, le diagnostic n’est pas toujours aussi facile et ne peut être fait qu’en tenant compte du volume considérable que garde l’utérus après l’expulsion du tronc. Le doigt alors, glissé au-dessus du cou de tous côtés, parvient à rencontrer les surfaces caractéristiques des sutures et des fontanelles. Comme la perforation du crâne, dans ce cas, n’est pas facile, on a conseillé d’ouvrir la colonne vertébrale à l’extérieur et de glisser dans le canal rachidien une longue sonde en gomme qui, parvenant jusque dans la cavité crânienne, permettrala sortie du liquide. La tête se videra et de simples efforts de traction permettront de terminer l’accouchement sans autres difficultés.

. Parmi les enfants qui naissent vivants avec une tête hydrocéphale, la plupart, comme je l’ai déjà dit, meurent dans les quelques jours qui suivent la naissance. Les autres peuvent s’élever, mais leur intelligence sera d’autant plus troublée que la quantité de liquide contenu dans la tête sera plus considérable. J’en connais plusieurs qui sont de véritables idiots, quoique déjà âgés de plus de quinze ans. Tous, les traitements qui ont été tentés depuis les diurétiques, les révulsifs, les vésicatoires, jusqu’à la ponction crânienne, n’ont amené aucun résultat.

Dr A. DE SûYRE.

HYDROGOTYLE. — On donne ce nom à un genre de plantes herbacées, t vivaces, de la famille des ombellifères, dont deux Variétés ont été essayées en médecine : 1 ’hydrocotyle vulgaire et Vhydrocolyle asiatique.

Vhydrocolyle vulgaire, petite plante de nos pays,

Fig. 606. — Hydrocotile vulgaire.

très commune dans les endroits humides, dans les marais et au bord des étangs, a été employée autrefois comme détersive et révolutive. Elle est aujourd’hui inusitée.

L’ liydrocoty le asiatique, petite herbe rampante qui croît dans les Indes et dans l’Afrique méridionale, où on l’emploie empiriquement contre la lèpre, la scrofule et la syphilis, a été étudiée par Lépine, qui y a découvert un principe actif appelé

vellarine, poison narcotico-âcre analogue à i ciguë, et a proposé de l’employer dans le traite ment de certaines maladies de peau, telles que l’eczéma, le prurigo, le psoriasis, etc., sous forme de sirop et de granules. Maisles expériences faites parles dermatologistes n’ont pas donné de bons résultats, et aujourd’hui l’hydrocotyle asiatique est un médicament à peu près complètement abandonné.

Dr Paül Labarthe.

HYDRO-GEMMINE LAGASSE. — L’hydro-gemmine Lagasse est une eau de pin gemmée, concen- ! trée et titrée au vingtième, introduite dans la thérapeutique par M. Lagasse, le savant pharmacien de Bordeaux, dont tout le monde connaît les belles recherches sur le pin maritime. Elle s’obtient par la distillation des copeaux qu’on coupe lorsqu’on fait aux pins les incisions au-dessous desquelles on place les vases destinés à recevoir la résine qui en découle au moment de la montée deda sève. C’est une véritable solution, sans altération, ‘de cette résine vierge, qui renferme tous les principes du pin à l’état naissant.

L’hydro-gemmine possède les mêmes propriétés : thérapeutiques que la gemme (V. ce mot), et jouit, comme elle, d’une efficacité /incontestable dans le traitement des affections de l’appareil respiratoire (toux, bronchite, phthisie, etc.), de l’appareil urinaire (catarrhe vésical et utérin, uréthrite, etc.); et en général dans les affections des muqueuses. Elle possède, en outre, des propriétés hémostatiques remarquables. • . I

On l’emploie à la dose de 1 à 2 cuillerées à: bouche dans un demi-verre d’eau ou de lait, deux ou trois fois par jour. On peut aussi l’utiliser sous forme d’inhalation ou de pulvérisation dans, les affections de la gorge. Enfin , à la dose de 3 à 4 cuillerées dans un litre d’eau, elle constitue, comme l’eau de goudron, une bonne boisson hygiénique que l’on boit aux repas coupée avec du vin. Dr c. Sarran.

HYDROGÈNE. — L’hydrogène est un corps simple, gazeux, quatorze fois et demi plus léger que l’air, incolore, inodore et insipide, incapable d’entretenir la respiration, mais sans action délétère cependant, car un animal peut vivre dans l’oxygène mélangé à soixante-quinze pour cent d’hydrogène. Il constitue, avec le carbone, l’oxygène et l’azote, la matière organisée des animaux et des végétaux, et forme le neuvième du poids de l’eau. Un courant d’hydrogène passant sur de l’oxyde de fer chauffélégèrement; le réduit et donne le fer réduit par l’hydrogène (Y. ce mot). Ce gaz est sans emploi en médecine. p l. :

HYDROLAT. — Nom donné à des eaux chargées par la distillation des principes volatils des végétaux (V. Distillation). P. i.

HYDROMEL. — On donne ce nom à une tisane liqueur fermentée.

etT ti«ane d’hydromel est un composé dune par- ■îpTTiiel dissoute dans 16 parties d’eau. Douce librement laxative, elle convient surtout aux 6 r nts à la mamelle, lorsqu’ils ont de la constipaeD On peut aussi l’ordonner comme expectorante *l0a' ies affections catarrhales, à moins qu’il n’y ait dévoiement ou répugnance marquée pour le

^ La liqueur d’hydromel, qui fut la boisson favorite , héros du paradis d’Odin, ne nous est guère plus ronnue que de nom. Cependant on en trouve encore dans certaines régions du Nord de la France, principalement du côté de Cambrai, où on la fabrique de la manière suivante : on prend une partie de miel pour trois parties d’eau ; on ajoute à ce mélange de la levure de bière et un peu d’aromates, tels que cannelle, muscade, clous de girofle, etc., et on laisse fermenter le tout. Lorsque la liqueur est devenue claire et limpide, on la soutire et on la met en bouteille. Cette liqueur, qui se bonifie en vieillissant, est d’une couleur brune foncée ; son odeur spiritueuse rappelle celle du miel, et sa saveur rappelle assez celle des vins de Malaga. Elle se boit comme les vins de liqueur.

Dr Paul Labarthe.

HYDROMÊTRIE. — On appelle ainsi l’accumulation d’un liquide séreux, dans la cavité utérine d’une femme non enceinte, car il ne faut pas confondre l’hydrométrie avec Y hydramnios. Le liquide contenu dans la matrice étant sécrété par les parois même de l’organe, pour expliquer sa rétention il faut admettre une oblitération du col produite, soit par une agglutination des bords de l’orifice interne, soit par la présence d’un polype, d’une tumeur fibreuse interstitielle, d’une tumeur kystique ou solide voisine, ou enfin d’une flexion très prononcée.

Il peut arriver que la quantité de liquide ainsi emprisonné donne à la matrice le volume d’une grossesse de six mois. De là des erreurs possibles ans le diagnostic qui fait ranger l’hydrométrie parmi les / côasses grossesses.

Cette maladie est très rare. Le traitement consisera adonner issue au liquide contenu dans l’utérus,

1 a laide d’une ponction nratirmée nar lfi vaerin

dans le

le d’une ponction pratiquée par le vagin ntA v°isinage du museau de tanche si l’orifice sonrtû-eSt °kHtéré, ou par l’introduction d’une ou na \Ui^ue dans l’utérus si le col est perméable gressive 16 devenir a la suite d’une dilatation pro-

Dr A. DE SOYRE.

YDRopéRICARDITE. — (Y. Péricardite.)

HYDROPHOBIE. — Synonyme de rage (V. Rage.)

àuneDa^PISIJ?’ donne Ie nom d’hydropisie iaire ou atl0n de sérosité dans le tissu cellu- L hvdrnn eS,CaVitéSnatUrelleS ^rps.

d’œdème îorsm 'on ÜSSU cellulaire a reçu le nom (œdème des ÎL6 , es^ circonscrite à une région ^«e, etc f ®îmî,1re? inférieurs, de la face, de la ' ’ celui d 'anasarque lorsqu’elle est

généralisée à toute ou presque toute la surface du corps.

L hydropisie des cavités naturelles, souvent désignée sous le nom d! épanchement séreux, a reçu différents noms suivant son siège : l’hydropisie du péritoine est appelée ascite ; celle des ventricules cérébraux, hydrocéphalie ; de la plèvre, hydrothorax; d’une articulation, hydarthrose ; de la tunique vaginale, hydrocèle.

Le liquide des hydropisies est en général alcalin, verdâtre ou d’un jaune citrin (parfois transparent comme de l’eau), il n’est pas simplement formé par la transsudation du sérum du sang, car il en diffère sous plusieurs rapports.

Sérurn. Liquide des hydropisies.

Eau . 88 à 91 Eau . 95 a -98

Albumine. . . 5 h 6 Albumine. . . 1/2 a 5

Le liquide renferme encore des matières extractives, graisse, urée, créatine, acides hyppurique et lactique, des sels de soude et des chlorures et surtout de l’albumine.

Les cavités séreuses occupées par un épanche-, ment sont pâles, anémiées, de plus, tous Jes tissus d’une région œdématiée (peau, muscles, etc.) sont pâles et infiltrés.

Les hydropisies peuvent, au point de vue pathogénique, être divisées en deux groupes principaux :

A. Les hydropisies mécaniques produites par un trouble mécanique de la circulation qui augmente la tension sanguine dans les capillaires veineux.

B. Les hydropisies dyscrasiques produites par une altération du sang, altération qui favorise là transsudation du sérum.,

A. Hydropisies mécaniques. — Ainsi que l’illustre Bouillaud l’a démontré en 1823, les hydropisies mécaniques sont produites par un obstacle à la circulation veineuse. Supposons qu’une veine soit obstruée, le sang continuera à arriver dans ses radicules par la voie artérielle, mais, trouvant son issue fermée, il distendra ses radjcules, et ses parties les plus fluides transsuderont à travers leurs parois dès que la tension ordinaire dépassera la pression extérieure exercée sur les pafois de ces radicules; il y aura ainsi une hydropisie exactement localisée dans la région tributaire de la veine obstruée.

Ainsi l’oblitération de la veine cave inférieure produit l’œdème des membres inférieurs, du scrotum et de 1a. partie inférieure du tronc ; celle d’une veine crurale produit l’œdème du membre inférieur correspondant, celle de la veine porte produit l’ascite, celle de la veine cave supérieure détermine l’œdème de la face, du cou, des membres supérieurs, de la partie supérieure du thorax, etc.

Ces. oblitérations veineuses se produisent sous des influences multiples : compression par une tumeur, oblitération par inflammation, maladies des organes qu’elles traversent, sclérose, cancer du foie, etc.

Les lésions du cœur, surtout celles du cœur droit, entravant toute la circulation veineuse, déterminent une anasarque ; mais il n'est point rare de voir les maladies du cœur se borner à produire l’œdème de la moitié inférieure du corps ; car le

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sang, venant des parties supérieures, trouve dans l’action de la pesanteur un aide assez puissant pour lui permettre de surmonter l’obstacle cardiaque.

Parfois l’hydropisie résulte, non plus d’une augmentation de tension intérieure, mais au contraire de la diminution de pression extérieure : ainsi, appliquez une ventouse sur la peau, le tissu cellulaire sous-cutané va s’infiltrer de sérosité.

B. Hydropisies dyscrasiques. — Elles résultent d’une altération du sang qui facilite la transsudation de sa partie séreuse, altération qui consiste en une diminution de l’albumine. Cette diminution de l’albumine ne pourrait à elle seule produire l’hydropisie ; il lui faudrait une cause mécanique adjuvante (Jaccoud, G. Sée). Cette cause mécanique est tantôt la thrombose ou coagulation sanguine spontanée qui survient si fréquemment chez les gens cachectiques ( Y. Thrombose et Embolie ), tantôt la simple action de la pesanteur : ainsi, chez les convalescents, la position assise suffit pour déterminer l’œdème des malléoles.

Les hydropisies dyscrasiques s’observent : l°chez les albuminuriques : on sait qu’elles constituent un des symptômes fondamentaux du mal de Bright; 2° chez les gens cachectiques (phthisiques, cancéreux, anémiques, etc.); 3° chez les gens insuffisamment nourris, et, par suite, anémiques; 4° chez les gens affaiblis par des hémorrhagies, par des suppurations prolongées, etc.

Les symptômes des hydropisies sont de deux ordres : physiques et fonctionnels.

Les signes physiques sont très appréciables dans les œdèmes sous-cutanés ; la surface de la peau est tendue, lisse, décolorée comme transparente; elle est molle, pâteuse, et le doigt y forme une dépression persistante. Ce signe pathonomonique de l’œdème est dû à ia perte de l’élasticité du derme distendu par la sérosité.

Il est surtout. très appréciable dans les points où la peau repose sur un plan osseux, comme la face interne du tibia : sur la face, l’œdème se traduit par de la bouffissure, les paupières surtout sont très épaissies; en tous cas, en les pinçant entre deux doigts on forme un pli qui persiste un instant.

La peau, distendue par un épanehement séreux, éprouve divers troubles nutritifs : tantôt elle devient sèche, 'écailleuse: tantôt le derme s’éraille et se couvre de vergetures ; tantôt, enfin, la peau prend une teinte rouge, érysipétaleuse ; dans ces circonstances, les piqûres destinées à l’évacuation de la sérosité sont presque fatalement le point de départ d’un érysipèle.

Les épanchements dans les cavités séreuses se traduisent par des symptômes spéciaux.

Les signes fonctionnels sont nombreux, importants et variés lorsque l’épanchement occupe une cavité séreuse ; mais leur exposé ne saurait trouver place dans une étude générale ; ils se bornent à un sentiment de poids, de plénitude et de tension lorsque l’infiltration s’est effectuée dans le tissu cellulaire.

L’hydropisie est facile à reconnaître, mais il faut remonter à sa cause.

1° Les hydropisies mécaniques sont rigoureusement limitées à la circonscription de la veine ma¬

lade : ainsi, l’œdème d’un membre inférieur in. dique l’oblitération de la veine crurale ; l’ascite Se rattache à une gêne de la circulation de la veine porte consécutive à une maladie du foie (cirrhose, cancer), â une phlébite, etc. Les lésions cardiaqUes déterminent des hydropisies plus generales.

2° Les hydropisies dyscrasiques sont mobiles, lentes à se produire ; elles coïncident, soit avec des urines albumineuses (mal de Brigth), soit avee un état anémique très accentué.

Le traitement de l’hydropisie ne se prête à aucune considération générale, car il est étroitement lié à celui de la maladie dont l’hydropisie est un symptôme (V. Albuminurie , Anasarque, Anémie , Ascite , Cirrhose, Hydarthrose, Hydrothorax, Hydrocèle, Œdème, Péricardite , Pleurésie, Phlegmasia alba dolens, etc. Dr Léon Moynac.

HYDROPNEUMOTHORAX. — (V. Pneumothorax)

HYDRORACHIS. — (V. Spina bifida.)

HYDRORRHÉE. — On donne ce nom a un écoulement de liquide qui se produit pendant la grossesse. En général, cet écoulement a lieu d’une manière intermittente, et né comprend chaque fois qu’une petite quantité de liquide (la valeur d’une cuillerée ou d’un demi-verre au plus).

L’hydrorrhée s’observe plutôt dans la seconde moitié de la grossesse que dans la première. On pense que le liquide qui s’écoule ainsi est sécrété par la face interne de l’utérus; il s’accumule entre cet organe et la surface de l’œuf décollé en un certain endroit. De là, le liquide accumulé, glissant peu à peu entre l’utérus et l’œuf, gagne le col utérin et se fait jour à l’extérieur. L’œuf adhère ensuite de nouveau à la matrice, mais le même phénomène peut se reproduire plusieurs fois pendant la durée de la gestation. De même, chez certaines femmes, le décollement de l’œuf reste acquis et, la surface interne de l’utérus continuant à sécréter, il en résulte un écoulement aqueux presque constant.

L’intermittence de l’écoulement, sa faible <ïuan' tité, l’absence de contractions utérines, empêchent de confondre l’hydrorrhée ou fausses eaux avec une rupture prématurée des membranes et l’écoulement intempestif du liquide amniotique.

Le repos au lit ou sur la chaise longue, l’absence de toute espèce d’excitations morales et physiques» la suppression de tout rapport sexuel, sont les moyens à employer pour empêcher l’hydrorrhée ne s’exagérer et par conséquent pour éviter que le décollement de l’œuf des parois utérines ne s’exagere-

Dr A. DE SOYRE.

HYDROTHÉRAPIE. — On entend par hydrothérapie une méthode de traitement des maladies g111 repose sur l’usage de l’eau, employée sous toutes ses formes et à des températures diverses. Le* deux termes qui le composent signifient en efle traitement par Veau.

C’est généralement à l’eau froide qu’on a recours dans ce genre de médication ; employée seule, e effet, l’eau froide convient parfaitement dans u

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, 0 dP maladies ; mais parfois et notamgrand nombre d üons du système nerveux

nient dans formes de rhumatisme et

ainsi qne da ^ nécessaire de faire intervenir

de la Soutt Vpmnérature plus élevée pour atténuer reaU f vîit & auePl’eau froide provoque et pour prepexcitabilite q gon action curative. Nous indi parer ou CPmP^1* e qu’il convient d’assigner a la

querons ans L geC) et a ia glace dans la me-

vapeur de > Mais nous allons d’abord faire th0quelques lignes l’historique succinct de cette

méthode; J t nécessaire pour cela de re-

Bislonque. es reculés> Dès ia plus haute

m<lnlerté nous trouvons l’eau froide employée à titre flSSe dans le but de fortifier le corps, d agent hyg 11 d , tes ablutions ; les Scythes, ÎÎ^ ^MrStreau comme le préservatif fJêmi nombre de maladies Presque partout on ü les traces de l'emploi de l'eau comme agent thérapeutique ; mais ce n’est que vers le cinquième siécle^avam. Jésus-Christ qu’il en est ait mention d’une façon spéciale. Les ouvrages d’Hippocrate a cette époque donnent les premiers renseignements sur les qualités de l’eau et son utilité dans les maladies. A partir de ce moment on peut diviser 1 histoire de cette médication en trois périodes.

La première va des temps anciens jusqu a la tondation du premier établissement hydrothérapique par Priessnitz. La deuxième traitera de l’hydrotherapie de Priessnitz ou hydrothérapie empirique. Enfin dans la troisième partie nous étudierons l’hydrothérapie rationnelle, méthode française qui a pris droit de cité dans la science, grâce aux travaux de quelques médecins français à la tête desquels il faut placer le docteur Fleury.

Première période. — Dans le remarquable Traité des airs, des eaux et des lieux, Hippocrate recommande au médecin d’examiner d’abord lorsqu’il arrive dans une ville « la nature particulière des eaux dont on fait usage, si elles sont marécageuses, molles ou dures, si elles viennent des lieux élevés et des rochers, si elles sont crues ou saumâtres. » Puis il examine les qualités et les défauts des différentes eaux et prend l’eau à titre d’agent thérapeutique. Ilia recommande surtout lorsqu’il est nécessaire de combattre cette augmentation de chaleur que les fièvres de toute espèce provoquent dans le corps humain. Ayant remarqué, en outre, la réaction qui s opère après une courte application d’eau froide Y? la peau, il recommande ce procédé pour prouire des effets révulsifs très manifestes. N’y a-t-il uioder S?C6S ^tS le ëerme de l’hydrothérapie

leml°lS siècles Plus tard, l’eau froide était générale • eaiP^°y®e dans le traitement de la fièvre, et Char^Y sous Néron, un médecin de Marseille, cine mis\accouiûr à Rome faire le procès à la médeéleveranClenne‘ l’empereur Auguste avait fait froid a Yne. statue ù Antoine Musa qui, par l’eau

Celse T gUéri d’une maladie 8rave-

^usaee m ■ j-SS® de nombreux renseignements sur n’est on’ edlCal et hygiénique de l’eau ; mais ce bizarres drf /épertoiro de faits et de méthodes Lie ü °n ne ^rer ancune conclusion.

unaire populaire de Médecine usuelle.

Arétée, au premier siècle de notre ère, Galien, Coelius . Aurélianus , Alexandre de Tralles, Paul d’Égine, signalent tous l’emploi thérapeutique de l’eau froide et des bains.

Vers la fin du sixième siècle, Mahomet en fondant une religion nouvelle recommande les ablutions répétées d’eau froide dans le but de maintenir la souplesse de la peau et de fortifier le corps contre les ardeurs du climat. Mais les médecins arabes n’attachèrent que peu d’importance aux vertus curatives de cet agent. Rhazés et Avicenne n’ont fait à ce sujet que reproduire les auteurs anciens.

Le moyen âge reste muet sur cette question et il faut arriver au commencement du dix-septième siècle pour retrouver les tentatives de Mercurialis, panégyriste zélé de l’eau froide. En 1638, L. Septala < le premier fait intervenir les douches dans la thérapeutique. Puis un Flamand, Hermann van der Heyden « applique ce liquide à la cure de toutes les maladies sans exception ».

Après lui, l’Anglais Floyer fait d’incroyables efforts pour réhabiliter l’eau froide ; ses succès furent considérables, mais il eut le tort de ne fon der aucune doctrine et de considérer l’eau comme le spécifique de toutes les maladies.

En 1712 Frédéric Hoffmann publie une curieuse dissertation : de Aquâ médicina universali , et se trouve bientôt suivi par Sigismond Hahn et son fils Godefroy qui publient une théorie et des observations sur l’action de l’eau froide. En même temps, Nicolas Cyrillo, professeur à Naples, en systématise l’emploi. Malgré l’erreur de ses. opinions humorales, il a le mérite d’avoir vulgarisé, l’eau à titre d’agent antiphlogistique.

Après un demi-siècle d’oubli, le Dr Wright vint remettre en honneur la médecine hydrotérapique en se l’appliquant d’abord à lui-même et la propageant ensuite.

Le professeur Grégory, d’Edimbourg, combat le typhus par les affusions froides, et Robert Jackson combat la fièvre jaune par le même moyen (1791).

Ait même moment Currie, de Liverpool, se livrait à de nombreuses recherches et allait jeter les véritables bases d’une doctrine scientifique et de l’ hydrothérapie rationnelle, dont on peut le considérer comme le véritable fondateur. Dans son grand ouvrage, publié en 1798, après de nombreuses observations cliniques il démontre, le thermomètre à la main, que toute fièvre présente une [accumulation de chaleur qu’il est impossible de combattre plus efficacement que par sa méthode. Continuant son étude plus profondément, il pose comme grandes bases de l’hydrotérapie :

La soustraction de la chaleur ;

La sédation du système nerveux ;

La suspension du mouvement phlogistique ; L’accroissement de la vitalité des parties.

En même temps en Italie, Vailisnieri, Cocchi et surtout Giannini, employaient l’eau à toutes les températures dans la plupart des maladies.

En France, le prosélyte le plus enthousiaste de l’eau, au dix-huitième siècle, fut le Dr Pomme, qui employa l’eau avec une hardiesse incroyable et sous toutes les formes ; mais ses idées théoriques, bizarres à l’excès, furent abandonnées rapidement 1SÎI

quand parurent les travaux de Tissot sur les maladies du système nerveux. Tissot conseillait le traitement par l’eau froide, mais ses sages conseils ne furent que très peu suivis. .

Deuxième période. — Malgré tous ces travaux, la méthode hydrothérapique serait peut être oubliée aujourd’hui, sans l’intervention d’un simple paysan fanatique et persévérant, Priessnitz, qui en la mettant en pratique à Grœfenberg (Silésie autrichienne) ■contribua à sa vulgarisation.

Priessnitz, jeune encore et observateur judicieux, remarqua que l’eau dans bien des cas avait procuré du soulagement aux animaux maladès. S’étant brisé deux côtes, il fut déclaré par les chirurgiens du "pays estropié pour le reste de ses jours ; il se décida alors à essayer son remède qui lui réussit complètement. Puis il appliqua son traitement aux fractures, aux entorses et aux accidents de toute nature qui survinrent dans son voisinage. Ses succès l’obligèrent à se livrer uniquement à la pratique médicale qui se bornait à cette époque (1825) à de simples ablutions avec de grosse^ éponges ou à l’application de compresses mouillées. Plus tard il y ajouta le grand bain d’abord, puis les douches et enfin les transpirations forcées. Ecoutant les leçons du hasard et de l'expérience, le guérisseur de Grœfenberg-ne craignait pas d’innover quand sa pratique lui paraissait insuffisante. Après le bain de vapeur pour obtenir la transpiration forcée, il eut recours à 1 enveloppement dans des couvertures de laine.

Bientôt après, il employa l’enveloppement dans les draps mouillé, et les frictions à l’aide de linges trempés dans l’eau froide,: Les louanges du Dr Œrel et la protection reconnaissante de hauts personnages qu’il avait guéris d'engorgements ou d’affections chroniques, obtinrent du gouvernement autrichien la création d’un établissement hydrothérapique.

Alors, placé dans une situation exceptionnelle Priessnitz pouvait et devait consacrer sa vaste intelligence au développement scientifique de son œuvre, mais il n’en fît rien et n’a laissé aucun écrit, aucun témoignage personnel de ses idées et de sa doctrine. Ses partisans nous ont laissé des documents relatifs à sa pratique, mais leurs exagérations enthousiastes et leurs folles prétentions ne servirent qu’à, compromettre le succès de Priessmlz. C’en était fait de l’hydrothérapie et de son influence, salutaire si les médecins n’avaient pas pris sa defense, en lui donnant une base scientifique

Troisième période. — Pendant que Priessnitz pra- ' «quait ses premiers essais en Allemagne, en France Guersant faisait l’éloge des affusions froides dans sa brochure intitulée : Du Froid et de son application dans les maladies (1821), et Tanchou proclamait les propriétés antiphlogistiques de l’eau froide (1824) Recamier essaya, lui aussi, de vulgariser le traitement par l’eau dans les fièvres graves, les névralgies et certaines névroses. Lisfranc et Dupuytren préconisèrent les affusions et immersions froides dans ie traitement de la chorée. Quelques années plus tard (1839), La Corbière publiait son Traité du jrmd et de son action, qui fut bien accueilli.

Presque partout, dans les hôpitaux, comme dans

la pratique civile, chirurgiens et médecins essa • rent de la méthode réfrigérante. Beau (1847) t sier (1848), Staçkler (1851), érigèrent presque ^ méthode générale l’application du froid dans f* formes dynamiques de la fièvre typhoïde. En m! déjà Scoutetten avait publié une histoire comnl't de l’emploi de l’eau en médecine et en chirurg’ 6 livre écrit avec une véritable méthode et une, sa/6’ appréciation.

En 1845, Schedel, dans son Examen clinique d l’hydrothérapie, posa les véritables bases de la doc6 trine défendue plus tard par Fleury.

A cette époque, plusieurs établissements s’étaient déjà fondés en France et on vit paraître rapidement la publication de Baldon, d’Andrieux (de Brioude) de Gillebert d’Hercourt, de Lubanski et de Fleury ’ ■C’est ce dernier médecin qui contribua le plus à donner une base scientifique à cette méthode justement appelée méthode française.

5 Voulant arracher l’hydrothérapie au domaine de l’empirisme, Fleury, à force d’expériences savamment organisées, parvint à créer une doctrine basée sur l’action révulsive de l’eau froide. Grâce à lui, ce mode de traitement est aujourd’hui accepté partout et il n’est plus menacé que par ses adeptes trop fervents ou malhabiles.

Toutes les publications de Fleury sont résumées dans son Traité d' hydrothérapie, que nous considérons comme l’œuvre la plus complète qui ait été écrite en France sur f ce sujet. Fleury prit la révulsion pour base de la doctrine scientifique de l’hydrothérapie, de. même que . Priessnitz avait pris la dépuration, et il fit de l’eau froide l’agent fondamental de la méthode.

4uC u o, n s ses recnercnes sur i action sédative de l’hydrothérapie, Fleury n’ait pas tenu compte des observations de Currie sur les effets thérapeutiques de l’eau appliquée à différentes températures sur la peau. J’ai cru devoir faire autrement et préconiser dans ce but l’utilité de l’eau chaude qui, combinée avec l’eau froide, peut rendre d immenses services aux malades.

Effets physiologiques de l’eau appliquée sur la peau. — G est en 1862, que, sous les auspices du professeur Brown-Sequard, j’entrepris une série d’expériences pour rechercher les effets physiologiques produits dans toutes les fonctions de l’organisme par les applications de l’eau sur la surface cutanée. ’ J ai ete amené à reconnaître que l’eau appliquée sur la peau détermine, selon le procédé mis en usage et selon sa. température, des impressions sensitives agissant directement sur les centres nerveux du cerveau et de la moelle épinière, et se répercutant par une série d ’ actions réflexes dans toutes les régions de l’organisme influencées par les

ont ete 1 objet d’une comm mcation faite par moi à l’Académie de médecir ans une des séances de février 1866, ont toujou donne des résultats conformes à mes prévisior Au surplus, poussant plus avant mes investie 1 m,a e^e Possible de déterminer, dans i

I br de Ca?’ SUr quelle ré£ion de la Pei

(innnA ?P lquer Pigent hydrothérapique po donner naissance a des actions réflexes capabJ

. une action physiologique ou thérapeud e*cle,Tr tel ou tel organe.

W* “u s’inspirant de ces données scientifiques ° •’ i pU contribuer à la fondation de la nouvelle f'tline hydrothérapique qui me semble plus comlète que celle de Priessnitz et plus rationnelle que

îelle de Fleury. , . .

Tneu près a la même époque, je suis arrive a rennnaître que la méthode de Fleury ne pouvait pas T0ndre à toutes les indications thérapeutiques des affections nerveuses et j’ai cru indispensable d’y faire intervenir l’eau chaude. Grâce à elle, j’ai pu rendre l’hydrothérapie applicable aux maladies chroniques de notre époque, dont les plus nombreuses et les plus tenaces sont, je le répète, celles nui siègent dans le système nerveux.

H Quoique la médication hydrothérapique agisse d’une façon immédiate sur la peau, la peau n’est, dans la plupart des cas, qu’un intermédiaire qui sert à obtenir des effets fonctionnels plus éloignés. Elle peut être considérée sous trois points de vue :

C’est un organe d’exhalation et de sécrétion qui contribue d’une manière importante à la régularisation de la chaleur propre de l’organisme. C’est secondement une expansion du système circulatoire, pouvant se prêter, au besoin, à des accumulations sanguines au profit des organes internes. Enfin la peau, organe tactile, est un lieu de terminaison des nerfs sur lesquels viennent agir les impressions extérieures^

L’action de l’eau sur la peau produira donc des effets sur la chaleur propre, sur le système capillaire .et sur le système nerveux périphérique. Mais quel que soit l’effet cherché, il ne peut être obtenu sans que le système nerveux soit influencé. Ne pouvant entrer ici dans les détails que comporte une telle question, je me contenterai de signaler le rôle que jouent les nerfs vaso-moteurs dans les phénomènes de contraction et de dilatation vascuaire sur lesquels les applications hydrothérapiques ont une action bien manifeste. L’eau, par sa température, exerce une influence incontestable sur la nateur propre, mais cette action n’est pas la plus mU4°/tante ’ T aê’il principalement sur les extréréaotiify?rVe^fles Périphériques et provoque ainsi des manifpJ3 r.e^exeSj P^-us ou moins saisissables, se les ant T dans les organes excités, soit dans nervènY116! ■eJ®1Snés* D’où il résulte que le système l’eau ; lrntermédiaire forcé entre l’action de «•uliers n, ’Xtei'1ieur’ et les effets généraux ou parti-

ners qu ^ iui demande.

médicatmn1 exar?en raPide du mode d’action de la de la chaioi,Pail1JeaÜt’ 51 est utile d’étudier les effets Ces effet? mi U froid surl’orê’anisme- Proviennent a ^ferent sensiblement, selon qu’ils ho l’eau Ft de l air> de corps solides ou

bien d’accorH at>0It 11 est imPortant de se mettre ïui n’ont n, ,lUr , expressions chaud et froid, do désigQe?„- ® vafonr relative. Nous proposons pratiqae : Sl ^ue nous fo faisons dans notre

L’eau de ^ à

~~ de i2« a SOus nom de très froide.

~~ — de froide.

L’eau de 16° à 20° sous

— de 20° à 26° —

— de 26° a 30° —

— de 30» à 40» —

Au-dessus de 40° —

nom de fraîche.

— de dégourdie.

— de tempérée ou

tiède.

— de chaude.

— de très chaude.

Il est inutile de pousser plus loin cette échelle, car la plus haute température que l’homme, supporte habituellement dans les bains de vapeur ne dépasse pas 50°. Je fais rarement usage d’eau audessus de 8°. Quand un grand froid est nécessaire, soit pour amener un abaissement local ou général de température, soit pour déterminer certaines actions réflexes, j’emploie de préférence la glace concassée, contenue dans des sacs en caoutchouc à fermeture hermétique.

Action de l’eau chaude. — De diverses expériences on peut admettre la température de 36° comme celle de la ligne neutre, c’est-à-dire le point auquel la température propre n’est pas modifiée par le contact de la peau. A celte température, il y a encore, au moment du contact, une sensation de chaleur qui tient en partie à ce que la peau et les membres sont presque toujours à une température inférieure à celle des parties internes.

L’eau paraît chaude quand sa température est au-dessus de la partie touchée. Quand on fait intervenir graduellement la chaleur, on parvient à faire tolérer par la peau une chaleur excessive, 50° par exemple, sans qu’il y ait impression pénible. Quand la température de l’eau chaude est à peine au-dessus de la ligne neutre, la sensibilité tactile augmente; une plus haute température l’émousse et fait éprouver à la peau des modifications qui diminuent sa sensibilité à l’action d’une température plus basse.

Une chaleur plus élevée que celle du corps augmente la température propre ; c’est un fait indiscutable, mais je n’ai jamais vu la température prise sous la langue s’élever de plus de \ degré.

Dans un milieu d’air chaud et sec, les mouvements respiratoires sont plus rares que dans l’air froid.

Une chaleur humide , au contraire, accélère ces mouvements: mais l’accélération de la respiration n’entraîne pas une augmentation des phénomènes chimiques, car la proportion d’acide carbonique exhalé s’abaisse avec l’élévation de la température.

La chaleur, sous quelque forme qu’elle agisse, accélère les battements du cœur; leur fréquence diminue au moment où la transpiration s’établit et lorsqu il y a tendance à la syncope. Sur les capillaires de la peau, l’eau chaude, brusquement appliquée, produit tout d’abord une légère contraction, bientôt suivie d’une stagnation bien apparente du liquide sanguin dans ces vaisseaux. Enfin l’accélération de la circulation produite par le calorique peut amener des congestions dans les organes internes, et notamment dans les centres nerveux.

En général, une chaleur modérée augmente l’irritabilité musculaire ; une chaleur très élevée, au contraire, la diminue, amoindrit la force des muscles et produit de la fatigue.

Le bain de 40 à 45° amène habituellement au bout

HYD

de cinq à quinze minutes la pesanteur de tête, la somnolence, l’étourdissement et quelquefois des accidents plus sérieux. Lorsque la température est voisine de celle de la chaleur propre, elle diminue l’excitabilité nerveuse. A une température plus élevée, elle exerce également une action sédative pourvu que l’application soit de courte durée.

Action de l’eau froide. — Elle est d’autant plus sensible qu’elle est renouvelée avec rapidité. Le froid vif produit tout d’abord une impression douloureuse qui augmente jusqu’à ce qu’il se produise une insensibilité qui persiste même quelque temps après la cessation de l’application du froid. Quand l’eau est projetée sur le corps, la sensation produite est très vive si le liquide est très divisé et si sa force de projection est peu considérable, elle est moins prononcée si l’eau n’est pas divisée et si elle détermine un choc violent. La tolérance pour le. froichqui s’établit progressivement après la première impression, s’explique par la diminution de la conductibilité des impressions, par suite de l’abaissement de la température des nerfs, fait mis en relief par les belles expériences d’Helmholtz.

Le froid appliqué sur tout l’ensemble du corps, en immersion par exemple, abaisse la chaleur propre. Cet abaissement ne peut dépasser certaines limites. Cuvier cite une expérience dans laquelle un homme sain et robuste, dont la température fut abaissée jusqu’à 29°44 centièmes, et qui fut à ce moment en danger de mort. Ce degré exprime donc la température minima à laquelle l’homme puisse être amené; mais localement cette limite peut être dépassée considérablement. On voit donc que la tolérance de l’organisme pour le froid dépend de la durée de l’application, de la forme sous laquelle elle a lieu et de l’étendue de la région exposée au refroidissement.

Enfin, j’ajouterai que l’eau froide en boisson a aussi une influence sur la température du corps.

Sous l’influence du froid, l’activité des combustions respiratoires augmente , et cela d’autant plus que le froid est plus considérable. Toutefois, il ne faut pas en conclure qu’il y ait accélération des mouvements respiratoires ; ceux-ci sont ralentis en effet dans le bain froid, mais les respirations sont plus amples et plus profondes.

Si la chaleur accélère lu circulation , le froid, au contraire, la ralentit et le pouls, dans un bain froid, ralentit toujours de fréquence. Au début de l’application, les battements du cœur sont accélérés ; mais bientôt ils diminuent, et cela d’autant plus que la . température de l’eau est plus basse.

Ce double effet est dû à une action réflexe et ne se produit généralement que sous l’influence d’une application générale. L’eau froide administrée en boisson a la même action sur le pouls qui peut baisser de 15 pulsations.

La pâleur de la peau qui se produit sous l’influence du froid indique qu’il y a contraction des capillaires.

Si le froid continue d’agir, la pâleur cesse et fait place à de la rougeur qui indique une stagnation du sang dans les vaisseaux.

Le froid diminue la contractilité musculaire et l’anéantit lorsqu’il est exagéré.

Il agit sur le système nerveux de deux façons • :

par impression sur les nerfs sensitifs de la peau et par la soustraction de calorique qu’il produit dans l’économie. L’impression sur les nerfs sensitifs de la peau provoque dans le reste du corps des actions réflexes dont l’intensite est en rapport avec l’excitabilité individuelle et l’état du système nerveux. Cette production d’action réflexe a été bien démontrée par les expériences d’Edwards, ainsi que parcelles de Brown-Sequard et de Tholozan. Le système nerveux présidant à tous les actes de l’économie, à ceux de la vie animale comme à ceux de la vie végétative, on comprend facilement qu’un ébranlement nerveux comme celui que produit le froid doit se manifester dans les différents organes en modifiant leur fonctionnement.

En somme, quel que soit le mode d’application du froid, le premier effet qui se manifeste est une sensation de refoulement des liquides à l’intérieur du corps accompagnée de suffocation et de gêne dans la respiration. La peau se décolore rapidement par suite de la contraction des capillaires. Cette contraction s’étend à tous les muscles et produit successivement la chair de poule, le frisson, le tremblement des membres, le claquement des dents, la constriction des muscles de la mâchoire. Les mamelonsse dressent, les testicules remontent vers le haut; puis l’action s’étendant aux muscles de la vie végétative produit parfois la contraction de la vessie et l’émission involontaire de l’urine. Le pouls devient serré, petit, dur. A cette sorte d’excitation générale succède une période de calme. Mais si l’action du froid est prolongée, on voit de nouveau apparaître un frissonnement général . appelé second frisson. L’apparition de ce phénomène indique que le froid prend le dessus dans la lutte entre les forces organiques et l’agent physique extérieur, qu’il y a peut être danger à continuer l’action du froid et que, dans tous les cas, le retour de l’organisme à l’état normal sera lent et difficile, effet que , d’ailleurs on recherche quelquefois. Si l’on n’a pas poussé jusqu’à ce point on observe la série dephénomènes appelée réaction.

La réaction n’est rien autre fchose que la mise en action involontaire de tous les moyens que l’or- . ganisme a à sa disposition pour neutraliser les effets du froid. Une sensation agréable de chaleur commence à parcourir les membres, une vive rougeur se manifeste à la peau qui est en ce moment presque insensible au toucher. La respiration devient large et facile, la circulation s’accélère, leS battements de cœur augmentent d’intensité, Ie® muscles acquièrent de la force, le patient ressent plus de facilité, de souplesse et d’énergie dans tous les organes qu’avant l’application de l’eau froide- Le thermomètre indique dans un grand nombre de cas une température supérieure qui ne tarde pa& à redescendre au degré qu’elle avait avant l’aP' plication. La réaction est favorisée par un exercice modéré et par l’élévation de la température du milieu dans lequel elle se fait. On peut la faciliter par les frictions et le massage.

Mais il est important de se rappeler que la réaÇ' tion n’est pas, comme l’ont pensé certains Prat.r' ciens, le but de l’application hydrothérapique, mal

f ljn moyen. Souvent meme il faut éviter seulemfnn ou tout au moins la modérer ; les reac- | la reaction pouvant dans certaines maladies

transpiration avant l’application froide < Ld« être une contre-indication pourvu que cet DtatdePsueur ne soit pas accompagné d’une trop

g-deiS; et procédés opératoires employés Levhvd?othérapie sont nombreux, mais ils seront Par its à leurs noms dans cet ouvrage. Je renvoie f lP lecteur aux mots: Ablution. y, Affusions, BaL%inturehumide’ ComPresses’ huches, Étuve,

M Eüets ^thérapeutiques de l’hydrothérapie. - To <Jnis mentionner tout d’abord l’action hygiémp de l’hydrothérapie. Cette médication entrent la peau dans un état coiîstant de fonctionnement préserve l’organisme de tous les accidents mii peuvent résulter de la perte ou du trouble des fonctions d’un organe important. Les effets thérapeutiques sont : primitifs ou directs, et consécutifs ou indirects. n . , .

Les premiers comprennent des effets antiphlogistiques, des effets sédatifs et des effets excitants, les deuxièmes comprennent des effets toniques ou reconstituants, des effets spoliateurs dépuratifs et des effets résolutifs altérants.

Effets antiphlogistiques.— Ce sont les premiers qu’on ait demandé à l’hydrothérapie qui peut arrêter dès le début le développement d’un processus inflammatoire et le faire avorter. Le maillot sec, le maillot humide, l’étuve sèche suivie d’une douche froide et courte, ou d’une application de drap mouillé, peuvent faire avorter une bronchite, une angine ou toute autre inflammation viscérale. Mais quand l’inflammation est avancée il faut se borner à aider la nature à produire la résolution : ainsi dans les cas d’inflammation successive à un traumatisme, les compresses froides souvent renouvelées, les applications de glace pilée ou l’irrigation continue, apaisent ou empêchent les manifestations inflammatoires. Empêcher toute réaction, tel est le principe de la médication antiphlogistique. Les compresses seront donc peu tordues et renouvelées es quelles commenceront à s’échauffer. Dans le dîtn‘ma^Sme’ *e a une action complexe : il se nsT 6 sensibilité et la douleur, il enlève la

porte 10D ;îde c^eur souvent si pénible à sup-

par «yv produit le spasme des capillaires et, ties ru r la rétroPulsion du sang dans les parmorr>n ° ?ndes > c’est-à-dire la suppression de l’hé-

Dansgr eî la déPlétion des tissus.

que le rh6S ln?ammations de cause interne telles c°mnre«Umif ls-me’ les aPPÜcations continuées de ont donn^u °*d?s’ ie maillot humide renouvelé, mie, la néef -rdsultats surPrenants. La pneunoviscérales <! °tmte et Ja, PiuPart des inflammations Passes fmin 6te ^aitces avec succès par les comnaais cW «, le humide ou la glace ;

que .ces Ut Per>dant la période prodromique

. Dans 5°£ns sont efficaces.

éruptives ip re typhoïde et dans quelques fièvres P°ur obtenir. aPPllcati°ns froides sont employées e soustraction de chaleur et un

lentissement du pouls. Dans les lièvres éruptives, elles diminuent le sentiment de cuisson et de démangeaison à la peau et peuvent préserver les viscères et le cerveau 'en particulier de ces actions réflexes morbides que développe l’irritation maladive de la surface cutanée.

On peut enfin par l’application du maillot humide prolongée jusqu’à la sudation ou par celle du maillot sec,’ faire réapparaître une éruption rentrée.

Effets sédatifs.— Ils sont obtenus par des applications d’eau froide longues et sans percussion. C’est à l’immersion qu’on a généralement recours ; mais les immersions prolongées ne peuvent pas être supportées par tout le monde ; chez certains malades, elles éveillent des douleurs intolérables. Dans ce cas, on aura recours aux immersions avec natation, ou bien aux affusions, aux lotions avec de l’eau tempérée.

Dans certain cas, on n’obtient d’effets sédatifs qu’après avoir combattu l’excitabilité maladive générale du sujet, et la sédation n’est plus que le résultat final d’un traitement hydrothérapique long et bien conduit ; c’est une sédation indirecte.

Si pour obtenir la sédation générale les difficultés sont quelquefois grandes, il est plus facile de produire un effet sédatif sur un organe ou une fonction. La glace, les compresses froides, l’irrigation continue sont les agents les plus puissants de ce cas.

Effets excitants.— Ils ontleur emploi évidemment indiqué dans l’anémie ou dans les maladies nerveuses qui résultent d’une perversion fonctionnelle du système nerveux dépendant de la privation ou de la faiblesse de son stimulus physiologique. Dans ce cas les agents de tonicité constituent la médication névrosthénique.

Les procédés choisis de préférence sont ceux qui provoquent la réaction. C’est surtout aux douches qu’il faut recourir et spécialement à la douche .froide en jet mobile. On reproche à la douche mobile, tout en lui reconnaissant de grands avantages, de produire des effets trop excitants ; mais ce reproche s’adresse moins à la douche elle-même qu’à la façon dont elle est appliquée ; c’est à l’opérateur d’en régler l’action. Pour obtenir une excitation forte la douche sera froide, courte et vivement appliquée ; pour l’obtenir légère, la douche sera moins froide, moins percutante et plus prolongée.

C’est aux effets excitants que l’hydrothérapie est redevable de ses plus beaux résultats. Le plus intéressant des effets excitants spéciaux produit par l’hydrothérapie et l’effet excito-moteur dans lequel l’impression ressentie à la peau, provoque dans d’autres parties de l’organisme des actions réflexes se traduisant par un mouvement.

De son point de départ à son point d’arrivée, l’impression parcourt un arc que l’on appelle, à raison des effets produits, arc excito-moteur.

Pour agir sur une fonction ou un organe déterminé, il faut donc opérer sur la région de la peau la plus disposée par ses sympathies nerveuses à provoquer l’action réflexe recherchée dans cet organe ou cette fonction. C’est une question de pratique difficile et qui ne sera bien résolue que lorsque

la physiologie aura établi la topographie des actions réflexes.

L’effet excito-moteur a son indication marquée dans plusieurs paralysies du sentiment ou du mouvement, dans certains troubles des nerfs vaso-moteurs et des nerfs qui dépendent du grand sympathique, dans les congestions viscérales qui sont dues à l’atonie vasculaire, etc.

Effets révulsifs. — Ils provoquent en une région donnée de la surface cutanée une irritation thérapeutique capable de contrebalancer ou de détruire une véritable irritation morbide située dans une autre région de l’organisme ayant avec la première des relations bien établies.

L’hydrotérapie agit à la fois localement en produisant une action spéciale dans un point donné, et généralement en amenant dans tout l’organisme des modifications physiologiques.

Les douches froides générales ou locales peuvent suffire à produire ces effets, mais le plus souvent il est préférable de faire précéder l’application froide d’une application de calorique et, dans ce cas, je ne saurais trop insister sur les services que peut rendre la douche écossaise.

Effets sudorifiques.— Au moyen du calorique on peut produire la transpiration à tous les degrés. En y associant l’eau froide on excite les nerfs, les vaisseaux et les glandes de la peau et par conséquent on facilite le fonctionnement de celle-ci.

Provoquer la sueur me paraît inutile dans les maladies à fond anémique ; au contraire dans les états dyscrasiques les pertes provoquées par la sueur appellent dés réparations et il en résulte un mouvement d’assimilation qui, combiné avec une alimentation et une médication appropriée, agit de là manière la plus favorable.

Effets hygiéniques.— L’hydrothérapie est regardée ajuste titre comme un agent hygiénique de premier ordre ayant pour effet de réguraliser les fonctions de l’économie et de maintenir leur intégrité. Par son intervention opportune, elle protège l’organisme contre les maladies sporadiques ou épidémiques qui peuvent l’atteindre. Elle entretient la souplesse desmuscles etrégularise l’action du système nerveux. Elle exer.ee par suite une influence des plus salutaires sur le moral lui-même. Appliquée durant l’été, l’eau froide tonifie l’organisme et aide à supporter les déperditions causées par la chaleur ; pendant l’hiver, elle active les combustions internes, maintient la calorification en équilibre et met l’organisme en état de résister aux influences extérieures.

En général, avant toute application hydrothérapique, le malade doit être à jeun, cependant il n’y a pas inconvénient à prendre avant la douche un léger potage. Il doit avoir chaud, mais il ne faut pas que la transpiration ait refroidi les téguments. L’heure la plus favorable est sans contredit l’heure du lever.

Jusqu’à l’âge de 5, 6 ou 7 ans, les lotions ou immersions très froides sont généralement mauvaises, une eau modérément froide, 18, 20 ou 25°, convient mieux. Plus tard, il est bon de soumettre l’enfant à des applications froides courtes suivies de frictions, d’exercices à pied. On développera ainsi leur sys¬

tème musculaire et on s’opposera à l’apparition du lymphatisme. On pourra aussi combattre efficace ; ment ces incontinences d’urine si fréquentes dans ! le jeune âge et qui sont souvent le prélude de né vroses difficiles à déraciner.

Dans la période entre 12 et 18 ans, il serait à souhaiter que l’hydrothérapie comme la gymnas.

tique fut employée pour. concourir à l’éducation

physique.

Enfin, dans l’âge mur, les pratiques hydrothérapiques doivent être subordonnées à chaque constitution.

En général, les femmes sont douées d’une plus grande impressionnabilité que les hommes. Leur vie sédentaire, la fonction menstruelle, la grossesse et l’allaitement, bouleversent tour à tour leur organisme ; chez elle le système nerveux est prépondérant, aussi l’hydrothérapie trouve naturellement son application, pourvu qu’elle soit faite avec discernement.

L’hydrothérapie favorise en général l’apparition des règles, aussi est-elle indiquée chez les jeunes filles à l’époque de la puberté.

En se plaçant au point de vue de l’hygiène, on peut dire que l’eau froide est inutile pendant les règles, sauf pour remédier à certains troubles de la menstruation; mais il est nécessaire d’ajouter que appliquée avec discernement, elle ne peut occasionner aucun accident. À l’âge de la ménopause, il faudra conseiller à la femme certaines pratiques hydrothérapiques et, en particulier, la douche générale, qui, en donnant à la peau une certaine sensibilité fonctionnelle, sera susceptible de remplacer, dans de certaines limites', la grande fonction qui va disparaître.

Une femme enceinte peut-elle être soumise aux applications froides ? Si aucune indication spéciale ne se présente, je orois qu’on doit s’abstenir. Mais je suis loin de penser que l’état de grossesse soit une contre-indication à l’hydrothérapie, si des accidents sérieux en réclament l’emploi. Pendant la période de lactation un seul accident est possible, c’est le retour des règles. On devra donc donner la douche en conséquence en évitant le bassin et les membres inférieurs.

Conditions d’un bon traitement hydrothérapique.

— Il existe des états pathologiques qui sont justiciables de l’hydrothérapie en général, et contre lesquels certaines pratiques échouent. Contre la chloroanémie, par exemple, l’hydrothérapie est indiquée, mais si la malade est sujette à des hémorrhagies, certaines pratiques, telles que la douche sur le basventre et le rein, seront contre-indiquées. Cette question de pratique est très utile à signaler et. c’est parce qu’elle n’est pas encore suffisamment vulgarisée qu’on hésite encore à recourir à l’hydrothérapie dans des circonstances où cette méthode pourrait rendre de grands services.

L’hydrothérapie est la médication des maladies chroniques, et elle ne convient qu’exceptionnellement aux maladies aiguës. *1

Maladies dans lesquelles l’hydrothérapie est inutile ou peut être nuisible. — En principe comme en fait, les maladies caractérisées par le développe' ment de produits hétéromorphes dans les tissus?

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à la médication hydrothérapique, qui peut C’est surtout dans les maladies du système nerjésistant dangereuse quand ces produits siè- veux qu’il faut agir, au début, avec prudence et ré-

memH ns des organes importants, comme le pou- serve. Que de gens on prive des bienfaits de l’hy-

Sent cerveau, lé cœur. drothérapie èn commençant par une douche trop

m0n’ t itement hydrothérapique est aussi inutile froide !

U ia plupart des maladies cutanées qui tiennent Lorsqu’il faut agir contre des phénomènes douprésence d’un parasite ou à un état dialhé- ' loureiix, névralgiques, on aura recours à l’intera- jamais il est utile contre celles qui dépendent venlion simultanée du calorique et du froid, la dou-

iv^n trouble fonctionnel du système nerveux et du che écossaise, par exemple, ou, si le malade ne

"ieau capillaire de la peau. peut être porté à la salle de douches, Je maillot suivi

Maladies qui sont justiciables de l’hydrothérapie, d’applications froides.

il est des maladies dont elle modifie certains Si on se trouve en présence d’une ménorrhagie, symptômes sans pourtant avoir d’influence sur la on peut commencer le traitement par les douches

nature de l’affection. Ainsi elle peut arrêter des froides, sur la partie supérieure du corps, les bains

yomissements' chez les personnes atteintes d’un de pied froids; mais s’il n’y apas urgence, il vaudra

cancer de l’estomac, modifier certains troubles de mieux attendre la fin de l’hémorrhagie, la sensibilité et du mouvement dans les lésions or- La cure hydrothérapique peut être faite à toutes ganiques du cerveau et de la moelle épinière. les époques de l’année, si le traitement est fait dans

. Il est des maladies qui, sans être guéries par l’hy- une salle convenablement chauffée et aérée. Mais

drothérapie, sont très atténuées par elle; ce sont un temps froid et sec l’emporte sur une tempéra-

celles caractérisées par fine altération spéciale du ture atmosphérique élevée, sang et des tissus* telle qu’on la rencontre dans la Les malades délicats ou ayant une certaine susgôutte, le rhumatisme, l’herpétisme, la scrofule, ceptibilité pulmonaire ne devront pas commencer l’albuminurie, le diabète, dans quelques intoxica- le traitement en hiver, mais pourront le continuer fions et dans les lésions organiques qui ne modifient dans cette saison s’ils y sont accoutumés, pas sensiblement les éléments histologiques. Le traitement par un temps froid convient spécia-

L’hydrothérapie peut guérir toutes les affections lement aux malades faibles et excitables ; le temps

sans lésions organiques qui procèdent de change- chaud aux personnes qui se réchauffent mal. ments non spécifiques des éléments organiques. • Les affections nerveuses présentent des exacer- Telles sont: 1 anémie, la chlorose, les maladies chro- bâtions en automne et au printemps; c’est donc à

niques à' forme asthénique et les affections carac- ce moment qu’il faudra essayer de lutter contre

térisées par un trouble dans le fonclionnèment des leur apparition en commençant quinze ou vingt

divers appareils ou des divers systèmes de l’éco- jours avant l’époque présumée. Si l’on n’arrête pas

nomie. C’est surtout contre les névroses que rhy7. la crise, on aide du moins le malade à la traverser,

rotherapie remporte, ses plus beaux et plus légi- L’hydrothérapie faite a domicile n’a pas la même unes succès. puissance que celle faite dans un établissement

omment, °u, et quand faudra-t-il appliquer l’hy- uniquement consacré à ce genre de traitement ;

°, ‘ QuaQd on a décidé de soumettre un mais elle peut néanmoins rendre de réels services

chm«. 6 a UQ ^rait?ment’ il importe avant tout de à la condition que son application soit dirigée par

à la =r Un aPProPrié à la nature du mal et un médecin expérimenté.

^jasceptibilité des malades.. Souvent, pour guérir, le malade doit fuir le mi-

flammatin ' ^ Par efemP^e’ ^re avorter une in- lieu dans lequel la maladie s’est développée, il doit

phloeistifrna at*fiue’ c’est à la médication anti- même abandonner sa famille et rompre avec ses

n®contrer *au?ra s’adresser. Mais on peut habitudes s’il veut se placer dans les meilleures r°xysme tpl6S *e ma*a?e est dans un pa- conditions de guérison. Toutes les conditions re-

des effets séd^rr n ie Pr°duire immédiatement quises pour un traitement qui doit être à la fois

piscines ternir ' * *aut a^rs av.°jr recours aux physique et moral, il les trouvera dans les établirait, si cela ét6^’ ^ a^us‘(?ns ^^es. On P?ur- sements hydrothérapiques. D’un côté, l’action des

par une annlicr Uf- terminer l’affusion tiède appareils et des méthodes variées; de l’autre, l’in-

c°urte durée a 10n *ro^e’ sans percussion et de fluence du médecin qui voit le malade tous les

Si l’on veut nht • jours, surtout dans les moments de crise,

une réaction i- eiÎY ^.n eael excitant et. provoquer La médication hydrothérapique ne peut porter ladie et.au maladi* nr convenir à la ma- ses fruits qu’à la condition d’une grande régularité

qualités du malade* a *aul Se ren(lre compte des et d’une grande persistance. Elle s’adresse, en effet,

aeoré d’excitabilité5 de Sa, „ce ,de résistance et du plutôt à l’état constitutionnel morbide qu’aux symp-

hans son organismo^p6 < , °^ Peut provoquer tômes qui caractérisent le mal. La durée du traite-

îu après avoir inte ’ a*!?- at n? Peut être atteint ment dépend donc à la fois de la nature de l’affec-

ehter un essa- 1 économie. On devra donc tion et de l’énergie du malade,

caction se produit ®av011* avec quelle rapidité la II faudra bien sé garder de le surprendre si, au ua^-iappi,écier l’influ ^ue^e e8t sa durée et pour début, les troubles fonctionnels augmentent ou

ess • °.rganiques et ace, ^'eau froide sur les ap- sont remplacés par des phénomènes morbides d’un

frofa doit Se ^aire üar UI> 16 s^®,,èlYe nerveux. Cet autre ordre. Ces perturbations ne présentent aucune

prov îui n’éveille aPPlication modérément gravité et sont parfois nécessaires.

°îue pas de fatigu Une ^®re réaction et ne Les effets de l’hydrothérapie se manifestent souvent dans les cours du traitement, mais quelque-

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fois ne se produisent qu’après sa cessation. Semblable en ce point au traitement par les eaux, il se complète et s’accentue souvent après la cessation de la médication. C’est parce que je suis bien convaincu de ce fait que chez les gens nerveux, par exemple, je fais à un moment donné suspendre tout moyen curatif. Il m’a été permis en- agissant ainsi de voir la guérison survenir fréquemment dans un court délai.

Quand les malades ont besoin d’être entraînés, il est bon de faire un traitement non interrompu. C’est par la continuité d’action que le traitement agit en ce cas. Il est cependant des malades qu’une longue crise excite ou fatigue. C’est le médecin seul qui devra juger dans ces cas de l’opportunité d’une interruption dans le traitement. Dr beni-barde.

HYDROTORAX. - (V. Pleurésie.)

HYGIÈNE. — Avec notre grand hygiéniste Bouchardat, nous définirons l’hygiène, cette partie des sciences médicales qui a pour but d’étudier les moyens de conserver et de perfectionner la santé de l’homme. On donne le nom d 'hygiène privée à l’ensemble des connaissances qui s’appliquent à l’individu pris isolément, et celui d 'hygiène publique aux règles ou préceptes qui s’appliquent aux agglomérations d’hommes.

Hygiène privée. — L’hygiène privée étudie : 1° les circunfusa, c’est-à-dire les choses qui environnent le corps de l’homme : l’air, la terre, la lumière, la chaleur, le froid, les saisons, les climats ; — 2° les applicata, c’est-à-dire les choses qui sont appliquées à l’extérieur du corps de l’homme : les vêtements, tout ce qui concerne le coucher, les bains, les cosmétiques, les parfums et tout ce qui concerne les soins de propreté ; — 3° les ingesta, c’està-dire les choses qui sont introduites dans le corps de l’homme pour son alimentation ; — 4° les excreta, c’est-à-dire les différentes matières qui sont éliminées du corps de l’homme par la peau, les reins, les poumons, le tube digestif, les diverses glandes, etc. ; — 3° les gesta, c’est-à-dire les actions volontaires diverses des muscles et des divers organes : exercice, marche, course, entrainement, gymnastique, veille, sommeil, etc. ; — 6° les percepta, c’est-à-dire les' sensations, les facultés intellectuelles, le rapport du physique et du moral, etc.

Hygiène publique. — L’hygiène publique, qui généralise l’hygiène privée, étudie l’ensemble des connaissances nécessaires pour conserver et améliorer la santé et le bien-être des populations, c’est-àdire : la climatologie, la démographie, la statistique médicale, la salubrité, les établissements incommodes, insalubres et dangereux, les professions, les industries, les endémies, les épidémies, les épizooties, les maladies contagieuses, l’assistance publique, la législation sanitaire, etc.

On voit, d’après ce simple exposé, combien est immense le champ de l’hygiène et combien est juste cette phrase du grand ministre Paul Bert, notre illustre Maître : « C’est par l’hygiène surtout que la médecine tient une grandè place dans la société. »

Organisation et législation de l’hygiene publiqUe

— L’organisation de l’hygiène publique en France comprend : 1° Le Conseil d’hygiène publique

2° le Conseil d'hygiène et de salubrité du département de la Seine ; - 3* le Comité consultatif hygiène publique de France.

§ i«. — Institution des Conseils d’hygiène publique

— Arrête du 18 décembre 1848. — Titre 1er. — Des titutions d’hygiène publique et de leur organisation : J

ArT- pans chaque arrondissement, il y aura un conseil d’hygiène publique et de salubrité.

Le nombre des membres de ce conseil sera de sept au moins et de quinze au plus.

Un tableau dressé par le ministre de l’agriculture et du commerce réglera le- nombre des membres et le mode de composition de chaque conseil.

Art. 2. — Les membres du conseil d’hygiène d’arrondissement seront nommés pour quatre ans par le préfet, et renouvelés par moitié tous les deux ans.

Art. 3. — Des commissions d’hygiène publique pourront être instituées dans les chefs-lieux de canton par un arrêté spécial du préfet, après avoir consulté le conseil d’arrondissement.

Art. 4. — Il y aura au chef-lieu delà préfecture un conseil d'hygiène publique et de salubrité du département.

Les membres de ce conseil seront nommés pour quatre ans par le préfet et renouvelés par moitié tous les deux ans.

Un tableau dressé par le ministre de l’agriculture et du 1 commerce réglera le nombre des membres et le mode de composition de chaque conseil.

Ce nombre sera de sept au moins et de quinze au plus.

Il réunira les attributions des conseils d’hygiène d’arrondissement aux attributions particulières qui sont énumérées a l’article 12.

Art. 5. — Les conseils d’hygiène et les commissions se réuniront au moins une fois tous les trois mois, et chaque fois qu’ils seront convoqués par l’autorité.

Art. 6. — Les conseils d’hvgiène seront présidés par le préfet ou le sous-préfet, et les commissions de canton par 1® maire du chef-lieu.

Chaque conseil élira un vice-président et un secrétaire, qui seront renouvelés tous les deux ans.

Art. 7. — Les membres des commissions d’hygiène de eauton pourront être appelés aux séances du conseil d’hygiène d’arrondissement; ils ont voix consultative.

Art. 8. — Tout membre des conseils ou des commissions r, de canton qui, sans motifs d’excuses approuvées par le préfet, aura manqué de se rendre à trois convocations consécutives, sera considéré comme démissionnaire.

Titre 11, — Attributions des conseils et des commis?,oiiis -i d'hygiène publique.

Art. 9. — Les conseils d’hygiène d’arrondissement sont, chargés de l’examen des questions relatives à l’hygiène pu* blique de l’arrondissement, qui leur seront -envoyées par 1® préfet ou le sous-préfet. Ils peuvent être spécialement consultés sur les objets suivants :

4° L’assainissement des localités et des habitations ;

2° Les mesures à. prendre pour prévenir et combattre 1®S maladies endémiques, épidémiques et transmissibles ;

3° Les épizooties et les maladies des animaux ;

4° La propagation de la vaccine ;

5° L’organisation et la distribution des secours médicaux, ; aux malades indigents ;

6° Les moyens d’améliorer les conditions sanitaires des populations industrielles et agricoles ;

7° La salubrité des ateliers, écoles, hôpitaux, maisons d’aliénés, établissements de bienfaisance, casernes, arsenaux, prisons, dépôts de mendicité, asiles, etc., etc. ; - 9

8" Les questions relatives aux enfauts trouvés ;

9° La qualité des aliments, boissons, condiments et médica7 monts livrés au commerce ;

10° L'amélioration des établissements d’eaux minérales appartenant a l’État, aux départements, aux communes et aux particuliers, et les moyens d’en rendre l’usage accessible aux malades pauvres ;

11» Les demandes en autorisation, translation ou révocation des établissements dangereux, insalubres ou incommodes ;

12° Les grands travaux d’utilité publique, constructions d’édifices, écoles, prisons, casernes, ports, canaux, réservoirs, fontaines, halles, établissement des marchés, abattoirs, égouts, cimetières, la voirie, etc,, etc., sous le rapport de l’hygiène publique.

Art. 10. — Les conseils d’hygiène publique d’arrondissement réuniront et coordonneront les documents relatifs à la mortalité et b ses causes, à la topographie et à la statistique de l’arrondissement, en ce qui touche la salubrité publique.

Ils adresseront régulièrement ces pièces au préfet qui en transmettra une copie au ministre de l’agriculture et du commerce.

. Art. 11. — Les travaux des conseils d’arrondissement seront envoyés au préfet!

Art. 12. — Le conseil d’hygiène publique -et de salubrité ■du département aura pour mission de donner son avis :

1° Sur toutes les questions d’hygiène publique qui lui seront envoyées par le préfet ;

2° Sur les questions communes à plusieurs arrondissements ou relatives au département tout entier.

Il sera chargé de centraliser et de coordonner, sur le renvoi du préfet, les travaux des conseils d’arrondissement.

Il fera chaque année au préfet un rapport général sur les travaux des conseils d’arrondissement.

Ce rapport sera immédiatement transmis par le préfet, avec les pièces à l’appui, au ministère de l’agriculture et du commerce.

Art. 14. — Paris sera l’objet de dispositions spéciales.

J II. Institution du conseil d’hygiène et de salubrité du département de la Seine. — Décret du 13 décembre. 1831. — Art 1er. — Le Conseil de -salubrité établi près la • préfecture de police conserve son organisation actuelle, il prendra le titre de Conseil d’hygiène publique et de salubrité . du département de la Seine.

La. nomination des membres du Conseil d’hygiène publique 'et de salubrité continuera d’être faite par le préfet de police, et d’être soumise à l’approbation du ministre de l’agriculture ■et du commerce.

Art. 2. — Il sera chargé en cette qualité, et dans tout le ressort de la préfecture de police, des attributions déterminées par les articles 9, 10 et 12 de l’arrêté du 18 décembre

Art. 3. — Il sera établi dans chacun des arrondissements de la ville de Paris, et dans chacun des arrondissements de Sceaux et de Saint-Denis, une commission d’hygiène et de salubrité composée de neuf membres, et présidée à Paris par e maire de l’arrondissement, et dans chacun des arrondissements ruraux par le sous-préfet.

L*s membres de ces commissions sèront nommés par le Préfet de police sur une liste de trois candidats présentés P°ur chaque place par le maire de l’arrondissement, à Paris ; Par les sous-préfets de Sceaux et de Saint-Denis, dans les arrondissements ruraux.

Les candidats seront choisis parmi les habitants notables 6 1 arrondissement Dans chaque commission, il y aura toujours deux médecins au moins, un pharmacien, un vétérinaire reçu dans les écoles spéciales, un architecte, un ingénieur. . u’y a pas de candidats dans ces trois dernières professi°ns, les choix devront porter de préférence sur les mépani- Clens> directeurs d’usines ou de manufactures.

• Les membres des commissions d’hygiène publique du déparement de la Seine sont nommés pour six ans et renouvelés réél tiers *ous *es fieux ans. Les membres sortants peuvent être

s/vt-pq61^ ttabl! p0Ur les trois communes de Saint-Cloud nnlîpp no î- eU.°n’, annexées au ressort de la préfecture de ?rl dW arrCt ? 3 brumaire an JX> ™ émission een- S des E î ^ SalUbrlté’ ** sera !■«*» Par le l*» heu de la S T C°mmunes- et dont le s%e sera au l.eu de la résidence du président. Toutes les dispositions qui précéderont seront, du reste, applicables à cette commission DaTali,p“n rC?TSSi°n d°nt 11 est «ion au dernier Zf ï -J Z precédent et chacune des commis- Pt nn tlf d arrondissement éliront un vice-président

et un secrétaire qui seront renouvelés tous les deux ans.

Le préfet de police pourra, lorsqu’il le jugera utile déléguer un des membres du Conseil d’hygiène publique du département auprès de chacune desdites commissions, pour prendre part k ses délibérations avec voix consultative

Art. 5 - Les commissions d’hygiène publique et de salubrité se réuniront au moins une fois par mois k la mairie ou au chef-lieu de la sous-préfecture, ou pour ce qui concerne la commission centrale des communes de Saint-Cloud, Sèvreset Meudon, k la mairie de la résidence de son président, et elle seront convoquées extraordinairement toutes les fois que l’exigeront les besoins du service.

Art. 6. .- Les commissions d’hygiène récueilleront toute* les informations qui peuvent intéresser la santé publique dam l’étendue de leur circonscription.

Elles appellent l’attention du préfet de police sur les causes d’insalubrité qui peuvent exister dans leurs arrondissements respectifs, et elles donnent leur avis sur les moyens de les faire disparaître. *

’ Elles peuvent être consultées, d’après l’avis du Conseil d hygiène publique et de salubrité du département, sur les mesures et dans les cas déterminés par l’article 9 de l’arrêté du gouvernement du 18 décembre 1848.

Elles concourent k l’exécution de la loi du 13 avril 1830, relative k l’assainissement des logements insalubres, soit en provoquant, lorsqu’il y a lieu, dans les arrondissements ruraux, la nomination des commissions spéciales qui peuvent être créées par les conseils municipaux en vertu de l’article 1er de ladite loi, soit en signalant aux commissions déjà instituées les logements dont elles auraient reeonnu l’insalubrité.

En cas de maladies épidémiques, elles seront appelées k prendre part k l’exécution des mesures extraordinaires qui peuvent être ordonnées pour combattre les maladies ou pour procurer de prompts secours aux personnes qui en seraient atteintes.

Art. 7. — Les commissions d’hygiène publique et de salubrité réuniront les documents relatifs k la mortalité et k ses causes, k la topographie et k la statistique de l’arrondissement, en ce qui concerne la salubrité.

Ces documents seront transmis au préfet de police et communiqués au Conseil d’hygiène publique, qui est chargé de les coordonner, de les faire compléter, s’il y a lieu, et de les résumer dans des rapports dont la forme et le mode de publication seront ultérieurement déterminés.

Art. 8 — Le Conseil d’hygiène et.de salubrité du. département de la Seine fera, chaque mois, sur l’ensemble de. ses travaux et sur l’ensemble des travaux des commissions d’arrondissement, un rapport général qui .sera transmis par le préfet de police au ministre de l’agriculture et du commerce.

§ III. — Institution du comité consultatif d’hygiène publique de France. — 1° Décret du 10 août 1848. — Art 1er. — Il est établi près du ministère de l’agriculture et du commerce un comité consultatif d’hvgiène publique. Ce comité est chargé de l’étude et de l’examen de toutes les questions qui lui sont renvoyées par le ministre en ce qui concerne :

Les quarantaines et les services qui s’y rattachent;

Les mesures k prendre pour prévenir .et combattre les épidémies, et pour améliorer les conditions sanitaires des populations manufacturières et agricoles;

La propagation de la vaccine;

L’amélioration des établissements thermaux, et les moyens.

d’en rendre l’usage déplus en plus accessible aux malades, couvres ou peu aisés ,

Les titres des candidats aux places de médecins inspecteurs des eaux minérales ;

L’institution et l’organisation des conseils et des commissions de salubrité ,

La police médicale et pharmaceutique ;

La salubrité des ateliers.

Le Comité d’hygiène publique indique au ministre de l’agriculture et du commerce les questions à soumettre a l’Académie nationale de médecine.

Art. 2. — Le Comité consultatif d’hygiène publique est composé de sept membres, dont quatre docteurs en médecine, et d’un secrétaire ayant yoix consultative. Ils sont nommés par le ministre de l’agriculture et du commerce.

En cas de vacance, la nomination sera faite sur une liste de trois candidats, présentée par le comité.

Art. 3. — Les membres du comité se réuniront une fois au moins par semaine, sous la présidence de l’un d’entre eux désigné. par le. ministre. Ils auront droit à des jetons de présence d’une valeur de 15 francs.

Pourront assister, avec voix délibérative, aux séances du comité, pour l’examen des questions relatives aux mesures à prendre contre les maladies pestilentielles :

1° Le chef de la direction commerciale au département des affaires étrangères ;

2° Un des membres du Conseil de santé de la guerre ;

3° L’inspecteur général du Service de santé de la marine ;

4° Un des membres du Conseil d’administration des douanes';

5° Le chef de service de l’administration des postes, chargés de la direction des paquebots.

Art. 4. — Dans tous les cas, le chef de la division du commerce intérieur, et le chef de bureau de la police sanitaire et industrielle, sont autorisés à assister aux délibérations du comité.

Art. 5. — Le Conseil supérieur de santé, institué par l’article 55 de l’ordonnance du 7 août 1832 est supprimé.

2° Décret du 4£r févrïer 1851. — Art. 1er. — Le comité consultatif d’hygiène publique sera composé à l’avenir de neuf membres, dont quatre docteurs en médecine, un ingénieur civil et un architecte. Ils sont nommés par le ministre de l'agriculture et du commerce.

Un secrétaire ayant voix consultative sera attaché ' audit conseil.

En cas de vacance, la nomination des nouveaux membres sera faite sur une liste de trois candidats présentés par le comité.

Le président et le secrétaire sont nommés directement par le ministre.

••Pourront assister avec voix délibérative .aux séances du comité :

1° Le chef de la direction commerciale, au gouvernement des affaires étrangères ;

2° Un des membres du Conseil de santé des armées ;

3“ L’inspecteur général du Service de santé de la marine •

4° Un des membres du Conseil d’administration des douanes ;

5° Le chef de service de l’administration des postes chargé de la direction des paquebots ;

6° Le directeur général de l’administration de l’assistance publique

L’article 2 et le deuxième paragraphe de l’article 3 de l’arrêté du 40 août 1848 sont rapportés.

3° Décret du 23 octobre 1856. — Article 1er. — Le comité consultatif d’hygiène publique, institué près du ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, est chargé de l’étude et de l’examen de toutes les questions qui lui sont renvoyées par le ministre, spécialement en ce qui concerne : les quarantaines et les services qui s’y rattachent • les mesures à prendre pour prévenir et combattre les épidémies et pour améliorer les conditions sanitaires des populations manufacturières et agricoles; la propagation de la- vac¬

cine’ lfatnélioration des établissements thermaux et les moyens

d’en Vendre l’usage de plus en plus accessible aux Wad» pauvres ou peu aisés ; les titres des candidats aux places de médecin inspecteur des eaux minérales ; l’institution et l’ortanisation des conseils et des commissions de salubrité; ia police médicale et pharmaceutique; la salubrité des ateliers Le Comité d’hygiène publique indique au ministère les questions à soumettre a l’Académie impériale de médecine.

Art. 2. — Le Comité consultatif d’hygiène publique est composé de dix membres, dont quatre docteurs en médecine, un ingénieur des ponts et chaussées ou des mines, un architecte ou un chimiste. Un secrétaire ayant voix consultative est attaché au comité. Un auditeur ‘a notre conseil d État peut être attaché au secrétariat du comité.

Art. 3. — Les membres du comité sont nommés par le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics. En cas de vacance, la nomination est faite sur une liste de trois candidats présentés par le comité. Le président et le secrétaire sont nommés directement par le ministre.

Art. 4. — Le comité se réunit une fois au moins par semaine. L’ordre et le mode de ses délibérations sont réglés par des arrêtés du ministre; les membres présents ont droit, pour chaque séance, à des jetons dont la valeur est fixée par arrêté du ministre.

Art. 5. — Les membres du comité ne pourront faire partie, à l’avenir, d’aucun autre conseil ou commission de salubrité ou d’hygiène publique, soit de département, soit d’arrondissement.

Art. 6. — Peuvent assister, avec voix délibérative, aux séances du comité :

4° Le chef de la direction commerciale au département des affaires étrangères;

2° L’inspecteur du service de’santé militaire ;

3° L’inspecteur général du service de santé de la marine1;

4° Un des membres du conseil d’administration des douanes ;

5° Le chef de service de l’administration des postes chargé de la direction des paquebots ;

6° Le directeur de l’administration générale de l’assistance publique;

7° Le secrétaire perpétuel dé l’Académie impériale de médecine.

Art. 7. — Le secrétaire général du ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics et le chef de la division du commerce intérieur assistent également avec voix" délibérative aux séances du comité. Le chef du bureau de la police sanitaire et industrielle y assiste avec voix consultative. Le ministre peut en outre autoriser à assister, avec voix délibérative ou consultative d’une manière permanente ou temporaire aux séances du comité, les fonctionnaires dépendant dé son administration dont les attributions sont en rapport avec les questions de la compétence du comité.

Art. 8. — Les fonctionnaires autorisés en vertu de l’article 6 ci-dessus a assister avec voix délibérative aux séances du comité, participent comme les membres titulaires à la rédaction des listés de candidats à dresser, en cas de vacances, conformément au second paragraphe de l’article 3.

4° Décret du 5 octobre 1879. — Art. 1er. — Le comité, consultatif d hygiène publique, institué près du ministère de l’agriculture et du commerce, est chargé de l’étude et de 1 examen de toutes les questions qui lui sont renvoyées par le ministre, spécialement en ce qui concerne : ' ; I

Les quarantaines et les services qui s’y rattachent ;

Les mesures k prendre pour prévenir et combattre les épi' démies et pour améliorer les conditions sanitaires des populations manufacturières et agricoles •

La propagation de la vaccine •

L’amélioration des établissements thermaux et le moyen d’eir rendre l’usage de plus en plus accessible aux malades pauvres ou peu aisés ;

Les titres des candidats aux places de médecins inspecteurs des eaux minérales ;

L institution de l’organisation des conseils et des commissions de salubrité ;

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La police médicale et pharmaceutique ;

La salubrité des ateliers.

Le comité indique au ministre1 les questions à soumettre à l’Académie de médecine. .

^RT- 2, Le comité consultatif d’hygiène publique est composé de vingt membres. Sont de droit membres du

1» Le directeur des consulats et affaires commerciales au ministère des affaires étrangères ;

2" Le président du Conseil de santé militaire ;

3° D’inspecteur général, président du Conseil supérieur de santé de la marine ;

4» Le directeur général des douanes ;

5° Le directeur de l'administration générale de l’assistance publique ;

6° Le directeur du commerce intérieur au ministère de l’agriculture et du commerce ;

7» L’inspecteur général des services militaires ;

8° L’inspecteur général des écoles vétérinaires ;

9° L’alchitecte inspecteur des services extérieurs du minis- ‘ 1ère de l’agriculture et du commerce.

Le ministre nomme directement les autres membres, dont huit au .moins sont pris parmi les docteurs en médecine.

Art. 3. — Le président, choisi parmi les membres du comité, est nommé pour un an par le ministre.

. Art. 4. — Un. secrétaire, ayant voix consultative, est atta- 6 ché au comité. Il est nommé par le ministre.

Art. 5. — Le ministre peut autoriser à assister, avec voix délibérative ou consultative, d’une manière permanente ou temporaire, aux séances du comité, les fonctionnaires dépendant ou non de son administration et dont les fonctions sont en rapport avec les questions de la compétence du comité.

Art. '6. — Le ministre peut nommer membres honoraires du comité les personnes qui en ont fait partie pendant dix ans au moins.

Les membres honoraires participent aux délibérations du comité, lorsqu’ils y sont spécialement convoqués par le ministre.

Art. 7. — Le comité se réunit en séance ordinaire une fois par semaine.

Art. 8. — Les membres du comité présents aux séances •ordinaires ont droit, pour chaque séance, à des jetons dont la valeur est fixée par arrêté du ministre.

Le secrétaire du comité ne reçoit pas de jetons de présence : il touche une indemnité annuelle qui est fixée par arrêté du ministre. <’

Art. 9. — Les membres du conseil ne pour. o:it faire partie d’aucun autre conseil ou. commission de salubrité ou d’hygiène publique, soit de département, soit d’arrondissement.- Art. 10. — Les décrets susvisés, des 23 octobre 1856, et 5 novembre 1866, sont rapportés. .

Enseignement de l’hygiène. — L’hygiène est enseignée, cela va sans dire, dans toutes les Facultés et Écoles de médecine ; à l’École d’application de médecine et de pharmacie militaire, au Val-de- Urâce; dans les Écoles de médecine navale, et dans les Écoles de médecine vétérinaire.

Un arrêté du 6 mai 1872, signé Jules Simon, a introduit l’enseignement élémentaire de l’hygiène dans les lycées. Cet enseignement, fait autant que possible par le médecin du lycée, est obligatoire Pour les élèves de philosophie et de mathématiques spéciales.

, Les nouveaux programmes d’études pour les Écoles normales primaires , comportent un enseignement spécial de l’hygiène.

La loi du 21 décembre 1880 sur l’enseignement secondaire; des jeunes filles prescrit lenseignement de l’hygièae.

Enfin, dfes conférences d’hygiène sont faites dans nn grand nombre de villes par des professeurs li¬

HYG <5

bres des associations Philotechnique, Polytechnique, de l’Union française de la jeunesse, etc.

Rappelons en terminant que Paris possède à lui seul deux sociétés d’hygiène : 1° la Société française d'hygiène, la première en date, fondée le 7 mai 1877, dont les travaux sont publiés dans le Journal d'hygiène, que dirige notre savant collaborateur le Dr Prosper de Pietra-Santa, secrétaire général de la société ; 2° la Société de médecine publique et d'hygiène professionnelle, fondée le 27 juin 1877, dont des travaux sont publiés dans la Revue d'hygiène sanitaire, que dirige le Dr Vallin, et dans un volume spécial annuel. Toutes deux sont très prospères et contribuent puissâment par leurs travaux aux progrès de l’hygiène. Plusieurs société^ analogues se sont fondées depuis dans un certain nombre de villes de province. Dr Paul labarthe.

HYGROMA.— On désigne sous le nom d ’hygroma l’épançhement séreux oul’hydropisie des bourses séreuses. L’hygromapeut succéder à tous les degrés de l’inflammation, celle-ci- étant ordinairement modérée. Quelquefois aussi on lui voit suivre une marche chronique et ne manifester tardivement son existence que par les effets de l’accumulation trop abondante du liquide.

Dans d’autres cas, l’hygroma.se développe sans cause connue, et c’est alors que plusieurs auteurs font intervenir un simple défaut d’équilibre entre l’exalation et l’absorption qui s’accomplissent sur les parois des bourses séreuses.

L’hygroma a deux sièges de prédilection : la bourse séreuse de l’olécrâne et la bourse pré-rotulienne. Le liquide qu’il renferme est jaune, filant, quelquefois rougeâtre, quelquefois aussi limpide comme la sérosité normale. Il renferme une quantité notabje d’albumine. .

Les parois sont épaissies par la congestion et aussi par la formation de fausses membranes. Parfois cette épaisseur atteint 8, 10 et même 12 millimètres, et les parois revêtent, dans ce cas, tous -les caractères des tissus fibreux ou fibro- cartilagineux.

L’hygroma aigu est caractérisé par une tumeur arrondie, fluctuante, bien : circonscrite, dépassant rarement le volume d’une noix. Tout autour, les parties voisines participent à l’inflammation ; la peau est dure, rouge et douloureuse; la tuméfaction du tissu cellulaire efface en partie le relief de la tumeur et on a alors toutes les apparences d’un phlegmon diffus. Mais ce qui permettra de ne pas le confondre avec - cette dernière affection, c’est la -persistance de la fluctuation sur le point le plus saillant de la tuméfaction, la meme ou elle a été constatée dès le début.

Dans l’hygroma chronique latumeur est beaucoup plus apparente, et n’est le siège d’aucune douleur. Si les parois en sont milices, on perçoit nettement les fluctuations et aussi, une demi-transparence caractéristique. Ces deux signes font nécessairement défaut quand la tumeur est de date ancienne et crue les parois sont considérablement épaissies.

Le traitement, en dehors des antiphlogistiques, de la compression, des vésicatoires, de la teinture d’iode, est essentiellement chirurgical et consiste dans une solution de continuité pratiquée sur les

parois de la poche pour donner issue au liquide et modifier la matière et les parois. Divers procédés ont été mis en pratique.

1° L’écrasement à l’aide des doigts, de manière à rompre les parois et à forcer le liquide à s’extravaser dans le tissu cellulaire où il est facilement résorbé. Ce traitement ne peut s’employer qu’au début, quand les parois sont encore minces et est, du reste, assez infidèle, pour qu’il soit presque abandonné.

2° La ponction est aujourd’hui presque universellement employée, qu’elle soit simple ou suivie d’injection iodée, depuis la découverte de la méthode aspiratrice, car elle ne détermine plus aucun accident redoutable et permet pour ainsi dire d’être assuré de la guérison. . Quand la ponction est simple, il est indispensable d’appliquer après, la compression, pour accoler les parois de la tumeur et empêcher ainsi la formation d’une nouvelle quantité de liquide.

3° Nous ne citerons donc que pour mémoire, l’incision simple , l’excision et l’extirpation qui ne conviennent que pour les hygromas dont les parois sont devenues fibro-cartilagineuses et qui exposent aux accidents les plus redoutables.

Dr Albert Bergeron.

HYMEN. — Nom donné par les anatomistes à une cloison membraneuse très mince et fragile qui se trouve placée à l’entrée de l’orifice du vagin

Fig. 608. — Vulve chez la femme vierge.

9. Membrane hymen. — 1. Mont de Vénus. — 2,2. Face inter des grandes lèvres. — 3. Clitoris. — 4. Face interne des n tites lèvres. — 5. Vestibule. - 6. Méat urinaire. - 7. Orifi de la glande vulvo-vaginale. — 8. Orifice du vagin rétréci n Lia membrane hymen, (9). — 10. Fourchette. — il. Anus.

qu’elle ferme en partie. L’hymen est un repli formé en arrière par la muqueuse vaginale, en avant par la muqueuse vulvaire. 11 renferme dans son épaisseur des vaisseaux et des nerfs qui se rompent au

moment de la défloration et provoquent de la d0u. leur et une légère hémorrhagie: Prima VenUs debet esse cruenia, le premier rapport sexuel doit être sanglant, dit un ancien adage.

Dans certains cas, cependant, cet écoulement sanguin a été assez abondant pour entraîner la mort. Ainsi une jeune femme de vingt ans, parente du docteur Wachsmuth, a succombé la nuit de ses noces, à l’hémorrhagie produite parla .rupture de l’hymen. Il est vrai que cette personne était hémophile.

Si l’hymen est rudimentaire ou très relâché* la consommation de l’acte vénérien peut avoir lieu chez une vierge sans déchirure et , par suite, sans perte de sang. Ces exceptions, assez fréquentes, sont connues depuis longtemps, car

Fig. 609.

Vulve chez la petite fille.

E. Hymen en forme de croissant. - A. Clitoris. — B. Face interne des grandes lèvres. — C. Face interne des petites lèvres. — D. Méat urinaire. — F Orifice du vagin rétréci par la 'membrane hymen, (E). — G. Commissure postérieure de la vulve. — H. Fourchette.

Fig. 610.

Vulve chez ia petite fille..

E. Hymen annulaire avec ouverture centrale.— A. Clitoris. — B. Grandes lèvres.

— C. Petites lèvres. — D. Méat urinaire. — F. Orifice du vagin rétréci par l’hymen, (E). - G. Commissure postérieure de la vulve.

— H. Fourchette.

lorsque la coutume juive voulait que les parents de la mariée montrassent aux anciens de la ville, la chemise de leur fille, où étaient imprimées les marques de sa virginité, les jeunes mariées prenaient la précaution de maculer de sang leur chemise avant d’entrer dans la couche nuptiale.

La douleur produite par la défloration est généralement vive ; aussi, dans l’antiquité, pour étoufer les plaintes de la nouvelle mariée, faisait-on remuer des noix aux enfants dans la chambre des epoux, pendant la première nuit de noces. « Esclave, donne, donne des noix aux gamins, » dit Latulle, dans le chant nuptial de Julie et de Manlius. C’est que, fait remarquer à ce propos 1« ü Garnier, les Romains, très superstitieux et poui lesquels tout était allégorie, voyaient dans la noiî 1 emgme du mariage : il faut en briser la! coque poui

gâtée*1 ^ qU eUe C°ntient Gt Si elle esf ®ain® 0U

Dès que l’hymen a été rompu, les iJnbeaux * cette membrane se rétractent et forment PoU1"

HYO

de l’ anneau vaginal, trois ou quatre petites rïjies muqueuses ou excroissances charnues, que fa anatomistes ont nommé caroncules myrtifrmes, parce qu’ils ont vu une certaine ressemblance avec la fleur du myrte.

T ’hymen offre différentes formes ; les plus fréquentes sont celles d’un croissant (fig. 609) et d’un uneau (fig- 610). Quelquefois cette membrane est hnperforée et s’oppose à l’écoulement du sang des Y jeSi L’intervention du chirurgien est alors nécessaire pour réparer l’oubli de la nature et pratiquer, avec le bistouri, une ouverture artificielle. Cette conformation vicieuse a donné lieu à des erreurs de diagnostic dont l’une des plus curieuses a été rapportée par M. Tillaux dans son Anatomie topographique. « L’imperforation de l’hymen, dit cet auteur, peut déterminer des accidents très graves.

Le sang des règles s’accumule dans le vagin, dans la cavité utérine, qui se distendent peu à peu, et à la fin surviennent de violentes douleurs qui engagent les parents à demander un examen. Dans un cas de ce genre, un confrère appelé trouva une fille de dix-huit ans en proie à des coliques intenses survenues brusquement; le ventre avait le volume de celui d’une femme enceinte de cinq à six mois, et à la vulve se présentait une tumeur violacée du volume d’une orange, faisant saillie entre les grandes lèvres. La malade ne pouvait uriner et et éprouvait de très grandes difficultés à aller à la selle. Notre confrère pensa de prime-abord à un accouchement prématuré et le déclara, ce qui ne surprit pas médiocrement la patiente. Mais l’erreur ne fut pas de longue durée. La malade me fut envoyée de suite à Lariboisière. Une incision cruciale de l’hymen donna issue à un litre et demi de sang noirâtre. La membrane était fort épaisse, comme charnue ».

On croit généralement que la résistance et la dureté de l’hymen augmentent avec l’âge; c’est même une grande préoccupation des personnes qui se marient sur le tard ; mais il n’en est rien, et les membranes cartilagineuses observées par Ambroise . Paré, chez les femmes âgées, ne sont que des cas très exceptionnels.

Ajoutons en terminant que dans le monde on croit généralement què la persistance de l’hymen est une preuve absolue de virginité. C’est là une erreur qu’il est facile du reste de comprendre, d’après ee que nous avons dit plus haut sur l’état quelquefois rudimeritaire ou très relâché de cette membrane (Y. Viol, Virginité). D' G. Witkowski.

HYO-GLOSSE. — Nom donné par les anatomistes à un muscle large, mince et quadrilatère situé sur les parties latérales inférieures de la langue , qui s’insère en bas à l’os hyoïde, en haut aux parties latérales et inférieures de la langue, entre le muscle stylo-giosse et le lingual supérieur. U déprime les bords delà langue, ce qui rétrécit son diamètre transversal, et la ramène aussi en ^arrière (V. Langue ).

HYP 69

dessus des cartilages du larynx. L’os hyoïde est un os impair, dont la forme générale est celle d’un fer à cheval à convexité antérieure. Sa partie moyenne est appelée corps et chaque partie latérale est divisée en deux branches divergentes, l’une supérieure, courte, appelée petite corne; l’autre inférieure, plus longue, appelée grande corne. Il ne s’articule avec aucun os du squelette, et est suspendu dans les parties molles du cou. Il donne attache à quelquesuns des muscles qui se rendent à la langue, p. L.

HYOÏDE. — Nom donné par les anatomistes à un petit os situé à la région antérieure et supérieure du cou, au-dessous de la base de la langue et au-

HYOSCY AMINE. — L’hyoscyamine est un alcaloïde qui s’extrait des semences de la jusquiame (Y. ce mot). A l’état de pureté, ce corps se présente sous la forme de petits cristaux blancs, sans odeur, solubles dans l’eau, mais surtout dans l’alcool et

C’est un narcotique puissant qu’on emploie dans le traitement des maladies- des yeux. L’hyoscyamine agit pour dilater la pupile, comme l’atropine, mais avec une plus grande intensité, seulement son action est plus lente à s’établir. On s en sert également dans certaines affections mentales comme la manie, et pour combattre les névralgies.

HYPERÉMIE. — L’hypérémie est une augmentation de la quantité de sang dans un organe ou un tissu quelconque. Toute congestion et inflammation débute par de l’hypérémie. p. l.

HYPERESTHÉSIE. — L’hyperesthésie est une exagération de la sensibilité de la peau et des muqueuses, qui diffère de la douleur «en ce que, au lieu

de se manifester spontanément comme celle-ci ,

elle ne se révèle que sous l’influence des excitants natures de la sensibilité. L’hyperesthésie est souvent liée à l’existence de certaines maladies de la neau telles que eczéma, érythème, herpes, et. Elle s’observe fréquemment dans ®

ginisme, et dans les névrosés en genernl- EUe co stitue un symptôme fréquent des encephaUtes, des méningites cérébrales et spinales. Enfi yP thésie se rencontre dans 1 anémié et la chlore < , dans les empoisonnements chroniques par le ploi , le tabac, l’opium, etc.

HYPERMÉTROPIE. - (Y. Hyperopsie.) HYPÉROPSIE. -L’hyperopsie qu’onappelleaussi

meme distance, se tonne mème impossibie à vision est alors coafuse j.objet de rju, l’image cette distance. r’est-à-dire sur la rétine,

se forme plus eij> ^ t ’Telles soat ies conditions “ ’a l ’.mH^lleTse’trouvent les yeux hyperapes. ^a déŒâonW^pi'-e nous sem-

ble pas heureuse. Elle signifie, en effet, œil qui est au delà de la mesure/Or, l’œil dit hypermétrope est dans des conditions entièrement opposées; il n’a pas assez de longueur pour réunir les rayons parallèles sur la rétine. Il est donc, en réalité, au-dessous de la mesure, et il conviendrait dé lui donner le nom d ’hypométrope, réservant la dénomination <T hypermétrope à l’œil myope. Le terme de presbytie (œil vieux), est tout à fait impropre, attendu que ce qu’on désigne sous le nom de presbytie ■est un état tout différent de Vhyperopsie. Le nom d ’hyperopsie indique le symptôme le plus important, la faculté de ne distinguer les objets qu’autant qu’ils sont plus loin que la distance .ordinaire de la vision distincte.

L’hyperopsie est produite, ou bien par un raccourcissement de l’axe antéro-postérieur de l’œil, ou par une diminution dans l’indice de réfraction des milieux transparents de l’organe. Il est possible aussi que la cornée soit moins convexe que dans l’œil emmétrope, que ce changement de courbure dépende d’une modification survenue dans la nutrition de cette membrane, ou qu’il résulte de ce que la cornée est moins pressée d’arrière en avant, par suite d’une diminution dans la quantité d’humeur aqueuse et d’humeur vitrée. Les muscles de l’œil paraissent exercer uné certaine influence sur la production de l’hyperopsie. En effet, la contraction de ces muscles contient l’œil dans un état d’allongement déterminé qui favorise l’exercice de la vision des objets placés à une distance ordinaire ; leur paralysie entraîne l’hvperopsie. Ily a donc lieu à se demander si l’hyperopsie, affection bien commune à une période moyenne et avancée de la vie, n’est pasla conséquence d’un affaiblissement dans la tonicité de ces muscles, affaiblissement qui a pour effet de raccourcir le diamètre antéro-postérieur. On ne saurait expliquer autrement l’hÿperopsie qui survient brusquement chez des sujets encore jeunes et même chez des enfants, à la suite d’états morbides graves de l’organisme.

Les sujets atteints d’hyperopsie. ne peuvent distinguer nettement lps petits objets, des caractères d’imprimerie ordinaires, par exemple, lorsqu’ils les placent à la distance delà vision distincte ordinaire Ils sont obligés, pour les voir nettement, d’éloigner le livre. S’ils persistent à lire à la distance ordinaire, ils voient des contours moins nets, parce qu’il se forme sur la rétine des cercles de diffusion, la vue se fatigue promptement, il se développe parfois des douleurs névralgiques sur le trajet de la branche ophthalmique de Willis. Les objets sont, au contraire, vus distinctement; les sujets lisent facilement une inscription éloignée; ils précisent. l’heure à une horloge située à une assez grande distancé.

L’hyperopsie augmente graduellement à mesure que l’individu avance en âge, probablement parce que les conditions -anatomiques inhérentes à l’œil qui produisent cette perturbation de la vision s’exagèrent elles-mêmes. Ilÿ a cependant des exceptions. Ainsi, on rencontre des vieillards qui, après s’être servis de verres convexes très forts, recouvrent, à l’âge de quatre-vingts à quatre-vingt-dix ans, la faculté de lire sans lunettes. Nous pensons que ce

phénomène est le résultat d’un changement de nu, trition du cristallin ; celui7ci devenant plus dense' son indice de réfraction augmente, d’où une convergence plus rapide des rayons lumineux qui arrù vent au fond de l’œil. .. .

L’hyperopsie est souvent confondue avec une simple diminution dans l’acuité de la vision, qU} survient si souvent par les progrès de l’âge, et qUe nous appelons amblyopie sénile ou presbytie. Cette erreur résulte de ce que, dans l’un et l’autre cas les sujets se servent de verres convexes pour améliorer la vision. Pour distinguer ces deux états l’un de l’autre, on commence par s’assurer du degré d’acuité de la vision.

Il arrive fréquemment que l’hyperopsie coïncide avec une diminution de sensibilité de la rétine ; dans ce cas, on reconnaît que même avec des verres convexes appropriés au degré de l’hyperopsie,, si on présente au sujet des caractères imprimés qu-’il lit distinctement à un jour convenable ; en diminûant la quantité de lumière qui arrive sur, la page imprimée, il y a un moment où la lecture devient difficile et même impossible, alors qu’un œil doué d’une acuité de vision plus grande fait encore cette lecture.

L’hyperopsie simple n’est pas grave, à la condition qu’elle soit reconnue, et qu’on y obvie de bonne heure par l’emploi de verres convexes appropriés aux troubles de la réfraction. Si on ne prend pas ces «précautions, la vision se fatigue, le sujet fait des efforts incessants d’accommodation pour réunir les rayons sur la rétine; et tout travail des yeux devient bientôt impossible. :

Puisque, dans un œil hyperope, les rayons lumineux convergent en arrière de la rétine, et que la vision n’est confuse que parce qu’il se forme des cercles de diffusion, et non des points focaux, dans l’épaisseur de la rétine, on rend la vision nette, en faisant -porter des verres convexes d’une force appropriée au degré de l’hyperopsie.

Lorsque les yeux ne sont pas affectés d’hyperopsie au même degré, on choisit des verres convexes d’un numéro différent, approprié au degré de réfringence de chacun des yeux. , Dr fano.

HYPERTROPHIE. — L’hypertrophie est une augmentation de nutrition et de développement d’un tissu ou d’un organe, entraînant l’accroissement du poids et du volume, avec ou sans modification de structure. ' R L.

HYPNOTISME. — On désigne aujourd’hui sous le nom d’hypnotisme tous les effets réconnus autrefois au magnétisme animal, depuis Mesmer et de Puységur (1778 et 1784).

C’est James Braid, médecin anglais, élève du Dr Lafontaine, de Paris, qui donna, en 1843, à l’ensemble des phénomènes déterminés dans le sommeil nerveux, le nom d’hypnotisme, qui signifie étymologiquement, état de somnolence.

Quoique le magnétisme n’ait pas été officiellement reconnu par les Académies et par les Facultés, de grands noms scientifiques ont constaté; depuis longtemps sa puissance et proclamé la réalité de ses effets.

lace dans sa Théorie du calcul des probabi -

• ’ disait: « Nous sommes si éloignés de conllteftL tous les agents de la nature et leurs divers ^odes d’action, qu’il serait peu philosophique de

• r l’existence de phénomènes uniquement parce 01 Ils seraient inexplicables dans l’état actuel de

nos connaissances. » ,

Cuvier, dans ses Leçons d anatomie comparée, affirmait’ que dans les expériences de magnétisme existait «des effets réels et indépendants de. toute participation de l’imagination, et que ues effets étaient dus à une communication qui s’établit entre le système nerveux de l’expérimentateur

et celui du sujet. »

Arago, dans son discours sur Sylvain Bailly, a bien dit aussi que « le somnambulisme ne doit pas être rejeté surtout par ceux qui se sont tenus au courant des derniers progrès de la science >>. „ , , ,

Malgré les déclarations de ces savants, 1 Academie de médecine vota en 1832, contre les conclusions du rapport qui lui fut présenté par une commission composée de plusieurs de ses membres les plus célèbres : Bourdais de Lamothe, Guéneau de Mussy, Fouquier, Guersant, Husson, Itard, Leroux, Marc. et Thillaye. Les conclusions de cette commission étaient formulées ainsi :

« La Commission communique des faits assez importants dans son rapport, pour qu’elle pense que l’Académie devrait encourager les recherches sur le magnétisme, comme une branche très curieuse de psychologie et d’histoire naturelle.

« Nous ne réclamons pas près de vous une croyance aveugle à tout ce que nous avons rapporté: nous comprenons qu’une grande partie de ces faits sont si extraordinaires que vous ne pouvez j nous l'accorder. Peut être, nous-mêmes, oserionsnous vous refuser la nôtre, si changeant de rôle, vous veniez les annoncer à cette tribune, à nous qui, comme vous aujourd’hui, n’aurions rien vu, rien observé, rien étudié, rien suivi.

« Nous étions animés, dans nos observations, par l’amour de la science et parle besoin de justifier les espérances que l’Académie avait conçues de notre zèle et de notre dévouement ».

Cependant, en 183,9, -Velpeau fit à l’Académie des sciences une communication sur l’anesthésie par l’hypnotisme au nom de Broca. Les académiciens, qui ne voulaient pas croire aux effets du magnétisme, du somnambulisme et de la catalepsie artificielle, acceptèrent alors sans difficulté l’hypnotisme de James Braid et l’anesthésie de Broca qui sont identiquement la même chose sous des noms empruntés au grec.

, Depuis cette époque, on a étudié les différents états nerveux du magnétisme animal, mais sous le nom d’hypnotisme.

Etats nerveux déterminés par l’hypnotisme. — Quand un sujet est en état d’hypnotisme, on peut a volonté le faire passer par différents états ner- VeJ1fi dont les principaux sont :

L état cataleptique, qu’on détermine de plusieurs manières : soit par un bruit intense, soit par une minière vive portée brusquement devant la figure e 1 hypnotique, soit en soulevant vivement les

paupières, et laissant ainsi arriver les rayons lumineux sur la rétine.

Dans cet état, on observe la fixité du regard, l’immobilité absolue du corps, la rigidité des membres dans toutes les attitudes qu’il plaît à l’expérimentateur de leur donner. Les mouvements respiratoires sont considérablement diminués, les réflexes tendineux abolis. Pour faire cesser l’état cataleptique, il suffit d’abaisser la paupière.

L’état léthargique, qu’on détermine d’emblée, soit, le sujet étant endormi, les paupières closes, en frottant légèrement les globes oculaires, soit par la fixation du regard, ou par l’occlusion des yeux, dans un milieu obscur, quand le sujet est déjà en catalepsie.

Dans cet état, toutes les parties du corps sont dans la dépression, mais les mouvements respiratoires sont augmentés en nombre et en puissance. Les réflexes tendineux sont exaltés, et tous les muscles prédisposés à une contracture immédiate par une excitation mécanique sur le muscle, sur le tendon ou sur le nerf qui l’anime.

L’état somnambulique, qu’on détermine d’emblée, soit par la fixation du regard, soit par une excitation sensorielle faible répétée et monotone, oo en touchant légèrement le vertex, quand le sujet est en catalepsie ou én léthargie.

Dans l’état somnambulique, les yeux sont clos ou demi-clos. L’attouchement de la peau détermine de faibles contractures musculaires, mais à un degré bien moindre que dans la catalepsie, qu’on fait cesser par un souffle sur le membre ou par quelques passes rapides faites parallèlement aux , membres intéressés.

Dans le somnambulisme provoqué ou artificiel, il est facile de déterminer, par un simple attouchement ou par la volonté, des hallucinations de, tous les sens.

Dans les expériences faites avec mon ami, le Dr Puel, nous avons réussi à provoquer . chez quelques hystériques, en état de somnambulisme, des hallucinations extraordinairement actives de la vue et du goût. Par un simple geste ou un mouvement de la face, nous leur faisions voir des oiseaux, des serpents, des fleurs, des étoiles; nous leur faisions boire et manger tout ce que nous voulions. Le sens du toucher était également, à notre volonté, amoindri ou perverti.

C’est dans cet état nerveux de l’hypnotisme que

les faits de suggestion se produisent. On peut con traindre les hypnotisés somnambules à se mouvoir ou à rester inertes, à rire ou à pleurer, à parler ou à se taire, à manifester la joie ou la tristesse,' la peur ou l’audace, en un mot les sentiments et les sensations les plus diverses et les plus opposées. Ces sujets, entre les mains dun expérimentateur, ne sont plus que des automates agissant par sa volonté, exprimée par la voix, par le geste, ou simplement par la pensée. Ils sontinconscients de leurs actes, de leurs paroles, et je me permets d’ajouter : des crimes et délits quils peuvent commettre sous l’empire de l’injonction exprimée Et ce n’est pas seulement pendant la duree de 1 état d’hypnotisme somnambulique qu’ils exécutent ce qui leur est ordonné, c’est encore après leur reveil

et Quelquefois en dehors de l’état d hypnotisme. La suggestion n’a pas de limite; on peut, comme je l’ai fait plusieurs fois, faire écrire des testaments ou des déclarations de faits criminels imaginaires; on peut suggérer, et cela devant témoins, ou une passion violente, ou une répulsion invincible... On pourrait armer la main de ces malades et leur faire commettre des actes criminels : assassinat, incendie, yol, etc. Leurs forces musculaires s’y prêteraient d’autant mieux qu’elles sont considérablement augmentées.

Les idées que j’émets ici ne reposent pas sur des conceptions théoriques ou des expériences faites à plaisir. Elles ne sont que l’expréssion de faits rigoureusement observés. J’ai* suggéré à une jeune fille dans un état de somnambulisme provoqué d’aller, après la cessation de cet état nerveux , offrir un bouquet à une personne, de porter un objet quelconque à une autre, de se mettre à genoux devant une troisième, de chanter, de danser, de se souvenir de ce quelle avait dit ou d’oublier tout ce qu’elle avait fait, etc.

M. le Dr Burq a pu donner de sa chambre, à une malade de l’hôpital Cochin, l’ordre de lui communiquer ses pensées.

Il y a quelques années, MM. Mesnet et Mottet ont suggéré à un jeune homme hypnotisé, condamné à tort pour outrage public à la pudeur, de simuler, devant la Chambre des appels correctionnels, la scène qui avait donné lieu au procès-verbal des agents des moeurs. Et après cette expérience le tribunal cassa le jugement qui le condamnait à plusieurs mois de prison.

J’ai été témoin d’un phénomène plus extraordinaire encore : Un homme de 55 ans, M. D... était en train de sonner la cloche sur la scène d’un théâtre de Paris; il s’arrête subitement et se met à courir à quatre pattes, comme un animal, sous l’influence de la suggestion mentale qui lui était imposée par un geste de M. le Dr Puel, qui se trouvait avec moi et plusieurs personnes dans le foyer des artistes. Ce phénomène avait été proposé, comme un défi, par un artiste dramatique; il fut répété cinq ou six fois, avec les modifications demandées par les témoins, tous extrêmement sceptiques.

C’est ainsi que le même D... reçut de l’expérimentateur l’ordre d’exécuter ce qui avait été écrit secrètement sur un morceau de papier par le chef d’orchestre, et sans que M. le Dr Puel en ait pris connaissance. Quelques instants après, D... revenait avec un violon qu’il était allé chercher dans la loge de cet artiste ; c’était précisément ce qui avait été écrit sur le morceau de papier. On peut juger par là de la puissance dç la suggestion, puisque l’expérimentateur ignorait la nature de l’ordre qu’il donnait au sujet.

Lorsqu’on exerce une légère pression sur les globes oculaires d’un individu en état de somnambulisme provoqué, l’état léthargique remplace l’état somnambulique. Le sujet perd ses forces et tombe anéanti, les membres en état de résolution. Si l’on applique seulement le doigt sur le vertex, l’état somnambulique disparaît et le sujet revient à son état normal.

Les phénomènes de suggestion peuvent être ob, 1 tenus également à l’etat de veille. C’est souvent 1 sous cette influence que s’accomplissent un gran(} nombre d’actions bonnes et mauvaises, légales ou ! délictueuses, sensées ou stupides.

Maury, dans son ouvrage Le sommeil et les rêoes, a écrit avec raison les lignes suivantes : « QUg d’actes, que d’idées dans la vie de tous les jours, nous sont suggérés par autrui, et que nous prenons pour nôtres. Que de choses auxquelles une personne adroite nous fait penser en apparence spontanément.

« Illusion qui n’est pas seulement celle des nuits, mais encore celle de tous les jours. L’homme croit s’appartenir, et il ne marche qu’environné de forces et d’influences auxquelles il se conforme sans s’en apercevoir. Il se rappelle quand il croit imaginer ; il se soumet quand il croit commander; il sent quand il croit penser. Tristes jouets du corn flit des choses, nous sommes le produit complexe ; de l’infinie variété de ce qui nous entoure, et, tandis que nous réfléchissons notre propre personnalité sur nos jugements, nos jugements sont éuxmêmes, comme nos actions, le reflet du monde où | nous vivons. »

En résumé, nous, sommes tous plus ou moins sous l’influence des forces qui nous entourent, qui nous dirigent, qui nous enserrent, sans même que nous nous en doutions.

En général, tous les états nerveux produits dans l’hypnotisme disparaissent par la même cause qui les provoque. Le qui fait défait , suivant l’expression de M. Dumontpallier.

Dans toutes ces expériences, il est possible de j faire passer les malades de l’un de ces états dans l’autre, et de celui-ci dans le troisième, en faisant usage des procédés indiqués, en commençant à volonté par tel ou tel état. Mais lorsqu’on voudra redescendre l’échelle, il faudra le faire dans l’ordre inverse de celui qu’on a employé pour le monter, , à l’aide des mêmes procédés, et en se conformant aux mêmes règles.

Il faut faire attention de suivre exactement ces règles et l’ordre indiqué, sous peine de voir se produire des états mixtes qui pourraient devenir dangereux. Enfin , dernière recommandation : aucune personne spectatrice ne doit toucher le sujet, à moins d’avoir été mise en communication avec lui par l’expérimentateur. Sans cette précaution, on s'expose à voir éclater, chez les hystériques, une série d’accès convulsifs, ou un état mixte de catalepsie et de léthargie de longue durée. J’ai observé un fait de cette nature chez moi avec une hystérique en état dhypnotisme , surexcitée déjà pu? l’absorption de quelques verres de champagne.

Les rapports étroits qui lient l’hystérie à l’hypnotisme ont trouvé un argument nouveau dans les expériences faites à l’aide de l’aimant chez les sujets en état d 'hémiléthargie et à' hémicatalepsie provoquées. L application d’un aimant a permis d’observer dans ce cas un phénomène de transfert semblable à celui qu’on a constaté dans l’hémianesthésie et l’hémiparalysie hystériques 11 en est même dans V hêmisomnarn bu lisme, qu’on obtient en touchant un coté de la tête au lieu du vertex. Cet état ofii’e

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les caractères du somnambulisme total, mais t?“fon donne une suggestion hallucinatoire, l’halhicination n’existe au réveil que du côté somnamhulisé Le sujet est capable de répondre quand l’hérnisomnambulisme est combiné à l’hémiléthargie ; il ne fait que bredouiller quand il s’agit de l’hémi-

catalespsie. ... ...

L’hypnotisme au point de vue medico-legal. —

En raison de l’état d’automatisme dans lequel se trouvent les hypnotisées vis-à-vis des expérimentateurs de nombreuses questions de médecine légale auraient déjà été soulevées, si ces phénomènes ■ étaient sortis du milieu scientifique dans lequel ils se sont produits jusqu’à présent. Cependant, en 1882, une plainte s’éleva contre un dentiste suisse qu’on accusait de viol sur une jeune fille, pendant la période de léthargie hypnotique. Le D1 Ladame (de Neuchâtel) fut chargé de faire un rapport, à titre d’expert, et il répondit affirmativement aux questions suivantes :

1° Le coït peut-il avoir lieu dans les conditions indiquées par la jeune fille et sans qu elle ait pu se rendre compte des. manipulations exercées sur elle;

2° La volonté était-elle entièrement paralysée et n’avait-elle pu opposer aucune résistance à celui qui la violait .

M. le Dr Ladame a eu raison de répondre affirmativement, quoiqu’il n’ait pas soumis la jeune fille à une nouvelle hypnotisation dans laquelle elle aurait pu dire ce qui s’était, passé pendant celle du viol dont elle avait été victime.

Déjà, en 1858, MM. les docteurs Coste et Broquier, de Marseille , appelés comme médecins légistes, dans une affaire analogue, concluaient ainsi:

« Nous pensons qu’il est possible qu’une jeune fille soit déflorée et rendue mère contrairement à sa volonté, cellé-ci pouvant être annihilée par le sommeil magnétique, — attendu que si une jeune, fille, sous l’influence de cet état nerveux, est insensible à toutes les tortures, il semble qu’il est rationnel d’admettre qu’elle pourra subir l’acte du coït sans qu’il y ait participation de sa volonté, sans qu’elle en ait conscience et que, par conséquent, .elle ne saurait repousser par la force l’acte qui est consommé sur elle. »

D’après les faits que nous venons d’exposer on Peut donc conclure que, dans certains moments, le somnambule peut être assimilé à l’aliéné, comme te disait l’ancienne jurisprudence. Dormiens furioso Giuiparatur. Et c’est bien à tort qu'on invoquerait aujourd’hui l’opinion du célèbre juriste Casper : «iu’une vierge ne peut être déflorée dans le sommeil magnétique, sans être réveillée, opinion formulée dans son aphorisme : Non omnes dormiunt

closos et conniventes habent oculos.

Relativement à la possibilité d’une grossesse à m suite d’un viol commis dans le sommeil niagné- “fluo» tous les médecins légistes ont répondu affirmativement.

En effet, depuis longtemps il est reconnu q-ue la econdation peut avoir lieu sans que la femme éprouvé la moindre sensation voluptueuse, puisqu’il suffit pour qu’elle se produise qu’il y ait éjaculation dans les parties sexuelles de la femme et contact d un seul spermatozoïde avec un ovule. Dans au-

OlCTIONNAIRE POPULAIRE DE MÉDECINE USUELLE.

cun autre cas, par conséquent, on ne pourra conclure d’une grossesse consécutive qu’une femme violée, dans l’état d’hypnotisme, ait donné son consentement, parce qu’il y aurait eu chez elle une émotion voluptueuse, une exaltation du sens génital et tout l’ensemble de l’orgasme vénérien. Le viol, dans ce cas, tel qu’il est défini par la loi, n’en existe pas moins.

Notre raisonnement est applicable dans tous les cas où un sujet hypnotisable aurait signé, en état de sommeil, un acte ou un contrat quelconque.

L’hypnotisme appliqué au traitement des maladies. — Dans son traité de l’hypnotisme, James Braid a rapporté un assez grand nombre d’observations de guérisons de maladies diverses, par les pratiques hypnotiques : opérations chirurgicales sans douleur, paralysie de la sensation et du mouvement, rhumatisme, céphalalgie, irritation spinale, épilepsie, tétanos, névralgie, palpitations, affections de la peau, etc.

Je ne puis me prononcer sur la valeur des assertions du célèbre médecin anglais,' mais je puis affirmer la guérison d’une danse de Saint-Guy observée par M. le Dr Puel, et rappeler à ce propos les faits rapportés au Congrès de Blois, en 1884, par MM. Voisin et Bernheim.

Voici celui de M. Voisin : une jeune fille atteinte de manie hystérique est envoyée à la Salpêtrière. Elle avait été condamnée par le tribunal correctionnel, quelques années auparavant, pour vol et abus de confiance. Elle s’est livrée à la prostitution ; en un mot, c’est ce qu’un appelle une fille perdue. M. Voisin l’a endormie tous les jours, la laissant dans le sommeil hypnotique pendant dix; ou douze heures, pendant lesquels on lui suggérait des idées d’honnêteté, de travail, d’obéissance, etc. Après deux mois de ce traitement moral, on est arrivé à modifier radicalement l’état de cette femme, à obtenir l’arrêt de ses agitations mentales et sensorielles.

Les autres faits, ceux de M. Bernheim, se rapportent : 1° à une chorée rhumatismale dont était atteint un jeune homme de seize ans. Son écriture était totalement illisible. M. Bernheim l’endormit, et, pendant son sommeil, lui affirma qu’il était guéri et qu’il pouvait écrire lisiblement. Le sujet obéit; dès la première séance, son écriture fut régulière et se maintint telle après le réveil. Les séances des deux jours suivants obtinrent le même résultat, et depuis lors la guérison s’est maintenue ; 2° à une hémichorée chez une jeune fille soignée parle docteur Beauvais, qui obtint le même succès ; 3° a une anesthésie du membre supérieur, symptomatique d’une névrite cubitale, chez un homme soigne par M. Bernheim, et qui disparut en une seule seance, toujours par suggestion. . rWmt.

Ces faits sont corroborés par celui de M. Lùaicot . une jeune fille était atteinte de paralysie, depuis plus de six mois. A sa première visite, et sur un ordre donné par lui, elle a pu sortir de son ht, se tenir sur ses jambes, marcher, puis courir et

Je pourrais multiplier les observations de «elle nature qui, aux yeux du publie et de beaueo P médecins, paraissent toucher au merveilleu ^ mats je me contenterai de dire qu’avant longtemps, grâce

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aux progrès qui se réalisent en ce moment, nous serons témoins de phénomènes plus merveilleux encore. La psychologie expérimentale va prochainement faire son entrée officielle dans nos académies et nous apporter des données scientifiques positives qui ne seront d’ailleurs que le corollaire de celles de l’hypnotisme et du magnétisme animal.

Dr Edmond Dupotjy,

HYPOCHLORITE DE CHAUX. — (Y. Chaux [chlorure de].) :

HYPOCHLORITE DE POTASSE. — (Y. Potasse [chlorure de].)

HYPOCHONDRE. — Nom donné par les anatomistes aux parties latérales supérieures de Yabdo-

D,D' Hvpochondres droit et gauche. — A. Épigastre. — B. Région ombilicale. — C. Hypogastre. — E,E' Flancs droit et gauche. — F, F'. Fosses iliaques.

men, adroite et à gauche de Y épigastre, au-dessous des cartilages des- dernières- côtes. L’hypochondre droit correspond au foie et à l’angle droit dix côlon ; l’hypochondre gauche correspond au grand cul-de-sac de l’estomac, à la rate et à l’angle gauche du côlon. p. L.

HYPOCHONDRIAQUE. — Nom donné aux individus atteint d 'hypochondrie (Y. ce mot). p. r.

HYPOCHONDRIE. — On comprend, sous le nom d’hypochondrie, deux affections bien distinctes : Y hypochondrie simple et Y hypochondrie vésanique.

Hypochondrie simple.— C’est une névrose carac- ! térisée par une dépression physique et morale, un état d’inquiétude pénible, une exagération de toutes les sensations de l’organisme, principalement de celles qui sont perçues dans les viscères de l’abdomen.

Cette affection s’observe presque toujours chez les hommes célibataires, vers l’âge de 40 ans, après une période de travail excessif et de passions vio-l lentes.

L’organisme surmené par les excès a, pour ainsi dire, conscience de ses fautes ; il a peur. Il analyse toutes ses sensations, les regarde au microscope et ' les . considère comme les symptômes alarmants : d’une maladie incurable.

L’hypochondriaque est toujours, en effet, dans une anxiété profonde au sujet de sa santé ; il lit avec avidité les livres de médecine, reconnaît soncas dans toutes les descriptions des maladies, va ! consulter les médecins dont il entend parler, dis- : cute avec eux et n’accorde sa confiance, — toujours très, limitée d’ailleurs, — qu’à ceux qui disent 1 comme lui et font semblant de le traiter pour une affection incurable. Ses occupations profession- 1 nelles sont seules capables d’interrompre -quelques •

| instants le cours de ses obsessions viscérales.

Les plaintes des hypochondriaques ne varient guère; ils accusent tous les mêmes symptômes morbides : dyspepsie, gastralgie, entéralgie, troubles intestinaux, palpitations, spasmes, vertiges, éblouissements, etc. Ils enregistrent avec la plus scrupuleuse exactitude le nombre de gaz qu’iis rendent par en haut ou par en bas et les effets bons ou mauvais qu’ils en ont ressentis. Ils attachent sur-; tout la plus grande importance à toutes leurs excrétions.

Ainsi, il y a quelques^ années, les journaux de médecine publiaient une observation très remarquable dans laquelle ce fait pouvait servir de symptôme pathognomonique de l’bypochondrie. Un prêtre de Paris, d’un vie correcte, intelligent, très instruit, mourrait à un âge avancé, malgré l’affection hypochondriaque dont il était atteint, depuis de longues années. Ses héritiers, en faisant l’in- ' ventaire de sa cave, trouvèrent dans cet endroit plusieurs rangées de petits paquets ficelés et cache- tés dont ils s’empressèrent d’examiner le contenu. Chaque paquet représentait, avec la date de son évacuation, une des garde-robe du vieillard. Et la collection remontait à plus de dix ans !

Les sensations de ces malades sont-elles absolument imaginaires? N’y a-t-il pas dans ces. souffrances si nettement accusées, dans. ces tristesses désespérantes, une cause organique plus ou moins importante, un trouble des fonctions plus ou moins réel ? Les opinions diffèrent : les uns affirment que l’hypochondrie n’est qu’une névrose, d’autres pensent qu’elle doit correspondre à une lésion quel- • conque. Je suis de l’avis de ces derniers, et voici mes arguments à l’appui.

Les hypochondriaques certainement digèrent mal, ils ont des rapports acides, de la diarrhée, des vomissements de matières glaireuses et de liquides acidiques ; ils ont des barborygmes, des éructations fréquentes , des productions gazeuses distendent

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l’pstomac et l'intestin. Ils éprouvent des douleurs nigastriques qui s’irradient dans le dos et qui se manifestent généralement entre les repas.

Ils sont sujets à une constipation opiniâtre et aux hémorrhoïdes. On constate enfin chez eux des troubles passagers de la circulation et de toute les grandes fonctions physiologiques. Les mains et les pieds sont presque toujours glacés; les forces organiques prostrées ; ils sont dans un état, continuel de lassitude et d’apathie. Leurs nuits sont mauvaises, sans sommeil ou dans une somnolence agitée par des cauchemars. Ils sont bilieux.

Sous l’influence de ces souffrances physiques et morales, les hypochondriaques s’anémient promptement, et si un traitement énergique ne vient enrayer leur maladie, ils tombent dans le marasme et la cachexie.

La médication à employer contre l’hypochondrie , doit . répondre aux indications symptomatiques, ; mais d’une manière générale il faut avoir recours à l’hydrothérapie, aux eaux minérales de Vichy, de Pougues et de Contrexéville, aux bains de mer, aux préparations toniques et à tous les agents thérapeutiques pouvant régulariser les fonctions de l’appareil digestif.

Hypochondrie vésanique. — On désigne également cette affection sous le nom de folie hypochondriaque. C’est la même maladie que l’hypochondrie simple mais avec un équivalent de plus, équivalent considérable, puisque indépendamment de l’exagération plus grande des fausses sensations de Thypoehondrie simple, la raison a fait naufrage. Certains malades refusent de manger, parce qu’ils __ n’ont plus d’estomac, et on est obligé de les nourrir avec la sonde œsophagienne. D’autres disent avoir Tintestin bouché, avoir des lézards, des serpents ou dans l'estomac ou les intestins.

J’ai donné mes soins, il y a quelques années, à un monsieur occupant à Paris une belle position commerciale. C’était un homme de 35 ans environ, célibataire, maigre, d’un tempérament bilioso-nerveux. 11 vint me consulter pour des troubles multiples des fonctions digestives qu’il attribuait à la présence d’un tænia. Je lui prescrivis la première fois du kousso \sans résultat, la seconde fois, de la racine de grenadier, la troisième fois de l’extrait de fougère mâle, toujours sans le moindre succès.

— Êtes-vous ‘bien sûr, lui dis-je alors, d’avoir le ver solitaire ? Quant à moi, j’en doute et je crois que vous êtes le jouet de fausses sensations...

~~ Je n’en doute pas, moi, me répondit-il aussi- Wt ; il me parle !

C’était un hypochondriaque, un halluciné, un malade éminemment dangereux. Je lui fis comprendre qu’il devrait consulter « un spécialiste pour ms vers solitaires », et je l’adressai, avec un mot, àu professeur Lasègue, alors médecin de l’infirmerie des aliénés au dépôt de la préfecture. Je ne m revis plus.

Dans l’hypochondrie vésanique, il y a toujours c ta dépression et de l’affaiblissement des facultés intellectuelles, quelquefois des hallucinations et de a stupeur, de l’insomnie et de violentes migraines. La circulation sanguine est affaiblie, la tempéra- Ure Cehtrale abaissée de t à 2 degrés, et l’absorp¬

tion stomacale considérablement ralentie. La motilité et la sensibilité peuvent être diminuées au point de voir ces malades rester toute une journée d’hiver dans une cour d’asile, dans une inertie absolue, sans se plaindre du froid.

La cause physique de la folie hypochondriaque est souvent indépendante d’affections de l’appareil digestif. J’ai connu un notaire hypochondriaque qui se croyait atteint de la syphilis et qui était convaincu de l’avoir communiquée à sa femme, n n’y avait rien de vrai dans ses allégations. Les pertes séminales involontaires, en raison de leur influence débilitante et de l’impuissance qu’elles déterminent, peuvent être aussi la cause de la folie hypochondriaque. Dans certains cas, celle-ci n’est qu’une forme de la paralysie générale.

La base du traitement de Thypoehondrie vésanique est l’hydrothérapie et la régularité des fonctions abdominales. Les distractions, l’exercice et le traitement moral jouent aussi un grand rôle dans les cas susceptibles de guérison.

Dr Edmond Düeoûx.

HYPODERMIQUE (méthode). — (V, Injection.) ,

HYPOGASTRE. — Nom donné par les anatomistes à la partie médiane inférieure de Y abdomen audessous de l’ombilic (Y. fi g. 611). I/hypogastre, qu’on appelle vulgairement le bas-ventre , correspond à la vessie et à des anses intestinales, p. l.

HYPOGASTRIQUE. — Nom donné par les anatomistes: 1° à la région, de Yhypogastre ; 2° à une division de Y artère iliaque interne (V. Iliaque); 3° au plexus nerveux qui est situé sur les parties latérales de la vessie et du rectum et est surtout formé par des rameaux venant de la 3e et de la 4e paire des nerfs sacrés. P. L.

Ceinturé hypogastrique.

HYPOGASTRIQUES (ceintures).— On appelle, ceintures hypogastriques des appareils destinés à immobiliser l’utérus malade ou à rectifier la direc- , Ramat. Fbèms tion de cet organe quand il est dévié (V.

Utérus ).

Dans le premier cas, la ceinture hypogastrique se rapproche beaucoup des Ceintures abdominales (V.

ce mot), sauf qu’elles sont moins larges et ne recouvrent qu’une partie de larégion sousombilicale. La figure 612 en est un exemple suffisant.

Quand il s’agit de .

remédier à une antéversion, déviation dans laquelle cette sorte de ceinture trouve sa plus fréquente application, le devant de la cemtare est muni, à sa partie inferieure, dune plaque métallique bien rembourrée en arriéré qui , par le moyen d’un mécanisme ingénieux, permet d exer-

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cer sur la région sus-pubienne une pression plus ou moins énergique dont le but, en repoussant le fond de la matrice, est de rétablir cet organe dans sa position normale. Si la ceinture hypogastrique doit corriger unelatéro-version,la plaque métallique est placée sur le côté. P. L.

HYPOGLOSSE (grand). — Les anatomistes donnent le nom de grand hypoglosse ou nerf de la douzième paire, à un nerf moteur qui préside aux mouvements associés et unilatéraux de la langue, et par suite à la déglutition et à l’articulation des sons. Il prend naissance sur la face antérieure du bulbe, sort du crâne par le trou condylien anté; rieur, se dirige, en bas et en avant, vers l’os hyoïde, remonte ensuite vers la partie inférieure de la base de la langue et va jusqu’à la pointe de cet organe dans les muscles duquel il se ramifie. Vers l’angle du maxillaire inférieur, il fournit deux branches collatérales dont l’une, supérieure, va se jeter dans le plexus cervical, et l’autre, descendante, plus volumineuse, se distribue aux muscles de la langue et du pharynx. Le nerf grand hypoglosse se voit très bien dans les figures 311 et 313 intercallées dans l’article cou (V. ce mot). p. L.

HYPOHÉMA. — Nom donné par les oculistes à un épanchement de sang dans la chambre antérieure de l’œil, qui peut se produire soit après une blessure volontaire ou accidentelle de l’œil, soit dans le cours d’une iritis, d’une choroïdite, soit encore pendant les opérations de pupille artificielle, surtout par l’iridectomie. Ces épanchements forment une 'masse rouge limitée en haut par une ligne horizontale, en bas par le segment de cercle répondant à la circonférence de la cornée Dans certains cas, ils peuvent être assez abondants pour masquer la pupille en partie ou en totalité. Le plus souvent ils se résorbent par le repos et un simple bandage compressif de l’œil. Il est des cas ou il faut avoir recours aux antiphlogistiques, aux applications locales de topiques résolutifs, et à l’administration de quelques purgatifs. p. L.

HYPOPHOSPHITE DE CHAUX.— V. ( Chaux [ hypo phosphite de].)

HYPOPION. — Nom donné par les oculistes à un épanchement de pus qui se fait dans la chambre antérieure de l’œil. L’hypopion peut s’observer pendant le cours de certaines kératites, des iritis et des choroïdites, à la suite de l’opération de la cataracte, etc. Il forme une tache semi-lunaire d’un blanc jaunâtre ou jaune foncé, situé derrière la portion inférieure de la cornée, et s’accompagne de la contraction de la pupille et d’une inflammation plus ou moins vive de la cornée et de la conjonctive. Son traitement consiste tout d’abord à soigner la maladie qui lui a donné naissance, puis à favoriser autant que possible la résorption du pus par les résolutifs tels que les applications sur l’œil de compresses chaudes. Si la résorption n’a pas lieu et si le pus augmente, il faut l’évacuer par la ponction de la cornée pratiquée à la partie infé- . rieure. Adelmann fait suivre la ponction de l’aspi¬

ration du pus. Cette pratique n’est pas en usage en France. p- L.

HYPOSPADIAS. — On donne ce nom à un vice de conformation congénital de l’urèthre, dans lequel l’ouverture du canal, au lieu d’être à l’extrémité du méat urinaire, se trouve sur la face inférieure de la verge. L’ouverture peut exister à une distance plus ou moins rapprochée du gland, ou au contraire plus ou moins rapprochée du scrotum, et son orifice peut être plus ou moins étendu. La partie du canal située entre l’hypospadias et le méat peut être entièrement oblitérée. Chez beaucoup d’hypospades, le membre viril n’est pas très développé, il est au contraire petit, recourbé sur lui-même; les corps caverneux sont plus ou moins atrophiés.

L’hypospadias constitue une infirmité très désagréable. Il est de plus un obstacle sérieux à la fécondation, lorsque l’ouverture de l’urèthre se trouve trop près de la racine de la verge, vers le scrotum, car alors, comme dans l’épispodias, le sperme ne peut être lancé dans le vagin, à plus forte raison vers le col de l’utérus, pendant le coït, et s’épanche presque toujours au dehors.

On traite l’hypospadias par la restauration du canal, à l’aide de différents procédés autoplastiques, parmi lesquels nous citerons ceux de Th. Anger et de Duplay.

Dans le procédé de Th. Anger (fig. 613), on dissè¬

Fig. 6l3. ; . |

Opération de l’hypospadias (Procédé de Th. Anger).-

que à gauche de la ligne médiane de la face inférieure de la verge, un lambeau cutané B, qu’on renverse sur la sonde de façon que sa face cutanée s’applique sur la muqueuse de l’urèthre et forme la paroi inférieure du nouveau canal. Puis, on dissèque un second lambeau A à gauche, dont on applique la face saignante sur la face saignante du premier.

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uture alors les deux lambeaux en C, puis on Of1 ® bord libre du lambeau A à la peau du bord ^osé du pénis , et le bord libre du lambeau C à u du bord opposé. On laisse la sonde à dea ^îre iusqu’à cicatrisation complète.

111 Dans le procédé deDuplay (fig. 614), on fait trois

Fig. 614.

Opération de l’hypospadias (Procédé de Duplay).

opérations successives. La première consiste à refaire le canal au niveau du gland C, par l’avivement des deux lèvres de la gouttière et leur réunion par des points de suture, sur une sonde à demeure. Dans la seconde, on refait le nouveau canal, depuis le gland jusqu’à un demi-centimètre environ de l’ouverture de l’hypospodias, à l’aide de deux petits lambeaux latéraux A, A', adhérant au niveau des bords de la gouttière uréthrale, renversés sur la sonde à demeure, de manière que leur face cutanée corresponde au nouveau canal, et on réunit leurs bords libres par des points de suture, toujours sur k sonde à demeure. Enfin, la troisième opération consiste à aviver l’extrémité du nouveau canal B', lo pourtour de l’ouverture hypospadianne qui reste

et à les réunir avec des points de suture.

Dr Paul Labarthe.

HYPOSULFITE DE SOUDE. — (V. Soude.)

HYPOTHÉNAR. — Nom donné par les anatomistes a une éminence située à la face interne ou paume de la main, du côté du petit doigt, produite par la saillie des muscles 'palmaire , abducteur du petit ûngt, court fléchisseur du petit doigt et opposant du petit doigt (V. Main). P. L.

HYSOPE. — L’hysope est une plante de là famille des labiées, qui croît naturellement dans le midi de i Europe et en France, sur les collines arides, dans

les fentes des rochers, et jusque sur les vieux murs en ruine ; on la cultive aussi dans les jardins. Ses fleurs roses ou blanchâtres, à odeur forte, agréable, d’une saveur un peu amère, qui s’épanouissent en juillet et août, sont employées en infusions, comme béchiques et anticatarrhales, dans les affections des voies respiratoires et contre l’asthme. Elles entrent aussi dans l’eau de mélisse.

HYSTÉRALGIE. — Nom donné aux douleurs variées que ressentent les hystériques, et aux douleurs névralgiques de l’utérus. p. L.

HYSTÉRIE. — L’hystérie est une névrose caractérisée par des troubles variables et complexes du système nerveux de la vie de relation et de la vie organique.

Cette affection qui est presque exclusivement réservée au sexe féminin, mais qui n’est pas absolument rare chez l’homme, a été connue de toute antiquité. Martial en faisait mention dans une de ses épigrammes, il y a plus de dix-huit siècles : Léda, disait-il, se plaignait à son vieux mari d’être hystérique...

Hystericam vetulo se dixerat esse marito,

Rabelais au XVIe siècle en parlait doctement et connaissait ses rapports avec l’épilepsie, la léthargie et la catalepsie, comme le prouve ce passage qui rappelle l’esprit du curé sceptique de Meudon et la science clinique du médecin de Montpellier :

« Nature ha dedans le corps de la femme posé, en lieu secret et intestin, un animal, lequel n'est es homme ; onquel sont engendrées certaines humeurs nitreuses, baur acineuses, acres, mordicantes, lancinantes, chatouillantes amèrement : par la poincture et frétillement doloreux desquelle, car cet animal est tout nerveux et de vif sentiment, tout le corps est en - elles esbranlé , tous les sens ravis, toutes affections intérimées, tous pensements confondus. De manière que, si nature ne leur eust arrosé le front d'un peu de honte, vous les voiriez zomme forcenées, courir l'aiguillette plus espouventablement, que ne f urent oncques les Prœtides et les Thyades bachiques au jour de Peurs bacchanales; parce que cestui terrible animal a colliquance à toutes les parties principales du corps, comme est évident en l'anatomie. Je le nomme animal, suivant la doctrine tant des académiques que des péripathétiques. Car, si mouvement propre est indice certain- de chose animée, comme escnpt Aristote, et tout ce qui de soi se meut est dict animal, à bon droit Platon le nomme animal reconnaissant en lui mouvements propres de suffocation, de précipitation, de corrugation, de indignation : voue si violents, que bien souvent par eux est tollu a la femme tout aultre sens et mouvement comme sifust lépothymie, syncope, épilepsie, apoplexie, et vraie ressemblance de mort (catalepsie). » -

Voulant faire comprendre 1 action de la matrice sur les autres parties de l’organisme, Hippocrate avait dit, avant Martial et Rabelais, que est cause de six cents maux. Maigre cela, 1 ; hystérie, confondue avec d’autres névrosés, na qte bien de-

crite que depuis les travaux de Louyer-Villermay , Georget, Dubois (d’Amiens), Brachet, Landouzy et

surtout de Briquet: , .

Quelles sont les formes de lhystene. — On distingue deux formes principales de l’hystérie : V hystérie- convulsive et T hystérie- non convulsive, mais les manifestations de la névrose sont, comme nous le verrons, essentiellement multiples.

• Hystérie convulsive. — L’hystérie convulsive est précédée de prodromes variables, d’alternatives de .tristesse1 et de joie exagérée, de pleurs et de rires, d’inquiétude générale, de bâillements, de pandiculations et de soupirs. Puis l’attaqùe débute par une aura dont la plus constante est une sensation douloureuse du ventre correspondant à. l’ovaire, remontant au creux épigastrique . avec sensation de boule, s’arrêtant au larynx, avec effet de strangulation et , de eonstriction. Les malades portent alors la main au cou comme pour arracher un poids qui obstrue le passage de l’air, perdent connaissance et tombent.

Cette forme d’hystérie comprend deux variétés : l’hystérie convulsive cloniqüe et l’hystérie épileptiforme..

Hystérie clonique. — Les convulsions ne sont que cloniques; elles se généralisent immédiatement; elles sont accompagnées de cris et de lamentations. Leur intensité est souvent tellement grande que plusieurs hommes ont peine à contenir une jeune fille de force moyenne.

La tête est rejetée en arrière, en avant, sur. les côtés. La figure est congestionnée, mais elle n’a aucune analogie avec celle des épileptiques : elle ne grimace pas. Là bouche et les yeux sont exempts de convulsions. Les narines sont agitées violemment et les dents font entendre des grincements. L’ensemble de la physionomie exprime la douleur, la colère et le désespoir.

Les membres sont agités en tous sens. Les mains se crispent et se portent à l’estomac et au cou, comme pour arracher le mal qu’elles y ressentent. La poitrine, presque immobile au début, est agitée par des mouvements précipités ; la respiration est saccadée et rapide, le cœur bat avec violence. Le bassin est souvent propulsé en avant d’une façon cynique.

Le corps se meut comme un ver, par sauts et par bonds. Les mouvements généraux qu’il exécute ressemblent à ceux d’un athlète qui se débat et qui lutte contre un adversaire supérieur.

L’accès dure pendant quelques minutes, mais l’attaque d’hystérie se compose de dix à vingt accès de même durée, entre lesquels les malades restent dans un état syncopal, accompagné de délire hallucinatoire, d’extase, des somnambulisme et parfois aussi de paralysie provenant d’un état congestif des centres nerveux.

Quand l’attaque est terminée, on observe une plus grande régularité dans la respiration, la connaissance revient, une sueur abondante couvre tout le corps, les malades laissent échapper une grande quantité d’urine claire. Le corps est brisé, l’estomac et l’abdomen restent douloureux encore longtemps après. L’intelligence est obscure, l’esprit morose, impatient. Bientôt apparaissent des larmes abondantes et les pauvres malades s’endor¬

ment, laissant au sommeil le soin de réparer le. i

désordres de ce violent orage.

Les attaques d’hystérie n’ont pas toujours ce Ca i ractère d’intensité. Souvent les malades ne to®' J bent pas à terre et ne font que chanceler ; d’autrej courent, sautent; d’autres enfin se jettent sur le§ personnes qui les entourent. Les formes du carac- ; tère se montrent là dans toute leur nudité. Les 1 femmes de constitution robuste, ayant une volonté 1 énergique, ont des convulsions violentes, entrecou-- [ pées de cris bruyants, de délire maniaque. La jeune | fille timide, au contraire, a des convulsions douces, cadencées, se terminant dans la somnolence. Les femmes passionnées sont cyniques, leurs mouvements convulsifs semblent se localiser dans les muscles du bassin.

Hystérie épileptiforme. — Les convulsions débutent, comme dans l’épilepsie, par la forme tonique. Quelques minutés après, apparaissent, comme dans l’hystérie convulsive, les convulsions cloni- ; ques. A celles-ci succèdent les attitudes passionnelles, qui se manifestent sous l’empire d’hallucinations actives. Et, de même que dans l’état de mal épileptique , l’on observe les attaques d’hystérie se succédant, s’imbriquant, pour ainsi dire, l’une dans l’autre, et pouvant durer plusieurs jours et même plusieurs semaines. Alors on voit survenir presque toujours une .des formes les plus graves de l’hystérie : la léthargie ou la catalepsie, phénomènes qui mettent fin à l’attaque, et qu’il est facile d’ailleurs de provoquer, dans- le sommeil hypnotique, chez les hystériques hypnotisables.

Hystérie non convulsive. — Dans sa forme non convulsive, la névrose hystérique se manifesté par des symptômes excessivement variés parmi lesquels nous distinguerons : • ■

1° Les paralysies, intéressant à la fois les muscles de la vie organique et ceux de la vie de relation. La paralysie et l’hémiplégie sont les plus fréquentes ; leur marche est rapide ou progressive! elles sont presque toujours liées à d’autres manifestations hystériques : convulsions, anesthésie, contracture. Elles sont rarement complètes ; elles apparaissent et disparaissent facilement, laissant toujours intacte la contractilité électrique.

2 0 Les’ contractures des muscles volontaires et involontaires. Elles affectent, comme les paralysies, les formes paraplégique et hémiplégique. Elles apparaissent subitement, sans cause appréciable, et disparaissent de même, mais elles peuvent durer très longtemps, plusieurs années quelquefois ; elles peuvent alterner avec les paralysies et disparaître pendant l’anesthésie provoquée par le chloroforme- La contracture des muscles du liras détermine gé' néralement une flexion forcée, celle des muscles de la jambe une extension avec pied-bot varus-équin- L’application d’un aimant, d’une plaque de métal (or, cuivre ou argent presque toujours), produit le . phénomène de transfert.

Les principales contractures hystériques sont celles qu’on observe sur les muscles de la langue* sur les muscles masticateurs ( irismus ) , sur le» muscles du cou ( torticolis ), sur ceux de la hanche ( coxalgie hystérique ), sur ceux des extrémités (tétanie), etc., etc.

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^anesthésie. Elle peut n’occuper qu’un point • -+p du corps : peau, muscles, ■viscères. Je l’ai vue, une hystérique, atteinte autrefois de la j se de Saint- Guy, localisée sur la lèvre infé- Vure En même temps, il y avait paralysie de T ut iq membre inférieur gauche et une céphalalgie tout le côté droit de la tête. Cependant on l’observe fréquemment chez les grandes hystériques s t0Ute une moitié du corps; c’est Y hémianesthésie, dans laquelle disparaissent non seulement la sensibilité de tous les sens du côté malade, mais encore la sensibilité à la douleur, à la chaleur, etc.

La peau du côté frappé d’anesthésie est pâle, froide, exsangue.; la puissance musculaire est relativement beaucoup moins considérable que du côté sain.

L’application des aimants -et des plaques métalliques, ainsi que les courants galvaniques déplacent l’anesthésie et la font apparaître du côté opposé. C’est le même phénomène de transfert que nous

- avons indiqué à propos des paralysies.

40 L’ hyperesthésie. Comme l’anesthésie, qui est l’abolition de la sensibilité, l’hyperesthésie, qui en est l’exagération douloureuse, peut se manifester sur la peau, les muscles et les articulations des hystériques. L’hyperesthésie de la sutture sagittale porte le nom de clou hystérique ; celle des muscles de la tête, céphalalgie; des muscles du rachis, rachialgie ; des muscles intèrcostaux, névralgie intercostale.

Hystérie viscérale. — Les symptômes d’hystérie non convulsive, qui se montrent sur la peau, lès muscles et les articulations, atteignent également les viscères et les appareils physiologiques. C’est ainsi que Y hyperesthésie de l’encéphale détermine | la céphalée; de l’estomac, la gastralgie ; du foie, Yhépatalgie) de l’utérus, Yhystéralgie ; du vagin, le vaginisme; de la mamelle, la mastodynie.

L’ouïe, la vue et l’odorat peuvent également être frappés d’anesthésie, de paralysie, de contracture.

Les co avulsions des muscles laryngés dé terni- •. nent une t'oux sèche, monotone, fatigante à entendre ; le spasme de l’estomac, des crampes et des Vomissements ; le spasme du pharynx, le hoquet et les rires convulsifs, etc.

La contracture de la vessie amène la rétention d’urine, et celle de l’iris, une myopie temporaire.

La paralysie des muscles du larynx se manifeste Pur de l’aphonie, du parenchyme pulmonaire, par la congestion bronchique, et comme conséquence, Pur l’hémoptysie ; c’est enfin à la paralysie de l’estomac, de l’intestin, qu’il faut attribuer l’anorexie, la dyspepsie, la constipation et le météorisme, dont souffrent tous les hystériques. Les troubles de a vision et l’amaurose, en particulier, sont sous la dépendance de la paralysie de la rétine.

Les troubles circulatoires sont également le résultat d’une action paralytique des nerfs vasomoteurs. De là, l’anémie et l’hyperémie locale, les congestions et les hémorrhagies : hémoptysie, hématémèse, larmes de sang, sueurs de sang.

Lest aux troubles vaso-moteurs qu’il faut attrider le curieux phénomène observé par M. Dujardin-Beaumetz sur une femme hystérique. Cette mnme complètement anesthésique sur tout le

corps, conservait pendant plusieurs heures des traces apparentes de tout contact sur les points touchés. En pressant légèrement sur la peau avec une clef, un manche de porte-plume, une allumette, on voyait apparaître une élevure de la peau dans tous les endroits qui avaient subi le contact du corps étranger. On traçait des lettres, un dessin quelconque sur la peau, et presque instantanément les lettres, le dessin étaient accusés par des saillies rouges très proéminantes, ressemblant à de l’urticaire qu’on ferait naître à volonté; Ces saillies étaient telles qu’un aveugle aurait pu les sentir avec la main. C’était une femme lithographique.

Les troubles vaso-moteurs de nature hystérique, peuvent être la cause d’une diaphorèse abondante, comme le prouve l’observation de cette jeune fille, observée par M. Siredey, qni fut subitement prise de sueurs profuses aux pieds et aux mains, a.vec complications d’embarras gastrique et d’anémie.

Quelques jours après, elle se plaignait de douleurs qu’on attribua à tort if la diathèse rhumatismale et qui disparurent, ainsi que les sueurs, au bout dun mois, pour faire place à un état léthargique, avec des intervalles d’hallucinations et de délire.

A la léthargie succéda bientôt une. anesthésie sensitivo- sensorielle difîuse qui, à son tour, fit place à un nouvel accès de léthargie, à des accidents convulsifs, et enfin à une double amaurose complète. • .

Les sueurs reparurent alors, mais avec elles onconstata de l’anesthésie sensorielle de la langue; enfin, quelques jours après on observait la disparition de l’amaurose, mais il était survenu de lanesthésie et de la paralysie partielle des membres inte-

On eût recours, en présence de cette nouvelle complication, à l’application des aimants qui amena la prompte disparition des symptômes- nerveux et la diminution de -la diaphorèse.

Troubles psychiques.. Folie hystérique. — Les facultés mentales et affectives ont un cachet spécial chez les sujets hystériques. Enfants, elles sont douées d’une intelligence fine et possèdent au plus haut degré le don d’assimilation et dimitationv Elles sont très impressionnables, coquettes, manie rées, poseuses. Elles sont sujettes aux migraines, aux insomnies, aux cauchemars^ aux terreurs nocturnes, à l’ovarie, aux palpitations de cœur.

Femmes, elles sont fantasques, paradoxales, ergoteuses, contrariantes, acariâtres, superstitieuses, avides de notoriété et d’émotions. Elles ma“Pe presque toujours de sens moral. On les voi r cher avec le même empressement le sermo

grand prédicateur, les péripéties dunpr

Lieux; les joies de la charité et le tnste 'f^ d’une exécution capitale. Mobiles dans mente, elles passent très facilement des larmes au rire, de la joie excessive à la tristesse de la ten^ dresse passionnée à la colère hautaine, teté aux .propos lascifs et aux idées 'nhnîues. H es adorent la publicité, èt pour arriver a la « parler d’elles, elles emploient tous les moyens : la denon dation, la simulation d’inflrmites, de maladies et le revolver- elles sont heureuses de passer pour, être vSés de quelque chose; elles disent avoir

été violées. Pour arriver à leurs fins, elles trompent tout le monde : mari, famille, confesseur, juge d’instruction, et leur médecin, au besoin, s’il veut bien consentir à être dupe de leurs affirmations ridicules.

Les hystériques ont des accès de délire qui peuvent être considérés, quand ils sont violents et répétés, comme un véritable état de folie aiguë, susceptible de guérison rapide, mais souvent suivi de récidives, jusqu’au moment où la maladie mentale devient chronique, où l’affaiblissement de l’intelligence vient apposer son cachet d’incurabilité.

La plupart du temps, heureusement, le délire n’est que passager. On l’observe :

A. Avant les attaques convulsives, sous la forme de mélancolie ou d’agitation, avec hallucinations de la vue et de l’ouïe.

B. Pendant les attaques convulsives, dans la période des attitudes passionnelles et des poses plastiques, sous les formes les plus variées, par des gestes en rapport avec les hallucinations qui obsèdent l’esprit des malades. On les voit alors exprimer les sentiments les plus opposés, de joie et de tristesse, d’érotisme ou de piété, de frayeur ou d’extase.

C. Après les attaques convulsives, sous la forme de désespoir, avec abondance de pleurs, alternant avec des rires prolongés, suivant que leurs hallucinations sont terrifiantes ou drôlatiques.

D. En dehors des attaques convulsives, et dans ce cas, le délire tient lieu de toutes les phases de l’attaque. C’est ce qu’on désigne sous le nom à’ hystérie larvée, qui a la plus grande analogie avec V épilepsie larvée.

Le délire hystérique a pour caractères principaux une grande exaltation de l’intelligence, la fixité particulière des idées, la perversion des- sentiments, l’absence de volonté, la tendance à l’érotisme.

Les impulsions irrésistibles de ces malades sont egalement un caractère essentiel du- délire hystérique., Beaucoup de vols dans les magasins de nouveautés n’ont pas d’autre origine. On -peut en dire autant de tous les actes extravagants, ridicules et même criminels. Ces malades n’ont aucune conscience de leurs actions et de leurs paroles et paraissent en état d'absence.

Dans son travail sur les lésions des mouvements volontaires, Stard a publié l’observation d’une dame hystérique qui était sujette à ces impulsions involontaires; il la dépeint ainsi : « Tout à coup, au milieu d’une conversation qui l’intéresse, sans pouvoir s’en empêcher, elle s’interrompt ou elle interrompt la personne qui parle par des cris, des jurons, des mots bizarres, qui contrastent énormément avec son aspect charmant et la distinction de ses manières. Quand elle a ainsi obtenu le silence, par ses jurements et ses propos orduriers et obscènes, elle commence à raconter, d’une façon toute nette et toute crue, les travers, les défauts et les histoires secrètes de la vie intime de chaque personne qui se trouve dans le salon. »

L’auteur ajoute que c’était très embarrassant pour les auditeurs. Je le crois bien.

Quoiqu’il ne faille pas confondre l’hystérie avec

l’érotomanie, il est bien certain que les hallucina tions des hystériques ont souvent un caractère fit dineux. Une malade racontait ses visions 4 M. Chambard dans des termes qui prouvent bien la vérité de cette assertion. Elle disait:

« Je vois des hommes et des femmes qui f0nt l’amour et ça me fait rire. — Souvent, en rêvant je vois des singes et des chats, ils courent, ils gg mordent, ils crient, ils font l’amour entre eux. Une fois l’un d’eux s’est pendu après moi avec ses griffes à une drôle de place..., il ne me faisait pas de mal. — Les singes faisaient l’amour avec moi et avec M. M.... — Je n’ai eu de rapports qu’une seule fois et avec un seul singe. — Puis, toute la nuit, je me suis amusée avec quelque chose.... c’était celle de M. M... — Les étudiants le savent tous très bien: j’ai fait l’amour avec lui, j’en ai mal aux jointures, mais je recommencerais bien. »

D’autres fois, il est vrai, la même hystérique avait des visions effrayantes, elle voyait des fantômes, des assassins, des précipices, etc.

Les fonctions génitales subissent chez elles, des modifications qui ont une grande importance. Lesorganes génitaux sont extrêmement sensibles, et par moment d’une frigidité absolue. On a cru pendant longtemps que la non satisfaction des sens était une cause d’hystérie, et c’est là une erreur : les femmes mariées y sont aussi sujettes que les jeunes filles ou les femmes qui vivent dans la continence. Cependant, il faut dire que la maternité et le bonheur d’une vie calme, exempte d’émotions, des contrariétés et des soucis des affaires, coïncide rarement avec la névrose hystérique, à moins que des grossesses et des accouchements laborieux aient amené un déplacement organique et des ulcérations du col de la matrice. En résumé, la continence ne rend pas les femmes hystériques, mais il faut dire que les hystériques sont généralement lascives.

Hystérie précoce. — Les attaques d’hystérie ne sont pas absolument rares à l’âge de 12 ans, bien qu’elles surviennent le plus fréquemment entre 15 et 25 ans. Il y a quelques années, M. le D' Henrot (de Reims) nous faisait connaître l’observation d’une enfant de 12 ans qui eut subitement, et sans raisons connues, des crises convulsives avec suffocation, toux, aboiement et spasmes œsophagiens. Les crises étaient très fréquentes, et ne cédaient à aucun des médicaments anti-spasmodiques employés contre eux. Notre confrère eut recours en dernier ressort à la flagellation, avec une serviette imbibée d’eau froide, au moment d’une attaque. Cette médication fut héroïque, le succès fut complet, comme il 1 avait été dans deux autres circonstances différentes chez des malades ayant dès crises épileptiformes.

La flagellation, dans cette circonstance, possède évidemment une action réflexe sur le système cérébro-spinal.

Chez les enfants, l’hystérie est rarement accompagnée de somnambulisme et de catalepsie, mais on voit nettement se succéder la phase des grands mouvements, la phase des attitudes passionnelles) la période de délire. Les symptômes de la forme non convulsive chez eux peuvent être classés ainsi/

bleg psychiques, état mental particulier se actérisant par la coquetterie, ‘l’habitude du men- Ca^o-e le désir d’attirer l’attention, et quelque fois hallucinations de la vue et de l’ouïe; troubles de la gnsibilité, ils sont très nombreux, mais le plus f éauent est l’ovaralgie ; troubles de la motilité, ils sont rares, mais il existe des faits certains d’héiniplégie et de monoplégie.

Hystérie chez l’homme. — Elle n’est pas aussi rare qu’on le croit généralement, si l’on tient compte des cas frustes. On a vu souvent, en effet, des accidents hystériques se développer à la suite d’une action traumatique ou d’une brûlure. Parmi les nombreuses observations recueillies par M. Debove, il y en a plusieurs qui sont très remarquables. Dans la première, il s’agit d’un jeune homme impressionnable qui fut pris, à la suite d’une fièvre typhoïde, de mouvements saccadés dans les bras, et dans les jambes d’hyperesthésie cutanée. La langue étant tirée hors de la bouche, il ne pouvait plus parler. Cette crise dura trois jours. Depuis, plusieurs crises semblables, avec hallucinations, contractions irrégulières des muscles de la face ; le malade se jetait par terre, criait, chantait, riait et présentait une hyperesthésie générale. Dans la seconde, nous voyons un jeune homme de 23 ans (mère et sœur hystériques), ayant fait des excès, et sujet à de violentes colères. Un jour il prend l’habit d’un camarade par le collet et ne peut plus le lâcher, il a des attaques de nerfs, des hallucinations, de l’hémiplégie droite complète. Quelques mois plus tard, il présente des symptômes de bronchite et de congestion pulmonaire. Il a une toux continuelle, des crises dyspnéiques, suivies d’expectoration, d’anorexie, de vomissements. Croyant à une phthisie, on a recours à la sonde œsophagienne et à l’alimen- | talion artificielle. Cette affection reconnue de nature hystérique fut alors traitée par l’hydrothérapie, l’escrime, des courses à pied; et immédiatement on pu constater les heureux effets de ce traitement de la névrose.

Voici la dernière qui est très intéressante à plus d’un point de vue: Un ouvrier tombe sans connaissance sur la voie publique. On le porte à l’hôpital où l’on constate de l’hémiplégie gauche, sans anesthésie. Il sort guéri deux mois après, quoiqu’il eût

été traité pour uné syphilis hypothétique.^

Trois ans après, cet homme éprouve le même accident ; hémiplégie gauche, mais avec de l’anesthésie et de la contracture du même côté. On constate, d’ailleurs, la suppression des réflexes, pas de clignement des paupières par le toucher des cornées, Pas d’éternuement quand on chatouille la muqueuse Pituitaire. Il n’y a pas d’écoulement de sang quand °n pique la peau du malade. Enfin, douleur ilia- <We apparaissant par la pression exercée sur la Région qui correspond à celle de l’ovaire chez la

femme.

Cette douleur peut être considérée comme un signe pathognomonique de la névrose hystérique.

Elle est produite par la compression d’un plexus nerveux qui existe chez l’homme comme chez la emme, l’ovaire n’agissant chez celle-ci que comme ûrgane nerveux. Et chez certains sujets, on sait î11 il ne joue qu’un rôle nul ou tout à fait secon- DlCTIONNAIRE populaire de Médecine usuelle.

daire dans la production de ce qu’on appelle la douleur ovarienne.

raême que chez la femme, l’hystérie chez 1 homme peut se développer dans l’enfance, comme le prouve 1 observation du Dr Greffier relative à un garçon qui fut atteint d’hystérie convulsive avec accès de somnambulisme, à l’âge de onze ans.

Quelles sont les causes de l’hystérie 1 — L’hérédité est une de causes principales de l’hystérie ; les fortes émotions , les sentiments contrariés, une fausse éducation jouent aussi un grand rôle dans sa production. L’imitation doit être mentionnée également en première ligne parmi les causes principales. Les épidémies célèbres des Ursulines de Loudun, en 1634, qui se disaient ensorcelées par le curé Urbain Grandier,et de toutes les possédées du moyen âge sont, des faits bien certains de contagion nerveuse.

Un exemple remarquable d’épidémie hystérique a été signalé il y a quelques années par le docteur Suligmuller. Neuf jeunes filles de 15 à 27 ans, fraîches, robustes, occupées au travail des champs, devinrent hystériques par contagion.

Gomme causes prédisposantes, il faut signaler le travail en plein air par une grande chaleur, l’ingurgitation fréquente d’eau calcaire glacée, l’attitude courbée, d’où hyperémie du cerveau; ensuite une grande sympathie entre toutes ces jeunes filles qui, éloignées de leur pays, formaient comme une seule famille , d’où réaction facile de l’une sur ' l’autre.

La cause déterminante fut la nouvelle apprenant à l’une d’elles qu’un incendie avait ruiné ses parents. Elle fut prise de convulsions hystériques, et successivement' toutes les autres présentèrent les mêmes accidents nerveux. Toute la bande riait ou pleurait en même temps, les unes . dansaient, les autres se roulaient, etc.

Après avoir inutilement essayé les injections de morphine, le chloral et le bromure de potassium, on eut recours aux irrigations froides sur tout le corps et aux compresses froides sur la tête, traitement qui fut reconnu comme le plus efficace.

Les diathèses ont peu de rapports avec l’hystérie. Il faut cependant faire une exception pour la scrofule et une de ses formes très commune : le lymphatisme.

J’ai publié, il y a quelques années, dans le Moniteur de la Policlinique, plusieurs observations qui mettent cette proposition en évidence. Il s’agissait d’abord d’une famille, composée de trois jeunes filles et d’un garçon, dont le père était mort à la suite d’alcoolisme et d’excès vénériens. Les enfants étaient tous les quatre très fortement lymphatiques. Deux des filles étaient hystériques et la troisième fut atteinte de tumeur blanche de l’articulation du genou, à l’âge de dix-huit ans. Quant au garçon, je fus appelé à lui donner mes soins pour des attaques épileptoïdes qui durèrent plusieurs mois et qui disparurent sous l’influence d’un traitement approprié.

J’ai mentionné également l’histoire d une jeune fille de seize ans qui présentait les apparences les plus remarquables de la pléthore scrofuleuse. Elle eut pendant un an, une danse de Saint-Guy très

nettement accusée, qui se transforma ensuite en hystérie convulsive avec complications de troubles psychiques graves et de paraplégie.

Elle guérit, sans récidive, au bout de deux ans. Les moyens thérapeutiques auxquels j’ai attribué la guérison furent l’hydrothérapie et le nitrate d’argent, à la dose de 2 centigrammes par jour, en deux pilules de 1 centigramme, que la malade prenait, la première immédiatement avant son déjeuner et la seconde immédiatement après.

La diathèse rhumatismale est souvent une cause occasionnelle de l’hystérie. La névrose se localise et se greffe, pour ainsi dire, sur une affection rhumatismale insignifiante, intéressant tour à tour presque toutes les articulations. On la reconnaît alors à l’anesthésie cutanée et à des douleurs intolérables qui déconcertent beaucoup les médecins. Car la maladie a une forme essentiellement apyrétique et disparaît brusquement, après plusieurs mois de souffrances, sans laisser de traces, sans déterminer cette raideur articulaire qui est toujours l’arrière-garde de l’arthrite rhumatismale.

De nombreux faits pourraient être cités à l’appui de ces manifestations capricieuses de l’hystérie. Nous n’en rapporterons qu’un seul qui peut servir de type : Nélaton fut appelé, un jour, auprès d’une dame qui était atteinte d’arthrite du genou droit, fendant trois mois, elle avait été traitée par des révulsifs, et, pendant six mois, on l’avait immobilisée dans une gouttière, sans aucun résultat. Nélaton se contenta de faire électriser l’articulation et laissa marcher la malade. Petit à petit, le genou revint à son volume normal et le membre reprit ses fonctions. Mais, dix ans après cet accident articulaire, on constatait encore une anesthésie cutanée complète au niveau du genou.

On comprend combien il est nécessaire, dans ces circonstances, de faire un diagnostic rigoureux, sans lequel on est fatalement conduit à ne voir qu’un rhumatisme banal tributaire de médicaments inutiles ou nuisibles.

V hystérie locale est donc très importante à connaître; il faut savoir la deviner sous ses masques mystérieux. Car elle n’est pas appelée seulement par le rhumatisme, mais encore, comme l’ont en* seigné Brodie et Lassègue, par le traumatisme, par les affections, utérines, par les inflammations du larynx et des bronches. Et alors on constate loco dolenti des douleurs violentes, des contractures, de l’hyperesthésie.

L’aphonie de certaines laryngites, les hémoptysies qui compliquent certaines bronchites, l’hystéralgie et le vaginisme n’ont souvent pas d’autre raison d’être que l’hystérie locale.

Traitement chirurgical de l’hystérie. — Dans ces derniers temps, quelques chirurgiens se sont avisés de traiter l’hystérie par l’opération toujours très grave de la castration, désignée sous le nom d'ovariotomie normale ou d’opération de Battey.

Comme traitement curatif de l’hystérie, la castration, ainsi que toutes les opérations chirurgicales, proposées dans le même but, doit être considérée comme une hérésie médicale. Si l’hystérie peut avoir son point de départ dans les ovaires, il est certain que cette affection appartient en propre au

système nerveux. Les troubles de l'innervation observés par les chirurgiens qui ont pratiqué la castration avec amélioration dans les symptômes n’étaient que des attaques hystériformes provoquées par des états pathologiques des ovaires, actionnant sympathiquement le système nerveux. Et il en est de ces attaques hystériformes comme de certaines attaques épileptiformes que nous avons décrites et qui cessent avec la cause tangible qui les produit.

Donc, à part le cas où les attaques hystériformes graves se trouvent sous la dépendance d’une affection chirurgicale, on doit rejeter Fopération de Battey, car on exposerait le sujet aux suites -dangereuses d’une grande opération sans aucun résultat et dans les mêmes conditions antiscientifiques que l’amputation d’un membre d’où partirait lWa épileptique.

Quant à l’ablation du clitoris, ou clitoridectomie, elle est tout aussi inutile, et nous sommes heureux de constater que, jusqu’à présent, elle n’a pas été faite en France.

Traitement médical et hygiénique. — Dans l’hystérie convulsive, on pourra essayer de faire avorter l’attaque, en donnant du chloral, sour forme de sirop ou de chloral perlé de Limousin , mais la base du traitement sera l’hydrothérapie. Quand les attaques reviennent a intervalles réguliers, le valérianate double de fer et de quinine sera bien indiquée. /;

Indépendamment de ces moyens, dans toutes les formes de la névrose, on devra combattre les altérations générales de la constitution, anémie, chlorose, lymphatisme ou scrofule, par le traitement particulier à ces diverses affections.

Il faut exiger la guérison des lésions des organes génitaux, s’il en existe, et régulariser les fonctions menstruelles. C’est un point très important.

Dans la dyspepsie, les amers et les eaux minérales gazeuses et alcalines donneront toujours de bons résultats, de même que la strychnine, l’électricité et le nitrate d’argent dans les paralysies, etles appareils métallothérapiques dans les anesthésies.

On combattra les névralgies par des frictions excitantes, par la vératrine, les bromures alcalins (le sirop de bromure de potassium de Laroze est une excellente préparation). On peut l’employer également dans l’hystérie épileptiforme.

^n même temps, on mettra en pratique tous les moyens fournis par l’hygiène morale : éviter toute cause d’excitation et d’émotion, procurer aux malades de nombreuses distractions, ne jamais les laisser dans l’isolement, leur faire faire beaucoup de gymnastique, les placer au grand air y en un mot soustraire le système nerveux aux causes multiples d’épuisement, et régulariser ses fonctions autant que possible. Dr Edmond Dupouï.

HYSTÉRIQUE. — Nom donné aux personnes atteintes d’hystérie. p. h.

HYSTÉROMÈTRE. - (V. Sonde utérine.)

HYSTÉROTOMIE. — L’hystérotomie n’est autfé autre chose que le nom scientifique de l'opération césarienne , et je renverrais simplement le lecteur a

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riprnier mot, si je ne voulais compléter ce qui a Çe,“ fjt précédemment sur cet intéressant sujet, tfnsi un nouveau procédé qu’on a appelé opérnn de Porro, du nom du professeur italien qui va vulgarisé de nos jours, mérite qu’on s’y arrête 1 instant. Frappé des hémorrhagies graves et ÏÏffuentes qui accompagnent la section de.l’utérus ri ns l’opération césarienne, hémorrhagies quon A it très difficilement arrêter et qui sont dues à la ïrande vascularité de la matrice au terme de la Grossesse, principalement au lieu d’implantation du nkcenta, le professeur de Pavie pensa quil ny Lait pas de meilleur moyen d’éviter ce danger que L sectionner l’utérus après avoir établi une forte ligature au-dessus de l’orifice interne du col. Par ce même procédé, il supprimait en même temps les hémorrhagies secondaires, et surtout le passage des lochies et des produits septiques qui, par la plaie utérine, pouvaient s’épancher dans la cavité péritonéale. Il abandonnait seulement dans le ventre le moignon de l’utérus sectionné comme on y laisse le pédicule d’un kyste de l’ovaire. Quand au traitement et pansement consécutifs, nous renvoyons à l’article Ooariotomie.

-L’hystérotomie, telle que je viens de la décrire comme corollaire de l’opération césarienne a, dans ces derniers temps, été très souvent pratiquée pour l’ablation des tumeurs fibreuses ou fibro-kystiques de l’utérus. Quand, après avoir épuisé tous les moyens médicaux pour combattre les hémorrhagies graves et les autres accidents qui sont la conséquence de ces sortes de tumeurs, on se décide a une opération chirurgicale, on ne voit pas toujours exactement si la tumeur qu’il s’agit d enlever a ou non un pédicule. Si cette tumeur est implantée de

telle façon que la partie pour laquelle elle reçoit ses vaisseaux est rétrécie au point de pouvoir être liée et sectionnée sans laisser une trop grande surface saignante , rien de mieux , et l’on se contente de l’ablation de la tumeur. Mais si cette dernière a sur l’utérus une trop large base d’implantation, ce sera l’utérus lui-même qui fournira le pédicule, et la ligature sera jetée, comme dans l'opération de Porro, a quelques centimètres audessus de l’insertion vaginale du col , puis on sectionnera au-dessus et on agira comme précédemment. On désigne plus volontiers aujourd’hui cette opération par "le mot d ’hysterectomie, qui veut dire ablation de l’utérus.

On a appelé également hystérotomie vaginale l’ablation d’une tumeur implantée sur le col et qu’on enlève par le vagin ; ou même l’extraction d’un polype de l’utérus qui est encore contenu dans la cavité de la matrice ou qui vient faire saillie à travers le col de l’organe, jusque dans le vagin et qu’on extrait en suivant cette voie (V. Polype, Ute-

Enfin, quelques auteurs ont encore appliqué le mot d’hvstérotomie vaginale aux incisions qu on est obligé quelquefois de faire, pendant hrtravml de l’accouchement, sur le pourtour de 1 orifice utérin qui reste rigide, rétracté d’une maniéré spasmodique, induré ou squirreux. On se sert pour cela, d’un bistouri boutonné, légèrement courbe, monte sur un long manche et qu’on nomme hysterotome. On pourrait également appeler hystérotomie la petite opération qu’on est oblige de faire quand les lèvres du col utérin sont agglutinées ou qu rky a oblitération sur une plus ou moins grande etendue I de la cavité cervicale. Dr a. de Soyre.

ICHOR. — Nom donné à la sérosité mêlée de sang et de pus qui s’écoule de la surface d’une plaie ulcéreuse. L

ICHTHYOL. — L’ichthyol est un nouveau médicament extrait par distillation d’une roche bitumeuse, trouvée en 1880, près de Seefeld, dans le Tyrol, par Schroeder, roche qui renferme un grand nombre de pétrifications qui paraissent avoir été des poissons et des animaux marins préhistoriques. Cette substance, d’une odeur très pénétrante, peu agréable, se présente sous la forme d’une masse molle, de consistance analogue à celle de la vaseline, et d’un aspect rappelant celui du goudron. Elle diffère toutefois des goudrons végétaux et minéraux connus, par son odeur d’abord, puis par ses propriétés physiques et chimiques ; elle est soluble en partie dans l’éther et dans l’alcool, et totalement dans un mélange de ces deux liquides • mélangé à l’eau, elle s’émulsionne ; enfin elle est miscible avec les huiles et la vaseline en toute proportion. L’analyse chimique y a découvert environ 10 p. 100 de soufre et une notable quantité d’oxvgene, ainsi que du carbone, de l’hydrogène et des traces de phosphore.

Les premières applications de l’ichthyol à la thérapeutique sont dues au professeur Unna Le savant dermatologiste allemand frappé des fortes proportions de soufre contenues dans ce produit a cherché à l’utiliser dans le traitement d’un certain nombre de maladies de la peau. Il résulte des observations publiées en 1885, dans le Céntralblatt fur Thérapie , que l’ichthyol lui a donné des résultats excellents dans le traitement de l’eczéma, surtout de l’eczéma circonscrit et humide des mains et des bras, de l’eczéma papuleux des surfaces de flexion et des eczémas parasitaires. Il emploie ce médicament d’après la formule suivante :

Vaseline Ichthvol .

100 grammes la à 20 —

pour les adultes et

. Vaseline .

Ichthyol .

100 grammes 5 à 10 —

pour les enfants. Sous son influence, les surfaces suintantes se dessèchent, l’épiderme se reforme,, les douleurs et les démangeaisons parfois si pénibles disparaissent avec une rapidité étonnante. Unna a aussi employé avec succès l’ichthyol contre le favus et l’acné rosacée. Par contre ce médicament ne lui a pas donné grand résultat contre le psoriasis.

Ajoutons, en terminant, que Unna a employé 1 ichthyol en frictions dans le traitement des rhumatismes articulaires et musculaires chroniques, te que ce médicament a produit la disparition des douleurs avec une rapidité qu’il qualifie lui- même détonnante. n, Pim T ln4DT[ra. -

ICHTHYOSE. — Nom donné par les dermatologistes a une maladie de peau qui est « caractérisée par une hypersécrétion, avec épaississement hypertrophique, induration, rugosités, et souvent exfoliation de 1 épiderme qui se détache alors en lamelles, tantôt minces et pulvérulentes, tantôt piquantes et cornées ; de sorte que la peau ressemble a la peau écailleuse d’un poisson, ou à la peau épaisse, seche et raboteuse d’un saurien. » (Guibout) Lette affection qui est généralement héréditaire, et qu on rencontre dans les deux sexes, débute dans a première ou la seconde année de la vie, et présente une plus grande intensité en hiver qu’en été. Les AU1 e^sont atteints sont toujours malingres, ^6tdf1CatS- Les fonctions de la peau s’acmphssant très ma), il en résulte des troubles consecutifs des organes internes thoraciques ou ominaux qui altèrent profondément la santé, si bien que presque tous finissent par arriver à un

nhth1vinp î® ™arasme> et succombent à la phthisie ou a la fievre hectique.

*?!’ jusqu’à présent du moins, une SÜ ■ “Ia 1,6 reut Pas dire qu’il faille ?-a ?lle-mémc’ au contraire. 11 faut nar defdn to“lber les squames par des bains, mon de nota h6S'/a!' d<!S fricli°nS **<* du SaVOn mol? potasse, de la graisse, de l'huile de foie de

“houe • ™me'îî-0r? P" 1'?”™loppement au caout- ) ir la peau à l’aide de bains alcalins

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tidiens, au sortir duquel, la peau, étant esî11 ^ sera frictionnée avec un glycérolé d’amidon; 8Ufin instituer une médication interne tonique ferrugineux, arsenic, quinquina, Colombo, etc.) fmi mette le malade à même d’opposer une plus ■Lande résistance à la maladie. Dr Paul labarthe.

ICTÈRE. — On donne le nom d’ictère à la présence de la bile dans le sang, se traduisant par la coloration jaune de. la peau et des muqueuses et l’élimination par l’urine des pigments biliaires.

L’ictère est un symptôme commun à des états pathologiques très divers.

Caractères de l’ictère. — La présence de la bile dans le sang se traduit : 1° par la coloration jaune de la peau et des muqueuses; 2° par la présence du pigment biliaire dans l’urine, les sueurs, les larmes, etc. A ces signes fondamentaux Viennent s’en joindre d’autres moins importants, tels que la décoloration des matières fécales, le ralentissement du pouls, les troubles digestifs, etc.

La coloration jaune débute par la face et plusparticulièrement par les conjonctives et la muqueuse sublinguale, puis elle s’étend aux tempes, aux ailes du nez et finalement à tout le tégument (cependant elle peut rester circonscrite) ; les parties supérieures du corps sont donc envahies les premières, c’est aussi, en général, par elles que commence la disparition de l’ictère. Il est à peine besoin d’ajouter que cette coloration jaune se rattache au dépôt de pigment biliaire dans les couches profondes de l’épiderme.

La matière colorante de la bile circulant avec le sang va naturellement imprégner tous, les tissus, tous les liquides normaux ou pathologiques, en un mot, toutes les parties de notre organisme qu’aborde le sang, les viscères, les milieux de l’œil, les produits pathologiques, tels qu’ épanchements pleuraux, etc.

La' peau est souvent le siège de démangeaisons et parfois d’une desquamation furfuracée.

La matière colorante s’élimine par l’urine, la sueur, les larmes et le lait.

L’élimination du pigment biliaire par l’urine est très rapide et très active, et souvent même elle commence avant la manifestation de la teinte jaune. L urine est épaisse, rare, très .brune, couleur acal°u; bien que ces caractères physiques soient très significatifs, on peut les contrôler à l’aide de certains procédés chimiques qui isolent la matière colorante de la bile et en décèlent des quantités même fort minimes et inappréciables à la simple vue. Le procédé le plus simple consiste à placer l’urine dans un tube en verre et à y verser goutte à goutte un peu d’acide nitrique, l’acide coule au tond du récipient et entre les deux liquides apparaît une zone verte très caractéristique, bans les ictères par occlusion des voies biliaires, es matières fécales sont décolorées, grisâtres, très ures. On sait que c’est à la bile qu’elles doivent enr couleur normale, brune ou verdâtre. Dans os ictères symptomatiques d’une maladie génée, dune fièvre palustre, d’un empoisonnement, es matières sont, au contraire, bilieuses, verdâsi molles ou même liquides.

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Chaque fois qu’un individu est atteint d’ictère, son pouls diminue de fréquence, il peut tomber à 40 pulsations et même au-dessous. Le dombre des mouvements respiratoires diminue, mais d’une façon moins notable; la température resté normale. De telle sorte que soixante pulsations peuvent, chez un ictérique, être l’indice de la fièvre.

Les troubles digestifs accompagnent fréquemment l’ictère ; la langue est blanche, l’appétit diminué, la soif vive, le malade éprouve un sentiment de pesanteur au niveau de l’estomac et il se plaint d’un malaise général, et parfois d’un embarras intestinal que l’on peut rapporter à la suppression de la bile qui, à l’état normal, joue un certain rôle dans la digestion des matières grasses.

L’ictère coïncide fréquemment avec des hémorrhagies; dans les fièvres graves, la fièvre jaune, l’hépatite diffuse, on observe, en même temps que la coloration jaune de la peau,' des hémorrhagies par diverses muqueuses ; mais, même dans l’ictère catarrhal le plus bénin, il y a très souvent des épistaxis.

Y a-t-il entre l’ictère et les hémorrhagies une relation de cause à effet ? Quelques auteurs le croient et attribuent les hémorrhagies à l’action dissolvante de la bile sur les éléments globulaires du sang, d’autres n’y voient que les effets d’une même cause générale ou de l’anémie.

La marche, la durée et les terminaisons de l’ictère sont entièrement subordonnées à ses causes ; l’ictère catarrhal, ou par cause morale, disparaît en quelques jours; celui qui sê rattache à un calculs’efface peu de temps après l’arrivée du calcul dans l’intestin, mais persiste indéfiniment si le calcul oblitère les voies biliaires ; il en est de même dans les cas de compression par des tumeurs, etc.

Comment se produit l’ictère. — Le sang normal ne renferme pas de bile, la bile est sécrétée par le foie, et pour qu’il y ait ictère, il faut que la bile, au lieu de parcourir ses' voies naturelles pour arriver dans l’intestin, éprouve dans son cours normal une déviation qui la fasse passer dans le sang.

L’ictère tient à ce que la bile, au lieu de se diriger vers les canaux hépatiques, se dirige vers les veines sus-hépatiques ; or, cette fausse direction se rattache à des causes très diverses, les unes parfaitement connues, les autres entourées encore d’une certaine obscurité.

Dans quelles maladies s’observe l’ictère? — L’ictère s’observe : 1° Lorsqu’il existe un obstacle

MÉCANIQUE SUR LE TRAJET DES VOIES BILIAIRES. La bile

s’accumule en arrière de l’obstacle jusque dans la cellule hépatique, et de là elle pénètre dans les veines sus-hépatiques et dans la circulation gene-

Le mécanisme de cet ictère est parfaitement démontré : liez le canal cholédoque chez un animal, vous allez le voir devenir ictérique au bout dun certain temps (deux jours en moyenne). Or, les causes d’occlusion peuvent être à l’intérieur ou a l’extérieur des canaux excréteurs de la bile : dans le premier ordre se rangent : les calculs biliaires, . plus rarement les vers intestinaux qui s’engagent I dans le canal cholédoque, l’inflammation catar-

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rhale de la muqueuse qui tapisse les voies biliaires ; cette inflammation, qui est souvent l’extension d’un catarrhe stomacal et intestinal, produit un gonflement et une prolifération épithéliale suffisants pour déterminer la stase biliaire, c’est le mécanisme de l’ictère catarrhal.

Les causes d’occlusion placées à l’extérieur des voies biliaires comprennent tous les changements de volume, de forme, de rapports, éprouvés par les organes voisins (cancer du pylore, du foie, brides péritonéales, tumeurs du foie, engorgements ganglionnaires, etc.).

2° Ictère dans les maladies du foie. — L’ictère est plus rare, riioins prononcé dans les maladies du foie que dans les cas d’occlusion des voies biliaires. On l’observe :

Dans la congestion du foie, il est probable que cette congestion exagère la sécrétion biliaire de telle sorte que les voies biliaires, tout en restant libres, se trouvent insuffisantes à éliminer cette quantité anormale de bile ; il y a donc stase biliaire et ictère.

Les gens atteints de maladies du cœur présentent fréquemment une suffusion jaunâtre des sclérotiques et une teinte brune dé la peau; elle se rattache à la compression des canalicules biliaires par les veines sus-hépatiques dilatées et gorgées de sang.

L’hépatite aigue peut donner lieu à l’ictère, mais ce symptôme n’est ni constant, ni même ordinaire; lorsqu’il s’observe, on peut le rattacher soit à un catarrhe concomitant des voies biliaires, soit à l’oblitération de quelques canaux biliaires autour du foyer, soit, dans le cas d’abcès, à la pression qu’il exerce sur les voies biliaires.

L’ictère grave s’accompagne d’un ictère dont la teinte s’accentue de plus , en plus. Cet ictère a été expliqué de plusieurs façons ; au début il parait se rattacher à la congestion hépatique.

Les tumeurs du foie (hydatides, cancer) peuvent accidentellement produire l’ictère par la compression de quelques canaux biliaires.

L’ictère existe rarement dans la cirrhose ; lorsqu’on l’observe, on peut l’attribuer, si l’affection est encore à ses débuts, c’est-à-dire dans sa phase congestive, à l’exagération de la sécrétion biliaire; si, au contrairè, elle est à sa fin, à l’occlusion de quelques canaux biliaires par les brides de la capsule de Giisson (V. Foie).

En résumé, l’ictère n’est point la règle dans les maladies du foie ; lorsqu’il existe, il se rattache soit aune hypersécrétion de la bile rendant les canaux biliaires insuffisants, soit à une compression accidentelle des canaux ou des capillaires biliaires ; les ictères survenus dans les maladies du foie rentrent donc, en réalité, dans la classe des ictères par obstacles mécaniques.

3° Ictère dans les maladies générales, les fièvres, les empoisonnements. — L’ictère s’observe dans le cours de certaines fièvres, dans la fièvre jaune dont il constitue le symptôme principal, dans les fièvres palustres, etc. Dans les pays chauds, il complique la plupart des maladies générales (on sait combien les maladies du foie sont fréquentes dans ces régions) ; dans nos pays, on voit souvent

des états bilieux se déclarer sous forme endémiqUe saisonnière, etc.

L’ictère se voit encore dans certaines affections * localisées ( pneumonie , pleurésie, érysipèle, brû. lure, etc.), sans que dans bien des cas on puiSse invoquer une action de voisinage.

Enfin, il s’observe dans plusieurs empoisonne, f ments, tels que infection purulente et putride t \ empoisonnement par le phosphore, l 'alcool, l'éther i et le chloroforme, par le venin des serpents à son- ! nettes, etc. . '

Le mécanisme des ictères de ce groupe n’estpoint aussi saisissable que celui des autres variétés ; il faut, mais sans bien grandes preuves, invoquer un état congestif du foie, produit soit par sympathie, soit par l’action d’une température élevée, une perversion fonctionnelle qui entraînerait la bile vers le sang, une influence nerveuse particulière et de nature inconnue.

1° Ictère par émotion morale. — Depuis bien longtemps on a remarqué qu’une violente émotion pouvait provoquer l’apparition d’une jaunisse survenant tout d’un coup ou seulement au bout de quelques heures. Villeneuve parle de deux jeunes gens qui, à la suite d’une discussion, mirent l’épée à la. main ; l’un d’eux devint pâle subitement, de sorte que l’autre, effrayé de cette transformation, laissa tomber son arme.

On a cherché à expliquer sa production de deux manières .:

1° Par un spasme du canal cholédoque occasionnant un arrêt de la bile; mais, outre que le peu de fibres musculaires contenues dans les parois de ce canal rend l’existence de ce spasme fort peu probable, comment expliquerait-il l’apparition subite de l’ictère, alors que la ligature du canal cholédoque n’est suivie de jaunisse qu’au bout de quarantehuit heures ou de trois jours ?

2° Par une action nerveuse aussi inconnue dans sa nature et son mécanisme, mais du même ordre que celle . qui détermine l’apparition du sucre dans l’urine après la piqûre du plancher du quatrième ventricule.

5° L’ictère est fréquent chez les nouveaux-nbs ; il peut, sans nul doute, se rattacher à diverses causes, telles que : embarras gastrique et catarrhe des voies biliaires, érysipèle du cordon ombilical, etc-, mais il est un ictère qui leur est spécial, qui se développe quelques heures ou quelques jours après la naissance, et se dissipe rapidement. A quoi tient-u ; Est-ce à une congestion hépatique produite par le fait de l’impression de l’air froid sur la peau ? Estce aux changements produits dans la circulation hépatique par la dilatation du poumon qui aspire1® sang veineux et diminue ainsi la pression dans les capillaires hépatiques ?

Comment reconnaître les causes de l’ictere •

— Nous venons de voir que l’ictère est un syinp' tome commun à des états pathologiques très divers : dans les uns il n’est qu’un épiphénonaen^ sans importance, telles sont les teintes icteri' ques ou subictériques observées chez les gen* atteints de maladies du cœur, dans le cours de pIieU' monie, etc., infection purulente, fièvre palustre) etc.; dans ces diverses circonstances, la constâ 8

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cette teinte peut indiquer un état congestif tion de g ejle ne fournit que bien peu d’élédtt Tau diagnostic et aü pronostic.

Tette réserve faite, examinons les cas les plus or-

diDairfûn ictère bien prononcé qui est survenu

V une personne d’un certain âge qui, tout d’un Ch6Z ^ probablement deux ou trois heures après son coUp’ v prise de douleurs fort vives dans l’hy- Shondre droit et l’épigastre, douleurs suivies de mWements ; l’ictère ne s’est manifeste que plu- V°pnrs heures après la crise ; vous diagnostiquez • Lent l’obstruction du canal cholédoque par un Talcul * si la douleur a disparu, c’est que le calcul PSt arrivé dans l’intestin ; filtrez les matières, vous y trouverez le corps du délit : si les douleurs persistent, le calcul est encore engagé.

L’ictère est survenu chez une personne qui souffre peu, mais qui, depuis quelques jours, éprouve des symptômes d’embarras gastrique : il s’agit d’un ictère simple ou catarrhal.

L’ictère est survenu tout à coup chez une personne bien portante, à la suite d’une colère* d’une frayeur, d’une vive émotion, les circonstances dans lesquelles il se produit, le bon état de la santé générale vous apprennent qu’il s’agit d’un ictère par émotion morale.

Voici un malade qui, depuis une ou deux semaines ou seulement depuis deux ou trois jours, présente les symptômes d’un catarrhe gastro-intestinal avec ictère, lorsque vous constatez une aggravation notable dans son état : sa température s’élève a 40°, il ne dort plus, son pouls est petit, fréquent, irrégulier, sa jaunisse se marbre de plaques bleuâtres, il survient des hémorrhagies par le nez, les muqueuses utérine, digestive, etc.; enfin il est pris de délire, de convulsions, et il tombe dans un coma, bientôt mortel : c’est un ictère grave ou hépatite ùguë, maladie heureusement fort rare.

Quant aux tumeurs du foie, cancer, kystes hydatiques, l’ictère n’occupe dans leur séméiologie qu’un rôle très secon daire. Dr Léon Ioynac.

ICTÈRE SIMPLE OU CATARRHAL. — L’ictère catarrhal est celui qui se rattache à l’inflammation catarrhale des voies biliaires, inflammation que l°n a encore désignée sous le nom d 'angiocholite.

La membrane muqueuse qui tapisse les voies binaires, s’enflamme, se gonfle, oblitère ces conduits empêche l’arrivée de la bile dans l’intestin ; la

de s’accumule dans le foie, passe dans le sang et Va colorer tous les tissus : voilà l’origine de l’ictère catarrhal.

- — survient souvent au printemps

en automne par le fait des refroidissements ; elle Peut régner d’une façon épidémique comme les emrras gastriques ; elle n’est souvent que l’extension » ^ catarrhe gastro-intestinal produit lui-même tL , écarts de régime. Elle peut être symptomahque de calculs biliaires.

?asiv S'ymPtômes sont d’abord ceux d’un embarras lé»P^Ue ^an§ue sale, anoxerie, malaise général, domMmremfcnt fébrile ou plus simplement une r dans l’hypochondre droit); au bout de quel¬

ques jours (quatre à dix) l’ictère apparaît. La coloration jaune débute par la face, souvent par les conjonctives, puis elle se généralise en présentant une intensité variable, tous les liquides de l’économie (sueur, larmes, lait), les liquides pathologiques eux-mêmes, prennent la coloration jaune; dans des cas très rares la coloration de l’humeur aqueuse fait voir les objets en jaune. L’urine est très épaisse et l’on peut y révéler la présence des matières colorantes de la bile en la traitant par la teinture d’iode ou l’acide nitrique versé goutte à . goutte, l’acide gagne le fond du vase et entre les deux liquides apparaît une zone verte au-dessus de laquelle se trouvent souvent diverses nuances (bleu, rouge, jaune). Très souvent le*malade éprouve des démangeaisons pénibles, sa peau prend un aspect huileux.

Le pouls devient très lent, probablement par une action directe de la bile sur les contractions cardiaques.

Les matières fécales devant leur coloration à la bile sont nécessairement décolorées dans les cas d’ictère, elles présentent un aspect argileux, grisâtre.

Le foie est augmenté de volume, ainsi que la vésicule biliaire, par rétention de la bile, ..ce que l’on peut constater par la percussion qui est souvent: un peu douloureuse.

Dès que l’ictère s’est manifesté, il survient une grande amélioration dans les symptômes généraux ; quelques malades, quoique encore très jaunes, reprennent leurs occupations, la fièvre tombe, et en huit à dix jours, la teinte morbide a disparu. Mais il n’en est pas ainsi lorsque l’ictèré est symptomatique de calculs (Y . Foie [calculs du]). ,

Le traitement consiste à s’occuper d’abord de l’embarras gastrique, que l’on traite par des vomitifs, des purgatifs, des boissons acidulés et la diète. S’il existe de la diarrhée on administrera la médication propre à cette affection Diarrhée), Plus tard, si. la constipation apparaissait, on aurait récours aux médicaments employés contre cet état (V. Constipation ). Dr Léon Moynac.

ICTÈRE GRAVE. — On désigne sous ce nom une maladie caractérisée, au point de vue clinique, par de l’ictère, des hémorrhagies multiples et des phénomènes ataxo-adynamiques, et, au point de vue anatomique, par une atrophie jaune aigue du foie, très probablement de nature inflammatoire.

Quelle est la nature de l’ictère grave . : •

1» opinion. - L’ictère grave est une maladie générale analogue aux pyrexies et engendree soit par un ensemble de causes débiiitantes ^rousseau), soit par un poison d’une nature particulière agis sant spécialement sur le foie (Bud ) .

2e ooinion. - L’ictère grave aurait pour point de déparf une accumulation de la bile dans le foie ; cette accumulation serait due à une hypersécrétion HenochToTà une stase par paralysie des conduits Eres (von Dusch); elle détruirait mécaniquement les celMeshepatiques^^ ^ autre choge

que laf fièvre jaune éclatant dans nos climats sous une influence inconnue (Behier);

4e opinion. — L’ictère grave est l’expression d’une nflammation aiguë et diffuse de tout le parenchyme du foie ; un exsudât inflammatoire s’épanche dans les cellules hépatiques et sur leur pourtour, les étouffe et, à leur niveau, le foie est détruit et atrophié (Bright, Frerichs, Lebert, etc.)

Un peu plus fréquent chez la femme que chez l’homme, l’ictère grave a été surtout observé de vingt à trente ans chez les personnes débilitées par les excès, par les chagrins, les privations, les maladies antérieures. On a plusieurs fois observé de petits foyers d’ictère grave ; cela prouve-t-il sa nature épidémique, contagieuse ou miasmatique?

L’atrophie du foie s’observe encore sous l’influence de certains empoisonnements (phosphore, arsenic, belladone), à la suite de plusieurs maladies (typhus, pneumonie, tubercules), consécutivement à l’oblitération des voies biliaires (tumeurs de nature diverse), mais ce n’est pas là la maladie que l’on désigne sous le nom d’ictère grave. L’évolution de la maladie peut être divisée en deux périodes : la première d’inflammation, la deuxième d’intoxication.

La première période consiste en symptômes de catarrhe gastr o- duodénal : le malade perd l’appétit et le sommeil, il éprouve des nausées et des vomissements bilieux, il souffre de la tête et il est atteint de courbature, d’une -fièvre légère, puis l’ictère apparaît. Celte première période a une durée fort variable ; elle peut être courte au point de passer inaperçue ou se prolonger durant plusieurs jours.

La deuxième période est caractérisée par de l’ictère, des hémorrhagies multiples et un état général grave.

L’ictère prend en général une teinte de plus en plus foncée, la face jaune est marbrée çà et là de plaques cyanosées, la conjonctive est congestionnée. La région du foie est sensible, et par la percussion on peut, parfois apprécier la diminution de son volume, et au contraire l’hypertrophie de la rate.

Bientôt le sang s’extravase de la plupiart des vaisseaux, il se répand à la surface des muqueuses : de là des épistaxis, des hématémèses, des métrorrhagies, du mélæna; il s’infiltre dans le tissu cellulaire en produisant des ecchymoses et du purpura ; il peut même s’épancher dans la. substance cérébrale, en produisant les symptômes de l’hémorrhagie cérébrale. Ces diverses hémorrhagies doivent être attribuées à l’altération considérable du sang.

L’état général est" profondément altéré, d’où le nom d’ictère grave ou typhoïde; la température s’élève à 40 degrés et même au delà, avec une légère rémission matinale ; le malade tombe dans la stupeur, les lèvres et les dents se couvrent de fuliginosités; bientôt survient du délire, des convulsions et un coma mortel.

L’ictère grave dure une semaine environ; on cite quelques cas de guérison , mais ils sont trop rares pour alléger la gravité du pronostic.

Pendant la première période, le diagnostic est à peu près impossible; dans la deuxième, il s’établira sur l’ictère, les hémorrhagies et la gravité de l’état général.

L’empoisonnement par le phosphore peut déterminer dès accidents absolument semblables à ceux de l’ictère grave : c’est qu’en effet le phosphore produit la même atrophie jaune aiguë du foie ; jes antécédents permettront d’établir le diagnostic.

La fièvre jaune ressemble beaucoup à l’ictère grave ; elle s’accompagne, il est vrai , de douleurs lombaires affreuses et d’hémorrhagies gastro-intestinales très abondantes. D’ailleurs plusieurs médecins considèrent l’ictère grave et la fièvre jaune comme étant la même maladie. .

Jusqu’à présent les divers traitements employés n’ont produit aucun bon résultat ; on a essayé les purgatifs salins, les toniques administrés sous forme d’extrait de quinquina, d’alcool, etc.

Dr Léon Moynac.

IDÉES FIXES. — (Y. Monomanie.)

IDENTITÉ. — Médecine légale. — Les questions d’identité sont soulevées lorsqu’il s’agit de déterminer : 1° si un individu est bien celui qu’il prétend être, comme lorsqu’un absent reparaît et réclame ses droits de famille; 2° s’il est celui que l’on présume reconnaître et auquel s’adresse une question judiciaire; 3° si le cadavre ou le squelette soumis à l’examen est celui de tel individu, présumé victime d’un assassinat ou d’un empoisonnement.

Dans le premier cas, l’identité s’établit le plus souvent par des papiers et des titres; cependant la . loi a précisé certaines circonstances dans lesquelles les connaissances médicales peuvent être requises. On en jugera par l’exposé des articles de la législation qui se rapportent aux preuves de la filiation des enfants légitimes.

Législation. — Code civil. Art. 319. — La filiation des enfants légitimes se prouve par les actes de naissance inscrits sur les registres de l’état civil.

Art. 320. — A défaut de ce titre, la possession constante du titre d’enfant légitime suffit.

Art. 321. — La possession d’état s’établit par une succession constante de faits qui indiquent le rapport de filiation# de parenté entre un individu et la famille à laquelle il prétend appartenir.

Les principaux de ces faits sont :

Que l’individu a toujours porté le nom du père auquel ilprétend appartenir ;

Que le père l’a traité comme son enfant, et a pourvu en cette qualité 'a son éducation, a son entretien et à son établissement;

Qu’il a été reconnu constamment pour tel dans la société; Qu’il a été reconnu pour tel dans la famille.

Art. 323. — A défaut de titre ou de possession constante, ou si l’enfant a été inscrit soit sous de faux noms, soit comme né de père et de mère inconnus, la preuve de la filiation peut se faire par témoins.

Néanmoins cette preuve ne peut être admise que lorsqu’il y a commencement de preuve par écrit, ou lorsque les Pr^' somptions ou indices résultant de faits constants sont assez graves pour déterminer l’admission.

Ce sont ces présomptions et ces indices que 1® médecin est quelquefois appelé à constater, et dom il a à déterminer la valeur au point de vue oe l’identité.

Les questions d’identité se résolvent d’après les

• irrités de conformation ou d’altération papartimii8- g que la dale et ia nature de cer-

tbolog1? ’ ices, les nmvi materni existants ou taineS ^ d dissimuler ou a effacer. Certaines du’°f^ons laissent chex ceux qui les exercent des P^Ltes caractéristiques; enfin, la dentition, le îAnnpment du système osseux, la coloration £e^urnissenf des signes d'une grande va-

lefVer __ indices de l’identité sur le vivant. i a rélèbre consultation de Louis, par laquelle il rviQt à faire réintégrer un individu qui avait ele condamné comme faussaire et imposteur, nous paraît nropre à montrer l’intervention medico-legale, dans le cas d’identité sur le vivant. Nous en donnons un résumé d’après Briand et Chaudé :

(l on a prétendu que l’individu qui s’est présente sous le nom de Baronet est le fils de François Bajjilot ; mais Babilot avait à la cuisse une tache indélébile, une tache qu’on n’aurait pu faire disparaître qu’au moyen de caustiques, qui auraient laissé des cicatrices, ou en appliquant sur la peau quelque couleur, que les lotions effaceraient facilement. Or, Baronet n’a à la cuisse ni taches ni aucune trace de l’action d’un acide ou- d’une matière colorante. Babilot avait les épaules hautes, mais il était très droit et bien fait. Il ne boitait pas. Baronet est voûté, il a une jambe un peu plus courte que l’autre, et les malléoles très grosses ; il a la colonne de l’épine contournée, sans doute à cause. de l'habitude qu’il a contractée de marcher incliné de l’autre côté, pour corriger les inconvénients de la claudication. Babilot doit avoir une cicatrice à lajoue: nous n’en voyons pas sur Baronet. Nous lui voyons une cicatrice au sourcil, et, en effet, Baronet avait au sourcil une cicatrice, suite d’un coup de pierre, ainsi qu’il est attesté par celui même qui l’avait lancée. Suivant tous ceux qui ont connu Babilot, il doit avoir à la partie droite du visage, près du cou, une cicatrice d’humeurs froides guéries, et cette cicatrice, qui a succédé à l’ouverture spontanée d’un abcès scrofuleux, doit être ronde et située dans la région correspondant aux glandes. Nous voyons au contraire chez Baronet une cicatrice longue, s’étendant le long du bord de lu mâchoire inférieure, depuis l’angle jusqu’au menton. Sa largeur et la manière dont la cicatrisation s’est opérée annoncent qu’il y a eu blessure Pur un corps contondant, tel qu’un -coup de pied de cheval, et l’on sait que, en effet, Baronet a reçu 1111 pareil coup, etc. »

Comme signes d’identité, il faut étudier : le tatouage , la coloration des poils , les cicatrices et les stigmates professionnels (Y. ces mots).

§ 2. — Indices de l’identité sur le cadavre et le squelette. — Presque tous les caractères qui sont Propres à établir l’identité de l’individu vivant sont paiement applicables au cadavre; cependant, si ce ui-ci est dans un état de putréfaction avancée, sil est réduit à l’état de squelette, il faut avoir ecours à d’autres caractères pour constater l’idenhv ^Çdes recherches d’Orfila et des médecins

gistes qui l’ont suivi, nous ont fourni à cet égard précieux moyens de contrôle.

xpert chargé de constater l’identité d’un cada-

vre devra noter avec soin l’état de décomposition, et faire aussi exactement que possible le signalement de l’individu décédé. Lorsque les circonstances le permettront, il aura recours à la photographie qui reproduira non seulement les traits du cadavre, mais encore l’aspect et la disposition des lieux qui ont été le théâtre de l’évènement.

Les recherches porteront ensuite sur I’age, le sexe et la stature.

Pour la détermination de Page, nous prions le lecteur de se reporter au mot Fœtus où sont énumérés les caractères propres à déterminer l’âge ■ pendant la vie intra-utérine et au moment de la naissance. Depuis la naissance jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans, époque à laquelle le tissu osseux a acquis tout son développement, la détermination de l’âge s’appuie presque exclusivement sur les caractères fournis par la dentition et le développement des os (Y. Dent, Os, Squelette).

Le sexe se détermine par l’examen du squelette

(V. ce mot). . ,.11

Enfin, on obtient la stature en ajoutant a la longueur totale du squelette, environ 5 centimètres pour l’épaisseur des parties molles, détruites; mais lorsqu’un temps très long s’est écoulé entre la mort et la découverte du cadavre, il est impossible de rétablir les rapports des os et d’obtenir une mesure exacte. On peut cependant avoir la stature en tenant compte des rapports qui existent entre la longueur totale du squelette et celle de chacune de ses parties (V. Squelette). Dr A. Lutaud.

IDIOPATHIE. — Nom donné par les médecins à une maladie qui existe par elle-même, c’est-à-dire qui n’est ni un symptôme, ni la conséquence d une autre affection. p- L*

IDIOSYNCRASIE. — On désigne sous le nom d’idiosyncrasie une disposition particulière a un individu qui fait qu’il jouit d’une immunité plus ou moins complète pour certaines maladies ; ou, au contraire qu’il en est atteint beaucoup plus facile- . ment qu’un autre. On désigne encore sous ce nom, une aptitude spéciale de certains individus a etre affectés d’une manière toute particulière par un aliment ou un médicament. P- ^

IDIOTIE, IMBÉCILLITÉ. - On désigne sous les noms d’idiotie et d’imbécillité des arrêts de développement des facultés intellectuelles, morales et sensorielles, correspondant à un defaut d organisation ou de développement des centres nerveux ■

Cette infirmité est congénitale et ne doit pas i et confondue avec la démence ; elle survient ai ant ou un peu après la naissance. On naît donc idiot ou imbécile, mais on ne devient dement qu a la suite d’affections -vésaniques. Esqmrol a bien fait comprendre la différence qui existe entre ces deux états d’infériorité intellectuelle, en disant : « Le dement es\ privé des biens dont il jouissait autrefois, cest un riche devenu pauvre ; l’idiot a toujours ete dans l’infortune et la misère.» L’imbécillité est un degre i ntortuneet i de même que l’abrutissement

représente l’idiotie avec un équivalent en plus. Pinel tce.» série la stupidité et Comme

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exemple, il cite une jeune fille de onze ans observée par lui à la Salpêtrière : « Elle était sourde, muette, aveugle. On l’avait trouvée presque mourante, à côté de sa mère, décédée depuis plusieurs jours; c’était le vrai type de l'abrutissement ; elle avait moins d’instinct qu’une huître, puisqu’au moins cette huître sait se nourrir. » Pour lui, cet abrutissement, amentia, est le dernier terme de l’idiotie.

L’idiot est toujours atteint d’imperfections physiques, intellectuelles et morales. 11 a le crâne déformé, généralement en pain de sucre. Il a sur sa physionomie un masque spécial de bestalité ; il a des tics, il rit stupidement. Son regard est sans ex-? pression, et sa bouche, toujours ouverte, laisse voir une dentition irrégulière. Il est petit, chétif, difforme, bouffon. Ses mouvements, sont incorrects, maladroits, saccadés. Sa parole faible est bégayante, nazonnante ou zézayante. Il a des tendances à la masturbation et à la pédérastie: Il est vorace, glouton et malpropre : c’est un dégénéré, un héréditaire, moins qu’un animal; c’est le dernier des êtres humains dans la psychologie morbide. Il est d’ailleurs toujours plus ou moins atteint de paralysie. *

Les facultés mentales de l’idiot sont plus que rudimentaires. Indifférent à tout, excepté aux victuailles qui flattent son goût et aux morceaux de clinquant avec lesquels il fait semblant de jouer, le malheureux n’a qu’une existence végétâtive. lî n’a ni mémoire, ni jugement, ni conscience du bien et du mal. Aussi doit-il ' toujours être considéré comme irresponsable des crimes et délits qu’il peut commettre, principalement des incendies qu’il a une tendance à allumer, parce que le feu possède pour ses yeux une séduction quelquefois irrésistible, comme tout ce qui. brille et influence fortement sa rétine.

Les défectuosités physiques de l’idiot peuvent se résumer en une diminution de la capacité crânienne et l’ossification prématurée des sutures Ç microcéphalie ), l’infériorité de poids du cerveau, l’irrégularité des circonvolutions, l’endurcissement de la substance. grise et plus encore de la substance blanche, l’arrêt de développement des réseaux capillaires de l’é'corce, l’asymétrie crânienne la voussure de la voûte palatine, et les déformations multiples du squelette et des viscères de l’organisme. - °

- L’imbécile. L’obtusion intellectuelle est beaucoup moins prononcée chez l’imbécile que chez l’idiot La tête est plus petite qu’à l’état normal, toujours irrégulière; son front est peu développé. La face est élargie transversalement et la physionomie est sans expression.

Physiquement, l’imbécile diffère peu de l’état normal: il n’est plus rachitique comme l’idiot, mais comme lui il est sujet aux hémyplégies partielles, aux contractions, aux pieds-bots. Et plus que lui encore, il se livre à la masturbation et à toutes les pratiques de l’onanisme.

L’imbécile est orgueilleux, vaniteux, menteur paresseux, égoïste, incapable d’effort intellectuel’. Il possède quelquefois cependant un aptitude spéciale pour la musique. Il est inaccessible aux sen¬

timents affectifs. Il parle beaucoup, mais s’ar a souvent, ne sachant plus ce qu’il veut dir • interrompt ceux qui parlent, de peur de voir ^ pensée lui échapper. Il peut acquérir une certa'^ instruction élémentaire, mais jamais fournir ^ travail réclamant de la réflexion et de l'intelligen^ Complétons le tableau, en disant que génér ment l’imbécile a une tendance au mal, au vol ^ meurtre, aux passions érotiques ; qu’il est soif vent incendiaire ; et, comme l’idiot, qu’il doit êtr considéré comme irresponsable des actes coupables qu’il peut commettre.

Dans la classe des imbéciles, il y a une catégorie de sujets qu’il faut différencier ; ce sont des dégénérés, qui ne présentent que de la faiblesse d’es- 1 prit ; c’est ce qu’on peut appeler des demi-imbéciles

Physiquement, ils sont ou très grands; plus forts que les individus de leur âge, ou au contraire frêles délicats, mignards.

Ils ont la tête pétite, la face développée, les yeux éteints, les lèvres épaisses; et ils sont assez souvent strabiques.

Les organes sexuels se développent chez eux tardivement et la menstruation ne s’établit chez les filles qu’à un âge assez avancé. 1 .

L’intelligence de ces demi-imbéciles est lente, inhabile aux conceptions profondes, mais leur mémoire est parfois prodigieuse: Ils n’ont que cela. Jugement faux, idées enfantines et banales, vanité ridicule, conversation composée de lieux communs, de mots creux et sonores: tel est leur triste apanage.

L aristocratie1 possède un nombre considérable de ces demi-imbéciles, êtres incapables et prétentieux, allant à l’église le matin et dans . les mauvais lieux le soir, dévots et débauchés, susceptibles de toutes les mauvaises actions, commettant des faux, des. indélicatesses, des abus de confiance* sans avoir conscience de ce qu’ils font. Aussi la médecine légale ne laisse-t-elle peser sur eux qu’une responsabilité partielle.

On peut résumer les causes de l’idiotie et de 1 imbécillité en un seul mot : hérédité.

Hérédité par transformation d’affections vésanichorée* rï^ropathiqaés : folie, épilepsie, hystérie,

Hérédité par consanguinité ;

Hérédité par transmission morbide, diathésique, principalement par la syphilis ;

Hérédité par la conception en état d’ivresse.

. Ajoutons enfin à ces causes héréditaires la prostitution de la mère et le libertinage du père, et nous aurons les principaux éléments d’étiologie de ces differentes formes de débilité mentale) pour lesquelles il n’existe aucun traitement.

Dr Edmond Dufouy.

iuaùuiujxl. — Ligasurme, est un alcaloïde de la noix vomique, découvert en 1852, par Desnoix dans les eaux mères qui avaient laissé- déposer la strychnine. Elle se présente sous la forme d’une substance blanche cristalline, très amère, peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool. Ses effets physiologiques sont semblables à ceux de la brucme et de la strychnine (V. ces mots) ; ils sont

fnis plus faibles que ceux de la première et t0U intense que ceux de la seconde de ces sub- PlûS • L’jgasurine est à peu près inusitée, p. l.

bas et en avant ; elle s’articule avec la tète du fémur, et présente, au fond, une petite surface non articulaire, rugueuse, plus profonde, se continuant en bas avec l’échancrure cotyloïdienne : c’est l’ar-

mNIPUNCTURE, — L’ignipuncture n’est autre i a mi’une cautérisation ponctuée profonde ^Irisation).

ILÉO-CÆCALE. — Nom donné par les anatomistes à la valvule qui sépare le gros intestin de Xiléon et qui s’oppose au retour des matières solides liquides ou gazeuses, du gros intestin dans Vintestin grêle. C’est à cette valvule que s’arrêtent les lavements administrés par l’anus, aussi lui donne-t-on familièrement le nom de barrière des ^ apothicaires. . P. L. '

ILÉON. — Nom donné par les anatomistes aux deux cinquièmes inférieurs de Vintestin grêle (

/y. ce mot). L’iléon fait suite au jéjunum (V. ceLi mot) et se relié au gros intestin , au niveau de la valvulé iléo-ccecale (V. ce mot). P. L.

ILES (os dés). — Nom donné quelquefois à l’os iliaque (Y. Iliaque). P? L.

ILÉUS. — (V. Intestin [occlusion de Z’].)

ILIAQUE. — Nom donné par les anatomistes à plusieurs organes ou portions d’organes: os iliaque, muscle iliaque, artère iliaque, veines iliaques.

Os iliaque. — L’os iliaque, appelé aussi os coxal, os des îles, os innominé, os de la hanche, est un os plat, volumineux, irrégulier, tordu sur lui-même, formé de trois portions que quelques auteurs anciens décrivaient séparément: 1° le pubis, en avant, avec sa branche horizontale et sa branche descendante, qui forme une partie de la circonférence du trou obturateur ; 2° V ischion, en bas, limitant de ce côté le trou obturateur; 3° V iléon, en arrière: ces trois portions- se réunissent au fond dé la cavité eotyloïde.

L’os iliaque présente à étudier deux faces, quatre bords et quatre angles.

Face interne. — Elle est divisée en deux parties par une crête saillante qui concourt à former le détroit supérieur du bassin. Au-dessus de cette %ne, on trouve la fosse iliaque interne, sur laquelle ^insère le muscle iliaque. Au-dessous, on trouve Je frow obturateur , fermé par la membrane obtura frice. Le muscle obturateur interne s’insère au Pourtour de ce trou et sur la membrane. A la parbe supérieure du trou obturateur, il existe une gouttière antéro-postérieure, gouttière sous- pu lennej dans laquelle passent le nerf et les . va.is- Seaux obturateurs. Le trou obturateur est limité, on bas, par l’ischion ; en avant, par le corps du rmns ainsi que par une portion osseuse qui le unit à l’ischion, et qu’on appelle, dans sa moitié uperieure , branche descendante du pubis ; dans a moitié inférieure, branche ascendante de l’isen haut, par un prolongement osseux ou uche horizontale du pubis.

cavïf-E externe. — Elle présente, au milieu, la e eotyloïde qui regarde en dehors , un peu en

Eig. 615. — Face interne de l’os iliaque.

A Face iliaque interne, -B. Épine iliaque antérieure et supé-,

rieure -G. Crête iliaque - D. Epine iliaque postérieure et sunérieure. — E. Épine iliaque postérieure et inferieure. ^

F. Facette auriculaire. — G- Epine sciatique. — H. sc 10 ^

■ 1 ' Trou sous-pubien. - K. Branche ischio-pubienne. - L. Sur face articulaire du bord inférieur de 1 os iliaque. M. E . nence ilio-pectinée. — N. Angle du pubis.

rière-fond de la cavité eotyloïde. Le bord de la cavité, ou sourcil cotyloïdien, donne insertion, a letat frais au bourrelet cotyloïdien. Il présente trois, échancrures qui portent le nom des pontons d'os . qrPeUes séparent : une antérieure, Hm-pubmn™; une postérieure, ilio-ischiatique ; une uifeneure ischio-pubienne ou cotyloïdienne. Au-dessus de la cavité eotyloïde, on trouve une gouttière antero -

postérieure qui longe le ““É?1’ c«t ta goûttière sus-cotyloïdienne , pour 1 insertion du ten don réfléchi- du muscle droit ani teneur La surface élargie qui se trouve au-dessus constitue la

fossJ ^ iliaque externe. Elle regarde en dehors en

SSSSBfSaSSM^Ï

SfsSiSsJiSS

partent sa branche h ^ ^ haut à rüium? et en bas cale, qui e dante ae l’ischion formant la

r u ^mîïieure du trou. Le muscle obturateur Uîf te a s’insère sur la face externe de la membrane e,ï ferme “e trou obturateur et au pourtour du trou.

Bord antérieur. — De dehors en dedans , on trouve sur ce bord quatre éminences osseuses et trois échancrures alternant avec elles: 1° l’épine iliaque antérieure et supérieure , où s’insèrent le muscle couturier, l’arcade crurale et le muscle tenseur du fascialata; 2° une échancrure au-dessous, où passe le nerf fémoro-mutané; 3° l’épine iliaque antérieure et inférieure, où s’insère le muscle droit antérieur du triceps; 4° une gouttière dans laquelle glisse le muscle psoas-iliaque; 5° l’éminence iliopectinée, sur laquelle s’insèrent la bandelette iliopectinée et le muscle petit psoas, quand il existe ; 6° la surface pectinéale, terminée en arrière par une crête, crête pectinéale,. qui fait partie du détroit supérieur du bassin ; 7° l’épine pubienne, saillante, qu’il importe de ne pas confondre avec l’angle. Elle donne insertion au muscle premier adducteur, et à l’arcade crurale.

Bord postérieur. — Comme l’antérieur, il présente, de haut en bas, quatre éminences osseuses et trois échancrures. On y trouve de haut en bas :

Fig. 616. — Face externe de l’os iliaque.

A. Partie antérieure de la fosse iliaque externe. — B.: Crête iliaque. — C. Epine iliaque antérieure et supérieure. — D. Épine iliaque antérieure et inférieure. — E. Branche horizontale du pubis. - F. Epine iliaque postérieure et supérieure. — G Épine iliaque postérieure et inférieure - H. Cavité cotyloïde. - I. Ischion. — K. Trou sous-pubien. — L. Branche ïschio-pubienne. — M. Bord supérieur du corps du pubis. — 0. Branche descendante du pubis.

1° l’épine iliaque postérieure et supérieure ; 2° une petite échancrure insignifiante ; 3° l’épine iliaque postérieure et inférieure. Ces deux épines donnent insertion aux muscles de la masse commune ; la supérieure est pourvue en dedans de nombreuses rugosités qu’on désigne sous le nom de tubérosité iliaque; en dedans et au-dessous de cette tubérosité, derrière la crête de la face interné de l’os coxal, se trouve une facette articulaire, rugueuse, triangulaire, analogue à celle du sacrum : c’est la facette auriculaire de l’os coxal ; 4° au-dessous de l’épine iliaque inférieure , la grande échancrure

sciatique, convertie en trou à l’état frais pari deux ligaments sacro-sciatiques; 5° plus bas, l’épia5 sciatique, mince et saillante, donnant insertion pa6 son sommet au petit ligament sacro-sciatique, paI sa face externe au muscle jumeau supérieur^ L. sa face interne au muscle releveur de l’anus et ail muscle ischio-coccygien ; 6° au-dessous, la petite échancrure sciatique, convertie aussi en trou par les deux ligaments sacro-sciatiques; 7» l’ischion qui sera décrit avec les angles.

Bord supérieur, ou crête iliaque. — Plus . épais aux extrémités qu’à la partie moyenne, il a la forme' d’un S italique ; sa partie antérieure est concave en dedans, sa partie postérieure concave en dehors. Ce bord, dirigé obliquement de dehors en dedans et d’avant en arrière, présente une lèvre interne pour l’insertion du muscle transverse de l’abdomen, une lèvre externe pour le muscle grand oblique, et un interstice pour le muscle petit oblique en avant, et le muscle carré des lombes en arrière.

Bord inférieur. — Le plus court, il correspond aux branches ascendante de l’ischion et descendante du pubis ; il est mince, rugueux chez l’homme, lisse et déjeté en dehors chez la femme ; il donne insertion aux aponévroses du périnée, à la racine des corps caverneux et au muscle ischio-caverneux chez l’homme.

Angle antérieur et supérieur. — Cet angle n’est autre chose que l’épine iliaque antérieure et supérieure déjà décrite.

Angle antérieur et inférieur, ou angle du pubis. — 11 est placé à un centimètre et demi en dedans de l’épine pubienne. Sur sa face interne, on trouve une surface articulaire, rugueuse, allongée, placée sur le corps du pubis et se continuant avec le bord inférieur de l’os. En s’articulant avec celle du côté opposé, elle forme la symphyse pubienne. Sur l’angle s’insère le pilier interne de l’anneau inguinal. L’espace qui sépare l’angle de l’épine donne insertion, sur sa lèvre postérieure, au muscle droit de l’abdomen. Immédiatement en avant de cette insertion, s’insèrent le muscle pyramidal et le pilier postérieur de l’anneau inguinal ou ligament de Colles. Cet espace constitue le bord inférieur de l’anneau inguinal; le cordon spermatique repose sur lui.

Angle postérieur et supérieur. — Il est formé par l’épine iliaque postérieure et supérieure déjàdécrite.

, Angle postérieur et inférieur, ou tubérosité de l’ischion. — C’est la portion la plus épaisse de l’os coxal ; c’est sur cet angle que repose le corps dans la station assise. Il se continue par sa branche ascendante avec la branche descendante du pubis; il donne insertion : 1° en arrière et de bas en haut, au muscle demi-membraneux, à la longue portion du biceps et au demi-tendineux réunis, au jumeau inférieur ; 2° en dedans, au muscle transverse du périnée ; 3U en dehors, au muscle grand adducteur et au muscle carré crural.

Les os iliaques s’articulent entre eux, en avant, par la symphyse du pubis ; en arrière, ils s’articulent avec le sacrum qui se trouve enclavé entre eux comme un coin, et avec la colonne vertébrale- Enfin, sur les côtés, par la cavité cotyloïde, ils s’articulent avec le fémur (V. Bassin , Sacrum, Hanche).

tares de l’os iliaque. — Les fractures de l’os ■ -ne présentent plusieurs variétés ; les plus fré- ^ tes sont : 1° les fractures doubles verticales ; ^les fractures de la crête iliaque ; 3° les fractures

Fig. 617.

Représentant les articulations des os iliaques: 1° entre eux;- 2° avec le sacrum; 3° avec la colonne vertébrale; 4° avec le fémur (l’ensemble constituant le bassin), i. Ligament vertébral commun ou antérieur de la symphyse sacro-vertébrale. — 2. Disque intervertébral. — 3. Partie inférieure du ligament ilio-lombaire. — 4. Ligament sacro-iliaque antérieur. — 5. Petit ligament sacro-sciatique. — 6. Membrane obturatrice. — 7. Ligament sacro-pubien de la symphyse pubienne; au-dessus, fibres entrecroisées du ligament antérieur. — 8, 9. Ligament capsulaire de l'articulation coxo-fémorale.

de l'ischion ; 4° les fractures du pubis ; 5° les fractures de la cavité cotyloide.

1° Fractures doubles verticales. — Ces fractures séparent le bassin en deux moitiés : en avant, le trait de la fracture occupe ordinairement la branche descendante du pubis et ascendante de l’ischion ; en arrière, l’os iliaque, au voisinage de son union avec le sacrum ; quelquefois il y a décollement de la symphyse sacro-iliaque.

La cause la plus fréquenté est une chute sur les Jieds> le membre inférieur étant dans l’extension ; e ™„oc se transmet au bassin par la tige rigide que forment les os de la jambe et le fémur, et un arge fragment de l’os iliaque est ainsi violemment séparé.

^es ®ÿmPtômes consistent dans le raccourcissej, . du membre inférieur et la déformation du raccourcissement est produit par l’éléviolp11 dU fra§ment pelvien, qui, par suite de la jjail,nce ÎU1 a produit la fracture, se porte en mo ’ en même temps, celui-ci subit un léger sunprfment ^ascu^e qui fait saillir son extrémité hors etUre’ corresPondant à la crête iliaque, en dedonc S0D; extrémité inférieure en dedans : il y a gpando a?^lssement du bassin au niveau de sa rosîtpa .Clrc0nférence, et rapprochement des tubé-

^esisphiatiques.

ment d‘a£nost>c en palpant attentive-

c°tésain • 6 t ^ue et en comparant à celle du veau des" °-er a naître ainsi de la douleur au nidans les b?0lr tS ^racturés- On se rappellera que, Xations du fémur, qui seules pourraient

etre confondues avec cette fracture, le raccourcissement du membre inférieur est réel, tandis que, dans le cas qui nous occupe, il n’est qu’apparent : en effet, le grand trochanter a conservé ses rapports avec la crête iliaque et l’épine iliaque antérieure. On sentira quelquefois la crépitation et la mobilité anormale ; enfin, par le doigt introduit dans le rectum ou dans le vagin, on pourra constater les modifications apportées par la fracture à la position respective des saillies osseuses du détroit inférieur.

Le pronostic est grave lorsqu’il y a un déplacement considérable du côté de la cavité pelvienne, ou lorsque des esquilles ont blessé un des organes qui y sont contenus. Dans ce cas, en effet, on peut voir se développer des abcès du bassin ; les nerfs sacrés peuvent aussi être lésés, ce qui donne lieu à la paralysie des membres inférieurs.

Le traitement consiste à remettre en place, autant qu’il est possible, le fragment pelvien, et à maintenir la réduction en pratiquant l’extension sur le membre inférieur, et la contre-extension au niveau de l’aisselle. On entourera le bassin avec un bandage de corps.

2° Fractures de la crête iliaque. — Elles sont produites par des causes directes agissant avec une grande force: coup de pied de cheval, passage d’une roue de voiture, etc.

Le fragment peut présenter un volume plus ou moins considérable ; en général, il n’y a pas de déplacement : quelquefois on observe une légère projection en dedans. On constate, au niveau du point fracturé, une douleur à la pression et une ecchymose, due à l’action du corps vulnérant. Lorsqu’il n’y a pas de complication, on peut donc hésiter entre une fracture et une simple contusion : en général, dans la fracture, la marche est plus difficile, la douleur persiste plus longtemps, enfin on peut quelquefois percevoir la crépitation en imprimant à la crête iliaque des mouvements de latéralité.

Le traitement est très simple. Il faut laisser le malade au lit, après avoir serré le bassin avec un bandage de corps.

3° Fractures de l’ischion. — Produites, comme les précédentes, par des causes directes, telles que coups, chutes sur le siège, ces fractures s’observent rarement. Leurs symptômes sont très obscurs ; ce n’est que par l’exploration du vagin et du rectum, pratiquée avec beaucoup de soin, qu’on peut arriver dans certains cas, à constater le déplacement de l’ischion, la mobilité anormale et la crépitation.

Il suffit de faire rester le malade au lit pendant le temps nécessaire à la consolidation.

4° Fractures du pubis. — Un corps vulnérant, agissant directement sur le pubis, peut fracturer cet os en différents points : tantôt au niveau de son corps, tantôt au niveau de sa branche descendante; dans certains cas, le pubis est enfoncé vers la cavité pelvienne : il existe alors une fracture bilatérale.

On comprend que la vessie et l’urèthre, qui affectent, dans les deux sexes, des rapports si intimes avec la face postérieure du pubis, soient fréquemment lésés dans les fractures de cet os : c’est ce qui

fait leur principale gravité. On a vu des esquilles déchirer l’urèthre, séjourner dans le canal, et être retirées ensuite soit par le méat, soit par des orifices fistuleux.

Les symptômes ne sont bien accuses que lorsque la fracture est double ; le cathétérisme sera souvent d’une grande utilité pour le diagnostic.

Il faut s’appliquer à ne laisser subsister aucun déplacement, car les fragments vicieusement consolidés pourraient comprimer les organes urinaires ; ensuite, il faut maintenir autant que possible la réduction, pendant la durée de la consolidation. Mais, comme il est bien difficile d’agir efficacement sur le pubis, ce n’est guère qu’en donnant au malade une bonne position, variable suivant les cas, qu’on peut espérer un heureux résultat.

5° Fractures de la cavité cotyloïde. — Souvent causées par une chute sur les pieds, ces fractures présentent plusieurs variétés : tantôt cest le rebord supérieur, le sourcil de la cavité cotyloïde, qui est séparé du reste de l’os ; dans ce cas, il y a fréquemment luxation concomitante du fémur ; tantôt le fond de la cavité présente plusieurs fissures étoilées ; tantôt, enfin, la tête du fémur, défonçant la cavité cotyloïde, pénètre dans le bassin.

Dans les cas où il y a déplacement du fémur, et, par conséquent, raccourcissement du membre inférieur, la crépitation, lorsqu’elle peut-être perçue est le meilleur signe qui puisse faire distinguer cette fracture d’une simple luxation coxo-fémorale.

Il faut faire la réduction, si la tête fémorale a abandonné la cavité articulaire, et condamner le j malade au repos, en pratiquant l’extension, si Ion j craignait de voir le déplacement se reproduire. Luxations de l’os iliaque. — (V. Hanche.)

Muscle iliaque. — (Y. Psoas.)

Artères iliaques. — Il existe plusieurs artères iliaques : 1° Les artères iliaques primitives ; 2° les

ARTÈRES ILIAQUES EXTERNES et INTERNES qui Sont les

branches de bifurcation de l’iliaque primitive.

Artère iliaque primitive. — L’artère iliaque primitive est une branche terminale de l’aorte. Elle s’étend de la quatrième vertèbre lombaire à la symphyse sacro-iliaque. Elle est dirigée de haut en bas, de dedans en dehors et d’arrière en avant. Elle a une longueur de 6 centimètres, ne fournit aucune branche collatérale et se bifurque en iliaque externe et iliaque interne. Dans son trajet, elle est recouverte par le péritoine et croisée quelquefois par l’uretère. Elle recouvre la cinquième vertèbre lombaire et la veine iliaque primitive. Celle du côté droit croise d’abord à angle droit la veine iliaque gauche, puis recouvre la droite.

Artère iliaque externe. — Cette artère fait suite à la précédente ; elle suit la'même direction et prend le nom de fémorale au moment où elle croise la face inférieure de l’arcade crurale. Elle fait saillie le long du bord externe du muscle psoas contre lequel elle est fixée par un dédoublement du fascia iliaca. Dans son trajet, elle est recouverte par le péritoine, par le canal déférent qui la croise chez l’homme, le ligament rond et les vaisseaux utéroovariens chez la femme, de plus, celle du côté gauche est recouverte par le côlon iliaque, tandis que l’intestin grêle, à sa terminaison, recouvre celle du

côté droit. Elle est accompagnée par la veine iliaque externe, qui occupe son côté postérieur en haut et son côté interne en bas. De nombreux gangfions

D. Artère iliaque primitive. — E. Artère iliaque interne ou hypogastrique. — F. Artère iliaque externe. — G. Artère épigastrique. — H. Uretère. — I. Incision ordinairement employée pour faire la ligature de l’iliaque interne. — J. Veine iliaque; — K. Fascia transversalis coupé et renversé. — L. Vaisseaux spermatiques ou ovariens. — M. Muscle psoas. — 0. Intestins recouverts par le péritoine. — P. Érigne éloignant les lèvres de la plaie. — Q. Épine iliaque antérieure et supérieure.

et vaisseaux lymphatiques l’entourent. Le nerf génito-crural est accolé sur sa partie antérieure. Elle fournit deux branches : l’artère épigastrique & l’artère circonflexe iliaque (V. ces mots).

Artère iliaque interne. — Branche terminale interne de l’iliaque ‘primitive, l’artère iliaque interne, appelée aussi hypogastrique , naît au niveau de la symphyse sacro -iliaque, et se porte verticalement en bas vers la partie supérieure de la grande échancrure ischiatique. Elle a une longueur de 2 à 5 centimètres; elle est accompagnée par la veine hypogastrique , qui est placée derrière elle ; elle est recouverte par le péritoine.

Elle fournit 11 branches chez la femme et 9 ch ez l’homme : lre Y ombilicale; 2e là vésicale; 3e la vaginale ; 4e Yutérine; 5e Yhêmorrhdidale moyenne', 6e la sacrée latérale ; 7e Yilio-lombaire; 8e V obturatrice; 9e la fessière ; 10e Yischiatique ; 11e la honteuse interne (Y. ces mots).

Veines iliaques. — Il y a des veines iliaque primitive, iliaque externe et iliaque interne, répondant aux artères du même nom.

Veine iliaque primitive. — Elle est située aü devant de la cinquième vertèbre lombaire et de la base du sacrum ; elle est formée par la réunion des veines iliaque interne et externe, et se termine à, là veine cave inférieure. Elle a la même longueur qne l’artère, ses rapports ont été décrits avec ceux de cette artère. Elle reçoit une seule branche, la veine sacrée moyenne.

Veine iliaque externe. — Cette veine présente les mêmes limites et le même trajet que l’artere correspondante ; au niveau de l’arcade fémorale, elle est placée au-devant de l’artère, plus haut, elle

IMM

IMP

lace en arrière et en dedans d’elle, contre le se Pie psoas. Elle reçoit les veines hépathiques et JL Veines circonflexes iliaques. .

1 Veine iliaque interne. — La veine iliaque interne, u hypogastrique, accompagne l’artère du même °om- Elle est située sous le péritoine, en avant du niuscle pyramidal et du plexus sacré, elle reçoit autant de branches veineuses que l’artère fournit de branches artérielles, excepté la veine hémorrhoïdale moyenne, et la veine ombilicale. ('Aucune, de ces nombreuses veines est double pour chaque artère, et avant de se jeter dans l’iliaque interne, les deux veines se réunissent dans une seule. ;I1 y a donc dans le bassin, allant se jeter dans l’iliaque interne deux veines vésicales, deux vaginales , deux utérines, deux sacrées latérales, deux ilio-lombaires, deux ischiatiques , deux fessières, deux obturatrices et deux honteuses internes -(Y. ces mots). Ces nombreuses branches se répétant de chaque côté du bassin, on voit l’énorme quantité de sang veineux ' contenu dans cette région. Dr j.-a. fort.

ILIO-LOMBAIRE. — Nom donné par les anatomistes a une artère provenant de l’artère iliaque interne, au niveau de la base du sacrum, qui remonte derrière le muscle psoas et se divise en deux branche?, l’une ascendante, l’autre transversale. Elle est destinée à compléter le système des artères pariétales de l’abdomen. p. l.

ILION. — Nom donné par les anatomistes à la partie postéro-supérieure de l’os iliaque (V. ce mot).

ILIUM. — Synonyme d’os iliaque (Y. ce mot).

ILLUSION. — On donne ce nom, en médecine mentale, à un trouble des sensations qui fait que l’on interprète d’üne façon fausse et erronée une sensation réellement perçue. Elle diffère de Y hallucination (V. ce mot), qui, elle « est une perception sans objet », ainsi que l’a fort justement dit le professeur Bail, résumant la définition d’Èsquirol. Lhez les -aliénés, les illusions sont favorisées par le ehre aigu ou partiel. Elles sont aussi un symptôme ^roquent dans les affection cérébrales chez les enfants. • L. P.

m!» A^E‘ ~ En Physi(ïue> on donne le 'nom d!ihnaff ^ îa ^Présentation d’un objet. Il y a des ' a»es réelles et des images virtuelles (V. Vision). ■

^BÊCILLITÉ. — (Y. Idiotie.) . P‘ L‘

tio^lTION . — On donne ce nom à la pénétrait UQ liquide dans les interstices des molécules Qom solide ou d’un tissu. Larcher a donné Je livide .lb^on cadavérique de l’œil à une tache côté în*?111 Se montre au côté externe , .puis au comme 6rne- ^lanc de l’œil, qu’il considère pr°dUit mQ -Slgne c.ertain de la mort. Cette tache se le cadavr>01aS raP‘dement eh hiver qu’en été, sur Ceux d0nte. dont les yeux ont été fermés que sur les yeux sont restés ouverts. p. L.

VERSION.— . On donne ce nom en hydrothé¬

rapie à l’action de plonger le corps entier ou seulement une. partie dans l’eau (V. Bain). p. L.

IMMOBILISATION. — On donne ce nom en chirurgie à un mode de traitement qui consiste à immobiliser une partie du corps, une articulation malade (arthrite, tumeur blanche, coxalgie, etc.), un membre fracturé, etc. L’immobilisation s’obtient à l’aide de divers appareils qui ont reçu le nom d 'inamovibles (V. ce mot). P. l,

IMMUNITÉ. — On donne le nom d’immunité à . une disposition particulière d’un individu qui fait qu’il ne contracte pas certaine' maladies. Elle est congénitale ou acquise. Comme exemple d’immunité acquise, nous citerons : la variole, la syphilis et en général les maladies virulentes, qui n’atteignent d’ordinaire qu’une fois la même personne ; les immunités des médecins, des infirmiers et infirmières pour plusieurs maladies contagieuses, dues à une sorte d’acclimatement, etc. p. l.

IMPERFORATION. — On donne ce nom à un vice de conformation caractérisé par l’occlusion complète et permanente de canaux ou d’ouvertures, qui devraient naturellëment être ouverts, tels que l’anus, le vagin, l’urèthre, etc. L’imperforation peut être congénitale ou accidentelle. L’imperforation accidentelle est le résultat de la réunion des parois de ces canaux ou ouvertures, à la suite, d’une inflammation ou d’une plaie.- On remédie aux imperforations par diverses opérations qui varient suivant l’organe imperforé (V. Anus, Vagin, Urèthre) p. L, •

IMPÉTIGO. — L’impétigo est une maladie superficielle de la peau, non contagieuse, aiguë ou chronique, caractérisée par de petites pustules discrètes ou agglomérées, confluentes, distendues par une matière puriforme qui, en se desséchant au contact de l’air, donne lieu à des croûtes plus ou moins épaisses, irrégulières, étagées, jaunâtres, verdâtres et même noirâtres. L’impétigo apparaît sur toutes les parties du corps. C’est une affection très commune qui compte pour un neuvième sur la totalité des maladies de la peau.

Impétigo aigu. — Cette maladie ne commence généralement qu’après un malaise, des lassitudes dans les membres, de l’inappétence, des dérangements dans les fonctions digestives, il y a aussi de la fièvre. Mais le plus souvent l’éruption n’est annoncée que par un peu de rougeur et de tuméfaction accompagnée parfois d’une vive démangeaison. D’autre fois, elle apparaît tout à coup, tantôt sur une surface légèrement érythémateuse, tantôt sur des points de la peau paraissant complètement sains. Il y a'des pustules remplies d une matière jaune clair, puriforme, dont l’afflux toujours croissant en détermine bientôt la rupture. Ces pustules au début sont généralement, petites agglomérées, acuminées et peu saillantes au-dessus du niveau de la peau. Au moment où elles se rompent, c’est-àdire trente-six ou quarante-huit heures après leur première apparition, la peau se couvre d’une matière visqueuse, d’un jaune serin ou soufré ; celle-

ci se coagule, puis se concrète en petits cristaux friables, plus ou moins brillants, et bientôt il en résulte des croûtes jaunes, inégales, irrégulières, ayant de la ressemblance avec le suc gommeux de certains arbres, ou bien avec du miel desséché.

Les parties sur lesquelles reposent les croûtes sont entourées d’un cercle érythémateux, et même près d’elles on aperçoit çà et là de petites pustules isolées.

Les croûtes sont toujours superficielles, quels que soient leur forme et leur volume. Lorsqu’elles tombent, soit spontanément, soit par des lotions émollientes, les choses apparaissent sous un nouvel aspect : la peau qui recouvrait ces croûtes est rouge, luisante, en partie excoriée, véritable dénudation épidermique qui varie de forme et de profondeur. A ce moment il s’opère sur les points dénudés ou excoriés un suintement de la matière conerescible. Les nouvelles croûtes qui en résultent sont sensiblement plus minces que celles produites par la rupture des pustules, elles tombent d’elles-mêmes au bout de quelques jours, se reproduisent plus minces pour retomber de nouveau, et ainsi de suite pendant vingt ou trente jours.

Vers cette époque ordinaire de la terminaison de la maladie, l'inflammation s’étant peu à peu effacée, les croûtes diminuant toujours de volume, le suintement se tarit, les surfaces excoriées se couvrent d’un épiderme très fin, cependant la peau reste encore rouge, luisante, tendue. La coloration rouge, brune, persiste pendant quelque temps et ne disparaît que lorsque tous les tissus affectés ont repris leur aspect naturel.

Si l’inflammation abandonne les surfaces affectées, pendant que dure cette période décroissante, on observe dans certains cas une exfoliation de lamelles épidermiques exactement semblables à l’exfoliation épidermique terminale de l’eczéma.

D’autres fois l’impétigo prend un caractère d’acuité très intense qui le rapproche des éruptions à marche fébrile. La chaleur, la rougeur, la tuméfaction, la démangeaison qui précèdent l’apparition des pustules sont tellement vives que le malade éprouve un extrême malaise et de la fièvre. La congestion qui est alors très largement développée semble annoncer un érysipèle. Mais tous ces phénomènes se dissipent dès que les pustules ont acquis leur entier développement ou qu’elles se rompent.

Impétigo chronique. — Nous avons vu l’impétigo aigu se terminer après trois ou quatre semaines ; quant à l’impétigo chronique, il peut durer des mois et même des années. Dans ce cas de chronicité, les croûtes ne sont pas entourées d’une aréole inflammatoire, et la peau malade sur laquelle elles reposent n’est que faiblement colorée en rouge. Il n’existe que peu ou point de démangeaison et presque pas de chaleur ; néanmoins le suintement continue sur la surface dénudée, d’autres croûtes s’y forment, celles-ci sont plus épaisses, plus dures, plus adhérentes ; elles sont grises ou noirâtres; et lorsqu’elles ont acquis un certain volume, la matière impétigineuse se fait un pas¬

sage à travers les fissures de leurs parties les pw sèches, et celle-ci va se stratifier au-dessus en une couche distincte ; alors les croûtes sont très volu. * mineuses et d’un aspect rocheux. Signalons ce fait qu’elles ne se produisent pas par des pustules nouvelles, comme l’a dit Rayer, mais bien par l’écoulement continu du suintement, tel que nous venons de le décrire.

Au sujet de ces stratifications, Alibert fait remarquer en ces termes que « les lois que suit la nature dans la configuration de ces croûtes, sont absolument celles des concrétions lapidifiques. Il est évident que si la transsudation s’effectue sur une partie du corps dont la situation . est verticale, les croûtes qui en proviennent s’allongent comme les stalactites observées dans certaines grottes ; dans le cas contraire, elles prennent, en se coagulant, une consistance tout à fait aplatie, et s’étendent dans le sens de leur longueur. »

Variétés d’impétigo suivant la forme. — Au point de vue de la forme, nous avons deux variétés : la première appelée figurata , parce que les plaques impétigineuses, quelle que soit leur étendue, présentent une forme déterminée circulaire ou ovale ; la seconde, sparsa, parce que les plaques pustuleuses sont disséminées et n’offrent aucun dessin régulier. Outre ces différences de forme que nous venons de signaler, il y a encore des caractères propres à chacune de ses variétés; c’est ainsi que la figurata appartient à la jeunesse, qu’elle est presque toujours aiguë et occupe de préférence la face, tandis que la sparsa est généralement chronique et affecte principalement les membres ; mais le plus souvent on la voit aux plis des articulations.

Quoique ces deux formes caractéristiques de l’impétigo se reproduisent sur toutes les parties de la peau, il est certain que l’état morbide subit des modifications suivant les régions où il se localise; de là les différentes variétés de la face, du cuir chevelu, :du tronc et des membres.

Variétés d’impétigo suivant le siège. — Impétigo de la. face.— Les pustules impétigineuses peuvent apparaître isolément sur toutes les parties de la face. La forme figurata a son siège de prédilection sur les joues; la forme sparsa se développe sur le menton, entre les poils de la barbe, à la lèvre supérieure.

En général, l’impétigo tend à envahir les fosses nasales, les ailes du nez, les régions mastoïdiennes, les oreilles ; il s’étend même dans le conduit auditif externe et sur les parties latérales du cou.

Aux paupières, il se complique souvent d’ophtalmie et détermine une inflammation des follicules des cils ; il peut encore exister sur les arcades sourcilières.

Il y a un impétigo général de la face appele croûtes de lait en langage vulgaire et aussi gourmes (V. ce mot). -

Chez les très jeunes enfants, cette maladie débuté généralement par les joues et le front ; eil • , est accompagnée d’un violent prurit ; de petites pu*' tules superficielles d’un blanc jaunâtre ne tarde» pas à se répandre sur les lèvres, le menton et1®* oreilles ; le nez et les paupières ne sont pas enva»1

, 8 pustules, mais il y a coryza et ophthalmie : ces phénomènes peuvent rester a l’état bénin ; •0U^ a que de minces concrétions lamelleuses et le Lïment n’est pas excessif.

Mais il arrive aussi très souvent une extreme hondance de fluide qui forme, en se coagulant, des oûtes épaisses et noirâtres, en sorte que la face CT itère se trouve couverte d’un masque croûteux poussant et exhalant une odeur nauséabonde. r souvent les enfants, tourmentés par une démaneaison insupportable, ne résistent pas au désir de déchirer les croûtes avec les ongles, et il s’ensuit un écoulement de sang qui, mêlé à la matière excrétée, produit des croûtes très noires. Dans cet état, il y a souvent de la fièvre, les glandes parotidiennes et sous-maxillaires participent au gonflement de la face qui est alors douloureuse; ces glandes aussi s’enflamment, et il n’est pas rare de les voir suppurer.

Cette variété peut durer longtemps ; mais, chose digne de remarque, c’est que , malgré les déchirures profondes, les excorations très étendues, lès croûtes épaisses qui donnent au visage un aspect hideux, elle guérit toujours sans laisser aucune trace de cicatrices.

Le traitement de cette variété de l’impétigo a été exposé par notre éminent confrère Landrieux, dans son remarquable article Gourme.

Impétigo du cuir chevelu. — Lorsque l’impétigo se développe sur le cuir chevelu, toute la tête devient le siège de pustules impétigineuses, discrètes ou confluentes. La matière visqueuse qui en découle, colle et agglutine les cheveux; il en résulte des croûtes plus ou moins épaisses, d’un jaune brunâtre, qui se rapprochent et s’accumulent -de manière a former une calotte complète. L’impétigo exhale alors une odeur nauséabonde, les cheveux se couvrent d’une grande quantité de poux, et il n’est pas rare de voir se former de petits abcès qu’il faut le plus souvent ouvrir, lorsque le tissu cellulaire sous-jacent vient à s’enflammer sur certains points.

L’impétigo granulata, qui reproduit la plupart des symptômes que nous venons de décrire, présente deux particularités signalées par Alibert : la première consiste en ceci, que la pustule se formant à l’orifice du conduit pileux, s’y trouve ordinairement traversée dans son centre par un cheveu; et la seconde en ce que le fluide visqueux se coagnle en croûtes sèches, dures, sphériques, d’un JUn foncé ou grisâtre, comparables à de petits grains de sable ou de mortier, ou à de gros grains ® P°ivre. On voit le plus souvent une partie de ces jpins adhérer a la surface malade, tandis que t 7*e,s .s a|tachent autour des cheveux qui en sont etU hérissés. Ces grains sont parfois très friables, Doii °-^S 0Q Peut> en les écrasant, les réduire en Dlâfrlere-’ ressemLlant parfaitement à celle du dureV^-011 vieux mortier- Quan(i la maladie odeur UlS longtemps, il survient des poux et une üent , reP°ussante qui infecte les lieux où séjourfisent 6S ma^es : quelques soins de propreté sufpour faire disparaître cette odeur.

raciner°iÛI)reu<i que de tels désordres peuvent dées ebeveux; souvent il a alopécie qui ne Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

se prolonge pas après la guérison, parce que même dans les cas les plus graves d’impétigo, les bulbes pileux restent intacts.

Les enfants à la mamelle sont exposés à un impétigo sparsa du cuir chevelu qui envahit tantôt le devant de la tête, sous forme de bandeau, tantôt la face postérieure du crâne : cette variété est connue vulgairement sous le nom de croûte de lait ou gourme (V. ce mot).

Impétigo du tronc. — Le tronc est rarement envahi par l’impétigo, et il n’est jamais attaqué isolément, mais à la suite du développement de la maladie sur d’autres points. On voit alors sur le dos, la poitrine, l’abdomen, des plaques d’impétigo figurata ; mais plus ordinairement ce sont les pustules disséminées de l’impétigo sparsa qui s’y développent.

Impétigo des membres. — Dans l’impétigo des membres, les plaques impétigineuses de forme figurata présentent des dispositions particulières, suivant qu’on les observe aux membres supérieurs et aux membres inférieurs. Dans le premier cas, les surfaces sont larges et prennent une forme ovalaire ; tandis que dans le second, c’est-à-dire aux membres inférieurs, ces plaques sont petites et assez exactement circulaires.

L’impétigo sparsa attaque principalement les jambes, et quand il se présente là sous forme de croûtes rugueuses, épaisses, noirâtres, adhérentes, on lui donne le nom d’impétigo scabida. Les jambes se tuméfient, deviennent œdémateuses, les ongles des orteils et des doigts peuvent mêmè être altérés.

Quelles sont la marche, la durée et la terminaison de l’impétigo -? — Nous avons vu que la marche de l’impétigo pouvait être aiguë ou chronique. L’état d’acuité qui appartient à l’impétigo figurata apparaît souvent sur les joues pendant plusieurs annéës de suite au printemps ; tandis que l’impétigo sparsa, qui appartient à l’état chronique, se manifeste à l’automne, persiste pendant l’hiver, et ne disparaît qu’au retour des premiers beaux jours. .

La durée de l’impétigo est toujours longue, mais principalement dans la forme chronique, où il peut durer des années et même toute la vie. Dans la forme aiguë on ne peut guère obtenir la guérison de l’impétigo avant trois, quatre ou cinq semaines.

Quelle est la gravité de l’impétigo ? — L impétigo ne présente de gravité qu’en raison de sa ténacité, de son étendue, et lorsqu’il affecte les vieillards, ou des individus à constitution détériorée.

Quelles sont les causes de l’impétigo ? .. Les causes de l’impétigo sont prédisposantes et occasionnelles.

Causes prédisposantes. — On remarque que 1 impétigo affecte de préférence les personnes douees d’un tempérament lymphatique ou sanguin, et dont la peau est fine ; les petits enfants à 1 époque de la dentition. C’est à cet âge que se manifeste principalement l’impétigo du cuir chevelu et île la face.

D’autres causes prédisposantes de 1 impétigo sont : le séjour dans un lieu bas et humide, une nourriture insuffisante, malsaine ; ajoutons encore que ux saisons qui de l’impétigo.

le printemps et l’automne sont ont le plus d’influence sur l’apparition

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Causes occasionnelles. — Alibert a remarque que l’impétigo se montrait chez les gourmands qui ne savent pas régler leur repas. On a vu de même cette maladie se développer à la suite de vives émotions morales, d’un violent exercice ; mais les causes occasionnelles les plus évidentes sont des agents extérieurs, ayant leur action directe sur la peau, tels que : l’exposition prolongée à l’action du soleil, des fourneaux incandescents.

Les substances irritantes, les frictions trop- souvent répétées, enfin le manque de propreté chez certains ouvriers, suffisent pour développer et entretenir l’impétigo.

Les causes de cette éruption impétigineuse sont parfois très difficiles et même impossible à découvrir.

Quel est le traitement de l’impétigo? — Au début de l’impétigo, alors que les symptômes inflammatoires existent, on a l’habitude d’appliquer sur l’éruption des cataplasmes émollients de fécule, des cataplasmes Hamilton, des lotions de guimauve ou de pavots, de pommades adoucissantes.

Mais, si la maladie occupe de larges surfaces, on tempère l’inflammation par de grands bains et par des purgatifs salins doux, pendant plusieurs jours de suite.

Si l’éruption persiste malgré ces moyens, on emploie des bains alcalins, des lotions astringentes, acidulés, des pommades légères au précipité rouge ou au calomel.

Dans l’état chronique, l’impétigo est traité par des moyens plus énergiques, tels que : des purgatifs drastiques, des bains sulfureux, au sublimé, ou salés.

Comme cette affection atteint les constitutions essentiellement lymphatiques, on emploie avec avantage les composés iodés, tels que l’iodüre de potassium ( sirop de Laroze ), l’iodure de fer ( ■pilules Blancard), le sirop de raifort iodé de Grimault l’huile de foie de morue, les tisanes amères, la décoction de feuilles de noyer, les toniques, sont aussi conseillés. Enfin, en dernière ressource, on a recours aux préparations arsénicales

Dp FÉLIX Rochard.

IMPRIMEURS. — Hygiène professionnelle. — (Y. Typographes.)

IMPUISSANCE. — L’impuissance, appelée aussi anaphrodisie, est l’incapacité dans laquelle se trouve un individu, homme ou femme, d’accomplir le coït complet. Elle diffère de la stérilité, en ce que celleci consiste dans l’inaptitude de l’homme à féconder et de la femme à être fécondée, quoiqu’ils accomplissent le coït complet.

Impuissance chez l’homme. — Le coït complet exige de la part de l’homme : l’érection, l’intromission de ia verge et l’éjaculation accompagnée de sensation voluptueuse. Toutes les causes qui s’opposeront à un ou plusieurs de ces temps du coït complet, seront des causes d’impuissance.

Ces causes proviennent : de vices de conformation de l’appareil génital ; — de l’altération ou de maladies du système nerveux ; — dé certaines maladies ; — de certaines professions ; — de l’usage de certains médicaments; — de l’alimentation, de l’âge, du tempérament et du climat; — de l’abus

de l’organe intellectuel; de labus des organe générateurs; — de la femme; — enfin de diverses ! causes morales et autres.

Vices de conformation de l’appaleil génital,^ 1 1° L 'absence congénitale de la verge. — Ce yj^ de conformation est heureusement très rare. Il en existe cependant plusieurs exemples : Schenck et Cattier en ont publié chacun un. Fodéré, dans sa Médecine légale, rapporte celui d’un soldat qui, avec des testicules normaux, n avait pour tout pénis j qu’un simple mamelon perforé « qui se renflait en la présence des jeunes personnes du sexe et d’où sortait, par le frottement, une humeur blanche». Nélaton a rapporté, en 1854, dans la Gazette des hôpitaux, l’observation d’un enfant nouveau-né de deux jours, parfaitement conformé, ayant ses deux testicules dans les bourses, chez lequel « il y avait une absence complète de pénis; à sa place, il n’y avait pas de traces, il n’y avait pas de cicatrice ».

2° La brièveté et la petitesse du pénis, dues à un arrêt de développement. Roubaud cite le cas d’un étudiant brésilien dont la verge en érection, atteignait à peine la grosseur d’un piquant ordinaire de porc-épic et était longue de deux pouces. En 1878 j’ai donné mes soins à un petit bossu, âgé de 29 ans, atteint d’hémorrhoides, dont la verge, à l’état de flaccidité, avait le volume d’un porte-plume d’écolier et atteignait a peine, pendant l’érection, le volume d’un cigare d’un sou. Ce malheureux n’avait jamais coïté, mais il se livrait à la masturbation et se faisait pratiquer la succion de la verge de temps en temps. Il est évident qu’un pénis trop petit rend le coït complet impossible, car lorsqu’il est introduit dans le vagin, la récipocité des frottements constituant le coït ne peut guère avoir lieu par suite l’excitation nécessaire pour maintenir l’érection et amener l’éjaculation faisant défaut, on peut dire que l’homme doté d’un aussi petit membre viril est un impuissant. , : {

3° La grosseur exagérée du pénis. Cette anomalie, lorsqu’elle existe, peut constituer un obstacle au coït, et par suite, être une cause d’impuissance relative. Mais cette cause n’est que temporaire et l’impuissance ; disparaît dès que l’homme trouve une autrè femme dont le vagin est proportionné à son. pénis,, ou lorsque, après plusieurs tentatives répétées, le conduit vulvo-vaginal de la femme avec laquelle il ne pouvait pas coïter tout d’abord, a été suffisamment dilaté.

4° V éléphantiasis du prépuce et celui de la verge sont des causes d’impuissance.

5° La direction vicieuse congénitale du pénis, genéralement due à une lésion des corps caverneux ou de l’urèthre et les déviations secondaires consécutives à des indurations partielles des corps caverneux, ou à des brides cicatricielles, ou à des adhérences avec les parties voisines, qui entraînent la verge en haut, en bas ou latéralement pendant l’érection, peuvent rendre dans certains cas le coït impossible.

6° La bifurcation de la verge et Vextrophie ou hernie de la vessie , sont aussi dés causes absolues d’impuissance.

7° Certains auteurs ont cité Yépispadias etl’hyp08' padias comme entraînant l'impuissance* c’est 3

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ces deux vices de conformation n’empê- 1 tort) car tQut à fait exceptionnellement l’accomchent % du coït complet. En revanche ils sont ! pliSS<^aes de stérilité.

des ca hernies volumineuses, les sarcocèles, les hy- 8 , s l’éléphantiasis du scrotum sont souvent

Certaines professions peuvent entraîner chez les individus qui les exercent une impuissance plus ou moins accentuée. Ainsi les ouvriers qui travaillent le plomb et ses composés, surtout le carbonate de plomb, ou blanc de céruse , sont souvent frappés d’une impuissance incomplète, qui concorde avec les accidents toxiques et disparaît avec les symp-

* 1 les acciaenis lOXiqu.es eu uisparaii, aveu

"vMedes tatiert* est non seulement une tômes propres à nntoxieation saturnine

a» T 'absence des iesncut.es est uuii wutcimui 9° de stérilité, mais aussi d’impuissance. On a | CaUfptiu cependant que les eunuques pouvaient pra- S- le coït. Il s’agit de s’entendre et, pour cela, JJ se rappeler qu’il y a plusieurs variétés d eunu-

II en est de même des ouvriers exposés aux émanations de sulfure de carbone , tels que ceux qui sont employés dans les fabriques de caoutchouc vulcanisé. Delpech en a rapporté plusieurs cas.

D’après Orfila les ouvriers qui travaillent Y antimoine seraient souvent atteints d'impuissance. Il a observé chez plusieurs la « flaccidité de la verge, le dégoût du coït, l’impuissance complète avec douleur dans les testicules et l’atrophie de ces organes ainsi que du pénis. » :

Causes provenant de l’usage de certains médicaments. — L’usage thérapeutique prolongé de certains médicaments peut entraîner l’impuissance.

Ainsi Y arsenic, qui à petites doses agit comme excitant de l’appareil génital, détermine une véritable impuissance lorsqu’on en fait usage pendant longtemps, ou lorsqu’on l’absorbe a haute dose. Muller, Delioux de Savignac, Devergier, Imbert-Goubevre, Charcot, et d’autres médecins, en

de S . ï lés Spadones, privés d’un seul testicule ; D’apres ürüla les ouvriers^ , ^gs . 1 tes p p rW à-dire dont on a moine seraient souvent atteints du

f les Thasiai, bistoprnes, c est a diré ü°nt^on a observé chez plusieurs la «flaccidité

me les d’eux testicules, on a enlevé la totalité de ams^e du ^ ’• » „E

la verge. Il est clair que ces derniers sont stériles Lauses prcne a .

et impuissants d’une façon absolue. Ceux auxquels gS^édicame&nts peut entraîner l’i on a enlevé les testicules mais laisse la verge, sont \ arsenic qui à petites dose

stériles, mais non pas impuissants ; et ils peuvent A . 1 p ’qeil génital, déteru

très bien se livrer au coït. Ce sont meme ceux-là ^Ipulssance lorsqu’on en fi Qui donnent le plaisir sans la fécondité, datd; longtemps , OU lorsqu’on l’ai

dont parle Juvénal, comme étant très recherchés par dose. Muller, Delioux de Savignac, les dames romaines. Quant aux Spadones et aux bert-Goubeyre, Charcot, et d’autre! Thasiai, ils ne sont pas impuissants, ils peuvent ont rapporté plusieurs observations, même être féconds, aussi à Rome et en Orient les Viodure et surtout le bromure de laissait-on contracter mariage. raison del’action sédative qu ils exei

10° L’ imperforation du gland, la gangrène du voir excito- moteur, de, la moelle € gland, le cancer du pénis, et en général toutes les chent les érections et déterminent u plaies et les douleurs locales de l'appareil génital complète chez les individus qui en qui empêchent le^coït, sont aussi des causes d’im- prolongé. L 'acide salicylique et le 0 puissance. phre . produisent les mêmes eflets

Causes provenant d’altération ou de maladies du pas autant du camphre qui a une r< système nerveux. — Toutes les causes agissant : pée d’anaphrodisiaque, et qui n , 1° sur la partie du système nerveux central qui jamais déterminé 1 impuissance, tient les organes génitaux sous sa dépendance ; peut-il amener une torpeur momen 2° sur l’innervation de ces organes , 3° sur les mus- reil génital. .

des du périnée, rendent impuissant. La morphine, Y opium, m oeUador

Ainsi Yanèmie, la congestion, Y hémorrhagie, Yin- et en un mot, les narcotiques et le

Viodure et surtout le bromure de potassium, en raison del’action sédative qu’ils exercent sur le pouvoir excito-moteur, de la moelle épinière, , empêchent les érections et déterminent une impuissance complète chez les individus qui en font un usage , prolongé. V acide salicylique et le bromure de camphre produisent les mêmes effets. Je n’en dirai pas autant du camphre qui a une réputation usurpée d’anaphrodisiaque, et qui n’a certainement jamais déterminé l’impuissance. Tout au plus, peut-il amener une torpeur momentanée de 1 appareil génital. , . .

La morphine, Yopium,l& belladone, la jusquiame. et en un mot, les narcotiques et les stupéfiants en

mc/me, la, uunyesuun, inoi/iu/ 1 louyic, im- eu eu uu mv., - — j. , ... -

flammation de certaines parties du cerveau, la général, exercent sur 1 appareil gem a, u

Paralysie générale, sont suivies d’impuissance. Il sédative manifeste, qui à la longue evien

en est' de même de certaines maladies de la moelle, ritable impuissance, surtout chez es f1

telles que la myélite chronique, Y ataxie locomo- pium ei les morphiomanes. La us u a ,

etc.; des lésions du plexus sucré et des nerfs soit fumé, prisé ou chique, pro ui

qui animent les organes génitaux. analogues.

Les individus atteints d’une névrose ( hypochon - On a voulu aussi incr.

arie, nostalgie , mélancolie, etc.) deviennent aussi l’accusation portée contre ^puissants. ble comme à Siredey fort

Causes provenant de certaines maladies. — La Le hachisch, quebeauci Plupart des maladies aiguës rendent généralement rent être un excitant rem.

^puissant pendant toute leur durée ; les désirs nital, est au contraire un <

' eûm“iens et les érections ne reviennent que pen- et c’est à son usage habiti aaût la convalescence. - blement l’anaphrodisie e

lus ieurs maladies chroniques exercent aussi observe si fréquemment ne.mfluence très manifeste sur la puissance géné- rient.

f®: Ainsi Y anémie, la chlorose, la phthisie, la Quant à Yagnus castus, entu ' ’ 1 Albuminurie, la phosphaturie, le diabète, qui étaient jadis cités con nn !!ment Pres(Iue toujours une impuissance plus déterminant une împuiss fAriToms marquée. Cette influence funeste sur les d’hui parfaitement etaW Ip h; vT génitales est surtout remarquable dans était bien indûment attri

16 diabete. H Causes provenant de l

AÜSES provenant de certaines professions. - tation joue un rôle impo

pium et les morpiuumwL™. -»■

soit fumé, prisé ou chique, produit des eflets

BiB voulu aussi incriminer la digitale, mais l’accusation portée contre cette substance me semble comme à Siredey fort exagérée.

Le- hachisch, que beaucoup de personnes se figurent être un excitant remarquable du système génital est au contraire un anaphrodisiaque véritable et c’est à son usage habituel qu’est due incontestablement l’anaphrodisie et 1 impuissance que Ion ^hsp.rvc si fréauemment chez les peuples de

Quant à Yagnus castus, à la laitue , au nénuphar oui étaient jadis cités comme des anaphrodisiaques SÆÎit Ce impuissance réelle, il est aujourd’hui parfaitement établi que cette propriété leur

était bien indûment attribuée. > aUrn en-

Cattses provenant de l’alimentation. — L aiimen .atioTjtue un rôle important dans la produetton

IMP

IMP

de l’impuissance. Ainsi, l’ intempérance par excès d'aliments ou de boissons, surtout d’ alcool, de café et de bière, est une cause fréquente d’impuissance momentanée, qui, à la longue devient durable, surtout lorsque les individus sont parvenus à l’o&ésité ou à l 'alcoolisme.

Causes provenant de l’age, de la constitution, du tempérament, du CLIMAT. — Tout le monde admet l’influence de l’âge, de la constitution, du tempérament et du climat sur la puissance génésique de l’homme. Celle-ci est dans sa plénitude de 20 à 45 ans et commence, a partir de ce moment, à diminuer sans qu’il soit possible de déterminer d’une manière précise l’âge où elle s’éteint. Elle est plus forte chez les individus doués d’un tempérament vigoureux et robuste, que chez ceux d’une nature faible et délicate, et comme l’a dit avec raison Lafontaine :

Un muletier à ce jeu vaut trois rois.

Enfin, le climat exerce une influence incontestable sur le développement du sens génital. Ainsi en Orient et dans les pays chauds, un grand nombre d’hommes sont absolument impuissants dès •;î’âge de trente ans.

'^'Causes provenant de l’abus de l’appareil géni- ‘TMi. — Les excès vénériens, de quelque nature qu ils soient, masturbation, onanisme buccal, coït, sôiil sans contredit la cause la plus terrible d’impuissance, entraînant la spermatorrhée et les pertes séminales.

Causes provenant de l’abus- de l’organe intellectuel. — S’il est vrai que le travail de l’intelligence appliqué aux; lettres, aux sciences ou aux arts, poursuivi dans une mesure raisonnable et sans se départir des règles d’une bonne hygiène, soit un stimulant du système nerveux en général et aussi du système génital, l’abus et l’excès, entraîne un affaiblissement de la force virile, l’éloignement des désirs vénériens et finalement l’impuissance.

Causes d’impuissance chez l’homme provenant de la femme. — La femme peut contribuer à déterminer l’impuissance chez l’homme. Ainsi, un vagin trop large, un vagin sans cesse baigné de flueurs blanches, ou au contraire complètement sec, peu vent, en débilitant, en affaiblissant la verge au lieu de l’exciter, faire cesser l’érection dès le commencement du coït et rendre celui-ci impossible. L’immobilité de la femme pendant le coït peut aussi avoir les mêmes conséquences.

Causes morales et autres. — Ces causes sont très nombreuses et plus fréquentes qu’on ne le croit. Il y a des individus qu’une influence morale excessive rend incapables’d’aecomplirle coït et condamne momentanément à l’impuissapee. Ainsi on voit souvent des jeunes maris, que la peur de ne pas sortir à leur honneur d’une première tentative rend impuissants pendant plusieurs jours. On voit des individus entrer en érection, rien qu’en pensant à la femme aimée absente, et dont la verge reste molle quand ils sont auprès d’elle. Certains ne peuvent coïter qu’avec la même femme et restent absolument froids devant d’autres femmes plus jolies et plus séduisantes. D’autres, au contraire, deviennent impuissants par la cohabitation

avec la même femme et retrouvent toute ie, ? vigueur génitale en présence d’une étrangère. Ur

Beaucoup restent froids et impuissants devant 1 une femme toute nue, qui sont excités au haut point devant une femme en chemise, ou bi^ ? en grande toilette, et réciproquement. On rencontre S des individus qui ont une telle perversion du sens I génital, qu’ils ne peuvent pratiquer le coït que dans une position donnée, et restent impuissants f lorsqu’ils essayent la copulation dans une autre position, souvent plus commode et pouvant procurer des sensations voluptueuses plus vives. Enfin il y a des individus que certaines odeurs et certains parfums empêchent complètement d’entrer en érection., alors que ces mêmes odeurs et parfums excitent vivement l’appareil génital d’autres personnes, etc., etc.

Traitement de l’impuissance. — On comprend d’après l’exposé qui précède, que le traitement de l’impuissance est complètement subordonné à celui de la cause.

L’impuissance liée à un vice de conformation de l’appareil génital est incurable, dans les cas où une opération ne peut être pratiquée. Il en est de même de celle qui est liée à une altération ou à des maladies du système nerveux. Dans ce cas, il faut simplement chercher à enrayer la désorganisation de la substance cérébrale par un traitement énergique.]

L’impuissance qui existe dans le cours des maladies aiguës, disparaît après la guérison de ces maladies. Celle qui est sous la dépendance des maladies chroniques, suit les mêmes fluctuations que ces maladies, et son meilleur traitement est encore celui de ces maladies elles-mêmes.

L’impuissance provenant de l’exercice de certaines professions cesse lorsqu’on abandonné ces professions. Il en est de même de celle qui est occasionnée par l’usage de certains médicaments.

Quant au traitement général de l'impuissance le voici en quelques mots : régime tonique et réparateur ; emploi de la gymnastique, de l’hydrothérapie, du massage, de l’électricité ; administration, mais avec une prudence extrême et jamais sans l’avis du médecin, de certains aphrodisiaques : strychnine , phosphore et surtout turnera aphrodisiaca ; enfin et par dessus tout, rejet absolu des cantharides et de la flagellation (Y. ces mots).

,7 Impuissance chez la femme. — L 'absence du vagin, son occlusion congénitale complète, ou son rétrécissement très prononcé, Véléphantiasis de la vulve et du clitoris, la cystocèle vaginale, le pr°' lapsus utérin , Y allongement hypertrophique du col de l'utérus, la hernie de l'intestin dans les grandes lèvres, telles sont, avec le vagisnisme, les causes qui* en s'opposant à l’intromission du pénis, entraînent l’impuissance chez la femme. Toutes ces causes réclament pour disparaître une opération chirurgi' cale, sauf le vaginisme, dont le traitement est médical. Nous renvoyons donc le lecteur aux articles qui leur sont consacrés dans le dictionnaire.

Médecine légale. — Notre Code ne fait pas mention de 1 impuissance comme cause de nullité de mariage. m Paul Labarthe.

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