‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 214 sur 239 · VERTICAL · texte numérisé non relu

VERTICAL

VIADUC

fer en forme d'anneau implantées dans une porte, afin de tenir souleyé le verrou des serrures à bosse ou de simples verrous à queue. Husson {Dict du serrurier) donne à ce mot cette signification : c'est un collier ou piton à double patte qui sert de gâche ou de picolet à un verrou, à un crochet d'arc-boutant, etc.

VERTICAL, LE, adj. — Qui est d'aplomb, c'est-à-dire dans la direction du fil à plomb. On dit que des murs, des parements, des colonnes, sont verticaux ou verticales, quand ces objets sont d aplomb.

VERTICALITÉ, s. /. — État de ce qui est vertical ; propriété que possède un objet d'être placé verticalement.

VERTUGADIN, ^. m. — Glacis de ga^on en amphithéâtre dont les lignes courbes ne sont pas parallèles. Dans la composition des jardins dits français ou à îa française j on utilise des vertugadins.

VESICA PISCIS. — Ce terme, qui signifie vessie de poisson, est la représentation symbolique du Christ sous la figure d'un poisson. Britton, dans son dictionnaire d'architecture (1), dit que les premiers chrétiens avaient un respect particulier pour cette figure. Elle est formée par l'intersection de deux arcs de cercle de rayons égaux qui affectent la forme d'une eUipse ou d'un ovale. Dans beaucoup de basreliefs du moyen âge, le vesica pisds sert d'encadrement au Christ ou à la Vierge sa mère. Au mot Tympan, le lecteur peut voir (fig. 4) un Christ dans un vesica piscis. — Un Anglais (Kerrich, Archceologia, vol. XVI, p. 314) prétend que c'est le vesica piscis, dont la moitié a été employée pour couronner une baie, qui aurait donné naissance à l'arc ogival Inutile d'ajouter que cette hypothèse est complètement fausse, puisque l'arc ogival existait bien avant ce symbolisme chrétien. — Voy.

Ogivale {Architecture).

(1) Dictionartf qf the Architecture and archœology ofthe niddU âges, London, 1838.

VESTIAIRE, s. m. — Local dans lequel on dépose des vêtements, tels que pardessus, manteaux, fourrures, et des objets tels que cannes, parapluies , etc. Les édifices publics : musées, bains, théâtres, palais de justice, etc., de même que les hôtels des particuliers et les appartements de quelque importance, contiennent des vestiaires à proximité des vestibules ou des salles de réceptioiu

VESTIBULE, 8. m. — Terme, dérivé du latin vestibuîum, qui signifie chez nous un local qui précède les différentes pièces composant un appartement, une maison. Chez les Romains, le vestibuîum n'avait donc pas la même signification ique chez nous vestibule, puisque nos lecteurs savent que le vestibuîum était une cour d'entrée, une cour d'honneur devant une maison (Vitruv., VI, 7, 5; Aul. QelL, XVI, 5 ; Plante, Most,, III, 2, 66), un temple ou un établissement de bains (Cic, Verr,, II, 2, 183; Cœl, 26). — Chez les Grecs, le vestibule se nonmiait icpoOupov, Pbothybijm. (Voy. ce mot.) Dans nos édifices et nos maisons modernes, le vestibule est, au contraire, une sorte de vaste antichambre qui donne accès aux escaliers, salles, salons, galeries, etc. Suivant le monument où il se trouve, le vestibule porte même des noms divers ; on l'appelle salle des pas perdus dans les palais de justice, gare de départ ou et arrivée dans les chemins de fer, etc.

VESTIGES, s. m. pi. — Marques, restes, débris d'édifices, de remparts, de camps, de fortifications, d'oppida, de maisons, etc.

VEXILLAIËE , s. m. — Soldat qui portait le vexiUum ou étendard dans la légion romaine. (Tite-Live, VIII, 8; Tac, Hist., I, 41.) — Sous l'empire, on nommait vexillaires, un corps distinct de soldats, composé de vétérans, qui prêtait son concours à l'armée active, si c'était nécessaire. Les vexillaires correspondaient à nos soldats de l'armée territoriale. — On nomme signaux vexillaires des signaux d'enseignes ou de pavillons.

VIADUC, s. m. — Pont composé d'une

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suite d'arcades en ligne droite on en ligne courbe, semblable à un pont-aqueduc et construit comme lui au-dessus d'un cours d'eau, d'un vallon ou d'une route, mais qui sert à relier une route placée au sommet des collines qu'il réunit. On a construit de fort beaux viaducs dans ces temps modernes pour le passage de voies ferrées. En Angleterre, les viaducs sont très-communs. Sur le chemin de fer de Londres à Brigthon, il existe un de ces monuments, Y Ouse-Viaduc , qui possède 87 arches de 10 mètres d'ouverture chacune et élevées de 30 mètres au-dessus de la rivière. En France, nous possédons de fort beaux viaducs; nous allons donner la description de deux viaducs remarquables construits, sur la ligne de Brioude à Alais, par nn ingénieur de grand talent, M. Dombre.

• Viaduc sue l'Altiee. — Ce viaduc (planche XCIX) construit, près de Villefort, pour le passage du chemin de fer à travers la vallée de l'Altier, se compose de 11 arches de 16 mètres d'ouverture chacune, de 10 piles et de 2 culées. — Il est construit pour une seule voie; celle-ci est en rampe de 0",025 par mètre et décrit une courbe de 400 mètres de rayon. — Sous la sixième arche, à partir de la culée Alais, passe la rivière de l'Altier, et sons la huitième la route nationale n° 101, allant du Pont-Saint-Esprit à Monde. La cote moyenne des rails est de 631°',23 et la cote inférieure du dessous des fondations (pile 5) 557°,90, soit une différence de 73",33. Mais, par suite de la forte déclivité des versants de la vallée, deux des piles seulement atteignent leur développement complet; les autres diminuent graduellement d'élévation jusqu'aux culées, qui n'ont plus que 10 à 12 mètres au-dessus du sol. Les piles les plus élevées sont contre-butées au niveau de la route nationale, soit environ au tiers inférieur de leur hauteur, par un rang d'arcs de 12'°,14 d'ouverture et de 3 mètres seulement entre les têtes ; il y a 4 de ces arcs. Leur couronnement, de 0",50 de hauteur, se continue au pourtour des piles 3, 4, 5, 6 et 7, et de leurs contre-forts, et partage ainsi l'ouvrage en deux parties d'inégale hauteur, ayant chacune son socle particulier, et dont la partie inférieure forme comme une sorte de soubas-

sement sur lequel repose la partie supérieure. De petites arcades de 2 mètres de largeur ont été ménagées à travers les piles, an niveau dn dessus des arcs, de façon à établir un passage continu d'un arc à l'autre. Ce passage a, du reste, été fort utile pour l'approche des matériaux pendant la construction. — Les piles sont flanquées, sur les faces amont et aval, de contre-forts qui régnent sur toute la hauteur de l'ouvrage. La saillie de ces contreforts est, à la naissance des arches, de 0"*,50 et leur largeur de 2 mètres. Ces dimensions, à mesure qu'on descend, vont en augmentant suivant des /rMt/« variables, et, au-dessus du socle inférieur des piles, la saillie atteint jusqu'à 1"*,89 et la largeur 5°,25.

Par suite de la courbure de l'axe de la voie, et pour conserver aux voûtes la forme cyHndrique, la section horizontale des piles aux naissances des arches supérieures, abstraction faite des contre-forts dont il vient d'être parlé, est un trapèze dont les côtés amont (grand rayon) et aval {petit rayon) mesurent respectivement 4",12 et 3"',88, et dont la hauteur (distance entre les plans de tête des voûtes) est de 4™,50. Ces dimensions vont en augmentant suivant un fruit de 3 ^ pour les faces parallèles aux axes des voûtes et de 6 ^ pour les faces extérieures jusqu'au couronnement des arcs inférieurs, A partir de ce point, ces fruits deviennent respectivement 4t % et7 %. — Les piles centrales, qui sont représentées sur notre planche XCIX, atteignent seules le fond de la vallée ; elles reposent sur un socle de S™ ,40 de hauteur moyenne, dont la section octogonale enveloppe la base des piles, en laissant une retraite de 0™,25 et présente des pans coupés qui effacent les angles rentrants des contre-forts. Ces pans coupés sont terminés par de petits plans inclinés qui les raccordent avec le corps de la pile. En raison de la hauteur des fruits et des différentes retraites, les massifs de ces socles à l'établissement ne mesurent pas moins de 18™,10 de longueur sur 9™,70 de largeur. — Les piles sont couronnées par un cordon de 0°,40 de hauteur et de 0™,07 de saillie , sur lequel reposent les naissances des voûtes. Celles-ci sont posées suivant la courbure du tracé. L'épaisseur àla def est

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Planche XCIX. — Viaduc sur l' Altler.

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de 0",8ô, non compris la chape. Elles sont extradoBsées suivant des arcs de cercle de 11 mètres de* rayon. An-dessus de chaque pile est étabUe, pour Téconlement des eaux/ une gargouille en fonte qui traverse les reins de la voûte. Les sommets et les naissances des arches sont établis suivant la pente des rails. Le couronnement inférieur et les socles sont, au contraire, arasés dans des plans horizontaux. Par suite, c'est la hauteur variable des fûts des piles qui rachète les différences de niveau résultant de la rampe de 0'°,025. — La chape est en béton, avec mortier de chaux hydraulique ; elle a 0",10 d'épaisseur. — Les tympans ont 1°*,20 d'épaisseur jusqu'à 2 mètres en dessous des rails, et 1 mètre en dessus de ce niveau ; ils sont remblayés en pierrailles jusqu'au niveau du ballast. — Les culées sont formées par des massifs de maçonnerie de ô^jôO de largeur. La culée Alais a 12™,85 et la culée Brioude 15",30 de longueur. Ces massi& sont évidés par des puits cylindriques de S^'jôO et s'élèvent ainsi jusqu'à 3°,80 audessous du niveau des rails. Les parties latérales seules des massifs montent au-dessus de ce niveau pour former murs en retour. Les puits et l'intervalle vide terminal compris entre les murs en retour ont été remblayés en maçonnerie de pierres sèches. Du massif de la culée se détache un avant-corps, de 1 mètre de saillie et de 4™,50 de largeur, qui reçoit les retombées de la voûte. — Le couronnement est une plinthe de 0",60 de largeur sur 0'",45 de hauteur, avec moulures extérieures d'un profil sobre, qui règne dHin bout à l'autre de l'ouvrage et supporte une balustrade en fonte de 1 mètre de hauteur. Cette balustrade est interrompue au droit de chaque pile par un dé qui repose sur la saillie du contre-fort. Sur les culées, la plinthe est surmontée d'un bahut de même hauteur que les dés.

Voici comment se décompose la hauteur totale :

Bu dessous des fondations à l'étLige. . . 8,90

I>e Vétiage au-dessus du 1« socle 3,40

Fût inférieur des piles centrales 18,90

Couronnement des arcs inférieure 0,50

A reporter 26",10

Report 26"»,10

2* socle 7,60 )

Fût supérieur des piles (haut, moyenne). 29,88

Cordon des naissances 0,40 > 47",28

Entre les naissances et le couronnement. 9,50 Couronnement supérieur 0,45 ^

Total.

Le cube total des maçonneries de l'ouvrage est de 27,480 mètres cubes, qui se décomposent ainsi :

Maçonnerie ordinaire et de moellons m. onb.

smillés 26,345

Maçonnerie ordinaire et de moellons

piqués 710 f ^^»^®^

Maçonnerie ordinaire de pierre de

taiUe 425

La surface totale des parements vus est de 17,885 mètres carrés.

Pressions. — Les pressions supportées par les maçonneries, en comptant 2,200 kilogr. pour le poids du mètre cube de maçonnerie, sont, par centimètre carré, les suivantes :

Au niveau des naissances des arches

supérieures 4,70

Au niveau du couronnement inférieur (maximum) 7,70

Au niveau du socle inférieur. 6,68

Au niveau des fondations 6,60

Les grès qui forment le parement ne présentent pas exactement la même contexture dans les diverses couches où ils sont simultanément exploités. Il était permis, avant de conmiencer les travaux, d'éprouver quelques inquiétudes. Soumis à l'épreuve, ils ont montré qu'ils pouvaient sans aucune crainte être exposés à des pressions autrement considérables que le maximum indiqué ici. Pas un seul moellon dans toute cette grande masse ne s'est fendu.

Matériaux. — Le massif de l'ouvrage est construit en maçonnerie ordinaire avec mortier de chaux hydraulique. Le sable provenait de granit décomposé (gore) qu'une voie de service spéciale amenait d'une montagne voisine; bien que renfermant une notable proportion d'argile provenant de la décomposition du feldspath, il n'en constituait pas moins un mortier de première qualité, et l'ingénieur en chef M. Dombre, le directeur

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des travaux a pu s'assurer qu'il n'y avait pas à s'effrayer du tout de l'emploi d'un gore qui ne paratt pas pur et présente un pareil mélange d'argile. Aussi bien des praticiens, qui n'ont point essayé ce sable, seraient sans nul doute tentés de le proscrire de leurs travaux. Les moellons bruts ont été pris aux abords de l'ouvrage dans les bancs les plus durs de mica- schiste quartzeux qui constituent les deux versants de la vallée. — Les parements en moellons smiUés ont été posés par assises réglées. Ces moellons proviennent de carrières de grès infraliasique; les hauteurs d'assise varient de 0°*,25 à 0"',30. -^ Les angles des piles et des culées, ainsi que les bandeaux des voûtes, sont en moellons piqués pris dans le même grès. Les couronnements et les dés, les bahuts, les cordons des naissances et le dessus des socles sont seuls en pierre de taille et proviennent des carrières de grès infraliasiques.

Fondations. — Les piles et culées sont toutes fondées directement sur le rocher, préalablement déblayé jusqu'au vif et dérasé par gradins horizontaux sur lesquels on établissait directement les premières assises ,^ après avoir nivelé, s'il était nécessaire, les anfractuosités avec de la maçonnerie de ciment. Les prix payés sont : pour la maçonnerie ordinaire et pour celle de moellons smillés, 16 francs (avec une plus-value de 8 francs par mètre carré pour les parements smillés)'; pour les moellons piqués, 75 francs, et pour la pierre de taille, 90 francs. A ces prix s'ajoute une plus-value de 7 fr. 80 par mètre cube de maçonnerie de toute nature exécuta au-dessus du niveau de la route nationale. La dépense pour cette œuvre d'art gigantesque atteint à peine un million. — Nous allons maintenant donner des renseignements pratiques sur le service des chantiers ) car, pour de pareils travaux, la difficulté de l'exécution est singulièrement accrue par la hauteur à laquelle on travaille» Aussi sommes-nous persuadé que ce qui suit présentera un puissant intérêt à nos lecteurs, d'autant qu'il est très-difficile d'avoir sur des travaux de ce genre des détails techniques précis. Or, comme nous tenons les nôtres de

M. l'ingénieur en chef des travaux, M. Dombre, nous pouvons en garantir l'exactitude. Services des chantiers. — Le service et Tapprovisionnement des chantiers, en raison de la disposition très- abrupte des deux rives de la rivière, qui ne se prêtaient nullement à l'établissement d'emplacements de dépôt, ont été fort difficiles, et les installations dans un espace aussi insuffisant ont présenté de grandes difficultés. Le service des ponts et chaussées avait autorisé l'occupation d'un des accotements de la route nationale aux abords de l'ouvrage. C'est sur cette étroite bande qu'on a déposé tous les moellons d'appareil et la pierre de taille ; on a pu les y faire retoucher ou tailler. Une fois ces matériaux prêts à être mis en œuvre', ils étaient chargés sur des véhicules appropriés et amenés à pied d'œuvre, à portée de grues de montage, au moyen de petites voies et de plaques tournantes disposées à cet effet. — Quant aux moellons bruts, on était obligé de les extraire et de les approcher au fur et à mesure de leur emploi. Fort heureusement pour la bonne exécution des travaux, les schistes de la rive gauche de l'Altier, en général de très-mauvaise qualité dans un assez long parcours, se sont trouvés, à partir de l'emplacement choisi pour l'établissement du viaduc et jusqu'à 2 ou 300 mètres à l'amont, être très-chargés de quartz. Ils formaient donc une pierre dure très-compacte et d'une qualité supérieure. Aussi ont-ils donné lieu à une vaste exploitation qui a bientôt élargi l'étroit espace oc* cupé par la route, ce qui a permis à l'entrepreneur non-seulement d'établir des forges et des ateliers de charronnage et d'entretien, mais encore de foiTuer de grands dépôts de matériaux. — Pour la culée et les piles de la rive gauche, une carrière, dans un lambeau de schistes de même nature, a été ouverte à hauteur de la plate-forme, à la sortie du souterrain contigu, et les moellons en provenant, ou sortant de ce souterrain, ont suffi à la construction d'un tiers environ de l'ouvrage. — Les emplacements qui manquaient sur la rive gauche pour les installations les plus indispensables ont été créés artificiellement, en établissant, au-dessus du vide en aval de

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la route nationale et à son nivean, des platesformes en charpente^ sur lesquelles on a monté un broyeur et un magasin à chaux. — Un second broyeur était placé au même niveau sur la rive droite, dans un emplacement pratiqué dans la montagne. Après avoir fourni le mortier aux piles jusqu'à une certaine hauteur, ce broyeur a été remonté au niveau de la voie et a servi à la culée, à Tachèvement des piles, ainsi qu'aux maçonneries de revêtement du souterrain. Un pont de service, établi au niveau de la route nationale, supportait des grues et portait une voie établissant une communicatioQ entre les deux rives. Au moyen de ce pont, on a pu faire passer les moellons d'appareil et la chaux de la rive gauche sur la rive droite, tandis que le sable suivait une marche contraire. — Une pompe, établie dans '^ le bas, refoulait l'eau dans une cuve disposée un peu audessus du niveau du pont de communication, tandis que des canaux en bois, partant de cette cuve et fixés aux charpentes, distribuaient à volonté l'eau aux broyeurs en ouvrant les robinets fixés à la cuve. Le sable arrivait sur le coteau de droite, par une voie de 6 à TOO^mètres de longueur, à environ 50 ou 60 mètres au-dessus de la tête du souterrain. Les vagons le versaient directement dans un long couloir en bois posé simplement sur le sol, dont on se contentait d'unir la surface, et aboutissant à une plate-forme. Arrivé à ce point, le sable était chargé dans des vagons. qui roulaient sur un plan automoteur aboutissant au broyeur de la rive droite'; là ils étaient ou déchargés ou décrochés, et suivaient leur marche jusqu'à celui de la rive gauche, d'où ils revenaient chargés de moellons et de chaux. Les vagons de sable en descendant remontaient ces moellons, oa la chaux ou le mortier. Le serre-frein suivait leur marche et la guidait. Au droit de chaque pile, une plate-forme transversale portait un treuil, et une petite voie transportait au pied des piles les matériaux chargés dans les vagons de remonte qu'on arrêtait, suivant les signaux, sous chacune de ces plates-formes.

Grues, — Les grues, du système Borde,

employées au levage étaient au nombre de deux. Ces grues sont formées d'un bâti monté sur huit roues lequel supporte la machine motrice et à sa partie supérieure un grand mât suspendu à peu près à son centre de gravité et pouvant osciller dans un plan perpendiculaire à l'axe de l'ouvrage. A l'extrémité de ce mât, dont la hauteur atteint B5 mètres, se trouve une poulie à gorge sur laquelle passe la chaîne élévatoire. Les grues elles-mêmes pouvaient se déplacer dans le sens longitudinal en roulant sur un pont de service élevé de 36",60 au-dessus de l'étiage. Une fois les matériaux saisis et élevés à hauteur, ce qui se ^&isait même pendant la marche de la grue, celle-ci s'arrêtait au point voulu; le mât s'inclinait et venait les déposer sur la pile même où ils devaient être employés.

Cintres, — Le cintrage [des arcs inférieurs n'a présenté aucune difficulté; il n'en a pas été de même pour les arches supérieures, eu égard à la hauteur extraordinaire à laquelle ce cintrage devait être effectué, surtout aussi en raison de la violence des vents qui souffient souvent dans cette vallée. La force des grues n'était pas suffisante pour lever et mettre en place des fermes toutes assemblées; aussi l'ingénieur adopta- t-il des cintres retroussés, sans entrait, composés de trois cours d'arbalétriers simplement juxtaposés bout à bout et reliés par des moises pendantes. Au moyen de deux chèvres placées sur un plancher, fixées par des haubans reliés par une pièce transversale, et munies de poulies et de cordages, les fermes étaient montées pièce à pièce, en commençant par celles du bas et passant aux pièces supérieures, jusqu'à ce que la ferme entière fût complètement montée et pût se soutenir elle-même. On enlevait alors les cordages, et on passait à la ferme suivante. Ce travail marchait assess rapidement et n'a donné lieu à aucun acci^ dent, malgré la grande élévation où il était exécuté. Les cintres étaient très-rigides. On ne donnait à la pose que 0™,04 de surhaussement. Le tassement au décintrement n'a pas dépassé 0",018. Il est ordinairement de 0",006 à 0'",008. On a construit et employé

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