‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 202 sur 239 · VELARIUM · texte numérisé non relu

VELARIUM

Ces données vraisemblables admises, voici comment le système devait fonctionner. — On fixait à l'extrémité de chaque poteau intérieur un câble d'une longueur suflSsante pour atteindre l'extrémité du mât extérieur placé de l'autre côté de l'amphithéâtre. Les cent vingt cordes, tendues au moyen de poulies mouflées placées au sommet des mâts, servaient à porter les velaria, qui ne couvraient que la cavea; car, par un système de poulies de renvoi, à l'aide d'un tirage des cordes, on ramenait les bandes des velaria de l'intérieur sur les bords du monument. Nous supposons que, pour l'amphi-

théâtre de Nîmes, la partie mobile des vslaria était divisée en 40 parties égales ayant la forme d'un trapèze, c'est-à-dire que chaque velarium embrassait la distance comprise entre trois poteaux, ce qui donnait .à la bande de toile trapézoïdale 6",90 environ de largeur à la base du trapèze, c'està-dire à la partie la plus large du velarium. La toile, ainsi fractionnée, pouvait être facilement manœuvrée par zones; quatre ou cinq marins, classiarii (Tacite, Ann., XIV, 4) suffisaient pour tirer sur les cordages, afin de tendre ou retirer les vslaria. Cette subdivision du velarium en 40 parties permettait

Fig. 4. — Dii>position d'an yelarinm sur un théâtre.

de découvrir partiellement les divers points de l'amphithéâtre sur lesquels ne frappaient plus les rayons du soleil, ce qui permettait encore à l'air d'arriver plus abondamment auprès des spectateurs.

Ce dispositif fournissait au centre de l'édifice une partie non couverte, égale à peu près ou, du moins, un peu inférieure à la superficie de l'arène : cette partie était couverte à l'aide d'une banne fixe, dont les anneaux étaient arrêtés par une corde décrivant une courbe de même grandeur que l'ellipse formée par les bords intérieurs des 40 velaria tendus. C'est cette banne fixe qui était décorée si richement, car elle restait toujours tendue pendant le spectacle, ne participant en rien aux autres manœuvres du velarium. Enfin, pour empêcher des coups de vent

d'emporter ou de secouer trop fortement les velaria, des cordages fixés sur la corde décrivant l'ellipse centrale venaient s'amarrer sur les bords du podium. Suivant la force du vent, le nombre de ces câbles d'arrêt était plus ou moins considérable. On conçoit, du reste, que la petite surface que formait la réunion de tous les cordages vers le centre de l'ellipse présentait une très-grande résistance, ce qui aidait à maintenir le velarium. Il est même probable que les anciens se servaient de ce point pour enlever dans les airs des enfants, des hommes et jusqu'à des éléphants , comme le rapportent certains auteurs. Du reste, la forme elliptique de l'amphithéâtre empêchait les 120 cordes de se croiser sur un même point, comme elles l'auraient fait sur un monument circulaire ;

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