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LAU

Quant à l’huile essentielle, elle est douée d’une extrême énergie ; 2, 3 ou 4 gouttes suspendues dans un véhicule calmant et administrées par doses fractionnées dans les vingt quatre heures suffisent dans la majorité des cas. On fait encore avec cette huile des liniments, cérats et pommades qu’on prescrit en frictions contre les tumeurs douloureuses.

D1 Marc. Camboulives.

LAURIER SAUCE. — Le laurier sauce, appelé aussi laurier commun, laurier d'Apollon, est un bel arbre de la famille des Lauracées, originaire de l’Asie mineure, que l’on trouve aujourd’hui dans

Fig. 741. — Laurier-cerise.

guignes, la saveur fade et douceâtre. Les feuilles alternes, persistantes, toujours vertes, luisantes, denticulées, renferment de l’huile volatile, de l’acide cyanhydrique, du tannin , de la chlorophylle et un principe amer particulier ; elles exhalent, par le froissement, une odeur d’amandes amères qu’elles doivent à la présence de l’huile essentielle. Elles perdent par la dessiccation la plus grande partie- de leurs propriétés. On s’en sert souvent pour aromatiser le lait et les crèmes, mais il faut s’en défier à cause de l’acide prussique qu’elles contiennent. La décoction de trois ou quatre feuilles dans du lait est suffisante pour causer de graves accidents.

-A- faible dose, le laurier-cerise est calmant, antispasmodique, et légèrement antiphlogistique. Il se donne à l’intérieur contre les accès d’asthme et d hystérie, contre la coqueluche, les toux nerveuses, es affections catarrhales, la bronchite et la pneuüionie; à l’extérieur, contre le cancer et les ulcères Quloureux. Il se prescrit le plus souvent en eau pillée, quelquefois en infusion, huile essentielle, cataplasmes, liniments, cérats et pommades.

Sans contredit, l’eau distillée est la préparation e laurier-cerise la plus fréquemment employée, e a une action d’autant plus efficace qu’elle est P us recente. On la prend par cuillerée à la dose de ° j,?5 Sommes dans une poiion calmante.

300 lnfus*(m avec une ou deux feuilles fraîches pour gramme d’eau ou de lait constitue un excellent yen pour combattre les toux nerveuses, si commues chez les femmes.

Fig, 742. — Laurier-saüce.

presque tous nos jardins, dont on utilise les diverses parties en médecine et dans l’art culinaire. Ses fruits ou baies contiennent une huile grasse, de couleur verte, aromatique, que l’on emploie en friction à l’extérieur, dans les rhumatismes. Ils entrent dans la composition du baume de Fioravanti, de Y orviétan, etc. Les feuilles sont surtout utilisées dans la cuisine comme stomachiques et aromatiques, mais il faut les employer avec prudence, parce qu’elles sont excitantes et à haute dose produisent des effets narcotiques. On fait avec les baies et les feuilles une pommade dont voici la formule :

Feuilles récentes de laurier . 500 grammes.

Baies de laurier .

qu’on emploie quelquefois en frictions dans les rhumatismes articulaires. Avec le professeur Bouchardat je préfère à celte pommade l’huile de laurier extraite des baies. p. l.

LAVANDE. — La lavande est une plante aromatique de la famille des Labiées, fréquemment cultivée dans nos jardins. Elle est reconnaissable à sa tige grêle, carrée, haute quelquefois d’un mètre, à ses feuilles linéaires, blanchâtres et à ses fleurs bleues, petites. Elle répand une odeur agréable, possède une saveur forte, caustique, qui la rend stimulante et dangereuse si on la fait prendre à des doses trop élevées.

Comme la menthe poivrée dont elle a une composition à peu près identique, la lavande produit d’abord une légère sensation de fraîcheur à la

bouche et dans l’estomac, puis survient de la chaleur avec stimulation de l’appétit et augmentation momentanée des forces. Son absorption est marquée par la plénitude des pulsations cardiaques, l’élévation de la température. Son élimination s’opère par les voies aériennes, dont elle favorise l’expectoration des mucosités, par les voies urinaires et cutanées sur lesquelles elle agit d’une manière à peine sensible. Sa prescription est indiquée contre les dyspepsies, les gastralgies, le météorisme non fébrile et la plupart des maladies de langueur.

A l’intérieur, la lavande se prescrit en infusion, eau distillée, essence ou alcoolat. A l’extérieur, on s’en sert en cataplasmes, fomentations, sachets résolutifs ou bains aromatiques. L’eau-de-vie et le vinaigre de lavande sont d’un usage fréquent pour la toilette. Quelques gouttes dans un demi-verre d’eau adoucissent la peau du visage, en font disparaître les rougeurs et les éruptions papuleuses ; elles servent aussi pour se rincer la bouche et se nettoyer les dents.

Voici une formule d’eau-de-vie de lavande excellente et facile à préparer :

Huile volatile de lavande . 12 grammes.

— de bergamote .... 12 —

— de roses . 6 gouttes.

• — de girofle . 6 —

— de romarin . I8', 50e.

Musc .

Miel .

Acide benzoïque

Alcool .

Eau distillée. .

on mélange le tout, on laisse en contact pendant vingt -quatre heures et on filtre.

La lavande officinale est du nombre des plantes qui sont comprises dans la préparation du baume tranquille , de Veau de Cologne, du vinaigre des quatre voleurs, etc.

Cette plante n’est pas la seule usitée en médecine, on a recours aussi parfois à la grande lavande ou spic, lavandula spica, qui possède la même valeur physiologique et thérapeutique. On en retire une huile essentielle dite huile de spic ou d’aspic., utile en frictions contre la paralysie. On en fait par macération des sommités fleuries un vin également employé en frictions contre la même affection morbide. Dr marc. Camboulives.

LAVEMENT. — Par lavements ou clystères, on entend des préparations magistrales liquides qu’on introduit par l’anus dans le gros intestin au moyen d’une seringue, d’un clysopompe ou d’un irrigateur. Le liquide injecté est ordinairement de l’eau froide, tiède ou chaude, simple ou chargée de principes médicamenteux; il peut être aussi du vin, du lait ou du bouillon dégraissé. On administre sous cette forme les mêmes substances que par la bouche, mais à des doses un peu plus fortes.

Le malade qui va prendre un lavement doit être couché sur le côté droit, jamais sur le côté gauche, le bassin plus élevé que le tronc, et le corps légèrement courbé en arc pour que les muscles du ventre soient dans le relâchement. Le liquide sera poussé jusqu’au bout de la seringue pour éviter l’introduction de l’air dans la partie inférieure du tube digestif, la canule sera préalablement enduite d’un corps gras; puis, on engagera le malade à faire un petit effort, comme s’il voulait aller à la selle, on saisira ce moment pour introduire la canule en la dirigeant obliquement de bas en haut, et on donnera le clvstère, en grande ou en petite quantité suivant qu’on l’aura jugé convenable. En moyenne, chez un adulte, le poids d’un quart de lavement est de 125 grammes; celui d’un demilavement, de 250 grammes ; celui d’un lavement entier, de 500 grammes ; celui d’une douche ascendante de 1 à 8 ou 10 litres. Les lavements entiers conviennent toutes les fois qu’il y a constipation ou irritation du tube gastro-intestinal. On peut en prendre jusqu’à deux ou trois par jour; ils sont faits en général avec une tisane émolliente. Les demi et les quarts de lavements sont des lavements médicamenteux proprement dits, ils sont destines a être gardés le plus longtemps possible. On débarrasse, à cet effet, le rectum des matières fécales qu’il peut contenir par l’administration d’un gran lavement, et l’on en fait prendre, immédiatemen après, un petit parce qu’alors l’intestin vide absorbera mieux la substance médicamenteuse que si eût été obstrué. L’on a de la sorte, suivant leu^ action, des lavements calmants, toniques, astringents, laxatifs, anthelmintiques, etc.

O8", 1 décig, 30 grammes.

500 grammes.

Enfin les douches ascendantes rectales qui ne sont autre chose que de grands lavements parcourant l’intestin avec une certaine force de projection, ont l’avantage sur les lavements ordinaires de vaincre les constipations opiniâtres occasionnées oar des matières fécales durcies. Elles ont en outre la propriété de dilater fortement l’intestin iusqu’au delà parfois de la valvule iléo-cæcale et de remédier à un certain nombre d’étranglements internes, d’occlusions, d’invaginations ou de hernies étranglées. Lorsque des affections aussi graves et aussi promptement mortelles se présentent à l’observation d’un praticien, celui-ci est bien aise, après avoir tout essayé, de pouvoir mettre à contribution un dernier moyen qui tout en étant inoffensif peut devenir à un moment donné une arme merveilleuse, capable d’opérer une guérison radi-

C3Quoique le plus grand nombre des lavements soit préparé par les malades avec de l’eau pure, des tisanes (orge, mauve) ou des solutions (amidon, sel marin); il en est encore pas mal que le pharmacien est appelé à confectionner lui-même. Quelquefois sans doute le médecin n’a mis sur l’ordonnance que le principe actif que le patient doit ajoutera une quantité d’eau convenue (laudanum, j teintures). Mais souvent aussi le véhicule, la base, le correctif et l’intermède, entrent au complet dans la formule et il est indiqué alors d’administrer la préparation sans y rien ajouter, c’est ce qui arrive le plus fréquemment. Les substances végétales et animales se traitent par infusion ou par décoction. Les oléo-résines, les résines, les baumes, les huiles, le camphre, insolubles dans les véhicules ordinaires, doivent être dissous par l’intermédiaire d’un jaune d’œuf. Les sels insolubles ou peu solubles exigent quelques gouttes de l’acide du sel pour les dissoudre (sulfate de quinine). Les matières féculentes (amidon, fécule) doivent être incorporées au véhicule pendant qu’il est chaud, de cette manière leurs cellules se rompent et le liquide est imprégné de leurs principes actifs.

Des diverses préparations dont on fait un fréquent usàge en médecine, les lavements comptent parmi u(*e de celles qui sont le plus souvent usitées. Il ?est pas un seul dérangement des voies gastrointestinales où il ne soit utile de les employer. C est le remède habituel des enfants, des femmes délicates et des personnes maladives. Mais il ne inut pas en abuser, autrement ils produisent une telle flaccidité du gros intestin que les malades ne peuvent aller à la selle sans leur intervention. Je dirai même bien pis encore, c’est qu’il arrive un moment où on les rend tels qu’on les a pris, ne aissant après eux que faiblesse, langueur et apattue. Voilà pour les lavements émollients. Les lave- In^nts médicamenteux sont destinés à remplir une mdication déterminée. On profite des glandes absorbantes de la muqueuse intestinale pour admimstrer par le rectum des médicaments qu’il répudierait ^ certains malades de prendre par la bou-

e ou qu il leur serait difficile d’ingérer, par suite 1 Section locale des premières voies. Les Q vements alimentaires avec le bouillon dégraissé mieux les lavements de peplone conviennent

dans les rétrécissements de l’œsophage et à la période ultime des maladies, lorsque la fièvre ayant cessé tout à coup, les malades épuisés menacent de mourir d inanition. Dr Habc. Cambouuves.

LAVOIRS PUBLICS. — Hygiène publique. — Les

lavoirs publics (et sous ce titre nous comprenons aussi les lavoirs , buanderies, bateaux à lessive), sont des établissements publics qui rentrent dans la troisième classe des établissements insalubres, incommodes ou dangereux. En effet, ils présentent plusieurs inconvénients parmi lesquels nous signalerons les odeurs nauséabondes dues à l’altération des eaux de lavage, les buées abondantes, la fumée des fourneaux, etc.

Voici, d’après le rapport du Conseil d’hygiène de la Seine (1867-1877), les conditions générales imposées aux personnes qui veulent ouvrir des buanderies et des lavoirs publics, puis les principaux articles des ordonnances de police de 1805 et de 1840, relatives aux bateaux à lessive ou bateaux-lavoirs.

Buanderies. — 1° Rendre le sol imperméable, rejointer en bitume ou en ciment les ruisseaux;

2“ Écouler les eaux à l’égout par une conduite souterraine, avec cuvette sypboïde, à moins que l’écoulement par le ruisseau ne doive produire aucune incommodité, et dans ce cas, laver' fréquemment ce ruisseau à l’eau claire, et en hiver casser les glaces;

3° Munir les cuves de couvercles et les surmonter soit d’un lanternon, soit de hottes communiquant avec un tuyau plus ou moins élevé ;

4° Revêtir d’un enduit en ciment ou d’un contre-mur en briques les murs mitoyens avec des locaux habités ;

, 5° Élever les cheminées de façon à empêcher la fumée de tomber sur les maisons voisines ; au besoin, ne brûler que du coke, tout au moins du charbon maigre ;

6° Laisser apparents les bois de charpente et les couvrir d’un enduit hydrofuge ;

7° Assembler les bois de charpente par des boulons en fer; et ne faire aucune entaille affaiblissant les bois; faire porter le plancher haut en plein sur les filets, ne jamais 1 assembler; soulager tous les scellements en murs par des corbeaux saillants en pierre ou en fer;

8° Lorsque la buanderie a un séchoir a air libre, le plancher du séchoir doit être en fer, ou s’il est en bois, avoir une très grande solidité, et être sans assemblage; — le séchoir à air chaud doit être en matériaux incombustibles.

Lavoirs. — 1° Rendre le sol imperméable et faire écouler les eaux souterrainement à l'égout, à moins que l’écoulement à un ruisseau pavé ne produise aucune incommodité ;

2° Ne pas ouvrir de jours sur la rue ou sur les voisins, si les buées peuvent les incommoder ;

3° Munir les cuves de couvercles et lés surmonter de hottes conduisant les buées au dehors ;

4° Élever les cheminées à la hauteur des cheminées voisines et, s’il y a des habitations mitoyennes,' construire des contremurs en briques ou meulières et ciment dans toute la hauteur du lavoir; , . ,

5° Laisser toujours apparents, sur toutes leurs faces, les bois de charpente et les couvrir d’une peinture hydrofuge;

6° Assembler les bois de charpente par des boulons en fer, et ne faire aucun assemblage à tenon et mortaise, m aucune entaille affaiblissant ces bois ;

7° Soulager par des corbeaux saillants en pierre ou en fer tous les scellements en murs ;

8“ Faire porter le plancher haut en plein sur les filets, ne jamais l’assembler;

9° Réserver à chaque laveuse une place de 1 mètre;

10° Si le lavoir est surmonté d’un séchoir à air libre, le plancher de ce séchoir doit être en fer, ou tout au moins s’il

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