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Apophyse styloïde du cubitus

insertion au ligament latéral externe par son sommet. La face postérieure de cette extrémité est sillonnée de gouttières. Il en existe trois principales, et chacune d elles est divisée en deux gouttières plus petites par de petites crêtes. Les gouttières principales, sont, de dehors en dedans : 1° la première, oblique en dehors et en bas sur l’apophyse styloïde qui donne passage aux muscles long abducteur et court extenseur du pouce;. 2° la seconde, verticale qui reçoit les tendons des muscles radiaux externes; 3° la troisième, profonde, qui reçoit les tendons des muscles extenseur commua des doigts et extenseur propre de l’index.

Fractures du radius. — Nous ne disons rien ici des fractures qui occupent la partie moyenne de 1 os. Elles ont été étudiées à l’article avant-bras (Y. ce mot). Nous rie nous occuperons que des fractures de 1 extrémité supérieure et des fractures de l’extrémité inférieure de cet os.

I. Fractures de l’extrémité supérieure, t— Ces fractures ne s’observent que dans des cas exceptionnels: elles ne présentent rien de particulier en dehors de ce qui a été dit en parlant des fractures en general (V. fracture).

II. Fractures de l’extrémité inférieure. - Ces fractures peuvent être produites par des causes directes; mais celle qu’on observe ordinairement est causée par une chute sur la paume de la main.

es rac ures peuvent être transversales, obli~ ques ou comminutivps. Quelquefois elle communi- !I!C J artlculatl0n- La variété la plus fréquente est une fracture transversale siégeant à dix ou

mvnnp ^ metreS de l’articulation radio-carpienne.

SpéCW’. Pres<I"e ie ceS

fdlt Par pénétration, et les muscles n ont ici aucun rôle à jouer.

-chute sur la paume de la main, le mem-

transmerâuUsnnPreSfle une colonne riSide qui sol le poids du corps. Si la violence de

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at cUDérieure à la résistance de cette cola cbUte lle-ci se brise et la fracture se produit lonne, e» iondes portions spongieuse et compacte alors a 1 Le fragment supérieur compacte pénèdu radlU®;, jsgeur du fragment inférieur; mais, tre dans cj a de la tendance à être entraîné du c0®ïlamain, le fragment supérieur le pénètre cf Profondément par sa partie postérieure, de plf Lrte que le fragment inférieur forme une Jie en arrière, et le fragment supérieur une

a Pénétration du fragment supérieur dans l’infipur éloigne la possibilité de la crépitation, de la nhilité anormale, et souvent de l’impuissance du mprnbre. Les seuls symptômes que l’on observe Tnt la douleur et la déformation. Cette douleur est exactement limitée au siège de la fracture; elle présente de particulier, qu’elle est située sur une ligne transversale, exaspérée par la pression du doigt, et que les mouvements de l’articulation radio -carpienne ne l’augmentent pas sensiblement.

F La déformation est caractéristique, pathognomonique; elle peut, à elle seule, faire reconnaître à première vue une fracture du radius ; elle consiste : 1» en là présence de deux saillies : l’une immédiatement au-dessus de l’articulation, sur la face postérieure de l’avant-bras, déterminée par le fragment inférieur ; l’autre un peu plus haut, sur la face an-

Fig. 1121.

Fracture de l’extrémité inférieure du radius. La figure de gautin6 ”?or'tre Fos fracturé, celle de droite montre la déformaroTtombre dési§uée Par Velpeau sous le nom de dos de

s ^U.re du membre, déterminée par le fragment VPifrieui‘ Cette déformation a été désignée par 9o g au SOus lenom de dos de fourchette (, ftg . 1121). a voniUne akduction de la main, déformation qu’on déterT c.°mParcr à un Z ( fig . 1122). L’abduction est et D ’lnee Par ïa pénétration des deux fragments, di'us c.°nséquent, par le raccourcissement du ra- ^’artirnL1 -entratne aveclui le ligament externe de haut le T0-0 rac**0 caPpi**nne, attirant lui-mêmeen

cote correspondant de la main. Comme con¬

séquence de cette abduction, on observe des plis sur le côté externe de la fracture et une saillie plus considérable de l’extrémité inférieure du cubitus. On remarque en outre que les deux apophyses du radius et du cubitus sont situées sur un même plan; que la première, même lorsque la pénétration est très forte, peut être plus élevée que la seconde, ce

Fig. 1122.

Fracture de l’extrémité inférieure du radius. La figure montre la déformation en Z du membre.

qui est le contraire de l’état normal. Ce caractère, dans le cas douteux, est très important à constater. 3° En la présence de deux cordons tendus comme des cordes de violon, descendant de l’extrémité inférieure du radius sur les deuxième et troisième métacarpiens, et formés par les deux radiaux externes.

La fracture de l’extrémité inférieure du radius est celle qui se consolide le plus facilement; vingt jours peuvent suffire. La consolidation est constamment osseuse.

Il est commun de méconnaître cette fracture. Quoiqu’elle soit d’une fréquence extrême, elle n’est guère connue que depuis le commencement de ce siècle ; autrefois les chirurgiens la confondaient ordinairement avec une luxation du carpe.

Beaucoup de chirurgiens considèrent la réduction comme une opération inutile. Cependant, on s’expose, en ne la pratiquant pas, à laisser une diffor¬

mité permanente. 11 faut donc, avant d appliquer l’appareil, exercer une forte traction sur la main, en même temps que l’avant-bras est tiré en sens contraire. Appuyant alors son pouce sur le fragment .inférieur, le chirurgien le repousse en avant. Pour empêcher le déplacement de se reproduire, on applique l’appareil suivant dû à Nélaton : un petit coussin est placé sur le fragment supérieur, du côté de la face dorsale de l’avant-bras; la face antérieure du membre repose sur un autre coussin qui répond à toute sa longueur, sauf au fragment inférieur, au niveau duquel il est replié, de ma-

mère à. former un bourrelet sur lequel le membre porte à faux. Une attelle antérieure et une postérieure, fixées par une bande, ou mieux par trois bandelettes de diachylon , complètent l’appareil [fig. 1123). Il faut maintenir la main dans la flexion : cette position favorise la réduction et permet aux fragments de se consolider dans leurs rapports normaux.

Lorsq* e la main est portée fortement en dehors, vers le bord radial de l’avant-bras, il faut la diriger en dedans, soit avec l’attelle de Dupuytren, soit par tout autre moyen.

Certains chirurgiens ne se servent pas d’appareil , ils se contentent de placer la main sur un coussin pendant toute la durée du traitement (18 à20 jours). Robert, à l’Uôtel-Dieu, plaçait l’avant-bras' sur un coussin élevé; la main, débordant le coussin, était destinée à agir sur le fragment inférieur par les tendons des muscles radiaux tendus par la seule flexion delà main.

Luxations du radius. — (V. Coude , Poignet.)

Dr J.-A Fort.

RAFRAICHISSANT. — On donne ce nom à divers liquides simples ou composés, qui jouissent de la propriété de calmer la soif, tels que les boissons acidulées, les limonades, les tisanes de graines de lin, d’orge, etc. — Le public donne aussi le nom de rafraîchissant aux laxatifs et aux purgatifs iégers. p&L

RAGE CHEZ L’ANIMAL. — La rage est vieille comme le chien. Elle a donc été de tous les temps et de tous les peuples, s’il est vrai que « le monde ne subsiste que par l’intelligence du chien » comme le proclame le Zend Aresta, le plus ancien témoignage de la civilisation arienne.

L’incertitude qui plana si longtemps sur l’essence de ce mal terrible, n’a pas manqué de jeter quelque confusion dans les termes employés à le quali fier. Ainsi le terme rage, par lequel cette affection est generalement connue, ne donne pas, il faut en convemr une idée bien exacte de la nature du mal Par le mot «enragé», on suppose naturellement qu’un chien affecté de rage doive nécessaire ment être farouche et furieux. Dans tous les tableaux' quon se fait de celte affection, on se le représente toujours ainsi. Eh bien, cette interprétation n e î pas comp etement vraie, attendu que, dans la presque totalité des cas, les malheureuses bêtes victi mes de 1 impitoyable mal, reconnaissent la voix de ceux qui leur sont chers et cela même jusqu’au moment ou elles succombent. H

Si cette qualification de « rage» est incorrecte, ceRe d « hydrophobie », qu on lui donne égalemen Tst encore moins propre, car elle exprime unemanife* tation symptomatique qu’on rencontre dans cer «î nés névroses. Et puis combien de chiens qui boivent'

même avec avidité, jusqu’au moment de mourir

La rage est une maladie générale, contagieux virulente, à évolution rapide, caractérisée nar ’ trouble général et profond de toutes les fonctiW nerveuses et dont le contage réside dans la sali S et, d’après M. Pasteur, dans la substance mA >'6 des centres nerveux. me

Quels sont les caractères de la raqe?

un point important dans l’histoire dé ~î S’il est c’est l’étude approfondie des symptôme* la ragê. quels elle s’affirme, car, malheureusemPar les' erreurs qui s’attachent à la description der ’ les tomes ne sont plus à compter. Le préiu J T^Pami de l’exagération, a donné à la phvsinne ^°,lrs pourtant si caractéristique — du chien°mie " des traits absolument imaginaires • de là prises fatales et des malheurs irréparables' ïé’ pour en simplifier l’exposé, nous en divisLnf’ de-cription en trois phases distinctes s lâ

Première période. - Période d'inquiétude a premier au troisième jour). 1 . e (du

Celte première phase du mal est essentiellement caractérisée par un changement d’humeur L’animal subil comme une véritable dépression monde, son état général exprime l’inquiétude A la fois triste et agité, il s’isole, recherche les endroits sombres et, après avoir fait choix d’une place s y installe, s’y blottit, la tête appuyée sur le sol et cachee entre ses pattes de devant: puis comme mu par un irrésistible besoin de mouvement, il quitte cette place pour recommencer le meme mar.ege tout près de là. Il semble qu’il ne se trouve bien nulle part. ■

Quelquefois, mais plus rarement, le début de la maladie est marqué par un redoublemen! de gaieté : evenu plus aimant, l’animal accable son maître de tendresse t0Ut ^ léduil alors à une exagération de

D autres fois, au contraire, il se montre plus impatient, plus irritable. Mais, dans tous les cas, le changement d’humeur est manifesté.

Survient ensuite un changement de physionomie.

I œi/ est fixeJ brillant ; l’agitation va croissant. Dans son inquiétude, l’animal flaire, comme s’il les voyait pour la. première fois, les objets qui l’entourent.

Par instant, il semble en proie à de véritables hallucinations. Un moment, il s’arrête attentif, il ecaute des bruits imaginaires; puis, brutalement, se jette, dans l’espace comme pour saisir l’objet qui avait fixe son attention.

Bientôt son goût se déprave : d’abord, il lèche les meubles, les parquets, les chaussures et jusqu’à son urine. Ensuite, il mord tout ce qui se trouve à sa portée, lacérant le bois, la paille, le cuir, avalant nV er™ients.el se jetant fiévreusement sur l’eau ^ m &°v miage P°ur la déchirer. Il prend en il fnnL . a !menLs’ niêine ceux que, d’ordinaire, i ifp^nnanF ? USf‘ Lorsqu?d mange, c’est en très pe* en quelque sorte, pour obéir aux cnïé m t de- C6UX qu’ü aime> cai’ ü possède ensance. t6Sa raiSOÛ n’a rien Perdu de son obéis-

cepfio» à ceuetot ”éCl'1"tS et SoM

mLüre'de ™tre’ i0rS,,ue Ie mai est le fait d’une crémiers svmnia D,loment ,!e l’explosion de se. Fièrement p|omes. la cicatrice, qui s’était régose tuméfiée et donner passage a tricehînrêt °'P“ralenlt d’antres lois, la cicaîartion où Su* 4 “P**. mais « s'établit, naules, qui ne laisS m? d.oul“urs sourdes, lance 4 laissent al animal aucun repos.

RAG

RAG

ttèME PÉRIODE. — période d’ hyperesthésie (du DSïncau sixième jour).

qurs apparaissent d’autres symptômes plus gra- Pfla rage arrive à son apogée, r sensibilité générale déjà exaltée, s’exagère en- La Un bruit soudain, une lumière trop vive, un cor®'ant d’air provoquent chez l’animal autant

d 5 d’une auréole rougeâtre. La gueule légèrent entr’ouverte, laisse voiries muqueuses viofmment congestionnées et la langue salie à sa surface d’un enduit d’un bleu noirâtre.

1 L’envie de mordre devient plus impérieuse. Si la bête est enfermée dans une cage; elle mord sur le fer à s’y briser les dents, fait sauter le bois en éclats, prend sa litière à pleine gueule, la secoue yiolemment et la rejette loin d’elle; déchire, broie, lacère tout ce qui est à sa portée et n’a de cesse au’elle n’ait forcé les barreaux qui la retiennent I prisonnière. Parfois, c’est contre elle-même qu’elle tourne sa fureur ; on la voit se ronger férocement un membre ou l’extrémité de la queue. Une barre de fer rougie au feu ne la fait pas reculer; elle se jette dessus, et il faut l’atroce douleur de sa chair qui grésille pour lui faire lâcher prise, mais sans qu’elle laisse jamais s’exhaler aucune plainte.

Si elle est libre, elle s’attaque à tout ce qu’elle rencontre, mais surtout à ses congénères. Puis, sa colère assouvie, elle tombe dans un état complet de prostration : l’œil s’éteint, se ferme, les muscles se détendent, une torpeur générale s’empare de tout son être, la fatigue la vaincue.

Une particularité importante et sur laquelle on ne saurait trop s’appesantir est celle qui consiste dans l 'altération du timbre de La voix. Celle-ci ne s’échappe plus de la gorge que rauque, étranglée, convulsive. Après un aboiement lancé à pleine gueule, elle s’arrête a travers la. glotte contractée par les secousses saccadées des muscles inspirateurs et du diaphragme, hausse d’un ton et s’eteint dans an hurlement pénible. Cette modification de la voix dans son timbre et dans son mode est tellement remarquable que l’oreille — même inexpérimentée— ne saurait l’oublier dès qu’elle l’a entendue et telle est la valeur symptomatique de ce phénomène, ânil suffit à lui seul pour caractériser le mal. L’est généralement au début de ce deuxième stade que le chien abandonne la maison familière. Il lui vient subitement comme un irrésisliblè besoin de lierté. Peut-être craint-il de se laisser aller à coma,lre quelques sévices sur ceux qu'il n’est habiiué t?A<rares&er- 11 s’enfuit et va porter au loin ses

mrribles morsures.

ROïsième période. — Période d’anesthésie (du r,ue/U hi'tièine jour).

Lavinî (*eri"®re phase du mal est la plus courte, lesi'or 6nC? ^es acc®s ^eur fréquence ont épuisé s’effecmS i ma^acie- Sa démarche déjà pénible, ne qui traî 6 P US qu’à raide des membres anterieurs Paralv^eUt à leui: suite le train de derrière que la Labonch progl‘,eSsive immobilise de plus en plus, méfiée h? ^tr’ouverte laisse pendre la langue tudebav’e Heuftre> souvent blessee, toujours souillée lagor«>P’ t? buue et de sang. La voix s’arrête dans °e’ Vo xjuucibushœsül

douloureuses. L’œil fixe et égaré se

Le pauvre animal, complètement à bout de forces, est cloué au sol; et la paralysie générale survient qui met un terme à tant de souffrances.

Rage mue. — La rage peut encore se montrer sous une forme particulière qui est la rage mue.

On observe, au début du mal, de l’inquiétude et comme une certaine fatigue; le chien se couche à chaque instant, mais en se laissant tomber, pour ainsi dire, tout d’une pièce. On le voit, en outre, faire de temps en temps, un léger mouvement d’extension de la tète sur le cou, comme lorsque quelque obstacle s’oppose à la déglutition. Puis, on constate un relâchement des muscles releveurs de la mâchoire, ainsi que de ceux qui sont préposés aux mouvements de la langue. L’animal tient la gueule béante, ce qui lui donne un air hébété qu’exagère encore l’expression fixe de son regard.

Dans cet état, il ne peut prendre ni solides, ni liquides; il est incapable démordre et ne peut plus aboyer. Absolument prostré, il devient indifférent à tout ce qui se passe autour de lui. Dans les derniers jours, il va se coucher, pour y mourir, dans un endroit obscur. C’est encore la paralysie et l’asphyxie qui sont les expressions ultimes du mal.

Comme l’a dit excellemment H. Bouley, « la rage mue est la rage, car elle est inoculable comme la rage furieuse et son inoculation peut donner lieu à la manifestation de la maladie sous cette dernière forme, de même que, réciproquement, la rage fu- [ rieuse inoculée peut se traduire . par la manifestation de la rage mue. »

Etat morbide pouvant simuler la rage. — Quelques-uns des symptômes dont nous venons d’établir le tracé aussi fidèlement que possible, dans le tableau que nous nous sommes efforcé de faire de la rage, se retrouvent parfois dans quelques maladies, particulièrement dans certains états morbides de l’estomac dus à la présence de corps étrangers ou de parasites tels que, pour ne citer que les plus communs, l'ascaris marjinata et le ténia serrata ces hôtes ordinaires, le premier, de l’estomac, le second, de l’inteslin.

C’est ainsi qu’on peut voir, en ce cas, les chiens inquiets, agacés, se déplacer à tout instant, s’en prendre aux meubles, au tapis, à leur niche, à leur filière, des atroces douleurs qu’ils éprouvent, déchirer des dents et des pattes tout ce qui se. trouve à leur portée, — même, faire mine de mordre les personnes qui les approchent. Mais si loin, que puisse être poussée cette mimique de la rage, il est un symptôme, hâtons-nous de le dire, qui lui manque toujours, c’est l'altération du timbre de la voix, — le hurlement rabique.

Quelles sont les causes de la rage? La rage peut-elle se développer spontanément?

Leblanc père, Tardieu, Vernois, Lecœur, Iluzard, MM. La fosse, C. Leblanc, etc., ont admis ou admettent encore que l’apparition de la rage peut-être spontanée chez le chien.

Delabere-Blaine, Renault, Rey, H. Bouley, au contraire, ont nié la spontanéité de cette affection. M. Pasteur, et avec lui toute l’école actuelle, ne souffre pas qu’on invoque une autre cause que la contagion.

Les spontanéistes ont invoqué, tour à tour, l’m-

RAG

fluence des climats, des souffrances physiques telles que la faim et la soif, de la mauvaise alimentation (Chairou), de l’inassouvissement des désirs vénériens (Bachelet et Froussard), de la race (Eckel, de Vienne), etc.

Pour ceux qui se refusent, de formelle façon, à admettre que la rage puisse trouver matière à se développer en dehors de l’inoculation, cette, énumération des diverses influences dont on a, tour à tour, invoqué l’action, pour expliquer certains accidents rabiens, qu’il est impossible, parfois, même avec la meilleure volonté, de mettre au compte de la contagion, peut sembler in utile; mais on n’a pas le droit, à notre avis, de rayer de la science les travaux des spontanéités sous prétexte qu’ils sont subversifs des vérités prêchées par M. Pasteur. La contagion, voilà, au jugement de celui-ci et de ses adeptes, la seule cause génésiaque de l’implacable mal.

Où réside le principe de la contagion? — Pendant longtemps la salive a été considérée comme le seul liquide de l’organisme pouvant lui servir de véhicule; mais il est d’autres produits de sécrétion et même divers tissus qui peuvent également devenir virulents, tels sont : le mucus bronchique (Paul Bert, Galtier), le sang (Lussana) et la substance nerveuse (Pasteur).

Quant à la question de savoir si le lait et la chair des animaux enragés sont virulents, elle n’est pas encore suffisamment élucidée pour qu’on puisse y répondre avec certitude.

-Il faut pour qu’il y ait contagion que l’élément virulent entre dans l’organisme par effraction : morsure, plaie, écorchure, piqûre, éraillure, etc.

Jonh Hunter cite, en effet, le cas d’un homme devenu enragé pour s’être fait lécher une dartre des lèvres par son chien.

De même, le chat peut inoculer la maladie à l’aide de ses griffes souillées de salive.

Le virus est absorbé par les vaisseaux sanguins et lymphatiques qui le charrient, à travers l’organisme, jusqu’aux centres nerveux.

Quant à la possibilité d’absorber le virus par les muqueuses elle est, à notre avis, justement contestée. Aussi bien, — plaies de la muqueuse à part — on ne saurait admettre, en raisonnant par analogie, que le virus rabique puisse pénétrer par la membrane qui tapisse la bouche, quand les faits prouvent, de toute antiquité, que les venins n’ont aucune prise sur elle.

Quelle est la durée de l’incubation? — La période d’incubation, c'est-à-dire la durée pendant laquelle le virus peut séjourner dans l’économie sans faire éclore la rage est des plus variables. Elle peut être de plusieurs jours ou de plusieurs mois; elle peut être abrégée par certaines influences morales la peur, la joie, etc., et par les excitations génésiques Chez le chien, elle oscille entre cinq et soixante jours. Pourtant, on cite des cas où elle a duré pendant huit ou neuf mois. Cette variabilité de la durée de l’incubation du virus, tient-t-elle au virus luimême ou procède-t-elle des conditions individuelles dans lesquelles peuvent se trouver, après morsure les sujets contaminés? ’

M. Pasteur admet, lui, que la durée de la période

RAG

d’incubation est subordonnée à la nature quantité du virus. 1

A côté de cela, quelques auteurs soutienne™ certaines conditions individuelles semblent n' 1 ger la durée de l’incubation, telles sont • la ° °û' sesse, d’après Spinola et P. Ruge, et l’embonSî selon le docteur Ménécier, de Marseille. P Qt) Le virus se conserve-t-il après la mort? — p dant longtemps on a cru que le virus rabiqUe d?' dait, immédiatement après la mort, toute son act' nocive. 10n

Morte la bête , mort le venin. Cet adage dont o saluait avec empressement le cadavre d’une bête enragée est à mettre au rancart, ainsi qu’en témoignent les expériences de Maurice Raynaud ' et <\l MM. Galtier et Pasteur.

Ce dernier assure même que le virus peut conserver sa virulence dans l’encéphale et dans là moelle, pendant plusieurs semaines, lorsque la putréfaction des cadavres est empêchée par une température comprise entre 0° et 12°.

Quelles sont les lésions laissées par la rage? — La rage laisse-t-elle, après elle, sur le cadavre, des altérations suffisamment caractéristiques pour la dénoncer? Devant cette question les plus savants s’arrêtent. Seul, M. Pasteur affirme que si on lui présente un cerveau rabique et un cerveau sain, il peut dire à l’examen microscopique de la substance des deux bulbes « celui qui est rabique et celui qui ne l’est pas ».

C’est là, on ne saurait le nier, un fait considérable.

Jusqu’alors la certitude du mal ne pouvait s’acquérir que par l’examen des symptômes observés sur l’animal vivant, — les altérations du cadavre ne pouvant autoriser que la présomption. Ce n’est pas que ces altérations ne soient pas nombreuses. Si fait. Mais elles sont, en propre, la caractéristique de l’asphyxie, l’étape dernière par laquelle passent les enragés avant de mourir.

Rappelons qu’à l’autopsie des chiens enragés, on trouve le canal digestif vide d’aliments et l’estomac distendu contient une masse de corps étrangers, tels que: des pierres, du bois, du cuir, des morceaux de verre, des fragments de charbon, des excréments, du linge, du foin, de la paille, de la terre, des clous, etc. L’existence de ces corps disparates de leur nature et étrangère à l’alimentation, constitué généralement un signe caractéristique de l’état rabique.

La rage chez les différentes espèces animales- — La rage peut se transmettre à toutes les espèces animales. Elle a été observée, en effet, chez le loup, le renard, le chat, le porc, le cheval, le bœuf, le chameau, le mouton, le lapin, le cochon d’Inde, le rat, voire chez les oiseaux.

Le virus rabique perd-il de son action nocive en traversant divers organismes ?

Oui, croit-on généralement. Aussi bien, les seules recherches qui aient été instituées pour résoudre la question sont dues à M. Pasteur. Il résulte de ses dernières expériences que si l’on inocule le virus recueilli sur le chien à quelque rongeur, lapù1 ou cobaye et de l’un de ceux-ci à un autre lapin ou a un autre cobaye, le virus s’exalte et acquiert une

. nÆ mortelle. Que si l’on inocule ce virus, lDteD pris sur le chien à un singe, et ainsi de virus finit par s’atténuer en passant parce drumane. Il s’atténue si bien, paraît-il, que si fi0 vient à pin0culer au chien, il ne communique à celui-ci qu’une rage ébauchée, dont l’animal ^ meurt pas et qui le rend désormais réfractaire

“u virus le plus puissant.

C’est sur ce principe qu est fondée la théorie de 3a vaccination antirabique.

La rage est-elle curable? —Encore que la thératigue, malgré tous ses efforts et le nombre des substances qu’elle a tour à tour prônées, n’ait pu iusqu’à présent répondre à cette interrogation, ce n’est pas une raison pour se résigner à croire que la science soit à tout jamais impuissante a poursuivre l’extinction du terrible mal.

Aussi bien, voici ce qu’on lit dans 1 & Dictionnaire de médecine et de chirurgie, publié "en 1850, par les professeurs de l’école vétérinaire de Lyon : « On a observé à l’école plusieurs cas de guérison de rage par les seuls efforts de la nature. »

A côté de cette attestation donnée par le corps professoral de l’école vétérinaire de Lyon, il faut placer d’autres faits de' guérison relatés par des hommes dignes de foi. Nous citerons, entre autres, ceux qu’a publiés M. Decroix dans Y Abeille médicale, puis ceux qu’a rapportés M. Harold Leancy dans le Vèterinary journal et enfin les curieuses observations dont le docteur Menécier, de Marseille, a entretenu la société de médecine vétérinaire pratique, dans sa séance du 13 avril 1880.

Quel est le traitement de la rage? — Nous ne voulons parler que du traitement préventif, bien entendu, car le traitement curatif n’existe pas. Du reste, la loi ordonne l’abatage immédiat * de tout animal reconnu ou soupçonné atteint de rage. Le traitement préventif n’est autre que la vaccination.

Vaccination. Comme nous l’avons vu, M. Pasteur est parvenu, en modifiant le milieu de l’agent virulent, à augmenter ou à diminuer sa puissance. C’est ainsi qu’il est parvenu à rendre réfractaires à la rage inoculée par la voie expérimentale un certain nombre de chiens vaccinés avec du virus atténué. Mais M. Pasteur n’a pas encore réussi à établir que ces animaux jouissent d’une immunité capable de les soustraire à l’action du virus inoculé par la morsure d’un animal enragé.

Police sanitaire. — La rage, nous l’avons vu, étant une maladie contagieuse, tombe sous l’application ue la loi du 21 juillet 1881, sür la police sanitaire animaux domestiques, article 10 de cette loi, est ainsi conçu :

•di!ttS C^*ens et les cbats suspects de rage doivent être immé-

niêmp 7)attus* Ce propriétaire de l’animal suspect est ter -Hp ^ 6Û ^e^ors d’un ordre des agents de l’adminislratic

4e Pourvoir à cette mesure.

êtrffS Tle.ranimal es! abattu, son cadavre d< OnT ' et livré à l’équarisseur.

Près a -a !a ,Peau, elle ne peut être utilisée qu’ fato a V°-r désinfectée dans une solution de si

CeJemmCà2P-100-

fin’iirAee?ures ont une utilité incontestable, pui fiue leii 6 ^es ta^eaux statistiques de M. Lebla r stricte observance a, depuis quelqu

années, diminué dans une large mesure le cercle de la contagion. Aussi, l’administration devrait-elle, à notre avis, mettre tout en œuvre pour les faire respecter. , Gaston Percheron, Médecin-vétérinaire, Rédacteur en chef de la Semaine vétérinaire ,

RAGE CHEZ L’HOMME. — La rage ne peut se transmettre d’un animal à l’homme que par inoculation ; or, les chiens enragés, obéissant à une tendance irrésistible, se jettent sur les animaux, sur les personnes qui se trouvent à leur portée et les mordent; la morsure offre au virus contenu dans la bave une voie d’absorption.

La rage n’est pas une maladie commune. Elle est même rare, puisque de 1850 à 1876 inclus, il n’y a eu en France que 740 décès causés par la rage, soit en moyenne 28 décès par an, ainsi que cela résulte du rapport du professeur Proust au comité consultatif d’hygiène de France, en 1878.

Tout individu mordu par un animal enragé né contracte pas fatalement la rage; la preuve en est dans les statistiques officielles.

Voici un tableau qui donne les relevés de 1880 à 1884.

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