‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 175 sur 252 · TRIOMPHE · texte numérisé non relu

TRIOMPHE

Voy. Arc de

TRIPERIE, s. f. — Bàtimeut qui sert,

dans les abattoirs, à laver et à nettoyer les intestins ou boyaux des animaux, nommés tripes. Ce bâtiment comprend des cuves ou bassins, des rafraîchissoirs, des chaudières et des échaudoirs. Les cuves et bassins sont construits en brique et ciment ou sont faits en béton. C'est dans les échaudoirs qu'on passe à l'eau bouillante les pieds des animaux abattus, puis on les jette dans les rafraîchissoirs. Une fois les pieds flambés, grattés et échaudés, on les descend dans les caves dépendantes des triperies, et c'est là que les pieds sont emballés pour la vente, ou restent pour être transformés en huile, connue dans l'industrie sous le nom d'huile de pieds de bœuf, de mouton , etc.

TRIPLET, s. m. — Terme d'archéologie.

Groupe de trois fenêtres placées sur les façades des églises du xiii° siècle et qui servait à symboliser l'emblème de la Trinité, parce qu'une archivolte couronnait les trois fenêtres et désignait ainsi l'unité dans la trinité, dont la devise est : Sum trinus et iiniis. Souvent le triplet est couronné d'une rose polylobée à quatre ou cinq lobes.

TRIPOLI, s. m. — Poudre très-fine, d'un ton jaune-rouge, qui sert à polir les métaux. Cette matière provient de couches géologiques composées de silice pulvérulente à grains presque impalpables et formant des feuillets minces. D'après Buffbn (Minéralogie, t. VIII, p. 127), le tripoli serait une terre u. brûlée par le feu des volcans, » et cette terre « serait une argile très-fine mêlée de particules de grès tout aussi fines, ce qui lui donne la propriété de mordre assez sur les métaux pour les polir. »

TRIPOLIR, V. a. — Polir au moyen du tripoli.

TRIPYLE, adj. — A trois portes. Édifice tripgle; arc de triomphe tripijle, c'est-à-dire percé de trois ouvertures sur la même face. Beaucoup de portes de ville étaient iripyles; la plus grande, celle du milieu, servait au passage des chars, et celles de chaque côté aux piétons.

TRIQUEBALLE.

TRIYIUM.

TRIQUEBALLE, s. m. — Sorte de fardier servant à transporter les troncs d'arbres, ainsi que les plus grosses pièces de charpente. Le triqueballe se compose d'un avant-train et d'un arrière-train ; celui-ci est formé simplement d'un essieu réunissant deux grandes roues, lequel essieu est surmonté d'une plateforme, une sorte de sellette. L'avant-train comprend aussi un essieu réunissant deux roues beaucoup plus petites que les précédentes, et cet essieu porte également une sellette ; une longue flèche réunit les deux sellettes. Comme les roues de l'arrière-train sont d'un grand diamètre, l'essieu de celles-ci se trouve trèsélevé au-dessus du sol : c'est sous celui-ci (jue sont fixées, à l'aide de chaînes, les pièces de bois ; elles sont susiMndues à peu près dans leur milieu à cet essieu. Tel est le grand modèle du triqueballe; mais il existe un modèle beaucoup plus petit, servant au transport des pièces de charpente moins fortes. Celui-ci a ses quatre roues de même diamètre, et les poutres sont attachées sm- les deux essieux au moyen de chaînes en fer. Les bois servent, pour ainsi dire, de flèches, car l'avant-train et l'arrière-train ne comportent, pour ainsi dire, que des limons; à l'arrière-train le limon est simple, mais à l'avant-train il est double, afin de permettre d'atteler un fort cheval ou Hmonnier.

TRIQUETS, s. m. pi. — Sorte d'échelle aux extrémités de laquelle sont fixés des saucissons ou coussinets de paille. Les couvreui's et les plombiers emploient des triquets pour monter sur les toits qu'ils vont couvrir et pour travailler sur ces toits sans s'exposer à des chutes dangereuses, ou tout au moins à détériorer les couvertures en marchant directement sur celles-ci. On nomme aussi les triquets, troquets, et quelquefois chevalets.

TRIRÈME, s. f. — Terme d'anti(iuités.

Galère à trois rangs de rames disposés obliquement sur chacun de ses flancs. (Pline, H. N., VII, lu; Virg., j^ned., V, 119.) — Dans les trirèmes, chaque rameur ne manœuvrait qu'avec un seul a\'iron ; il était assis sur un siège fixé contre le flanc même du

navire. Les rameurs du rang inférieur avaient les avirons les plus courts, on les nommait OalaulÎTai; ceux du milieu, des avirons moyens : ils se nommaient Çeu-ctTai; enfin les matelots du rang supérieur, qui manœuvraient un long aviron, étaient appelés Opavirai, du nom de leur aviron , dénommé xotit) Opavmç. Le talet portant l'aviron était désigné par le terme de (îxa)>ijLOi; ôpavÎTïic — On dit aussi , mais trèsrarement, trière.

TRISIPHON, s. m. — Sorte de mitre, d'appareil /(^)«;Vo;r, composé d'un tuj'au de tôle, coiftë d'un petit chapeau ou champignon, comme les tuyaux de fumée ordinaires, mais qui porte, à C'^S.") ou 0™,.30 de son sommet, trois tuyaux de tôle de forme conique, dont l'orifice, au lieu d'être dressé, est plongeant, en sorte que ces petits tuyaux forment siphon pour expulser la fumée dans le cas d'un vent plongeant. C'est cette disposition qui a fait donner le nom de trisiplion à cet appareil.

TRISMÉGISTE, adj. — Surnom que les Grecs donnaient au llercure égyptien, ou Hermès. Ce dieu avait, dit-on, écrit des ouvrages, mais jusque dans ces derniers temps on n'avait pas ajouté foi à cette opinion; Pascal même, dans ses Pensées (XIV, 5° éd. Havet), avait prétendu que, de même que les livres des Sibylles, ceux de Trismégiste étaient faux ou se trouvaient faux à la suite des temps. Un de nos coutemiîorains , M. L. îlénard, a réuni et publié la traduction de quelques fragments é]iars attribués à Hermès Trismégiste. (Cf. Mélaitijes d'archéologie égyptienne et assyrienne , 1, 112.) Quelques auteurs, Devêria entre autres, ont prétendu que dans les fragments de Trismégiste on pourrait trouver l'exposé de la doctrine ésotérique ; malheureusement, aucun savant n'a osé faire cette tentative.

TRIVIUM. — Place où se rencontrent trois voies ou rues {1res vice). Ce terme de Iririum a fourni celui de trivialis (commun, vulgaire), (pli a donné à notre langue le mot trivial. Quelques auteurs ont confondu ce nom

TROCHISQUE. — TROMPE.

avtic celui de carrefour; c'est une grave erreur : eu effet, celui-ci, nommé quadrivium, est une place formée par la rencontre de quatre rues ou chemins (Catull., 58, ■i ; Juv., 1, G4) qui se coupent ou qui ont des directions différentes, tandis que le trivium est formé seulement par trois rues suivant des directions différentes.

TIÎOCHISQUE, s, m. — Petits pains de couleur broyée à l'eau. Ces pains ont une forme conique.

TROCy. — Voy. Trossy.

TROIS-SIX, s. m. — Esprit-de-vin du commerce qui marque 36 degrés à l'aréomètre ; il sert à de nombreux usages, à la fabrication des vernis dits à l'esprit, et à alimenter les lampes à esprit-de-vin dont se servent les plombiers pour faire leurs soudures ou des raccords à des tuyaux de plomb.

TROMPE, s./. — Sorte de voûte tronquée et encorbellée , qui supporte uue petite construction ou seulement une partie de construction, placée en porte-à-faus. En effet, les

Fig. 1. — Trompe en niche sur le coin.

trompes servent à supporter des tourelles, des pendentifs de coupoles, des angles d'édifice qui gêneraient dans un passage étroit^ si ces angles s'élevaient de fond. Le moyen âge , sauf pour des pendentifs, a peu employé la trompe; le xvi" siècle, la renaissance, au contraire, en a fait un très-large emploi, parce que les architectes de cette époque, notamment Philibert Delorme, très-habiles dans

l'art du trait, se plaisaient k multiplier l'emploi des trompes, dans les édifices qu'ils construisaient, pour porter des tourelles, des

Fig. 2. — Trompe ogiv.^.^ à.^... aigle.

balcons, des petites pièces en saillie sur les voies, etc., etc.

Suivant l'emplacement qu'elles occupent

Fig. 3. — Trompe de Montpellier, ou trompe en tour ronde,

dans uue construction, suivant leur forme, suivant leur mode de construction , les trompes portent différents noms, nous mentionnerons les principales; ou nomme :

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