‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 31 sur 238 · PROTOTYPE · texte numérisé non relu

PROTOTYPE

PROSTYLE, s. m. — Édifice qui n'a qu'un Proxaos (voy. ce mot), c'est-à-dire des colonnes que sur sa façade principale, tandis que Vamphiprostyle possède des colonnes sur ses faces antérieure et postérieure. (Voy. Temple.)

PROTHYRUM. - - Allée ou couloir de la maison romaine, qui partait de la porte de la rue (janua) pour aboutir à la porte de

Protliyruni île Porupji.

l'atrium (osthtm). — Le nom grec oioiôupov définit très bien ce couloir, puisque ce terme signifie entre les portes. Notre figure montre un prothyrum restauré de Pompéi.

PROTOTYPE, s. m. — Modèle original qui sert à en créer d'autres. Ce terme signifie premier type (Ttpo'unrov). Pline (Hist. nat., XXXV, Ci) emploie ce mot pour désigner ires cuites que nous nommons A.NTBpixes (voy. ce mot et Tebre cuite). Qnelluteurs ont lu dans Pline prostypwn.

PROUE. PTEEOMA.

PROUE, B.f, Avant d'un vais.-cau, qui

nt employé comme décoration de colonnes navales on d'autree monuments analo- '!ii'-. Nos figures 1 et 2 montrent de face et de profil une proue de oavire, ornée d'un fortin

Fig. 1. — Proue de navire (face;.

crénelé, qui décore le piédestal de la statue de saint Louis à Aiguës-Mortes, monument qui a été élevé sur le plan de notre vénéré maître Charles Questel, membre de l'Institut.

Proue de uavire (profil).

PRUNIER, s. m. — Arbre de petite taille, de la famille des rosacées, qui fournit un bois dur et souple susceptible de recevoir un beau poli ; il est surtout employé pour faire des manches d'outils.

PRYTANÉE, s. m. — Dans l'ancienne Grèce, on nommait prytanèes des édifices qui servaient à de nombreux usages : c'est, en effet, dans les prytanèes qu'on recevait les

ambassadeurs, qu'on logeait les citoyens ayant bien mérité de la patrie et qu'on entretenait le feu sacré; ils servaient également aux magistrats nommée prytanes à rendre la justice.

PSEUDO-DEPTÈRE, ». m. — Faux diptère, c'est-à-dire édifice qui, au lieu d'être diptère, c'est-à-dire encore à deux range colonnes, n'en possède qu'un seul rang, quoique le portique soit de même largeur que le diptère. (Voy. Tk.mi'LK.)

P8EUDO-ISODOMON. — Appareil, en usage chez les Grecs, qui se composait d'assises régulières, mais alternativement inégales comme hauteur; c'était le contraire de 17-0domon, qui, lui, avait ses assises toutes régulières en hauteur et en longueur. (Voy. Appareil.)

PSEUDO-PÉRIPTÈRE. — Faux périp-

tère, c'est-à-dire édifice entouré de colonnes engagées dans le mur et non détachées comme dans les temples périptères : tels sont les temples de la Fortune virile à Rome, le temple de Jupiter Olympien à Agrigente, celui dit la Maison-Carrée à Nîmes. (Voy. Temple.)

PSEUDO-THYRUM. — Ce tenue, comme les trois qui précèdent, est dérivé du grec (■kuîo'ôupov) et signifie fausse porte, ou plutôt porte secrète. (Ammian.. XIV. 1; Cic, de Senectute, 6.)

PTEROMA ou PTEROX. — Ces termes, dérivés du grec (méptau.a, TTTspov), signifient colonnades qui régnent sur chaque côté d'un édifice, principalement d'un temple, et placées de chaque côté du monument connu ailes (itTepdv) de l'oiseau sont placées de chaque côté de son corps. (Vitruve, III, S, 0.) — Dans l'antiquité, on donnait le même nom aux édifices qui avaient à droite et à gauche des pavillons en retour, ce que nous nommons aujourd'hui également pavillons m aile. (Pline. H. X., XXXVI, 4, 9, 13; Strabon. XVII, 28.)

PTEROTUS.

PUITS

PTEROTUS. — Ailé, qui a des ailes (impwTÔç.) On applique cette épithète aux vases à boire, aux coupes {calices) qui portent de chaque côté des anses, comme les ailes que portent de chaque côté de leur corps les oiseaux.

PUISAGE (Droit de). — Droit réel et inhérent au fonds de puiser, de tirer de l'eau, d'en prendre à un puits, à une citerne, etc. (Fournel, v° Puisage, p. 445.) — Le droit de puisage constitue une servitude discontinue et non apparente. Elle ne peut s'acquérir ni par destination du père de famille ni par la possession, même immémoriale (voy. Possession), car l'article 651 du Code civil dit formellement que les servitudes continues apparentes et les servitudes discontinues apparentes ou non apparentes ne peuvent s'établir que par titres. — La possession, même immémoriale, ne suffit pas pour les établir. (Cass., 28 avril 1846; C. Bordeaux, 28 juin 1839.) Mais le droit serait irrévocablement acquis, si les coutumes anciennes du pays où ce droit s'exerce avaient été acquises par la prescription trentenaire, mais antérieurement à la promulgation du Code civil. Cependant, si entre les deux fonds contigus il existait un signe apparent de la servitude, ou si celle-ci était exercée au moyen d'une pompe placée dans le puits, citerne, etc., le droit de puisage existerait indépendamment de tout titre ; mais celui-ci détermine seul le mode et l'étendue de la servitude, et, ajoute Pardessus (n° 58), si donc l'heure ou l'époque du puisage se trouve déterminée, ces clauses ne peuvent être chanque du consentement des parties intéressées. Quant au droit de puisage, il doit être exercé avec modération et de manière à ne pas se léser réciproquement : ainsi aucun de ceux qui ont le droit de puiser dans une citerne, dans un puits, ne doit prendre de l'eau au point de tarir la source pendant plusieurs heures; en un mot, la quantité d'eau à puiser doit être réglée ex œquo et bono. — Celui qui n'a qu'un simple droit de puisage ne peut aggraver la servitude en la transformant, par exemple, à tirer de l'eau pour laver, abreuver des bestiaux, faire de la pisciculture, alimenter des chaudières, etc., etc.; il doit se

renfermer dans le puisage ordinaire, et, suivant l'article 702 du Code civil, « il ne peut en user que suivant son titre, sans pouvoir faire, ni dans le fonds qui doit la servitude, ni dans le fonds à qui elle est due, de changement qui aggrave la condition » de l'autre partie. — ■ Pour autres renseignements sur le puisage, voyez Puits et Servitude.

PUISARD, s. m. — Puits pratiqué non dans le but d'en tirer les eaux, mais au contraire en vue d'absorber les eaux dont on désire se débarrasser. On nomme aussi les puisards, boitouts, puits absorbants, puits de drainage, etc. On utilise souvent des puits ordinaires dont on ne veut plus, ou bien on creuse des puits forés, c'est-à-dire des puits obtenus en faisant forer en terre, à l'aide de la tarière ou sonde du mineur, un trou dans lequel ou descend des tuyaux de fonte. Les bouts des tuyaux inférieurs sont souvent perforés dans toute leur hauteur, afin de faciliter l'écoulement de l'eau qu'on envoie dans ces sortes de puisards. Pour faciliter l'écoulement des eaux , on remplit souvent ces tuyaux avec des cailloux. C'est un mauvais procédé, qui, au lieu d'éviter l'engorgement, le facilite : du reste, quand ces tuyaux sont envasés, une sonde de petit diamètre les dégorge facilement; ce qui devient impraticable, s'ils sont remplis de cailloux.

PUISATIER, s. m, — Ouvrier terrassier employé au creusage ou au forage d'un puits, d'un puisard ; on donne le même nom à l'entrepreneur qui fait exécuter les mêmes travaux.

PUITS, s. m. — Trou plus ou moins profond, creusé de main d'homme, afin de pouvoir puiser l'eau qui se trouve dans les nappes souterraines.

HISTORIQUE. — Il existe des puits d'un caractère monumental dans les diverses parties du monde. On en voit dans l'Inde qui ont un diamètre et une profondeur considérables; ils sont souvent entourés de galeries qui conduisent jusqu'au niveau de l'eau. Dans l'Yucatan. l'eau est très rare; aussi les habitants,

PUITS

pour -"'ii procurer, Bont-ils obligés d'aller chercher des sources à une extrême profondeur, et Le creusage des puits nécessite des travaux très curieux. Au puits deChack,par exemple, on ne peut arriver au niveau de l'eau qu'après avoir descendu des rampes et di escaliers qui n'ont pas moins de 150 mètres de longueur, et si étroits qu'un seul homme peut y passer : il est, en outre, obligé d'éclairer sa route à l'aide de torches de résine. Pendant ce parcours, il y a de distance en distance des paliers de repos assez vastes pour permettre aux gens qui descendent de laisser libre le chemin pour ceux qui montent. Les passages du puits de Balonchen ont environ 450 mètres de développement; ils conduisent à sept vastes bassins (aguadas) situés à 158 mètres au-dessous du sol. Ces puits, exécutés par les anciens habitants del'Yucatan, sont bâtis en grandes pierres ; ils présentent souvent la forme d'un immense cône, dont la base est formée parla surface de l'eau. — Il existe au Caire un puits remarquable, dit de Joseph, ou puits de Youssovf, qui a été taillé dans le roc à 02 mètres de profondeur; il mesure 13m,90 de circonférence. On y descend au moyen d'un escalier circulaire qui ne compte pas moins de 305 marches ; cet escalier est séparé du puits par un mur de 0m,26 d'épaisseur, percé de petites fenêtres qui servent à éclairer la cage d'escalier. Ce puits est divisé en deux étages ; des bœufs, placés sur le sol, font mouvoir une roue qui élève l'eau d'un vaste réservoir établi sur une plate-forme construite à moitié de la profondeur du puits, où d'autres bœufs tournent également une roue pour élever l'eau du puits proprement dit à ce premier bassin. — A Orvieto , près de la forteresse en ruine, on voit un puits célèbre il pozzo San Patn'zio, qui a été commencé par Antonio San Gallo en 1527 et terminé en 1540 par Mosca. Il est en partie maçonné et en partie taillé dans le tuf; deux rampes en spirale, de 250 marches chacune, permettent à des hommes et à des mulets d'aller y chercher de l'eau ; on y descend par un escalier et on remonte par l'autre. Ces escaliers sont éclairés, comme au puits du Caire, par de petites baies pratiquées sur les parois des murs. A la

citadelle de Turin, il existe un puits analogue a celui d'Orvieto. A l'hospice de Bicêtre, il y a aussi un puits remarquable, qui a trait de \7'ô\ a 17:;5 sur les plans de Boffrand; il a 5 mètres de diamètre dans œuvre

profondeur atteint, p On y puise l'eau au moyen de deux seaux qui contiennent environ 250 à 260 litres et qui sont mis en mouvement à l'aide d'une char-

Fig. 1. — Puits dans le cloître de Saiut-Jean de Latrau.

pente mobile actionnée par une locomobile. Cette eau arrive dans un réservoir qui ne contient pas moins de onze mille hectol; et de là elle est dirigée par un grand nombre de tuyaux dans différents services de l'établissement. — Après les puits d'un caractère monumental, nous devons mentionner ceux dont les margelles sont remarquables, tels que le puits de la maison de Salluste àPompéi; celui du cloître de Saint-Jean de Lafcran, que montre notre figure 1, et dont la marge:

PLAXCHJ LXXY1II. — Puits de Moise, ou des Prophètes, à. Dijon. DICT. D'ARCHITECTURE. — T. IV.

PUITS

marbre est couverte de sculptures fort anciennes. Deux colonnes d'ordre dorique supportent une architrave ou linteau d'un seul bloc , dans l'axe duquel est accrochée la poulie sur laquelle s'enroule la corde qui sert à puiser l'eau. Notre figure 2 montre un puits à Vérone, qui a quelque analogie avec le précédent. Beaucoup de monuments du moyen âge et de la renaissance possèdent encore des puits remarquables de l'époque pendant laquelle ont été élevés les édifices

Fig. 2. — Pnits à Vérone.

mêmes. Ainsi à Coutras, dans la Gironde, il " un puits de forme hexagonale qui date <lu xvi" siècle; des colonnes d'ordre dorique supportent une coupole surmontée d'une petite lanterne dont la couverture en pierre esi sculptée en écailles, et un dauphin sert d'amortissement à la calotte de la lanterne. La hauteur de cet édicule est d'environ 7 mètres; l'architrave, qui est finement sculp- : "présente, dans l'un des six compartiments qui la divisent, un bras frappant des nœuds avec une épée ; au-dessous on lit cette devise : Nodoa virtute resolvo (par mon cou-

rage je délie les nœuds). Nous ne saurions terminer l'historique de ce terme sans parler d'un monument, assez renommé, connu sous le nom de puits des Prophètes, oupuits de Moïse. C'est l'œuvre d'un Hollandais, Claux Sluter. Aujourd'hui, en voyant ce monument placé au milieu du cloître de la chartreuse de Dijon, il est difficile de comprendre pourquoi on l'a nommé puits ; en effet, il ne représente qu'une sorte de piédestal qui servait de support à une croix de pierre. Tout ce monument était placé au centre d'un puits qui avait 7 mètres de diamètre; le puits a été comblé, et le piédestal avec ses six statues a seul été conservé. Notre planche LXXVIII montre le puits de Moïse, que Claux Sluter a dû exécuter vers 1398 ou 1399.

Pratique. — Le creusage d'un puits est une opération assez délicate et difficile. Elle demande certaines précautions, qui entraînent, suivant les circonstances, à des dépenses considérables. Aussi, avant d'entreprendre ce genre de travail, il est indispensable de s'éclairer sur la possibilité probable d'obtenir de l'eau dans un lieu donné et sur la profondeur à laquelle on pourra la trouver, car il existe presque partout des nappes d'eau souterraines, mais elles sont parfois à des profondeurs telles que le creusage du puits devient impraticable par suite de la dépense qu'il entraînerait. Ces dépenses sont nécessairement variables suivant la localité et les matériaux qu'on rencontre dans le parcours du creusage; mais elles sont toujours proportionnelles à la profondeur à donner au puits, la nature des matériaux étant égale d'ailleurs. Voici, du reste, des détails techniques sur la construction des puits ; ils sont tirés de notre Traité des constructions rurales (1) :

Ce sont des ouvriers spéciaux, disons-nous (page 380), des Puisatiers (voy. ce mot), qui creusent les puits. On les fait ordinairement carrés ou circulaires. — Quand le terrain est solide , compact, et se soutient de lui-même sans qu'il soit nécessaire de l'étayer, un ou deux ouvriers

(1) Traiti ries construction» rurales, par Ernest Bo.sc, 1 vol. in-8° jésus de XIII - 609 pages, illustré de 676 figures dans le texte ou hors texte, Paris, 1875.

es

ITITS.

creusent le puits jusqu'à ce qu'ils trouvent la couche aquifère, au-dessous de laquelle ils ne doivent pas trop creuser, surtout s'ils rencontrent la glaise ou le roc. — Si le terrain , au contraire , offre peu de consistance, il faut étayei au fur et à mesure du creusage, tantôt sur tout le parcours, d'autres fois rien que si l'on rencontre des parties de terrain susceptibles de se décoller. — Si la forme du puits est carrée, on étaye avec des palplanches ou même des madriers, qu'on étrésillonne avec des boulins ou autres pièces de bois. Si le puits est circulaire, on étaye avec des espèces de longues douves comme celles employées à la confection des tonneaux, et avec des cercles en fer d'une grande force on cercle ces douves, mais à l'intérieur. Comme le diamètre des cercles en fer est égal à celui de la fouille, il faut les serrer très fort pour gagner l'épaisseur des planches et arriver à cheviller les deux extrémités du cercle. En rapprochant ceux-ci de 0m,40 à 0"',50, il n'est pas nécessaire d'employer des étrésillons, qui gênent toujours dans les opérations d'extraction. — Quand les ouvriers sont arrivés à l'eau , ils cessent la fouille , et posent au fond du puits une sorte de roue sans rayons en forte charpente, nommée rouet; c'est sur celui-ci qu'on pose les premières assises de maçonnerie. Sur une hauteur de 0"',40 à 0m,50 au-dessus du rouet, elles sont en pierres sèches, afin de permettre aux sources de s'écouler dans le puits; au-dessus, les assises sont maçonnées en mortier hydraulique. Toutes les pierres sont taillées en forme de coins ou voussoirs. On utilise aussi avec avantage les briques légèrement courbes ou concaves.

Quand la construction est arrivée au niveau du sol, on pose de fortes assises qui forment la margelle du puits ; celle-ci doit avoir 1 mètre à lm,10 de hauteur, afin d'empêcher la chute dans le puits des personnes venant y puiser. ■ — Les puits sont couverts ou découverts ; ces derniers sont préférables, car l'eau qu'ils renferment a meilleur goût, est plus digestive , parce qu'elle contient plus d'air en dissolution que les eaux des puits fermés, surtout lorsque ceux-ci sont très profonds. Pour amener l'eau à la surface du sol, on emploie divers systèmes : des seaux, qu'on manœuvre à la main avec des cordes passant sur des Poulies ou s'enroulant sur des Treuils (voy. ces mots) ; ou bien des pompes, et même des norias et des chaînes à godets, quand il s'agit de monter des quantités d'eau considérables.

•Il BI8PBUDBNCE et LÉQIBLkTlOV. — Chacun peut creuser un puits dans son terrain, de la dimension et de la profondeur qu'il lui plaît, pourvu qu'il observe les distances et les règles en usage et qu'il prenne les précautions nécessaires ou prescrites par les ordonnances de police; mais nul ne peut sans autorisation creuser aucun puits à moins de LOO mètres des cimetières. (Décret du 7 mars 1808.) On ne peut également creuser un puits qu'à une certaine distance d'un mur mitoyen ou d'un mur de séparation, d'une cave, d'un autre puits ou d'une fosse d'aisances qui appartiendraient au voisin. (Lepage, 430; Frémy-Ligneville, p. 56r 324.) Si la distance n'est pas observée et qu'on ouvre le puits près de l'un des objets cidessus indiqués, on est tenu de les garantir

Fig. 1. — Puits dans le voisinage d'une fosse d'aisanoes.

de l'infiltration des eaux par l'établissement d'un contre-mur, fondé plus bas que le sol du puits et qui monte jusqu'au niveau du terrain (fig. 1). Ce contre-mur doit être d'une longueur suffisante pour empêcher l'infiltration au delà de ses extrémités, et, ajoute Frémy-Ligneville, d'accord en cela avec Lepage (ibid., 128), il serait mieux que le contre-mur fût circulaire et entourât le nouveau puits. Quant à l'épaisseur de ce contre-mur, on suit les règlements et usages de chaque pays. La Coutume de Paris (art. 191) exige un pied d'épaisseur; celle de Sens (art. 106), un pied et demi. Mais entre deux puits l'épaisseur de maçonnerie doit être de trois pieds, suivant la Coutume de Paris, et quatre pieds entre un puits et une fosse d'aisances. (Frémy-Ligneville, p. 56, 327.) — Le contre-mur ne peut être incorporé à un mur mitoyen sans le consentement du voisin ou l'autorisation de la justice ; si le mur appartient exclusivement au voisin et qu'il ne consente

PUITS

pas à l'incorporation, on devra se borner à appliquer le contre-mur près du mur de séparation, à moins que celui qui fait ouvrir le puits n'achète la mitoyenneté du mur : dans ce cas, il forcerait le voisin à souffrir l'incorporation. (Lepage, 430). Même par un contrat en bonne et due forme, l'un des voisins ne peut accorder à l'autre de creuser un puits sans prendre les précautions ordinaires ; et, bien que toutes les précautions aient été prises , le propriétaire du puits est responsable envers son voisin de tous les dommages qu'il aurait pu causer à celui-ci par suite de l'établissement du puits. Mais si ces dommages provenaient du fait de l'entrepreneur ou de l'ouvrier constructeur et résultaient d'un vice de construction , le propriétaire peut attaquer, en garantie des dommages ou préjudices causés à son voisin, l'entrepreneur ou l'ouvrier constructeur. — Le propriétaire d'un puits anciennement ou nouvellement creusé n'a pas à répondre du dommage que le percement ou le creusage plus avant de son puits causerait à la fontaine, à la source ou au puits du voisin. (Cass., 29 nov. 1830 ; id., 15 janvier 1835 ; id., 26 juillet 1836; G. Montpellier, 16 juillet 1866 ; Fournel, v° Puits, Lepage, t. I, p. 126, et Frémy-Ligneville, 322.)

S'il existe une convention entre le propriétaire et l'ouvrier qui se charge du creusement du puits, et que cette convention porte que le puits sera creusé jusqu'à une profondeur déterminée, l'ouvrier a terminé sa tâche et rempli ses engagements dès qu'il a amené le puits à la profondeur voulue, et bien que le fond du puits n'amène pas de l'eau. S'il est dit, au contraire, dans la convention, que les' travaux seront poussés jusqu'à ce que le puits fournisse une quantité d'eau suffisante, le puits devra être creusé, si c'est en hiver, aussi bas que les eaux le permettront; si c'est en été, jusqu'à ce qu'on ait obtenu au-dessus du rouet au moins un mètre d'eau, lequel mètre d'eau doit être fourni par une source ou provenir d'une grande nappe d'eau. Dans le cas contraire, si la quantité d'eau fournie provenait de pleurs ou do semis qui tariraient facilement, la quantité d'eau ne serait pas jugée suffisante. Et nous devons ajouter ici qu'à pro-

pos de quantité d'eau suffisante Desgodets et Goupy, dans Lepage (t. I, p. 155), disent : « Si le puits est fait dans une saison où les eaux sont hautes, on creuse le puits le plus possible, sans qu'on puisse garantir ce qui en résultera lorsque les eaux seront basses, attendu la difficulté d'un travail pai'eil pendant que les eaux sont élevées. De là il résulte qu'on doit préférer la saison des eaux basses pour construire un puits ; car alors , disent les mêmes architectes, on peut facilement y procurer deux à trois pieds d'eau, qui suffisent pour que l'entrepreneur n'ait aucun reproche à craindre. » Et Lepage (ibid.) ajoute : « Cependant, si le propriétaire loue sa maison en stipulant qu'il y a un puits , il suffit qu'on y trouve un pied d'eau pendant les plus basses eaux, parce qu'avec cette quantité on peut puiser avec un seau ordinaire. Mais si le puits dans la saison la plus sèche ne contenait pas au moins un pied d'eau, le locataire aurait droit de se plaindre et de demander ou qu'on lui procurât une quantité d'eau suffisante dans le même puits ou qu'on lui donnât la jouissance d'un autre puits ; sinon, il pourrait conclure à la résiliation du bail. Il en serait de même si l'eau du puits, quoique abondante, était infectée. »

Puits mitoyen. — On nomme puits mitoyen celui qui appartient à deux voisins, qui est la copropriété de deux voisins. Il est indivisible, à moins qu'il ne cesse de remplir sa destination ; ici ' donc la règle formulée par l'art. 815 du Code civil, que nul n'est tenu de rester dans l'indivision, cette règle, disons -nous, souffre une exception. — Bien qu'un puits soit à cheval sur la ligne mitoyenne de deux propriétés, il ne .s'ensuit pas que ce puits soit mitoyen : car il n'y aurait pas copropriété, si l'un des voisins pouvait exciperd'un titre prouvant son droit exclusif de propriété ; ce titre l'emporterait même sur la longue possession de l'autre, et même sur la possession immémoriale. Ce puits aurait pu autrefois avoir été mitoyen ; mais l'un des voisins , n'ayant pas voulu contribuer aux réparations nécessaires, aurait pu faire abandon de sa mitoyenneté, c'est-à-dire de son droit au puits et au puisage. Du reste, un puits n'est

PUITS

réputé commun qu'au cas d'incertitude ab- BOlue du droit de propriété. Dès qu'un puits est mitoyen, l'entretien, le curage, les réparations et la reconstruction, s'il y a lieu, de ce puits incombent à tous les intétf si l'une de ces opérations est reconnue indispensable, l'un des copropriétaires peut contraindre tous les autres à la faire exécuter.

Enfin un puits peut être mitoyen, étant toutefois placé hors de la ligne mitoyenne; dans ce cas, la ligne délimitant la mitoyenneté passe par le milieu du puits", comme le montre la ligne ponctuée de notre figure 2.

Quand deux puits sont creusés l'un près de l'autre, ils doivent être séparés par un contre-mur en maçonnerie, et Lepage (t. I, p. 132) prétend avec raison que « rien n'empêchera que celui des deux propriétaires qui voudra élever un mur de séparation sur le milieu de la maçonnerie (sur le contre-mur)

Fig. 2. — Puits mitoyen, hors de la ligue mitoyenne.

n'en fasse la dépense ; alors le mur de séparation lui appartiendra exclusivement, à partir du dessus de la maçonnerie qui est en terre et qui est commune. En conséquence, il sera tenu seul des réparations du mur extérieur, » tandis que la partie souterraine sera entretenue à frais communs.

Cependant on peut se dispenser de faire un contre-mur quand l'épaisseur du mur mitoyen est suffisante •: 1 mètre d'épaisseur, par exemple, peut dispenser d'un contre-mur dans le cas où les copropriétaires auraient chacun un puits dans la position indiquée par notre figure 3.

Il ne nous reste plus, pour terminer ce qui est relatif au puits, qu'à donner l'analyse de l'ordonnance de police en date du 20 juillet 1838 qui concerne les puits, ainsi que les instructions relatives au curage des puits et puisards. Ces deux documents ont une grande importance.

L'article Ier de l'ordonnance informe qu'on ii" peut creuser, approfondir, curer, en un mot pratiquer une opération quelconque sur toute espèce de pnite ou puisard, Bans en avoir fait au préalable une déclaration écrite quarantehuit heures à l'avance, laquelle déclaration devra être adressée, a Paris, a la préfecture de police, et à la mairie dans les communes rurales ; la déclaration devra indiquer le lieu dans lequel on doit exécuter les travaux. — Les mesures nécessaires dans l'intérêt de la salubrité publique et de la sûreté des ouvriers seront prescrites par suite de cette déclaration. (Art. 2.) — Aucun ne pourra exercer la profession de cureur de puits sans être pourvu

Fig. 3. — Puits adossis à un mur mitoyen.

d'une permission, qui n'est délivrée qu'après avoir justifié de la possession du matériel nécessaire au curage. (Art. 3.) — Les ouvriers ne pourront descendre dans les puits et puisards sans être ceints d'un bridage. à la partie supérieure duquel sera fixé un anneau dans lequel sera attachée une corde pendant tout le temps que les ouvriers travailleront dans l'intérieur. L'extrémité de la corde sera tenue à l'extérieur du puits par d'autres ouvriers en nombre suffisant, afin de pouvoir retirer et secourir au besoin ceux qui travaillent à l'intérieur. (Art. 4.) — Les puits et puisards abandonnés ou qui, sans être abandonnés , seraient soupçonnés de méphitisme, ou bien ceux dans lesquels les travaux auraient été suspendus pendant vingt-quatre heures, dans .tous ces puits les travaux ne seront entrepris qu'avec les précautions prescrites par l'instruction annexée à la présente ordonnance. (Yoy. ci- • sous cette instruction.) Si, malgré toutes les

PUITS

précautions, un ouvrier est frappé du plomb, c'est-à-dire asphyxié,- les travaux seront suspendus et des secours donnés immédiatement à cet ouvrier, ainsi qu'il est dit dans l'instruction. (Art. 5 et 6.)

Instructions relatives au curage. — Lorsqu'il est nécessaire de curer un puits ou puisard, ou d'y descendre, pour y faire quelque réparation, le premier soin que l'on doit avoir est de s'assurer de l'état de l'air qu'il renferme; cet air peut être vicié par différentes causes et donner lieu à des accidents très graves. Il faut donc descendre une lanterne allumée jusqu'à la surface de l'eau : si elle ne s'éteint pas, après avoir brûlé un quart d'heure, on la retire, et, par le moyen d'un poids attaché à une corde, on agite fortement l'eau jusqu'à son fond; on redescend la lanterne, et si, à cette seconde épreuve, la lumière ne s'éteint pas, après dis minutes à un quart d'heure, les ouvriers peuvent commencer leurs travaux, mais il est important que les travailleurs soient ceints d'un bridage.

Si la lumière s'éteint, on remarquera la profondeur à laquelle elle cesse de brûler ; on ne descendra pas dans le puits, parce qu'on y serait asphyxié; le gaz ou air méphitique, qui ne permet ni la combustion ni la respiration , peut être du gaz azote, du gaz acide carbonique , de X hydrogène sulfuré , ou un mélange de plusieurs de ces gaz. Dans l'incertitude où l'on est sur la nature du gaz, il faut, quel qu'il soit, renouveler l'air du puits, et, pour cela, il n'est pas de moyen plus prompt et plus certain que la ventilation.

Pour l'établir, il faut, avec des planches, du plâtre et de la glaise, boucher hermétiquement l'ouverture du puits ; au milieu de cette espèce de couvercle, ou près de son bord, si le puits est trop large , ménager un trou d'un décimètre environ de large sur lequel on placera un fourneau ou un réchaud de terre qui ne pourra recevoir d'air que celui du puits ; on ajoutera près de la mariai tuyau fait comme les tuyaux à incendie, garni en dedans d'une spirale en fil de fer pour le tenir ouvert en plein diamètre, et qui descendra dans le puits jusqu'à un décimètre de la surface de l'eau. Cet appareil une fois établi, on remplira le fourneau de braise ou de charbon allumé, et on le couvrira d'un dôme de terre cuite ou de tôle surmonté d'un bout de tuyau de poêle, afin de donner au fourneau la propriété d'activer la combustion et de déplacer ainsi beaucoup d'air. — Quand te fourneau a été en activité pendant une heure ou deux, suivant la profondeur du puits,

on l'enlève et l'on descend dans le puits la lanterne ; si elle s'éteint encore à peu de distance de la surface de l'eau, c'est que le gaz méthitique s'y renouvelle. Alors il faut mettre le puits à sec, attendre quelques jours, l'épuiser de nouveau et recommencer l'application du fourneau ventilateur, ou, si l'on ne peut établir cet appareil, y substituer un tarare ou tout autre ventilateur dont le tuyau ira prendre l'air au fond du puits pour le jeter au dehors.

On peut aussi se servir de grands soufflets en cuir, et mieux en bois, dont le tuyau descend jusqu'à une très petite distance de la surface de l'eau. Ces moyens peuvent offrir dans beaucoup de localités des avantages par la facilité avec laquelle on les produit.

Après quatre heures de ventilation, on descendra la lanterne, et si elle s'éteint, il faut renoncer à l'usage du puits et le condamner. — Si , par un essai préliminaire fait par un homme de l'art, on a reconnu la nature du gaz délétère que l'on veut détruire, on peut employer les réactifs suivants.

— Pour neutraliser l'acide carbonique, on verse dans le puits, avec des arrosoirs, plusieurs seaux de lait de chaux, et l'on agite ensuite l'eau fortement.

Pour détruire le gaz hydrogène, sulfuré ou carboné, on fait descendre au fond du puits un vase en fonte ouvert, contenant un mélange de 122 grammes et demi d'oxyde noir de manganèse et de 367 grammes de sel marin, sur lequel on verse, à différentes reprises, 245 grammes d'acide sulfurique du commerce concentré, marquant 6G degrés, acide connu sous le nom d'huile de vitriol.

A défaut d'acide sulfurique, on emploierait 122 grammes et demi d'oxyde noir de manganèse et 489 grammes et demi d'acide hydrochlorique du commerce, qui est aussi connu sous le nom d'acide muriatique.

On pourra aussi jeter dans le puits de l'eau dans laquelle on aura délayé du chlorure de chaux (30 grammes environ de chlorure sec par litre); cette dernière opération est même plus facile que l'autre, et les effets n'en sont pas moins certains.

— Dans tous les cas, si le puits exhalait une odeur d'œufs pourris, et alors même que la chandelle ne s'éteindrait pas, il faudrait, avant d'y descendre, y jeter plusieurs seaux d'eau chlorurée. — Lorsque le gaz est de l'azote , il faut avoir recours à la ventilation, et en vérifier l'effet par l'épreuve de la lanterne allumée.

Lorsque les gaz, déplacés par le ventilateur ou par le fourneau d'aspiration, sont remplacés par des gaz qui ne permettent pas à la lumière de

PUITS

brûler, on doit alors faire agir continuellement le ventilateur, de manière que les ouvriers soient constamment sous un courant d'air qui vient du dehors, et que les gaz qui ne peuvent servir d'aliment à la combustion et à la respiration soient 6ans cesse jetée au dehors par le ventilateur.

Puits d'aERAGE. — Sorte de cheminée que l'on pratique de distance en distance dans les mines, dans la voûte des longs tunnels pour donner du jour, de l'air, et permettre l'échappement des fumées et des gaz, en un mot, pour assurer la ventilation des locaux pour lesquels ils sont construits.

Puits d'aqueduc ou regard. — Voy.

Aqueduc et Regard.

Puits artésien. — Excavation verticale de 0m,20 à 0m,30 de diamètre que l'on creuse dans la terre au moyen de sondes diverses ou de tarières, afin d'atteindre une nappe d'eau souterraine assez puissante pour faire monter l'eau jusqu'à la surface du sol par sa seule pression. On nomme également ces puits puits forés. — L'usage des puits forés remonte à une très haute antiquité ; ils existent en Chine de temps immémorial ; on en a creusé en Perse, en Médie, en Syrie, en Egypte, dans quelques oasis du Sahara, en Algérie. L'un des plus anciens en France, celui qui a donné le nom Cartésien à ce genre de puits, existe à la chartreuse de Lillers en Artois, d'où l'épithète d'artésien; ce puits a été creusé vers 1120. L'un des puits les plus remarquables dans ce genre est, sans contredit, celui de Grenelle, à Paris. — Dans ces dernières années, on a beaucoup amélioré les opérations de sondage de ce genre de puits ; on a aussi beaucoup perfectionné tout l'outillage pour faciliter ce travail. L'instrument ou l'outil principal est la sonde ; il en existe de divers genres qu'on utilise au fur et à mesure de l'avancement des travaux. Les premières, employées pour percer les terres végétales et l'argile, sont des tarières; ensuite les trépans, puis le hardi, le tire-bourre, simple ou double, enfin les ciseaux pour percer les couches dures de calcaire ou de roches.

Pendant l'opération, quand on rencontre des terrains très secs, on a soin d'inonder le trou de]forage, afin de ramollir les couches ; on

emploie alors, pour remonter la bouillie à l'orifice du puits des outils appelée cuitlère$; au contraire, quand les sables sont fluides, on utilise des tarières à soupape, à rjatets, à a île de moucfie, etc. (Voy. Sonde et Tarière.) Quand les sondes cassent dans le trou de sondage, on se sert, pour en retirer le* l»i i>. des arrache-sondes, parmi lesquels on distingue la caracole, la souricière et la cloche d'accrocheur. — La caracole est une- barre de fer dont l'extrémité forme un tour de Bpire d'une largeur suffisante pour creuser au-dessous de la sonde une petite cavité qui permette de passer au-dessous de la tige de la sonde et de pouvoir la remonter au-dessus de l'orifice. La souricière sert à retirer la sonde dont la tige est cassée loin de son emmanchement; c'est une sorte de cloche dans laquelle la tige peut entrer, mais dont elle ne peut sortir, parce qu'elle est arrêtée par des crans en acier qui forcent d'autant plus contre la tige qu'on s'efforce de l'extraire du trou. Enfin, la cloche il accrocheur est un instrument en forme d'entonnoir, taraudé à l'intérieur d'une filière conique qui coiffe l'extrémité supérieure de la tige à retirer et s'y soude, pour ainsi dire, au moyen d'un rodage qui creuse un pas de vis. On peut dès lors retirer la sonde saisie de cette façon. (Voy. Sonde.)

Jurisprudence. — Le propriétaire qui a ouvert un puits artésien dans son terrain a le droit d'en laisser écouler les eaux, quelque abondantes qu'elles soient, sur le fonds inférieur où les porte la pente naturelle du terrain. Ce droit a été reconnu en Angleterre (Frémy-Ligneville, p. 5, n° 18); mais, ajoute le même auteur (n° 21) « il est bien entendu que le propriétaire de la fontaine, du puits artésien, etc., devra, par tous les travaux nécessaires, garantir le fonds inférieur de l'inondation qu'occasionnerait l'abondance des eaux. »

Puits foré. — Voy. ci-dessus Puits artésien.

Puits ou regard d'aqueduc. — Voy.

Aqueduc et Regard.

Puits de carrière. — Excavation verticale pratiquée dans le ciel d'une carrière et qui sert à l'extraction des matériaux exploités dans cette carrière; elle sert aussi soit à

PULPITUM.

PULVINATUS.

l'aérage, soit à éclairer l'intérieur de la carrière, soit au passage des ouvriers, du matériel et de l'outillage.

Puits de feu. — En Chine et dans d'autres contrées , les hommes, en voulant forer des puits artésiens, ont quelquefois amené à la surface du sol des exhalaisons sulfureuses, des fumées et même du feu souterrain. On a donné à ces puits abandonnés le nom de puits de feu.

Puits des Oiseaux. — Les Égyptiens n'embaumaient pas seulement le corps de l'homme, ils pratiquaient aussi l'embaumement pour les animaux consacrés aux dieux ou qu'ils adoraient comme des représentations de la divinité. A Sakkarah (1) et à Syouth (2), on a trouvé

des puits remplis de pots de forme allongée (canopes). (Voy. Péruvien, Art, t. III, p. 480.) Ces pots étaient soit en pierre, soit en terre cuite ou faïence ; ils renfermaient des momies de quadrupèdes, de reptiles, de chiens et d'oiseaux. Dans les environs de Busiris (aujourd'hui Abousir), il existe même un hypogée, dit puits des Oiseaux, dans lequel sont entassées en quantité considérable des momies d'ibis et d'éperviers. On voit dans la même ville, qui est à environ quatre-vingts kilomètres du Caire, les ruines d'un temple d'Isis. Puits perdu. — Voy. Puisard.

PULPITUM. — Dans les théâtres anti-

Tombeau Je Scipion en forme de pulvinar

ques, on nommait pulpitum la partie de la scène la plus voisine de l'orchestre : c'était l'avant-scène moderne.

ITLYTXAR. — Ce terme latin, qui signifie coussin , servait à désigner une sorte de lit sur lequel les prêtres plaçaient dans les temples les statues des dieux, lors de la célébration d'un leclislerne, ou simulacre de banquet qu'un offrait aux dieux. Beaucoup de tombeaux

(1) Ville de la basse Egypte, à 12 kilomètres sud de Gizèch. Mariette-Bey a exploré une partie de cette ville dès 1854.

(2) Ville de la haute Egypte, qui renferme des ruines d'un amphithéâtre romain, ainsi que des grottes avec des peintures très anciennes.

antiques affectent la forme de pulvinar : tel était celui de C. Scipio Barbatus , que montre notre figure. A Pompéi, devant le temple d'Esculapc, il y avait un pulvinar.

Chapiteau ionique dit puMnalus.

PULVINATUS. — Terme latin qui sert à désigner d'une manière générale un objet ayant un contour plein et allongé , comme un traversin. On donne le même nom , par analogie, aux chapiteaux des colonnes ioniques,

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