‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 110 sur 252 · BOIS · texte numérisé non relu

BOIS

SIGNES ET TEINTES CONVENTION- NELS. — Sous ce terme générique, on comprend les signes et les teintes que Ton utilise dans les plans pour représenter les matériaux de diverse nature et tout ce qui a rapport à la topographie.

Pour les signes, nous n'aurons pas adonner de longues explications, puisque nos bois et nos planches en couleur fournissent, par la simple insirection et par leurs légendes, tout ce qui est nécessaire pour la bonne interprétation des signes.

En ce qui concerne les teintes conventionnelles, nous diviserons ce sujet en trois parties; nous donnerons : 1" les teintes conventionnelles pour la construction ; i" pour les machines; 3° pour la topographie (minute et rédaction).

I. Construction. — Le béton en coupe, carmin faible ; en plan , terre de Sienne brûlée et teinte neutre ou pen's gray. — La brique ordinaire, carmin et terre de Sienne ;la brique réfractaire, ocre jaune ; les briques en coupe, carmin pâle : du reste, c'est toujours la teinte qu'on donne à toutes les coupes.

DICI. U'AllCIIITECTrilK. — T. IV.

Les enrochements en plan sont teintés en terre de Sienne brûlée, avec quelques retouches de sépia colorée et de terre de Sienne; \q?, enrochements en coupe montrent des galets ou silex légèrement dessinés à la plume, avec quelques traits de plume pour les ombrer, le tout teinté de carmin. — Le gravier en plan est figuré avec du sable et quelques cailloux à la plume, le tout teinté faiblement de terre de Sienne brûlée et les cailloux plus montés en ton ; le gravier en coupe montre de petits cailloux mêlés à du sable, teinté en carmin pâle. — La maçonnerie ordinaire est teintée en ocre jaune et terre de Sienne brûlée ; les assises sont dessinées h la plume, ce qui permet de les rendre légèrement sinueuses. — La maçonnerie en pierre de taille est dessinée au tire-ligne et teintée comme la maçonnerie ordinaire ; on rend de même les maçonneries en moellons piqués , smillés, etc. — Les ^ïcrt'es sont teintés avec une légère pointe de carmin et de pen's gray (teinte neutre, littéralement gris de plume). — Les tuiles sont teintées comme la brique, avec un peu plus de terre de Sienne; enfin les ardoises en plan et en élévation sont teintées en pen's gray, avec un peu de bleu pour les ardoises bleues ou violettes, et un peu de carmin pour les ardoises violacées.

II. Machines. — Dans les machines, on teinte en bien de Prusse, mélangé avec de l'encre de Chine et du carmin, l& fonte; Vacier est rendu avec du bleu de Prusse pur trèsfaible ; le fer, avec du bleu de Prusse et de l'encre de Chine; le bronze, avec de la gommegutte et une pointe de carmin, tandis que le laiton ou le cuivre jaune est teinté avec de la gomme-gutte pure faible; le cuivre rouge, avec de la terre de Sienne brûlée, un peu de carmin et un peu de smalt; Veto in, le l'iomb et le zinc, avec de l'encre de Chine pâle et une pointe d'indigo; le verre, avec de la gommegutte et du bleu de Prusse très-pâle.

III. Topographie. — Les teintes employées pour la topographie sont composées en général de terre de Sienne brûlée et de sépia, pour les terrains et les sables; de vert de vessie ou de verts composés, pour les prés, les arbres, les forêts. Le bleu de Prusse avec de la gommegutte ou du jaune indien, suivant les propor-

SILEX. — SILICATISATION.

tions, fournit des verts depuis les plus pâles jusqu'aux plus intenses : c'est au dessinateur à les composer suivant les nécessités du rendu; mais nous devons ajouter que, dans la minute, tous les tons sont très-pâles et beaucoup plus intenses dans la rédaction ou rendu; de même que les dessins à grande échelle, faits pour être vus de loin, doivent être plus colorés, plus chauds.

Pour passer les teintes, les dessinateurs emploient des pinceaux en poil de martre, de condor ou de petit-gris ; ces poils sont montés dans des tuyaux de plumes d'oie ou dans des viroles métalliques emmanchés de bois : du reste, tous les pinceaux portent des

Pinceaux pour lavis à ranaarelle.

manches; souvent le même manche contient deux pinceaux, l'un sert à passer la teinte, et le second à la fondre.

Nos planches en couleur LXXXIV et LXXXV montrent les minutes et les rédactions de bois, de prés, de forêts, de vignes, de landes, d'étangs, de lacs, de marais, de verger?, de villages, de tourbières, etc.

Notre planche LXXXVI montre dans sa partie supérieure les signes conventionnels adoptés au ministère de la guerre pour la topographie terrestre. On y voit la représentation des clôtures en buissons, des sentiers pour les bêtes de somme, les anciennes voies, les clôtures en planches ou à claire-voie, en pierre, les routes nationales empieiTées,

en bois, les routes en blocage, en chaussée encaissée, empierrée. Au-dessous de la route bordée d'arbres, on voit les lignes ferrées, etc., etc.

La partie inférieure de la même planche montre les signes conventionnels adoptés également au ministère de la guciTe et à celui de la marine pour représenter les voies de communication par eau. On voit dans le haut de ce plan, à gauche, la figuration d'un bac à traillc, d'un pont de bois, d'un empierrement, d'un fascinage; à droite, la représentation d'un pont eu bois; plus bas, la représentation d'éperons, d'un gué à pied, d'un barrage, d'une usine, d'un l)ac, etc.

SILEX, s. m. — Ce terme, en construction, est synonyme de Caillou. (Voy. ce mot.)

SILICATE, .«. m. — Sel produit par la combinaison de l'acide sihcique et d'une base : la soude et la potasse, par exemple. On emploie les silicates de soude et de potasse pour remédier à la trop grande combustibilité des bois. (Voy. l'article suivant.)

SILICATiSATION, s./. — Procédé qui a IDour but d'appliquer du verre solublc sur la façade des édifices eu pierre de taille, en brique, ou même en plâtre, afin de durcir ces surfaces et de prolonger leur durée. Ou emploie pour cela des silicates de potasse et de soude, ou verre soluble. Ce procédé a été utilisé pour la première fois par un savant chimiste bavarois, Fiichs, dès l'année 1824 ou 1825. Le docteur Piichs en fit même la base d'une nouvelle peinture monumentale qu'il dénomma stèréochromie, et dont nous avons parlé au mot Fkesquk, in fine. Il appliqua également le verre soluble à la préservation des bois et décoi-s du théâtre de Jlunich, contre l'inceudic. Ce fut un Français, M. Léon Dallemagne, qui appliqua le premier, vers 1852, les procédés de Fûchs à la conservation des monuments. Ses premiers essais furent faits à, Paris sur le Louvre et à Notre-Dame. On avait attribué à tort à M. Kuhlmann l'importation du pi'océdé en France. Voici, d'après Th. ChkicdM. {Technotog. du Mt., 1. 1, p. 174j, à qin' nous empruntons également la description

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