VENTILATION
le ventilateur-aspirateur à contre-poids du docteur Van-IIecke ; le ventilateur à brosses de Golay (fig. 8) : celui-ci est mù à bras, mais il peut être aussi actionné par la vapeur ; enfin les ventilateurs de îluir, de AVatson, de Mackinnell, de Sherringham, de Noualhier, etc., etc. Ceux de nos lecteurs qui désire-
rig. 8. — Ventilateur Golay.
raient (^'tudier ces divers systèmes de ventilateurs les trouveront tous décrits ' et dessinés dans notre TraUé de chauffage et de ventilation, pages 193 à 200. (Voy. le terme suivant.)
VENTILATION, s. /. — Ensemble des opérations employées pour renouveler l'air d'une enceinte quelconque. La ventilation a encore pour objet d'amener dans un local de l'air chaud eu hiver, frais en été, humide, si le milieu est trop sec ; de la sécheresse, au contraire, si ce milieu est trop humide. Enfin, dans l'industrie, la ventilation opère, dans les séchoirs et les sécheries, la dessiccation de divers produits ; dans certains
atehers, elle debarras.se d'exhalaisons fétides et d'odeurs ou de poussières dangereuses pour la respiration. On nomme ventilation renversée un système de ventilation dans lequel l'air se meut contrairement à son mouvement naturel, soit de haut en bas dans la ventilation à chaud, soit de bas en haut, dans la ventilation à froid. La connaissance de toutes ces oisérations constitue une scitince des plus compleses.et que peu de savants possèdent actuellement.
H1.STORIQUE. — Il est bien difficile d'assigner l'époque à laquelle l'homme a fait une première application de la ventilation artificielle. Il est probable que, sans se rendre compte de l'opération qu'il exécutait, il a dû, lors des grandes épidémies, allumer sur les places publiques de grands feux pour chasser le fléau, comme cela se pratique encore de nos jours, pendant les époques de choléra, dans certaines villes du midi de l'Europe. — L'histoire nous apprend qu'un nommé Acron, médecin d'Agrigente (Plat., ds Isid. et Osir.,t. II, p. 383), qui vivait cinq siècles avant l'ère vulgaire, aurait chassé d'Athènes la peste en allumant de grands teux dans les rues et sur les places publiques. Hippocrato, qui vivait à peu près il cette époque (4GÛ avant J.-C), aurait employé le même moyen (ap. Hi2}pocr., t. II, p. 970) pour déli-^Tcr d'une effrayante épidémie Athènes, et Abdère, ville grecque de la Thrace, située sur les côtes de la mer Egée. On comprend que ces vastes foyers brûlaient les miasmes de l'air, infectés de ferments putrides, qui donnaient lieu à ces effroyables épidémies. Mais quelle consommation de combustible pour obtenir un si mince résultat !
Qu'a-t-on fait depuis deux mille ans, c'està-dire depuis Ilippocrate et Acron, sous le rapport de l'hygiène par la ventilation, et par quelles successions de découvertes sommes- nous arrivés à la ventilation moderne ? L'histoire est muette sur ce chapitre comme sur bien d'autres qui se rapportent aux progrès de l'humanité. Il nous faut nécessairement franchir l'époque qui nous sépare d'Hippocrate et arriver jusqu'à ces
VENTII;ATION.
temps tout à fait modernes pour trouver quelques traces des premiers essais de ventilation. Bien qu'il soit reconnu, d'après certains auteurs, que les architectes ne s'occupent pas du tout des questions de chaulfage et de ventilation, nous avouons humblement que le premier essai de ventilation est dû à l'architecte de Saint-Paul de Londres, l'illustre Christopher Wren (1), qui fit percer des ouvertul-es aux quatre angles dn plafond de la salle du Parlement. Ces ouvertures, à l'aide de coffres en bois qui débouchaient sur la toiture de l'édifice, servaient à ventiler la salle.
Un peu plus tard, encore en Angleterre, en 1715 ou 1722, le traducteur de la Mécanique du feu, le D'' Desaugiers, fait un nouvel essai de ventilation pour les mêmes chambres du Parlement, d'abord au moyen d'un foyer d'appel, ensuite par un ventilateuraspirateur. Ce dernier système a fonctionné
(1) L'architecte anglais Christopher Wren, né en 1G32 à Knoyle (comté de Wilts), fit ses études h l'université d'Oxford. Dès l'âge de treize ans, il construisit une machine pom- représenter le cours des astres, et divers instruments d'astronomie. A seize ans, il avait fait plusieurs découvertes en astronomie, en statique et en mécanique, découvertes assez importantes pour le faire nommer à vingt-cinq ans professeur à l'université d'Oxford. En 16()5 , il fit un voyage à Paris pour y étudier l'état des arts en France. L'incendie de Londres le rappela en Angleterre, où il dressa immédiatement un plan de reconstruction de la ville, lequel plan, soumis au Parlement, fut en partie adopté, et fit connaître Christopher Wren sous un jour nouveau en révélant ses talents d'architecte, si remarquables qu'à la mort de .J. Denham (lt>68), Wren fut nommé architecte du roi et directeur des travaux d'un grand nombre d'édifices. C'est en l(i75 qu'il jeta les fondements de l'église Saint-P.aul, dont la construction ne dura pas moins de trente-cinq années. Kous citerons, parmi les principaux monuments érigés par Wren, la fameuse colonne pour perpétuer le souvenir de l'incendie do Londres, colonne dénommée le Monument ; le tliéâtre de l'université d'Oxford, Saint-Étienne de WaUbroock, la douane de Londres, le palais royal et le palais épiscopalde Westminster, le mausolée de la reine Marie à Westminster, l'hôpit.al de Chelsea, etc., etc. Wren mourut en 1723 et fut enterré sous le dôme de Saint- Paul, par privilège exclusif accordé l'i lui et k sa famille. Ce grand architecte n'a publié aucun ouvrage, mais plusieurs de ses écrits sont imprimés dans les Philns'iphical transactions.
jusqu'en 18U0. — En 1758, le docteur Haies invente un moyen de ventilation par propulsion à l'aide de soufflets. — Enfin, jusqu'en 1814, on tente en Angleterre de nouveaux essais de si peu de valeur, qu'ils ne méritent pas d'être mentionnés (1).
En France, en 1713 et 1759, on fait bien quelques tentatives pour ventiler les hôpitaux, mais elles ne donnent pas des résidtats notables. Ce n'est qu'à partir de d'Arcet et de Péclet, c'est-à-dire il y a cinciuante ans environ, que Ja ventilation devient ime véritable science.
Après ces auteurs, nous devons mentionner comme s'étant beaucoup occupés de cette question : eu France, MM. Chevreul, Boussingault, Dumas, Andral, Orfila, Gavaret, Combes, Morin, etc.; en Angleterre, Eveliug, Strutt, Davy, de Chabannes (2), Georges Paul, Andersou, Sylvester, Boulton, "Watt, Deacou, et MM. Daniellc, Moyle, D"' Eeid, et Gurney; en Belgique, Glepin, Pasquet, et Fabry (3).
Instruments de ventilation. — Les instruments de ventilation sont fort nombreux. Ils servent soit à extraire l'air dans les locaux à ventiler, soit à leur envoyer de l'air pur d'une manière directe ou indirecte. Ils présentent chacun des qualités
(1) Nous dii-ons cependant qu'antérieurement aux époques que nous avons citées, on s'occupait de la ventilation des mines, et que Georges Agricola, dans l'ouvrage qu'il publia en 1G77 , indique plusieurs ventilateurs de mines qui ont longtemps fonctionné après le décès de cet auteur,
(2) Bien que Français, nous classons de C'iiabannes parmi les Anglais, parce qu'il a étudié la veutilxition eu Angleterre, où il s'était réfugié.
(3) Nous devons ajouter à cette nomenclature : Leblanc, Annales de chimie et de physique, t. "V", p. 237 et t. XV; Pettenkofcr, Zeitschrift fiir IJiohyie, 18(i7, Dans cet ouvrage, Pettenkofcr annonce qu'il a cons-" taté que l'habitation de l'homme subissait une ventilation active à travers ses p.arois de briques et de moellons. Cet auteur avance même qu'il a pu faire passer à travers un bloc de maçonnerie en brique un souffle assez intense pour éteindi-e la flamme d'une bougie. Ce sont là des expériences très-curieuses dont nous ne pouvons malheureusement garantir l'authenticité i. nos lecteiu's, n'ayaut jamais eu le temps et l'occasion de les répéteri