‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 180 sur 238 · TUNNEL · texte numérisé non relu

TUNNEL

lement de 8 mètres dans le milieu. Ou ignore complètement à quelle époque il a été creusé ; ce qui est très certain , c'est qu'il est très ancien; quelques archéologues attribuent même ce travail aux premiers habitants de la Campanie. C'est, pensons-nous, une grave erreur. Ce tunnel met en communication Naples et Pouzzoles; à la sortie de ce côté, se trouve le village de Fuori Grotta. — Auprès du tunnel de Pausilippe, s'en trouve, pratiqué dans la même colline , mais plus près de la mer, un autre dénommé grotta di Sejano, qui, d'après Strabon, aurait été creusé par l'architecte Coccéius. Ce tunnel, qui n'est pas entièrement terminé, est plus long, plus haut et plus large que celui de Pausilippe; on le visite avec des torches de résine.

Parmi les tunnels modernes, nous mentionnerons celui dit du Mont-Cenis, qui aurait dû être dénommé plutôt tunnel des Alpes ou tunnel de Fréjus, puisqu'il traverse le col de ce nom, tandis qu'il est éloigné du mont Cenis d'environ 27 kilomètres. Ce tunnel, percé à 1,250 mètres d'altitude moyenne, a une longueur de 12,849 mètres. Les travaux d'essai ont commencé en septembre 1857, mais ce n'est guère qu'en janvier 1861 qu'ils ont été conduits avec activité. Terminé en décembre 1870, le tunnel n'a été livré à la circulation que le 17 septembre 1871. Le percement a été fait à l'aide de perforateurs mus par l'air comprimé, sous la direction des ingénieurs Sommelier, Grandie et Grattoni. Le montant des travaux s'est élevé à 75 millions, et environ 1,800 ouvriers en moyenne étaient occupes de chaque côté de ce tunnel, qui permet Le passage de deux voies ferrées, car sa largeur 'le 8 mètres et sa hauteur de (5 mètres. Mentionnons encore le tunnel du Saint- Oothard, récemment terminé.

PRATIQUE. — Les tunnels exigent des travaux préparatoires assez considérables ayant de pouvoir passer à leur exécution; ces travaux cmisistcnt en sondages, en alignements, en foncementa de puits, etc., afin de pouvoir bien établir la ligne de direction du tunnel, étudier les couches de terrain qu'on doit traverser, enfin pour se rendre compte du montant de la dépense. — Quand les puits ont

été foncés et déblayés jusqu'à un niveau voulu, on s'occupe de creuser les galeries souterraines. On exécute celles-ci comme les galeries des mines. Généralement, dans un long tunnel, on crée deux pentes; le point le plus élevé de celles-ci se trouve dans le milieu de la longueur du tunnel, afin de pouvoir diriger les eaux vers ses entrées. Cependant des circonstances géologiques changent souvent cette disposition. — Quand le terrain que traverse le tunnel est très consistant et se soutient par lui-même, on peut se contenter de faire des revêtements partiels ; dans le cas contraire, on construit une voûte et des piedsdroits dans toute la longueur du tunnel. Pour cette construction, on peut employer divers procédés; suivant le cas, on commence par établir les pieds-droits, ou bien on construit la voûte, qui porte sur des pieds-droits en terre qu'on remplace partiellement par de la maçonnerie. Quand le tunnel traverse des couches rocheuses, le travail est beaucoup plus lent et coûte davantage, mais on économise la construction en maçonnerie, ainsi qu'une grande partie des charpentes. Souvent, pour diminuer la dépense de celles-ci , on conserve dans l'axe du tunnel une énorme banquette, ou massif de terre, sur laquelle portent et viennent buter les étais, les étrésillons et autres pièces de bois, qui, dans ce cas, sont bien moins fortes et bien moins longues ; puis, après le déciutrement, on opère le déblai. — La section transversale des tunnels est, en général, en forme de fer à cheval, parce que les pieds-droits des voûtes sont verticaux du côté des terres et ont une assez forte inclinaison à l'intérieur. Us sont donc établis comme des murs de soutènement ; ils en remplissent, du reste, doublement l'office, puisqu'ils soutiennent la retombée des voûtes et la pression exercée par les terres. Voilà pourquoi la forme en fer à cheval est sans contredit la meilleure. Tels sont, d'une manière générale et si mi maire, les principes essentiels de la construction des tunnels, car nous ne pourrions, sans sortir du cadre que nous nous sommes imposé, entrer dans de plus longues explications. Ceux de nos lecteurs qui désireraient approfondir cette question devraient consul-

TUEBE. - • TUYAU.

ter des ouvragée exclusivement écrits pour Lee ingénieurs.

TUEBE, s.f. — Tenue de procédure qui ne s'emploie guère que dans cette locution, enquête 'pur herbe ou turbes, c'est-à-dire enquête faite en prenant le témoignage des plus anciens habitants d'une commune, d'une localité, pour constater les usages et les coutumes du lieu relativement à une affaire en litige. Les témoins entendus dans une enquête par turbe se nomment turbiers.

TURBINAGE, s. m.

bixe (voy. ce mot).

Action de la Ti'R-

TUEBINE, s.f. — Roue hydraulique dont l'axe, au lieu d'être horizontal, est vertical. En général, les turbines sont beaucoup plus puissantes que les roues hydrauliques anciennes. Cette force hydraulique ainsi disposée était en usage dans le midi de la France depuis fort longtemps ; elle était appliquée pour la mouture des blés. Ces roues horizontales, perfectionnées par M. Burdin, Fourneyron, Kœchlin. etc., ont été nommées turbines.

On nomme également turbines, dans certaines églises, de petits Jubés (voy. ce mot) dans lesquels on peut se placer sans être vu.

Par analogie, on nomme ainsi la tribune qui contient les orgues.

TURCIE , s. f. — Levée de terre gazonnée ou digue en forme de quai, destinée à empêcher les débordements et les inondations d'un fleuve ou d'une rivière. — On écrit aussi, turcies.

TURQUIN, s. m. — Couleur bleue grisâtre, ainsi nommée parce qu'elle rappelle le marbre de ce nom, qui est d'un gris bleu veiné de blanc. (Voy. Marbre.)

TUYAU, s. m. — Terme générique sous lequel on désigne toute sorte de conduites qui permettent, en l'enfermant, de donner un écoulement à un fluide quelconque, eau, gaz, vapeur, fumée, etc. ; de là une grande variété de tuyaux pour satisfaire à des données diver-

-' -. Bn effet, on fabrique des tuyaux en caOUt-

choac, eu terre cuite, en poterie, eu plomb, en étain, en zinc, en laiton, en cuivre, en fer, en fonte, etc. Nous allons étudier ces divers genres de tuyaux, dans des paragrapheciaux, après avoir dit toutefois qu'an point de vue de la forme tous les tuyaux en métal peuvent être classés en tuyaux h bride et en tuyam à emboîtement. — Les premiers portent à leurs extrémités des Bortes de disques ovales ou circulaires perpendiculaires à leur axe, ce qui permet de les assembler l»out à bout a l'aide de boulons, de vis de pression, après avoir interposé encre les disques des rondelles de cuir gras et épais qui forment un joint hermétique. — Les tuyaux à emboîtement , qu'on nomme aussi tut/aux à cordon, sont à une de leurs extrémités, sur une petite étendue, d'un diamètre plus large que le corps du tuyau lui-même, de sorte que l'extrémité du tuyau similaire peut s'emboîter dans cette partie plus évasée ; or, comme chaque tuyau a une extrémité plus grande et une de même diamètre que le tuyau même, tous ces tuyaux peuvent s'emboîter mutuellement et former un cordon, d'où leur nom de tuyau à cordon. Afin que le joint d'emboîtement soit hermétiquement fermé, l'espace annulaire vide qui reste autour du joint est rempli d'étoupe, de chanvre, de mastic ou de plomb coulé. — Les tuyaux en fonte sont à bride et à emboîtement ; ceux en fer, en cuivre ou en laiton, sont bien à emboîtement, mais l'une de leurs extrémités est filetée en creux à l'intérieur et à vis à l'extérieur, de sorte qu'on visse les bouts de tuyaux l'un dans l'autre. Les tuyaux en grès, en poterie, sont également à emboîtement, soit que chaque tuyau porte son emboîtement, soit qu'on réunisse les tuyaux bout à bout et qu'on pose sur leur joint un manchon qu'on noie dans le ciment.

Voici les divers noms que portent les tuyaux, suivant les usages auxquels ils servent, suivant aussi la matière dont ils sont formés, enfin suivant leur position dans la construction ; on nomme :

Tuyaux de plomb. — Les tuyaux fabrique < avec ce métal. Les uns sont fondus, c'est-àdire coulés dans des moules ; les autres roulés,

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