RACCOURCI
RACHER.
façades en bordure sur la rue de Rivoli et sur le bord de l'eau sont remarquables et bien raccordées, on ne saurait en dire autant des ruines des Tuileries (1), qui formaient une disparate des plus étranges déshonorant ce beau monument. Quatremère de Quincy l'avait déjà reconnu de son temps et défendait les œuvres de ses confrères, dont on demandait la démolition : « On ne saurait, dit cet auteur (Dict. d'arcJiit., v° Raccorder), citer un exemple plus propre à faire comprendre l'abus dont on a parlé, et l'espèce de correctif dont il est susceptible, que la grande façade du palais des Tuileries à Paris , surtout du côté du jardin. Il y a dans cette façade au moins trois projets de palais, trois goûts d'architecture, trois genres de masses, qui annoncent une succession de plusieurs règnes. On peut affirmer que dans ces masses diverses' il y a de l'architecture de Jean Bullant, de Philibert Delorme, de Ducerceau. et enfin de Levau et de Dorbay, son élève, que Louis XIV chargea de raccorder définitivement cet ensemble. — 'On a jugé avec trop de sévérité ce raccordement, et sans penser que ceux qui se trouvent chargés de semblables travaux doivent souvent obéir à plus d'un genre de sujétions imposées à leur talent, p
RACCOURCI, s. m, — Aspect qu'offre une figure ou une partie de figure, un monument, qui ne sont pas vus dans tout leur développement. Ce terme est surtout usité en peinture ; dans les décorations peintes, dans les coupoles, dans les voûtes et dans les plafonds, les raccourcis sont une des principales difficultés de l'exécution et de la composition.
RACCOUTRAGE, s. m. — Action de nettoyer les vitres en panneaux. On fait surtout le raccoutrage des vitraux afin de les rendre nets et les tenir en bon état, ce qui permet de voir parfaitement les sujets ou motifs de décoration qu'ils représentent.
RACHAT, 8. m. — Action de racheter.
Législation et jurisprudence. - La
( 1) La démolition de ces ruines est aujourd'hui un fait accompli.
faculté de rachat, qu'on nomme aussi réméré, est un contrat, un pacte par lequel un vendeur se réserve le droit de reprendre l'objet vendu. Cette faculté ne peut s'exercer que pendant l'espace de cinq années , alors même que les parties contractantes auraient stipulé un plus long délai. (Code civil, art. 16G0.) — Le terme fixé est de rigueur, et ne peut être prolongé par le juge. (Ibid., art. 1661.) Faute par le vendeur d'avoir exercé son action de réméré dans le terme prescrit, l'acquéreur demeure propriétaire irré vocable. (Ibid., art. 1662.) — Le vendeur à pacte de rachat peut exercer son action contre un second acquéreur, quand même la faculté de réméré n'aurait pas été déclarée dans le second contrat. L'acquéreur exerce tous les droits de son vendeur ; il peut prescrire tant contre le véritable maître que contre ceux qui prétendaient des droits ou hypothèques sur la chose vendue. (Art. 1664, 1665.) Si un acquéreur revend sans révéler le pacte de rachat, le nouvel acquéreur, malgré sa bonne foi, peut être dépossédé. Enfin l'article 1673 du Code civil dit que le vendeur qui use du pacte de rachat doit rembourser non seulement le prix principal, c'est élémentaire, mais encore les frais et loyaux coûts de la vente, les réparations nécessaires, et celles qui ont augmenté la valeur du fonds, jusqu'à concurrence de cette augmentation ; il ne peut entrer en possession qu'après avoir entièrement satisfait à toutes ces obligations. Lorsque le vendeur rentre dans son héritage par l'effet du pacte de rachat, il le reprend exempt de toutes les charges et hypothèques dont l'acquéreur l'aurait grevé, mais il est tenu d'exécuter les baux faits sans fraude par l'acquéreur. — Toute rente établie à perpétuité pour le prix de la vente d'un immeuble est essentiellement rachetable. (Code civil, art. 530.) Rachat, s. m. — Molasse du département de la Drôme, plus dure que celle de Châteauneuf d'Isère : elle sert à faire des dallages poulies rez-de-chaussée.
RACHER, v. a. — Tracer avec un compas, sur une pièce de bois, les formes et les coupes suivant lesquelles elle doit être taillée. (Voy. Raches.)
SI
RACHES. — lîADIKi;.
BACHES,*./, pi. Traits marquée an moyen du compas sur une pièce de bois, et qui servent à indiquer la manière dont elle doit être baillée. (Voy. Bâcher.)
RACHETER, v. a. — Corriger on dissimuler une différence de niveau, compenser, cendre moins sensible une irrégularité, un défaut, par une pente, par un biais, par un
adoucissement, un amortissement, ou de toute autre manière. Ainsi, les quatre pyramides disposées sur les quatre espaces triangulaires qui restent aux angles d'une tour carrée, sur laquelle on élève une flèche octogonale, rachètent la différence de forme qui existe entre cette flèche et la tour qui lui sert de base. — On rachète une différence de niveau entre deux terrains en établissant une pente. — Deux voûtes qui se pénètrent, comme font les deux berceaux d'une voûte d'arête, sont deux voûtes qui se rachètent; mais quand deux voûtes d'espèce différente se joignent par raccordement, elles se rachètent encore, et dans ce cas le fait est plus saisissable. Ainsi, quatre pendentifs rachètent une voûte spbérique en se raccordant avec le plan circulaire de celle-ci.
RACHEUX (Bois). — Bois noueux, difficile à travailler et à polir, à cause de ses fibres grossières et filandreuses.
RACINAL, s. m. — Espèce de pilotis sur lequel on assoit des fondations légères ; c'est aussi une pièce de bois, une sorte de madrier qu'on pose sur les têtes de pilotis pour recevoir une plate-forme. On nomme racinal d'écurie une pièce de bois debout scellée en terre par son pied et dans les côtés de laquelle sont assemblés, dans des rainures, les madriers formant le devant de la mangeoire.
En termes d'hydraulique, c'est une pièce de bois dans laquelle est encaissée la crapaudine du seuil d'une porte d'écluse.
RACINATJ, s. m. - Petite pièce de bois qu'on enfonce en terre et qu'on utilise dans les jardins et dans les parterres pour soutenir la terre des plates-bandes et pour d'autres ou-
vrages analogues. Au pluriel, ce terme sert à désigner L< de bois croisées qui forment
le bâti ou plutôt l'empattement d'une grue : dans les racinaui que ront assemblés l'arbre et Les arcs-boutants de la grue; quand pièces de bois sont planes, on les nomme soles. — On nomme racinaux de comble des es] de corbeaux encorbellés qui portent but consoles le pied d'une ferme ronde.
RACINES. dence.
Voy. Abbbb, § Jurispru-
RACLE, s.f. — Outil en bois qui sert à racler les terres qui adhèrent encore aux tuiles et aux briques quand elles sortent du moule.
RACLER, v. a. — Se servir des outils nommés racle et racloir pour enlever des portions de terre sur les tuiles et les inégalités sur un morceau de bois.
RACLOIR, -s. m. — Lame de fer emmanchée dans un morceau de bois, et qui sert à unir la surface d'un morceau de bois et à en supprimer les inégalités. Il existe des rabotsracloirs à l'usage des parqueteurs. (Voy. Rabot-, fig. 4.)
RADEAU, s. m. — Assemblage de pièces de bois qui forment une sorte de plancher, et dont on se sert pour transporter ainsi les bois d'un pays à un port de vente : non seulement c'est un moyen économique de transporter les bois, mais encore un système employé pour les flotter. (Voy. Bois, § Flottage.)
RADER, v. a. — Diviser au ciseau une bande de pierre ou de marbre sur sa largeur en faisant deux tranchées l'une en dessus et l'autre en dessous. (Pernot.)
RADIER, s. m. — Massif en maçonnerie ou en planches solides qui forme le fond ou lit d'un canal , d'une écluse, d'un aqueduc. Les radiers sont ordinairement posés sur une couche de béton plus ou moins épaisse, sur laquelle sont assises en même temps les parois verticales de la construction. Les radiers ont pour
RADOUBER. — RAGRANDIR.
but d'empêcher l'eau de produire des affouillements. Ce genre de construction doit être fait avec beaucoup de soin, surtout quand les radiers sont compris entre les piles, ou entre une pile et une culée de pont, ou bien encore entre les bajoyers d'une écluse, parce que dans ces endroits l'eau exerce un maximum de pression. (Voy. Écluse.)
Quand les radiers sont en bois, dans une écluse, par exemple, ils sont composés d'un double plancher formé avec de longues planches calfatées et goudronnées : ce second plancher est appelé recouvrement. Quand ils sont en maçonnerie, on emploie pour leur construction des pierres de taille, de la meulière, rarement du moellon, à moins qu'on n'en possède d'excellent dans la localité, et de la brique. Souvent on les forme en cuvette au moyen d'arcs renversés, ce qui leur permet de résister aux pressions sous-jacentes occasionnées parfois par les eaux souterraines. — On nomme garde-radier la tête de radier en amont, et arrière-radier la tête en aval.
RADOUBER, v. a. — Faire des réparations au corps d'un bâtiment, surtout à la cocpie extérieure. Pour radouber un navire , il faut d'abord X éventer, c'est-à-dire mettre hors de l'eau la partie immergée. Anciennement on disait Adouber (voy. ce mot).
RAFFINAGE, s. m. — Action de raviver ou plutôt de revivifier les parties de plomb oxydées que les ouvriers plombiers nomment improprement crasses. On pratique le raffinage du plomb en le faisant fondre dans une marmite en fonte, puis en le coulant en petites formée dénommées saumons.
RAFFUTER, v. a. —Affûter de nouveau un outil. (Voy. Affûter.)
RAFRAICHIR, v. a. — En maçonnerie, ce terme signifie : 1° retailler d'anciens joints et d'anciens lits de pierres ; 2° ajouter de l'eau ou du lait de chaux dans un mortier devenu trop ferme : ce procédé est mauvais, on doit le proscrire dans un chantier bien dirigé. — Les paveurs rafraîchissent de vieux pavés en
les retaillant partiellement, afin de pouvoir les faire servir.
En menuiserie, c'est retailler les joints ou assemblages d'une vieille menuiserie.
En plomberie, rafraîchir un tuyau, c'est le réparer, revoir les soudures, les gratter et les faire à nouveau, ou du moins les repasser. — Rafraîchir le blanchissage des couvertures étamèes, c'est, dit Pernot, « les remettre sur le réchaud, et jeter de nouvelles lames ou pâtées d'étain. On a coutume de rafraîchir les amortissements qui sont en forme de globes, après les avoir soudés et avant de les mettre en place, pour réparer les endroits que ternit nécessairement la terre grasse qu'on est obligé d'employer dans les soudures. »
En peinture, rafraîchir ou raviver une couleur, c'est la laver, la nettoyer de façon à enlever toutes les malpropretés qui pourraient ternir son éclat primitif ; ensuite avec un léger glacis, et quelquefois avec un simple vernissage, on remonte la couleur dans sa fraîcheur première.
RAFRAICHISSOIR, s. m. — Petit bassin en marbre ou en pierre dure, construit dans une salle à manger pour mettre le vin et les boissons à rafraîchir, et qui remplace ainsi dans les appartements luxueux et confortables l'ustensile dit rafraîcMssoir, qui est en métal. ■*— Dans les abattoirs, on donne le même nom à de petits bassins en béton, ou en toute autre maçonnerie, établis dans les triperies. Ces rafraîchissoirs servent au dépôt provisoire des entrailles des animaux qu'on réserve pour la vente des tripiers; ces intestins, avant d'être placés dans les rafraîchissoirs, sont préalablement échaudés, c'est-à-dire lavés à l'eau chaude. Dans les triperies bien organisées, les échaudoirs ou bassins d'eau chaude sont en face des rafraîchissoirs, et des robinets fournissent aux uns et aux autres de l'eau, de même que des robinets de décharge permet* tent de vider ces deux genres de réservoirs.
RAGOT, s. m. — Crampon de fer attaché au limon des binards, des voitures.
RAGRANDIR, v. a. — Rendre plusgrand :
on ragrandit un bâtiment, an salon, etc.