RECONFORTER. — RECOUVREMENT
demande du jiropriétaire ou de son arcliitecte qu'on procède au récolement; le premier s'accomplit dès que les constructions sont élevées à hauteur de retraite , c'est-à-dire dès qu'elles sortent des fondations , et les récolements de hauteurs d'étages, corniches, bandeaux, etc., au fur et à mesure de l'avancement des travaux. Le propriétaire qui a obtenu un alignement a le droit d'exiger de l'administration qu'elle procède au récolement et qu'elle détermine sur place les points de repère et toutes autres indications indispensables.
RÉCONFORTER (Inteediction de). — D'après l'article 15, titre III du décret du 27 juillet 1857, il est interdit de réconforter les murs et certaines parties de bâtiment. Nous avons donné ce décret au mot Façade, où le lecteur pourra le consulter, relativement à l'interdiction dont il s'agit ; mais nous donnerons ici l'article IGG de l'instruction concernant la voirie urbaine, instruction en date du 31 mars ISGâ , qui complète les renseignements du dit décret.
Art. IGG. — Il n'est pas possible de préciser a priori les travaux qui peuvent être permis et ceux qui doivent être interdits. Tout dépend de l'état des constructions qu'il s'agit de restaurer ou d'augmenter, du genre d'opération à exécuter, de la nature des matériaux à employer, etc. Les travaux qui paraissent de peu de conséquence, tels qu'un simple crépissage et même un badigeon, peuvent avoir pour résultat sinon de conforter, du moins de conserver ; d'ailleurs , ils servent à dissimuler des ouvrages plus importants. (Cass., 23 juillet 1835, Blanchard; 20 juillet 1838, Canet et FouUoy ; 11 février 1859, Lacave.) (Voj'. Voirie.)
RECONNAITRE ux attachement. — C'est s'assurer de son exactitude , vérifier si le conducteur des travaux ou le commis du vérificateur l'a bien établi.
RECONSTRUCTION. — Voy. Alignement, Façade, Maison, Mitoyen (Mur), Réconforter, Voirie, etc.
RECOUPE, s./. — On désigne sous le nom de recoupe, sous-entendu des pierres, les débris, détritus , raclures et poudre qui proviennent
de la taille, de la coupe des pierres. On tamise tous ces résidus ; le poussier qui sort du tamis est mélangé avec de la chaux pour faire du mortier de la couleur de la pierre. Ce mortier sert à jointoyer, au bouchement des trous, à réparer les épaufrures et les écornurcs de la pierre, etc. Mêlé avec du lait de chaux, le poussier de recoupe sert à faire le badigeon. On emploie le gros de la recoupe, ce qui est resté au-dessus du tamis, pour ail'ermir le sol des caves, garnir les reins des voûtes et faire une première assiette pour un sol qu'on veut daller ou paver.
RECOUPEMENT, s. m. — Ravalement d'un vieux mur en pierre de taille. Suivant le plus ou moins de profondeur des dégradations existant sur la surface d'un mur, son recoupement est plus ou moins profond. — On applique le même nom aux retraites d'une certaine importance pratiquées sur un sol incliné ou faites à chaque assise de pierres, quand il faut leur donner un fort empâtement. On fait également des recoupements pour certains ouvrages fondés dans l'eau.
RECOUVERT (Joint). — Tout joint qui n'est pas apparent.
RECOUVREMENT, s. m. — Eu maçonnerie, une dalle, une pierre quelconque, sont posées en recouvrement lorsque la saillie de cette dalle ou de cette pierre est posée sur le joint, recouvre le joint de la pierre ou de la dalle contiguë. — On désigne sous le même terme le plâtre qui recouvre les pièces de charpente au moyen d'un lattis espacé qui reçoit un gobetage, puis un crépi, enfin un enduit. — Eu charpente, toute partie saillante d'une pièce qui recouvre un tenon se nomme recouvrement. — En menuiserie, beaucoup de travaux sont à recouvrement : par exemple, un cadre rapporté sur un bâti à feuillure et collé sur panneau ; un auvent en bois qui a ses planches posées les unes an-dessus des autres, au lieu d'être jointes ensemble, est un auvent dit en recouvrement ; enfin toute saillie que forme la joue d'une pièce embrevée dans une autre.
RECREriSSAGE. — RÉDUCTION.
RECRÉPISSAGE, s. m. — Action de recrépir. Le recrépissage se fait comme le Crépissage (Voy. ce mot), mais souvent il est interdit pour les travaux qui servent à Réconforter. (Voy. ce mot.)
RECREUSER, v. a. — Creuser de nouveau, creuser plus profondément : ainsi, on recreuse les cbéneaux, les noues, etc.
RECTANGLE, s. m. — Quadrilatère dont les angles sont droits.
RECUEILLIR, v. a. — C'est, dans un travail en sous-œuvi-e , recevoir sur une forte reprise la partie d'un mur qu'on a jugée bonne à conserver.
RECUIRE, V. a. — Chauffer du fer écroui pour lui rendre sa ductilité. Quand les ouvrages en acier ont été trempes trop durs, on est obligé de les réchauffer, de les recuire, afin de les adoucir.
RECULEMENT, s. m. — Un mur, une façade, sont sujets à reculcmenf, quand ils avancent sur l'alignement de la voie publique. (Voy. Alignemest.)
RECUSATION des experts.
Expertise, § Récusation.
Voy.
RED AN, s. m. — Retranchement composé de deux faces qui se coupent en formant un angle saillant. — En construction, on nomme redans les ressauts qui existent de distance en distance sur un mur établi sur un terrain en pente. Comme on ne pourrait faire suivre au chaperon de ce mur le sens de la pente, on le coupe de distance en distance de ressauts dont le profil figure celui des marches d'un escalier : tels soot les véritables redans, car on donne plutôt le nom de ressauts et de décrochements aux difTérences de niveau qui existent dans les plans verticaux.
REDENTS, s. m. pi. — Découpures de pierres en forme de dents, qu'on retrouve pendant l'époque ogivale comme décoration dos
meneaux et des œils des fenêtres, ainsi que dans l'intrados des arcades, des gables et des pignons. Us sont simples quand la courbe qui les forme n'est pas brisée ; redentés, quand ils sont formés par des courbes brisées ou à dents. Les redents sont souvent terminés par des tètes ou par des bouquets de feuillages ; on peut en voir de ce dernier genre en jetant; les yeux sur notre planche LXVIII, qui montre l'intérieur de la salle capitulaire de la cathédrale de Salisbury.
En charpente, deux poutres sont assemblées en redents quand elles sont superposées et se juxtaposent en se pénétrant et s'accolant l'une à l'autre au moyen de redents ; les poutres armées sont ainsi assemblées.
REDOUBLIS. — Voy. Doublis, m fine,
REDOUTE, s. f. — Dans l'architecture militaire, on désigne sous ce terme un ouvrage détaché, construit en maçonnerie et en terre , qui sert à recevoir des pièces d'artillerie. On place des redoutes devant des forts, devant des bastions, à l'entrée d'un pont ou d'un défilé, etc.; c'est un rempart bas avec fossé qui sert à arrêter la marche de l'ennemi qui se dirige vers un point ou une position qu'il désire occuper.
REDRESSEMENT, s. m. — Action de redresser; mise à niveau d'un plancher, ou d'un ouvrage quelconque, qui a fléchi.
RÉDUCTION (Compas de).— Compas qui permet aux architectes et aux dessinateurs de réduire du premier coup, sans hésitation efc sans erreur, un dessin. Voici comment on procède : une fois le compas mis au point voulu pour réduire un dessin au quart , à la moitié , au cinquième, on mesure le modèle qu'il s'agit de réduire avec les longues pointes du compas, et les pointes courtes donnent la réduction désirée ; dans notre figure le compas est vissé pour réduire de moitié, aussi l'ouverture ou écartement des petites pointes est mathématiquement égale à la moitié de l'ouverture des grandes. En opérant inversement, les compas de l'éduction servent à agrandir un dessin.