‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 156 sur 239 · TOMBE. — TOMBEAU · texte numérisé non relu

TOMBE. — TOMBEAU

exemple, et sont rapportés par incrustation dans la dalle. Les inscriptions latines et les lettres onciales sont délaissées, elles sont en français et en caractères gothiques. — Au ivi* siècle, la décoration architectonique des dalles tumnlaires subit les mêmes tiunsformations que l'architecture ; le latin est totalement délaissé pour les inscriptions, et le titre du défunt est précédé de ces formules : domaiselle, bonne et sage personne, discrète personne, sage maître, noble homme, messire. Au XYii® siècle, romementation devient de plus en plus riche; lés inscriptions entourent des médaillons, ronds ou ovales, qui encadrent la pierre tombale.

PlEBBES TOMBALES EMAILLÉES OU EN

MÉTAL. — Dès la fin du xii* siècle, les riches pierres tombales sont incrustées de cuivre ou même sont entièrement faites en cuivre repoussé ; on commençait même à Limoges à graver, dorer et émailler des dalles de bronze ; le moine Théophile {Essai sur divers arts) nous a fait connaître les procédés qu'on utilisait de son temps. — Ce genre de dalles tumulaires a toujours été d'un prix très-élevé ; c'est ce qui explique leur rareté, car il y ayait bien peu de familles pouvant payer ce luxe funéraire à l'un de ses membres. Cependant on trouve des dalles de cuivre dans les comtés de Cambridge, de Kent, de Suffolk et de Surrey en Angleterre, dans les Pays-Bas, dans certaines contrées de l'Allemagne, en Pologne et en France, à l'église Saint-Denis, à Saint- Junien, arrondissement de Eochechouart (Haute-Vienne), enfin à la cathédrale d'Amiens.

Les pierres tombales en calcaire les plus remarquables sont dans les cathédrales de Reims, de Rouen, de Chalon-sur-Saône, de Noyon, de Laon, de Troyes, etc.

TOMBE, s.f. — Grande dalle de pierre, de marbre, ou table de bronze, qui recouvre le corps d'un défunt. Par extension, ce terme est employé comme synonyme de Tombeau.

— Voy. ce mot et Tombale {Pierre).

TOMBEAU, s. m. — Monument renfermant le corps d'un défunt et élevé à sa

mémoire. Sous ce terme générique de tombeau, on comprend les tombes ou pierres tombales ^ ou dalles tumnlaires, ainsi que les tombeaux propi'ement dits, tels que Mausolées, CiPPES, Hypogées, Sépulcres et Tumuli.

(Voy. ces mots.)

Notre planche en couleur XCIII montre, au tiers de l'exécution, un fragment de l'écusson supérieur du tombeau du secrétaire de Philippe le Bon, à Bruges. Ce monument date de 1526.

Historique. — Dans l'antiquité, le culte des morts était si grand que souvent on le

Fig. 1. — Tombeau des affranchis d'Octavie.

mêlait avec celui de la divinité même; de là ces magnifiques tombeaux, aussi grands, aussi somptueux que les temples consacrés aux dieux. Après les tombeaux des Indous nommés stupas, Topès (Voy. ce mot), les plus anciens sont sans contredit ceux de la Lycie, en Asie Mineure, qui montrent un des premiers, si ce n'est le premier exemple de l'arc ogival; nous en avons donné un spécimen au mot Ogivale {Architecture), figure 12. N'oublions pas de mentionner en Asie Mineure, à Halicamasse, le tombeau éleyé par Arthémise à son époux Mausole, roi de Carie, et qui a créé le genre Mausolée. Nous l'avons décrit à ce mot. — On trouve aussi en Chine des tombeaux fort anciens et qui ont

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une grande analogie aTOO oeiiz de Tlnde ; on les nomme Sou-iu-po (éminence) on TaJi (tour).

A quelques kilomètres des ruines de Persépolis, on voit endore des restes de tombeaux de diverses époques, et Tun d'eux, trèsconsidérable (ces restes ne mesurent pas moins de 32 mètres d'élévation), passe pour avoir contenu les dépouilles mortelles de Darius Nothus, d'Artaxercès Longue-main et de quelques autres princes.

En Egypte, les tombeaux sont des monuments funéraires d'une très-grande importance ; les uns sont dénommés Htpogées ou syrtngéê^ et les autres Pyramides. (Voy. ces mots.) Les hypogées se retrouvent surtout en Nubie et dans la haute Egypte, les pyramides dans la basse Egypte. Jamais peut-être peuple n'a poussé aussi loin que les Égyptiens le culte des morts, puisque, mémo dans les nécropoles d'Abydos et de Sais, l'on trouve des corps grossièrement embaumés et empilés

Fig. 3. — Tombeaa de CéciUa MéteUa.

les uns sur les autres et, qui ne pouvaient appartenir qu'à des gens du bas peuple.

En Judée, il existe également des tombeaux fort anciens, l'un d'eux, dans la vallée de Hinnom, passe même pour avoir reçu les restes de Josué ; nous en avons parlé au mot Judaïque {Architecture), où nous renvoyons le lecteur, qui trouvera (fig. 5, 6, 7 et 8) des vignettes représentant ce tombeau de la vallée de Hinnom. .

En Ëtrurie, il existait deux genres de tombeaux, parce que ce peuple, qui était formé de colonies venues de divers côtés et

d'habitants aborigènes, avait deux manières d'ensevelir ses morts : l'une consistait à coucher les morts avec leurs vêtements sur des lits funèbres (tombeaux de Tarquinies, Vulci, etc.); l'autre mode était l'incinération. Celle-ci était pratiquée par les aborigènes ; dans ce cas, les cendres étaient placées dans des urnes qu'on enfermait dans de petites niches {columbarium) : tels sont les tombeaux de Chiusi, de Vol terra, de Toscanella, etc. Au mot Étrusque {Art\ le lecteur trouvera cinq spécimens de tombeaux étrusques (fig. 1 à 5). Notre planche noire XCIV montre un su-

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perbe tombeau étrusque déposé aujourd'hui aux musées du Louvre.

En Grèce, les premiers tombeaux étaient fort simples, c'étaient de simples tumuîi; c'est Cicéron {de Legibus, II, 25) qui nous l'apprend et qui nous dit dans un langage poétique que « du temps de Cécrops, les Athéniens avaient déjà la coutume, qui subsista longtemps, d'enterrer leurs proches dans une fosse qu'ils recouvraient de terre qu'ils

ensemençaient, pour donner au mort une subsistance, comme s'il était dans le sein de sa mère. Ces buttes de terre, entourées de murs circulaires, se nommaient y9)ç xb>(Aa, xpy|7cU; elles rappelaient donc comme forme le tombeau d'Alyatte, dont Hérodote (I, 33) nous a conservé une description et qui était élevé au milieu du lac de Gygès. La sépulture de Patrocle, élevée sous les murs de Troie par les ordres d'Achille, de même que celle de ce

Fig. 8. — Bas-relief dans la frise da tombeaa de CéclUa Mètella.

guerrier, située sur le promontoire de Sigée, ainsi que divers autres tombeaux de héros dont parle Homère, étaient de véritables tumuli (xoXwvai). Du reste , on voit encore en Grèce an grand nombre de ces sépultures, dont Paosanias et quelques auteurs modernes ont parlé (Blouet, Expédition scientifique en Marée, t. III, p. 21 ; Ann. de VInst arch,, 1829, p. 204.) — Bientôt cette simplicité des temps antiques disparut et le luxe des monuments funéraires s'éleva à un si haut degré que Solon et Lycurgue firent des lois pour interdire une trop grande magnificence dans l'édification des tombeaux. Mais ces lois tombèrent

OICT. D'ARCHITBCTURB. — T. IV.

en désuétude et les riches citoyens rivalisaient entre eux à qui élèverait des tombeaux avec des marbres, des bas-reliefs les plus somptueux ; et Cicéron {de Leg,y II, 25 et 26) nous apprend que sous ce rapport le luxe alla si loin à Athènes, qu'à diverses reprises les magistrats durent le réprimer par des décrets et des règlements. Les tombeaux grecs présentent une grande variété dans leurs formes, aussi les monuments funéraires se nomment-* ils : [xvTJfxa, fjivY)[xeîov, jxvtjfjidffuvov, vvt\h\, cropoç, TtveXoç, X^vo;, tujaÇov.

Les tombeaux romains présentent également des formes très-diverses. A l'origine

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ils reproduisent les formes de TÉtrurie : par exemple, le tombeau dit des Horacés et des Curiaces rappelle beaucoup celui de Porsenna. Plus tard, les artistes romains copient les tom-

beaux grecs, comme ils avaient copié leurs autres monuments, ce sont alors des monuments gracieux, des cippes, des colonnes, des pyramides, des stèles, des édicules de tous genres. La

-^^i|;Tii;ifi,iii[ï?ii.i^iMntyiiM|i|^N;iii..M.Hitii{ii;iiM^ ■.l'i| E!*r'!i|iiili;i,iKi^— ï 1^1, V : 'pi VI

Fig. 4. — Bas-relief da tombeau du Boalanger.

grande voie des tombeaux, dite voie Appienne, restituée par un artiste d'un très-grand talent, notpe confrère Ancelet , peut donner une idée de la beauté de ces monuments funéraires, qui

bordaient les grandes avenues des villes (1): Parmi les tombeaux les plus curieux ou les plus remarquables de Eome, nous citerons parmi ceux de la voie Appienne : le tombeau des

iz.

m ;fci'.^i

Rî^fS*il

Fig. 6. — • Bas-relief du tombenn dn Boalanger.

Scipians, retrouvé en 1780, dont on ne voit aujourd'hui qu'une grossière imitation du sarcophage en péperin ; le tombeau des affranchis d'Octavie (fig. 1), et trois colombaires assez

bien conservés; le tombeau de Cédlia Mételîa (fig. 2), dont nous avons donné le Sarcophage à ce mot, et qui se compose d'une construction circulaire de 20 mètres de diamètre sur un

Fig. 6. — Bas-relief da tombeaa da Boalanger.

soubassement carré; le haut est décoré d'une frise ornée de guirlandes de fleurs et de bucranes qui ont &it surnommer cet édifice Gapo di bove. Notre figure 3 montre une partie de cette décoration. Sur une plaque de marbre , on lit cette inscription : GtBciticb Q, Cretici flliœ, MetelîoR Crassi, qui signifie : « A

CéciUa, fille de Métella Créticus, femme de Crassus. i> Beaucoup plus loin sur la même voie, se trouve le tombeau circulaire dit il Torracio ou il Palombaro.

(1) Cette resiitation sé trouve à la bibliothèque àa récole natiodalé des beailx-arts, à Pans.

Pl^ebe XÇy, ^ Tombom dn BooJiiiiBtt à Botuç.

TOMBELLE. ^ TOMBEREAU.

Snr la voie Latine, existent deux tombeaux qui, malheureusement, ne portent pas de

PIg. 7. — Tombeau de Nœroleia Tyché.

nom ; Tun d'eux a sa voûte décorée d'arabesques et possède des bas-reliefs en stuc fort

remarquables. — Près de la porte Majeure, que nous avons donnée au mot Enceinte, on a découvert en 1838, en démolissant les fortifications d*Honorius, le tombeau du boulanger Eurysacès (Marcus Vergilius), dont l'inscription, plusieurs fois répétée, nous informe que c'était un fournisseur de l'État. Notre planche noire XCV, ainsi que nos figures 4, 5 et 6, montrent ce qui reste de ce tombeau, que nous avons dessiné d'après nature, ainsi que des bas-reliefs qui le décorent et qui représentent diverses opérations de meunerie et de boulangerie. Ce tombeau, en forme de four, date de la fin de la république; Mentionnons enfin les tombeaux de Bibulus, de la famille Plautia et des Nasons. Notre figure 7 montre le tombeau de Nœvoleia Tyché à Pompéi, dont notre figure 8

fig. 8. — Intérieur da tombeau de Noevoleia Tyché.

montre une restauration de l'intérieur; notre figure 9, le tombeau de Virgile sur le Pausilippe; enfin notre figure 10 est le croquis du tombeau, ou plutôt du monument élevé à la mémoire de Regnault et des élèves de l'École des beaux-arts morts pendant la guerre de 1 870. Cet édifice a été construit dans la cour dite

du Mûrier, à l'École des beaux-arts, par MM. Coquart et Pascal, architectes.

TOMBELLE. — Voy. Celtiques {MonumêJits).

TOMBEREAU, s. m. — Voiture qui sert

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