PYRAMIDE
d'hui elle n'en a plus que 137. Son cube est de 2,562,570 mètres On a largement discuté sur la destination de ces monuments ; certains savants ont même avancé que les pyramides ont été primitivement construites pour arrêter l'invasion des sables, ou bien encore pour servir de refuge à un grand nombre de personnes en cas d'une inondation soudaine. Tout
Fig. 3. — ■ Pyramide d'Assour (élévation).
ce qu'on a dit au sujet des pyramides est faux : il est aujourd'hui parfaitement reconnu et affirmé par les archéologues les plus compétents que les pyramides n'ont jamais été élevées que pour servir de tombeaux. Voici, du reste, ce que dit à ce sujet un savant auteur dont personne ne niera la compétence, Mariette-Bey, de l'Institut {Itinéraire des invités du Khédive) :
Les pyramides , quelles qu'elles soient , sont des tombeaux, massifs, pleins, bouchés partout, même dans leurs couloirs les plus soignés, sans fenêtres, sans portes, sans ouvertures extérieures. Elles sont l'enveloppe extérieure et à jamais impénétrable d'une momie, et une seule d'entre elles aurait montré
Fig. 1. - Pyramide formée par des degré-:.
à l'intérieur un chemin accessible, d'où, par exemple, des observations astronomiques auraient pu être faites comme du fond d'un puits, que la pyramide aurait été ainsi contre sa propre destination. En vain dira-t-on que les quatre faces orientées dénotent une intention astronomique; les quatre sont orientées parce qu'elles -mit lédiées, l'.'u îles raisons mythologiques, aux quatre points
cardinaux, et que, dans un monument aussi soigné comme l'est une pyramide, une face dédiée au Nord , par exemple , ne peut pas être tournée vers au autre point que le nord. Les pyramides ne sont donc que des tombeaux, et leur masse immense ne saurait être un argument contre cette destination, puisqu'on en trouve qui n'ont que G mètres
Fig. 5. — Plan du tombeau de Caïus Cestius.
de hauteur. Notons, d'ailleurs, qu'il n'est pas en Egj-pte une pyramide qui ne soit le centre d'une nécropole, et que le caractère de ces monuments est par là amplement certifié... Les pyramides étaient donc des tombeaux hermétiquement clos ;
Fig. 6. — Coupe de la pyramide de Caïus Cestius.
chacune d'entre elles (au moins celle qui avait servi à la sépulture d'un roi) avait un temple extérieur qui s'élevait à quelques mètres en avant de la façade orientale.
Xos figures 1 . -. 8 montrent eu plan, coupe et élévation, l'une des grandes pyramides d'As- SOUr, qui fait partie de la nécropole de Mé
PYBAMIDION.
qui ne possédait pus moins de quatre-vingt-dix pyramides irrégulièrement distribuées sur le
Fig. 7. — Coupe de la chambre sépulcrale de la pyramide de Ca'ms Cestius.
plateau d'une colline de grès. Cette pyramide est construite en grès, elle possède sur sa face principale un petit temple composé d'un
sanctuaire précédé d'un naos et d'une cour avec Pylohe (voy. ce mot). Notre figure 4 montre une pyramide formée par <1 de pierres posées en degrés. Il en existe de ce type à Abousir. Beaucoup de peuples ont utilisé plus tard la forme de la pyramide pour des tombeaux, mais ces édifices sont toujours dans des proportions beaucoup pins modestes : tel est, par exemple, le tombeau de Caïos Cestius, à Rome, que nos figures '> et 6 montrent en plan et en coupe, et dont un détail à pins grande échelle, montrant l'intérieur de la chambre sépulcrale, est représenté par notre figure 7.
PYRAMIDION, s. m. — Petite pyramide qui termine les obélisques égyptiens et en forme l'amortissement : c'est une petite pyramide quadrangulaire.
Q. — Treizième consonne et dix-septième lettre de l'alphabet. — Cette lettre ne fut employée que fort tard dans les inscriptions latines ; elle peut signifier Quintus, Quintilkis, Quirinus, quirites, quirinaUs et quœstor. QQ signifie quinquennalis ; Q. R., quœstor reipublicœ; Q. V., quivixit; S. P. Q. E., senatus populusque romanus; Q. B. V., qui bene vixit, ou bien quod bene vertat. — Dans la numération romaine, Q vaut 500; surmonté d'un tiret (Q), 500,000.
QUADRATAIRE (Art). — A l'époque du moyen âge, on nommait ainsi l'art de la Marqueterie (voy. ce mot), c'est-à-dire l'art d'incruster avec des marbres précieux, parce que les morceaux de marbre employés pour ces travaux étaient carrés (quadrati).
QUADRATUS. — Ce terme latin, qui signifie carré, était un surnom donné au dieu Terme, parce que sa statue, étant portée par une gaine carrée, présentait souvent quatre côtés. — On surnommait de même Mercure, soit parce que le nombre 4 lui était consacré, soit parce qu'il était aussi représenté sur une gaine comme le dieu Terme.
QUADPJFRONS. — Ce terme latin signifie à quatre visages, à quatre fronts : c'était un des surnoms de Janus, qui présidait aux quatre saisons. On l'applique également aux édifices à quatre façades, surtout aux arcs de triomphe. Ces derniers sont nécessairement au moins tétrapyles, ou à quatre portes (Voy. Arc de
TRIOJiniE.)
QUADRIGE, s. m. — Char attelé de quatre chevaux de front pour les courses curules dans les anciens jeux du cirque des Romains.
Le cocher qui conduisait ce char se nommait quadrigarius. — Dans l'antiquité, on employait des représentations de quadriges comme décoration monumentale, surtout pour couronner des arcs de triomphe ; on taillait des quadriges dans le marbre, mais on en fabriquait surtout en bronze. L'arc du Carrousel à Paris possède comme amortissement un quadrige en bronze.
QUADRILATÈRE, s. m. — Figure plane, polygone de quatre côtés.
QUADRILOBÉ, adj. — A quatre lobes (voy. ce mot et Quatre-feuilles).
QUAI, s. m. — Berge d'un cours d'eau ou d'un port, levée de terre revêtue d'un mur en maçonnerie, lequel mur se nomme revêtement. Les quais servent à plusieurs fins, à retenir les terres des berges, ou à contenir les eaux dans leur lit et empêcher les débordements ; enfin les quais de port servent à l'embarquement et au débarquement des voyageurs et des marchandises. Dans les villes , les quais sont souvent des promenades agréables, car ils présentent beaucoup de sujets de distraction aux promeneurs; les quais de Lyon, de Paris, de Pise, de Florence, surtout le Lungamo, sont des quais célèbres.
Dans les gares de chemins de fer, on nomme quais les larges trottoirs qui se trouvent dans les gares de voyageurs et de marchandises.
QUALITÉ, s.f. — D'une manière générale, ce terme sert à designer ce qui fait qu'une chose est telle qu'elle paraît : par exemple, un fer est de bonne ou mauvaise qualité. — Mais en charpente ce terme a une signification spéciale : on nomme bois de qualité celui qui porte au
QUARDERONNER. QUEUE.
moins 0m,30 à 0m,40 d'équarriflsage et environ 10 mètreB de longueur ; en un mot, c'est un bois au-dessus des grosseurs ordinaires.
QUARDERONNER, v. a. — Pousser but
le bois, sur le plâtre, sur la pierre, une moulure nommée quart de rond (voy. le terme suivant).
QUART DE ROND, s. m. — Moulure convexe dont le profil est un quart de cercle. Généralement cette moulure est accompagnée de réglets, filets ou listels. On nomme également quart de rond l'outil en forme de bouvet qui sert au menuisier à pousser cette moulure.
QUARTIER, s. m. — Dans la langue technique de l'architecture, ce terme, ajouté à d'autres, sert à désigner des choses assez diverses. Ainsi, on nomme quartier tournant la partie cintrée d'un limon d'escalier ; quartier de pierre, un bloc de pierre. — Par l'expression faire faire quartier à une pièce de bois, à une pierre, les charpentiers et les maçons entendent, faire tourner une pierre, une pièce de bois sur elles-mêmes, et les appuyer ou les faire porter sur une autre face que celle sur laquelle elles portaient auparavant.
QUARTZ, s. m. — Minéral dur et infusible composé de silice presque pure. Il existe plusieurs variétés de quartz ; les principales sont : le quartz hyalin, ou quartz proprement dit ; le jaspe, Yagate et Y opale. — On nomme quartz grenu un grès très fin et très serré, assez abondant dans le terrain silurien des Ardennes.
QUATRE-FEUILLES, s. m. — Membre d'architecture, nommé aussi quadrilobe , formé par quatre lobes juxtaposés, qui était très employé pendant l'époque ogivale pour décorer les œils des fenêtres à meneaux, pour les Balustrades, etc. (voy. ce mot et Lobe).
QUEREUX, QUERUAGE, s. m. — Terme de jurisprudence ancienne, usité dans certaines localités, qui est synonyme de cour commune, c'est-à-dire d'un emplacement laissé pour les
3 respectifs des copropriétaires. Les queretœ diffèrent cependant des cours en ce que
celles-ci sont toujours entourées de bâtiments ou au moins de murs, tandis que les quereux, qu'on nomme aussi palus, communs et ru âges , Bont ouverts sur quelques-uns de leur- côtés, quelquefois même de toutes parts.
QUEUE, s.f — En technologie, ce terme s'applique à des objets très divers avec ou sans qualificatif. — En maçonnerie, on nomme queue d'une pierre : 1° la partie qui plonge dans la construction, sans cependant la traverser: 2° la partie la plus large d'une marche d'un escalier tournant. — En charpente, on applique le même nom à cette même partie de la marche en bois. — En menuiserie, on nomme : 1° queue-cT aronde ou d'hironde, un assemblage formé par une mortaise et un tenon dont le collet est plus étroit que l'about (voy. Arokde) ; 2° assemblage en queue perdue, un assemblage à mi-bois dont les joints sont cachés, tandis que, lorsque les joints sont apparents, on dit que l'assemblage et à queue percée; queue-de-paon, une disposition de pièces de bois qui forment des compartiments allant en s'élargissant du centre aux extrémités : l'assemblage en queue-de-paon se fait surtout pour les travaux de forme circulaire , par exemple, pour les enrayures des planchers des tours, mais on en fait également pour les planchers carrés. (Voy. Plancher, § Planchers à enrayures, fig. 5.)
En serrurerie, on nomme queues-de-carpe les pièces forgées pour scellement dont une extrémité est fendue et ouverte, comme le mon-
Patte en queue-de-carpe.
tre notre figure, et ressemble jusqu'à un certain point à la queue du poisson nommé carpe : c'est aussi un petit crampon en fer ou en bronze, à un ou deux scellements, qui sert à réunir deux pierres, deux dalles, etc.: queuc-de-rat, une petite lime ronde très mince, qui ressem-