‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 131 sur 252 · STRIE. — STUC · texte numérisé non relu

STRIE. — STUC

STRIÉ, adj. — Couvert, garni, décoré de stries ou de Cannelures. (Voy. ce mot.)

STRIGILE , s. /.— Cannelure en forme d'S qu'on employait à décorer des membres d'architecture , jjrincipalement des sarcophages, de grandes baignoires en marbre, etc. — On lui donnait ce nom, parce que cette cannelure ressemble par sa forme à l'instrument, nommé strigile, qui , dans l'antiquité, servait aux baigneurs à se racler la peau en sortant du bain. L'instrument qui a donné son nom à cette cannelure est du masculin. (Toy. Sarcophage. A ce mot, le lecteur pourra voir le sarcophage de Cécilia Métella, qui est décoré de siriffiles.)

STRUCTURE, .'. /. — Agencement des molécules d'un corps. Certains fers ont une siructwe granuleuse , d'autres l'ont fibreuse; enfin certains corps peuvent avoir une structure lamellaire, en lamelles; cellulah-e, en cellules ; grésiforme, ressemblant à la structure du grès, etc. — Ce terme , appliqué à la masse d'un édifice, est ainsi défini par Quatremère de Quincy :

Ce terme diffère de consiruclion en ce sens que ce dernier mot s'applique généralement soit à cette partie de l'architecture qui comprend tout ce qu'il y a dans cet art de matériel, de mécanique et de scientifique, soit à la qualité des matériaux ou de leur emploi dans un bâtiment ; striic- Itire, au contraire, terme plus relevé, et, si l'on peut dire, du langage poétique en ce genre, embrasse les rapports extérieurs de l'art qui se manifestent aux yeux par la hardiesse des masses, la beauté des formes , les proportions des ordonnances et l'habileté apparente de l'exécution.

STUC, s. m. — Ce terme , dérivé de l'italien siucco, signifie, enduit propre à boucher. — Le stuc est une composition qui imite le marbre et qui est faite avec de la chaux éteinte et de la poudre de marbre blanc. Aujourd'hui, on fait également des stucs avec du plâtre, de l'alun, de la gélatine, de la colle forte, etc.

Historique. — L'emploi du stuc dans les constructions remonte à la plus haute

t)[CT. D'ABCHITECTUnE. — T. IV.

antiquité. Des archéologues en ont retrouvé destracesenNubieàAbou-Simbel(Ibsamboul) et dans des ruines de l'Egypte. (Cf. Ch. Lyell, Frincipleso/geology. )'LesRomamsemY)\oja,ient en grand le stuc pour couvrir les murs en briques; ils le nommaient albarium ou opus albarium, tandis que les Grecs l'appelaient xovîarxa. Vitruve (VII, 2) et Pline (//. X., XXXVI, 55 et 59) nous donnent quelques détails sur le stuc et sur sa composition, dans laquelle il entrait du grès, de la brique et du marbre. On réduisait en i}oudre ces matériaux; puis, broyé à l'eau, on utilisait cet enduit pour les revêtements extérieurs. Pour l'intérieur des édifices, au contraire, le stuc était fait avec une variété particulière de gypse, additionnée de marbre et d'autres matières qui ne nous sont pas tout à fait connues.

Pratique. — Aujourd'hui on fabrique le stuc de plusieurs manières, mais les deux modes les plus employés consistent : 1° à mélanger du plâtre bien cuit, tamisé bien fin, avec de la poudre de marbre et de la colle forte ou de la gélatine; 2° à mélanger du beau plâtre parfaitement cuit avec de l'alun dans les proportions de 2 pour 100 environ de cette dernière substance. — Avec les stucs on ne fait pas seulement des imitations de marbres blancs, mais en les mélangeant avec des couleurs minérales on peut imiter des marbres de couleur, des brèches, des granités, des porphyres, etc. Suivant la variété du stuc qu'il s'agit d'appliquer, cette application se fait à la brosse pour le stuc liquide, ou en ravalement pour le stuc en pâte. Pour le premier, on superpose quelquefois vingt couches successives sur les surfaces à recouvrir : par exemple, il arrive souvent, quand on fait de grands escaliers en pierre, de faire les marches et les contre-marches en roche et de les encastrer dans des limons en fer ; ceux-ci sont alors recouverts de couches de stuc Hquide, et quand ce travail est exécuté par un habile stucateur, il est difficile de distinguer la pierre du stuc. Quand les applications de stuc sont terminées et parfaitement sèches, ce qui a lieu, suivant l'époque, au bout de dix, douze ou quinze jours, on commence à polir le stuc

STUCAGE. — SÏYLOBATE.

avec du grès pilé et une molette de pierre, que souvent on taille en creux suivant le profil des moulures à i^olir. Après cette opération , il se produit souvent une infinité de petits trous ou cavités sur la surface du travail ; on procède au rebouchage avec du stuc liquide, on passe alors la pierre ponce, on rebouche à nouveau. On pratique successivement ces diverses opérations jusqu'à ce que la surface soit parfaitement unie ; on donne alors le dernier poli avec la pierre de touche et on lustre la surface, comme celles en marbre, avec des chiSbns de laine légèrement graissés d'encaustique. — Le plus souvent les stucs ne sont pas moulurés pendant leur fabrication, on les fait avec des épaisseurs convenables; on procède ensuite à leur épannelage, puis enfin à leur taille.

Stuc ligneux. — Sous ce terme, on désigne une sorte de lois plastique avec lequel on fait toutes sortes d'ornements propres à décorer les appartements. Il existe divers procédés : l'un consiste à agglutiner de la sciure de bois à l'aide de 4 parties de colle de Flandre et 2 parties de colle de poisson ; un autre procédé excellent a été imaginé par Bosc, membre de l'Institut, ce qui l'a fait dénommer/;7-oceVW Bosc; il consiste à précipiter par parties égales une décoction de noix de galle et une solution de colle forte. Le précipité décanté est redissous dans de l'eau chaude additionnée d'un tiers environ de son poids de poudre très-fine de bois. On remplace quelquefois la noix de galle par le sumac, de Técorce de chêne ou toute autre matière tannante.

Les stucs ligneux ou de bois plastique ont l'avantage de pouvoir être dorés à l'eau sans couche de blanc, de recevoir parfaitement la peinture; on peut aussi leur laisser leur couleur naturelle et les vernir simplement, si ces stucs doivent simuler des ornements en bois naturel.

STUCAGE, s. 7)1. — Opération qui consiste à poser du stuc; travail résultant de cette opération.

STUCATEUR, s. m. — Ouvrier qui tra-

vaille en stuc, entrepreneur de travaux en stuc.

STUFFING-BOX. — Terme anglais, passé dans notre langue, qui sert à désigner une sorte de bouchon traversé par une tige métallique animée d'un mouvement ascendant et descendant. Ce bouchon sert à empêcher l'écoulement d'un fluide renfermé dans un récipient fermé par le stiiffing-hoj; (boite à étoupe), qui se compose de deux cylindres s'emboitant l'un dans l'autre ; mais le plus petit est entouré d'étoupes graissées et de rondelles de cuir. Un serrage énergique comprime l'étoupc contre la tige , qui peut bien se mouvoir, mais ne permet pas au fluide de s'échapper.

STYLE, s. m. — Ce terme sert à désigner des objets très-divers, suivant qu'il est dérivé du grec utùXoi; (pilier, colonne) ou du latin sliliis, dérivé lui-même du grec axilv/o^ (tige). Dans le premier cas, il sert à désigner une colonne, et, dans le second, un instrument de bois, d'os, de fer ou de bronze, appointé à l'un de ses bouts et terminé à l'autre par une palette plate servant à aplatir la cire pour effacer sur la tablette ce qu'on avait écrit avec la pointe du style. — On a donné aussi le même nom, par analogie, à l'aiguille des cadrans solaires. Enfin, en architecture, on nomme stijk l'ensemble des éléments arcliitectoniques qui forment le trait caractéristique du goiit d'un peuple, d'une nation, d'une époque. C'est grâce aux styles d'architecture que l'archéologue peut assigner à un monument son âge et sa nationalité ; nous n'insisterons pas davantage ici sur ce sujet, nous bornant à renvoyer le lecteur aux divers articles de ce dictionnaire qui traitent de l'archi- , tecture chez les différents peuples. — Voy. I Anglaise {Architecture), Décoratif {An), Étrusque {Art), Grec {Art), JIauresque {Architecture), Ogival {Art), Péruvien {Art), Romaine et Romane {Architecture), etc., etc.

STYLOBATE, s. m. — Piédestal continu, L orné d'une base et d'une corniche, qui sert de M

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