TUNNEL
lement de 8 mètres dans le milieu. On ignore complètement à quelle époque il a été creusé ; ce qui est très-certain, c'est qu'il est très-ancien; quelques archéologues attribuent même ce travail aux premiers habitants de la Campanie. C'est, pensons-nous, une grande erreur. Ce tunnel met en communication Naples et Pouzzoles ; à la sortie de ce côté, se trouve le village de Fuori-Grotta, — Auprès du tunnel de Pausilippe, se trouve, pratiqué dans la même colline, mais plus près de la mer, un autre tunnel, nommé grolta di SejanOy qui, d'après Strabon, aurait été creusé par l'architecte Coccéius. Ce tunnel, qui n'est pas entièrement terminé, est plus long, plus haut et plus large que celui de Pausilippe ; on le visite avec des torches de résine.
Parmi les tunnels modernes, nous mentionnerons celui dit du Mont- Cents , qui aurait dû être dénommé plutôt tunnel des Alpes ou tunnel de Fréjus, puisqu'il traverse le col de ce nom, tandis qu'il est éloigné du mont Cenis d'environ 27 kilomètres. Ce tunnel, percé à 1,250 mètres d'altitude moyenne, a une longueur de 12,849 mètres. Les travaux d'essai ont commencé en septembre 1857, mais ce n'est guère qu'en janvier 1861 qu'ils ont été conduits avec activité. Terminé en décembre 1870, le tunnel n'a été livré à la circulation que le 17 septembre 1871. Le percement a été fait, à l'aide de perforateur mus par l'air comprimé, sous la directio^n des ingénieurs Sommelier, Grandie et Grattoni. Le montant des travaux s'est élevé à 75 millions, et environ 1,800 ouvriers en moyenne étaient occupés de chaque côté de ce tunnel, qui permet le passage de deux voies ferrées, car sa largeur est de 8 mètres et sa hauteur de 6 mètres. — Mentionnçns encore le tunnel du Saint- Gothard, récemment terminé.
Pratique. — Les tunnels exigent des travaux préparatoires assez considérables avant de pouvoir passer à leur exécution ; ces travaux consistent en sondages, en alignements, en foncements de puits, etc., afin de pouvoir bien établir la ligne de direction du tunnel, étudier les couches de terrain qu'on doit traverser, enfin pour se rendre compte du montant de la dépense. — Quand les puits ont
été foncés et déblayés jusqu'à un niveau voulu, on s'occupe de creuser les galeries souterraines. On exécute celles-ci comme les galeries des mines. Généralement, dans un long tunnel, on crée deux pentes; le point le plus élevé de celles-ci se trouve dans le milieu de la longueur du tunnel, afin de pouvoir diriger les eaux vers ses entrées. Cependant des circonstances géologiques changent souvent cette disposition. — Quand le terrain que traverse le tunnel est très-consistant et se soutient par lui-même, on peut se contenter de faire des revêtements partiels; dans le cas contraire, on construit une voûte et des piedsdroits dans toute la longueur du tunnel. Pour cette construction, on peut employer divers procédés ; suivant le cas, on commence par établir les pieds-droits , ou bien on construit la voûte qui porte sur des pieds-droits en ' terre, qu'on remplace partiellement par de la maçonnerie. Quand le tunnel traverse des couches rocheuses, le travail est beaucoup plus lent et coûte davantage, mais on économise la construction en maçonnerie ainsi qu'une grande partie des charpentes. Souvent, pour diminuer la dépense de celles-ci, on conserve dans l'axe du tunnel une énorme banquette, ou massif de terre, sur laquelle portent et viennent buter les étais, les étrésillons et autres pièces de bois, qui, dans ce cas, sont bien moins fortes et bien moins longues ; puis, après le décintrement, on opère le déblai. — La section transversale des tunnels est, en général, en forme de fer à cheval, parce que les pieds-droits des voûtes sont verticaux du côté des terres et ont une assez forte inclinaison à l'intérieur. Ils sont donc établis comme des murs de soutènement; ils en remplissent, du reste, doublement l'office , puisqu'ils soutiennent la retombée des voûtes et la pression exercée par les terres. Voilà pourquoi la forme en fer à cheval est sans contredit la meilleure. Tels sont, d'une manière générale et sommaire, les principes essentiels de la construction des tunnels, car nous ne pourrions, sans sortir du cadre que nous nous sommes imposé, entrer dans de plus longues explications. Ceux de nos lecteurs qui désireraient approfondir cette question devraient çonsu]-