‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 116 sur 239 · BOIS · texte numérisé non relu

BOIS

SIGNES ET TEINTES CONVENTION- NELS. — Sous ce terme générique, on comprend les signes et les teintes que Ton utilise dans les plans pour représenter les matériaux de diverse nature et tout ce qui a rapport à la topographie.

Pour les signes, nous n'aurons pas à donner de longues explications, puisque nos bois et nos planches en couleur fournissent, par la simple inspection et par leurs légendes, tout ce qui est nécessaire pour la bonne interprétation des signes.

En ce qui concerne les teintes conventionnelles, nous diviserons ce sujet en trois parties; nous donnerons : V les teintes conventionnelles pour la construction ; 2^ pour les machines; 3® pour la topographie (minute et rédaction).

I. Construction. — Le béton en coupe, carmin faible ; en plan , terre de Sienne brûlée et teinte neutre ou pen's gray. — La brique ordinaire, carmin et terre de Sienne ; la brique réfractaire, ocre jaune ; les briques en coupe, carmin pâle : du reste, c'est toujours la teinte qu'on donne à toutes les coupes.

OIOT. D'ARCHITKCTUBK. ^ T. IV.

Les enrochements en plan sont teintés en terre de Sienne brûlée, avec quelques retouches de sépia colorée et de terre de Sienne; les enr(?chemenis en coupe montrent des galets ou silex légèrement dessinés à la plume, avec quelques traits de plume pour les ombrer, le tout teinté de carmin. — Le gravier en plan est figuré avec du sable et quelques cailloux à la plume, le tout teinté faiblement de terre de Sienne brûlée et les cailloux plus montés en ton ; le gravier en coupe montre de petits cailloux mêlés à du sable, teinté en carmin pâle. — La maçonnerie ordinaire est teintée en ocre jaune et terre de Sienne brûlée ; les assises sont dessinées à la plume, ce qui permet de les rendre légèrement sinueuses. — La maçonnerie en pierre de taille est dessinée au tire-ligne et teintée comme la maçonnerie ordinaire; on rend de môme les maçonneries en moellons piqués , smillés, etc. — Les^^at;^^ sont teintés avec une légère pointe de carmin et de pen's gray (teinte neutre, littéralement gris de plume). — Les tuiles sont teintées comme la brique, avec un peu plus dé terre de Sienne; enfin les ardoises en plan et en élévation sont teintéçs en pen's gray, avec un peu de bleu pour les ardoises bleues ou violettes, et un peu de carmin pour les ardoises violacées.

II. Machines. — Dans les machines, on teinte en bleu de Prusse, mélangé avec de l'encre de Chine et du carmin, \& fonte; V acier est rendu avec du bleu de Prasse pur trèsfaible; le fer y avec du bleu de Prusse et de l'encre de Chine; le brome, avec de la gommegutte et une pointe de carmin, tandis que le laiton ou le cuivre jaune est teinté avec de la gomme-gutte pure faible; le cuivre rouge, avec de la terre de Sienne brûlée, un peu de carmin et un peu de smalt; Yétairiy le plomb et le zinc, avec .de l'encre de Chine pâle et une pointe d'indigo; le verre, avec de la gommegutte et du bleu de Prusse très-pâle.

III. Topographie. — Les teintes employées pour la topographie sont composées en général de terre de Sienne brûlée et de sépia, pour les terrains et les sables; de vert de vessie ou de verts composés, pour les prés, les arbres, les forêts: Le bleu de Prusse avec de la gommegutte ou du jaune indien, suivant les propor-

SILEX. - SILICATISATION.

tiong, fournit des verts depuis les plus pâles jusqu'aux plus intenses : c'est au dessinateur à les composer suivant les nécessités du rendu; mais nous devons ajouter que, dans la minute^ tous les tons sont très-pâles et beaucoup plus intenses dans la rédaction ou rendu; de môme que les dessins à grande échelle, faits pour être vus de loin, doivent être plus colorés, plus chauds.

Pour passer les teintes, les dessinateurs emploient des pinceaux en poil de martre, de condor ou de petit-gris ; ces poils sont montés dans des tuyaux de plumes d'oie ou dans des viroles métalliques emmanchés de bois : du reste, tous les pinceaux portent des

Finoeauz ponr lavis à l'aquarelle.

manches; souvent le même manche contient deux pinceaux, l'un sert à passer la teinte, et le second à la fondre.

Nos planches en couleur LXXXIV et LXXXV montrent les minutes et les rédactions de bois, de prés, de forêts, de vignes, de landes, d'étangs, de lacs, de marais, de vergers, de villages, de tourbières, etc.

Notre planche LXXXVI montre dans sa partie supérieure les signes conventionnels adoptés au ministère de la guerre pour la topographie terrestre. On y voit la représentî^tion des clôtures en buissons , des sentiers pour les bêtes de somme, les anciennes voies, les clôtures en planches ou à claire- voie, en pierre, les routes nationales empieiTées,

en bois, les routes en blocage , en chatiBsée encaissée, empierrée. Au-dessous de la route bordée d'arbres, on voit les lignes ferrées, etc., etc.

La partie inférieure de la même planche montre les signes conventionnels adoptés également au ministère de la guerre et à celui de la marine pour représenter les voies de communication par eau. On voit dans le haut de ce plan, à gauche, la figuration d'un bac à traille, d'un pont de bois, d'un empierrement, d'un fascinage; à droite, la représentation d'un pont en bois; plus bas, la représentation d'éperons, d'un gué à pied, d'un barrage, d'une usine, d'un bac, etc.

SILEX, 8. m. — Ce terme, en construction, est synonyme de Caillou. (Voy. ce mot.)

SILICATE, 8. m. — Sel produit par la combinaison de l'acide siUcique et d'une base : la soude et la potasse, par exemple. On emploie les silicates de soude et de potasse pour remédier à la trop grande combustibilité des bois. (Voy. l'article suivant.)

SILICATISATION, s. /. — Procédé qui a pour but d'appliquer du verre soluble sur la façade des édifices en pierre de taille, en brique, ou même en plâtre, afin de durcir ces surfaces et de prolonger leur durée. On emploie pour cela des silicates de potasse et de sotide, ou verre soîubîê. Ce procédé a été utilisé pour la première fois par un savant chimiste bavarois, Fuchs, dès l'année 1824 ou 1825. Le docteur Fiichs en fit même la base d'une nouvelle peinture monumentale qu'il dénomma stéréochromie, et dont nous avons parlé au mot Fresque, in fine. Il appliqua également le verre soluble à la préservation des bois et décors du théâtre de Munich, contre l'incendie. Ce fut un Français, M. Léon Dallemagne, qui appliqua le premier, vers 1852, les procédés de Fiichs à la conservation des monuments. Ses premiers essais furent faits à Paris sur le Louvre et à Notre-Dame. On avait attribué à tort à M. Kuhlmann l'importation du procédé en France. Voici, d'après Th. Château {TecJinohg. du bât., 1. 1, p. 174 J, à qui nous empruntons également la description

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Digiti^d by

SILICE. — SIMBLEAU.

du procédé, les effets obtenus par une bonne silicatisation. Elle préserve les pierres imbibées des monsses vertes qni^ s'attachent ordinairement anx pierres placées dans des endroits hamidcB; elle donne aux parties en pierre dure des sarfaces sèches et lisses, recouvertes à'\me patine silicettse qui semble devoir faire disparaître toute cause de décomposition. Elle empêche la poussière et les toiles d'araignée de s'attacher aux pierres avec la même facilité qu'elles s'attachent à celles laissées dans leur état naturel. Elle donne aux pierres tendres une dureté plus grande, en leur faisant perdre en partie leur porosité et en les recouvrant d'une croûte d*une belle couleur, sans que la silice modifie en rien l'apparence de la taille des parements. Tels sont les principaux résultats obtenus par la silicatisation. — Voici maintenant comment on y procède. En employant le système de Léon Dallemagne, la silicatisation consiste à imprégner les pierres calcaii'es et autres, ou, en suivant la méthode préconisée par Euhlmann, à appliquer sur la surface des pierres du silicate de potasse ou verre soluble dissous dans une quantité d'eau suffisante (environ six fois son poids d'eau). On emploie pour ces applications des pompes, si l'on opère sur de grandes surfaces, et des pinceaux ou brosses molles, si les surfaces sont peu considérables. — Une seule application du silicate ne suffit point ; il faut procéder à une nouvelle opération après quelques heures, ou, ce qui est de beaucoup préférable, un jour ou deux après. Pour la silicatisation de la surface simplement, l'expérience a démontré que trois applications faites dans de bonnes conditions suffisent pour assurer une dureté convenable. Il ne faut pas beaucoup plus de temps pour l'imprégnation complète de la pierre, à la condition de se servir de silicate de potasse convenablement étendu d'eau. — La quantité de dissolution absorbée diminue à chaque opération, et elle varie, toutes choses égales d'ailleurs, avec le degré de dureté et de porosité de la pierre. Le durcissement n'est pas instantané ; il augmente graduellement et s'avance du dehors au dedans, et pénètre à une profondeur d'autant plus considérable que la pierre est plus poreuse. Voici comment on peut

expliquer la théorie de ce durcissement de la pierre. L'acide carbonique de l'air et le carbonate de chaux de la pierre décomposent le silicate de potasse ; il se forme un silico-carbonate de chaux et un dépôt de silice qu'abandonne la potasse en se carbonatant. — Divers entrepreneurs de peinture ont profité de la silicatisation pour colorer les pierres : par exemple, un silicate double de potasse et de manganèse fournit une dissolution noirâtre qu'on applique sur les pierres jugées trop blanches ; on peut, au contraire, rendre plus blanches les pierres par l'addition du sulfate de baryte au silicate de potasse. — Pour d'autres renseignements sur la silicatisation, le lecteur pourra consulter : Anthon, Nouvelles Observations sur Vuiilité et V emploi du waserglass, 1 vol. in-8% Prague, 1840; Léon Dallemagne, Note sur la silicatisation appliquée à la conservation des monuments, Paris, 1861 ; Knlmann, Instruction pratique sur Vapplication des silicates solubies au durcissement des pierres, broch. in-S**, Paris, s. d.

SILICE, s. /. — Oxyde de silicium trèsabondant dans la nature et qui forme la base des sables de tous genres, dea quartz, des silex et des pierres précieuses. Mélangée avec divers oxydes, cette substance minérale forme des grès plus ou moins dure; elle entre également dans la composition des mortiers, de la poterie et du verre.

SILO, s. m. — Cavité souterraine ou fosse creusée dans le sol, pour conserver des grains ou des légumes-racines, telles que carottes, pommes de terre, navets et principalement les betteraves. De même qu'une glacière, un silo doit être exempt de toute humidité : c'est une condition indispensable ; aussi les construit-on en maçonnerie hydraulique, qu'on isole du sol soit par une épaisse couche de sable, soit par un enduit en bitume ou en toutes autres matières isolantes.

SIMBLEAU, SIMBLO ou SIMBLOT, 5. m. — Cordon qui sert à tracer une circonférence ou bien un arc de cercle d'une grande dimension et qui dépasserait la portée d'un

8IMIL0R. — SIPHON.

compas. On donne le même nom à la courbe obtenue par ce moyen.

SIMILOR, s. m. — Laiton très-blanc dans lequel le zinc entre dans de fortes proportions, 80 à 40 parties de zinc pour 40 à 60 de cuiyre ; on le nomme aussi or de ManJieim, On utilise cet alliage dans la robinetterie.

SINGE, 8. m. — Treuil horizontal à bras ou à .double manivelle monté sur deux chevalets ; il sert à élever des fardeaux d'une excavation, à tirer la fouille d'un puits par exemple, ainsi qu'à descendre les matériaux au fond des fouilles pour construire les fondations. — Dans les ateliers d'architecture, les jeunes gens désignent ainsi entre eux le patron; du reste, dans les ateliers de serrurerie, de charpenterie, les ouvrier font de même, tandis que dans les ateliers de typographie on donne le nom de singe au compositeur.

SINGLER, V. a. — Prendre, à l'aide d'un cordeau, pour le métrer, le pourtour d'une voûte, le développement des marches d'un escalier, etc.

SINGLIOTS, s, m.pl — Se dit des foyers de l'ellipse tracée avec un cordeau ; l'ovale ainsi tracée se nomme ovale du jardinier, (Voy. Ovale.)

SINUS, s. m. — Terme de géométrie. Le sinus d'un arc est la perpendiculaire abaissée d'une extrémité de l'arc sur le diamètre qui passe par l'autre extrémité. On nomme sinus total le sinus d'un arc ou d'un angle de 90 degrés, lequel est égal au rayon ; sinus verse, d'un arc ou d'un angle, la longueur comprise entre le pied du sinus et le point où le diamètre rencontre la circonférence. En trigonométrie, le sinus y est le nombre positif ou négatif qui mesure le sinus de l'arc y, le rayon étant pris comme unité.

sinusoïde, s./. —Terme de géométrie.

Courbe qu'on nommait anciennement ligne des sinus, et dont les abscisses, ou ordonnées rectangulaires, représentent des longueurs

d'arcs, et les ordonnées, les sinus correspondants; d'où l'adjectif sinusoïdal, qui signifie qui appartient à la ligne du sinus, à la sinusoïde.

SIPHOIDE, adj. — Qui a la forme d'un siphon. On désigne surtout ainsi des appareils pour cabinets d'aisances : appareils siphoïdes.

SIPHON, s. m. — Tube en métal recourbé qui sert à élever l'eau d'un bas-fond, pourvu qu'après avoir franchi un point élevé , l'ori-

Fig. 1 . — Siphon obturatefor dit marmite,

fice de sortie soit placé plus bas que l'orifice de prise. Dans l'abduction des eaux des villes, on fait souvent d'énormes siphons, des aque-

Fig. 2. — Coupe du dphon obturateur.

ducs-siphons, pour franchir des collines, afin de ne point creuser de longues parties d'aqueduc en tranchée. Les Romains ont employé

Fig. 3.

- Siphon obturateur se plaçant à rextrémité d'un tuyau d'égont.

le siphon pour faire franchir des vallées à des aqueducs sans recourir aux arcades. (Voy. Aqueduc.) Un point important à observer

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