SCIEUR
décrire, beaucoup de corps d'état eut des scies spéciales pour le genre d'industrie qu'ils exercent. Xos figures 13, 14 et 15 montrent trois
Fig. 17
Scie à bûches (monturc savoyarde, '2^ tjiic).
types de scies employées par les parqueteurs; nos figures 16, 17 et 18, des scies à bûches pour les scieurs de bois de chauffage; notre
Fig. 18. — Scie à bûches (mouture druitej.
figure 19, une scie à placage, employée par les ébénistes et les tabletiers.
Scie circulaire, celle qui consiste en un
Fig. 19. — Scie à placage.
disque d'acier dont la périphérie est armée de dents. Ces scies sont animées d'une grande vitesse, parce qu'elles fonctionnent à la vapeur à l'aide de courroies de transmission.
Scie a ruban ou scie SA^"S fix, une lon-
gue lame très-souple dentée, dont les extrémités sont soudées entre elles. Ce ruban passe sur des poulies qui lui impriment nu mouvement semblable à celui d'une courroie de transmission.
Fig. 20. — Scie circulaire.
Scie a ficher. — Voy. Fiche du maçon.
Scie a métaux. — Cette scie aune monture en fer et un manche en bois ; elle est employée par les serruriers.
Scies mécaniques. — On fabrique aujourd'hui des machines à découper le bois, la pierre, le fer, qui fonctionnent par des mécanismes assez divers. On fait même des scies ■mécaniques à receper les pieux ; ces machines se composent d'une grande scie qui peut être mise en mouvement de dessus l'échafaudage qui sert à la soutenir ; la locomobile qui sert au battage des pieux actionne souvent ce genre de scie.
Scie (Laver à la). — Quand un bois a été équarri à vive arête au moyen de la scie sur toutes ses faces, on dit que ce bois a été lavé à la scie sur toutes ses faces ; ordinairement, dans les constructions soignées, les bois apparents sont lavés à la scie.
SCIER, V. a. — Débiter, refendre des pieiTes, des pièces de bois à la scie ; se servirde la scie. — En maçonnerie et en marbrerie, l'expression scier à coijire-jmsse signifie faire agir la scie parallèlement au lit des blocs qu'on scie.
SCIEUR, s. m. — Ouvrier qui scie, c'està-dire qui exécute le sciage de la pierre, du marbre, du bois. — Les scieurs de pierre travaillent à la tâche et fournissent tous leurs outils, sauf ceux du chantier qui sont à l'en-
SCIOTTAGE. — SCULPÏUKE.
treprciieur, ce sont : les crics, les pinces, les rouleaux et les supports pour mettre la pierre en chanlkr ; l'eau, le grès et le plâtre nécessaires sont également fournis à l'ouvrier par l'entrepreneur. • — Le scieur de long est l'ouvrier qui scie les bois de charpente et de menuiserie. (Voy. Scie.)
SCIOTTAGE, s. m. — Opération qui consiste à détruire avec la sciotte du maçon le mortier garnissant les joints d'une pierre, afin de pouvoir l'enlever sans ébranler ni dégrader celles qui l'entourent. Dans la dépose d'un édicule ou d'un monument d'art qu'on veut reconstruire dans un autre emplacement, on ne doit pas opérer autrement, bien que ce mode de démolition soit long et coûteux.
SCIOTTE, s.f. — Sorte de scie à main du maçon avec laquelle il sciotte les joints de pierre des maçonneries qu'on veut démolir avec soin. (Voy. l'art précédent.) On nomme également sciotte une petite scie sans dents dont se servent les marbriers pour scier les bouts de bandes, filets et autres moulures, ainsi que pour détacher par un trait de sciotte une partie delà masse à tailler, afin de conserver les arêtes vives aux filets et autres moulures. — Les menuisiers se servent aussi d'une sciotte pour couper les tenons ; ils la nomment Scie a manche. (Voy. ce terme.)
Sciotte tournante. — Forte bande de tôle enroulée en cylindre et mise en mouvement de plusieurs manières, qui sert à enlever dans un bloc de marbre un cylindre, tel (ju'un fût de colonne, par exemple.
SCORIES DE FORGE. — Voy. Mâchefer.
SCOTIE, s.f. — Moulure conaive, tracée au moyen de plusieurs centres, de deux au moins, et qui se trouve généralement placée entre deux filets qui accompagnent les tores de la base d'une colonne.
SCREEN. — Voy. Écran.
SCULPTUKE, s.f. — Art (|ui a pour
objet l'exécution en forme saillante d'une figure ou d'un ornement quelconque. Ce terme est dérivé du latin scutptura (de sculjJere , graver, tailler au ciseau) ; en effet, le sculpteur taille avec son ciseau des formes, des images, des ornements, et cela dans des matières diverses, telles que le bois, l'ivoire, la pierre, les marbres, etc. Mais on peut obtenir des œuvres de sculpture eu façonnant de l'argile, ou bien en coulant des métaux. Quand la sculpture crée des statues ou la représentation de figures animées, on la nomme statuaire ; le même terme sert aussi à désigner le sculpteur créateur de statues, le statuaire. Quand elle représente, au contraire, des objets inanimés, des rinceaux de feuillages, des guirlandes de fleurs ou de fruits, on la nomme sculpture d'ornements, et l'artiste exécutant s'appelle ornemaniste.
On peut exécuter les divers genres de sculpture en ronde bosse, en haut-relief et en Basrelief. (Voy. ce mot.) Au point de vue des procédés employés, on divise cetarteu. sculpture proprement dite, en modelage, en ciselure. On pratique celle-ci sur lesœuvres coulées en métal, surtout en bronze. Pour la reproduction de certaines œuvres de sculpture, on emploie le moulage, Vestampage et la Galvanoplastie (Voy. ce mot et Mouler); ces dernières opérations sont des procédés purement mécaniques, mais qui demandent beaucoup de soin et un certain savoir.
Historique. — Dès son origine, la sculpture a concouru à la décoration architecturale. Certes, sans son secours un artiste peut créer un beau monument, ayant de belles proportions, une grande tournure; mais cette œuvre , quelle que soit sa beauté architectonique, ne possédera jamais le charme que la même œuvre décorée avec le secours de la sculpture, qui sait si bien parer et orner l'architecture.
Au fur et à mesure que l'art architectural s'est développé, la sculpture a servi à caractériser les ordres et les divers styles d'architecture, qui sans le secours de cet art n'auraient jamais été aussi tranchés. — La sculpture ornementale fait donc partie intégrante de l'architecture, qui ne saurait se passer de
SCULPTURE
son concours ; quant aux statues et aux basreliefs, Ds ne sont pas moins utiles, non-seulement au point de vue purement décoratif, mais encore pour expliquer . nettement et caractériser du premier coup la distinction d'un édifice. Et de même que les frontons, les grands panneaux, les grandes surfaces lisses des monuments ne sauraient être mieux décorés qu'avec des bas-reliefs ; de même les acrotères, les niches, les piédestaux, les dais , les
consoles, etc., ne sauraient se passer de statues. C'est même cette utilité incontestable de la sculpture qui fait qu'à toutes les époques et chez tous les peuples possédant quelque civilisation, cet art a été cultivé avec beaucoup de soin et a été en rapport direct avec le plus ou moins de civilisation du peuple ; aussi aujourd'hui les seuls monuments de la sculptui'e d'une nation nous permettent de juger de ce qu'elle a dû être.
Fig. 1. — Fragment de frise du Parthùnou.
Les Assyriens ont possédé une sculpture remarquable et grandiose. — Les Egyptiens ont également une sculptm'e à part; ils ont créé des colosses, ils ont décoré des allées et des avenues monumentales avec de nombreuses sculptures qu'ils alternaient avec des obélisques. Des palais entiers, à l'intérieur et à l'extérieur, étaient décorés de statues colossales; leurs colonnes et leurs chapiteaux étaient ornés de sculptures ; enfin le peuple égyptien les a prodiguées sur tous les monuments qu'il a élevés et dont il nous reste encore aujourd'hui des ruines si imposantes. Les obélisques, les sarcophages, les murs des pa-
lais, des temples, des hypogées, étaient couverts de sculptures, car les hiéroglyphes, c'està-dire l'écritureelle-même de ce peuple, ne sont pour ainsi dire qu'une sculpture en creux, une sculpture intaillée. Quant à la sculpture en ronde bosse de ce peuple, elle est tellement remarquable qu'on peut reconnaître, comme le dit de Rougé {Notice des monumenls du Louvre ), les caractères généraux propres aux cinq époques de l'art égyptien. Dans le premier style, dit memphitique, « les statues et les figurines représentent une race musculeuse et trapue ; l'attitude est roide, les pieds sont souvent courts, le nez est droit , souvent gros et rond par le
SCULPTURE
bout. » Ces caractères appartiennent spécialement à la troisième dynastie et au commencement de la quatrième. Les sculptures de la cinquième dynastie ont une grande finesse, et
la plupart de nos lecteurs se rappellent sans doute la magnifique statue en bois du musée de Boulacq, qui excita si fort l'admiration générale à l'exposition universelle de 1867.
Fi^'. 2, — Le beau Dieu d'Amiens'^ xui* siùclc}.
La sculpture grecque est sans conteste la plus ])clle qu'il y ait au monde ; aucun peuple n'a jamais pu, nous ne dirous pas dépasser, mais atteindre à ce nireau; cette sculpture justifie doue ce que nous disons un peu plus
haut, que le degré de civilisation d'un peuple se reconnaît à la perfection de sa sculpture. Si nos lecteurs jettent les yeux sur notre figure 1, ils partageront notre opinion à cet égard ; il est bien difficile de voir des chevaux
SCULPTURE
pins lancés et un homme mieux campé, plus solidement et plus élégamment fixé sur un cheval que le cavalier qui se trouve sur le premier plan de cette frise.
Le peuple romain a bien possédé une sculp-
ture en propre, mais il est fort difficile de la distinguer de la sculpture grecque, et cela pour ijlusieurs motifs, mais surtout parce que les Romains non-seulement ont rapporté une quantité considérable de sculptures de la
Fig. 3. — Le Départ pour la guerre.
Grèce et des colonies grecques, mais encore parce qu'ils ont employé chez eux des artistes grecs, et que souvent les artistes romains n'étaient, pour ainsi dire, que les élèves des Grecs; de sorte que si l'on divisait la sculpture romaine en deux écoles , on pourrait dire, sans se tromper, que les œuvres les plus parfaites sont de l'école grecque , et que celles qui sont
DICT. n'ARCHlTECTrRE. — T. ir.
médiocres ou mauvaises sont, à ]ieu d'exceptions, près de l'école romaine.
Le style byzantin et les styles roman et ogival ont une sculpture bien tranchée ; l'art ogival surtout a ses trois périodes parfaitement délimitées par sa sculpture. Notre figure 2 montre la tête du christ du portail de la cathédrale d'Amiens qu'on a surnommée le
SCULPTURE
beau Dieu d'Amiens. Cette sculpture date diton, du XIIP siècle ; en examinant ce travail, on se demande si même cet ouvrage n'est pas de beaucoup postérieur à la date qu'on lui assigne. La renaissance a eu également son caractère propre dans cet art comme dans les autres ; pour s'en convaincre, il suffit de jeter les yeux sur les innombrables spécimens de la renaissance qui sont répandus dans les
diverses parties de l'Europe et surtout dans les grands musées nationaux. Les sculptures des époques de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI sont également très-reconnaissa- Ijles. — Enfin notre école contemporaine de sculpture a produit des œuvres très-remarquables, plus ou moins imprégnées de l'antiquité, et nous espérons ne pas trouver de contradicteurs en disant qu'après la musique
Fig. 4. — Madeleine repentante.
contemporaine, la sculi)ture est le plus avancé des autres arts, c'est-à-dire que notre école de sculpture a atteint un degi-é de talent que ne po.ssèdent point encore nos écoles de peinture, d'arcliitecture et de gravure. — Notre figure 3 montre le magnifique bas-relief de l'arc de triomphe de l'Étoile, « le Départ pour la gueiTe, » œuvre de Rude ; notre figure 4, la superbe Madeleiue repentante de l'illustre Canova ; enfin notre figure h, la Jeanne à' Arc écoulant ses roi.r, dti ^L Cha])u: cette œuvre, sans contredit une des plus remarquables de
l'art contemporain , est un des plus beaux ornements de la galerie du château de Chantilly et du musée du Luxembourg.
Blui.loGUAl'HiE. — François Lemée, Tniilé des statues, 1 vol. in-12, Paris, 1G88; Emeric David, Recherches sur Vart statuaire, considéré chez les anciens et chez les modernes, ou Mémoire, etc, 1 vol. in-S" Piiris, 1805;— J.-B. Visconti et En. Q. Visconti, il Museo Pio-Clementiiio, 7 vol. gr. in-fol., Kome, 1782-1807 ; — Enniiis-Qiiiriiius Visconti, Sculture del palazzo delta villa Borghesa, 3vo\. in-S", Rome, ] 79G - 97 ; du même, Monumenti Gahini délia
>;orLPTURE.
Fig. 5. — Jeanne d'Arc écoutant 6es vois, de M. Chapa.