‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 217 sur 239 · VIGNE. — VILLE · texte numérisé non relu

VIGNE. — VILLE

significations. Dans une colonne, on nomme vif, ou tronc, le fût de la colonne. En parlant d'une pierre, si Ton dit qu'elle est entièrement vive, qu'on l'a taillée jusqu'au vif, cela signifie qu'on a supprimé largement le bousin; on dit de même qu'un moellon est ébousiné jusqu'au vif, c'est-à-dire qu'on a retranché au marteau tout le bousin qui couvrait la surftice de ce moellon.

VIGNE, 8. /. — Arbuste à feuillage large et découpé qui produit le raisin. La vigne a été souvent employée comme motif ornemental sur les monuments de l'antiquité, soit peints, soit sculptés. Beaucoup d'autels antiques sont décorés de vignes (pampres) et de raisins, surtout les autels dédiés à Bacchus, à Cérès et à Pomone; car la vigne était souvent mêlée à des fruits, à des épis de blé et à des fleurs. (Voy. Autel, fig. 3.) — Quelques monuments chrétiens du iv^ et du v* siècle, tels que sarcophages, portent également des motifs d'ornements parmi lesquels figure la vigne. Vers la fin de la période ogivale et pendant l'époque de la renaissance, beaucoup de monuments sont décorés également avec les formes si gracieuses des pampres de vigne.

VIGNETURE, s. f. — Ce terme était employé au moyen âge pour désigner un ornement de feuilles de vigne, qui décorait les bordures des miniatures dites alors vignetées.

VILEBREQUIN, s. m. — Outil en forme de G qui sert à faire mouvoir des mèches à percer le bois, la pierre tendre, etc., afin d'ob-

Flg. 1. — Vilebrequin ordinalie.

tenir dans ces matériaux des trous ronds. Cet outil est composé d'une tige d'une seule pièce doublement coudée. L'extrémité d'un des coudes est traversée d'une forte cheville en fer

qui porte une poignée en bois; l'autre coude porte une douille carrée pour recevoir la mèche, dont on peut serrer la tête dans cette douille à l'aide d'une vis de pression. Il existe des vilebrequins ordinaires (fig. 1) et des vilebrequins

Fig. 3. — Vilebrequin renforcé.

renforcés (fig. 2). Dans ces derniers, qui sont beaucoup plus forts, on peut placer des tarières ou des mèches américaines. (Voy. Ta- BiÈBE.) Beaucoup de serruriers nomment improprement cet outil, fût.

VILLA, «. /. — Maison de campagne des Romains, qui distinguaient trois sortes de villas; la viUa urbana, la villa rusUca et la villa fructuaria, La première comprenait l'habitation du maître et comportait toutes les commodités de la maison de ville ; c'était une villa de plaisance décorée souvent avec iin grand luxe. — La villa rustica correspondait à ce que nous nommons aujourd'hui la ferme, c'est-à-dire comprenait tout ce qui se rattache à l'économie rurale, à l'élevage du bétail et à l'exploitation agricole. — Enfin la villa fructuaria était pour ainsi dire un grenier d'abondance, car elle renfermait tous les magasins pour enfermer les récoltes, des greniers, des fenils, des celliers et des caves, etc. Souvent, chez les Romains, ces trois villas n'en formaient pour ainsi dire qu'une. — Aujourd'hui, on a conservé ce nom de villa aux propriétés suburbaines. En Italie, il existe de nombreuses et belles villas ; à Gênes, la villa Palavicini; aux portes de Rome se trouvent la villa Borghèse, derrière le Pincio, près de la porte del Popolo ; la villa Pamphili ; la villa Albani, près de la porte Salaria, etc., etc.

VILLE, 8.f — Agglomération importante de maisons bâties sur un seul point et séparées

VINAIGRETTE. — VIRBOUQUET.

entre elles par des mes, des places et des boulevards. Autrefois, un grand nombre de villes étaient entourées de murs ; aujourd'hui, même les villes fortifiées ne possèdent plus que des forts détachés pour les défendre. — Bien des ingénieurs ont dressé des plans de ville; mais, il faut bien l'avouer, il est fort rare qu'on puisse créer une ville de toute pièce. Cependant, en Europe et en Amérique, des villes nouvelles ont été créées très-rapidement et réalisent en partie les meilleurs programmes adoptés pour l'édification complète d'une grande ville. Dans bien des cas, on se contente de démolir les maisons anciennes pour créer des voies plus larges, des places et des squares, et, par des transformations successives, des villes fort vieilles et mal bâties se trouvent en quelques années transformées en villes tout à fait modernes; tel est le cas de Paris. Mais combien un administrateur capable et intelligent eût obtenu' des améliorations essentielles et créé des voies plus grandioses et mieux comprises avec les sommes dépensées pour la transformation du Paris moderne, dans lequel il manque encore tant d'établissements utilitaires, tels que chaufibirs, bains publics, salles de lecture, cabinets de toilette, water-closet, bureaux de renseignements, postes de secours de tout genre, etc., etc.

VINAIGRETTE, s. f. — Mot ancien qui servait à désigner une voiture à deux roues ou une Brouettb. (Voy. ce mot.)

VIN D AS, 8. m, — Sorte de cabestan ou treuil vertical qui sert à tirer les fardeaux horizontaux. (Voy. Cabestan.)

VINGTAIN, 8. m., ou VINGTAINE, 8.f.

— Petit cordage dont les maçons se servent pour conduire les pierres en les élevant avec le câble, afin d'empêcher qu'elles ne s'écornent contre les parois saillantes d'une construction ou qu'elles n'écornent des bandeaux ou moulures en épannelage. — On désigne aussi sons le même terme un moyen cordage dont on se sert pour faire les échafaudages, et qu'on emploie comme verboquef, mrphoquet ou ViRBOU- QUET. (Voy. ce mot.)

VIOCURES. -— Terme d'antiquités. — Voy. Voie, § Voie8 romaines.

VIOLET, 8. m. — Couleur secondaire composée de blanc, de laque carminée, de bleu de Prusse ou d'indigo. Aujourd'hui, grâce aux progrès de la chimie, on compose des violets très-remarquables, notamment avec la fuchsine. On fait aussi des laques violettes en mélangeant en volumes égaux une dissolution d'acétate d'alumine et une décoction de bois de campêche.

VIOLETTE, 8.f. — Ornement d'architecture qui imite la fleur de la violette. Cet ornement a été employé pendant l'époque romane ,

Fig. 1. ~ VioléttM.

mais il a été plus en usage encore au milieu du XII* jusqu'au milieu du xiii* siècle. Nos figures 1 et 2 montrent deux types de violettes

Fig. 3. — Violettes areo perles.

de face et de profil décorant un bandeau; l'une d'elles possède une perle dans le centre de la corolle.

VIOLON, s. m. — Les treillageurs nomment ainsi un de leurs outils. C'est une sorte de touret à main en bois, dans lequel est placé un foret que fait mouvoir un archet. — Les serruriers entendent par l'expression jouer du violon, se servir de l'archet, parce qu'en efiet celui-ci fonctionne à la manière de l'archet sur les cordes du violon. (Voy. Vis.)

VIRBOUQUET et VIREBOUQUET,

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