‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 199 sur 239 · V. Vase pboprement dit · texte numérisé non relu

V. Vase pboprement dit

1 Vasei en marbre, en pierre, etc.

2 Vases en métal.

8 Vases en verre,

4 Vases en pierres précieuses,

5 Vases en terre cuite, unie ou décorée.

I. Vase acoustique. — Ces vases, qu'on nomme aussi vases de théâtre, étaient placés, dans les théâtres de l'antiquité, sous les gradins sur lesquels s'asseyaient les spectateurs, afin de renforcer la voix des acteurs (Vitruve, V, 5.) Ils étaient en airain (^x^^*) ®t montés à la quarte, à la quinte, kY octave l'un de l'autre. Ils avaient la forme d'une cloche, et, d'après ce qui précède, ils devaient avoir entre eux les mêmes proportions qu'avaient entre elles les cordes de la lyre destinée à soutenir la voix du chanteur. Mais la lyre non-seulement soutient la voix, mais encore elle indique le son ; tandis que les vases, en admettant, ce qui est douteux, qu'ils pussent reproduire le son , ne pouvaient que le prolonger. Or nous ne vojons pas quel avantage aurait procuré un pareil système de vases, nous nous demandons même si leur fonctionnement n'aurait pas créé des résonnanoes fâcheuses. Il est vrai que Vitruve ne nous donne aucun détail sur la position et le nombre de ces vases; ensuite il faut tenir compte de ce que les théâtres antiques, étant & ciel ouvert, la répercussion des sons était nulle, pour ainsi dire, car le velarium qui recouvrait le théâtre ne présentait pas une surface assez résistante pour permettre

la réflexion des ondes sonores, au moins d'une manière sensible. Évidemment les conditions seraient toutes différentes dans nos théâtres modernes, qui sont fermés de toutes parts. Vers la fin du même chapitre v de son V® livre, Vitruve ajoute que dans les théâtres des petites villes, qui n'avaient pas beaucoup à dépenser, les architectes remplaçaient les vases d'airain par des poteries ou vases en terre cuite, et que le résultat était aussi satisfaisant. Il n'y a rien de bien étonnant dai^s ce fait ; car, bien que la matière des parois puisse influencer sur l'intensité du son, c'était surtout le vide de la cavité pratiquée sous les gradins qui fournissait l'intensité de la résonnance. — On a longtemps et longuement discuté sur la puissance des vases acoustiques; aujourd'hui, d'après l'avis des personnes compétentes, la puissance des vases acoustiques, ou vases renforçant le son, est admise ; du reste, cette admission n'est pas tout à fait nouvelle, puisque dès le moyen âge on avait utilisé des vases acoustiques dans les églises pour renforcer la voix des chantres. Ce fait est indiscutable, puisque le savant antiquaire Jacques Oberlin découvrit de ces vases dans la voûte du chœur de l'ancienne église des Dominicains à Strasbourg.

Bien que Vitruve, dans le môme passage, nous informe que les Grecs employaient également des vases acoustiques dans les théâtres, il nous est difficile de l'admettre, au moins pour les théâtres très-anciens, car dans les ruines des nombreux édifices de ce genre que les Grecs nous ont laissés, soit chez eux, soit dans les colonies, on n'a pu encore retrouver des vases acoustiques. Ce qui nous fait surtout douter de l'affirmation de Vitruve, c'est qu'Aristote (Pro&/.,sect. II, § 7, 8, 9), posant de nombreuses questions d'acoustique dont il donne des solutions plus ou moins justes, ne parle pas des vases qui nous occupent; il se demande bien pourquoi une maison est plus résonnante quand elle vient d'être reblanchie, quand on y enfouit des vases vides, quand 11 s'y trouve des puits ou autres cavités profondes ; mais, nous le répétons, il ne parle jamais des vases acoustiques. Ce ne serait donc que plus tard que les Grecs auraient

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utilisé les vases acoustiques ; néanmoins Mummius, lors de la ruine de Corinthe (146 ans av. J.-C), en trouva dans le théâtre de cette ville.

II. Vase d'amortissement.— On désigne sous ce terme les vases qui servent à décorer le sommet d'un membre d'architecture, tel

Fig. 1. — Vftse d'amortig?oment au château d'Anct.

qu'un fronton aigu ou coupé, un pilastre, une pile, une colonne décorative, une souche de cheminée, etc. Quand les vases employés pour ce dernier usage semblent vomir des flammes par leur orifice, on les nomme pots à feu ou pots à flammes, La renaissance et les styles Louis XIV et Louis XVI ont fait un large emploi des vases d'amortissement. Notre figure 1

montre un vase d'amortissement du château d'Anet ; il date du xvn® siècle et son style est dit style Louis XIV.

III. Vase de chapiteau. — Masse évasée qu'on nomme également Corbeille (Voy. ce mot), et qui, dans les chapiteaux corinthienset composites, sert de fond de support aux feuilles d'acanthe, aux cornets ou tigetles d'où semblent sortir les volutes du Chapiteau, f Voj. ce mot.)

IV. Vase d'enfaitement. — Vase en terre cuite, en plomb ou en zinc estampé, dont le pied ou socle coifie un poinçon de comble. Dans la couverture en terre cuite, ces vases sont en terre; dans les couvertures en plomb et en zinc, les vases employés sont réciproquement faits à l'aide de ces deux métaux.

V. Vase proprement dit. — Ustensile ou vaisseau de forme plus ou moins élégante, qui sert à contenir des liquides ou autres objets. L'orifice des vases est tantôt très-large, tantôt très- étroit; les lèvres de ces orifices sont plus ou moins épaisses et enroulées. Généralement les vases sont montés sur des piédouches; extrêmement variables dans leur forme, ils sont unis, ornés, peints, sculptés, moulés, ciselés; leur décoration comporte des oves, des godrons, des palmettes, des guirlandes, des méandres, des figures, etc., etc. On fait des vases de toutes matières, en marbre, en onyx, en albâtre, en porphyre, en malachite, en porcelaine, en pierre, en terre cuite, en métal, en verre, en pierres précieuses, en bois, etc. — On utilise les vases pour des usages très-divers, mais surtout pour orner des galeries, des musées, des salons, des escaliers, des fontaines, des jardins, etc.

L'antiquité nous a laissé une quantité considérable de vases ; après les médailles et les lampes en terre cuite, ce sont sans contredit les monuments les plus nombreux que nous possédions des temps les plus reculés, toutes les nations civilisées ayant fabriqué des vases; aussi pourrait-on juger sur ces monuments du degré de civilisation de chaque peuple, car nous possédons des spécimens qui tirent lenr origine soit de peuplades sauvages, soit des nations les plus civilisées. Les vases dont nous possédons le plus grand nombre de spé-

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cimens sont certainement les vases peints dits êtn^qties, dont la plupart ont une origine grecque, et qne nons étudions au § 5, Vases en terre cuite.

Quel est le peuple, parmi ceux que nous coimaissons, qui le premier a fabriqué le vase? Cette question, qui a été posée si souvent, n'a gn^e été résolue que dans ces dernières années. Les archéologues les plus compétents admettent que le vase aune origine asiatique; mais les plus anciens vases que nous possédions sont égyptiens ou phéniciens.

Les Ég^rptiens ont fait des vases en albâtre, en pierres dures, en porcelaine, en or, en argent, en bronze, en os, en ivoire et en verre. Les Tases égyptiens n'affectent guère que qnatorzeou quinze formes; les diverses figures qui illustrent ce long article montrent les principales. Ces vases sont tantôt unis, tantôt richement sculptés ; souvent ils sont décorés d'émaux. Suivant leur forme, on les nomme fftnhaîês, vases à onguent {unguentaria\ canopesy vases de V ancien ^w/wre; ce dernier genre se rapproche beaucoup des vases dits panégyriques, ainsi nommés parce qu'ils portent une panégyrie célébrée par un roi (1). Ces vases sont souvent en albâtre; les musées en possèdent des spécimens qui datent surtout de la cinquième et de la sixième dynastie. Les Phéniciens, nous le verrons plus loin, quand nous parlerons des vases en terre cuite, ont aussi fabriqué beaucoup de vases, qu'ils échangeaient contre d'autres marchandises avec les Orecs. Après cette esquisse historique du vase, nous allons traiter des diverses matières employées à sa fabrication. Tous les peuples, en général, ont utilisé les mêmes matières, surtout la terre cuite.

1. Vases en marbre, en pierre, en porphyre, etc. — Tous les peuples qui ont possédé un art ont taillé des vases dans les marbres blancs ou de couleur, dans la pierre dure ou tendre, dans les porphyres, serpentines, etc. Nous n'avons pas à insister sur ceux-ci ; les musées et les galeries publiques et privées possèdent

(1) C'étaient des fêtes populaires auxqneUes le pays tout entier était convoqué pour célébrer le trentième anniTersaire de Tavénement du roi réglant.

des spécimens de tous les peuples et de toutes les formes. Beaucoup de vases en marbre sont fort célèbres: tel est celui de la villa Albani, qui représente les travaux d'Hercule ; enfin ceux dits vases de Médids, dont l'un représente le sacrifice d'Iphigénie, et l'autre une orgie, une scène des fêtes dionysiaques peutêtre. Notre planche XCVIII montre ce dernier vase, dont la forme en cratère est aussi remarquable par son élégance que par la beauté de sa riche ornementation; la villa Borghèse possède également de grands vases en marbre blanc extrêmement remarquables. 2. Vases em métal — Ce que nous venons de dire pour les vases en marbre et en pierre est également vrai pour les vases fabriqués à l'aide de métaux, seulement les spécimens de ce dernier genre sont beaucoup moins nombreux. Nous possédons des vases d'airain et de bronze en assez grande quantité ; ceux en argent sont très-rares et ceux en or encore plus rares. La Bibliothèque nationale de Paris possède un vase d'argent (fig, 2) qui est un des plus

Fig. 2. — Vase de BethouTille, près Bemay.

beaux spécimens de l'antiquité; il a été trouvé, avec quelques autres, faits de la même matière, à Bethouville, près Bemay, vers 1831 ; les reliefe de ces vases sont d'une finesse et d'une correction de dessin des plus remarquables.

3. Vases en verre. — Nous avons des vases en verre fabriqués chez divers peuples, chez les Égyptiens, chez les Étrusques ou chez les Grecs, chez les Romains et chez les Gallo- Romains, pour ne parler que des vases de

su

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verre des peuples anciens. Pendant le moyen âge et la renaissance, on a également fabriqué des vases de verre ; les fabriques de Murano et de Venise étaient fort renommées. A l'Exposition universelle de 1878, nous avons pu voir nn véritable musée de l'art de la verrerie depuis l'antiquité jusqu'à nos jours en passant par le xv®, le xvi* et le xvii* siècle. Une exposition était surtout remarquable, c'était celle de la compagnie de Murano et Venise. On pouvait y admirer des vases grecs et romains formés de rognonp de verre imitant l'agate ou la calcédoine, ou bien encore des rubans roulés en spirales ou disposés en rayons. Tous ces verres rubannés ou autres étaient noyés dans une pâte semi-opaque ou plutôt semitranslucide, et nous montraient des spécimens des plus remarquables. On pouvait y voir aussi des imitations des &meux vases murrhins dont parle Pline, imitations d'autant plus faciles à saisir que jamais aucun auteur n'a pu préciser ce qu'étaient ces vases muiThins. Au XVII® siècle, l'industrie verrière de Murano comptait plus de 300 fabriques. Cette industrie est aujourd'hui bien tombée, malgré les eflPorts couronnés de succès de Lorenzo Trani, qui fit beaucoup de recherches pour retrouver l'ancienne fabrication, et de M. Salviati, qui fonda la société des verreries de Murano et Venise, dirigée aujourd'hui par le savant docteur Castellani.

Parmi les vases de verre célèbres, il y a lieu de donner une mention spéciale à celui dit sacro caiino. Ce vase, de forme hexagonale, mesure environ 0",30 de diamètre sur 0™,10 de profondeur. On a beaucoup discuté sur l'origine de ce monument, qui est très-certainement un spécimen de l'art de la verrerie du Bafi-Empire. On a cru pendant fort longtemps qu'il avait été taillé dans une émeraude gigantesque. On ne pouvait commettre une erreur plus grossière; ce qui a pu la feire naître, c'est la belle couleur verte de la pâte du verre qui compose ce vase, aujourd'hui brisé, et dont les morceaux ont été collés les uns aux autres. Ce vénérable débris est conservé dans la sacristie de la cathédrale de Gènes, San-Lorenzo. Une légende rapporte que Joseph d' Arimathie aurait recueilli dans le sacro catino le sang

du Christ; qu'antérieurement ce même vase avait été conservé dans la famille des rois de Juda, que Salomon l'avait reçu comme présent de la reine de Saba ; Nioomède l'aurait porté à Césarée, où les Génois se le firent remettre comme une part de leur butin, lors de la première croisade.

Beaucoup de peuples ont fait avec le verre des urnes funéraires et des vases dits lacrymatoires^ lesquels (nous en avons une preuve pour les fioles chrétiennes) contenaient souvent du sang des martyrs, qu'on y recueillait, après avoir répandu sur le mort des essences odorantes* Ce fait est indubitable, il est attesté par Paulin de Noie (I). Il y a lieu d'observer que tous les vases de verre qu'on retrouve dans les catacombes ne sont pas fdnéraires ; beaucoup avaient servi dans la célébration des agapes, les inscriptions mystiques que portent souvent ces vases ne peuvent laisser subsister aucun doute à ce sujet. Les vases ou fioles lacrymatoires sont dénommés par les antiquaii*es et les marchands italiens ampolla di sajigue.

Parmi les urnes funéraires en verre, nous ne pouvons passer sous silence le vase Barherin, dénommé aussi vase de Portland, qui se trouve au British Muséum. Il mesure environ 0",32 de hauteur et 0",16 à O™,!? de diamètre; il est en verre bleu tellement foncé qu'il paraît noir, quand on ne l'examine pas en pleine lumière. La Bibliothèque nationale de Paris possède également un vase en verre bleu qui représente en haut relief la délivrance d'Andromède. Les figures qui décorent le vase de Portland sont d'un fini remarquable; elles se détachent en verre blanc et opaque sur le fond bleu du vase; elles ont été travaillées au touret. C'est, au dire des antiquaires les plus compétents, un monument de Tart grec antérieur à l'époque d'Alexandre le Grand. Le sujet que représente ce vase a été l'objet de nombreuses et de savantes discussions : les uns ont cru voir dans cette représentation Alceste ramené des enfers à Ad-

{X) Et medicatapio réfèrent ungnenta êepulchri,

Martyriê in tumulum studeant per/undere nardo, {Natalia, VI,)

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mète par Hercnle; d'antres , parmi lesquels Winckelmann, la fable de Thétis revêtant diverses formes pour échapper anx poursuites de Pelée; d'autres enfin, la représentation allégorique d'un grand personnage qui passe de la vie à l'immortalité. Le vase de Portland a été découvert dans un caveau à Eome en 1640 ou 1642; il était enfermé dans un sarcophage en marbre pentélique; on prétend que le caveau funéraire avait contenu les cendres de JuUa Mammsea et de son fils Alexandre Sévère.

4. Vctiès en pierres précieuses. — A toutes les époques de l'art, on a utilisé les pierres précieuses et môme les pierres fines pour y tailler des vases; on en possède un grand nombre faits en onyx, en sardoine, en calcédoine, en jaspe, en cristal de roche, en agate et autres pierres. Parmi les vases en agate, nous mentionnerons, parmi les plus célèbres, celui dénommé vase ou coupe des FtoUmées, le vase de Brunswick et la coupe du roi de Naples. Le musée du Louvre possède de fort beaux spécimens des vases qui nous occupent, et la bibliothèque de Paris en compte un millier environ, dont le plus grand nombre ont été réunis aux collections de la bibliothèque peu de temps après la fondation de cet établissement.

5. Vases en terre cuite (1). — La classe des vases en terre cuite est sans conteste la plus nombreuse parmi toutes celles que nous venons d'énumérer. En efiet, non-seulement toutes les nations qui ont fabriqué des vases en ont possédé en terre cuite, mais encore elles ont créé dans ce genre des vases unis, des vases décorés de reliefs et de peintures; nous devons même ajouter que, parmi les vases de terre cuite, les vases peints sont en si grand nombre qu'ils nous fournissent chaque jour des documents inépuisables sur l'histoire, sur la fable et sur la mythologie de bien des peuples. Aussi pouvons-nous dire avec raison que les vases peints nous ont

(1) U est bien entendu que cette dernière classification n'est pas rigonreose, car beaucoup de vases en terre cuite que nous décriyons étaient aussi fabriqués en métal, notamment en bronze.

apporté un contingent des plus utiles pour compléter bien des faits ignorés en partie et dont nous aurions vainement cherché l'explication ailleurs. Ils forment donc une sorte de bibliothèque dont nous ne saurions avoir trop de soin ; car, bien que les vases peints nous aient déjà beaucoup appris, il est certain qu'ils nous feront connaître encore beaucoup de faits que nous ignorons, ou que nous ne connaissons qu'imparfaitement.

Pour apporter quelque ordre et le plus de clarté possible dans le travail, assez complet, que nous allons soumettre au lecteur, et pour lui permettre une étude plus facile sur les vases peints, nous allons donner ici une sorte de sommaire de ce qui va suivre. En premier Heu, nous dirons quelques mots de l'origine de la fabrication ; nous nous occuperons ensuite des formes et des noms des vases, de la couleur de la terre et des vases peints ; nous terminerons enfin par une nomenclature des artistes grecs qui ont travaillé dans cet art de la terre cuite, soit comme potiers, soit comme peintres.

Le peuple grec a toujours eu la vanité de vouloir imposer aux autres peuples sa supériorité, et dans ce but il a trop souvent prétendu que tous ces produits sont sortis immédiatement de son imagination, qu'ils n'ont jamais rien emprunté à aucun peuple; or les études modernes permettent d'affirmer que les Grecs ont été tributaires de l'Orient, surtout en ce qui concerne les produits de la céramique. Us ont beau nous raconter que c'est Céramus lui-même, le fils de Bacchus et d' Ariadne, qui les a initiés aux secrets de l'art du potier, et qu'il a donné son nom à un quartier d'Athènes où se fabriquaient les vases, le Céramique, nous sommes bien forcés de reconnaître que cette légende est fausse et qu'il y a lieu de distinguer chez les Grecs les produits d'origiae étrangère et ceux qui sont autochthones. Or nous n'ignorons plus aujourd'hui que les Phéniciens et les Égyptiens ont fourni aux Grecs les prototypes de leurs vases, et cela dans des temps très-reculés; car déjà, à l'époque d'Homère, cette fabrication était fort connue, puisque le poëte compare la danse rapide des jeunes gens à la roue du potier; en-

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suite, dans la vie du même poëte, écrite p«r on auteur inconnu, il est parlé des fours et de la cuisson des vases d*argile de Samos. A cette époque, Tart de la céramique n'avait pas atteint le degré de perfection qu'il atteignit

Fig. 3 M«. — Àlabaster ayec deux oreUles.

quelques siècles plus tard ; mais enfin il est permis de croire, d'après ce qui précède, que si les vases n'étaient pas couverts de peintures et de superbes compositions, la roue permet-

Flg. 8. — Alabaster.

tait au moins de donner aux vases une régularité parfaite, et comme le Grec avait un goût inné, ces vases avaient sans doute beaucoup d'élégance. C'était déjà fort beau, et si

Plg. 4.

Alabaster.

les Grecs ne sont pas les inventeurs de l'art du potier, ils en devinrent par la suite les. maîtres incontestés, car beaucoup de vases attribués autrefois aux Étrusques sont considérés aujourd'hui comme des œuvres grecques.

Nous devons ajouter cependant qu'il est souvent bien difficile de trancher la question, et, si des vases grecs sont attribués aux Étrusques, souvent la réciproque est vraie.

La forme des vases est extrêmement va-

Fig. 4 bii, — Alabaster avec nue seule areOIe.

riable, et, suivant l'usage auquel était destiné ce produit de la céramique, il prenait des noms divers. H s'ensuit que nous possédons une assez longue nomenclature, compliquée encore par de doubles emplois créés par les différents dialectes. Cependant, grâce aux travaux de Panofka, d'Ott. Muller, de Raoul Rochette, de Lenormant et de Witte, il existe une nomenclature à peu près invariable; c'est celle

Fig. 5. — Alabaster avec une seule ordlle.

que nous suivrons dans le cours de cet article. Alabaster, alabastros, alabastroit.

— Petit vase qui servait à renfermer des essences et des parfums de prix. (Petr., Sat, 60; Cic, Fragm. ap. Non., s, v.) Il était

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généralement en albâtre, ce qui lui avait donné son nom, dérivé du grec àXaSaffTpoç, (xXd6«(rtpov ; mais beaucoup étaient taillés dans l'onyx. (Pline, H. JST., XXXVI, 12.) On en faisait également en métal, en argent et en or (Theocr., IdylLy XV, 114), et même en

Fig. 6. — Alabastor sans oreilles.

verre de couleur. Ces derniers sont, paraît-il, d'origine égyptienne ou phénicienne. Le musée du Louvre possède un spécimen en cette matière; il est à fond bleu tacheté de jaune. D'autres archéologues font dériver le nom

Fig. 7. — AJabaster sans oreilles.

d'alaboêirum de a privatif et Xaêaç, anses, parce qu'en effet ces vases ne portent pas d'anses, mais quelquefois une ou deux oreilles. (Voy. nos figures.) Si l'origine de ce mot était telle, c'est ce genre de vases qui aurait feit dénommer albâtre la matière avec laquelle ils étaient fabriqués, et qui avait la propriété de rester froide, fraîche même, ce qui assurait

la conservation des essences. (Pline, ff, N,, XIII, 2, 3 ; XXXVI, 5, 12.)

La forme de ces vases est généralement une sorte de flacon cylindrique allongé avec un col

Fig. 8. — Alabaster sans oreilles.

court plus étroit que la panse, au sommet de laquelle Se trouvent deux oreillons (fig. 2 bis et 3), ou un seul, qui est alora placé sur le col même au-dessous des lèvres de l'orifice. Cet oreillon est quelquefois percé d'un trou qui servait à suspendre Yalabastrum (fig. bis 4: et 5). Les vases autochilesy c'est-à-dire évidés dans un seul morceau (aÙToxe^Xii;) d'onyx oriental, portent souvent cet oreillon. (Pall., X, 120.) Dans les tombeaux grecs ou étrusques qu'on retrouve

Fig. 9. — Amphores de Cnide, de Chics et de Samos.

en Italie, on voit souvent des alabastra en onyx qui ont la forme d'un pendant de perle, et l'extrémité supérieure est terminée par une tête ou une double tête. Au musée de Chiusi, il y a un albasirum de ce dernier type. D'aucuns de ces vases afi^Qctent également la forme d'une poire (fig. 4 ^ts à 8) ou d'un bouton de rose ; aussi bien des auteurs, Pline entre autres

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{H. N., IX, 56; XXI, JO), les comparent à ces objets. Les alhastra étaient nnis ou ornés ; nos figures montrent des spécimens de ces deux sortes. Comme les anciens employaient à la fois

Fig. 10. ~ Amphore de Thasoe.

diverses essences pour se parfumer diverses parties du corps, ils réunissaient les alahastra dans une boîte, ou coffret, nommée alabastrothèque ((îXa6a<jTpoô9ixai) (Poil. X, 121 ; Suidas, s, V.) ; du reste, on employait également les

Fig. 11. — Aiuphore do Rhodes.

parfums pour les lîtes, les sacrifices et les funérailles. On nommait anciennement les alahastra, unguentaria, wiguentarium (sousentendu vas), Amphoee. — Ce vase était un des plus

employés chez les Grecs et chez les Romains ; il servait pour enfermer le vin, Thuile, des légumes secs, du miel, etc.; on employait également des amphores pour transporter les grains. Son nom (dérivé du grec ifjKpopcuç, oifxçicpopeuç) signifie, porteur de deux anses; en effet, généralement les amphores sont munies

FIg. 13. — Amphore de Nola.

d'anses de chaque côté de leur cou et beaucoup se terminent en pointe, ce qui permettait de les enfoncer dans le sable dont le sol des caves romaines était abondamment pourvu : celles-ci étaient exclusivement réservées pour le vin et rhuile. Nos figures 9, 10 et 11 montrent cinq types de ces dernières; suivant leur forme, on les nommait amphores de Cnide, de Thasos, de

Fig. 13. — Amphoro de Nola,

Rhodes, de Nola. Notre figure IZhis montre une amphore de Nola décorée de figures. D'autres amphores portaient sur. des pieds: telles sont celles représentées par nos figures 12 à 19, qni se nomment amphores de Nola (fig. 12, 13),

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amphore bachique (fig. 14), égyptienne (fig. 15), pelike (fig. 16) : cette dernière a beaucoup de ressemblance avec le chous, qui était une amphore servant de mesure de capacité ; enfin nos figures 17 à 19 montrent des amphores à anses en volute et des amphores panathénaïques, c'est-à-dire données aux vainqueurs

Fig. 18 M«. — Ami^ore de Nola décorée de figuras.

des panathénées. (Schol., Soph., Œd. Col., 701 ;Id., Aristoph.,iVw&.^ 100; Suid., v. fxopiai.) Ces dernières amphores servaient à renfermer rhuile des oliviers sacrés ; elles avaient généralement un couvercle portant un bouton.

De grandes amphores en terre cuite servant à

Fig. 14. — Amphore bachique.

conserver le vin ont été' confondues avec le jnthos (Voy. plus loin), qui est un vaisseau tout différent; il remplaçait nos tonneaux. Il existait également des amphores en marbre, en albâtre (PUne, H. JST., XXXVI, 62, 59), en airain, en bronze, en argent, en verre (Martial, II, 40, 6), même en or. Une enseigne de boutique d'un marchand de vins de Pompéi nous montre comment on transportait les

DICT. D*ARCHITECTUaB. — T. 17.

amphores, comment elles tenaient debout dans le sable, ou appuyées contre un mur. (Voy. Enseigne, fig. 1.) L'amphore était .également une mesure de capacité, Funité servant au jaugeage des navires ; aussi conservait-on au Capitole une amphore étalon, dénommée ampkora CapitoUna; elle servait à la vérification des mesures amphoriques des marchands.

Amphoridion. — Petite amphore. C'é-

Fig. 16. — Amphora égyptienne.

tait un diminutif de Tamphore, une amphore aux proportions réduites.

Amphotis. — Vase employé à la campagne par les paysans, soit pour boire, soit pour traire les vaches ou les brebis ; il en existait en terre cuite, et d'autres en bois.

Fig. 16. — Amphore pelike.

Ampulla. — Vase de terre cuite ou de verre, au col étroit, et dont le corps se rapprochait beaucoup d'une sphère. Ce flacon était employé à divers usages : celui qui renfermait rhuile dont on se frottait en sortant du bain se nommait ampidîa oîearia (Apulée, Flor., II, 9, 2; Martial, III, 82, 26); au contraire, Vampulla potoria était celle qui contenait une boisson quelconque. (Pline, H. N.,

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XX, 14, 54 ; Martial, VI, 35 ; Suét., Domitien, 32.) Uampulla rubida était une fiole recouverte de cuir, comme nos flacons de chasse; elle servait aux voyageurs pour porter avec eux du vin, de l'huile ou du vinaigre.

Fig. 17. — Amphoro avec des

à volate.

(Festus, S. V. Rubida.) « On feisait même des ampuïïœ simplement en cuir; on les nommait ampuîlaceocorù), scorteœ ampullœ. (Haute, Siich.f II, 1, 77.) — H existait également des ompuîkB en bronze qui avaient la forme d'une lentille et qu'Apulée {Flor., II, 9, 2) décrit ainsi : Lmticulari forma êereH ambiiu, pressula rotunditate.

Akyballos. — Ce terme pourrait s'appliquer à un assez grand nombre de vases de moyennes dimensions servant à puiser dans

Fig. 18. — Amphore panathénaïqae.

de grands vases. En effet, ce terme est dérivé du grec àpuw (puiser) ; mais il sert en général à désigner des vases ayant la forme d'une boule, portant un col plus ou moins élevé et une anse pour le tenir. Il y a même lieu d'établir une distinction entre deux modèles

de dimensions différentes : l'un plus grand, Yaryballos proprement dit (fig. 20), lequel portait quelquefois dans la partie large de sa panse deux anses; l'autre plus petit, dénommé dlpuêaXiç ou dpuTŒiva (fig. 21 ). Ces vases ser-

Fig. 19. — Amphore panathénalque.

valent tous les deux dans les bains pour puiser l'eau chaude dans la chaudière. (Pollux, VII, 166; X, 63.) Beaucoup de vases peints mon-

Pig. 20. — Aryballos.

trent de ces vases, qui présentent l'aspectd'une bourse serrée dans le haut. Souvent on en voit suspendus dans des arbres à côté de lutteurs ou de pyrrhichistes, ce qui semble in-

Fig. 21. — ArybftUos.

diquer que ces athlètes, après leurs exercices, se frottaient d'huile renfermée dans ces sortes de vases.

Arystiohos ou aryster. — Comme le précédent, ce terme est dérivé d'àpuw (puiser), et il a pour synonymes apuaTiç, àpuaavTi,

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àpuffTT^p OU apuTïip, SvvTopudiç. Ces vases (fig. 22) seryaient donc à puiser principalement dans les amphores. On le nommait également ItpTi^o;, parce que de jeunes garçons étaient chargés, dans les festins, de mêler l'eau et le vin avant de les servir aux convives.

Fig. 22. — Arystichoe.

AsKOS. — Ce vase avait primitivement la forme d'une outre (uter), c'est-à-dire d'une peau de bouc cousue; il servait à contenir de l'eau ou du vin. Il portait une anse à son sommet, et quelquefois deux orifices; l'un servait

Fig. 28. — Askos.

à remplir le vase et l'autre à le vider. Notre figure 23 montre un premier type Saskos; notre figure 24, un deuxième type beaucoup plus élevé de forme et qui a quelque ressem-

fi

Fig. 24. — Ajskos.

blance avec certaines cruches en terre qu'on fabrique dans plusieurs villes de l'Europe méridionale.

Besa. — Vase à boire, qu'on nomme aussi lesstty bession, et qui, d'après Athénée (XI), était plus large à sa base qu'à son sommet. Suidas (v. Borribylioa) dit que sa forme se

rapproche du bombylios. (Voy. un peu plus loin.)

BiKOS. — Grand vase de terre servant à conserver des provisions sèches, telles que des figues, des prunes ou des viandes salées. Certains hikos servaient aussi à conserver le vin. (Hérodote, I, 194; Athénée, I; Pall.,VI, 14.) Divers auteurs anciens et modernes le nomment slamnos à anses; Héôychius, par exemple (s. V. Btxoç). Un plus petit servait de vase à boire; aussi quelques auteurs le confondent avec la phiaU, Enfin, ses diminutifs pix(ov, pixi^iov, désignent un flacon de verre qui servait à renfermer des parfums. Quelques auteurs rapprochent du stamnos et du doîium le grand Inkos. (Voy. ci-dessous la description de ces deux genres de vases.)

Fig. 2i et 25 bit. — Bombylios.

Bombylios. — Ce vase; ainsi nommé à cause de sa forme qui rappelle celle du cocon d'un ver à soie d'un genre particulier {bombyx), servait à verser du vin ou d'autres liquides. Nos figures 25 et 25 bis montrent deux &(?m^ylios ou bombylè (pofAêuXfoç, pcfA^uXi)). Il y avait un autre vase qui portait le même nom, mais dont l'orifice était si étroit que le liquide qu'il renfermait s'écoulait avec un bruit analogue à celui que produit le vol de grosses abeilles nommées po^L^ukioi, ce qui lui aurait donné son nom. Ce dernier vase servait à boire, ainsi qu'à verser goutte à goutte des remèdes ou des huiles parfumées. Ce bombylios (fig. 25 bis) est une sorte de lecythus, d'aîabaster ou d*cmpuîîa.

Caoabus. — Sorte de marmite, de vase à cuire la nourriture, comme le dit Varron (de Lingtm latina, V, 127) : Vas ubi coquebant cibum* On en fabriquait en bronze, en argent,

VASE

et surtout en terre (vas fictilé), (Columell., de Re rtésL, XII, 21.) Ce vase a diverses formes, mais la plus usuelleafifecte celle d'un œuf qui aurait été coupé dans son milieu ou un peu au-dessus de ce milieu ; le sommet était fermé et n'avait qu'un orifice ou col qui mesurait environ le tiers du diamètre supérieur du vase, lequel orifice était lui-même fermé par un couvercle. Le cacaJms était porté sur un trépied {trijms). Au musée national de Naples, on voit plusieurs modèles assez différents de cacabus. D'après une peinture d'Herculanum, un type de cacalms paraîtrait devoir s'emboîter dans un plus grand modèle, de sorte que la cuisson obtenue dans le petit vase devait être &ite au hain-marie. Le diminutif de cdcahus est cacahulus ou cacabulum (Apic, IV, I)(xaxxaêiov).

Oadus. — Grande jarre de terre cuite qui servait aux mêmes usages que l'amphore, sur-

Fig. 36. — Cadua.

tout à conserver le vin. Il en existait qui mesuraient près de deux mètres de hauteur, mais c'était là une exception. Le cadus ordinaire avait environ 0",80 à 0°,90 de hauteur; son orifice était assez évasé, afin de permettre de puiser à même avec les plus petits vases, des askos, par exemple. Tel était le principal usage auquel servait ce vase ; nous ne pouvons en douter par les passages de divers auteurs. (Virg., y£n., 1, 198 (1); Martial, IV, 66, 8; Hérod., III, 21; Athénée, XI, 483 ; Horace, Odes, III, 19, 5 ; Pline, E. J^., XIV,

(1) VtTM honut quœ deinde cadiSf oneràrat Acestes. LUtore Trinacrio,.,»

4, 97; XXXVI, 12, 59; Dig., XXXIII, 6, 14.) — Mais le cadvs servait aussi à contenir de l'huile, du miel, des fruits secs, et des poissons et viandes salés. (Mart., I, 44, 9 ; I, 56, 10; Pline, H. N., XV, 2; XVIH, 73.) Ce dernier genre de cadus avait un goulot un peu plus étroit, et son orifice pouvait être fermé à l'aide d'un bouchon de liège ou d'une autre façon(Pline, ff. N.,XVI, 13)(fig.26). Comme on peut en juger par ce qui précède, cette poterie était très-communément employée; aussi son nom dans certaines provinces, en lonie par exemple, était-il synonyme de xepa|ji(ov, terme générique applicable à tout vase de terre cuite. Il en existait cependant de petits modèles en bronze, en argent et même en or; les musées étrusques, notamment celui du Vatican et celui de Naples, montrent des spécimens de cadics en bronze. — On donnait le même nom à une mesure de capacité d'une contenance de trois urnes romaines, soit d'une amphore attique ou metretès.

CaLATHUS ou CALATHOS. — Voy.KALATHOS.

Calix. — Ce vase est celui, que l'on nomme vulgairement coupe; c'était donc

Flg. 27. — Callx.

un vase à boire. Il était peu profond, circulaire, avec deux anses et monté sur un pied plus ou moins élevé. Il avait été inventé par les Grecs, qui le nommaient xuXit (Macrob., Sat, V, 21.) Nos figures 27 et 28 montrent deux types assez différents, mais qui ont l'un et l'autre beaucoup d'élégance. Les anses sont tantôt formées par des anneaux, ou bien ce sont des oreillons ou des oreilles plus ou moins massives, arrondies ou en pointe; quelquefois même les oreilles font complètement défaut,notamment dans les vases noirs italiques. Les calix de grandes proportions sont des lepastes. Le pied qui supporte la coupe proprement dite est aussi très-variable dans ses formes : il est mince et élancé,

VASE

gros et court, d'un profil droit ou très-concave ; enfin il est dans certains échantillons entièrement absent, une simple bagne ou une moulure fort simple forme à elle seule le support de la coupe. Dans ce cas, la coupe, la kylix, se rapproche de la paiera, ou <p(«Xe des Grecs, qui est une coupe plate sans anses. — Enfin, on nommait calix ihericîeios le type représenté par notre figure 29. Bien des auteurs anciens et modernes ont

Fig. 28. — CaUx phialé.

confondu la kylix, le coti/le ou koiyîè, et le earcJiêsium. D'après Athénée (XI), nous voyons que la même confusion que nous venons de signaler existait à l'époque de cet auteur. — On fabriquait des calix dans de nombreuses localités, mais les plus renommées étaient celles des fabriques d'Argos, d'Athènes, de Chios, de Lacédémone, de Téios, etc. On faisait également de ces vases en verre, en argent, en or; on en tailla dans le cristal et dans des pierres de prix; enfin on con-

Fig. 29. — CaUx therlcleios.

nai88ait,dès une très-haute antiquité, le moyen de couvrir les coupes de terre cuite d'une couche métallique; beaucoup étaient unies, en terre jaune, en terre rouge ou en terré noire; d'autres étaient décorées de filets ou de dessins au moyen de vernis bruns ou noirs.

Calpae. — Ancien terme remplacé par DoLiUM. (Voy. ce mot.) Déjà au temps de Varron (de Vit Pop. Roin., ap. Non., s, v., P« 546), ce mot était plus usité.

Canopb. — Vases funéraires d'origine égyp-

tienne, que Ton trouve groupés par quatre auprès des momies. Ces vases (fig. 30) sont en terre cuite, en albâtre, en marbre ou en toute autre pierre calcaire. — Les orifices des canopea égyptiens n'ont pas la moindre gorge à leur

Fig. 80. — Canope.

orifice ; le couvercle s'emboîtait exactement et immédiatement sur celui-ci.

Canthaee. — Lecanthare (caniharus, xavôapoç) est un vase ou une coupe à deux anses qui sert à boire ; il est d'origine grecque. C'était le vase consacré à Bacchus (Macrob., 8at,y y, 21); aussi dans les représentations des fêtes de ce dieu trouve-t-on fréquemment ce

Fig. 81. — Canthare.

vase dans les mains des satyres et autres personnages. Il existait des canthares de diverse formes, puisque plusieurs auteurs rangent un certain nombre de rhytons parmi ces sortes de vases. Le type du genre est représenté par nos figures 31 et 32; c'est une sorte de 'cratère de petite dimension dont le pied, bien que solide, est plus élégant que celui du cratère; il a, en outre, deux anses en forme d'oreilles, qui s'élèvent au-dessus de son orifice, lesquelles anses se terminent par des volutes ou des cercles.

Celui que reproduit notre figure 32 est d'un beau galbe ; il est en pâte noire et ne comporte sur sa panse aucune ornementation. Notre

Fig. 83. — Canthare.

figure 83 montre un canthare qui représente une tête de Bacchus adolescent, autant qu'on peut en juger par la couronne de lierre qui ceint cette tête. Ce vase est en partie brisé, mais nous l'aTons supposé restauré dans notre dessin ; il

Flg. 88. — Canthare.

est en argile rehaussé de couleur; le bord intérieur présente une rangée de dauphins. Ce type ne comporte pas de pieds; les convives devaient le .poser sur un cercle en terre cuite pour le maintenir debout sur la table, à la manière des cyalthesinfundilndiformesy ou terminés en entonnoir. Du reste, le lecteur trouvera plus loin (fig. 45) le support en terre cuite auquel nous faisons allusion. La troisième forme du cantharos est une sorte de coupe cylindrique

assez élevée. Un type de ce genre représente les deux têtes d' Alphée et d'Aréthuse ; c'est un des plus beaux monuments céramographiques du Louvre. Telles sont les trois principales formes du canthare, dont Tétymologie du nom a fourni matière à tant de discussions. — On donnait également le même nom à de grandes vasques décoratives qui servaient de bassins et qu'on plaçait soit dans les atria des maisons, soit devant l'entrée des temples; telle est l'immense vasque de porphyre du musée national de Naples et qui a été dessinée dans le Muséum Borbon(VI, pi. XII).— Voy.TASQUE, où le lecteur trouvera en coupe et en élévation le monument dont il s'agit. Certaines peintures de Pompéi montrent des canthares de ce dernier genre qui reçoivent les eaux'de deux jets d'eau décrivant une courbe.

Capis. — Ce genre de vase, qu'on nomme aussi capedOj capedunculu^ cupula, sert à puiser dans un vase beaucoup plus grand. Tous les vases de ce genre portent une anse ou sont munis d'une sorte de longue poignée ou manche, qui sert aies tenir quand on plonge le vase dans un plus grand vaisseau. L'ustensile qui rappelle le mieux la forme du capis est celui qui sert dans le midi de l'Europe à puiser l'huile d'olive dans les jarres, ustensile qu'on nomme puisoir, et en provençal pbmgeoun. Il est, du reste, entièrement semblable à ceux qu'on a retrouvés à Herculanum et à

Fig. 84. — Capis.

Pompéi. Dans les premiers temps de la république romaine, ces vases de bois ou d'argile étaient fort simples (Tite-Live, X, 7; Petr., SaL, 52, 2) ; ils étaient employés surtout dans les sacrifices; aussi, dans les frises et dans les décorations architectoniques, sont-ils accompagnés de massues ou maillets servant à assommer la victime, d'aspersoirs^ de simpula ou autres instruments de sacrifices. Plus tard on les fit avec des matières précieuses (Pline,

VASE

H. N., XXXVII, 7), en or, en argent; ce qui fit dire à Cicéron qne tons ces objets de luxe n'étaient pas pins agréables aux dieux que les anciens capis de bois ou d'argile. (Cic, de NaU deor., III ; Parad.y I, 2, 4.) On voit également la représentation de ces yases sur les monnaies et sur les médaiUes irappéecr en rhonneur des personnages revêtus de hautes

Fig. 85. --Capis.

fonctions sacerdotales. Nos figures 34 et 85 montrent deux types de capis en bronze trouvés dans les fouilles d'Arnonldi, près de Bologne. Ces objets, bien que trouvés avec d'autres de l'époque dite de bronze, ne paraissent pas avoir une origine aussi ancienne que ceux avec lesquels ils se trouvaient, car il est bien évident que dans un même tombeau on pouvait placer, et on plaçait en effet, des objets

Flg. 86. -' Carohesiom.

d'époques fort distantes les unes des autres. C'est sans doute de ce même terme qu'est dérivé le mot capisterium, qui sert à désigner on vase destiné à nettoyer les épis après le battage et le vannage de ceux-ci. (Cf. Columell., II, 9, 11, et Apul., Met, IX.)

Cabchesium. — Coupe à boire d'origine grecque (xapxio^wv); on s'en servait pour boire soit du vin (Virg., Oeorg., IV, 380), soit

du lait (Ovide, Met., VII, 247). Quelle était la forme de ce vase ? Il est bien difficile de le dire, car jusqu'ici aucun fait n'a pu permettre d'en préciser la forme exacte; on sait seulement que ce vase avait deux anses. Rich (Dict, des antiq,, v. Carchesium) lui donne la

Flg. 37. — Gélèbé ca kélebè.

forme d'un canthare. Daremberg et Saglio (IHct. des ant.,Y. Carchesium) àonnent ce même nom à la coupe des Ptolémées, qui se trouve au cabinet des antiques de la Bibliothèque nationale de Paris. Ott. Mu\\eT(Manuel iarch,, II, 65) dit que le carchesium est un vase long, très-resserré vers le milieu ^e sa hauteur.

Fig. 87 6û. — Célèbô décoré de figures.

avec une anse qui descend du bord supérieur jusqu'en bas. On voit donc, par ces quelques citations, que les archéologues sont loin d'être d'accord sur ce point. — On admet généralement que le carchesium ordinaire, ou du moins le plus usuel, avait la forme de celui représenté par notre figure 36.

Célèbé ou kélebé. — Ce vase, très-élégant, est également d'origine grecque (xeXsSTi).

VASE

Il affecte une forme ovoïde toute particulière qui ne se rapproche d'aucune autre ; le bas du vase rappelle Tamphore élégante^ et le haut, rhydrie avec une sorte de larmier sur lequel s'insère la partie supérieure des anses. Notre figure 37 montre un type d'une élé-

Fig. 38. — Célëbé oa kélebé.

gance parfaite ; les deux anses, qui se dédoublent en s'appuyant sur la panse, sont d'un effet très-heureux. Notre figure 37 bis montre un kélebé très-omé ; tandis que notre figure 38 est un kélebé de forme archaïque, qui, bien qu'empreint d'une certaine lourdeur, ne manque pas d'élégance.

Chous. — Amphore de capacité exacte, mesure de capacité qu'on nomme également

Pig. 89. — Chytra.

congé; elle contenait douze cotyles. Ne pas confondre ce terme avec celui de Proohous. (Voy. plus loin.)

Chytra. — Poterie commune des Grecs, qui la nommaient (/uTpa), et qui servait à faire bouillir la viande ou apprêter d'autres mets. Ces vases (fig. 39) étaient en argile rouge. Anstoph., Pac.,923; Athén., IX, 73; Cato,

R. R., 157, 119.) (Cf. Panofka, Rech. sur kê vérit, etc., I, p. 28.)

Chytropus. — Chytra avec trois ou quatre pieds (xwTpoTcouç) (Hésiode, 746.)

CiBORiUM. — Vase à boire d'origine grecque (xtê(opiov), ainsi nommé à cause de sa forme qui ressemblait à la gousse de la fève égyptienne. (Horace, Od., II, 7, 22; Athén., XI, 54.)

CoRTiNA. — Vase circulaire profond, ayant la forme d'une marmite, et qui servait à de nombreux usages. Pline nous dit qu'on y feisait fondre de la poix (H. JST., XVI, 22), qu'on y fabriquait de la couleur (XXXV, 42), et qu'on le plaçait sur le feu sur un trépied ou sur de grosses pierres (Ibid., XXXVI, 65). Le musée de Naples en possède plusieurs provenant de Pompéi; l'un d'eux porte à son fond trois pattes de lion qui lui servent de pied.

COTILE ou COTILOS, COTYLB OU COTYLOS.

— Voy. KoTYLE (dans l'article Vase.)

Cratère. — Grand et beau vase, largement ouvert, dans lequel on mélangeait Tean et le vin qu'on servait dans les repa* et dans les sacrifices. C'est dans ce vase que des esclaves plongeaient une sorte de cuillère

Fig. 40. — Crater.

(cyaihus) pour remplir les coupes (pocula, calices, etc.), les cornes, les rhytons et autres vases à boire, pour les passer ensuite à chaque convive ; en effet, comme le disent un grand nombre d'auteurs, les anciens ne buvaient que très-rarement du vin pur. (Ovid., Fast, V, 522 ; Virg., JSneid., I, 728.) Dès la plus haute antiquité, on estimait beaucoup

VASE

les cratères en terre de Colias, qui était fort bonne non-seulement pour la poterie, mais encore pour les briques. (Suidas, s. y. KojXioSo; Ttipaîi^eç.) On fabriquait des cratères en argile à Argos (Hérodote, IV, 152), à Lesbos (Id., IV, 61 ), en Laconie et à Corinthe

(Athénée, V, 199). — En général, les cratères portaient sur un seul pied, comme celui que montre notre figure 40, et de sa base se dressait comme deux cornes; mais il existait également des cratères avec deux anses aux côtés, Xflt^al àii.cptaTO(jLot (Soph., Œd, GoLy

Fig. 41. — y aie de plom)) on forme de cratère, à Versailles.

473), et qui reposaient sur trois pieds (Athénée, II, 37). L*argile n'était pas la seule matière employée pour cette fabrication, on employait également le bronze, l'argent et l'or. Le cratère dit thericleios avait une forme plus lourde que le type ordinaire de ces vases. On les plaçait sur le sol au devant des tables; beaucoup de vases représentant des scènes de festin nous montrent toujours le

cratère sur le sol et des esclaves y puisant le breuvage. On voit aussi des Faunes remplissant le cratère lui-même au moyen du contenu d'une outre (uter). — Un vase célèbre en forme de cratère est celui dit de Médicis que montre notre planche XCVIII et que nous avons donné plus haut (voir en regard de la page 894). — Notre figure 41 montre également un autre vase en forme de cratère ;

il est en plomb, et décore le bassin de Neptune dans les jardins du château de Versailles.

CuPA. — Ce terme, qui ne devrait pas figurer dans cette nomenclature, puisqu'il signifie barrique ou pipe faite de douves en bois, cerclées de fer, y a été placé pour mettre le lecteur en garde contre une erreur

Flg. 42. — Cyalthefl.

assez répandue qui consiste à considérer comme synonymes les termes de cupa et de dolium, et c'est ainsi que des personnes même instruites ont cru que Diogène habitait un tonneau de bois, cupa^ tandis qu'en réalité ce philosophe logeait dans un dolium, c'està-dire dans une grande urne , un grand piios eu argile. (Voy. plus loin, Dolium.)

Fig. 43. — Cyalthes.

Cyalthes ou CYATHUS. — Coupe munie d'une anse, qui servait comme de cuillère pour puiser dans le cratère la boisson destinée à remplir les verres (poculu, calices) de chaque convive. Ce vase est d'origine grecque, comme son étymologie l'indique (xiîaôoç); les Romains l'adoptèrent plus tard. Dans une antiquité assez reculée, les Romains n'employaient que le simpulum comme vase de table et comme vase de sacrifices ; mais quand

le luxe devint excessif, le simpulum servit seul à faire des libations en l'honneur des dieux et le cyalthes ne servit que dans les banquets et dans les festins. ( Varro, V, 125.) Nos figures 42 et 48 montrent deux cyalthes, l'un de face et l'autre de profil ; notre figure 44, un cyalthes infundibuli/ormê, c'est-àdire en forme d'entonnoir; on le posait snr une pièce circulaire en terre cuite représentée par notre figure 45. On a trouvé des cyal-

Flg. 44. — Cyalthes infnndibaUfbnno.

thes et des pièces de support dans les tombeaux de Nola, de Vulci, de Tarquinia, de Chiusi ; le support que montre notre figure 45 a le style archaïque de l'école de Corinthe. — On donne le même nom de cyathus à une mesure pour les liquides et les matières sèches ; elle contient le douzième d'un sexiariu8, (Rhemn, Fann., de Pond, et mens., 80.)

Cylix. — Voy. ci-dessus Caux.

Cymbium. — Vase inventé par les Grecs, qui le nommaient xutJL6(ov. C'était un verre

Fig. 45. — Pièoe d'appui pour oyaltheB.

à boire sans anses. On le nommait ainsi parce que sa forme ressemblait à celle d'ane barque appelée cymha. (Festus, s. v.; Macrob. Saturn., V, 21 ; cf. Apulée, Met., XI.) H existait des cymbia en argile (Martial, Ep-f VIII, 6) ; mais on en faisait aussi en bronze et avec d'autres métaux précieux.

Deinos. — Vase à grand orifice et à panse demi-sphérique, ressemblant beaucoup au Cacabus. (Voy. ci-dessus.)

Dbpas. — Vaae dont la fonne se rapproche beaucoup du carchesium, mais qui^ au lieu d'un pied, n'est supporté que par une moulure basse et plate, comme le réglet dorique. (Voy. notre fig. 47,)

DiATRETA. — Coupe à boire en cristal, taillée de telle sorte que les dessins ou les ornements qui la décorent sont complètement détachés du fond et forment une sorte

Fig. 46. — Cymbinm.

de réseau qui ne tient au vase lui-même que par des points conservés lors de la taille comme soutien de l'enveloppe écorative. — Ce vase est d'origine grecque, comme l'indique son nom (ôiaTpyiTa). Dans un vase de ce genre trouvé à Novare, les lettres de l'inscription qu'il porte^ bibb, vivas Multos ANNOS, ne tiennent également au yase que par des points d'attache en réserve. (Martial, Epiffram., XII, 70 ; Ulp., Dig., 9, 2, 27.)

Pig. 47. — Depas.

DiOTA. — Ce terme, dérivé du grec SiWif), signifie, à deux oreilles; on l'applique en général à tous les vases munis de deux anses, tels que les lagenœ, les amphores, les canthares, etc. — Dans un sens restreint, on donne plus particulièrement ce nom à un vase de forme ovoïde poriiant un col assez court et deux anses, lequel vase , servait à conserver le vin qu'on voulait laisser vieillir. (Horace, Od., I, 9, 8.)

DouoLUM. — Diminutif de Dolium. (Voy.

le terme suivant.)

DoLiTTM. — Grand vaisseau de poterie à large ouverture, de forme ronde comme une sphère ; il servait à contenir le vin en sortant du pressoir, le vin nouveau qu'on ne mettait dans les amphores que plus tard. (Senec., ^., 36 ; ProcuL, Dig., 33, 6, 15.) Les proportions du dolium étaient considérables, puisque Diogène avait établi sa demeure dans un vieux dolium raccommodé. ( Juv., Sat, XIV, 308.) Du reste, le choix de ce grand vaisseau pour logis n'était pas une bizarrerie, un caprice du philosophe; tous les pauvres d'Athènes utilisaient pour le même usage les dolia hors d'usage. Nous n'avons jamais vu de grands dolia bien conservés ou même raccommodés, nous n'avons vu que des doliola ; seulement, dans diverses localités, à Nîmes, à Lyon, à Bome, nous avons trouvé des débris de poteries qui ne mesuraient pas moins de 0",06 à'0°,065 d'épaisseur, qui ne pouvaient avoir appartenu qu'à des dolia. Nous avons même remarqué dans ces débris de vases de petits fragments de marbre de 0"*,003 à 0",005 de grosseur, qui étaient, dit-on, mélangés à l'argile afin de l'empêcher de s'affaisser pendant la dessiccation. Diverses inscriptions trouvées sur des dolia fixent leur contenance

Fig. 48. — Epichysis.

à 15 ou 18 amphores. — On nommait dolium dem^rmm, depressum, de/ossum, le dolium enfoncé en partie dans le sol des caves. On les mettait dans cette position soit afin de pouvoir y puiser plus facilement, soit pour assurer d'une manière plus efBcace la conservation des vins légers; car les gros vins se conservaient parfaitement dans les dolia placés seulement sur le sol, comme nous l'apprennent Pline (H. N., XIV, 27) et Columelle (XII, 18, 5).

Epichysis. — Vase grec (iit^x^aiç) avec un

VASE

long col et une anse qui servait à yerser le vin dans la coupe : tel est le type représenté par notre figure 48, tirée d'une peinture de Stabies; il est recouvert d'un vase de verre. Il existait un autre type beaucoup plus élancé avec un col beaucoup plus court et un bec très-effilé.

Flg. 49. — FaUle.

Futile. — Vase en forme de cône renversé, la partie large formant l'orifice du vase. Le f utile (fig. 49), qui à l'origine servait au culte de Vesta, avait cette forme pour empêcher les prêtres de la déesse de le déposer à terre quand il contenait l'eau destinée aux cérémonies du culte, les rites religieux s'y opposant. (Serv., ad Yirg. ^neid., XI, 339; Donat., ad Terent. Andr., III, 5, 3.)

GuTTURNiUM. — Ce terme, dérivé de guliîiê et d'wm»wm, signifie cruche à eau, aiguière. Ce vase servait presque uniquement à verser de l'eau lustrale sur les mains des convives qui allaient prendre leur repas ou qui sortaient de table. (Festus, s. v.) La forme du gutturnium était très-élégante, il avait une anse droite se soudant admirablement à la panse et au col du vase ; du côté opposé à l'anse se trouvait une lèvre, dont le contour se relevait à droite et à gauche, ce qui donnait au gutturnium un orifice accidenté. Les musées, surtout celui de Naples, possèdent des échantillons remarquables de ces vases.

GUTTUS. — Cruche à long col étroit, à petit orifice, munie d'une anse dépassant cet orifice, de forme ovoïde et portée sur un pied peu élevé. Le liquide ne s'écoulait de

ce vase que goutte à goutte, ce qui loi a valu son nom de guttus, (Varro, V, 124.) 11 servait pour verser le vin dans la patère avec laquelle on faisait des libations en l'honneur des dieux. (Pline, ff. N., XVI, 38, 78.) Dès une antiquité assez reculée, chez les Romains peu fortunés, ce vase était placé sur les stalles comme pot à vin; il

Fig. 60. — Halmos.

remplaçait notre bouteille moderne. Pins tard, il fut remplacé par le vase grec nommé Epichysis. (Voy. ce mot ci-dessus.) (Hor., Sat., I. 6, 118.);— Dans les établissements de bains, un modèle plus petit (guttulus) servait à distiller goutte à goutte l'huile sur le strigUs , afin d'en adoucir le frottement, quand les esclaves, ou les baigneurs enx-

Fig. fil. — HiOmos.

mêmes, grattaient la peau de celui qui sortait du bain. L'huile rendait la surfjEtce de la peau plus glissante et empêchait lestrigile de la blesser. On employait également le guttus comme vase de sacrifices, ponr répandre des essences ou des parfums sur les victimes.

VASE

Halmos. — Vase de forme ronde porté sur un pied élevée mais entièrement séparé du vase lui-même : tel est le type que montre notre figure 50. Il servait de coupe à boire. Bien des archéologues désignent aussi sous ce

Fig. 62. — Halmoe,

même terme des vases dont la coupe, le calice, est également montée sur des pieds élevés mais qui ne font qu'un avec la coupe (fig. 51 et 52); Tun de ces vases porte même une anse.

HoLKEiON. — Une des formes du cratère.

Hydrie. — Dans un sens général, ce terme sert à désigner toute espèce de vase servant à contenir de l'eau, d'où son nom uSpioc (de C$a)p, eau). Dans une acception plus restreinte, ce mot est synonyme de seau

Fig. 68. — Hydrie.

à eau, mais il ne sert qu'à désigner les vases de ce genre d'un beau travail ; ce n'étaient plus alors de simples hydries en terre cuite, comme celle que montre notre figure 53, qui est en terre noire, mais c'étaient des vases de bronze et d'argent richement déco-

rés, conune celui de notre figure 54. Du reste, la forme de ces vases est assez variable, mais le type est celui que représentent nos figures ;

Fig. M. — Hydrie décerée de figures.

ils possèdent une anse et deux poignées latérales plus ou moins fortes.

Ealathos. — Littéralement, /aiï en osier. Coupe à boire, ainsi nommée parce qu'elle

Fig. 55. — Calathos qu kalathoe.

ressemblait à la corbeille à ouvrage en osier des femmes grecques (xaXaOo<). Elle portait ordinairement un anneau qui permettait

Fig. 56. — Eotyle à poignées (terre looge).

d'y passer le doigt : tel est le halathos que montre notre figure 55; il ressemble beaucoup à celui qu'on voit entre les mains d'un échanson dans une des miniatures du Virgile du Vatican.Tels étaient les petits kalathi, mais il en existait de grands, qui à l'époque des ven-

(langes serraient an transport du raisin de la vigne au pressoir.

KoTYLE ou KOTYLOS. — Vase qui a la forme du mortier à pilon et qui servait à la consécration du vin (fig. 56). Une fois celui-ci consacré, chacun des assistants buvait à même au kotyle, que certains auteurs nomment à tort kottabé; mais ce terme s'écrit aussi coiyîe et cotile, cotylos et coHlos. Certains kotylès sont à poignées, d'autres à anses (fig. 57). Un spécimen plus petit

Fig. 57. — Eotyle à anses (terre noire).

du même vase, qu'on nommiût alors xoruXioyoc, était, suivant Athénée, employé dans les mystères.

Krossos. — Vase né chez les Grecs, qui le nommaient xpoaadç. Il était large et tentru, un peu rétréci à son orifice, qui portait souvent un couvercle ; il avait un pied, deux anses (Switoç) (tel est celui que montre notre figure 58), et quelquefois quatre. Ce vase servait à con-

Fig. 58. — KrosBOS.

tenir de l'eau et quelquefois les cendres fiinéraires, comme, du reste, l'hydrie et Yuma feràlis.

Kymbium. — Voy. Cymbium.

Lagbna ou lagynos. — Ce terme, dérivé de XciYTivoç, sert à désigner d'une manière générale tous les vaisseaux de terre pouvant contenir du vin. Dans sa signification restreinte, il désigne une poterie large qui ressemble beaucoup à l'amphore ou à l'amphoridion, ou au chous, mais qui est moins élégante que ce dernier. (Voy. notre fig. 59.)

Lebès. — Marmite ou chaudron d'airain (pélvis, ahenum). C'était un vaisseau profond à flancs rebondis, curvi lebetes. (Ovide, Met, XII, 243.) On en fabriquait également avec des métaux précieux. Le principal emploi de ce vase était de recevoir l'eau lustrale qu'un esclave versait, avant ou après le repas, sur les pieds ou les mains des convives ou de son

Fig. 59. — Lagena.

maître. "Le vase qui servait à verser l'eau lustrale était le Gutturnium. (Voy. ce mot cidessus.) Le lebès était souvent donné comme prix dans diflférents jeux (Virg., JEneid,, V, 266); on le voit aussi représenté sur des médailles et sur des monnaies avec des branches de palmier, emblème de la victoire. On nommait lehès tripous (Xi^rjç Tp(7rouç) le chaudron à trois pieds, ce chef-d'œuvre si vanté des chaudronniers de l'antiquité. — Un genre de lebes

Ja

Fig. 60. — Lékythoe sans anses.

servait à la cuisson des viandes et d'autres aliments, ce lebès ne dîiférait de I'Olla (Voy. ci-dessous) que par ses proportions, qui étaient moindres, et parce qu'il était en métal, au lieu d'être en argile.

Lékythos ou lécythus. — Ce vase de forme cylindrique, élancé, à col étroit, est d'une grande élégance; il est muni d'une anse, mais quelquefois les petits modèles n'en ont pas (fig. 60). Ce récipient, destiné à contenir des paifams (huiles ou essences), les laisse tomber goutte à goutte. Nos figures montrent

VASE

trois types de Ukythos. Le plus petit (fig. 60) a la forme d'un alabaster; il n'a ni oreillons ni anses; le second (fig. 61) est très-élégant de forme ; quant au troisième, il est le véritable type du genre (fig. 62). Il esiste des Ukythus

fig. 61. — Lékythos très-âlanoé.

en terre rouge, noire, blonde; beaucoup sont peints et représentent souvent des personnages et des scènes très-remarquables. Beaucoup de ces vases, principalement le Ukythos athénien (Xi^xuôoç), ont des peintures sur engobe.

Lbpastb, lbpabta, lbposta ou lepista (Xeitotcm^). — Cette grande poterie servait,

Fig. 62. — LékjthoB type.

dès la plus haute antiquité, à contenir le vin pur. ( Varro, de Vita Pop. Rom., ap. Non. s. v. Sinum vel Lepista.) Le lepaste avait la forme d'un grand cylix, mais peu profond (fig. 63) ; c'est même à cette forme qu'il doit son nom, car il ressemble à une poêle {lepastu), terme dérivé de patella (XcTcd;), coquille uni valve fort plate qui aurait donné l'idée aux potiers grecs de façonner ce genre de vases.

LouTEB. — Vase en forme de calix, qu'on peut considérer comme une variété de ce genre de vases. (Voy. notre fig. 64.)

Matula. — Ce terme latin a la même signification que le terme grec àfxiç, que notre Jardin des racines grecques définit ainsi : <c \{ii.(<f pot qu'en chambre on demande. 3> La matuJa, dans un sens restreint, sert en effet à désigner cette poterie. (Plaut., Most, II, 1, 39 ; Ulp., 2>^., 34, 2, 25, § 10.) Dans un sens général, ce même terme, ainsi que ses diminutifs matella (Varro, ap. Nov. s. v.;

Fig. 63. — Lepaste.

Martial, XII, 32, 13) et maUUio (Varro, V, 119 ; Id. ap. Non., v. Trullium), sert à désigner toute espèce de vase contenant de l'eau.

MUBRHINA, MUBBHEA OU MYBRHINA. —

Les vases murrhins, dont parle Pline (H. N., XXXVII, 7), ont donné lieu à des commentaires et à des discussions interminables, et de tout ce débat il ne résulte qu'un seul fait, c'est qu'on ignore positivement ce qu'était ce genre de vases. Cependant bien des industriels prétendent avoir retrouvé la fabrication de ces vases; nous nousrappelonsmêmeen avoir vu à l'Expositionuniverselle de 1878; danslasection

Fig. 64. — lioater.

italienne, la compagnie de Venise et Murano exposait des vases de verre comme étant des reproductions des fameux murrhins, que personne ne connaît. Certains archéologues prétendent qu'ils étaient en porcelaine légère avec de belles couleurs; d'autres, que c'étaient des vaisseaux de verre colorés ou émaillés. Obba. — Espèce de vase ou de coupe en argile ou en bois, dont la forme n'est pas entièrement déterminée. (Pers., V, 148.) D'après Athénée (XI, 8), ce serait une coupe infundibuliforme semblable au cyalthes représenté

Digiti^ed by

VASE

par notre figure 44, Dioscoride, au contraire (V, 110), applique ce terme au couvercle d'un vaae, tandis que Pline (XXXIII, 8, 41) nomme ce même objet calix.

Fig. 66. — Œnochoé.

Œnoohoé. — Vase grec servant à puiser le vin dans le cratère pour le distribuer dans

Fig. 66. — Œnochoé.

les coupes. Il existe de nombreuses formes de ce vase, qui est toujours d'une grande élégance. Le cori^s de Y œnochoé est ovoïde; son col est

Fig. 67. — Œnochoé.

mince, évasé, souvent découpé d'un trèfle élégant; l'anse est tantôt droite et ne se contourne qu'à son sommet; tantôt elle décrit une

gracieuse courbe en forme d'S. Nos figures de 65 à 69 montrent plusieurs types à*œnochoé : les deux premiers sont effilés comme de&U-

Fig. 68. ^ Œnochoé.

kythps; le troisième est ovoïde ; le quatrième a une forme très-élégante, bien qu'elle ait plus de lourdeur que les types précédents; enfin le cinquième est décoré par des zones d'animaux (fig. 69;.

Olla. — Vase en terre d'une fiabrication assez grossière. (Columelle, VIII, 8, 7; XII, 43^ 12.) C'était une poterie sembUble à nos pots à fleurs, mais dont les flancs étaient bombés ; elle avait un couvercle. On y faisait cuire des viandes et des légumes, mais on s'en servait aussi pour conserver des fruits, des raisins ; on la nommait alors uva ollarts. fColumelle, ibid.; Martial, VII, 20.)

Fig. 69. — Œnochoé décoré.

Olpb. — Sorte à'arybaîhs portant une anse arrondie allant de la panse à l'ouverture du col. Il servait à difféi-ents usages. Les

VASE

athlètes y renfermaient Thuile qu'ils employaient pour se préparer à la lutte. Un modèle de plus grande dimension était utilisé dans les temps primitife pour verser le vin à table ; mais, nous le répétons, ce vase est souvent confondu avec rARYBALLOS. (Voy. ci-dessus.) Orca. — Vase de terre d'une assez grande dimension, qui servait à contenir diverses choses, telles que le vin, l'huile, des figues, et même du poisson salé. Il existait différentes formes A' orca; mais on ne peut affirmer avec certitude que celle qui est représentée au mot Orca. (Voy. ce mot dans le III** vol., p. 338.)

— On nommait orcula une petite orca. (Caton, R. E,, 117.)

OxYBAPHON et OXYBAPHUS. — Vaisscau creux, évasé en forme de cloche, qui avait beaucoup d'analogie avec les cratères ouverts en campanule; seulement il était beaucoup plus petit, et ses anses étaient placées beaucoup plus haut. Ce vase servait à contenir le vmaigre ou les sauces qu'on servait sur la table et dans lesquels les convives trempaient leur pain. Un auteur, Cratinus, poëte de la vieille comédie, TSkUgeYoxybaphon parmi les vases à verser le vin. Il fait dire à un de ses personnages : « Comment donc faire cesser de boire cet animal ? Je le sais bien. Je vais briser ses congés et renverser toutes les coupes, il ne lui restera même plus un oxybaphon à verser le vin. » On donnait aussi ce nom à une mesure grecque (^îuêacpov) pour les liquides ; sa capacité était de quinze drachmes. (Rhenm, Fann., de Fond., 75; Isidor., Orig,, XVI, 27.)

— Le nom latin d'oxybaphon est acetabiiliim. Patère. — Vase à libations ; écuelle plate

semblable à un bouclier. Il ne faut pas confondre ce récipient avec le bol ou bassin nommé patiTia et patelîa. (Voy. le mot suivant.) La paiera des Latins correspond à la cpiaXr) des Grecs. (Voy. Patère, IIP vol., p. 438.)

Patina. — Sorte de bol plus profond que la patère et moins creux que I'Olla. (Voy. ci-dessus.) La patine servait à la fois de plat pour faire cuire les aliments, de vase pour les servir; elle était ordinairement en terre cuite, et rarement en métal, parce qu'on mettait dans Idk patina des mets avec des sauces; quelquesunes portaient un couvercle (operculum).

DICT. D'ARCHITECTÙRB. — T. IV.

(Plante, Pseudo, III, 2, 51; Pline, H. N., XXIIIi 33; Phœdr., XXVI, 3; Hor., Sat, II, 8, 43; Rich., v. Patina.)

Pelluvia ou PELLUVIUM. — Bassiu pour laver les pieds, qui avait la forme de nos grandes cuvettes de toilette modernes ; tandis que le malluvium était le bassin pour les mains. (Fest., s. V.)

Pelvis. — Terme générique sous lequel on

Fig. 70. — Phaskon.

désignait dans l'antiquité toute espèce de vaisseau de forme circulaire ; c'était le TceXixy) des Grecs.

Phaskon. — Vase qui a beaucoup de ressemblance avec l'AsKOS (Voy. ci-dessus) ; sa forme (fig. 70) est ovoïde, aplatie ; son bec est plus ou moins long et son anse unique est placée au-dessus du vase, comme dans Vaskos; mais il diffère cependant de ce dernier en ce que son

Fig. 71. — Pithos à col étroit.

anse, au lieu d'être placée longitudinalement au bec du vase, est posée transversalement.

PniALE. — Terme grec («piaXri) qui a la même signification que patère {paiera).

Pithos. — Grand récipient en terre du genre amphore, sorte de Dolium (Voy. cidessus) à col rétréci (fig. 71). Cependant un modèle avait un large orifice (fig. 72).

Plemochob. — Vase grec, comme l'indique son nom {•Kki\\kO)(6n\). Il a la forme d'une toupie et a quelque analogie avec le cotyle.

VASE

POLUBRUM. — Ce terme sert à désigner un vase pour laver les mains (x^pvi'^/, y epoviTCTpov) ; on le nomme également aquiminale, irullum malluvium. — On écrit aussi, pollubrum,

Préféricule. — Le préférieule {prœ/eri-

Fig. 73. — Pithoe à large orifice.

cuîum) est un vase sacré, ordinairement en métal, qui servait à contenir des objets du culte portés en grande pompe dans certaines fêtes religieuses. Il ressemblait beaucoup à la Pelvis. (Voy. ci-dessus.)

Proaron. — Vase qui a la forme d'une sphère aplatie et qui est muni de deux anses ou poignées.

FIg. 73. — Rhyton à tète de porc.

Prochous. — Vase d'origine grecque, comme son nom Tindique (icpo/ouç, 7rpo/uTr,ç). Il a la forme d'une petite cruche servant à entonner, avec un col étroit, une embouchure pointue et une anse assez large.

Rhyton, rhytium, rithon. — Vase à boire en terre cuite, qui affecte la forme d'une corne ou cornet et qui porte souvent une anse. L'origine du rhyton a été sans aucun doute la corne qui servait à boire à

la régalade. On remplissait la corne par la partie évasée, et on débouchait la pointe pour boire. Plus tard, quand on fit des rhytons en terre, ils ne comportèrent qu'une

FIg. 74. — Rhyton à W-te humaine.

ouverture supérieure évasée, une anse, et l'extrémité se termina en tête de bœuf, de cheval, de chien, de porc (fig. 73), de lion, de bélier, de panthère, d'aigle, etc., car ce genre de vases nous offre une suite remarquable de modèles plus variés et plus artistiques les uns que les autres. La &un6 ne contribue pas seule à leur décoration ; beaucoup de rhytons, en effet, sont terminés en pomme de pin, par une grappe de raisin ou d'autres fruits; d'autresreprésentent une tête humaine (fig. 74). Des peintures de Pompéi nous montrent des rhytons en forme de corne : c'est la véritable corne à boire (futo;, fuiou, coulant, qui coule). Les fouilles d'Herculanum et de Pompéi ont fourni des quantités de rhytons dans presque tous les types.

ScAPHiuM. r— Vase d'origine grecque ((Txoc^Cov). Il était de petite dimension et appartenait au genr épatera. Il était également employé pour le culte (Cic, Verr., TV, 17) et pour la toilette des femmes (Ulp., Dig., 34, 2, 28 ; Juv., VI, 263). Ce vase était souvent en métal, en bronze, et surtout en argent; il était très-richement travaillé.

SoYPHUS. — Coupe employée dans les festins pour boire du vin. (Hor., Od,, 1, 27, 1.) Elle était en bois, en terre cuite, en argent ; elle avait la forme de nos grandes tasses modernes coniques et profondes.

VASE

SiMPULE. — Vase servant à faire des libations en Thonneur des dieux. (Apulée, ApoL) C'était une sorte de cuillère avec un long manche. Une variété de ces vases se nommait simpuvium. (Juvénal, VI, 343; Pline, H, JV., XXXV, 46,)

SiNUM ou SINUS. — Vase de petite dimension, assez large et assez profond, qui servait à contenir du vin ou du lait.

F!g. 76. — Stamnos.

SiTELLA. — Diminutif de Situla. (Voy. le mot suivant.)

Situla. — Vase servant à tirer au sort. Mais ce terme s'applique surtout au seau à tirer de l'eau d'un puits. (Isidor., Orig., XX, 15 ; Plaut., Amph., II, 2, 47.) Il était ordinairement en bronze, et le fond, au lieu d'être plat, était terminé en pointe.

SiTULUS. — Synonyme de Situla. (Vitruv., X, 4 ; Cato, R. B,, 10.)

Fig. 76. — Stamnos.

Stamnos. — Vase en forme d'hydrie ou d'amphore panathénéenne, mais avec un col plus large. Le stamnos ne porte pas d'anses comme les deux vases précédents, mais simplement des oreilles de chaque côté de sa panse ; elles sont situées à peu près au tiers supérieur du vase. Nos figures 75 et 76 montrent deux stamnos des plus élégants.

Tripous. — Vase ayant trois pieds, vase dont le corps porte sur trois pieds. Il existe un grand nombre de ces vases ; notre figure 77 montre un tripous étrusque.

VaMs peints, — Les vases peints sont

Fig. 77. - Tripous étrusque.

en terre cuite ; la couleur de celle-ci est tantôt jaune plus ou moins foncée, tantôt rouge, grise, blanchâtre, quelquefois noire. Mais quelle que soit la couleur de la teiTC, sa

Fig. 78. — Vase avec zones d'animaux.

teinte sert généralement comme fond, ou bien elle est utilisée comme ton pour dessiner des personnages ou autres représentations, lesquels personnages sont alors détachés de la tonalité générale par des filets de couleur, bruns, noirs, rouges, jaunes ou blancs; du reste, ce sont là les couleurs les plus usuellement employées dans la décoration

VASE

des vases. L'origine des vases peints remonte à une haute antiquité, il serait même bien difficile de préciser une époque à ce sujet; mais ce qu'il est permis d'affirmer, c'est que les inscriptions n'ont fait leur apparition sur les vases que sept siècles avant l'ère vulgaire. Les sujets représentés sur les yases sont tantôt des scènes mythologiques, tantôt des zones d'animaux (fig. 78). Ces dernières scènes ont tout à fait le caractère oriental. On prétend que le Corinthien Thériclès aurait été le premier potier qui aurait appliqué à la décoration des vases des zones d'animaux (ôr^peç). (Cf. Welckcr, Kkine Schrifieuy t. III, p. 499 et suiv.) Du reste, la fabrique de poterie de Corinthe était très-célèbre, même dans l'antiquité, et Strabon {Giogr,,Nlll) nous informe qu'à Rome les poteries que les anciens soldats de César avaient trouvées dans la nécropole de Corinthe étaient payées un très-grand prix. — Nous ne parlerons pas plus longuement sur les vases peints, nos lecteurs ont pu en admirer d'énormes quantités dans leâ divere musées de l'Europe ; nous dirons seulement que les Tases les plus anciens enrichis d'inscriptions sont d'une terre blan-

châtre, d'un ton jaune pâle, et que les peintures qui les décorent sont noires ou couleur marron très-foncée, et d'une teinte terne et inégale.

On a longuement discuté sur le mode employé dans l'antiquité pour peindre les vases. Voici la version la plus accréditée à ce sujet. On donnait une première couche d'une couleur brune sur des vases déjà légèrement cuits au feu; quelquefois, sur la pièce crue, le peintre traçait à la pointe, puis au pinceau, les sujets et les ornements destinés à sa décoration. Le vase, ainsi couché, était de nouveau placé dans un four légèrement chauffé. La couleur brune noirâtre était obtenue au moyen d'un oxyde de fer , les autres tons avec des compositions qui ne sont pas entièrement connues; mais il paraît que les couleurs qui servaient à tracer les ornements, les vêtements, etc., n'étaient posées qu'après l'achèvement complet de la cuisson.

Nous terminerons cet article en donnant une nomenclature des artistes potiers dont les noms figurent le plus fréquemment sur les vases ; nous ferons suivre les noms des qualités, quand nous les connaîtrons.

^nades, j^eintre.

Alkeion , potier.

AlaimoB, peintre.

Amasis, peintre et potier.

Anaclès, potier.

Andocidès, potier.

Arachion , fils d'Hermoclès, potier.

Archeclè8, potier.

Archonidiis, potier.

Aristophanon , peintre. •

Cachrylius, potier.

CalchoB, potier.

Céphalos, potier.

Chserestratcs , potier.

Oharès, artiste corinthien, potier.

Chariteus, potier.

Chélia, potier.

Cléophrades, potier.

Clitias , peintre de l'ampbore connue 80U3 le nom de vù^e François (v« Biècle avant l'ère vulgaire).

Demiudes, potier,

Dorifl, peintre.

Epictète, potier.

Epitimufl , potier.

Ergatimès , potier.

ErginiiSj potier.

Eucérus, fils d'Ergatimès, peintre.

Euchir, peintre ou potier (1).

Eumèlus , potier contemporain d*Ar-

chias , fondateur de Corinthe.

Euonymos, peintre.

Euphronius , potier et peintre.

Euthymidès, peintre.

EuxitheuB , potier et peintre.

Exekias , potier et peintre.

Glaucytès, peintre.

Hégias, peintre.

Hermacus, potier.

Hermogènes, potier.

Hiéron, potier.

HUinas, potier.

Hipsis, peintre.

Hischilas, potier.

Lasimos, peintre.

(1) Noua pensons que ce mot n'est pas un nom propre, qu'il vient de eO/Eip, qui signifie haMle de sa maitiy comme t\jyçoi[L\i.oz voulait dire habile écrivain.

Linus, potier, ou, d'après quelques au* teurs, le fils d'Apollon et de CaUiopc. Midias, potier.

Mikades, potier. Naucydès, potier.

Néarque, potier.

Nicosthènes, potier.

OnésimuB, peintre et potier.

Famaphios, potier.

Panthaios, peintre.

Panthœus, potier.

Phedippès, peintre.

Philtias, peintre.

Phithinos, peintre.

Phrinus, potier.

Pistoxènes, potier.

PraxlaB, peintre.

Psiax, peintre.

Python, potier.

Silanion, peintre et potier.

Simon de Velia, fila du potier Xéuiu.

Socles, peintre.

Sosias, peintre.

Tadeidès, potier.

Taconidés, peintre.

Théoxotos, potier.

VASEUX

VASQUE

Therldèa, potier corinthien , inventeur de la décoration des zones d'animaux (Oripc;).

ThychloB, potier.

Timagoras, peintre.

Timonidas, artiste corinthien (a signé l'un des vases les plus anciennement fabriqués).

Tlépalème, potier.

Tléson, fils de Néarque, potier.

Xenoclès, potier.

Xénophantés, Athénien, potier.

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VASEUX, EUSE, adj. — Qui a de la vase; qui appartient à la vase. Dans les terrains vaseux, les constructeurs doivent prendre de grandes précautions pour jeter des fondations avec toute sécurité. Ils doivent employer des pilotis, des grillages, des puits de béton, des arcs, etc., etc. (Voy. Fondations.)

VASISTAS, 8. m. — Châssis mobile, ordinairement en fer rainé, qui reçoit dans ses rainures une pièce de ven*e. On applique des vasistas à des croisées, à ^es portes vitrées, à de petites baies, afin de pouvoir renouveler Pair des locaux éclairés par les vasistas. Ceux-ci sont à charnière ou à soufflet; ils ferment sur un double châssis, en bois ou enfer, qui porte feuillures. Les châssis à charnière sont maintenus plus ou moins ouverts à Taide de chaînettes en fer ou par un système d'équerres à branches mobiles analogues à celles d'un compas.

VASON, s, m, — Masse de terre préparée pour faire les tuiles.

Fig. 1 . — Conpc de la vasque (fig. 2).

VASQUE, s.f. — Grand vaisseau de pieiTC, de marbre ou de métal, de forme ronde, ovale ou polygonale. Les vasques servent ordinairement de bassins; elles portent directement sur le sol, ou le plus souvent sur un piédouche. On utilise les vasques pour

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