‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 203 sur 238 · VENTILATION · texte numérisé non relu

VENTILATION

le ventilateur -aspirateur à contrepoids du docteur Yan-Hecke ; le ventilateur à brosses de Golay (fig. 8) ; celui-ci est mû à bras, mais il peut être aussi actionné par la vapeur ; enfin les ventilateurs de Muir, de Watson, de Mackinnell, de Sherringhain, de Noualhier, etc., etc. Ceux de nos lecteurs qui désire-

Fig. 8. — Ventilateur Golay.

raient étudier ces divers systèmes de ventilateurs les trouveront tous décrits et dessinés dans notre Traité de chauffage et de ventilation, • L93 à 200. (Voy. le terme suivant.)

VENTILATION, 8. f. - Ensemble des opérations employées pour renouveler l'air d'une enceinte quelconque. La ventilation a encore pour objet d'amener dans un local de L'air chaud en hiver, frais en été; humide. si le milieu est trop sec; de la sécheresse, au contraire, si ce milieu est trop humide Enfin, dans l'industrie, la ventilation opère, dans les séchoirs et les sécheries, la dessiccation de divers produits: dans certains

ateliers, elle débarrasse d'exhalaisons fétides et d'odeurs ou de poussières dangereuses pour la respiration. On nomme ventilation renversée un système de ventilation dans lequel l'air se meut contrairement à son mouvement naturel, soit de haut en bas dans la ventilation à chaud, soit de bas en haut dans la ventilation à froid. La connaissance de toutes ces opérations constitue une science des plus complexes et que peu de savants possèdent actuellement.

Historique. — Il est bien difficile d'assigner l'époque à laquelle l'homme a fait une première application de la ventilation artificielle. Il est probable que, sans se rendre compte de l'opération qu'il exécutait, il a dû, lors des grandes épidémies, al-lumer sur les places publiques de grands feux pour chasser le fléau, comme cela se pratique encore de nos jours, pendant les époques de choléra, dans certaines villes du midi de l'Europe. — L'histoire nous apprend qu'un nommé Acron . médecin d'Agrigente (Platon, de Isid. et Osir., t. II, p. 383), (pli vivait cinq siècles avant l'ère vulgaire, aurait chassé d'Athènes la peste en allumant de grands feux dans les rues et sur les places publiques. Hippocrate, qui vivait à peu près à cette époque (4G0 avant J.-C). aurait employé le même moyen (ap. Hippocr., t. II, p. 970) pour délivrer d'une effrayante épidémie Athènes, et Abdère, ville grecque de la Thrace, située sur les côtes de la mer Egée. On comprend que ces vastes foyers brûlaient les miasmes de l'air, infectés de ferments putrides, qui donnaient lieu à ces effroyables épidémies. Mais quelle consommation de combustible pour obtenir un si mince résultat!

Qu'a-t-on fait depuis deux mille ans, c'està-dire depuis Hippocrate et Acron, sous le rapport de l'hygiène par la ventilation, et par quelles successions de découvertes sommes-nous arrivés à la ventilation moderne ? L'histoire est muette sur ce chapitre comme sur bien d'autres qui se rapportent aux progrès de L'humanité. Il nous faut nécessairement franchir l'époque qui nous sépare d'Hippocratc et arriver jusqu'à ces

VENT] LATION.

bempa toul à fail modernes pour trouver quelques traces des premiers essais de ventilation. Bien qu'il soit reconnu, d'après certains auteurs, que les architectes ne b'occupenl pas du tout des questions de chauffage el de ventilation, nous avouons humblement que le premier essai de ventilation est dû à l'architecte de Saint-Paul de Londres, l'illustre Christopher Wren (1), qui fit percer ouvertures aux quatre angles dn plafond de la salle du Parlement. Ces ouvertures, à l'aide des coffres en bois qui débouchaient sur la toiture de l'édifice, servaient à ventiler la salle.

Un peu plus tard, encore en Angleterre, en 1715 ou \~->->, le traducteur de la Méca- •nique du feu, le Dr Desaugiers, fait un nouvel essai de ventilation pour les mêmes chambres du Parlement, d'abord au moyen d'un foyer d'appel, ensuite par un ventilateuraspirateur. Ce dernier système a fonctionné

(1) L'architecte anglais Christopher Wren, né en 1G32 à Knoyle (comté de Wilts) , fit ses études à l'université d'Oxford. Dès l'âge de treize ans, il construisit une machine pour représenter le cours des astres, et divers instruments d'astronomie. A seize ans, il avait fait plusieurs découvertes en astronomie, en statique et en mécanique, découvertes assez importantes pour le faire nommera vingt-cinq ans prof esseur à l'université d'Oxford. En 1065, il fit un v-03-age à Paris pour y étudier l'état des arts en France. L'incendie de Londres le rappela en Angleterre, où il dressa immédiatement un plan de reconstruction de la ville, lequel plan, soumis au Parlement, fut en partie adopté, et fit connaître Christopher Wren sous un jour nouveau en révélant ses talents d'architecte, si remarquables qu'à la mort de J. Denham (1608), "Wren fut nommé architecte du roi et directeur des travaux d'un grand nombre d'édifices. C'est en 1G75 qu'il jeta les fondements de l'église Saint-Paul, dont la construction ne dura pas moins de trente-cinq années. Nous citerons, parmi les principaux monuments érigés par Wren , la fameuse colonne pour perpétuer le souvenir de l'incendie de Londres, colonne dénommée le Monument; le théâtre de l'université d'Oxford, Saint-Étienne de Wallbroock , la Douane de Londres, le palais ro3-al et le palais épiscopal de Westminster, le mausolée de la reine Marie à Westminster, l'hôpital de Chelsea, etc., etc. Wren mourut en 1723 et fut enterré sous le dôme de Saint- Paul, par privilège exclusif accordé à lui et à sa famille. Ce grand architecte n'a publié aucun ouvrage. mais plusieurs de ses écrits sont imprimés dans les Philosophicah transactions.

l'en 1800, En L758, le docteur Haies invente un moyen de ventilation par propulsion à L'aide de Bonfflete. — Enfin, jusqu'en ixi I. on tente en Angleterre de nouas de si peu de valeur, qu'ils ne méritenl pas d'être mentionnée i i .

En France, en L713 et L759, on fait bien quelques tentatives pour ventiler les hôpitaux, mais elles ue donnent. ]>a< des résultats notables. Ce ii"'-: qu'à partir de d'Arcet et de Péclet, c'est-à-dire il y a cinquante ans environ, que La ventilation devient une véritable science.

Après ces auteurs, nous devons mentionner comme s'étant beaucoup occupés de question : en France, MM. Chevreul. B singault, Dumas, Andral, Orfila, Gavaret, Combes, Morin, etc.: en Angleterre, Eveling, Strutt, Davy, de Chabannes (2), Paul, Anderson, Sylvester, Boulton, Watt, Deacon, et MM. Danielle, Moyle, Dr Reid, et Gurney: en Belgique, Glepin, Pasquet, et Fabry(3).

INSTRUMENTS DE VENTILATION. — Les

instruments de ventilation sont fort nombreux. Us servent soit à extraire l'air les locaux à ventiler, suit à leur envoyer de l'air pur d'une manière directe ou indirecte. Us présentent chacun des qualités

(1) Nous dirons cependant qu'antérieurement aux époques que nous avons citées, on s'occupait de la ventilation des mines, et que Georges Agricola, dans l'ouvrage qu'il publia en 1077, indique plusieurs ventilateurs de mines qui ont longtemps fonctionne après le décès de cet auteur.

(2) Bien que Français, nous classons de ChaV parmi les Anglais, parce qu'il a étudié la ventilation en Angleterre , où il s'était réfugié.

(3) Nous devons ajouter à cette nomenclature : Leblanc, Annales de chimie et de physique , t. V, p. S 7 et t. XV; Pettenkofer, Zeitsehrift fiir Biologie , 1867. Dans cet ouvrage , Pettenkofer aunonce qu'il a constaté que l'habitation de l'homme subissait une ventilation active à travers ses parois de briques et de moellons. Cet auteur avance même qu'il a pu faire

à travers un bloc de maçonnerie en brique un souffle assez intense pour éteindre la flamme d'une bougie. Ce sont là des expériences très curieuses dont nous ne pouvons malheureusement garantir l'authenticité à nos lecteurs, n'ayant jamais eu le temps et l'occasii les répéter.

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