‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 177 sur 238 · TROU. — TRUELLE · texte numérisé non relu

TROU. — TRUELLE

hors du temps du relevé à bout , la prime sera payée au propriétaire, déduction faite des travaux de raccordement du pavé par l'entrepreneur public. Les primes sont basées sur les estimations faites par les ingénieurs d'après les prix des adjudications publiques. (Art. 12.)

Pour les trottoirs tout en granit, la prime accordée par la ville est du tiers de l'évaluation faite par les ingénieurs ; pour ceux en bitume, elle n'est que du sixième de l'estimation des ingénieurs. Elle doit rester trois ans entre les mains de l'administration, à titre de garantie de la bonne exécution des travaux et après leur réception par l'ingénieur.

Les derniers articles de l'arrêté préfectoral traitent du dallage en bitume, des trottoirs en pavés et des trottoirs avec ruisseaux couverts.

Trottoir. — Dans l'architecture ogivale, on nomme trottoir l'étroit passage qui existe entre une balustrade et le bas d'un comble, la naissance d'une pyramide de clocher, etc. ; c'est l'aire sur laquelle on marche qui est le trottoir proprement dit.

TROU, s. m. — Cavité pratiquée dans la terre, dans la maçonnerie, dans la pierre, dans le bois. Les trous servent en général au scellement de diverses pièces. Dans la maçonnerie ou dans la pierre, on fait les trous avec des ciseaux à froid, à la hachette, ou à la masse et au poinçon ; ils servent à recevoir le scellement de poutrelles, solives, lambourdes, pattes, gonds, etc. — On nomme également trou l'orifice d'une carrière de pierre ; d'où l'expression pierre sur le trou, employée pour désigner la pierre qui est encore sur la carrière , maie en dehors de la partie réservée à l'extraction.

Trou d'homme. — Ouverture qui n'a tout juste que la dimension nécessaire au passage d'un homme. Les chaudières des machines ont un trou d'homme pour permettre leur nettoiement ; certains puits ont leur pierre percée d'un trou d'homme, etc.

TROUSSE, s. f. — Cordage de moyenne grosseur qui ne sert qu'à élever de petits fardeaux.

DICT. D'AUCniTECTURE. — T. IV.

TROUSSE -BARRE, s. f. — Morceau de bois employé pour réunir, pour joindre ensemble les pièces de bois (coupons) d'un train à flotter.

TROUSSEQUIN. — Voy. Trusquin.

TRUC, s. m. — Chariot, wagonnet pour le transport des terres. — Dans la machinerie théâtrale, c'est un procédé, une machine employée dans les pièces, surtout dans les féeries, pour obtenir des effets imprévus, rapides et surprenants. .

TRUELLE, s.f. — Outil en fer ou en cuivre dont la lame, en forme de trapèze , arrondi souvent à son sommet, porte une tige emmanchée dans un manche en bois serré par une virole. Nos figures montrent les deux modèles de truelle les plus usuels. Les maçons se servent

Fig. 1. — Truelle à pointe.

de cet outil pour bâtir au mortier ou au plâtre, pour faire des enduits et pour les lisser. La truelle à plâtre est en cuivre ; elle a la forme d'un trapèze dont le sommet serait arrondi : celle pour le mortier est souvent pointue, et la lame est triangulaire. La truelle des cimentiers a sa lame de forme ovale ; on la nomme Spatule (voy. ce mot) : c'est le type de la

Fig. 2. — Truelle rectangulaire.

truelle romaine antique. — On nomme truelle brettèe une truelle qui a la forme d'un rectangle allongé ; le manche, qui a la forme d'une fourchette, est perpendiculaire à la lame, à laquelle il est fixé par les deux dents de la fourchette ; l'un des bords de la truelle est dentelé, mais les dents, au lieu d'être angulaires comme dans une scie, sont rectangulaires. La truelle brettèe sert à gratter la superficie des enduits, afin de les dresser avant de les nettoyer.

870 TRUELLBE. TUBE.

TEUELLÉE, 8. f. Quantité de plâtre gâché qui peut tenir but une truelle, et, p ! suite, petite quantité de plâtre gâché (huis une auge.

TRUELLETTE,*./. Petite truelle.

TRULLE. — Terme d'antiquités. Cuiller percée de nombreux trous; petit vase en terre cuite, mais plus souvent en métal Bernant à transporter des matières igni

TRUITÉE (Fonte). - - Espèce de fonte

blanche, mais qui est tachetée de fonte g] les taches sont plus ou moins foncées suivant la variété.

TRUMEAU, s. m. — Face interne ou externe d'un mur comprise entre deux baies ; c'est sur les trumeaux que portent les sommiers des plates-bandes, les abouts des linteaux et des poitrails, etc. Dans les rez-dechaussée qui comportent des boutiques, les trumeaux sont remplacés par des piliers, afin d'obtenir de larges baies. Dans le style ogival, on nomme cependant trumeau le pilier qui divise en deux les portes d'église et qui soutient le linteau ou le tympan. Généralement, les architectes de cette époque adossaient des statues contre ce trumeau, qui supportait souvent un dé, et qui était parfois décoré d'une niche. Au xivc siècle, on nomme ce pilier ou trumeau estanfiche.

En menuiserie, on donne le nom de trumeau à toute partie de menuiserie servant à revêtir un trumeau de maçonnerie, à un parquet de glace, ou simplement à de grands panneaux.

TRUSQUIN, s. m. — Outil employé parle menuisier, le charpentier et le serrurier, qui sert à ces ouvriers à tracer sur les bois des lignes parallèles aux arêtes de ces bois. C'est un outil en bois (fi g. 1), composé d'une tige carrée au bout de laquelle se trouve une pointe de fer, et d'une tête carrée percée dans son milieu d'une mortaise carrée recevant la tige qui la pénètre et traverse à angle droit. La tige glisse dans la mortaise, et , quand on veut la fixer, le coin qui traverse la tête

exerce une pression sur la tige, <pii dès Ion ne peut plus glisser. On peut ainsi, en ap-

Fig. 1. — Trusquin.

pu vaut la tête contre une arête, tracer sur le bois une ligne parallèle à cette arête.

Fig. 2. Fig. 3.

Trusquin à pointe mobile. Trusquin (tige ronde).

Xos figures de 2 à 5 montrent d'autres types de trusquin dont les légendes expliquent les

Fig. 4.

Trusquin à viroles. Trusquin à riroles et à deux îvintes.

formes. — On disait aussi autrefois troussequm. TUBE, s. m. — Cylindre creux en caout-

TUBER. — TUBULAIEE.

chouc, en verre, en plomb, en fer, etc., qui sert à divers usages ; mais ce terme est surtout appliqué avec le qualificatif acoustique. Les tubes acoustiques sont utilisés pour transmettre le son et par suite la voix à une assez grande distance de celui à qui l'on parle. Les tubes acoustiques sont donc des porte-voix. Ils sont formés à l'aide de tuyaux en fer ou en cuivre de 0m,02 ou 0m,03 de diamètre, terminés à leurs extrémités par des tubes en tissu élastique munis d'un porte-voix armé d'un sifflet. Quand on veut communiquer avec une personne placée dans une pièce éloignée de celle où l'on se trouve, on souffle dans le porte-voix, l'air refoulé s'écoule par le sifflet placé à l'extrémité opposée du tube ; le sifflement attire l'attention de la personne avec qui on veut correspondre ; celle-ci souffle à son tour pour avertir qu'elle est prête à entendre : elle place son oreille au bout du portevoix, et, en parlant comme à l'ordinaire, on peut correspondre et converser sans déplacement de personne. Les téléphones ont remplacé aujourd'hui avec avantage les tuyaux acoustiques.

TUBER, v. a. — Revêtir de tubes un trou foré en terre. Aujourd'hui on construit de petits puits forés au moyen du tubage. Les puits artésiens sont aussi tubes. — Au XVe siècle, on a nommé/er tube un fer léger, et même une ordonnance du 10 août 1489 interdisait aux serruriers d'employer ce genre de fer pour Les uarnitures de serrure. « Nul serrurier ne pourra garnir serrures en fer tube, si le fer n'est pas souffisant, or h fer tube n'est souffisant pour porter, » etc.

TUBULAIEE, adj. — Qui a la forme d'un tube. On fait des ponts tabulaires en fer et en fonte. Nous en avons parlé au mot Poxt, § V ; m 'ii- y renvoyons le lecteur, mais nous donnepona ici quelques détails sur les fondations tabulaires. Ce ^cnre de fondations, qui n'est employé que pour les terrains immergés, n'est connu en Europe que depuis soixante an-: il n'est utilisé sérieusement que depuis quarante années. Dans l'Inde, au contraire, il est connu depuis un temps immémorial. Dans

cette contrée, les habitants, qui ne peuvent fonder sur pilotis, tant le terrain est mouvant, construisent des puits en briques. Les Indous creusent le sol jusqu'à ce qu'ils rencontrent l'eau, ils placent alors une couronne en bois {rouet) sur laquelle ils élèvent un tube ou puits en briques de lm,20 de diamètre intérieur ; ils draguent ensuite le fond de ce puits, en ayant soin de continuer la construction, ce qui charge le tube en briques, qui s'enfonce ainsi en terre par son propre poids. Au fur et à mesure que celui-ci descend, ils continuent la construction. Quand l'eau atteint plus d'un mètre dans le puits, le puisatier emploie une drague à manche court (djam) , attachée à l'extrémité d'une corde qui passe sur une poulie posée en travers du puits; l'ouvrier plonge, creuse avec son djam, et, quand il est chargé, ses compagnons qui sont au sommet du puits hissent cette drague et la vident ; l'opération continue toujours ainsi jusqu'à ce que cette maçonnerie soit suffisamment descendue. Le dragueur drague non seulement dans le centre du puits, mais même sous le rouet. Quand un puits est terminé, on passe à un autre. Ces puits sont remplis en béton, puis on lance une voûte de l'un à l'autre ; c'est sur celle-ci qu'on jette les fondations proprement dites. Tel est le système de fondations tubulaires chez les Indous.

En Europe, on emploie de forts tubes de fonte qu'on fait descendre dans la terre, en creusant et en épuisant à l'aide de fortes pompes ; on emploie le mouton pour enfoncer ces tubes et on utilise l'air comprimé pour équilibrer et repousser les eaux qui tendent à envahir le tubage. C'est un ingénieur français, Triger, qui fit connaître dès 1841 les avantages qu'on pourrait retirer de l'application de l'air comprimé pour ouvrir des puits de mines dans des terrains envahis par les eaux. En 1845, il présenta à l' Académie des sciences un mémoire traitant de l'emploi des tubes avec air comprimé pour la fondation des piles de pont au milieu des fleuves, à des profondeurs et dans des conditions où l'emploi des batardeaux était impossible. Yoici brièvement l'économie du système des fondations tubulaires par l'air comprimé, système

TUBULB. TUFPEAU.

qui a reçu d'heureuses modifications par l'ingénieur Fleur de Saint-Denis, <liins la fondation des piles du pont «le Kc-lil sur le Rhin. On bat à la sonnette des tubes en fonte d'un diamètre considérable ; on drague l'intérieur de ces tubes à L'aide de cylindres à soupape. On envoie de l'air comprimé dans cette <:ij .;tcité déblayée: cet air fait naître une atmosphère artificielle qui équilibre des colonnes d'eau de hauteur croissante, en raison de la pression exercée. On sac à air qu'on introduit dans le tubage porte deux trous d'homme; l'un sert à l'introduction des ouvriers, et l'autre à l'extraction des déblais. Aujourd'hui le sac à air est remplacé par une noria placée au centre du tubage ; l'air comprimé n'existe donc que dans un espace annulaire nommé jaquette, et le tuyau de la noria est rempli d'eau. Celle-ci atteint le niveau de l'eau à laquelle l'air comprimé fait équilibre, et c'est par la noria (pie se fait l'extraction des matériaux. Quand on a atteint le bon sol et partant l'étanchéité du tube, la noria est vidée par une cheminée laissée dans l'axe du puits; on jette alors le béton, qui s'élève successivement dans le puits jusqu'à la hauteur des plus basses eaux. C'est à ce niveau qu'on jette les fondations de la pile, absolument comme on aurait fait si on avait fondé sur pilotis. (Voy. Fondations.)

TUBULE, s. m. — Tube d'un très petit diamètre.

TUBULURE, s. f. — Ouverture en forme de tube, ménagée dans un récipient quelconque, et qui permet de raccorder un tuyau ou un tube au récipient.

TUDOR (Arc). — Voy. Arc.

TUDOR (Style). — Voy. Anglaise , Architecture.

TUF, s. m. — Terrain solide et compact: il est, en général, composé de terre forte mélangée avec du gravier; c'est un excellent terrain pour recevoir les fondations d'un édifice. — On nomme également tuf divers

niiiiim ... Le mf qui contient des oc

es fait partie du terrain tertiaire i rieur; au contraire, le tuf dii caJeaùrt eellulaire fait partie- du terrain d'alluvion, le produit, d'inernstations calcaires sur matières divers -. On donne le nom de tuf cik, tire à des dépôts considérables de carbonate de chaux formés par l'évaporation de certaines eaux calcaires qui existent encore aujourd'hui dans un grand nombre de localités, notamment en Bourgogne, dans Cévennes, à Vichy, à Saint-Allyre et dans d'autres contrées. Ce genre de tuf.

dre au moment de sa formation, acquiert . rapidement de la dureté par son exposition à l'air; aussi est-il employé dans beau de constructions tant en France qn'à l'étranger. Parmi les tufs étrangers les plus connus, nous mentionnerons celui de Wurteml . employé à la construction des voûtes des tunnels et même à celle des clochers; au sortir de la carrière, le tuf wurteinbergeois se laisse facilement débiter à la scie, mais à l'air il durcit de plus en plus. L'Italie po-deux tufs assez remarquables. Celui de Xaples est d'un gris jaunâtre: beaucoup d'édifices de Pompéi sont construits avec un tuf analogue. Le fameux travertin (travertino) de Rome n'est qu'un tuf calcaire, dont le grain est d'une finesse remarquable ; on le tire de Tivoli, mais il en existe également des carrières à Civita Castettana et à Monte Rotondo. Certaines eaux calcaires et chargées en même .temps de sable fournissent un tuf calcaire sablonneux. D'autres tufs Boni formes par l'évaporation d'eaux thermales et minérales qui renferment , outre du carbonate de chaux, une assez forte proportion de silice; on les nomme tufs siliceux. Ces tufs mêlés avec un vingtième d'argile fournissent des briques d'une grande légèreté qui sont trèaréfractaires et mauvaises conductrices de la chaleur; nous avons vu figurer des échantillons de ces briques à l'Exposition universelle de 1878 dans la section italienne ; on les emploie pour la construction des fourneaux de chaudières à vapeur des navires.

TUFFEAU. s. m. — Calcaire dont la struc-

TUFSTEIN.

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